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AndréaSpectre de la Liche | Modérateur
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Sam 23 Mai - 13:26
Andréa leva les yeux de son plan, embrassa du regard l'immensité des bâtiments devant ses yeux, puis baissa à nouveau le regard, vérifiant qu'elle était bien au bon endroit. À en croire le panneau à sa droite, et la concordance avec le plan, aucun doute, elle était arrivée à bon port. La prestigieuse University of London...

« C'est grand. Trop grand. » grommela la Liche. Comment était-elle censée traquer sa cible là-dedans ? S'y trouvait-elle au moins ? Les fichus Squelettes l'avaient bien entubée sur ce coup-là. Ces sales petits rapporteurs s'étaient vengés de toutes les fois où elle leur avait crié dessus pour évacuer son stress en la balançant à un quelconque ponte qui avait jugé bon de lui apprendre à respecter le petit personnel en l'envoyant à la poursuite d'un « individu avec une aura sombre potentiellement recrutable », avec pour seul autre indice le nom « Ravencraft ». Elle ne voyait absolument pas comment l'armée infernale avait bien pu repérer une telle personne, et soupçonnait fortement un coup monté pour la ridiculiser après son échec. Pour elle qui détestait les leçons d'humilité, c'était l'une des pires punitions, à laquelle elle devrait se préparer ou qu'il lui faudrait faire tout son possible pour éviter.

Résignée, elle débuta ses recherches, se mêlant avec gêne aux étudiants plus âgés, mais son attention était distraite. Alors c'était ça, l'université, ce qui l'aurait attendue après le lycée si elle n'était pas devenue une Spectre ? Il lui était difficile d'ignorer ce côtoiement d'un univers qu'elle ne connaîtrait jamais, mais son « compagnon intérieur » la rappela à l'ordre. D'accord, d'accord, elle devait se concentrer, mais sérieusement, une personne parmi ces dizaines de milliers d'étudiants ? Où qu'elle tourne son regard, il y avait plus de gens qu'elle n'en avait jamais vu dans son lycée, profitant d'une rare après-midi ensoleillée dans les parcs du gigantesque campus.

Comment s'y prendre ? Aborder les gens d'un « Excuse me sir, do you have a moment to talk about our Lord and Saviour Hades » ? Passer le campus au peigne fin, alors même que ses occupants bougeaient sans cesse ? Péter un câble en public, ce qui risquait plutôt de faire fuir tout le monde ? Chacune de ces solutions était stupide, les seules options viables étaient soit d'accéder au registre des étudiants (mais elle ne voyait pas comment), soit de harceler les passants jusqu'à ce que le nom de sa cible parle à quelqu'un.

« J'ai pas trop le choix, deuxième option... » grogna-t-elle en se mettant au travail. La journée serait longue et fatigante.
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VargasChevalier d'argent du Corbeau
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Sam 23 Mai - 21:04
Ah l'université, repère des jolies londoniennes et des grosses brutes aux cerveaux atrophiés, lieu surpeuplé de jeunes idéalistes vantards et vaniteux. L'endroit idéal pour se mêler à la masse et éviter les éveillés fanatiques, nouveaux témoins de Jéhovah qui se font un malin plaisir à inviter à leurs sectes les jeunes crétins qui leur passent sous la main et possèdent des dons riches et variés les différenciant du commun des mortels.

Qui aurait cru qu'une université de snobinards de la haute telle que OXBRIDGE ait autant la cote. Ah, que d'amusement à tourner les idiots d'alpha en ridicule mais toutes les bonnes choses ont une fin. C'était ma dernière année de fac en commerce mondial et je comptais bien marquer les esprits pour le final mais en cette belle journée printanière, j'avais le pressentiment que mon quotidien allait être bouleversé.

