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Sam 28 Fév - 20:52
-Vous voulez faire QUOI?!

L'homme aux cheveux grisonnants et à la barbe mal rasée me toise avec un mélange de mépris et de surprise et je lui rends son regard la tête haute, sans même ciller.

-Vous m'avez bien compris, monsieur.

-J'entraîne des sportifs professionnels pour le patinage de descente. Pas des filles de riches qui veulent apprendre juste pour le fun.

Voilà ce qui arrive lorsqu'on est trop enclin à payer pour avoir ce que l'on veut. Ma demande n'est pas bien compliquée pourtant, je veux me servir de mes pouvoirs pour me déplacer plus facilement mais je ne suis pas entraînée pour. J'ai tout simplement besoin d'un petit coup de pouce. Je soupire avec agaçement.

-Monsieur, jamais je n'aurais la prétention de dépenser mon argent au pif "pour le fun," comme vous dites. Mais pour des raisons qui me sont personnelles, j'ai vraiment besoin d'une formation, même de base, pour accomplir les parcours du patinage de descente. Si vous ne pouvez pas m'accorder cette simple requête, j'irai tout simplement tenter ma chance ailleurs et je crois pouvoir affirmer que vos concurrents pourront négocier un meilleur prix.

Il grince des dents et je l'observe attentivement sans sourire. J'aurais aussi pu insinuer que les autres concurrents seront plus compétents, mais tout lâcher en même temps n'aurait pas très bien paru. S'il rechigne, je saurai quoi faire. Je sais toujours comment avoir ce que je veux.

-OK! Mais je veux pas t'entendre chialer!

-Je serai une élève modèle.

Je force un sourire malin qui s'efface rapidement face à sa prochaine question.

-T'as déjà fait du patinage de vitesse?

Du tout. Je suis une patineuse artistique. Mais pour me sauver de l'humiliation, je marmonne avec ennui comme pour signifier que je n'aime pas plutôt que je ne pratique pas.

-Un peu...

-Pas assez. On commence par ça.

...

Lever la tête. Bien pencher vers l'avant. Les genoux pliés. Et surtout, ne jamais s'arrêter. Mettre du poid pour tourner, tout est une question de poid. Ce n'est pas trop difficile comme technique, surtout pas après le patinage artistique, mais le plus pénible est le nouvel effort physique que ça demande. L'arrière de mes cuisses me brûlent et le bas de mon dos me fait mal, mais je n'arrête pas. Un coup de patin, et un autre, j'accélère la cadence et prend encore plus de vitesse, comme mon professeur me l'a montré, je me prépare à tourner vers la gauche... mais je mets trop de poids trop tard et mes patins quittent le sol dans un chuintement métallique. Je frappe la glace en poussant un grand cri, plus de "peur" que de douleur, mais je ne nierai pas la douleur lancinante dans mes côtes.

Le professeur arrive et me tend la main pour me relever, mais comme je le fais toujours je l'ignore et me relève seule, me cachant derrière ma fierté.

-Je n'ai rien.

Il hoche la tête, me laisse quelques secondes pour me reprendre, puis me corrige et me renvoie sur la glace. Au début il avait des doutes sur moi, mais en remarquant ma condition physique qui est plus que parfaite, il n'a pas hésité à m'en demander plus. Nul besoin de développer mes muscles, après quelques jours je connais la technique et je peux patiner à la même vitesse qu'un athlète normal, mais ce n'est pas suffisant. Je dois maîtriser sur le bout des doigts, et aller encore plus vite. Ce qui veut dire encore plus de contrôle, mais ce n'est pas quelque chose qu'un non-éveillé peut m'apprendre. Et si je veux progresser, je vais devoir limiter mes capacités.

Après plusieurs tours de la patinoire, je me dirige vers le bord et m'assois dans les estrades pour retirer mes patins. L'entraînement intensif dure depuis quelques jours déjà, j'ai bien mérité une pause. Bientôt, le vrai défi va commencer.

...

-C'est bien, Kylig!

M'appuyant sur mes genoux pour reprendre mon souffle, je hoche faiblement la tête suite à son commentaire. Derrière moi, la piste de course nous surplombe: un premier départ à pic, plusieurs tournants ardus et des passages irréguliers, voilà à quoi ressemble le Ice Cross Downhill, ou le patinage de descente extrème: c'est une course sur patins dans un environnement cent fois plus dangereux que la patinoire. Et après un autre deux semaines, à la grande surprise de mon entraîneur qui croit au miracle, je maitrise déjà. C'est compliqué, certes, mais pas plus que ce que l'on fait à Asgard. Et à moi, c'est bien plus pratique.

-Je n'arrive toujours pas à y croire, mais je n'ai plus rien à t'apprendre. Tu pourrais participer au Crash Ice si tu le voulais.

-Ce n'est pas ce que je souhaite.

-Tu m'as jamais dit pourquoi tu voulais apprendre ça. Pourtant t'es super douée.

-Je ne peux pas vous expliquer. Vous ne comprendriez pas.

