Reagan
ReaganChevalier Noir de l'Oiseau de Paradis
Chevalier Noir de l'Oiseau de Paradis

Date d'inscription : 06/07/2014
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08.09.14 13:25
Une fumée s'élevait et dansait paresseusement, émise par une cigarette allumée entre les lèvres de Custodio. Le Colombien était confortablement assis sur un siège de cuir, dans une salle de réunion bâtie dans un immeuble, sous le soleil d'après-midi de San José, capitale du Costa Rica. Enfin, pour ce qu'elle avait de capital pour son pays, cette ville aussi fantoche que ses politiciens... L'immeuble appartenait à une filiale d'un consortium agricole nord-américain, que le Colombien semblait bien connaître. Pour cause, peut-être y avait-il déjà travaillé ! Quoiqu'il en soit, il y avait déniché des têtes qui ne lui revenaient vraiment pas. La décoration de l'intérieur de travail de ces personnes n'était pas non plus à son goût, et étant d'humeur serviable, il s'était proposé de tout refaire... en repeignant l'ensemble avec du sang ! Les membres arrachés et les caboches décapitées étaient aussi fort esthétiques et sans doute les tripes feraient-elles de belles guirlandes. Mais passons, il ne fallait pas non plus forcer le personnel avec une décoration trop fantaisiste.

Le Peryton fumait donc tranquillement sa cigarette, les jambes croisés sur la table de réunion, au beau milieu des cadavres démembrés et sanguinolents d'anciens employeurs et associés, voire de gars qu'il ne connaissait pas du tout. Qu'importe, la seule chose dont il avait besoin de savoir était que ces enflures l'avaient viré et qu'ils truandaient, vampirisaient et asservissaient la population locale. En tant que Spectre, justicier de l'au-delà, la vengeance personnelle était un acte répréhensible, mais il avait déniché un arrangement correct avec la morale. De toutes manières ça urgeait un max, comme s'il avait envie de pisser, alors... bref. Custodio contemplait fièrement le sang dégoulinant sur les murs et les fenêtres, soulagé de ce poids qui lui restait sur le cœur. Un pan de son ancienne vie s'était effondré et il arborait sa nouvelle existence à travers son Surplis, garantissant son anonymat. Cela faisait un bien fou que de se défouler sur des crevures de leur espèce, on ne pouvait le nier !

Le regard de l'Étoile Terrestre se promena sur les environs de la salle. Le silence était lourd, la pièce insonorisée, la porte verrouillée, la sécurité neutralisée, personne ne viendrait le déranger. Le Peryton vit une boîte de cigares cubains traîner au sol, à proximité de la dépouille éventrée d'un ex-supérieur.

"Hé bien, mon saligaud ! Tu aurais pu me dire que tu en avais ! Faut pas me laisser fumer cette camelote de prolétaires !" gloussa-t-il à l'adresse du cadavre.

Le Colombien saisit la boîte et s'empara d'un des cigares tant convoité.  Il cracha sa cigarette encore allumée sur le charnier pour la remplacer par une Havane, infiniment plus délectable et à la hauteur de son orgueil blessé. Il fixa ensuite le paysage s'offrant depuis la fenêtre de la salle de réunion, un sourire vicieux lui défigurant le visage plus encore qu'il ne pouvait l'être par ses traits ingrats. Le Costa Rica, ce pays impuissant, catin et poubelle allait disparaître avec tous les autres, rien de plus. Ce monde, né comme s'il avait été créé après une soirée d'ivresse et de biture, allait subir la correction que toutes les erreurs méritaient.

L’Étoile du Châtiment demeura suffisamment longtemps dans la pièce pour terminer sa Havane et pour que des employés sensés ne s'inquiètent du temps que leurs patrons prenaient pour conclure leurs affaires. Custodio ressentit la présence de plusieurs types derrière la porte et entendit bien vite qu'ils essayaient de l'enfoncer. Il brisa donc les vitres panoramiques d'un coup de poing et se fraya un passage suffisamment large d'une bourrade du pied pour s'enfuir. Sachant que les gus seraient trop lent à accéder à la salle de réunion, le Spectre jeta un dernier regard à ses anciens employeurs avant de filer à l'anglaise.

"Adios, bande d'enfoirés !" leur lança-t-il finalement.

Sur ces mots, le Peryton sauta du bâtiment et déguerpit à toute vitesse, non sans éclater de rire au passage. Il avait passé un bon moment, mais maintenant il devait vite rejoindre son poste sinon ça allait barder ! Il ne pouvait évidemment pas faire cela tout les jours, il lui fallait devenir un mec sérieux. Désormais, ce sera la Justice et Hadès, et rien qu'eux ! Ou pas...

[FB solo Custodio - post unique] ¡ Buenas tardes, bastardos !