M'enfin l'après-midi commençait bien, le pauvre Charles-Xavier DELACOURT qui avait perdu son pari, se trouvait en tutu rose et effectuais une danse des plus ridicules dans le parc. Je savourais ce spectacle de loin et m'en délectais. J'en ris encore. Cette journée était décidément des plus amusantes et des plus prometteuses. L'avantage de mes années d'université, c'était que je connaissais tout le monde et tout ce qu'il y avait à savoir sur eux. Mais le plus croustillant, ça restait les activités honteuses servant à les faire marcher. Tout cela pour dire que j'avais remarqué une inconnue dans le parc et profitais de la distance pour me mêler aux autres étudiants et disparaître.
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AndréaSpectre de la Liche | Modérateur
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Dim 24 Mai - 10:26
Rien de rien. Des heures à aborder la population de cette université, à supporter les gros lourds qui n'avaient pas manqué de remarquer qu'elle était trop jeune pour avoir sa place ici, les fêtards invétérés en état d'ébriété plus ou moins avancée et les types pas coopératifs dans l'espoir d'obtenir l'information qu'elle cherchait, tout ça pour très précisément zéro résultat. La polonaise tentait de trouver une aiguille dans une meule de foin et elle s'y prenait mal. Ou alors, comme elle le redoutait, sa « mission » n'était qu'une chasse au dahu destinée à lui faire perdre son temps. Et en plus, la bouffe achetée dans cette partie du campus (la plus snobinarde et élitiste de toutes, où elle avait échoué au terme d'une dure demi-journée d'interrogations) était dégueulasse et coûtait un bras. Foutus anglais.

Elle se leva du banc au design élaboré (oui, tout était fancy ici...), avisant l'occasionnelle œillade torve des étudiants de la classe supérieure ne cachant même pas ce qu'ils pensaient de la présence de cette jeune fille clairement prolo sur « leur » campus et se prépara à recommencer le travail de la matinée. Au bout de combien de temps passé en investigations infructueuses pourrait-elle revenir ?

C'est alors qu'elle vit ce spectacle si particulier, celui d'un jeune homme à l'air pincé, évidemment de bonne famille, imitant avec un total et ridicule manque de grâce les mouvements d'une ballerine dont, pour quelque raison saugrenue, il avait revêtu la tenue d'un rose écœurant. L'exhibition attirait les curieux : certains, trop bien pour ces enfantillages, prétendaient rester à distance et l'ignorer tout en y jetant de temps à autre un regard furtif, tandis que d'autres se rassemblaient avec un visage mi-consterné, mi-amusé. La mère de la Spectre l'avait bien prévenue que l'entrée à la fac s'accompagnait chez certains d'une importante perte de QI, mais elle ne s'était pas doutée que c'était à ce point... Elle n'aurait traité le bizarre événement que comme une embarrassante distraction si le danseur improvisé n'avait pas d'un coup perdu cette dignité affectée dans laquelle il s'était drapé pour laisser sortir un cri du cœur :

« DAMN YOU RAVENCRAAAAAAAAFT ! »

Quoi ? Avait-elle bien entendu ? Le nom du type qu'elle traquait sans succès depuis des heures faisait maintenant son apparition, dans des circonstances aussi stupides ? L'univers avait décidément un bien étrange sens de l'humour, mais la Liche n'allait pas laisser passer cette occasion. Elle se fraya un chemin parmi la foule moqueuse pour atteindre le petit groupe dont l'attitude les identifiait comme les amis du pauvre travesti, et leur adressa la parole :

« Excusez-moi, il a bien dit Ravencraft ? »

Arborant une expression d'ennui manifeste, l'étudiant le plus proche se retourna pour faire face à l'importune, ses yeux s'écarquillant un instant en constatant son âge et sa tenue, puis consentit à répondre avec une fausse politesse masquant presque à la perfection son sentiment de parler à une saleté sur sa chaussure (en cuir, pointue et cirée la chaussure).

