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Ven 23 Jan - 0:11
Les Enfers, dans la dimension d'Éléonore

Des coraux, de la lave... ça ne s'ennuie pas, un Gémeau. Malgré mon affinité avec le feu, la chaleur est étouffante et c'est à peine si j'arrive à dévier une partie de l'attaque avec mes propres flammes pour ne pas être blessé, bien que le tout n’ait pas l’air de m’être complètement destiné. Ou alors Éléonore vise mal. Car l’attaque frappe le « mur » de la dimension, résultant en une immense trombe d’eau qui devient rapidement plus modérée, et je peux apercevoir une sortie. Ainsi, même les guerriers de Poséidon ont un sens de l’honneur… ou alors ils ont d’autres priorités. Épargner un ennemi est dangereux, très dangereux, mais je ne suis pas là pour faire des remontrances, qu’elle m’épargne ou non le dragon des mers est mon ennemie et ses erreurs seront ses problèmes. Pas les miens.
Avant de partir, je la regarde dans les yeux et ricane très doucement.

-M’effacer… bien sûr…

On ne pouvait trouver pire mot. On se reverra, je le sais. Jamais je ne m’effacerai complètement. M’enveloppant d’un torrent de flamme, je traverse la brèche et disparait de sa vue.

Johannesburg, quelques jours plus tard.

 Le jet privé de l’Heaven Inc. me dépose un peu à l’extérieur de la ville. Je fais signe au pilote de ne pas m’attendre, je risque de rester ici plusieurs jours avant d’avoir encore besoin de lui, et m’éloigne tranquillement alors que l’avion reprend son envol et disparaît à l’horizon. Par où commencer?

Me préparer pour un tel coup n'a pas été bien difficile. S'informer sur qui détient quelles actions et compagnies est facile si l'on sait où chercher, et comme Johannesburg est considéré comme la ville la plus importante en Afrique en matière d'importation exportation, il m'a semblé logique de commencer par là. Non pas par besoin immédiat de bons moyens de transport de la marchandise, mais par moyens de pression quand viendra le temps de prendre le contrôle de compagnie plus importantes. Si l'on nous défi, me défi, plus rien ne pourra quitter le continent. Et quelques immeubles risquent de partir en fumée, oui. Bien sûr, Johannesburg n'est pas tout, mais c'est un gros morceau. Et si je veux prendre le contrôle de l'Afrique, tout doit avoir une valeur à mes yeux.

Je récapitule la liste mentale que je me suis constitué avant de partir et entre dans un premier bâtiment, toujours caché sous mon loud manteau noir et ma capuche, portant une lourde valise dans ma main gauche. La secrétaire, une jeune femme à la peau noire, lève la tête et me toise d'un oeil incertain. Je la sens inquiète, les voleurs et criminels ne sont pas rares par ici et un homme encapuchonné a tout d'un criminel. Mais sans pour autant la rassurer, je me contente de lui dire d'une voix égale:

-Je viens pour voir votre président.

-... Il ne prend pas de rendez-vous...

-Je suis un envoyé de la Heaven Inc.

Incertaine mais exaspérée, elle le fait signe d'attendre pendant qu'elle fait quelques appels. Patient, je la regarde avec attention, me rappelant de cette époque où je cherchais la soumission individuelle de chacun envers ma personne. Quel imbécile. Le contrôle est bien plus complexe que ça.
Quelques minutes plus tard, l'affaire est enfin réglée. La secrétaire raccroche le téléphone et soupire.

-C'est bon. Prenez l'ascenseur à droite, 12ème étage, vous tournez deux fois à gauche, c'est la deuxième porte à droite.

Sans la remercier, sans même lui adresser un seul mot, je m'éloigne en suivant les dites instructions et encore un peu plus tard, je me trouve assis dans un grand fauteuil en cuir devant l'élégant bureau du président de la compagnie. J'espère sérieusement ne pas me planter pour cette première fois...

-J'ai bien du mal à croire, monsieur...

-Ernistov.

-Monsieur Ernistov, que vous êtes un réel membre haut gradé d'une multi-nationale comme la Heaven Inc, vue votre accoutrement.

-Si ce sont mes vêtements qui posent problème, je peux revenir avec une cravate.

L'humour ne me réussit pas. Le CEO ne sourit même pas, il se contente de me fixer avec une pointe de doute dans son regard.

-Nul besoin. Je suppose que vous n'avez aucune pièce d'identité?

-Vous êtes un homme intelligent.

-N'est-ce pas? La moindre des choses serait donc de retirer votre capuche, si vous tenez vraiment à ne pas vous retrouver à la rue dans quelques secondes.

C'est le problème avec les grands de ce monde. Ils ne sont pas impressionnés facilement, et malgré mon apparence inusité ce président n'est ni nerveux, ni effrayé, ce qui risque de rendre la négociation plus compliquée, certes, mais ô combien plus intéressante.

D'un geste lent, je rabaisse ma capuche, dévoilant mes longs cheveux roux en pointes. Le président ne cille même pas, mais n'est pas plus impressioné.

-C'est une plaisanterie?

Heureusement, je me défends plutôt bien dans ce domaine moi aussi.

-Je fais dans l'ironie et non dans l'humour, monsieur. Mais je suis très sérieux en vous disant que mon look ne regarde que moi et que si vous me faites perdre trop de temps je serai tenté d'aller visiter d'autres compagnies avec autant d'argent dans leurs coffres pour leur proposer ce que nous avons à offrir.

Il hausse les sourcils. Maintenant qu'il sait que j'ai une proposition à lui faire, il semble bien plus intéressé par ma présence, enfin. Je m'accoude sur son bureau, prenant quelques secondes pour rassembler mes pensées, avant de tout déballer.

-Voyez-vous, mes supérieurs n'ont compris que très récemment la valeur du continent africain dans le monde des affaires. Nos affaires vont bien, certes, et les vôtres aussi, mais elles pourraient aller encore mieux.

-Et que proposez-vous?

-Une collaboration. Une alliance, un partenariat, appelez cela comme vous le voulez, vous voyez ce que je veux dire.

-Je vois...

La discussion se poursuit pendant des heures dans une atmosphère à la fois sereine mais aussi tendue. Ce n'est plus qu'une simple conversation mais bien un débat et mon adversaire est de taille. C'est comme un combat, au final: premier sang, contre-attaque, riposte, coup bas... la plume et l'épée ne m'ont jamais paru aussi semblables avant aujourd'hui. Quel drôle de monde, vraiment. Peut-être pensera-t-il à me considérer comme un ami, ou à la limite comme un allié ensuite, mais il aurait tort de le penser. Je n'ai qu'un seul ami, et c'est moi-même. Les autres ne sont que des poids lourds que je serais obligé de traîner avec moi. L'amour est une entrave à la liberté: ainsi je n'aime personne.
Mais nous arrivons finalement à une entente et le président se frotte discrètement les yeux.

-Vous êtes très convaincant, monsieur Ernistov. J'entreprendrai les démarches pour exécuter votre idée dès maintenant avec grand plaisir.

-J'ai votre parole?

-Évidemment.

-Je vais donc prendre congé.

-Fort bien. J'espère vous revoir, monsieur Ernistov.

-Moi de même.

