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Mar 17 Déc - 9:47


Quelque part au nord de l’Alaska :

**********
Mon corps est lourd comme la pierre.
Je ne sens plus mes muscles, ni ma peau.
La douleur s’est effacée ; les ténèbres m’étreignent.
Est-ce la Mort qui m’honore de son doux baiser ?

Par un effort surhumain, mes yeux s’ouvrent.
La lumière du jour inonde mon blanc visage.
La clairière est couverte d’un tapis de neige.
Une ombre au loin ; elle se rapproche.

Ahranya ! Quel cauchemar ai-je fait là ?
Je cours vers elle ; la joie emplit mon cœur.
La forme se retourne et baisse sa capuche.
Je m’arrête net, stupéfait par la vision.

Un jeune homme à la chevelure blanche…
Le doute m’étreint ; je tombe à genoux.
Il arrive à ma hauteur, un rire aux lèvres.
Il est moi : quel est donc ce sortilège ?

« Je suis mort, n’est-ce pas ? »
Il ne répond pas et m’invite à le suivre.
Un cercle apparait ; des portes se dessinent.
« Le pardon ne viendra que de toi », me dit-il.

Son doigt m’invite à choisir une destination.
Je ne comprends rien ; où suis-je donc ?
Il insiste, balayant les destinations du regard.
Je me lève et m’approche de la porte bleue.

Je suis sur une plage ; la chaleur m’étouffe.
Au loin une île ; une silhouette me fait signe.
Ahranya ! C’est bien elle cette fois.
Je m’élance dans l’eau, débordant d’énergie.

Le courant m’entrave ; ma volonté l’emportera.
Les appels deviennent tangibles ; je m’approche.
Des larmes de joie ; je la retrouverai bientôt.
Un dernier effort ; le sable griffe ma peau délicate.

Elle se jette dans mes bras ; quel bonheur !
Je l’enserre délicatement ; le paradis existe.
Sans mots dire, je lui dépose un baiser sur le front.
Un hurlement ; mon corps se tétanise…

Sa peau s’effrite, puis devient poussière.
Une tâche de sang inonde mon torse.
Le vent se lève ; Ahranya disparait.
Un hurlement de désespoir m’échappe…

…/…

J’ouvre les yeux difficilement.
« Le chemin sera long », m’annonce-t-il.
La situation me semble familière.
Je me lève et m’approche de la porte rouge.

Je suis au bord d’un volcan ; la chaleur m’étouffe.
Du fond du cratère, une forme remonte.
Ahranya ! Je dois la rejoindre à tout prix.
Je m’élance vers le dévers, débordant d’énergie.
...
**********

Une année s’est écoulée :

La clairière est déserte et silencieuse ; une épaisse couche de glace a recouvert le parterre. L’épicentre de ce phénomène est un bloc de glace translucide, aux lignes géométriques imparfaites. Au cœur de ce dernier, se tient une forme humanoïde ; la diffraction de la lumière ne permet pas d’en apprendre plus sur cet étrange dormeur.

Le froid est étonnamment saisissant en ce lieu, même pour une contrée au climat boréal. Un être éveillé pourrait déceler d’infimes émanations de cosmo-énergie s’échappant du cristal gelé. A intervalles réguliers et pendant un bref instant, une légère onde de froid se propage du centre vers la lisière. Un individu attentif remarquerait toutefois que l’intensité du phénomène diminue perceptiblement à chaque répétition : il disparaitra très prochainement…

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Mer 18 Déc - 9:41

L’Alaska, un lieu où le froid régnait en maître et heureusement que je portais mon armure, ce qui me permettait d’avoir de la chaleur constamment. Même si la vue était magnifique, je n’étais pas là en tant que visiteuse. La raison de ma venue en ses lieux était l’étrange cosmos que j’avais pu ressentir et à première vue, l’intensité de ce dernier avait diminué de moitié. Sans attendre, je me dirigeais vers le lieu exact où se trouvait l’individu et lorsque j’arrivais sur place, à ma grande surprise, il était enfermé dans un bloc de glace.

« C’est donc toi… » Marmonnais-je du bout des lèvres.

Seul, il n’avait aucune chance de s’en tirer. Je pouvais le laisser mourir et repartir mais je n’aimais guère me déplacer pour rien.

« Tu vas me montrer de quoi tu es capable. »

Intensifiant légèrement mon cosmos, je frappais le bloc de glace pour le fissurer et non le briser. D’ailleurs, l’individu avait du ressentir mon cosmos, si il était toujours conscient, ainsi que l’onde de choc de mon coup.

« A présent, c’est à toi de jouer. »

Un fin sourire sur les lèvres, je croisais les bras, attendant patiemment que cet être veuille bien sortir de sa prison de glace.
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Jeu 19 Déc - 7:14


**********
…/…

J’ouvre les yeux ; je suis dans la clairière.
« Tu n’as toujours rien compris », dit mon double.
Quel est donc le but de cette mascarade ?
Plus de mille portes ouvertes ; toujours le même résultat.

« Suis-je en Enfer ? », hurlais-je d’une voix hésitante.
Il secoua lentement la tête de gauche à droite.
« Fuis le passé et tu vivras, peut-être… », rétorque-t-il.
Pourquoi toute cette souffrance ? Je suis éreinté…

« Nous avons presque épuisé notre potentiel », m’annonce-t-il.
Nous ? Il y a un ’Nous’… Un malaise m’envahit soudain.
« Il y a toujours eu un ‘Nous’ », répond-il calmement.
La surprise étreint mon visage ; je n’avais prononcé aucun mot.

« Une dernière porte… L’échec signifiera la Mort », affirme-t-il.
Mon esprit est confus ; l’éternité me rapprocherait-elle d’Elle ?
« Imbécile ! Les étoiles nous ont choisis » ; il m’accuse du doigt.
Il m’exhorte à opter pour l’avenir et à me libérer du passé.

Je m’avance vers la porte bleue, celle du commencement.
Chacun de mes choix déchirait un peu plus mon cœur et mon âme.
Je suis fatigué de courir, fatigué de m’accrocher à une chimère.
Je l’aperçois au loin ; je ne ferai rien cette fois-ci…

Elle hurle, elle crie, elle pleure…
La douleur est intense ; mon cœur va exploser.
Je la laisse partir ; les larmes inondent mon visage.
La réalité se déchire ; je suis dans la clairière.

Il me dévisage, l’air soulagé ; son regard est approbateur.
Soudain, ses yeux se figent ; il demeure immobile.
« Quelqu’un nous a trouvé », marmonne-t-il.
Il s’approche ; ses mains saisissent les miennes.

« N’oublie jamais : tu es moi et je suis toi » ; il me sourit.
« Allons de l’avant ; nous sommes l’Univers » ; ses yeux se ferment.
J’ouvre la bouche ; les sons ne sortent pas : j’ai froid…
« Il est temps d’être à nouveau Un ; je nous confie notre Destin ».

…COLD GRAVITATION…

**********

Une heure environ après l’arrivée de l’inconnue :

L’onde de froid cesse subitement d’émettre. Plus aucune émanation de cosmo-énergie ne peut être ressentie. Plusieurs minutes s’écoulent et la clairière semble avoir retrouvé ses droits naturels : l’étrange occupant du pain de glace aurait-il rejoint le royaume d’Hadès ?

Soudain, une légère brise se lève aux quatre points cardinaux. Les vents s’intensifient rapidement et convergent tous vers la tour de glace. La fissure créée par l’Eveillée commence alors à produire un craquement audible, puis elle s’étend dans les huit directions. Un œil attentif pourrait déceler une compression légère, mais régulière, des parois de glace vers l’intérieur du bloc. Après quelques instants, le cercueil de givre est semblable à un verre de cristal entré en résonance : un puzzle de glace en trois dimensions, composé d’une multitude d’éléments de la taille d’un poing.

Les vents s’affaiblissent et finissent par s’éteindre. Le calme recouvre de nouveau la blanche clairière.

La spectatrice vient d’assister à un phénomène, espérons-le, digne de ses attentes. Le froid intense, généré par un effort ultime du dormeur, a créé une forte compression localisée de l’air, pouvant faire penser à un phénomène gravitationnel. L’air environnant a ensuite été violemment aspiré par la fissure, provoquant ainsi une implosion du bloc de glace. Beau spectacle s’il en est, qu’advient-il dans la plupart des cas après un tel mécanisme ? L’explosion…

Trente secondes environ après le retour au calme, un claquement assourdissant se fait entendre : plusieurs dizaines de pavés translucides sont éjectés, à la vitesse du son et dans toutes les directions, depuis le centre de la clairière. Les arbres les plus chétifs sont arrachés nets, alors que les plus robustes sont sévèrement endommagés. Le cercueil gelé a disparu et un être pâle, à la chevelure immaculé, se tient au centre de la scène. Il peine à se tenir debout et son corps porte les stigmates d’une exposition prolongée à la morsure du froid : qu’il soit en vie tient du miracle… Ses yeux d’un bleu clair cristallin s’ouvrent et fixe la nouvelle venue ; un sourire se dessine sur ses lèvres bleuies par le givre :

- « Es-tu un Ange ? », demande-t-il d’une voix innocente et à peine audible.

Sans attendre la réponse, ses yeux se révulsent et il s’effondre, inanimé, sur le sol gelé.

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Jeu 19 Déc - 19:08

Je n’avais plus qu’à attendre que cet individu veuille bien sortir de sa prison de glace. Par contre, le temps semblait long, très long même et j’étais sur le point de partir quand quelque chose finissait par se produire. J’esquissais un léger sourire en coin tout en croisant les bras pour observer la scène.

« Ce n’est pas trop tôt. »

Retournant dans le silence, j’observais la suite des évènements et le craquement qui me parvenait jusqu’aux oreilles, ne me disait rien de bon. Me décalant sur le côté, j’avais juste eu le temps d’éviter de me prendre un bloc de glace dans la figure avant de retourner dans ma position initiale pour observer l’individu qui était libre. Je n’avais guère prêté attention aux dégâts causés par les blocs de glace car ce n’était pas du tout ma priorité. Détaillant l’homme qui se trouvait devant moi, je pouvais affirmer qu’il était plutôt beau gosse et sa question, à peine audible, me faisait hausser un sourcil.