« Oui, Ravencraft est le responsable de ce spectacle navrant. Pourquoi cette question ? »

Et bien, elle ne se sentait pas du tout comme une intruse comme ça, sympa. Même son accent châtié (comment ils appelaient ça déjà, "Queen's English" ?) élevait son interlocuteur au-dessus d'elle, pourtant Andréa passa outre l'intimidation.

« Je cherche justement ce monsieur Ravencraft. Auriez-vous l'obligeance de me dire où je pourrais le trouver ? »

Expression ennuyée, encore. La prochaine fois qu'on la regarderait comme ça, elle ne répondrait plus de ses actes. Toutefois, l'étudiant indiqua une direction d'un geste nonchalant.

« Il vient de nous quitter. Vous le reconnaîtrez aisément à ses cheveux châtains et à son air sournois, et si vous lui parlez... vous le reconnaîtrez encore mieux. »

Qu'est-ce que ça voulait dire, ça ? Enfin, elle remercia son informateur, tout réticent qu'il soit, puis se précipita dans la direction désignée. Elle supposait que courir en ces lieux n'était pas convenable non plus, mais qu'importe ! Elle avisa rapidement un jeune homme fort bien habillé affichant un rictus satisfait s'éloignant des « lieux du crime » et entreprit de le rejoindre à l'aide d'un usage aussi modéré que possible de sa vitesse surhumaine, se faufilant donc parmi la masse autochtone avec une rapidité et une aisance surnaturelles. Une fois à portée de voix, elle le héla :

« Excusez-moi, c'est vous Ravencraft ? »
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Dim 24 Mai - 12:17
Cet après-midi était décidément des plus amusant et il avait commencé par une démonstration de danse classique de la part de Monsieur Tutu, oui cela lui collait mieux que son prénom qui faisait très français et qui plus est très bourgeois mais passons. Il s'avérait que j'avais placé un petit cadeau à notre mignon jeune ami en cas de vilaine dénonciation de sa part. En effet, à peine eut-il fini de hurler mon nom de rage à la Rambo qu'une légère décharge émana du tutu, le mettant dans une position plus que déconcertante, en effet, le tutu très cintré fini par craquer et à dévoiler le corps de bel Apollon du jeune homme à l'exception de son boxer. Ce qui lui valut les rires de tous les étudiants et plus précisément des étudiantes.

Ah là là, que c'était bon de voir ces coincés réagir avec excès face à ces petites blagues enfantines. Les leçons semblaient d'ailleurs difficiles à rentrer dans leur crâne, je me demandais ce que je pouvais bien lui préparer pour la suite, histoire de lui apprendre à se relâcher un peu et à profiter de la vie.

Tandis que je m'éloignais furtivement du parc, je pus sentir une légère émanation de cosmos, j'avais apparemment ENCORE affaire à un ou une tenace. Mais me débusquer et me débaucher n'allait pas être si facile. Je passais à présent non loin du groupe de Rugby quand je fus rejoint par une lady qui semblait à priori un peu jeune pour se trouver ici mais j'avais appris à me méfier des apparences. Cette dernière dès qu'elle fut à ma portée me héla.Voilà qui était une très mauvaise idée...


« Excusez-moi, c'est vous Ravencraft ? »

Le chef du groupe de Rugby se retourna alors avec un air de fou furieux. Et comme je m'en doutais, cet idiot ressentait encore un soupçon de rancœur envers sa dernière expérience.

Chef du groupe de Rugby - "Ravencraft ? RAVENCRAAAAAAAAFT !!!!"

Ce dernier me chargea tel un taureau légèrement irrité et fut vite accompagné de ses gays compagnons qui hurlaient avec tendresse mon doux nom et formaient un vrai mur de muscles et de sueur. J'esquissais un léger sourire amusé et remarquais le groupe de "fashion victim" de l'université passait à ce moment derrière moi. J'attendais alors le dernier moment pour sauter avec une grande grâce et agilité par dessus le mur humain avant de le voir plaquer le groupe des plus matérialistes, égocentriques et vaniteuses filles de tout l'établissement.

