avatar
En ligne
RogosSpectre du Dullahan | Modérateur
Spectre du Dullahan | Modérateur

Date d'inscription : 03/06/2014
Nombre de messages : 2335
Age : 25
Autres comptes : Andréa / Xing Huo

Revenir en haut Aller en bas
07.09.14 10:10

Quelle journée pourrie, vraiment... il avait été à New-Atlantis et à Asgard et n'y avait récolté que du mépris, des insultes et de nouveaux ennemis. Il s'était fait rosser par le Bourreau, avait enduré les supplices de l'infirmerie infernale, avait appris que les Enfers faisaient face à la plus grande évasion de leur histoire, puis avait dû faire un rapport destiné à Hadès lui-même. Et, conséquence directe de leur échec premier chez les Marinas, Poséidon avait déclaré la guerre aux Spectres. Apparemment, certains pensaient que lui, pauvre petite Étoile Terrestre insignifiante, avait une part de responsabilité dans cette catastrophe. Certes, c'était le cas, mais son implication avait été très secondaire. Et tout le monde peut faire des erreurs, surtout dues à l'inexpérience.

Une folle l'avait alpagué alors qu'il ruminait ses sombres pensées dans une rue de Dité. Elle l'avait agoni d'injures, puis giflé et molesté d'importance, avant de le laisser planté là comme un piquet endolori et surpris. Le lendemain, il découvrit que ses joues avaient tellement enflées qu'il ressemblait à un hamster géant, le forçant à porter son casque en permanence pour cacher sa tête ridicule... Une Étoile Céleste l'avait remarqué alors qu'il déambulait sans but dans les rues de la cité infernale, et l'avait sommé d'aller trouver quelque chose d'utile à faire au lieu de tirer au flanc. Voilà pourquoi il s'était rendu à la Forge.

En effet, l'endroit fourmillait d'activité. Nombre de Spectres avaient abîmé leurs Surplis récemment en empêchant l'évasion de certains des prisonniers du Cocyte. Et comme la guerre s'approchait, il fallait absolument vérifier que chacun combattrait dans les meilleurs conditions, avec un matériel en parfait état. Un Squelette lui expliqua qu'à cause de cela, la Forge avait épuisé ses stocks de matières premières servant à la création et à la réparation des Surplis. On ne savait pas quand la bataille pouvait éclater, il fallait donc recharger le stock au plus vite sous peine de perdre un temps précieux à le faire en plein milieu des combats. Or, les armures sombres fonctionnaient grâce à une complexe alchimie entre de nombreux matériaux, dont certains ne pouvaient pas être amassés assez rapidement par de simples Squelettes, raison pour laquelle on demandait son aide au Dullahan.

« Nous pouvons récolter sans problème l'améthyste et l'obsidienne, mais pour les autres matériaux c'est plus compliqué. Il y en a huit autres en tout, qui ne se trouvent qu'en Enfer. », lui expliqua le Squelette en lui remettant un parchemin détaillant les emplacements où l'on pouvait les trouver, et la marche à suivre pour leur acquisition.

Avec tout le travail supplémentaire qu'il avait donné aux Squelettes, il ne pouvait pas vraiment refuser... Ayant reçu sa liste de courses des mains de l'assistant du forgeron, Rogos partit à la recherche des matériaux nécessaires à la création et à la maintenance des Surplis. Il se dit qu'il ferait mieux de commencer par récolter les ingrédients qu'on pouvait trouver au plus près de la cité de Dité.

***


« Le Fer Stygien et les diamants noirs alors... »

Ces matériaux faisaient partie des composants les moins étranges des Surplis, mais restaient très difficiles à trouver sur Terre... En fait, le Fer Stygien n'existait qu'en Enfer. Il s'agissait d'un métal à la résistance exceptionnelle et à l'éclat macabre, dont le minerai pouvait être confondu avec du charbon. Ces deux ingrédients étaient en grande partie responsables de la résistance des Surplis ainsi que de leur aspect si particulier, rappelant un diamant pris dans l'obscurité. Comme on pouvait s'y attendre du domaine de leur Seigneur ! Dans la Grèce Antique, nombre de gens n'osaient pas prononcer le nom du terrifiant Hadès, signifiant « l'invisible ». Ils préféraient le surnommer « Pluton », « le riche », de par son rôle de gardien du monde souterrain et de ses trésors...