« Un ange… »

Je me déplaçais rapidement pour aller le soutenir tandis qu’il perdait l’équilibre quelques instants plus tard, je lui évitais ainsi une chute sur le sol gelé des lieux.

« Ne me dis pas que tu as perdu connaissance… Réveilles-toi !!! »

Poussant un léger soupir, je n’avais guère le choix de le transporter, heureusement que j’avais croisé une vieille cabane abandonnée non loin d’ici. Très vite, on arrivait sur les lieux et même si il avait son poids, cela ne m’avait guère inquiété de le porter sur mon dos. A l’intérieur, je l’installais sur un vieux lit et je me dirigeais vers la cheminée pour allumer un feu avec quelques bouts de bois ainsi que mon cosmos. Je m’installais dans un coin de la pièce, attendant patiemment que cet homme finisse par se réveiller.
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Ven 20 Déc - 8:27


**********
Mes forces m’abandonnent ; je m’évanouis.
Mon corps est ankylosé ; je ressens de la douleur.
Mon âme est emprisonnée dans une geôle de chair.
J’erre dans un état de semi-conscience.

Bien que déconnecté de l’extérieur, je la perçois.
Quelle est donc cette chaleur réconfortante ?
Je suis épuisé par mes combats d’antan.
Mon esprit vacille ; le sommeil m’emporte.

Mon rêve me transporte vers le passé.
Je rejoue la dernière scène avant l’incident.
Une douleur me comprime soudain le cœur.
Elle meurt une fois encore ; je suis impuissant.

Je nous ai promis de surmonter cette épreuve.
Des larmes se forment ; je laisse s'écouler ma peine.
Ma faiblesse est un fléau ; je dois le surmonter.
Aller de l’avant ; devenir fort pour ne plus souffrir.

Je sors de ma léthargie ; je suis quelque peu revigoré.
Une pensée m’effleure : qui est donc la fille à l’armure ?
Ses atours étincelants ne semblent pas de ce monde.
Est-elle un Ange vengeur descendu des cieux ?

J’ouvre les yeux ; elle se tient, silencieuse, à mon chevet.
Un sentiment de crainte m’envahit ; je la dévisage.
Et si ces intentions à mon égard étaient néfastes ?
Je me redresse ; les courbatures me volent une grimace.*
*********

Le jeune homme semble vide de toute énergie, l’épuisement ayant eu raison de sa conscience. Ses vêtements sont sales et déchirés ; des tâches séchées de couleur vermillon teintent la commissure droite de ses lèvres, ainsi la partie supérieure de son T-shirt. Ce dernier est déchiré et laisse entrevoir une cicatrice sous l’épaule gauche : cette marque arbore les traits caractéristiques d’une blessure par balle. Le voyage n’a provoqué aucune réaction palpable.

Allongé sur la couche de fortune, il dort profondément. Son sommeil est parfois agité et il se met alors à transpirer abondamment, marmonnant des suites de mots incompréhensibles. Un nom est toutefois prononcé de manière distincte : « Ahranya ». S’ensuivent des larmes s’écoulant du coin extérieur de ses paupières. Le calme reprend ensuite ses droits et le dormeur est de nouveau gagné par le repos du juste.

Deux jours se sont écoulés depuis la découverte de Hakon par la belle inconnue en armure. Aucune émanation de cosmo-énergie ne sera ressentie durant cette période. Le matin succédant à la seconde nuit dans la cabane abandonnée, il reprend enfin connaissance. Son regard se pose sur la guerrière, ses yeux trahissant une appréhension mal dissimulée. Pendant quelques minutes, il dévisage silencieusement la jeune femme. Il se redresse ensuite, non sans difficulté, afin d’adopter une posture assise dans le lit. Son estomac émet un gargouillis plus qu’indécent et son visage prend alors une teinte rosée, empreinte de gêne. Des mots sont enfin prononcés :

- « Qui es-tu et que m’est-il arrivé ? », ose-t-il en scrutant la réaction de la demoiselle.

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Ven 20 Déc - 18:56

Pendant l’inconscience de mon protégé, même si il ne l’était pas vraiment, je décidais de m’occuper de lui pour éviter de le voir périr. Même si les tâches ménagères n’étaient pas mon fort, je faisais mon possible pour redonner un peu de vie dans cet endroit très délabré par le temps. Je veillais également à faire baisser la température de l’inconnu lorsqu’il avait de la fièvre et je soignais par la même occasion les différentes blessures qu’il avait sur le corps. Plusieurs questions trottaient dans ma tête et j’avais hâte de les lui poser à son réveil.

C’était au bout de la deuxième nuit qu’il finissait par se réveiller et je me rapprochais de lui lorsqu’il tentait de se redresser. Un sourire se dessinait sur mes lèvres lorsque le son d’un gargouillis se faisait entendre dans la pièce et je me doutais qu’il avait faim, surtout après deux jours d’inconscience.

« Vu que tu as faim, j’ai préparé du cerf et même si je ne suis pas douée pour la cuisine, cela est très mangeable. »

L’inconnu me posait deux questions et tandis que je le regardais droit dans les yeux, je décidais d’y répondre.

« Je me nomme Irina et tu as perdu connaissance après t’être libéré de ta prison de glace. »

A présent que c’était chose faite, c’était à mon tour de lui poser des questions.

« Et toi, qui es-tu et qui t’a enfermé dans cette prison de glace ? »
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Sam 21 Déc - 2:28


**********
Mon épaule est douloureuse ; je la masse machinalement.
Un pansement fait barrage entre ma peau et mes doigts.
Elle aurait donc pris soin de mes blessures ?
Je me ressaisis ; elle ne semble pas si hostile.

Une odeur agréable ; la faim me tenaille de plus belle.
Une écuelle ; j’avale goulument la première bouchée.
La préparation est médiocre ; ma mère aurait fait mieux.
Je termine le plat sans broncher ; je dois reprendre des forces.

Sa présence me met mal à l’aise ; mes yeux se baissent.
Je ressens une force magnétique écrasante.
Une lampée d’eau fraiche ; je suis rassasié.
Ma main recherche un livre ; suis-je idiot…

Son nom est prononcé ; elle demeure un mystère.
Son discours est incohérent ; une prison de glace ?
Se pourrait-il qu’il… Non, que nous en soyons la source ?
Cela est improbable ; je suis toutefois en vie…

Nous y voici ; le temps du questionnement.
Ai-je le choix ? Je dois éviter de la froisser…
Cela m’ennuie ; je lui conte ma dernière journée.
Récit factuel ; mes sentiments demeurent secrets.

Ahranya est sur le sol ; la souffrance revient.
La colère monte en moi ; la tempête approche.
Je suis dans la clairière ; des portes apparaissent.
J’ai compris ton/notre message ; je reviens à moi.
**********

Les doigts du jeune homme glissent instinctivement le long de son épaule blessée. Une approbation de la tête est adressée à sa gardienne. Il laisse toutefois transparaitre quelques signes de méfiance. Toujours assis dans l’humble lit, il saisit, non sans un instant d’hésitation, la ration de nourriture tendue par l’étrangère. La faim l’emporte : chaque bouchée est pratiquement avalée sans être préalablement mâchée ; une moue se dessine sur son visage. La jeune femme semble intimider le jeune Hakon. Son regard s’efface pendant le repas.

Quelques minutes plus tard, il ne reste rien… Ses yeux remontent, puis il s’exprime :
- « Tu es une excellente cuisinière. Je te remercie vivement pour ta sollicitude. »
Il ment assurément, mais les bonnes manières ne lui font pas défaut.

L’inconnue parle enfin. Hakon écoute attentivement le peu de mots prononcés et semble se figer quelques secondes (la surprise sans doute) lorsque le bloc de glace est évoqué. Evidemment, il n’a pas connaissance de cet épisode…

- « Irina, dis-tu ? Voilà un bien joli nom, pour un bien joli Ange. Je ressens toutefois que tu es bien plus qu’une jeune fille : qui es-tu, ou plutôt qu’es-tu en réalité ? »

Sa question est posée sans détours, avec un ton parfaitement dosé : à la limite de l’incisif, tout en demeurant dans le spectre de la curiosité. Son regard craintif s’est durci, l’espace d’un instant, avant de redevenir mielleux.

- « Pour ce qui est de ma présence en ces lieux, je me suis envolé depuis Anchorage, il y a quelques jours. Avec des amis, nous nous sommes réfugiés dans la masure de la clairière pour la nuit, mais nous avons été attaqués par des braconniers, ou peut-être des contrebandiers… Mes amis sont morts… »

Son récit était court, bien trop succinct pour décrire l’intégralité de la tragédie vécue. Une incohérence pouvait être décelée par une personne attentive : aucun vol n'avait été programmé pour l'aérodrome de Badami depuis plus d'un mois...

Les yeux du conteur commencèrent ensuite à se recouvrir d’une fine pellicule humide et les veines de son visage devinrent apparentes : la colère… Pendant dix secondes, un cosmos blanc apparut autour du garçon et la température se mit à chuter sensiblement. Hakon semblait figé dans le temps, comme absent, puis en l’espace d’un battement de cil, tout redevint normal. Il fixa alors Irina et lui sourit.

- « Je nous ai promis de surmonter tout cela… », murmure-t-il.
- «  Hakon, mon nom est Hakon. Quelle est donc cette histoire de ‘prison de glace’ ? »

La dernière interrogation est sincère et totalement innocente…

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Dim 22 Déc - 10:17

De la méfiance, c’était ce que je pouvais ressentir de la part de mon interlocuteur même si il venait de me remercier. Je remarquais une hésitation lorsqu’il voulait saisir le plat que je lui tendais mais la faim prenait le dessus et il décidait donc de manger assez rapidement, il fallait le reconnaître. Il me complimentait et j’esquissais un fin sourire car il ne savait pas mentir.