Kaboum ! Le choc fut des plus violents et mêlé de cris aigus. Je profitais de cette jolie diversion pour m'éclipser du parc et réapparaître près de la grande cour est. Décidément le groupe de Rugby n'était doté d'aucun tact en ce qui concernait la drague. Ce n'était sûrement pas en sautant sur la première fille qui passe et en la plaquant à terre qu'ils allaient avoir une chance de sortir avec elle. Me doutant que la jeune inconnue allait me suivre jusqu'ici, je m'en réjouissais d'avance. Cette journée allait être mémorable non seulement pour les étudiants mais aussi pour l'invitée surprise.
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AndréaSpectre de la Liche | Modérateur
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Dim 24 Mai - 13:58
Oh bordel... elle ne s'était certainement pas attendue à une telle réaction de la part de l'assistance. Le seul patronyme de sa cible avait suffi à transformer tout un groupe de rugbymen passant par là en fous furieux qui le chargèrent comme un seul homme, ou plutôt comme un troupeau de taureaux enragés. Faisant preuve d'une agilité incroyable, le jeune homme esquiva sans peine l'assaut synchronisé, laissant le tsunami musculeux et hurlant aplatir les pintades bardées de marques de luxe fortuitement présentes au même moment.

En quelques secondes, ce fut le chaos le plus complet alors que les fashionistas se relevaient pour se venger de l'outrage, transformant une allée jusque-là paisible en bataille de chiffonniers dont le responsable prenait justement la tangente. Encore une fois, la polonaise avait seulement prononcé le nom de l'étrange étudiant, qui, pour mériter pareil traitement (ou tentative de traitement) ne devait certainement pas être quelqu'un d'ordinaire. Au vu du résultat, Andréa penchait pour un emmerdeur de proportions bibliques, mais pas le temps de rester là à rêvasser, non seulement parce qu'elle risquait de prendre un mauvais coup, mais aussi et surtout parce que l'autre s'éloignait et qu'il était rapide, le salaud !

Le bazar attirait tellement l'attention que la Liche pensa pouvoir se permettre une utilisation un peu plus poussée de ses capacités : elle bondit à son tour par-dessus la mêlée, d'un saut qui aurait fait pleurer d'envie un ninja de série B, et se rua à la poursuite du fuyard.

« Mais arrêtez-vous, je veux juste vous parler ! » supplia-t-elle, avant de presque se faire écraser à une intersection par une nouvelle marée humaine, apparemment également attirée là par la mention du nom « Ravencraft » et tout aussi motivée à le retrouver, quitte à enfoncer tous les obstacles sur leur chemin. La Spectre ne se laissa pas faire et, jurant et pestant tout du long, repoussa violemment les brutes devant elle afin de regagner le terrain perdu.

Malheureusement, ils étaient définitivement trop nombreux, elle ne s'en sortirait pas sans y aller à fond... Au diable la discrétion, elle avait trouvé celui qu'elle cherchait, elle n'allait pas le laisser s'échapper ! Il ne lui fallut qu'un pas pour accélérer au-delà des limites humaines, animales, et même de l'immense majorité des voitures et ainsi franchir en un instant la distance qui la séparait de l'objet de sa mission.

« Mais qu'est-ce que vous leur avez fait pour les mettre dans cet état ? » fut sa première question, là où elle aurait déjà dû commencer à faire du prosélytisme.
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VargasChevalier d'argent du Corbeau
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Dim 24 Mai - 16:03
Quelle magnifique journée, il y avait eu Mister Tutu, les rugby-nazes et les fashioni-looseuses et rien que de penser au foutoir qu'il devait y avoir au parc tandis que je me prélassais dans la cour est, je me sentais presque euphorique. J'avais hâte de voir la réaction de la petite nouvelle, si toutefois elle parvenait à me rejoindre.