Qu'il retourne à sa banale vie d'humain. Il ne sait pas quelle chance il a de pouvoir le faire. On se serre la main, je le salue une dernière fois et quitte d'un pas rapide. Je ne peux pas rester trop près de la civilisation pour la prochaine étape, je dois m'éloigner, et pour se faire, je quitte Toronto au pas de course.
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Sam 28 Fév - 21:00
Ici, c'est bon.

Une ville fantôme, ou du moins abandonnée. Les maisons en ruines, de la végétation partout, mais surtout pas une seule personne en vue. Je suis complètement seule et c'est parfait.

Je crois que j'avais vu ce truc dans un film que j'avais vu avec Mikaël, celui qu'il m'avait demandé à pouvoir continuer seul quand j'ai quitté Montréal. Il m'avait demandé si je pouvais le faire et j'avais souri avant de lui dire que non. Mais après reconsidération, je ne sais pas encore le faire mais je le pourrais, non? Je suis une patineuse après tout, et une Walkyrie doublée d'une riche célébrité. Ce que je ne peux pas faire se compte sur les doigts de la main.

Je commence d'abords par me changer. Québec ou non, je suis plus efficace quand il fait vraiment froid et je serai toujours plus confortable en mini jupe et haut moulant qu'en combinaison de ski, puis appelle mon armure à moi. La Robe Divine de Hlökk ne me protège pas beaucoup, elle ne couvre que mon ventre, ma poitrine, mes bras et mes jambes si l'on ne compte pas le diadème sur ma tête, mais si elle m'aurait plus couvert elle aurait été bien trop encombrante. Et puis, c'est déjà une chance quand mes ennemis arrivent à m'atteindre.

Ainsi prête, j'attrape un casque d'écoute que je place sur ma tête et démarre mon IPod, un Shuffle d'un bleu très pâle qui s'accroche à mon poignet. La musique commence à résonner dans ma tête et je me laisse doucement emporter par le rythme.



D'un pas timide, je pose le pied devant moi en me concentrant. Juste son pied, une fine couche de glace apparaît. Je me donne un élan, comme si je patinais, et la glace suit le mouvement, n'allant jamais bien plus loin que le bout de mes orteils. Lentement, très lentement, je glisse le long de la rue principale, tentant quelques timides virages, me concentrant le plus possible pour que ma glace continue de se propager devant moi. Je finis par prendre un peu de vitesse, agacée par la musique et le rythme que je n'arrive pas à tenir. Je suis une Walkyrie, ce genre de chose ne devrait pas être un problème pour moi!

Brusquement, j'effectue une pirouette. La glace suit le mouvement et apparaît juste son mon pied, à temps pour me réceptionner et continuer mon tour. Je dois me laisser aller, faire confiance à mon instinct et arrêter de penser pour une seconde. Mon cosmos sait quoi faire.

Pendant ces quelques minutes, j'ai l'impression de ne faire qu'un avec mon environnement. Je ressentais quelque chose de semblable quand j'ai découvert mon affinité avec la glace, mais ça n'a jamais été aussi puissant. Je n'ai plus besoin de réfléchir, chaque coup de patin, chaque tournant, chaque saut, chaque pirouette semble se faire toute seule comme si j'avais vraiment fait ça toute ma vie. Je suis douée, c'est vrai, je suis même plus que juste douée, mais en ce moment je sais que je suis encore meilleure que d'habitude. C'est ça, le vrai pouvoir de l'Éclat.

La chanson est finie. Je saute sur mes deux pieds et cette fois, aucune glace. Je suis de retour sur la terre ferme, mais... autour de moi, le sol est couvert d'une glace claire comme du cristal qui renvoie la lumière du soleil sur les maisons délabrées environnantes. Brusquement, je tape du pied et le tapis de froid éclate en morceaux. C'est presque aussi beau comme ça, on dirait une plage de diamant...

Je perçois un bruit et tourne vivement la tête. Une voiture! Et pas n'importe laquelle, une voiture de police! C'est vraiment le pire des timings!

Sans attendre une seconde de plus, je tourne les talons et entre dans la première maison que je vois, grimpe les escaliers en vitesse et m'installe près de la fenêtre, accroupie. Je n'ai qu'à attendre qu'ils partent, dès qu'ils seront assez loin je poursuivrai mon entraînement et tout ira pour le mieux!

Si seulement...

Les policiers sont deux hommes, tout deux à l'air assez banals, et ils regardent la place public transformée en plage polaire par mes soins avec émerveillement et stupeur. L'un d'eux a même sorti son arme. Tendue, je ne les perds pas de vue une seconde et serre les poings avec colère quand ils remarquent mon sac. J'aurais dû le cacher, mais comment savoir que ça arriverait? L'un d'eux se retourne et soudainement nos regards se croisent une fraction de seconde avant que je ne m'écarte de la fenêtre, mon coeur battant la chamade. Ils savent où je suis. Ils vont venir. Qu'est-ce que je dois faire?!

Je tente de calmer ma respiration. Je suis une éveillée, je suis puis puissante qu'eux! Mais quelle importance s'ils m'attrapent? Les villes fantômes sont souvent interdites d'accès comme ça justement pour éviter que des jeunes viennent flâner et y faire n'importe quoi. Ase ou pas, je ne dénigrerai pas la justice.