« Pas la peine de mentir, je sais parfaitement que je ne suis pas douée dans ce domaine. »

Il fallait faire un choix, devenir une merveilleuse épouse pour un homme où être une combattante pour Poséidon ? Le choix avait été vite réglé. Lorsque je m’étais présentée à lui, il trouvait mon nom joli avant de me comparer à nouveau à un ange. Il avait également remarqué que j’étais différente des autres filles de mon âge et il devait connaître la vérité sur moi ainsi que sur lui.

« Effectivement, je suis différente des autres femmes de mon âge… Je suis une guerrière oeuvrant pour le Dieu, Poséidon. Si je suis ici, ce n’est pas par hasard… Je suis là pour toi. »


Je préférais ne pas tout lui dévoiler d’une traite, cela pouvait choquer les mortels lorsqu’on leurs avouait qu’ils avaient été choisis pour servir un Dieu. Je me contentais de l’observer pour le moment tandis qu’il me racontait son histoire concernant sa présence en ses lieux. D’ailleurs, je la trouvais trop courte son histoire et j’avais une drôle d’impression, un peu comme si il me cachait quelque chose. Sur le point de prendre la parole, je me faisais interrompre lorsque le cosmos blanc du jeune homme venait d’apparaître sous mes yeux. Durant ce moment, j’avais l’impression qu’il était déconnecté du monde et lorsque tout était redevenu normal, il me regardait tout en me souriant. Il avait fait une promesse et à présent, je connaissais son nom. Il me posait une nouvelle question et ne semblait pas connaître l’existence de sa prison de glace.

« Tu étais enfermé dans cette prison… Ton cosmos, comme tu viens de le faire à l’instant, m’a conduit jusqu’à toi. Sans mon intervention, tu serais probablement mort et si je suis là, c’est pour te ramener avec moi. Mais dis-moi Hakon… Qui est cette personne dont tu as fait la promesse de surmonter cela ? »
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Lun 23 Déc - 13:04


**********
La stupéfaction me gagne ; Poséïdon dit-elle ?
J’ai beaucoup lu sur les mythologies anciennes.
L’Egypte antique et ses mystères ont ma préférence.
La Grèce et ses guerriers me fascinent également.

Je suis perdu ; je ne sais que penser.
Elle est étrange ; son histoire est étrange.
Pourquoi moi ; qu’ai-je de spécial ?
Elle me cherchait ; quel est le sens de tout ça ?

Une prison ? Mon corps en était une…
La glace ? Je ne comprends pas…
L’univers ? Ce sont mes propres mots…
Quelque chose ne tourne pas rond…

Mon Cosmos ? Ma surprise est de taille.
A l’instant ? J’avais perdu connaissance…
Ma tête me fait souffrir ; je dois me calmer.
Cosmos, Univers ; quelque chose cloche.

Puis-je lui faire confiance ? Méfiance…
Une question ; j’hésite à lui mentir.
Je dois en savoir plus ; je lui réponds.
Echange équivalent ; je la questionne.
**********

La réponse de la guerrière fit l’effet d’un choc électrique sur le jeune Hakon. Ce dernier resta quelques instants pantois, sans qu’un seul mot ne puisse être prononcé. Il reprit ensuite ses esprits et fixa la jeune femme, les yeux emplis de suspicion :

- « Poséïdon, dis-tu… Le Dieu des mers de la mythologie grecque antique… Tu parles bien de ce Poséïdon ? »

Ses interrogations furent exprimées lentement, comme s’il voulait être certain qu’elles soient entendues et comprises, sans équivoques possibles. Le ton employé était empreint d’hésitation.

Son regard se perdit quelques secondes dans le vide ; le jeune homme semblait en pleine introspection. Puis, il focalisa de nouveau son attention sur sa compagne d’infortune. Il semblait vouloir poser d’autres questions, mais aucune parole ne vint. Au bout d’une longue et interminable minute, il put converser de nouveau. Quelques phrases furent prononcées avec une intonation marquée par la curiosité et le doute :

- « Pourquoi es-tu venue à ma rencontre ? Qu’ai-je de si spécial, pour qu’un Ange comme toi s’intéresse à ma personne ? »

Un moment de silence s’ensuivit. Hakon ferma les yeux, se recroquevillant sur lui-même, et plaçant sa tête entre les genoux. Il avait l’air de souffrir, bien qu’aucune blessure apparente ne pût justifier son état. Lorsqu’il se ressaisit enfin, son visage était devenu grave et il affichait un léger sourire aux couleurs de malice :

- « Bien, je vais te proposer un petit jeu entre amis. Nous sommes amis n’est-ce pas ? », dit-il avec un air amusé, lequel cachait en réalité une stratégie mûrement réfléchie.

- « Je commence : je vais donc répondre à ta question. Ma promesse a été faite à Lui. Et c’est Lui qui a certainement provoqué tout ce que tu dis. Le plus marrant est à venir… », s’exclama-t-il d’un ton assuré.

Le garçon marqua un temps d’arrêt assez long pour attiser la curiosité de son auditoire, mais pas suffisamment pour instiller un sentiment d’impatience. Il inspira une bouffée d’air, avant de dévoiler la suite de son histoire :

- « En fait, Lui n’est autre que… Moi ! Enfin mon autre Moi, celui de mes rêves, alors que j’étais prisonnier de mon propre corps.», murmura-t-il doucement, comme pour protéger un secret des plus précieux.

Satisfait de sa prestation, il scruta attentivement les réactions de sa partenaire. Bien évidemment, même s’il avait pu effectuer quelques recoupements sur les derniers évènements, son discours n’en demeurait pas moins une hypothèse relevée d'un soupçon de vérité. Bien conscient qu’il ne devait pas laisser trop de possibilités de réflexion à la jeune femme, il enchaîna rapidement et sans détours :

- « A ton tour maintenant : qu’est-ce que le cosmos ? Et pourquoi devrais-je te suivre ? »

Hakon attendait maintenant des réponses. Il espérait secrètement qu’elles dissiperaient tout, ou partie, du mystère qui planait autour de lui…

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Jeu 26 Déc - 15:24

Fixant d’un regard neutre le jeune homme devant moi, j’haussais légèrement un sourcil lorsqu’il me demandait de confirmer la divinité que je servais.

« Effectivement, je parle de ce Poséïdon et pas d’un autre. » Affirmais-je avec le sourire.

Le calme s’était installé entre nous et je savais parfaitement qu’il avait certainement une tonne de question à me poser. Cependant, le silence s’était installé et je me contentais de le regarder avant de le voir prendre à nouveau la parole. Des nouvelles interrogations venaient de voir le jour et je me devais de lui répondre en toute honnêteté.

« Tout d’abord, je ne suis pas un ange et si je suis venue à ta rencontre, c’est parce que tu es l’un des nôtres… Ta place est aux côtés de notre divinité. »

En voyant sa réaction, j’avais envie de m’approcher de lui et de poser ma main droite sur l’une de ses épaules mais je n’étais pas comme ça. Donc, je continuer à le fixer, guettant la moindre de ses réactions, essayant ainsi un peu plus de le comprendre. La nouvelle expression qui venait de s’afficher sur son visage lorsqu’il relevait la tête, me laissait perplexe. Il était rare de voir une personne changer aussi rapidement d’humeur et je préférais ne rien dire à ce sujet, écoutant simplement le petit jeu qu’il souhaitait me faire part. Il répondait à mes questions précédentes et j’acquiesçais légèrement même si je n’étais pas très satisfaite des réponses. La suite des ses paroles, venait de m’embrouiller le cerveau. Son autre lui ? Que voulait-il dire par là ? J’étais une personne curieuse et j’avais envie d’en apprendre un peu plus sur son autre lui mais il ne me laissait guère le temps car il venait de me poser deux questions à son tour. Je n’étais pas fan de ce genre de jeu mais pourtant, je décidais de participer en répondant à ses questions.

« Chaque personne porte en elle un fragment du Big Bang qui donna naissance à l'univers, et ceux qui parviennent à ressentir le Cosmos deviennent alors capable de créer en eux un sous univers à partir duquel ils tirent une énergie capable de briser les atomes. » (Si ce n’est pas ça, j’en suis désolée ^^)

Marquant une courte pause dans mes paroles, j’observe sa réaction avant de reprendre pour la seconde question.

« Comme je te l’ai dit auparavant, tu es l’un des nôtres, ça ne fait aucun doute mais avant de t’emmener avec moi, je vais devoir te faire passer un test. »
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Ven 27 Déc - 12:03


**********
Poséïdon ; le dieu Poséïdon ?
Vérité ou mensonge ; je ne sais…
Un référentiel de croyances ébranlé.
Il me plait de croire au fantastique…

J’ai été choisi ; Poséïdon m’attend ?
Qui suis-je donc vraiment ? Un Elu ?
Trop de mystères ; ma réalité s’effondre.
J’ai été faible ; je serai fort désormais.

Elle est mon sauveur ; elle est mon Ange.
Elle dégage un magnétisme imposant.
Je suis attiré ; elle est fascinante…
Je dois demeurer lucide ; concentration…

Mon échiquier est déployé ; à moi les blancs.
Premier mouvement ; je prends l’avantage.
Ma stratégie fonctionne ; une légère honte...
Elle me répond ; j’entends ses paroles.

Me faire pardonner ;  un remerciement sincère.
L’Univers ; leurs paroles sont similaires…
Un pouvoir enfoui ; le Big Bang…
Suis-je microcosme ? Suis-je macrocosme ?

Elle veut m’emmener ; l’hésitation prévaut…
J’ai tout perdu ; Ahranya ne sera plus.
Je suis faible ; je ne perdrai plus personne.
Je devrais être mort ; quel sera le test ?
**********

Hakon écoutait attentivement les paroles prononcées par l’envoyée de l’Atlantide. Alors que cette dernière achevait son explication, le regard du jeune homme se perdit, une fois de plus, dans les méandres du vide. Il était aisé de deviner que les révélations sur la cosmo-énergie et ses mécanismes avaient provoqué, chez lui, une profonde introspection. Cet état d’absence dura cinq bonnes minutes.