C'est d'ailleurs tandis que je pensais à elle qu'elle fit irruption en se déplaçant à une vitesse inhumaine. Apparemment, la douce jeune fille y était allé franchement pour tout traverser et me retrouver en ce lieu calme et paisible. Enfin... Calme et paisible pour l'instant. Et en parlant de réaction, j'en eus pour mon argent.


« Mais qu'est-ce que vous leur avez fait pour les mettre dans cet état ? »

Je me tournais vers l'éveillée et affichais un sourire narquois avant de lui répondre.

Vargas - "Hum... C'est une longue histoire et je ne pense pas que cela soit de bon goût d'en parler. Mais revenons-en à notre échange, vous recherchez quelqu'un ?"

Je faisais mine de ne pas avoir perçu sa question dans le parc qui était une simple demande de confirmation de mon identité.

Vargas - "D'ailleurs, j'aimerais bien savoir ce qu'une aussi ravissante jeune femme qui ne semble décidément pas être du coin, fait ici ? J'imagine que ce n'est pas pour faire du shopping ou un exposé sur la faune locale. Si jamais je me trompe, le bureau du Directeur est dans le bâtiment de la Cour centrale, cinquième étage, troisième couloir à droite, sixième porte à gauche. Ah ! Et les toilettes sont au rez-de-chaussée dans le bâtiment derrière moi."

Je continuais de lui sourire tout en croisant les bras et attendais sa réaction qui n'allait sûrement pas tarder à faire surface.
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Dim 24 Mai - 19:37
Paressant dans une cour à l'écart du tumulte, le fameux monsieur Ravencraft évacua la question de la Liche. Bon d'accord, connaître sa vie ne l'intéressait pas et n'avait rien à voir avec sa mission (ce serait à ses supérieurs de s'accommoder des excentricités du jeune homme dans l'éventualité où elle réussirait à le persuader après tout), mais elle n'appréciait guère les rebuffades.

Elle reprit cependant contenance pour parler de façon plus professionnelle, tandis que son vis-à-vis faisait l'idiot en la titillant sur les raisons de sa venue. Après avoir passé la moitié de la journée à arpenter l'université en long, en large et en travers, elle n'était pas d'humeur à jouer aux devinettes.

« Bon, on ne va pas y aller par quatre chemins... Monsieur Ravencraft, nous avons été informés de votre... véritable nature, et souhaiterions vous proposer une place dans nos rangs, où vous participeriez à la défense d'une Cause glorieuse et juste tout en assurant votre avenir de façon on ne peut plus définitive en cas de succès de notre entreprise. »

Meh. Pas génial comme business speech, il lui faudrait retravailler ça. Quelle idée aussi d'envoyer la fille recrutée de force pour démarcher de potentiels futurs Spectres, ils n'auraient pas pu envoyer quelqu'un de plus... convaincu, charismatique et expérimenté côté relations humaines ? Peut-être fallait-il en tartiner encore une couche.

« C'est une opportunité unique qui vous est offerte, et nous avons énormément d'avantages par-rapport à nos compétiteurs, surtout en termes de protection de nos effectifs. Notre employeur reconnaît également la valeur de l'effort, du sacrifice et du mérite, les chances de promotions ne manquent pas, pour ceux qui en valent la peine. » continua-t-elle, glissant une petite pique sur la fin. Mais elle ne mentait pas : les Enfers étaient quasiment inaccessibles et la résurrection représentait pour l'armée infernale le meilleur des filets de sécurité. Pour le reste... devrait-elle attendre un peu de voir s'il était intéressé, avant d'amener le sujet des inconvénients du « job » ? Ou même les passer carrément sous silence, ne pas les évoquer du tout ?