Je me lève, lui aussi et nous nous serrons la main. Quelque chose semble bizarre, mais je reste le plus neutre possible, retrouvant mon chemin sans problème et quittant enfin l'immeuble. Le soir est tombé, cette rencontre a pris plus de temps que prévu, mais j'ai encore la possibilité de visiter quelques autres entreprises pour tenter de prendre des rendez-vous et me faciliter la tâche. Car cette menace d'aller voir d'autres compagnies? Je l'exécute quand même. Notre collaboration? Un attrape-nigaud. Suite à une bonne série d'événements douteux et un président qui démissionne, acheter la compagnie sera facile et c'est précisément ce que je veux. Ensuite, on fusionnera tout pour ne faire qu'une seule grande entreprise, annexe à la multinationale. Et qui aurait le contrôle de tout ça, bien que ce soit officieux? Moi...

En marchant distraitement dans la rue, j'examine ma main. En son creux se trouve un morceau de papier. Je n'ai pas réagi ni posé de question, en général quand les gens font ça c'est pour une raison, mais maintenant est un bon temps pour répondre aux dites questions. Doucement, je déplis le papier. Quelque chose y est écrit.

6 FÉVRIER 18h36. REVIENS ME VOIR -ASMODEUS

... En voilà une surprise. D'un simple effort de concentration, j'enflamme le message et laisse les cendres avant de poursuivre ma route. Nous sommes le 1er Février, ça me laisse un peu de temps...

[HRP: Si après 10 jours il n'y a aucune intervention de la part d'un autre camp, ce territoire appartiendra aux BKs et fera partie de leurs TS. Je ferai néanmoins plusieurs posts entre temps, même après les 10 jours, mais il vous sera impossible d'agir dépassé ce délai.]
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Jeu 5 Fév - 19:19
-Je peux donc conclure que vous acceptez?

-O...Oui, monsieur. Votre proposition est très intéressante, vous nous avez convaincu.

-Merveilleux.

Les jours passent et mon travail à Johannesburg se poursuit sans relâche. Je passe d'entreprise à entreprise, discute affaire et partenariat, et très souvent ressort avec une promesse de contrat. Pas toujours, malheureusement. Certains noms plus importants n'ont pas jugé une coopération avec la Heaven Inc nécessaire et d'autres ont promis de rappeler avec un sourire poli, mais l'espérer tiendrait de la naïveté absolue. C'est dommage, certes, mais au moins ce n'est pas un échec total, et je me plais à croire que ce n'est qu'une question de temps avant que mon idée ne devienne une nécessité. Nous somme désormais reliés à Johannesburg: cela nous fait un excellent "port de commerce" en Afrique où l'on peut trouver de tout pour bien moins cher. Je peux faire flancher ces plus grosses compagnies qui nous font de l'ombre. Je dois juste trouver comment.

Depuis que je suis arrivé, je me suis forcé à changer ma garde-robe un peu. C'est donc en étant plutôt répugné que j'enfile tous les jours un de ces costumes chics chemise cravate que j'affectionnais tant par le passé, seulement cette fois ils sont noirs, je n'ai pas de chapeau et pas de monocle. Nul besoin, grâce à des lentilles de contact. Rien à faire pour mes cheveux par contre: je pourrais tenter de les faire retomber ou les faire couper, mais j'ai le pressentiment que le résultat final serait encore pire. Ce n'est pas parfait, mais ce petit détail à part le tout me va bien. Même si souvent, dans la rue, j'ai le réflexe de vouloir rabattre ma capuche sur ma tête. J'ignorais que je m'y ferais si vite.

-Je suis plein de surprises, hein...

Pas de réponse. Je me perds dans mes pensées alors que je marche distraitement vers mon prochain rendez-vous. Conquérir les différents marchés est une bonne idée pour être plus présent auprès de la masse prolétaire, mais cela ne garanti pas une certaine loyauté à l'ordre noir. Pour ça, je devrais faire un saut par le gouvernement, ce qui risque d'être difficile. Non pas que l'endroit est bien gardé, mais y passer inaperçu tout en essayant de faire passer un message clair, le tout en faisant mon possible pour ne pas attirer d'autres éveillés dans les parages, on a déjà vu plus facile. Heureusement que je possède de bonnes informations.

J'entre dans un bâtiment, là où se trouve mon rendez-vous. Un homme en costume noir est à l'entrée et se dirige vers moi.

-Vous devez être monsieur Yassin Ernistov?

-C'est bien moi.

Étrange, se servir d'un nom qui n'a pas servi depuis des années... selon ceux qui m'ont connu, certains diront qu'il n'a jamais servi. Pour plusieurs, je n'ai toujours été qu'Iblis. Mais un tel nom n'a pas sa place dans le monde des affaires.

Nous nous serrons la main et le directeur générale de cette autre grande compagnie d'import/export me guide jusqu'à son bureau, où nous discutons pendant de longues heures. Un autre qui rechigne, je prends mon temps, je le laisse appliquer ces conditions, je négocie d'une main qui était encore nerveuse et amateure il y a quelques jours, mais qui est de maître aujourd'hui. Je n'inspire pas toujours la peur: si je le veux, je le pourrais, mais la panique commence d'abords avec un sentiment de nervosité, de malaise, dans une situation qui échappe et nous rend impuissant. Mais encore une fois, je viens à bout de cet adversaire pas si coriace au final et quitte l'endroit, un contrat de plus dans ma mallette.

Quelques mètres plus loin de l'édifice, il me vient un mauvais pressentiment. Une fraction de seconde plus tard, une douleur aiguë se fait ressentir derrière mon crâne et sous le coup de la surprise, je perds l'équilibre et tombe au sol. Quand je tourne la tête pour voir l'inconscient qui a osé s'approcher de moi, j'en vois deux, qui s'enfuient dans une ruelle. L'un des délinquants tient ma mallette dans ses mains.

Je soupire avec lassitude.

-Les divertissements ne sont plus ce qu'ils étaient...

Doucement, je me relève et pars très calmement en direction de la ruelle en me frottant la tête. Le coup était fort, quand même... je sais bien qu'ils ne se seraient pas arrêté là, mais je peux les retrouver. Tout laisse une trace, cosmique ou pas.

Là. Une poubelle renversée, des traces dans la poussière, j'entends un bruit métallique plus loin, je suis la piste sans me presser... et me retrouve face à cul de sac. Enfin, pas vraiment, la route continue, mais la piste s'arrête là, devant un immeuble. Quels imbéciles. Je ressens leur peur, je sais qu'ils sont cachés, et je sais comment les en faire sortir.
Pincant les lèvres avec énèrvement, je tourne les talons et repars en direction opposée. Mais un petit tournant de différence, je change de vitesse pour passer au pas de course et en peu de temps je suis revenu tout près du dit immeuble que je traverse rapidement, et passe la porte devant laquelle je venais tout juste de m'arrêter pour voir les déliquants sortir d'un trou dans un mur caché par une statue, juste à côté de moi. Ils discutent, rigolent, et soudain l'un d'entre eux me remarque et me pointe, sur le point de lancer un cri d'alerte.

Sans lui laisser le temps de le faire, je lui saisis la tête avec force. Il ne s'échappera pas.

-Vous y avez cru?

Je n'aime pas faire de l'humour. C'est une perte de temps. Mais si je n'ai que faire de mon sens de l'humour, je ne peux qu'apprécier mes talents d'acteur et mon don inné pour le mensonge. C'est le premier engrenage à placer dans cette mécanique bien huilée qu'est le pouvoir.

Ma paume devient ardente. L'homme hurle de douleur alors que son crâne devient rougeoyant, sa peau se fissure et qu'après quelques secondes, toute sa tête soit complètement noircie. Un coup de vent et elle se dissout en cendre.