Une fois ses esprits recouvrés, il se leva et s’approcha lentement de la jeune femme. Il lui déposa alors un léger baiser sur la joue gauche en lui souriant tendrement et en lui prononçant, à voix basse, les mots suivants :

- « Je te remercie encore une fois d’avoir pris soin de moi, alors que rien ne t’y obligeait. Tu seras toujours un Ange pour moi… Mon Ange… »

Il retourna ensuite s’asseoir sur le lit. Ses blessures devaient encore le faire souffrir : un léger rictus se dessinait sur son visage, alors qu’il se mouvait et reprenait position sur la couche. Il fixa de nouveau Irina et se mit à parler calmement, une légère pointe d’appréhension pouvait se ressentir dans ses paroles :

- « Je ne comprends pas encore ce que vous me racontez à propos du Cosmos, de l’Univers et du pouvoir des étoiles. Toutefois, je sens bien que des forces sont à l’œuvre en moi. Il est sûrement trop tôt pour que je puisse les appréhender. »

Hakon choisissait ses mots. Un œil exercé aurait pu repérer une légère accélération de sa respiration : il était en proie au doute et se préparait à faire un choix. Une longue expiration, puis il s’exprima avec résolution :

- « J’ai tout perdu cette fameuse nuit… Je veux pouvoir protéger les êtres qui me sont chers : je dois devenir fort. Je vais donc te suivre ! »

Il marqua une pause de quelques secondes, puis enchérit tout en guettant les réactions d’Irina :

- « Un test, dis-tu ? De quoi s’agit-il exactement ? »

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Sam 28 Déc - 10:38

Il était difficile de croire ce que je venais de lui raconter mais c’était la vérité et je l’observais en silence, lui laissant le temps de digérer ce que je venais de lui dire. Par contre, je me retrouvais dans un drôle d’état lorsqu’il se levait pour se rapprocher de moi et de déposer un baiser sur ma joue gauche tout en me parlant à voix basse. J’étais très touchée par ses mots et par ce baiser, c’était la première fois qu’on agissait de cette façon avec moi.

« Il n’y a pas de quoi… »

J’étais scotchée sur place et je l’observais retourner à sa place tandis que je me détournais légèrement pour cacher la rougeur qui s’était installée sur mes joues depuis un petit moment. Je l’écoutais à nouveau lorsqu’il s’exprimait et je lui faisais à nouveau face pour le regarder droit dans les yeux.

« La compréhension viendra au fil du temps et je vais t’aider à maîtriser ses forces qui sont en toi. »

Il m’expliquait son ressenti, ce qu’il voulait réellement, protéger les êtres qui lui étaient chers et c’était parfaitement compréhensible. Il me demandait en quoi consistait le test et il n’allait pas tarder à le savoir.

« Je suis sincèrement désolée pour tes amis, j’aurai aimé faire quelque chose pour les aider… Mais à ce moment-là, nous ne connaissions pas encore ton existence. »

Marquant une pause de quelques secondes dans mes paroles, je portais mon regard vers le plafond avant de reporter mon attention sur lui tout en affichant un léger sourire.

« Je suis ravie que tu acceptes de me suivre et pour ce qui est du test, suis-moi. »

Je sortais de la vieille cabane pour me diriger vers un rocher qui semblait être très solide à vue d’œil et je montrais ce dernier à Hakon.

« Je souhaite que tu brises ce rocher avec ton poing. »
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Dim 29 Déc - 3:08


**********
Tant de souffrances m’accablent ; elle est apaisante.
Mon corps est meurtri ; sa chaleur me réconforte.
Mes pensées sont diffuses ; ses mots sont un guide.
Je dois révéler mon Univers ; elle sera mon mentor.

Mon baiser l’atteint ; un Ange au cœur humain.
Elle est intéressante ; l’ennui ne me gagne pas.
Sensations agréables ; souvenirs douloureux.
Elle me remémore Ahranya ; je dois me ressaisir.

Sa douce compassion me réconforte un peu.
Elle prononce un « Nous » ; qui sont les autres ?
Ils m’ont découvert ; je suis au milieu de nulle part.
Quel est donc ce prodige ? L’étrange m’entoure…

Elle quitte la masure ; j’emboîte ses pas.
Mon corps est endolori ; le froid me revigore.
La forêt enneigée ; le drame fut à proximité.
Briser un rocher ? La surprise me saisit.

Sans les derniers évènements, j’aurai douté.
Je m’exécute ; la douleur gagne mon poignet.
Un cri s’échappe ; le froid est un soulagement.
Je recommence ; un craquement se produit.

J’ai mal ; La méthode est erronée…
Mon Univers ; comment le percevoir ?
Je me concentre ; une vision fugace.
Piqué au vif ; mon poignet ne répond plus…
**********

Suite aux révélations de la belle Irina, Hakon semblait perplexe et affichait un regard fuyant. Chacune des paroles entendues déclenchait en lui une analyse, une réflexion aboutissant inexorablement vers une interrogation de plus. Il se devait de comprendre et de donner un sens aux derniers évènements de sa vie. Lorsque son regard rejoignit enfin celui de son interlocutrice, ses yeux affichaient de la curiosité et les mots suivants furent prononcés :

- « J’ai cru comprendre que tu n’étais pas seule, qui sont tes compagnons ? Sont-ils également affiliés au dieu Poséïdon ? »

Le jeune homme esquissa un sourire doux et chaleureux à l’attention de la guerrière. Il ne voulait en aucun cas la mettre mal à l’aise ou passer pour un ingrat. Il souhaitait seulement assembler le mystérieux puzzle, dont les pièces étaient disséminées dans son esprit. Une question de plus était adressée à la jeune femme :

- « Je devine que tes capacités sensorielles sont au-delà de la norme conventionnelle, mais nous pouvons affirmer, sans nous tromper, que nous sommes ici au centre de nulle part. La mer est loin, très loin, et les premiers signes de vie sont vraisemblablement à plusieurs dizaines de kilomètres. Par quel subterfuge, ou miracle, as-tu réussi à me trouver ? »

Irina semblait recevoir favorablement la décision du jeune Hakon. Au fond de lui-même, il sentait que son choix était le plus judicieux et qu’il allait lui ouvrir les portes d’un monde au delà de l’entendement, un monde auquel il avait toujours aspiré, depuis que son premier livre avait été ouvert. Il devait devenir fort : il savait qu’elle pourrait l’aider dans sa quête.

La jeune femme se leva pour se diriger vers l’extérieur du chalet : l’épreuve allait débuter. Hakon la suivit, tout en se demandant quelle forme allait revêtir le test en question. Son attente fût de courte durée : Irina le sommait de briser un rocher à mains nues… Son visage était envahi par la surprise, mais il ne prononça aucun mot. Au lieu de cela, il se contenta de prendre de profondes inspirations d’air frais, comme si le froid avait une emprise revigorante sur son corps et son esprit…

De son poing droit, Hakon frappa la roche avec vigueur. Le jeune homme émit un petit cri à peine étouffé, tout en se frictionnant le poignet de sa main valide : de toute évidence, le rocher n’avait pas subi le moindre dommage. Après quelques minutes, la main semblait avoir recouvrée une partie de sa mobilité. Second essai : le garçon adopta une posture équilibrée, les pieds ancrés dans le sol et la hanche droite tirée en arrière. Le coup était plus précis et plus puissant, mais l’échec fut encore de mise. Un bruit sec se fit entendre et le malheureux Hakon faillit s’étouffer, alors qu’il usait de toute sa volonté pour ne pas exprimer sa douleur. La pierre était intacte et teintée de sang, alors qu’une phalange venait de se briser.

La méthode était visiblement mauvaise. Le jeune homme se rappelait les dires d’Irina et de son alter ego : le pouvoir vient du Cosmos, de l’Univers comprimé dans chaque individu… Alors, il s’assit en tailleur devant l’objet de ses souffrances et ferma les yeux : il devait calmer les remous qui agitait son esprit, afin de percevoir l’étoile qui sommeillait dans les tréfonds de son âme. Lentement, la douleur affectant sa main disparaissait et sa conscience s’isolait du monde extérieur : au bout d’une vingtaine de minutes, il ne demeurait plus que lui et le rocher. Hakon sentait clairement la présence de ce dernier, alors que tout le reste n’était plus que néant. Apparurent ensuite les étoiles entre lui et l’objet : sans ouvrir les yeux, un coup fut donné et un nouveau cri résonnait.

De l’extérieur, le jeune garçon semblait de plus en plus calme et apaisé, alors que sa méditation se prolongeait. Après quelques minutes, une aura blanche se dessina autour de lui : elle était légère, mais nimbée d'effluves glaciales. Il se leva calmement et décocha un rapide coup sur le rocher, lequel ne broncha pas plus que les fois précédentes. Il se retourna vers sa tutrice, l’air dépité et la main droite pendante, puis s’exprima avec une pointe de regret dans la voix :

- « Je crois que mon poignet est cassé et je suis épuisé. J’ai besoin d’eau. »

A la suite de ces paroles, il entra, la tête basse, dans la petite maisonnette en bois. C’est alors qu’un craquement se fit entendre en provenance du rocher : à l’endroit du dernier impact, une fissure d’une dizaine de centimètres de long faisait son apparition. La commissure était recouverte de glace…
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Dim 29 Déc - 17:25

Suite aux révélations que je venais de lui faire, j’étais certaine qu’il allait me poser des questions pour avoir plus d’informations à ce sujet. Dans un premier temps, il me demandait l’identité de mes compagnons et si ils étaient également affiliés à Poséïdon.

« Il y en a beaucoup et cela serait trop long si je devais te les énumérer. Bien entendu, ils sont tous affiliés à notre divinité. »

Le sourire doux et chaleureux d’Hakon, me forçait à détourner mon regard de lui car j’avais l’impression que si je continuais à l’observer, j’allais de nouveau rougir. Lors de sa nouvelle question, je reportais mes yeux sur lui tout en croisant mes bras afin d’écouter cette dernière.

« C’est une excellente question… Comment vais-je t’expliquer cela… »

Je réfléchissais à la manière dont j’allais m’y prendre pour lui expliquer, je voulais quelque chose de simple et de rapide.