Il faudrait faire vite, ils n'avaient pas énormément de temps : déjà, elle entendait les exclamations sauvages, en contraste absolu avec le masque de gentlemen des étudiants d'ici, de ceux qui chassaient son client. Ils n'étaient plus très loin.
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VargasChevalier d'argent du Corbeau
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Dim 24 Mai - 21:56
Le fait de voir mon interlocutrice se forcer pour conserver sa contenance était des plus amusants. Je la laissais s'exprimer et la voir se démener pour essayer de m'embarquer dans son groupe était tordant.

« Bon, on ne va pas y aller par quatre chemins... Monsieur Ravencraft, nous avons été informés de votre... véritable nature, et souhaiterions vous proposer une place dans nos rangs, où vous participeriez à la défense d'une Cause glorieuse et juste tout en assurant votre avenir de façon on ne peut plus définitive en cas de succès de notre entreprise. »

J'observais la demoiselle et prêtais attention à son discours. Si elle voulait m'embarquer dans son groupe de fanatiques, elle allait devoir y mettre plus de convictions.

« C'est une opportunité unique qui vous est offerte, et nous avons énormément d'avantages par-rapport à nos compétiteurs, surtout en termes de protection de nos effectifs. Notre employeur reconnaît également la valeur de l'effort, du sacrifice et du mérite, les chances de promotions ne manquent pas, pour ceux qui en valent la peine. »

J'éclatais de rire à sa dernière proposition. La petite pique était bien placée mais encore fallait-il qu'elle parvienne à me convaincre. C'était un speech très commercial mais dépourvu de conviction et d'âme, rien de très intéressant en somme. Je reprenais mon calme avant de répondre.

Vargas - "Hé bien. C'était mauvais... Tes prédécesseurs avaient un peu plus de tact et le sens des relations humaines. Mais parlons affaires. Et si tu rejoignais plutôt les services de mon employeur, tu auras de la liberté d'action, des comptes à rendre une fois par an, l'avantage de pouvoir côtoyer toutes sortes d'éveillés mais aussi un salaire qui défie toute concurrence. Mais cela demande du caractère et un certain tempérament. Mais pour répondre à ta proposition selon toi, votre camp mérite-t-il mes services ? Et si oui, en quoi le mérite-t-il plus qu'un autre ? Voilà de quoi réfléchir, n'est-ce pas ? Ah mais ne serait-ce pas mes fans qui accourent ? Il va falloir répondre vite et bien, Mademoiselle."

J'affichais à présent un sourire sadique et réalisais qu'il allait bientôt être dix-sept heures, une heure très pratique à l'université. Le temps passait vite aujourd'hui et cela m'arrangeait bien. Les mécontents allant réduire les possibilités de négociations du visiteur indésirable, ce dernier allait devoir me laisser en paix.
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AndréaSpectre de la Liche | Modérateur
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Lun 25 Mai - 8:54
Il se foutait de sa gueule mais elle ne s'en offusqua pas trop, c'était prévisible au vu du manque de qualité de son petit discours. Comme son interlocuteur faisait très justement remarquer que le temps leur était compté, il allait falloir changer d'angle d'attaque, mais (pas si bizarrement) la Liche ne pensait pas pouvoir le rallier à l'armée infernale avec des louanges passionnées sur leur Cause (qu'elle avait elle-même rejoint contre son gré) ou ses camarades (elle ne s'entendait avec personne en Enfer). En plus, elle s'attendait à ce qu'il se moque d'elle à nouveau si elle jouait les idéalistes, en appelait à ses bons sentiments ou à son sens de la justice. Du coup, elle allait parler des bénéfices pragmatiques.