Je reporte mon attention vers le deuxième homme, celui qui porte ma mallette. Il recule de quelques pas, horrifié, avant de s'enfuir en courant et en criant. Rapidement, je lève mon bras et une lance de feu s'y matérialise. Je la lance en sa direction et l'arme lui traverse la poitrine avant d'exploser. Il ne reste de ces deux délinquants que des masses de chaires brûlées et ensanglantées, dont l'odeur est écoueurante. Je ramasse ma mallette et d'un vague effort de concentration, incinère les deux corps. C'est la moindre des choses. Même moi je ne souhaite cette odeur à personne.

Eh bien. Quelle aventure. Sans regarder derrière moi, sans même l'once d'une émotion, je me mets en route vers mon hôtel. Dans deux jours, j'aurai un rendez-vous bien spécial qui pourrait bien être le dernier. Il serait disgracieux de le rater
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Dim 15 Mar - 3:57
Après une semaine, je ne voyais plus trop quoi faire d'autre pour assurer notre suprématie. Si toutes les compagnies ayant rejoint notre cause faisaient vraiment partie de l'Heaven Inc, nous aurions déjà le contrôle de bien plus qu'une seule ville d'Afrique. Bientôt, le continent sera à nous, dès que la base sera implantée.
Mais avant, autre chose de plus important: Asmodeus.

Il y a de ces choses qui restent imprimées dans ma tête et qui ne partiront jamais. Même si je leur accorde maintenant autant de respect et d'importance qu'à n'importe qui d'autre, ce qui veut vraiment tout dire, je pourrais encore nommer par coeur chaque membre de la secte dont j'ai fait partie et vous les décrire assez précisément pour en faire un dessin. Ça ne me plait pas, mais ces gens-là ont joué un rôle très important dans ma vie. Je leur dois tous une mort atroce ou deux.

Je me souviens de lui: de vingt ans mon aîné, il dirigeait d'une main de maître les chasses à l'homme et sacrifices qui faisaient partie de notre vie quotidienne à tous. Toujours calme et posé, un homme sévère et solennel mais qui avait par moment avait une certaine compassion envers les plus jeunes, comme moi. Il était l'homme par excellence pour mener cette double vie, mais quand la secte fut démantelée il a tout simplement disparu. Je le croyais mort.

Mais comment a-t-il pu me reconnaître? Si lui après toutes ces annés ne se ressemble plus, je suis bien pire. Alors comment...?
Je suppose que je vais devoir lui demander en personne.

La nuit est tombé. Je me plante devant ce premier bâtiment à m'avoir accueilli et, faute de directions plus précises, attend qu'il se passe quelque chose. J'ai laissé ma malette dans le coffre-fort de ma chambre d'hôtel et délaissé mon costume cher pour mon bon vieux manteau noir, la capuche rabattue sur ma tête, et je joue distraitement avec une mèche de mes cheveux le temps qu'Asmodeus arrive. Et alors que je me décide à simplement entrer à l'intérieur pour demander à le voir, je le vois arriver par la gauche. Habillé de façon impeccable, ses cheveux grisonnants lissés vers l'arrière, quelques rides parcourant sa peau foncée... malgré tout celà il semble prendre la cinquantaine plutôt bien. J'ai beau ne pas l'avoir reconnu lors de notre première rencontre, maintenant que je sais qui il est ça me saute aux yeux: sa démarche est la même, et son regard aussi. Quand il s'approche de moi et me tend la main, je la serre sans hésitation.

-J'avoue que je ne savais pas à quoi m'attendre lorsque je vous ai transmis ce petit message... monsieur Ernistov.

Il joue le jeu. Je lis sur ses traits à quel point il a tout simplement envie de délaisser son identité d'homme d'affaire et de redevenir Asmodeus, et de pouvoir prononcer un nom, le mien. Je hoche la tête doucement.

-De mon côté, j'avoue avoir été très surpris par le dit message.

Il force un sourire et se dirige vers son immeuble en me faisant signe de le suivre. Chose que je fais assez docilement, surpris de voir que nous ne nous dirigeons pas à l'intérieur de l'immeuble mais bien vers une petite porte sur le côté, qui débouche sur un grand escalier. Nous le descendons rapidement, puis rendu tout en bas le vieil homme se retourne pour m'observer.

-C'est vraiment toi.

Il se rapproche et d'un geste sec, attrape ma capuche et la rabaisse. Je soutiens son regard, ne montrant aucune émotion, attendant la suite de ce que je prévois comme étant une longue tirade. Mais il se contente de tout simplement prononcer mon nom, ou plutôt celui qui m'a été donné il y a longtemps.

-Iblis.

Le Djinn. Le diable. Le petit enfant roi. Bien des choses que j'ai été ou seulement tenté d'être. Un démon. Quelle idée ridicule. Peu importe ma puissance je ne pourrai jamais être rien de plus qu'un simple humain. J'aurais pu lui répondre bien des choses, mais je me contente de lui poser la question qui me trotte dans la tête depuis qu'il m'a fait parvenir son message.

-Comment m'as-tu reconnu?

Mes cheveux roux n'aident pas, certes, mais j'étais très jeune quand nous nous sommes vu pour la dernière fois. En plus, ma peau a beaucoup pâli avec le temps, faute du soleil de plomb du sud pour la conserver. Mais encore une fois, il se contente de sourire.

-Il y a beaucoup de jeunes trentenaires arabes nommés Yassin. Mais très peu avec les yeux bleus, c'est un trait rare, et encore moins avec un parler comme le tiens. Et ceux avec un nom de famille russe, je crois bien que tu es le seul... j'ai tenté d'entrer en contact avec toi, tu sais. Pendant que tu vivais en Russie. Tu devais avoir quinze ans, mais quand j'ai voulu agir tu avais disparu sans laisser de trace.

Il me suivait. Asmodeus m'a donc espionné pendant des années et n'attendait que le bon moment pour me reprendre. La seule raison pourquoi il n'a pas réussi est parce qu'au moment fatidique, je n'étais plus là: j'étais aux Enfers. Une autre divergence de mon destion ou une des rares choses que j'ai accompli qui était un bon choix? J'aurais pu devenir un simple Spectre, tuer de façon plus sournoise mon maître pour prendre sa place, ou j'aurais pu devenir l'héritier d'un brillant homme d'affaire doublé d'un ancien leader de secte pro démoniaque. La meilleure place pour une âme comme la mienne, je laisse le choix aux croyances de chacun; mais d'où je suis, je me trouve à l'extérieur des convictions. Ça ne m'aveugle plus. Peut-être était-ce là la meilleure des finalités.

Asmodeus n'a toujours pas fini son petit monologue, mais il me tourne le dos et m'invite à le suivre le long du grand corrido tout en parlant.

-Je ne t'ai pas tout de suite reconnu, tu sais. Mais malgré ton apparence singulière, après quelques minutes j'ai commencé à comprendre qu'après vingt-huit ans, nous nous retrouvions enfin. Ça fait si longtemps...