« Disons que les personnes tels que nous, sommes capable de ressentir les autres cosmos à des kilomètres… C’est ton cosmos qui m’a conduit jusque toi et je te rassure, bientôt, tu seras capable de ressentir le cosmos des autres chevaliers. »

A présent, il était temps de lui faire passer son test et je l’avais invité à me suivre à l’extérieur avant de lui montrer le rocher qu’il devait briser avec son poing. La manière qu’il utilisait pour tenter de briser la solidité de la pierre, n’était pas bonne et il échouait aux deux premiers essais. Le troisième était sur la bonne voie et j’esquissais un fin sourire car je pouvais voir à nouveau son cosmos émaner de son corps. Malheureusement, son poing ne faisait aucun dommage à la roche et visiblement, il souffrait suite à la douleur reçue. Préférant s’arrête pour retourner dans la cabane, je m’avançais pour le rejoindre lorsque j’entendais un craquement qui provenait de la roche et je me rapprochais de cette dernière pour constater les dégâts. Une fissure d’une dizaine de centimètres était présente et j’esquissais un fin sourire car j’étais satisfaite de sa performance.

« Pas mal du tout pour une première fois. » Marmonnais-je à voix basse.

Ensuite, je rentrais dans la cabane tout en me rapprochant d’Hakon pour lui saisir délicatement le bras et le tirer vers le lit de fortune où je l’invitais à s’asseoir à mes côtés.

« Laisse-moi m’occuper de ça. »

Je plaçais sa main entre les miennes tandis que je fermais les yeux pour me concentrer. Une douce lueur enveloppait nos mains tandis que les blessures commençaient à se cicatriser. Cependant, je n’étais pas douée dans le domaine du soin et j’adressais une légère moue à Hakon lorsque je l’observais à nouveau.

« Tu peux utiliser à nouveau ta main… Je suis désolée si elle n’est pas totalement guérie et que la douleur persiste. Je ne suis pas douée dans ce domaine. »
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Lun 30 Déc - 5:19


**********
Elle me répond ; ils forment une légion.
Invisibles, ils sont la volonté des Mers.
Etonnement ; personne ne les connaît.
Emerveillement ; l’irréel devient réel.

Elle rougit ; nous sommes en phase.
Sa présence en enivrante ; je rougis.
Ma découverte ; j’aime que ce soit elle.
Son cosmos ; sa musique m’attire.

Des fractures ; la douleur est grande.
Elle prend ma main ; je tressaille.
Elle irradie ; la chaleur est apaisante.
Je frissonne ; du rose teinte mes joues.

Mal être ; Ahranya est encore proche.
Elle s’excuse ; je n’attendais pas tant.
Ses mains dans les miennes ; un baiser.
Culpabilité ; l’entrainement doit reprendre…
**********

Hakon était en train de se désaltérer, quand Irina entra dans la pièce. La main du garçon était en piètre état : du sang commençait à coaguler en recouvrant de vilaines coupures, une phalange de son annulaire présentait une fracture et certains os de son poignet étaient fissurés. La jeune femme le saisit par le bras et l’invita, avec délicatesse, à s’asseoir sur le lit.

Alors qu’elle enveloppait la main du jeune homme avec les siennes, une chaleur bienveillante se fit sentir. Hakon n’était pas insensible à ces émanations de cosmo-énergie et, outre les bienfaits curatifs du halo, il ressentait des vibrations dans tout son être. Il détourna la tête pour masquer ses joues, lesquelles étaient rehaussées d’une jolie teinte rosée. La douleur s’estompait et un sentiment de quiétude l’envahissait progressivement…

Lorsque l’atlante eût fini de prodiguer ses soins, elle ne semblait manifestement pas très convaincue par sa prestation. Hakon posa sa deuxième main sur celle de son infirmière improvisée ; son regard était doux et reconnaissant. Il approcha alors ses lèvres de celles d’Irina et y déposa un tendre baiser. Presque instantanément, il prit conscience de son geste et le sang lui monta au visage : le rose léger devenait rouge intense. Il se leva brusquement, des larmes emplissant ses yeux, et murmura les mots suivants d’une voix tremblante :

- « Heu… Je suis désolé, çà n’aurait pas du se produire… »
- « Le test doit continuer. »

Le jeune homme enleva son T-shirt et quitta précipitamment le chalet. Il allait jeter toutes ses forces dans l’épreuve qui lui était dévolue.

…/…

Hakon se dirigea vers le rocher, objet de ses souffrances passées. Il remarqua aussitôt la fissure, ainsi que le givre ayant recouvert la zone de son dernier impact : ainsi, il avait tout de même réussi à émailler l’ensemble minéral. Il se positionna face à la roche, s’assit en tailleur, puis ferma les yeux…

**********
Je pense à elle ; je dois me calmer.
Ce baiser… Je dois l’oublier.
Il entrave mes pensées ; j’inspire.
Elle hante mon âme ; j’expire.

Le calme arrive ; mon esprit vogue.
Le néant me gagne ; je suis seul.
Je sens son cosmos ; Elle me trouble.
Pourquoi est-ce arrivé ? Silence.

Nous sommes trois dans la clairière.
Une femme, un rocher et moi.
Le froid m’imprègne ; il me nourrit.
Il est mon énergie ; je me sens bien.

Un pressentiment ; Il arrive.
Je suis dans la clairière ; Il est là.
Nous sommes à nouveau deux.
J’ai besoin de lui ; Il le sait.

« Pourquoi sommes-nous là ? », dit-Il.
Je quémande son aide ; Il rit.
Une lueur blanche ; elle m’est familière.
Je me concentre ; nous résonnons à l’unisson.

« Briller ne suffit pas, il faut concentrer l’énergie. »
Je l’écoute ; je perçois la raison de mon échec.
Il me frappe ; le froid mord ma chair et mon âme.
Je le frappe ; Il encaisse sans sourciller.

…/…

« Dernière épreuve, nous serons Un ensuite. »
Mon esprit est calme ; je perçois les étoiles.
Mon aura est égale à la sienne ; magnifiques…
Je concentre mes forces en mon centre.

Il attaque ; je perçois l’aura glaciale.
Absorption ; le flux est détourné.
Je riposte ; une esquive exemplaire.
Attaque simultanée ; Lui et Moi au tapis.

Irina est près de moi…
Je dois… Je veux la retrouver.
Sortir ; mon Univers irradie.
Une explosion ; Nous sommes au sol.

« Tu m’as surpassé. », dit-Il calmement.
« Nous sommes prêts à fusionner ».
Ses mains ; l’énergie afflue en Nous.
J’ouvre les yeux ; Elle est avec moi…
**********

Alors que Hakon débutait sa méditation, son visage retrouva peu à peu sa sérénité et son teint albâtre. Pendant une heure environ, aucune réaction et aucune énergie ne se firent ressentir : c’est comme si l’apprenti tentait d’effacer son être et de fusionner avec son environnement. Puis, un halo blanc et glacial apparut autour de lui. Un sentiment étrange pouvait être perçu de l’extérieur : son aura semblait composée de deux flux glacials s’entrechoquant. Un de ces courants était agressif et puissant, l’autre était doux et résolu ; leur force était inégale.

Le jeune homme resta dans sa posture deux mois complets, son corps ne vacillant pas une seule fois. Au fur et à mesure que son combat intérieur progressait, sa cosmo-énergie s’intensifiait et le froid dégagé devint de plus en plus palpable et rigoureux. Au fil des jours, une pellicule de glace se formait sur sa peau, jusqu’à devenir une véritable gangue cristalline. Après plusieurs semaines, le Cosmos de Hakon résonna comme jamais et son écrin de glace se disloqua.

Sans même se retourner, il se leva, avec difficulté, et s’approcha du rocher. La détermination illuminait son regard. Dans un râle profond et puissant, sa volonté se rassemblait et la galaxie contenue en lui s’embrasait : des volutes glaciales entouraient sa main droite. Il apposa la paume gauche contre la roche : il ressentait le mouvement des atomes composant l’agglomérat inanimé, ce dernier était imparfait et présentait de nombreuses microfissures et défauts d’alignement moléculaire.

En un éclair, Hakon déchargea toute l’énergie accumulée dans la faille ornant la pierre. Cette dernière émis de nombreux craquements et implosa sous l’effet de la compression soudaine et violente provoquée par le froid intense.

Le jeune homme fit volte-face et se dirigea vers Irina, le sourire aux lèvres et le visage radieux. Il s’avança un peu plus et tomba littéralement dans les bras de son professeur :

- «  Je crois que tu vas devoir me porter. je n’arrive plus à bouger le moindre muscle. »

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Lun 30 Déc - 19:43



Effectivement, je n’étais pas satisfaite des soins que j’avais procuré à mon protégé et il fallait dire que je n’étais pas réellement douée dans ce domaine. La réaction d’Hakon commençait à me mettre de nouveau mal à l’aise lorsqu’il posait sa seconde main sur les miennes et portant son regard sur ce dernier, je pouvais voir son visage qui était proche du mien. Mon cœur se mettait à battre la chamade tout en me demandant la raison de se rapprochement. N’ayant guère le temps de prendre la parole, mes lèvres étaient scellées aux siennes et c’était de cette façon que je partageais mon premier baiser.

Tandis qu’il se levait suite à son geste, je détournais le regard, les joues rouges comme une pivoine et je ne savais plus où me mettre. Il s’excusait dans un premier temps avant de me dire que le test devait continuer et je restais sur place tandis qu’il se dirigeait vers la sortie. Quant à moi, j’étais restée assise sur le lit de fortune, n’ayant plus vraiment les idées en place si ce n’était que je pensais encore et encore à ce baiser qu’il m’avait donné. Pourquoi m’avait-il embrassé ? Etait-ce parce qu’il me trouvait attirante ? Où était-ce simplement pour une autre raison ? Toutes ses questions me hantaient depuis quelques minutes à présent et je décidais de me ressaisir. Je quittais le lit pour me rendre à l’extérieur de la cabane afin d’observer mon protégé.