« Je ne sais pas pourquoi, mais je ne suis pas sûre que la question du mérite vous importe tant que ça, alors je vais plutôt vous dire pourquoi refuser serait une très mauvaise idée. Premièrement, nous sommes les Spectres, gardiens de l'Au-delà, et ça veut dire que tôt ou tard, on voit absolument tout le monde se pointer chez nous, que ce soient les grands de ce monde ou les plus puissants guerriers. Et en Enfer, tout ce que vous aviez sur Terre, que ce soit l'argent, le talent, la célébrité, ou même le pouvoir dans sa forme la plus pure, ça ne veut plus rien dire. Vous voyez où je veux en venir ? On peut aller mettre des baffes à Hitler ou insulter les plus grands chevaliers d'Or des temps passés si on veut, ils ne sont plus rien, et ils souffrent. Si vous nous rejoignez par contre, vous pouvez échapper à votre Jugement. Avec les réactions que votre seul nom provoque, j'ai comme l'impression de déjà connaître votre destination finale une fois de l'autre côté. Réfléchissez bien, parce qu'une éternité de supplices, c'est long. »

Sacré monologue, mais elle n'avait pas terminé... elle vérifia la distance à laquelle se trouvaient les étudiants à la poursuite de ce Ravencraft, la trouva suffisante, puis retourna à son argumentaire.

« Deuxièmement : contrairement aux chevaliers de n'importe quelle autre faction, vous ne mourrez pas. Si vous tombez au combat, ce n'est pas grave, votre âme revient à la maison et endosse une nouvelle enveloppe physique. Vous pouvez récupérer de n'importe quelle blessure ou maladie, vous n'avez pas non plus à craindre de vieillir. Troisièmement, puisque vous me parlez de salaire et si c'est ça qui vous motive, notre Dieu est aussi celui des trésors des profondeurs : chez nous, il n'y a qu'à se baisser pour ramasser les pierres précieuses. Quatrièmement, et ça renvoie au premier point, si vous aimez tourmenter les autres et vous assurer que les gens bons ou mauvais reçoivent ce qu'ils méritent, ça tombe bien, c'est notre travail. »

C'était long, mais l’Étoile Terrestre pensait ne rien avoir laissé de côté. Le jeune homme semblait avoir une haute opinion de lui-même doublée d'un certain dédain, elle pensait ne pas faire fausse route en le menaçant et en soulignant les avantages pour sa petite personne plus qu'autre chose. Elle avait refusé de mordre à l'hameçon quand il avait demandé à savoir pourquoi sa faction avait plus de mérite qu'une autre. Justifier moralement les actions des Spectres, c'était un terrain miné et un grand risque pour elle de se ridiculiser.

Quoique, à la réflexion... elle avait bien oublié quelque chose. Elle reprit la parole pour un instant, presque dans un murmure : « Cinquièmement... si vous voulez revoir un être cher... »

Pas besoin de finir cette phrase. Attendant la réplique, Andréa tourna son regard vers les « admirateurs » du jeune étudiant au rictus vicieux maintenant tout proches. Recevrait-elle une réponse qui ne serait pas une pirouette avant d'être forcée de courir à nouveau ? Attendez... c'était bien un javelot qu'elle voyait dans la main de cette jeune fille athlétique qui chargeait en tête ?
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Lun 25 Mai - 19:13
Le temps pressait comme je l'avais prévu et cela força la gente demoiselle à changer de stratégie pour essayer de m'embaucher. J'avais hâte de voir quel allait être son discours et je ne fus pas déçu.

« Je ne sais pas pourquoi, mais je ne suis pas sûre que la question du mérite vous importe tant que ça, alors je vais plutôt vous dire pourquoi refuser serait une très mauvaise idée. Premièrement, nous sommes les Spectres, gardiens de l'Au-delà, et ça veut dire que tôt ou tard, on voit absolument tout le monde se pointer chez nous, que ce soient les grands de ce monde ou les plus puissants guerriers. Et en Enfer, tout ce que vous aviez sur Terre, que ce soit l'argent, le talent, la célébrité, ou même le pouvoir dans sa forme la plus pure, ça ne veut plus rien dire. Vous voyez où je veux en venir ? On peut aller mettre des baffes à Hitler ou insulter les plus grands chevaliers d'Or des temps passés si on veut, ils ne sont plus rien, et ils souffrent. Si vous nous rejoignez par contre, vous pouvez échapper à votre Jugement. Avec les réactions que votre seul nom provoque, j'ai comme l'impression de déjà connaître votre destination finale une fois de l'autre côté. Réfléchissez bien, parce qu'une éternité de supplices, c'est long. »

Elle avait ainsi choisi de se montrer plus agressive. Je me retenais de lui rire au visage et faisais semblant que cela m'affectait. S'en suivit une autre déclaration plutôt agressive.