Alors que Rogos gravissait les montagnes entourant la cité infernale pour accéder aux crevasses où les roches riches en minerai affleuraient à la surface, il réfléchit aux instructions notées sur la liste. L'extraction ne serait pas facile, des outils ordinaires se briseraient comme du verre sur ces pierres si dures. Il fallait utiliser son cosmos pour y arriver, de plus ce procédé permettait d'imprégner à l'avance les matériaux d'énergie cosmique, ce qui améliorait leur qualité et facilitait le travail du forgeron, du moins d'après les Squelettes qui le suivaient avec de grands sacs pour collecter le fruit de son labeur.

Ils atteignirent une crevasse de belle taille, qui avait déjà été repérée avant par les assistants du forgeron. En contrebas, il pouvait apercevoir les eaux sombres du Marais des Ténèbres de la Quatrième Prison, séjour éternel des colériques et des paresseux. Les Squelettes lui assurèrent que l'endroit était parfait, et il se mit donc rapidement au travail.

La tâche était simple, mais fatigante. Il lui fallait pulvériser la roche, jusqu'à trouver des pierres qui résistaient à ses coups. Il les prenait entre ses mains, et provoquait une explosion pour les débarrasser des dernières impuretés rocheuses qui y restaient accrochées. À ce stade, les pierres qui se révélaient être des diamants noirs finissaient dans les sacs des Squelettes, mais pour le Fer Stygien, il restait encore une étape : le raffinage.

Pour cela, il devait brûler son cosmos jusqu'à liquéfier le minerai. La roche ordinaire s'écoulait entre ses doigts comme de la lave en fusion, tandis que les minuscules pépites de métal restaient dans ses mains, ayant résisté à la chaleur. Cela lui rappelait quelque peu l'entraînement qu'il s'était infligé afin de maîtriser sa technique de combat : il appuyait sa paume contre les rochers de son île déserte, et faisait monter la température jusqu'à ramollir suffisamment la pierre pour pouvoir y laisser son empreinte. Au début, il lui fallait plus de deux minutes pour y parvenir, mais à la fin de son entraînement il était capable d'imprimer six-cent fois son empreinte dans la roche en une heure, en n'utilisant qu'une seule main. C'est pour cela qu'il pouvait dire que le Fer Stygien était un métal sacrément coriace, pour être capable de résister à de telles températures...

Heureusement, il était aussi habitué à maintenir le rythme pendant des heures. Les Squelettes se prélassaient et discutaient à ses côtés, heureux d'avoir une bonne excuse pour passer du temps à flemmarder loin de la forge. Cela ne dérangeait pas Rogos, il se doutait que le travail des sbires ne devait pas être drôle tous les jours, surtout quand il fallait endurer l'humiliation de vivre en permanence aux côtés des autres Spectres, des êtres aux pouvoirs monstrueux en comparaison. Il ne savait pas exactement combien de temps avait passé, combien de failles rocheuses ils avaient visitées, avant que ses « assistants » ne lui disent qu'il avait récolté assez de matériaux. Il vit qu'il y en avait trois gros sacs pleins, et se sentit fier et satisfait de son travail. Une telle quantité de diamants atteindrait sûrement des prix astronomiques sur Terre, quant au Fer Stygien... il ne savait pas.

Mais son labeur ne faisait que commencer. Tandis qu'un trio de Squelettes partait vers Dité avec les sacs remplis, le Dullahan et ses assistants restants se dirigèrent vers les tombes de feu de la Cinquième Prison, représentant le châtiment éternel des hérétiques et se situant également non loin de la cité infernale. Il avait du mal à mettre un pied devant l'autre, alors l'un des Squelettes lui fit passer une outre pleine, dont il but goulûment le contenu... avant de s'étrangler, les larmes aux yeux.