Il était dans une position pour méditer et je n’osais pas le déranger même si sa méditation allait durer un long moment. Je savais parfaitement qu’il n’allait pas briser le rocher en quelques jours et j’avais pris la décision de rester le temps qu’il faudrait pour le voir réussir ce test. Au bout de quelques mois, je m’étais occupée comme je pouvais tout en ayant toujours un regard protecteur sur Hakon et je finissais par le rejoindre lorsqu’il sortait de sa méditation pour frapper le rocher qui se brisait suite à l’impact. Un sourire satisfait venait de se dessiner sur mes lèvres et il se dirigeait vers moi.

« Bravo, tu as réussi le test. »

Le jeune homme s’écroulait dans mes bras et je l’enlaçais. La fatigue avait pris le dessus sur sa personne et je me devais de le porter comme il venait de me le dire.

« Tu as mérité de te reposer et ensuite, nous entamerons notre voyage pour le royaume sous-marin. »

Entrant dans la cabane, je me dirigeais vers le lit et lorsque je l’allongeais sur ce dernier, je trébuchais pour me retrouver en partie sur lui. Croisant mon regard avec le sien durant une dizaine de secondes, je le fixais sans ciller et je lui adressais une légère caresse sur la joue avant de me redresser.

« Je vais cuisiner quelque chose, tu dois être affamé. »

M’éloignant de lui, je me dirigeais vers la petite cuisine aménagée par mes soins pour lui préparer de quoi se nourrir.
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Mar 31 Déc - 2:43




**********
Je suis revenu ; elle est mon fanal.
Plénitude ; le rocher est répandu.
Elle est là ; je marche dans sa direction.
Mes forces me quittent ; je trébuche.

Embarras ; je suis dans ses bras.
Douceur ; son parfum me berce.
Attirance ; son cosmos m’enivre.
Fatigue ; ma tête contre son épaule.

Elle me porte ; je suis bien.
Epuisement ; je suis allongé.
Son corps ; mon cœur s’emballe.
Que diable m’arrive-t-il ?

Son regard ; les étoiles scintillent.
Cet instant est une éternité.
Sa main ; réconfortante chaleur.
Doux rêves ; le sommeil m’emporte.

Doux fumet ; la torpeur me quitte.
Un repas ; le meilleur du monde.
Un cadeau ; je l’emmène dehors.
La danse des cieux nous enveloppe…
**********

La guerrière réceptionna le poids du corps de son apprenti, alors que ce dernier s’effondrait d’épuisement dans ses bras. Il avait l’air satisfait de son exploit précédent, ses yeux brillant de mille feux alors qu’il fixait son maître. Irina l’installa confortablement sur le lit quand soudain, elle trébucha et se retrouva en partie allongée sur son protégé. Hakon éclata de rire, plus par nervosité que par moquerie, mais conserva son silence. Avec un peu d’attention, il était possible de remarquer que son rythme cardiaque avait ostensiblement augmenté. Son teint blanchâtre avait migré vers un rose prononcé des plus évocateurs…

Son épreuve l’ayant éreinté au-delà du raisonnable, le jeune homme sombra rapidement dans les bras de Morphée. Son sommeil serait profond et réparateur ; il ne se réveillerait pas avant une trentaine d’heures. Lorsqu’il revint à lui, une douce odeur de cuisine emplissait ses narines : son Ange avait pris soin de lui concocter un déjeuner nourissant. En silence, il dévora son assiette, puis adressa son plus beau sourire à la cuisinière : ce repas avait pour lui un goût plus délicieux que n’importe lequel des mets les plus raffinés de ce monde.

- « Il faudra que je te parle de mon amie Ahranya un de ces jours. Je n'ai pas été capable de la protéger... », soupira-t-il avec une pointe d’amertume dans la voix.
- « Mais pour l’heure, j’ai une surprise pour toi ! », poursuivit-il en souriant.

Hakon invita la jeune femme à fermer les yeux et la guida ensuite vers l’extérieur.
Une fois positionnés dans un endroit dégagé, il prit place derrière Irina et l’enlaça tendrement. Son cosmos se mit ensuite à rayonner légèrement ; il était empreint de bienveillance, bien que glacial. Le froid s’amplifiait autour d’eux, accompagné d’une douce brise. Le garçon murmura alors les mots suivants, en prenant bien soin de scruter la réaction de sa compagne :

- « Tout est prêt, mon Ange. Vois ce que je t’offre, en remerciement de toutes tes attentions à mon égard… »

Le ciel était clair et dégagé. Pourtant, les deux éveillés étaient entourés par un mystérieux ballet enneigé. Au dessus d’eux, des flocons blancs chutaient délicatement, bien qu’aucun nuage ne les eut surplombés. Avant d’atteindre le sol, les cristaux gelés étaient aspirés par le flux d’air tourbillonnant généré par la cosmo-énergie blanche. La neige virevoltait autour d’eux en un cycle perpétuel, bercée par la musique des étoiles issues des sentiments du jeune Hakon.

- « M’accorderais-tu cette danse ? Espérons qu'il ne soit pas trop tard pour apprendre la valse. »

Il parlait bien évidemment de lui-même. Ces dernières paroles étaient chargées d’émotions et son visage était plus radieux que jamais…

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Mer 1 Jan - 20:41

Après avoir accompagné Hakon jusqu’au lit et être malencontreusement tombée sur lui, je l’observais avec un fin sourire sur les lèvres tandis qu’il s’endormait. Visiblement, le test l’avait épuisé et il avait besoin de sommeil, c’était certain. Je vaguais à mes occupations durant ce temps et je lui préparais un bon petit plat pour son réveil. Lorsqu’il ouvrait les yeux, je prenais le soin de lui apporter son assiette jusqu’à son lit et il en dévorait le contenu très rapidement. Il s’exprimait, m’avouant qu’il aimerait me parler de sa défunte amie mais ce n’était pas le moment et j’acquiesçais légèrement.

« Tu me parleras d’elle quand tu le voudras. »

Il m’avouait qu’il avait une surprise pour moi et un large sourire se dessinait sur mes lèvres.

« J’adore les surprises. » Lui avouais-je.

C’était la première fois qu’on me faisait une surprise et cela me faisait très plaisir. Il m’invitait à fermer les yeux et je m’exécutais sans la moindre hésitation. Je me laissais conduire jusque l’extérieur où le jeune homme m’enlaçais après s’être installé derrière moi. Je pouvais sentir mon cœur battre la chamade suite à son geste et je gardais toujours les yeux fermés. J’attendais simplement son signal qui ne tardait pas à venir et lorsque j’avais la permission de le faire, j’observais la scène qui se déroulait sous mes yeux.

« C’est… magnifique… » d’une voix tremblante sous l’émotion.

D’ailleurs, je ne pouvais guère retenir des larmes qui venaient de se mettre à couler le long de mes joues. C’était la première fois que je me retrouvais dans cet état suite à un cadeau offert par un homme et j’étais consciente que mon protégé allait devenir ma faiblesse. Il m’invitait à danser avec lui et je lui adressais un doux sourire, lui prouvant ainsi mon acceptation.

« Dans ce cas… Nous serons deux à apprendre. »

Je n’étais pas douée dans ce domaine car je n’avais jamais pratiqué ce genre de chose auparavant mais cette journée était spéciale et je voulais faire tout ce qu’il souhaitait pour ses moments remplis de magie.
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Mer 1 Jan - 23:29





**********
La neige tournoie autour de nous.
Elle pleure ; mon cœur frissonne.
Je la serre un peu plus contre moi.
Une danse ? Elle consent volontiers.

Nos corps à l’unisson ; un premier pas.
Maladresse ; notre première valse.
Concentration ; maîtriser l’espace.
Tournoiement ; mes sens s’enivrent.

Synchronisation ; deux êtres, un rythme.
La neige et les étoiles nous accompagnent.
Quiétude ; l’éternité nous enveloppe.
Epuisement ; neige et danse s’achèvent.

La nuit domine ; nous rentrons.
Un baiser ; mon cœur s’embrase.
Passion ; l’intemporalité nous gagne.
Mon Ange ; l’avenir est incertain…
**********

Irina ouvrit les yeux : le silencieux spectacle semblait l’émouvoir. Des larmes commençaient à couler le long de son beau visage. Hakon lui essuya délicatement les joues. Par un sourire, elle avait accepté son invitation.

Le garçon se positionna devant sa partenaire ; il semblait un peu gêné, cette situation était également une première pour lui. Toutefois, il se rappelait quelques émissions télévisées regardées en compagnie de sa mère. Il saisit avec douceur sa partenaire par les hanches. Ses doigts libres enrobèrent la main opposée de la jeune fille. Sous l’effet de la proximité, les joues de Hakon se teintèrent de rouge.

- « Tu peux suivre mes pas. », susurra-t-il tendrement.

Il se souvenait du rythme principal de la valse : un, deux, trois… un, deux, trois, tournoyer…
Les premiers mouvements furent maladroits et le jeune homme dut faire preuve d’une concentration certaine, afin de ne pas piétiner les orteils de sa compagne. Au bout de plusieurs minutes, les pas devinrent plus assurés et plus légers. Blottis l’un contre l’autre, les deux êtres atteignaient peu à peu l’harmonie ; ils affichaient alors une symbiose parfaite avec le silencieux ballet des flocons de neige.

Sans que Hakon ne s’en rende compte, la nuit était tombée depuis près d’une heure et le froid commençait à se renforcer. S'il pouvait aisément supporter les basses températures  de la nuit, il n’en serait vraisemblablement pas de même pour son maître. De toute évidence, il était fatigué par les efforts conjoints de maintien de son cosmos et de pratique de la valse. Afin de ne pas briser subitement la magie de l’instant, il restreint progressivement sa cosmo-énergie, jusqu’à ce que le dernier flocon de neige se pose délicatement sur le sol. La danse s’arrêta ensuite.

- « Pour une fois, laisse moi te porter à l’intérieur. », murmura-t-il à l’oreille d’Irina.