Et soudain, il me vient un éclair de génie. Ce n'est qu'un autre jeu et je ne me laisserai pas attraper si facilement. C'est le moment de voir si cette technique que je tente de maîtriser fonctionne vraiment.

J'entends des bruits de pas dans l'escalier et quelques secondes plus tard, les deux policiers déboulent dans la petite pièce alors je me mets en marche vers la fenêtre. L'un d'eux crit:

-Freeze!

Ah oui, ils parlent anglais en dehors du Québec. C'est une chance, l'accent français serait capable de me rendre folle. Je me retourne doucement, m'aperçois qu'ils sont déroutés soit par mon apparence ou mon habillement et leur décoche une vague sourire amusé.

-C'est bien ça.

Et en fermant les yeux, je me laisse tomber, frappe violemment la fenêtre et bascule dans le vide.
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Lun 2 Mar - 21:00
Quelle sensation enivrante. L'adrénaline de la chute fait battre mon coeur a une vitesse folle et je sens le vent glacé fouetter contre ma peau. Quant à la chute? Rien d'inquiétant, voyons.

À la vitesse de la lumière, le mur de la maison est recouvert comme par magie de glace, qui s'épaissit encore et encore et bien avant que je ne touche le sol, j'atteris à pieds joints sur une étroite descente de glace qui aurait rendu mon entraineur déjà oublié jaloux, et à reculons, glisse sans problème grâce à mon armure. C'est maintenant que tout se joue: une erreure et je perds la partie. Et pire, je pourrais me blesser ou même en mourir. Mais ça n'arrivera pas: les gens comme moi n'atteignent jamais un si bas niveau.

D'un rapide coup de genou, je me donne un élan et pivote en 180 degrés pour enfin voir où je vais. Les rues sont étroites, je vais devoir faire beaucoup de virages... je tends rapidement une main devant moi et le chemin de glace se continue vers une petite ruelle, je vais même jusqu'à créer des tournants un peu plus surélevés pour me faciliter la tâche. Je file comme une flèche, sans vraiment penser, et sans jamais regarder derrière. Sans arrêter, je poursuis ma course, zigzague entre les maisons et ne m'arrête que lorsque je n'en peux plus: non pas parce que je n'en suis plus capable, mais seulement parce que je ne ressens plus de plaisir à le faire. Je freine brusquement, causant un grand nuage de neige par terre, et me retourne rapidement pour voir si j'ai pu échapper aux policiers. Je les entends parler, ils doivent suivre le chemin de glace pour me pister...

-Hahaha... Vous pensez vraiment pouvoir m'attraper?

Je suis insaisissable, ils l’apprendront à leurs dépends, les pauvres. Je siffle pour attirer leur attention, puis repars en glissant sur le chemin qui se créé juste sous mes pieds à la dernière seconde. Si seulement je pouvais la faire fondre, ça effacerait mes traces, mais je ne sais pas trop comment faire. Ça viendra plus tard, je suppose.

Le parcours reprend, une fois de temps en temps je m’arrête pour siffler, ou crier, pour remettre les policiers sur ma piste, et je repars. C’était ça la pratique qu’il me manquait : la vitesse, la précision, la maîtrise de la glace, je sens l’effort que le tout me demande et le progrès malgré tout. Mais tout à coup…

-On se sépare! Elle peut pas être bien loin!

Et j’entends deux bruits de pas bien plus distincts. Ho ho, ça va être plus compliqué… je feinte vers la gauche, continue de zigzaguer entre les immeubles pendant quelques minutes qui passent comme des secondes, mais je tourne une fois de trop et fonce de plein fouet dans un des policiers. Nous tombons tous les deux par terre, je reste sonnée pendant de longues secondes alors que lui ne se relève pas. Quand j’arrive à me relever, encore étourdie, je remarque la mare de sang qui entoure.

-Plus un geste!

Sous le choc, je me retourne. L’autre policier me pointe de son pistolet, il est en sueur mais je vois qu’il tremble, de froid, de colère ou de peur, je ne le saurai probablement jamais, mais je vois qu’il ne trouve plus ça drôle du tout.

-Je ne bouge plus…

-Les mains en l’air, ne tente rien de stupide, ou je…

-C’est bon… c’est bon… je ne tente rien, je reste…

Doucement, je lève les mains.

-Figée.

Une vague de froid s’échappe de mes mains et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, le policier se retrouve congelé sur place. Il survivra, combien de temps je ne sais pas, mais il devrait tenir longtemps.
Je le fouille jusqu’à trouver un téléphone, puis appelle les urgences pour les prévenir du « malheureux accident que je ne parviens pas à expliquer, » puis le jette plus loin et repars vers la place principale pour récupérer mes affaires. Je ne peux pas rester ici. Je devrais penser à rentrer à Asgard, mettre de la distance entre cette mésaventure et moi. Créant de la glace sous mes pieds, je patine à toute vitesse vers le nord. Le destin non plus, je ne le laisserai pas m'attraper...

[Entraînement] Mjukt ljus, hård is