« ARGH ! Mais c'est quoi ce truc ?! Vous essayez de me tuer ?! »

« On appelle ça « les Larmes du Dragon », parce que c'est tellement fort que ça peut même faire pleurer un dragon. Mieux vaut que vous ne sachiez pas avec quoi c'est fait. »

Rogos ne put qu'acquiescer, ressentant l'incendie qui partait de sa bouche jusqu'à ses tripes. Il voulait vomir, se débarrasser de l'affreux liquide, mais il avait bien trop mal pour ça. Son visage était rouge, il respirait avec difficulté, et pourtant dans le même temps il sentait l'énergie revenir dans ses membres, alors que la souffrance qui avait submergé son cerveau laissait place à une surprenante lucidité. Mais sa langue restait en feu. En fait, il n'avait même pas senti le goût de l'ignoble breuvage, la brûlure avait effacé toutes ses sensations avant, au profit de la seule douleur.

« Alors, ça ravigote, hein ? »

« La prochaine fois que vous me faites boire ça, je vous jure que je vous ouvre le bide et que je vous pends à vos propres tripes, vous m'avez compris ? »

« Oh ça va, c'est bon, faut pas vous énerver... »

« Je suis tout ce qu'il y a de plus sérieux. »

***


Enfin, alors qu'il se remettait peu à peu de ses émotions, ils arrivèrent au séjour éternel et ardent des hérétiques. Les damnés y étaient jetés dans des fosses creusées dans le sol, et y étaient torturés par le feu infernal. Plus ils se débattaient, plus ils attisaient les flammes et se coupaient sur les bords saillants des rochers dans lesquels étaient creusées les tombes ardentes.

Les hurlements de douleur emplissaient l'air, dans lequel mille brasiers projetaient étincelles et nuages de cendre. Il avait besoin de récolter cette cendre, au plus près des damnés. Leurs chairs se régénéraient au même rythme qu'elles se consumaient, afin de permettre au supplice de durer pour l'éternité. La cendre la plus récente gardait une part de ce pouvoir en elle, et, une fois intégrée aux Surplis, constituait la source de leur faculté de régénération.

« Juste une question... Comment je fais pour distinguer la bonne cendre de la mauvaise ? »

« Ah, c'est tout un art. En fait, la capacité de régénération provient à la fois du feu infernal qui ne s'éteint jamais, et de la chair des damnés qui repousse sans cesse. Un peu comme pour le phénix qui renaît dans les flammes... Il faut trouver un bon équilibre. Déjà, la cendre doit être récoltée directement sur les damnés, en faisant d'abord tomber la couche qui s'est accrochée à eux pour atteindre celle qui, récemment formée, leur colle encore à la carcasse. Ensuite, la couleur : ni trop noire, ni trop blanche, elle doit être bien grise. Bonne chance pour juger de ça, il faut prendre en compte la couleur des flammes pour imaginer quelle est la vraie teinte de la cendre qu'on regarde. »

« Et bien dites-donc, c'est précis... »

« La forge ne supporte pas l'approximation, on n'utilise que le meilleur ! »

« Si vous le dites. »

Sur ces mots, il se résigna à se meurtrir abondamment les bras. Il plongea dans l'une des fosses, les flammes infernales léchant son Surplis, et immobilisa violemment le damné qui s'y trouvait, une pauvre chose qui hurlait sans interruption depuis peut-être des siècles. Il ne ressentait qu'une partie de la chaleur, mais ses mains n'étaient pas aussi bien protégées que le reste de son corps, et il commença vraiment à avoir mal. Il se dit alors qu'il lui fallait changer de méthode. Il entoura ses mains de sa propre aura ardente, qui le protégeait : en effet, l'un des buts de sa technique était d'expulser la chaleur loin de son corps. Elle pouvait donc également servir à se protéger des hautes températures.

Il récolta la cendre dans plusieurs dizaines de tombes, suivant à la lettre les indications des Squelettes, raclant les corps des prisonniers pour en détacher la précieuse matière. La tâche était fatigante, douloureuse, franchement dégoûtante, et en plus les damnés lui cassaient les oreilles, mais il fallait bien que quelqu'un le fasse. Et puis, avec le recul, il commençait à comprendre pourquoi on l'avait choisi lui pour mener à bien cette mission, ses pouvoirs se révélaient particulièrement adaptés jusqu'ici. En fait, la partie la plus pénible de ce travail, c'était de trouver comment respirer. L'air était chaud et saturé de cendres, une horreur, se remplir les poumons dans ces conditions était aussi éprouvant que tout le reste combiné.