Hakon souleva doucement la jeune femme, tout en la serrant tendrement contre lui, puis se dirigea vers la cabane en bois. Il était encore étourdi par les instants féériques qu’ils venaient de partager. C’est l’esprit libre et dégagé de toute contrainte rationnelle qu’il posa ses lèvres contre celles d’Irina. Son cœur s’affolait, ses sentiments s’enflammaient, son baiser était passionné et langoureux. Ce moment se prolongea de longues minutes.

Après cet enlacement inattendu, il ne trouvait plus ses mots et ne comprenait plus la situation : c’était son premier baiser… Le jeune homme fit un brin de toilette et s’allongea : le sommeil ne viendrait pas de sitôt, même si les efforts passés l’avaient éreinté. Au petit matin, c’est l’esprit toujours obscurci qu’il prit la main de la belle Irina. Son regard était doux, mais affichait une parcelle d’incertitude. Avec un tendre sourire, il prononça les paroles suivantes :

- « Mon Ange, je ne sais pas où tout cela va nous mener… Mais pour l’heure, nous ne pouvons demeurer dans cet endroit. »

- « Qu’étais-tu censée faire après m’avoir trouvé et éveillé au Cosmos ? »


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Jeu 2 Jan - 19:12

Le spectacle fraîchement offert par mon protégé, m’avait énormément touché et cela pouvait se lire sur mon visage suite aux larmes versées. Ensuite, il m’invitait à danser sur cette douce mélopée et c’était une première pour moi ainsi que pour lui. Il me saisissait par les hanches, chose qui me mettait directement mal à l’aise mais je le laissais faire. Serrant ma main avec ses doigts, je posais l’autre sur son épaule tout en lui adressant un fin sourire. J’acquiesçais doucement suite à ses paroles tout en murmurant quelques mots.

« Très bien. »

Lorsque nous commencions à bouger pour tenter de danser plus où moins correctement, je me laissais guider tout en posant mon regard vers les pieds d’Hakon, je voulais éviter de marcher sur les siens. Au fil des minutes qui s’écoulaient, nous arrivions à bien nous débrouiller pour des débutants et le fait d’être dans ses bras, me permettait d’oublier certaines choses. Je souhaitais être figée dans le temps afin de rester contre lui pour l’éternité et je savais parfaitement que la réalité n’allait pas tarder à nous rattraper. La nuit s’était installée et je n’avais pas fait attention à ce petit détail. J’étais vraiment bien dans ses bras que j’oubliais tout ce qu’il y avait autour de nous. Bien plus tard, le dernier flocon de neige se posait sur le sol et nous arrêtions de danser. Je l’observais tandis qu’il souhaitait me porter dans ses bras à l’intérieur de cette petite cabane, qui était devenue un peu notre habitation.

« Avec plaisir. » Lui susurrais-je à l’oreille.

Il me soulevait dans ses bras, un peu comme si nous étions un couple de jeunes mariés et il posait ses lèvres contre les miennes pour m’embrasser. A la fois surprise et heureuse, le baiser était plus long que le premier et très langoureux. Mon cœur s’emballait énormément et je l’enlaçais au niveau de sa nuque pour prolonger notre échange. Cette nuit, nous avions décidé de passer la nuit ensemble dans le lit et il m’était difficile à trouver le sommeil en sa compagnie.

Le matin arrivant, il saisissait ma main et je croisais son regard tandis que j’écoutais ses paroles. Il ne savait pas comment allait se dérouler notre relation mais il avait raison sur chose, rester ici, n’était pas vraiment une bonne idée. La question suivante me mettait mal à l’aise et je fuyais son regard pour éviter d’éveiller tout soupçons. Cependant, agir de cette façon, allait certainement en éveiller chez lui et il me fallait trouver immédiatement quelque chose pour éviter de lui dire certaine vérité.

« Je vais t’indiquer ou se trouve l’entrée du Royaume sous-marin car en ce qui me concerne, je vais devoir partir à la recherche de d’autres éveillés comme toi. »

Un mensonge qui pouvait se lire sur mon visage et je m’empressais de quitter le lit pour aller me rafraîchir un peu.
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Ven 3 Jan - 4:50




**********
Elle est à mes côtés ; mon esprit est irrationnel.
Son corps contre mon corps ; mon cœur explose.
Sa peau contre ma peau ; mes sens s’entrechoquent.
Mes sentiments s’exacerbent ; le sommeil s’éloigne.

Matin ; je n’ai presque pas dormi…
Energie ; pourtant j’en déborde.
Est-ce ce que l’on appelle la Passion ?
Mon Ange ; tu me fais chavirer.

Je dissipe la brume dans ma tête.
Avenir ; il est temps d’y penser.
Une question ; une réponse surprenante.
Un mensonge ; le conte n’est pas parfait…

Subtilité ; je feins de la croire.
Amour ; je ne veux pas la perdre.
Doute ; son chemin sera différent.
Douleur inéluctable ; je vais souffrir.

Qu’importe, je dois vivre pour elles.
Ahranya ; honorer sa mémoire.
Irina ; garder l’espoir de la retrouver.
Promesses ; je ne perdrai plus personne !

Retour aux sources ; un dernier hommage.
Ahranya ; je ne t’oublierai jamais.
Départ ; une route des plus silencieuses.
Irina ; un chagrin lourd à porter…
**********

La réponse d’Irina manquait de cohérence et, malgré tous ses efforts pour se montrer convaincante, Hakon put déceler les bribes de mensonge dans l’intonation de sa voix et l’expression de ses yeux. Il usa de toute sa volonté pour ne laisser transpirer aucune émotion pouvant contredire les propos qu’il allait alors exposer :

- « Mon Ange, nous ferons comme il te conviendra. »
- « Tu es remarquable de t’occuper ainsi des pauvres hères comme nous. Ton altruisme est tout à ton honneur. »

La dernière phrase avait été prononcée avec un léger sourire, comme si ces mots devaient résonner dans l’esprit de la jeune femme et lui rappeler le prix du mensonge…
Son cœur frémit aussitôt, il s’en voulait d’avoir été si dur. Avec une pointe de regret dans la voix, il s’approcha de la porte de la maisonnette en soupirant les mots suivants :

- « Je suis heureux que nous nous soyons rencontrés. Mes sentiments envers toi sont plus que sincères. »
- « Une affaire m'appelle dehors ; nous partirons dès mon retour. »

Il arpenta alors le chemin menant vers la clairière, celle de tous les faits ayant récemment bouleversé sa vie. Après de longues minutes de déambulation, son cœur se serra : il était sur le lieu du drame passé.

L'endroit était désert et paisible. La plupart des traces des évènements de la dernière année avait disparu : sans la cosmo-énergie de Hakon pour maintenir le froid extrême, la glace et la neige était revenues à un niveau standard. A la lisière de la place, plusieurs arbres portaient des stigmates aux origines insoupçonnables. De la cabane abandonnée, il ne restait guère que quelques morceaux de planche disséminés. Des cadavres, il ne demeurait rien.

Empli de tristesse, le jeune éveillé confectionna une tombe avec quelques pierres et bouts de bois de récupération. Il usa de son sang comme encre pour inscrire le mot « Ahranya » en guise d’épitaphe.

- « Mon amie, je vivrai pour toi, pour ce que nous avons été et pour ce que nous aurions pu devenir… », sanglota-t-il.

Puis, il s’en retourna avec empressement auprès des vivants… Auprès de l’être aimé.

Une heure s’était écoulée, lorsque le jeune homme revint vers Irina. A peine entré, il se jeta au cou de cette dernière, les yeux humides. Il l’embrassa passionnément ; il avait besoin du réconfort de ses sentiments.

- « Je ne permettrai jamais qu’il t’arrive malheur. Je serai toujours là pour te protéger. », lui murmura-t-il à l’oreille.

Lorsqu’il se ressaisit enfin, il fit comprendre d’un regard que le moment du départ était arrivé. Il se tiendrait en retrait ; sa vue serait brouillée par les larmes. Hakon ne prononcerait guère de paroles avant l’instant fatidique de la séparation...

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Ven 3 Jan - 19:58

Le fait de lui mentir me laissait un goût amère dans la bouche et je voulais lui avouer la véritable raison de ma venue. Je savais parfaitement qu’il y avait un risque si je décidais de lui avouer la vérité et il était hors de question pour moi de le perdre. Ses paroles me pinçaient le cœur car il était sincère et il admirait ce que je faisais.

« Hakon… Je… Je te remercie pour tes mots, ça me fait énormément plaisir. »

Durant quelques instants, j’étais sur le point de lui dire réellement ce que j’avais sur le cœur mais au dernier moment, je m’étais ravisée. Ses nouvelles paroles me faisaient énormément de bien, je devais l’admettre et j’acquiesçais légèrement lorsqu’il m’avouait qu’il avait quelque chose à faire avant notre départ. Je le regardais partir en silence et lorsqu’il s’était éloigné de la vieille cabane, je m’écroulais sur le lit pour fixer le plafond. Fermant les yeux, je réfléchissais à plusieurs chose dont ma relation avec Hakon. Comment avais-je pu être séduite par cet homme ? L’amour montrait parfois des signes étranges et notre relation était un aléa de cela. Bien entendu, j’étais ravie de vivre ce moment magie avec lui et quoi qu’il pouvait arriver dans l’avenir, il allait rester dans mon cœur à jamais.

Sentant le retour de mon protégé, je frottais mes joues où des larmes avaient vu le jour et j’attendais patiemment son arrivée dans la cabane. La porte s’ouvrait et il se jetait dans mes bras pour m’embrasser avec passion et je savourais notre échange de la même façon. Ses doux murmures dans le creux de mon oreille m’avaient fait énormément de bien et à nouveau, je ne pouvais m’empêcher de verser des larmes durant quelques minutes. Je l’aimais, c’était certains et je ne voulais pas le perdre même si notre séparation n’allait pas tarder à arriver.

« Il est temps pour nous de partir… »

Je m’arrêtais net de m’exprimer vu qu’un cosmos était en approche et il n’y avait aucun doute sur ce dernier, il s’agissait d’un émissaire de la divinité des mers.