Je sens l'émotion dans sa voix, alors qu'il pousse une porte à la toute fin du corridor, sur la droite, pour me dévoiler avec fierté ce qui s'y cache...
Au début, l'obscurité ambiante ne me permettait pas de voir à plus de deux pas devant moi et je dus me faire violence pour ne pas créer une flamme dans le creux de ma main, par discrétion. Par contre je pouvais sentir, et l'air était lourde d'humidité et de chaleur, respirer n'était pas facile et chaque bouffée d'air était plus écœurante que la précédente: moisissure, sang, infection, sueur, urine, vomi et probablement autres choses que je ne saurais pas identifier. La seule atmosphère de cette chambre aux horreurs était un appel à la mort, souffrance et désespoir. Mais ma vue commence à s'adapter à la noirceur et j'aperçois vaguement quelque chose bouger dans l'ombre, pas trop loin de moi. Au ras du sol, humain ou pas, je sens les yeux de la créature rivés sur moi et je m'empresse de regarder ailleurs. J'entends de faibles pleurs et des gémissements qui semblent venir de partout et nul part à la fois et, d'un seul coup, fort et sec, le bruit de chaînes frottant sur le sol. Quelques mots me parviennent: Des appels à l'aide pour la plupart, mais certains implorent la pitié.

Asmodeus m'explique comment il a dû mettre les bouchées doubles pour garder les sacrifices parfaits, alors que je m'avance et m'accroupis devant l'une de ses futures victimes.

Il ne les a pas encore torturées, mais je vois à quel point elles souffrent toutes. Celle devant moi est un jeune homme, pas bien plus vieux que moi, aux cheveux gras et épars et au visage pâle et cerné. Il lui manque des dents et malgré l'obscurité je peux imaginer ses côtes saillantes. Ses poignets, retenus par des chaînes encastrées dans le mur, ne sont que des masses de chair dénudées de toute peau. Mais il n'est pas mort. Pour une raison ou une autre, dans l'espoir que l'on vienne le sauver, il s'accroche à la vie. Peut-être qu'il pense à ses amis, à sa famille, à la femme qu'il aime pour se donner de la force et pour se convaincre de ne pas se laisser mourir. Un effort inutile. Peu importe leur âge, homme ou femme, ils ne sont pas destinés à revoir la lumière du jour. On n'échappe pas au gens comme Asmodeus et moi.

-C'est lui qui t'intéresse?

Je me redresse lentement. Le prisonnier gémit et tend les bras vers moi, mais je ne lui accorde plus d'attention et me tourne vers mon collègue.

-Non. Pourquoi?

-Rien. J'avais juste déjà choisi un sacrifice pour ce soir, ça pourrait être compliqué de changer d'idées maintenant.

-Oh. Aucun problème.

Asmodeus laisse échapper un ricanement tout en attrapant un des ses prisonniers par le bras pour le forcer à se lever: une très jeune femme aux longs cheveux bouclés, aux yeux bandés et aux mains attachées derrière son dos. Il la détache et me la lance brusquement dans mes bras, et je la rattrape de justesse. Une fois délivrée, elle commence à se débattre furieusement en criant en arabe, mais j'ai le réflexe de la retenir solidement.

-Plus petit tu aurais piqué une de ces crises pour avoir ce que tu veux. C'est bien de savoir que tu as appris la patience.

Il me fait signe de le suivre et je pousse la fille dans le dos pour qu'elle suive. Elle n'obéit évidemment pas et va même jusqu'à tenter de me frapper. Sans même émettre un seul son, je l'attrappe et la soulève pour la jeter brusquement sur mon épaule et enfin suivre Asmodeus. Oh, elle essaie encore de me faire lâcher prise et j'aimerais bien lui rendre chacun de ses coups dans mon dos, mais je me contente d'avancer plus rapidement en m'assurant de bien la bousculer. Asmodeus se tient devant une autre porte et s'écarte pour me laisser entrer le premier, un léger rictus sur les lèvres.

-Tout compte fait, je retire ce que j'ai dit.

La salle de sacrifice préparée par Asmodeus est, selon toutes mes connaissances en la matière, impeccable. Il a traçé plusieurs runes sur un autel de bois certi d'un grand pentagrame, plusieurs chandelles sont allumées un peu partout et il a prévu tous les outils nécessaires pour différent rituel. Ma "formation" auprès de la secte m'a appris à alterner avec le language des rituels sans problème: je peux formuler une phrase à l'envers sans même y penser, mais je n'ai jamais eu beaucoup de mémoire pour les textes. Asmodeus lui, les connait tous.

Je laisse tomber la fille sur l'autel et lui attache les poignets avec des liens en cuir, trop rapide pour qu'elle puisse même penser à s'enfuir, puis je m'occupe ensuite de ses chevilles. Elle hurle, mais mon vieil ami reste imperturbable alors qu'il récite déjà les premières incantations. Il aura besoin d'une dague, bientôt. Je repère un grand coffre de bois et m'approche pour l'ouvrir. Prévisible: un grand poignard, avec une lame d'obsidienne et un manche en or. Peut-être que... je ferme les yeux, prend une grand inspiration et après y avoir brièvement réfléchi une dernière fois, me dirige vers Asmodeus. Entre deux phrases, il commence à m'ordonner rapidement:

-Le couteau, Iblis, vi...

Mais il ne finit pas. Mon poing s'abat sur sa tempe et dans un craquement écoureant, Asmodeus s'écroule au sol. Je le retourne avec mon pied pour l'examiner, la peau s'est obscurcie mais la blessure ne saigne pas. Parfait.

Je me dirige vers la fille et détache ses liens. Elle me regarde sans comprendre et je la saisi par le bras pour qu'elle se relève et la pousse vers la sortie en lui ordonnant brusquement dans un arabe parfait:

-Sors d'ici. Va chercher de l'aide. Je le surveillerai.

Pourquoi une arabe à Johannesburg, je ne sais pas, c'est peut-être une touriste ou une étudiante quelconque, mais je ne vais pas m'en plaindre. Elle pose quelques questions, je la presse et elle finit par s'enfuir en courant. J'attends une minute, deux minutes, puis me dirige vers la sortie pour fermer la porte et la verrouiller. Il est maintenant temps de s'occuper d'Asmodeus.

Quel imbécile. Démon ou pas, il n'aurait jamais dû s'attacher, ni à moi, ni à personne, il m'a pris pour un allié et il m'a fait confiance. Peut-être a-t-il cru que je venais en tant qu'Iblis, le Djinn assoiffé de sang et de pouvoir, mais cette facette de moi n'existe plus. Je suis Iblis, Seigneur noir de Phobos, je vis de la peur et de la liberté, et les négociations ne sont toujours pas terminées.

Je reviens dans la salle de rituel et hisse Asmodeus sur l'autel. J'attache ses poignets et ses chevilles et je m'installe contre un mur le temps qu'il se réveille, jouant distraitement avec la dague.

Finalement, je l'entends grogner. Je me redresse tranquillement et commence à tourner autour de l'autel alors que le vieil homme ouvre les yeux sans comprendre.

-Qu'est-ce que...

-Aurais-tu appris la compassion, Asmodeus? Ou alors es-tu devenu assez naïf pour faire confiance au premier venu?

Il commence à se débattre et je le regarde faire en réprimant un sourire. Je sens sa peur, il renvoie une expression de panique tellement parfaite, tellement satisfaisante...

-Détache-moi! Tout de suite!

-Tu es un homme intelligent, pourtant. Si tu avais pris la peine de regarder plus loin que le bout de ton nez, tu aurais compris que nous n'appartenons plus au même monde.

-Traître! Lâche! Tu paieras pour cet affront!

-Les dieux et les démons ont fini de se jouer de moi, mon ami. Je suis libre de leur emprise. Quant à toi... je me demande quel cercle de l'Enfer t'es réservé?

-Iblis, je t'en supplie! Arrête cette folie tout de suite!