À nouveau, il ne s'arrêta que lorsque les Squelettes lui dirent qu'il y en avait assez. Trois sacs remplis à nouveau, mazette. Éreinté, le Dullahan s'autorisa quelques minutes de pause le temps que le trio de subalternes, qui était revenu de Dité entre-temps, prenne les sacs et reparte en direction de la cité. L'un des serviteurs lui proposa une petite rasade de « Larmes du Dragon » en rigolant, mais l’Étoile Terrestre le fit taire d'un regard noir, et il n'insista pas.

« Super, c'est fini pour cette zone, on va où maintenant ? »

« Récolter des Pierres de Sang dans le lit du Ruisseau du même nom. Attention, la baignade est désagréable, c'est bouillant. »

« Génial, et je suppose que je dois plonger tout au fond pour trouver les meilleures, j'ai bon ? »

« Gagné, c'est exactement ça. »

« Et merde. »




Dernière édition par Rogos le 07.09.14 10:30, édité 1 fois
avatar
En ligne
RogosSpectre du Dullahan | Modérateur
Spectre du Dullahan | Modérateur

Date d'inscription : 03/06/2014
Nombre de messages : 2335
Age : 25
Autres comptes : Andréa / Xing Huo

Revenir en haut Aller en bas
07.09.14 10:28
De retour de : http://rpgsaintseiya.forumactif.com/t26950-approvisionner-la-forge-des-enfers-solo-rogos-partie-5#1021834


Revenu dans la cité infernale, le Dullahan exténué avait du mal à mettre un pied devant l'autre. Au cours de cette journée, il avait été meurtri, brûlé, asphyxié, dégoûté, ébouillanté, suffoqué, gelé, terrifié, traumatisé, et d'une manière générale proprement éreinté. Sans compter l'empoisonnement aux Larmes du Dragon et le poids écrasant de la Matière Obscure qu'ils venaient de ramener à la Forge. Mais au moins le travail était enfin fini...

Après avoir salué les Squelettes qui l'avaient accompagné dans son périple, il se dirigeait à présent vers un endroit où il pourrait trouver un bon lit. Il n'avait qu'une envie, dormir. Pourtant, il était content de l'accomplissement de sa mission. D'un point de vue pragmatique, il avait découvert les Enfers et leur fonctionnement, ce qu'il n'avait pas pu faire avant, et il s'était entraîné à utiliser sa technique de plusieurs manières différentes. Il devait s'être amélioré côté maîtrise. Et il se sentait également grandi intérieurement. Il possédait maintenant de plus grandes connaissances sur l'origine de son Surplis, renforçant ainsi son lien avec l'armure sombre. Et il respectait plus encore qu'avant les Spectres.

Les Surplis étaient forgés de malice, de souffrance, de peur et de regrets. Les armures étaient noires comme les péchés qu'il leur fallait punir, un morbide et terrifiant reflet de l'âme des malfaisants, mais en leur cœur existait une étincelle de lumière pure et incorruptible, tenant les ténèbres à distance. Les Spectres portaient littéralement le poids des fautes de l'humanité sur leurs épaules... L'avoir compris le confortait quant à la grandeur et à la justesse de leur cause. L'expérience avait certes été rude, mais il ne s'en serait pas aussi bien rendu compte si quelqu'un s'était contenté de lui expliquer avec des mots.

« Il faudra que j'en parle à Wolgorn, avec ses grands discours sur la noblesse de l'idéal de Sa Majesté. »

Il eut soudain une fulgurance, et se força à retourner rapidement à la Forge. Précieuse expérience ou non, il était hors de question qu'il se contente de simples remerciements de la part du forgeron après tout ce qu'il avait dû subir. Quand il entrebâilla la porte, il vit que les Squelettes étaient en train de ranger et d'organiser les matériaux qu'ils avaient ramené, assez pour tenir plusieurs batailles normalement. Le maître des lieux, probablement occupé, était invisible, une fois encore. Les assistants le regardèrent avec des yeux ronds, et il les apostropha :

« Au fait, je bosse pas gratuitement moi ! Vous direz à votre patron que je veux une récompense, vu le boulot que je me suis tapé et les délais qu'il a fallu tenir. »
L'assistant en chef acquiesça à sa requête, et Rogos repartit, pour de bon cette fois. Il était temps de se reposer après cette dure journée de labeur.

Approvisionner la Forge des Enfers [solo Rogos]