« Finalement, on vient te chercher… Je peux me mettre en route. »

Suite à mes mots, je volais un baiser à mon protégé avant de sortir rapidement de la cabane sans rien ajouter de plus. Je voulais simplement éviter de tomber nez à nez avec le vrai émissaire de Poséidon.
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Sam 4 Jan - 1:04







**********
Ses larmes ; mon cœur se déchire.
Mes larmes ; mon âme se consume.
Notre baiser ; probablement le dernier.
Souffrance ; je te ressens comme jamais.

Départ ; l’instant fatidique nous nargue.
Ô Destin ; notre souffrance est tienne.
Ô Eternité ; le temps s’effrite pour nous.
Ses lèvres ; mon corps se vide de ses larmes.

Un cosmos ; quelqu’un s’approche de nous.
Elle s’éloigne ; je l’accompagne du regard.
Douleur ; mille aiguilles me percent le cœur.
Mon cosmos résonne tel un diapason.

Hurlement ; mon malheur résonne dans l’infini.
Univers ; mon énergie rejoint les cieux.
Mon amour ; la neige sera ta compagne.
Vent ; mon corps devient une tempête.

Ultime baiser ; notre passion illumine le néant.
Ultime adieu ; une promesse pour la vie.
Horizon ; elle disparait tel un fantôme.
Je m’effondre ; l’inconnu est arrivé…
**********

La jeune guerrière entamait son voyage : un dernier baiser allait sceller le destin des deux êtres. Les larmes recouvraient les deux visages d’anges ; aucun mot ne serait assez fort pour dépeindre la scène aux couleurs dramatiques. La passion et le chagrin pouvait se lire dans le regard des deux amoureux.

Alors que le jeune homme assistait, impuissant, au départ de sa bien-aimée, son corps frémit légèrement : une puissante cosmo-énergie résonnait au loin et elle approchait inéluctablement de leur position. Bien qu’ignorant le lourd secret d’Irina, il devint conscient qu’elle devait effectivement s’éloigner. Cette idée lui déchirait le cœur, mais il préférait la savoir en sécurité loin de lui, plutôt qu’en danger à ses côtés.

Tandis que la jeune femme prenait de la distance, la douleur faisait vaciller la conscience de Hakon. Il extériorisa son chagrin par un hurlement profond, lequel brisa le silence environnant pendant près d’une minute. Son ressenti devait être expulsé avant qu’il ne le rende fou. Recouvrant ses esprits, il puisa au plus profond de son être la force de concentrer son Cosmos jusqu’à son ultime limite : Irina ne partirait pas seule. Avant que son corps ne se disloque, il relâcha l’intégralité de son énergie vers le ciel, en une boule blanche d’un froid au-delà de l’imaginaire. Une fois à haute altitude, elle explosa dans un grondement assourdissant…

La neige se mit à tomber sur une surface s’étendant à perte de vue. Epuisé par son effort, Hakon ne put réprimer un sourire : il l’accompagnera aussi loin que tomberont les cristaux de glace. Puis les larmes revinrent… Ce n’était pas suffisant, son amour était plus fort qu’un simple tapis blanc. Il rassembla le peu de forces lui restant et déclencha un vent puissant : il était ce vent. A la vitesse d’une bourrasque, il rattrapa Irina et l’enlaça tendrement : leur ultime baiser était illuminé par une passion comme seule les étoiles peuvent en témoigner. Il aurait aimé que cet instant soit figé dans le temps, que l’éternité les emprisonne à jamais dans sa subtile toile…

La cosmo-énergie se rapprochait de plus en plus : elle serait bientôt auprès de Hakon. Il devait maintenant s’en retourner vers la maisonnette de bois et laisser son mentor poursuivre sa route. Avant de desserrer son étreinte, il la fixa avec un regard supplicateur et lui murmura ces quelques mots à l’oreille :

- « Je t’aime mon Ange. Si tu as un tant soit peu de sentiments à mon égard, laisse sous-entendre que nous nous reverrons un jour… Et alors, je vivrai pour toi. »

Il fit ensuite demi-tour et se dirigea lentement vers l’endroit où ils avaient connus tant de bonheurs. Lorsqu’il arriva, les yeux rougis par les pleurs, une forme encapuchonnée l’attendait…

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Sam 4 Jan - 19:05


Je m’éloignais de la cabane le plus rapidement possible même si mon cœur m’ordonnait de faire demi-tour pour retrouver Hakon et affronter l’émissaire de Poséidon. Pourtant, mes jambes continuaient à m’éloigner de la cabane qui était devenue notre habitation depuis plusieurs mois. Subitement et de façon étrange, la neige commençait à tomber et je pouvais ressentir la présence d’Hakon dans chacun des flacons. Il souhaitait m’accompagner durant ma traversée et quelques instants plus tard, on m’enlaçait pour me voler un long baiser. Les larmes coulaient le long de mes joues suite aux paroles d’Hakon et pour répondre indirectement à sa question, je l’embrassais tout en y faisant passer mes sentiments sincères à son égard.

Après ce dernier moment en sa compagnie, il faisait demi-tour pour retourner à la vieille cabane tandis que j’avançais de quelques pas avant de tomber sur les genoux. Je sanglotais énormément tandis que je m’enlaçais pour essayer de m’imaginer dans ses bras mais rien n’y faisait. Je m’en voulais de partir de cette façon, j’avais peur de ne plus le revoir même si je lui avais fait la promesse que nos routes allaient se croiser à nouveau.

« Pardonne-moi mon amour… »

Finalement, je me remettais sur mes deux jambes pour poursuivre ma route, m’éloignant ainsi définitivement de l’homme que j’aimais.


De retour à la cabane, une jeune femme encapuchonnée attendait Hakon et seules ses lèvres semblaient être visible.

« Enfin te voilà,  Ne t’inquiète pas, je ne vais pas me lancer à sa poursuite vu que je ne suis pas là pour ça. Il est temps de rentrer à présent. »

Tournant les talons, elle commençait à marcher tout en ayant un œil sur Hakon.

« Tu as beaucoup de chance qu’elle ne t’a pas tué… D’ailleurs, je suis certaine que tu ignorais qu’elle faisait partie d’un autre camp. »

Un léger rire s’échappait de ses lèvres tandis qu’elle accélérait tout en observant le futur marinas.

« J’espère que tu arriveras à me suivre. » Venait-elle de dire d’un air amusé.

Ils commençaient à entamer la route pour le royaume sous-marin.
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Dim 5 Jan - 2:17




**********
Ma question ; sa réponse sera ma force.
Son baiser ; une promesse pour l’avenir.
Mes larmes sont ma seule compagne désormais.
Un mot d’Elle ; je l’aurais suivi même en Enfer.

Doute ; je ne dois pas la laisser partir.
Raison ; le destin exige notre abandon.
Espoir ; te reverrais-je mon Amour ?
Chagrin ; mon cœur est écorché.

Une capuche ; une forme sans visage.
Une femme ; son cosmos est froideur.
Ironie ; son verbe m’exaspère déjà.
Départ ; je la talonne sans entrain.

Alaska ; au revoir mon beau pays…
Père et Mère ; je ne puis vous revoir…
Ahranya ; je suis si désolé de cette issue…
Irina ; ne m’oublie jamais, mon Amour !!!
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Hakon éprouvait un étouffement de plus en plus grand, alors qu’il savait que son amour s’éloignait irrémédiablement de lui. La cabane en bois était proche ; une ombre se tenait, silencieuse, près de la porte. La forme était emmitouflée dans un long manteau sombre, une capuche recouvrant presque intégralement son visage. Le jeune homme se mit à éprouver un certain malaise au contact des émanations de cosmo-énergie de l’individu : elle était distante et oppressante à la fois.

 Une femme ! Maintenant qu’il était assez prêt, Hakon pouvait deviner ses formes féminines et ses lèvres ne pouvaient prêter à confusion plus longtemps. Il s’approcha avec méfiance pour écouter les paroles de la nouvelle venue. Il pesa l’impact de tous les mots qu'il allait alors lui rétorquer. Son ton était franc, mais trahissait une grande souffrance du cœur et de l’âme :

- « Je ne m’inquiète nullement pour la demoiselle, tu serais un bien piètre serviteur de Poséïdon si tu avais agi autrement… Seul un imbécile aurait attenté à l’intégrité physique de cette personne. La mission confiée aurait été un lamentable échec : au mieux, cet idiot serait rentré bredouille de son long périple ; au pire… Ai-je besoin de continuer ? »

Le voyage commençait. Hakon ne sentait plus le cosmos de son Ange ; elle était désormais hors de portée. Alors que son corps guidait instinctivement ses premiers pas, il se remémorait sa rencontre avec Irina, ainsi que tous les moments divins passés en sa compagnie. Des larmes irriguaient ses joues, puis gouttaient sur son torse nu.

Il fut tiré de sa nostalgie par sa gardienne : elle lui annonçait des faits qu’il devinait déjà. Le prenait-elle pour un être stupide ? Même s’il ne connaissait pas les desseins initiaux de sa bien-aimée, il savait que son amour était réciproque et sincère. Il ne lui en fallait pas davantage ; il l’aimerait à jamais, dût-elle être son pire ennemi…  Il ne voulait pas laisser l’étrangère avoir un quelconque ascendant sur lui, il devait lui faire comprendre que jouer avec ses sentiments ne serait pas une brillante idée :

- « Tu es manifestement douée pour énoncer des évidences. Ton maître doit être très fier de toi… Au fait, quel est ton nom ? »
- « Non, ne répond pas : je n’en ai cure en fait ! »

La marche se transforma bientôt en course. Le paysage défilait et le jeune éveillé commençait à subir le contrecoup de sa précédente explosion de cosmo-énergie. Son corps le faisait souffrir et il peinait à maintenir son souffle. Toutefois, il ne se plaindrait pas, toute sa fierté lui empêchant de donner cette satisfaction à la femme encapuchonnée.


Adieu Alaska…


=====> salle des Ecailles d'Atlantis

ALASKA - un étrange dormeur doit se réveiller...