Je m'arrête derrière lui et pose une main sur son front. Mon cosmos explose et la température de la pièce monte de plusieurs degrés, remplissant la salle d'une lueur rougeâtre. Asmodeus est terrifié, car il vient de comprendre ce qui s'est passé... ce qui me rend si différent...

-Tu es un éveillé?!

Je concentre ma puissance et enferme son esprit fragilisé dans une illusion cauchemardesque. Là, je pourrais lui faire ce que je veux sans risque de répercussions. Doucement, je lui murmure:

-Ménage ta salive, mon ami. La nuit sera longue.

...

Au contraire, la nuit fut de courte durée.

Deux ou trois heures après le début de la torture, j'ai relâché mon emprise sur Asmodeus. Les secours devraient arriver bientôt et je dois tout planifier pour que rien ne paraisse. Ma plus récente victime est aussi pâle qu'un fantôme, les yeux cernés de noir et couvert de sueur. Mais pas une seule blessure, il n'a pas versé une seule goutte de sang. Enfin, je crois qu'il s'est mordu la langue au moment où... bref, il est fragilisé et dans son état, il est bon pour l'hôpital psychiatrique, mais ce n'est pas suffisant. Fragile ou pas, il reste un obstacle, et si je veux qu'il arrête de poser problème je ne peux pas juste le contourner: je dois le faire disparaitre. Plus facile à dire qu'à faire.

Je le détache et le pousse avec violence en bas de l'autel. Asmodeus s'écrase au sol et se roule en boule en tremblant de peur, le puissant homme d'affaire devenu pitoyable vieillard va devoir m'obéir pour la suite de mon plan, et vu ce que je viens de lui faire ça risque d'être tordu, comme idée.

Après une seconde d'hésitation, je détache mon manteau noir, dévoilant mon torse et mon ventre, et prend place à mon tour sur l'autel de bois sans jamais perdre de vue le vieil homme. Voyons voir si la peur que je lui fais me donne vraiment plus de pouvoir.

-Relève-toi. Tout de suite.

Pour l'en convaincre, j'élève un peu de mon cosmos. Asmodeus me regarde avec de grands yeux écarquillés et se relève prestement, hésitant entre prendre la fuite ou m'attaquer. La première option semble être la plus tentante, jusqu'à ce que je me mette à attacher mes propres chevilles avec les lanières.

-Tu n'es qu'un lâche, Asmodeus. Me laisser une chance, à moi, au nom d'une camaraderie vieille de plus de vingt ans? C'est toi qui a le plus changé.

Tranquillement, je me sers de ma main libre pour attacher mon poignet droit alors que l'homme d'affaire marmonne quelques mots en se saisissant plus ou moins discrètement du poignard que j'avais laissé tomber par terre.

-Aucun démon n'aime la confiance, encore moins la compassion. Tu n'es plus digne d'Iblis.

-Tais-toi!

À une vitesse que je n'avais pas prévue, il s'approche et plante sa lame dans mon avant-bras gauche. Je retiens un grand cri et doit serrer les dents alors que le sang gicle et qu'Asmodeus s'éloigne, un sourire triomphant sur son visage de dingue. J'y suis presque, il a ignoré les rituels mais le prochain coup...

-Tu ne sais plus viser?! Tu es une honte à l'Enfer!

-GYAAAAAAH!

Cette fois, je ne peux me retenir de hurler: le poignard s'enfonce dans mon ventre et je le sens remonter vers le haut. Asmodeus éclate de rire, retourne le fer dans la plaie, et maintenant il est temps d'en finir pour de bon.
Je pousse mon cosmos à son paroxysme et de ma main blessée mais encore libre, j'attrape la manche d'Asmodeus. Un torrent de flamme en jaillit et se propage au corps du vieil homme, qui recule en hurlant de douleur, il semble presque danser alors que les flammes l'engloutissent, la peau noircit en quelques secondes à peine, ses cris deviennent des gémissements étouffés et enfin il s'écroule au sol. Mort.

Mais quelle importance, au final? J'ai horriblement mal, mon bras est poisseux de sang, j'ai de la difficulté à respirer, et je suis attaché. Impossible de m'enfuir, je dois attendre les secours, les soins n'ont jamais été ma spécialité, mais c'est comme ça que j'ai prévu les choses. Un éveillé peut-il vraiment survivre plus longtemps qu'un simple mortel, lorsqu'il d'agit de se vider de son sang? Je commence à douter...

J'entends un gros fracas et plusieurs voix emplissent ma tête alors que mes sens s'embrouillent, j'entends vaguement des gens qui m'appellent et me demande si je vais bien, je crois reconnaître la fille aux cheveux bouclés, je m'entends hurler quand une main se pose sur mon bras blessé. Je ne devrais pas être comme ça. Asmodeus n'était qu'un ridicule pantin, je n'ai pas le droit d'être aussi fragilisé. Il n'était qu'un homme. Pas moi.

J'ai senti qu'on me soulevait. Et après... je ne sais pas trop. Je n'arrive pas à m'en souvenir.
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Mar 24 Mar - 15:20
Je me réveille dans un lit d'hôpital, aveuglé par la lumière crue de l'endroit et les paupières encore lourde de sommeil. Je lève les deux mains vers mon visage pour me frotter les yeux et ainsi chasser les dernières traces de fatigue, sans doute causée par une anesthésie, mais les écarte vivement au contact d'une surface dure et rugueuse des plus inattendues: un plâtre autour de mon avant-bras gauche. On dirait que le meurtre d'Asmodeus a laissé plus de séquelles que prévu. Aucune importance, sur Death Queen Island je peux sans doute trouver quelqu'un capable de me raccommoder complètement. Mais ce qui m'intéresse encore sont les gens que je peux trouver dans cet hôpital, car si je suis ici, c'est qu'on m'a retrouvé dans la cave à rituel et que l'histoire s'est déjà fait connaitre un peu dans la ville et aux alentours. Maintenant, il y a moyen de s'en servir.

-Vous êtes réveillé.

Je tourne doucement la tête vers la porte pour voir qui a parlé: un jeune homme à la peau noir, pas bien plus vieux que moi, et habillé de façon impeccable. Il me salue brièvement avant d'entrer et de prendre place sur une chaise à côté de mon lit, le regard haut mais nerveux. Ça commence très bien.

-Comment vous sentez-vous?

Je tente de répondre, mais ma voix est enrouée et je me racle la gorge avant de réessayer.

-Bien.

-Une sacrée chance. Vous auriez pu mourir.

Mourir d'un coup de couteau? Je n'en suis pas bien sûr, mais si même les dieux peuvent crever à cause d'un poignard...
L'homme passe du coq à l'âne en me posant une autre question. Il n'a pas de temps à perdre, ça se voit... je suis à moitié assommé et lui il panique déjà, ça ne peut que devenir plus amusant.

-Pouvez-vous me dire qui vous a fait ça?

-Ça dépend. Qui le demande?

-Je suis le vice-président de la MegaCorp et j'aimerais discuter avec vous de cet incident qui s'est passé hier soir.

La compagnie créée par Asmodeus, ou au moins dirigée par ce dernier il y a moins de vingt-quatre heures. Qui sait s'il a seulement profité de quelques amis bien placés combiné à sa salle de rituel pour éliminer la concurrence pour obtenir ce qu'il voulait? Stratégie qui a fait ses preuves jusqu'à ce qu'il se retrouve devant moi: lui aussi n'était qu'un concurrent, et sa mort créera une faille dans ce mur de brique qu'est la MC, exactement ce qu'il me faut. Tous les éléments de ce plan parfait sont enfin mis en place...

-Qu'en savez-vous?

-Une jeune femme est arrivée au poste de police hier et a raconté qu'un homme s'apprêtait à la tuer dans un rituel démoniaque, elle était là depuis plusieurs jours et un homme aux cheveux roux, vous, a fini par se présenter, mais alors qu'elle vous croyait avec son kidnappeur, vous l'avez assommé, avez délivré la demoiselle et l'avez envoyé chercher de l'aide pendant que vous surveillez le tueur.

D'une main rapide et nerveuse, le vice-président fouille dans les poches de sa chemise et en sort un paquet de cigarettes et un briquet. Il s'allume une cigarette, je le laisse réfléchir un peu et il continue.

-Quand la sécurité est arrivée, vous étiez attaché sur une table, le bras en sang et le ventre ouvert, et il y avait un homme complètement brulé à côté de vous, mort. L'ambulance vous a embarqué tout de suite, et vous voilà.

Un homme? Les brulures auraient-elles rendues Asmodeus méconnaissable? C'est pas vrai... je n'avais jamais prévu de défigurer les gens sur une base régulière, ce n'est pas comme si c'était un hobby, mais cette fois-ci à nouveau, ça m'a servi. J'aurais pu m'en passer, mais ça rajoute un peu de suspense... après tout, cet envoyé de la MC ne sait pas qui est mon agresseur. Peut-être craint-il qu'un de leurs employés l'ait laissé entrer, ou même que l'un d'eux soit le coupable? Il a plusieurs témoins probablement, capable de lui décrire le coupable, mais pas fidèlement. Il n'y avait pas beaucoup de lumière dans la salle qui servait de prison, à moins de l'avoir vu avant ils n'ont pas dû bien le distinguer. Et même s'ils l'avaient vu... qui pourrait faire le lien? Ce n'est pas tout le monde qui rencontre un riche homme d'affaire, moi je l'ai vu et je sais qui il était. C'est mon témoignage qu'il attend et je vais lui faire regretter son choix de carrière.
Je hoche la tête d'un mouvement imperceptible pour lui dire que j'ai compris et je sens son impatience monter d'un cran.

-Alors? Que savez-vous?

Je plonge mon regard dans le sien et la température de la pièce semble monter de quelques degrés. Ça ne m'empêche pas de parler d'un ton aussi dur et froid que la pierre, comme pour imager un peu ma colère fictive. Je peux me fâcher, mais jamais de façon aussi démontrative

-Voilà ce qui vous importe? La réputation de votre chère compagnie? C'est pour ça que vous êtes venu me voir, vous voulez vous assurer que ces meurtres n'ont pas été perpétués pas un de vos employés.

Le jeune homme déglutit.

-C'est exact.

-Vous ne serez donc pas déçu. Je le connaissais, vous aussi d'ailleurs, c'était votre patron après tout.

L'information prend quelques secondes avant de parvenir à son crâne mais quand c'est fait, la réaction n'a pas de prix: l'homme d'affaire me regarde avec de grands yeux exorbités, puis tourne la tête de tous côtés comme pour voir si quelqu'un m'a entendu, se lève, fait les cent pas dans la pièce en serrant et desserrant les poings, le tout en secouant doucement la tête et en marmonnant:

-C'est pas vrai... non, non...

-Vous allez devoir vous reprendre plus vite que ça, monsieur. C'est encore à moi que vous avez affaire.

-Que voulez-vous dire?

Le meurtre d'Asmodeus n'a pas servi qu'à l'enterrement de ma vie passée, je n'en avais rien à faire qu'il vive ou pas, mais à quelque chose de bien plus pragmatique, pas seulement pour moi mais pour ma faction entière. Malgré sa stupidité, mon ancien camarade avait toute une puissance à ses pieds et la MegaCorp est une compagnie très importante. Le vice-président a de quoi paniquer, au fond: un scandale à un tel niveau de la hiérarchie peut facilement réduire toute sa vie et celle de centaines d'autres en miettes. C'est ce qui était prévu, et ce dès que j'ai compris l'ouverture que m'offrait Asmodeus en se dévoilant à moi. Rien n'a été laissé au hasard.

-Ne faites pas l'innocent. Vous croyez qu'après avoir frôlé la mort aux mains de votre patron je vais tout simplement partir comme si de rien n'était? Le monde doit savoir à quelle genre de compagnie ils ont affaire, surtout lorsqu'il s'agit de leur traitement de la concurrence, et la première chose que je ferai en sortant d'ici sera de tout dévoiler à propos de cette histoire.

-Non! Par pitié, ne faites pas ça!

Je peine à retenir un sourire des plus victorieux. Il est stupide mais pas fou, si je choisis de tout dévoiler et de les poursuivre en cours, leur réputation ne sera plus jamais la même et il sera difficile voire impossible de s'en relever et de reprendre les rennes après une telle histoire. Comme le dirait si bien Orwell, celui qui contrôle le présent contrôle le passé, et celui qui contrôle le passé contrôle le futur. En m'incrustant dans leur présent, je menace leur passé et grâce à cette pression, j'ai un pouvoir très décisif sur leur futur.
Ce n'est pas pour rien que je n'ai pas torturé Asmodeus jusqu'à la mort. J'ignorais les dégâts que causerait sa "combustion spontanée" et je ne voulais pas qu'une possible autopsie ou une analyse de la salle dévoile qu'il avait été battu ou que le sang trouvé sur les lieux soit le sien... si un médecin réussit à rescaper quelques nerfs de son cerveau suite à l'illusion il croira à des troubles mentaux, surement, mais rien de plus s'il le remarque seulement. C'est aussi pour ça que je me suis laissé attaqué aussi bêtement sans même réagir en allant même jusqu'à m'attacher seul sur l'autel: je devais être la victime. Maintenant que ç'a été fait, je suis une bien grande menace pour le reste de la compagnie. Pourquoi se défendre quand on peut attaquer? Je devrais m'en souvenir, mes tentatives de défense en combat se sont révélées inefficaces, à ce point mieux vaut prendre du dommage pour mieux contre-attaquer. Oui... j'y remédierai.

-Pitié? Vous me demandez vraiment de la pitié? Pour qui me prenez-vous? Ma décision est prise.

-S'il vous plaît! Si on fait faillite, trop de gens perdront leur emploi! Vous ne pouvez pas ruiner autant de vies!

Il est vraiment désespéré. Une proie facile qui risque de succomber n'importe quand à la panique, c'est presque une récompense après la nuit mouvementée que je viens de passer. Je porte une main à mon menton, comme si je réfléchissait.

-Hm... Il y a peut-être une façon de s'arranger.

Faire semblant, car tout était déjà prévu. L'homme se redresse avec de grands yeux, tout content.

-Ah oui?

-Bien sur. Je suis un homme d'affaire aussi, vous savez. Jamais je ne laisserais une de mes entreprises dans l'embarras.

...

-La séance est levée. Félicitations, monsieur Ernistov.

-Merci à vous.

-Nous allons préparer un article pour la presse, ils voudront savoir...

-Inutile. Le public n'a pas besoin de savoir.

Un mouvement risqué, mais nécessaire pour éviter d'éveiller la méfiance de certains. Les participants de la réunion se lèvent de leur siège et certains viennent me serrer la main avant de quitter la pièce. Pour l'occasion, je me suis habillé de façon impeccable, car il y a de quoi célébrer. Me voilà PDG de la MegaCorp.

Tout a été prévu et réglé. Cette compagnie appartient maintenant à la Heaven Inc., et c'est moi qui veillerai à sa bonne conduite, tous les papiers sont dans ma mallette, tout est parfait.

Maintenant, il ne me reste qu'une seule chose à faire. Officieusement, la Heaven Inc. est maintenant la puissance numéro un en ville, mais il en faut plus pour en avoir le contrôle. Takeya sera content si la ville peut réellement nous appartenir de façon plus officielle. Il est temps de discuter avec les supérieurs de Johannesburg. Direction la mairie.
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MJ GSMaitre du jeu

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Sam 4 Avr - 18:35
Un bureau assez grand, avec des piles de dossiers en tout genre, le maire de Johannesburg était très occupé, et souvent, il devait prendre des décisions pas évidentes. Gérer le budget et plein d'autres choses diverses. Il devait être environ 14h de l'après-midi quand le téléphone du bureau sonna, le maire attrapa le combiné :

- Monsieur le Maire, un certain monsieur Ernistov veut vous parler, il a demandé un rendez-vous avec vous.

Le maire avait entendu ce nom récemment, il avait appris que ce dénommé Ernistov était devenu PDG de la MégaCorp. (Infos dont laquelle il taira la source) Sortant son agenda de son bureau. Il cherchait un date pas trop éloigné dans le temps. Ayant trouvé il reprit le combiné et déclara à sa secrétaire

- Rappelez ce monsieur dans les minutes qui suivent, je lui donne rendez-vous à 16h30. Annulez tout mes rendez-vous après 16h et reportez les à une date ultérieure, je vous fait pleinement confiance.

Le chef de la capitale sud-africaine raccrocha. Il jeta un coup d'oeil vers sa montre. Normalement dans 2h et 30 minutes, il aurait le privilège de rencontrer le président de MegaCorp. Un sourire amusé s'afficha sur son visage.
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Lun 6 Avr - 2:07
Confortablement installé dans le fauteuil se trouvant dans ma chambre d’hôtel, je hoche doucement la tête en écoutant avec attention la voix au téléphone. Mon bras blessé me démange horriblement et je me suis fait conseiller au moins mille fois par le personnel de l’hôpital de me reposer, de ne pas trop forcer mes muscles, mais je ne peux pas attendre. Je suis un éveillé, un chevalier noir qui plus est, ce n’est pas ce qui m’arrêtera, ni maintenant, ni jamais. Je ne peux toutefois pas m’empêcher de bouger doucement mes doigts en retenant un soupir d’impatience. Ce n’est qu’une question de temps, même si ça m’énerve.

-Entendu. À 16h30, donc.

Je raccroche et lève un regard des plus ennuyés vers la fenêtre. Deux heures et demie de temps à perdre, vu toute la préparation dont j’ai fait preuve avant même de venir, le seul imprévu a été Asmodeus et il est hors d’état de nuire, alors tout ce qu’il me reste est simplement de me rendre à la mairie et de m’arranger avec le maire pour m’emparer de la ville. Vu mon contrôle sur les affaires de la ville, même s’il refuse nous aurons le contrôle de l’endroit et au lieu d’une alliance, nous aurons une rivalité qu’il ne pourra pas gagner.
Le téléphone de l’hôtel sonne et je décroche, intrigué.

-Ernistov.

-Monsieur Iblis?! C’est vous?!

Je hausse les sourcils sous le coup de la surprise. S’il m’appelle comme ça, c’est que cet homme me connait de l’île de la Reine Morte, ou bien de l’Heaven Inc., mais qu’est-ce qu’il peut bien me vouloir? Et si c’était quelqu’un venant d’Ubar? Ou pire, de la secte ou même des Enfers?

-Qui le demande?

-Je suis un des chevaliers de l’ordre noir! Un marina vient de débarquer sur l’île, qu’est-ce qu’on fait?

Je soupire de découragement. Un guerrier de Poséidon se pointe après notre intervention lors de la guerre des Enfers, un seul, pour des raisons inconnues, et c’est la panique. Les imbéciles. Je lui demande d’une voix froide, ne souhaitant pas vraiment me mêler de tout ça :

-Où est Takeya?

-On n’arrive pas à le rejoindre!

-Et son disciple?

-On ignore où il se trouve.

Je serre le combiné dans ma main avec force en refoulant ma colère. Je sais ce qu’il veut, il aimerait que je revienne pour régler le problème sinon en cas de combat ça pourrait mal finir. Mais je ne peux pas. Pas avant d’avoir terminé ce que j’ai à faire ici.

-Envoyez le premier Chevalier Noir que vous aurez sous la main, n’importe lequel, et envoyez moi un jet à Johannesburg. Distrayez-le, gardez-le occupé le temps que j’arrive.

L’homme acquiesce en me remerciant et raccroche. Je respire profondément pour me redonner contenance, puis décide une nouvelle fois de quitter mon manteau noir pour des habits un peu plus conventionnels. Je pense que ce sera mieux pour mon image, mieux vaut donner la bonne impression… et peut-être lui donner une idée un peu plus spécifique des Chevaliers Noirs, qu’elle soit véridique ou non ne relève pas de moi. Une fois préparé, je passe le reste de mon temps à réviser les papiers qui se trouvent dans ma mallette.



À 16h30 exactement, je suis devant la secrétaire de la mairie et lui annonce que j’ai un rendez-vous avec le maire. Elle s’enquit de mon identité, je lui réponds et elle s’assure que tout est en ordre avant de me laisser entrer. En espérant que cette rencontre se termine mieux…

J’entre dans le bureau du maire, me présente et lui serre la main avant de m’asseoir.

-Monsieur, je suis Yassin Ernistov, enchanté de vous rencontrer. Je suis récemment devenu PDG de la MegaCorp, entre autre, et j’aimerais faire le point avec vous sur la situation de votre ville.

Je me cale dans le fauteuil en me massant doucement la tempe. Mon bras blessé reste bien bas, hors de sa vue, alors que je rassemble mes pensées.

- La majorité des compagnies ayant établi leur siège principal ici appartiennent désormais à l’Heaven Inc., et c’est aussi le cas de la MegaCorp., je m’en suis moi-même assuré. Mon… patron, Mickaël Olórin, en a donc le plein contrôle, mais cette ville reste sous ma juridiction.

Frère d’arme ou pas, jamais je ne laisserai le plein pouvoir à Takeya. Je suis devenu ce que je suis aujourd’hui pour ma propre liberté, pas son pouvoir à lui, et il n’est pas mon frère. Je jouerai le jeu le temps qu’il faudra, mais dès que possible…
Je m’avance doucement vers l’avant, sans jamais quitter le maire des yeux.

-Ce n’est peut-être pas un fait qui change grand-chose pour vous. En revanche, savoir à qui pourrait appartenir cette ville pourrait vous intéresser. Avez-vous déjà entendu parler des Chevaliers Noirs, monsieur le maire?

Peut-être, peut-être pas. Qui sait, de nos jours?
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Mer 8 Avr - 19:45
16h30 - Bureau du maire.

Le maire se leva tandis que Iblis entra dans la pièce. Une poignée de main et les voilà tout deux assis dans des fauteuils. Les coudes sur le bureau, et la tête contre les mains, le maire écouta le dénommé Yassin et répondit rapidement :

- Mr Enistov, vos activités de prises de pouvoirs ne sont pas inconnues pour moi, et très franchement, je suis heureux de voir que des investisseurs étrangers viennent ici à Johannesburg. Je vous remercie vous et votre entreprise pour votre attention. Vous dites avoir le contrôle de la ville, économiquement parlant j'espère disait t-il en riant

Puis avec un sérieux contrastant cette attitude jovial, il écouta la question du Black Knight avant de répondre

- Je ne les connais que de noms par des "folklores" mais rien de plus. Pourquoi cette question monsieur Ernistov ?. Puis avant même de laisser son interlocuteur répondre il enchaîna lui-même sur une question - Aussi, pourquoi êtes-vous venu me voir ?



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Sam 11 Avr - 21:34
Bonne nouvelle, il prend plutôt bien le fait qu'une compagnie étrangère s'immisce dans les affaires de son pays. Je suppose que c'est normal dans les endroits africains, mais je dois avouer que je m'attendais à plus de réticence, même si le contraire ne me déplaît pas. Savoir que les choses auxquelles on passe sa vie ont de l'importance est l'ultime idéal pour les dirigeants politiques, personne ne veut voir le travail d'une vie sombrer dans l'oubli.

Mais soudainement, il devient plus méfiant. En effet, pourquoi vouloir parler des Chevaliers Noirs? Je pourrais œuvrer dans le secret le plus total et le garder, lui et sa politique, dans l'ignorance, mais dans une telle situation il y a beaucoup de "et si" à prévoir. Et s'ils le découvrent? Et si soudainement ils n'aiment pas les Chevaliers Noirs puisque nous agissons dans leur dos? La moindre des choses pour rendre le maire coopératif est d'être poli, de le mettre au courant: ainsi il se croira privilégié, comme s'il faisait partie du plan, et savoir que je me réduis à son "niveau" pour l'en prévenir va probablement lui plaire.

-Vous êtes sûrement au courant de l'existence d'humains éveillés qui servent différents dieux. Si je ne m'abuse, cette région du monde appartenait principalement à Eris...

Et je me fais un plaisir de lui ôter tout ce qu'elle a pu bâtir dans ce monde. Après m'avoir fait réalisé le ridicule de ma servitude pour elle, je lui dois bien ça... même en échange de pouvoir, mieux vaut ne jamais tomber entre les mains des dieux.

-Les Chevaliers Noirs sont un petit ordre d'éveillés qui ont renié les dieux. Certains le font pour être indépendant, mais d'autres ont la ferme intention de débarrasser ce monde des dieux. Nous œuvrons tous sous la même bannière, pourtant.

Sans le quitter des yeux, je pose mon menton contre la paume de ma main valide. Voit-il où je veux en venir?

-La Heaven Inc. qui a si facilement pris le pouvoir de Johannesburg est dirigée par les Chevaliers Noirs dont je fais partie. En tant que maire, vous devriez être au courant de ce que cela signifie pour votre ville, et je suis ici pour vous en avertir, d'abords, mais aussi pour répondre à vos questions à ce sujet. Nous ne sommes pas ici pour faire de votre gouvernement nos rivaux, nos prisonniers ou même nos esclaves. C'est dans la politique de mon patron d'étendre notre pouvoir pour venir en aide à l'humanité, et c'est ce que je compte faire à Johannesburg aussi.

C'est ça, Iblis, prêche la bonne parole. Au diable le sens humanitaire de l'Heaven Inc et de Takeya, mais pour l'instant si je veux rallier le maire à notre cause, il va falloir que je me taise et que je le convainc. Nos différents moraux ne peuvent être qu'un avantage dans cette conversation: vu les réponses du maire, ils me permettent plus de flexibilité dont je compte bien me servir.

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MJ GSMaitre du jeu

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Mer 15 Avr - 17:22
Un tas d'informations, Eris, les dieux et tout et tout, de quoi donner une migraine. La maire regarda Iblis de manière incrédule et répondit :

- Je vois... Vous voulez aider Johannesburg ? C'est ça comment comptez-vous aider ? Vous êtes conscient que je me dois de m'assurer de l'intérêt des habitants de cette ville à tout prix. Si votre groupe est une source de dangers pour nous, j'ai bien peur que je doive refuser...
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Jeu 16 Avr - 20:39
-Une source de danger? Vous me sembliez bien heureux de prendre connaissance de ma "prise de pouvoir" il y a peu, pourtant. Nul besoin de nous voir comme des conquérants, monsieur, nous ne serons pour vous que de simples investisseurs, comme vous l'avez vous-même dit.

Ce n'est pas tout à fait faux. Nous ne jouons pas avec le même pouvoir, lui et moi, il travaille pour le bien être commun de sa société alors que je me dois simplement d'étendre la domination de la mienne. Pour en faire quoi, je ne sais pas trop, mais je préfère me tenir du côté détenant le pouvoir quand j'en aurai besoin. Tout n'est que profit gagné, à la dure, et j'ai le droit d'en faire ce que je veux.

-Cependant, considérez bien ce scénario dans lequel vous refusez de nous laissez mettre votre ville sous nos "ordres," si on peut appeler ça ainsi. Cela voudrait dire que les Chevaliers Noirs devraient quitter Johannesburg, peut-être même ne pas pouvoir y revenir. Ça, vous pouvez faire avec. Mais nous sommes un peu comme des résidents désormais, vu les compagnies qui nous appartiennent.

Il n'a pas de moyen de nous permettre de rester à Johannesburg ou pas: nous y sommes déjà, bien installés et pas prêt à partir. Il n'y a pas de serment, ni d'acte de protection ou de prise de pouvoir tape-à-l'oeil comme n'importe quel autre camp l'aurait fait: nous nous sommes intégrés à la société, il ne peut pas se débarrasser de nous, à moins de se lancer dans la politique personne ne le pourra. Jamais complètement.

-Si nous ne pouvons rester ici, les compagnies qui nous appartiennent ne le pourront pas non plus. Si cela devait arriver, qu'est-ce qu'il vous resterait? La faillite, probablement, je ne vois pas qui pourrait vous rapporter l'argent requis. Ce serait là le véritable danger... 

D'un geste lent et calme, je passe une main dans mes cheveux en soupirant.

-Mais vous ne voulez pas ça. Moi non plus, mes patrons non plus. La Heaven Inc. est une multinationale indépendante, très puissante, c'est simplement comme ça que ça fonctionne, et je n'y peux rien. 

Seulement, je ne souhaite pas vous menacer, je ne suis pas là pour ça, seulement pour vous informer. Ce n'est que le pire des cas, et il serait trop désolant d'en arriver là. En fait, si nous restons, vous ne le remarqueriez probablement même pas, à part pour certains fonds qui pourraient augmenter...


Corruption? Pas tant que ça. Récompense pour bonne loyauté plutôt, je ne l'achète pas. 

-Nous ne sommes qu'une compagnie, monsieur. Vous vous en tirez à bon compte, d'autres éveillés auraient mis votre ville à feu et à sang pour assurer leur domination...
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MJ GSMaitre du jeu

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Mer 22 Avr - 14:30
Il avait eu de la chance a vrai, après tout, qu'avait-il à perdre de ce "partenariat" rien, plus à gagner à vrai dire. Décidé le maire répondit :

- Bien, c'est d'accord monsieur... Mais si des phénomènes inquiétants liés à votre présence se produisent trop souvent, ce sera fini de notre accord. Merci de votre collaboration

Se levant, le maire serra la main d'Iblis et l'accompagna à la porte.

Johannesburg devient un TS BK.
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