« Deuxièmement : contrairement aux chevaliers de n'importe quelle autre faction, vous ne mourrez pas. Si vous tombez au combat, ce n'est pas grave, votre âme revient à la maison et endosse une nouvelle enveloppe physique. Vous pouvez récupérer de n'importe quelle blessure ou maladie, vous n'avez pas non plus à craindre de vieillir. Troisièmement, puisque vous me parlez de salaire et si c'est ça qui vous motive, notre Dieu est aussi celui des trésors des profondeurs : chez nous, il n'y a qu'à se baisser pour ramasser les pierres précieuses. Quatrièmement, et ça renvoie au premier point, si vous aimez tourmenter les autres et vous assurer que les gens bons ou mauvais reçoivent ce qu'ils méritent, ça tombe bien, c'est notre travail. »

Je restais silencieux et faisais mine de réfléchir à sa proposition avant de prêter l'oreille à son dernier murmure.

« Cinquièmement... si vous voulez revoir un être cher... »

Une fois les explications de l'inconnue terminées, je décidais de lui répondre aussi gentiment qu'elle l'avait fait.

Vargas - "Hé bien, quelle déclaration enflammée, j'ai presque failli accepter. Ceci dit, la menace n'est pas la meilleure voie. On passe tous par la case Enfer et ça fait des lustres que les hommes y souffrent à leur mort, je n'y vois rien de nouveau. Et il s'avère qu'un ami m'a parlé du statut de spectre, c'est génial l'immortalité mais ça dépend de qui en profite, ce ne sont pas vraiment les humains choisis qui en bénéficient n'est-ce pas ? Ne dit-on pas que ce sont les âmes des spectres qui ressuscitent ? Je crois plutôt que tu cherches juste un corps dénué de conscience plutôt qu'une personne doté d'une personnalité. On peut critiquer ma personnalité mais mes actes rendent service à mes victimes et elles le réaliseront un jour."

J'esquissais un sourire arrogant à la jeune femme puis soupirais avant de reprendre ma réponse tandis que les élèves furieux approchaient.

Vargas - "Mais passons... Me proposer la possibilité de tourmenter des gens n'a aucun intérêt, je peux le faire dans n'importe quel camp et même sans en rejoindre un seul et l'argent ne m'intéresse pas plus que cela. Enfin, être l'esclave d'un esprit malfaisant qui asservit mon corps jusqu'à ma première mort puis s'en empare, n'a rien de séduisant."

Je lâchais un léger rire nerveux avant de reprendre.

Vargas - "Des proches à revoir ? Aucun ! Et ce ne serait pas leur rendre service que de rejoindre un camp juste pour cela. En tant que spectres, vous conviendrez que ma position actuelle a plus davantage. Pourquoi ? Hé bien, je suis maître de mon corps, je n'ai à affronter personne, à ma mort, je souffrirai comme tout le monde et je connaitrai un sort funeste...

Mais au moins, j'aurai profité un maximum du don qui m'a été confié. Contrairement aux pauvres fous qui auront succombé au charme de l'immortalité et auront eu la grande chance de voir leurs âmes plonger en Enfer à la première occasion et leurs corps dérobés par un esprit qui a eu tellement d'hôtes qu'il n'éprouve aucune estime pour la vie. Voilà la triste vérité et j'ai bien peur que nul ne puisse sauver nos âmes à nous pauvres humains.

Nous naissons dans la douleur, vivons dans la douleur et mourrons dans la douleur. L'enfer n'est que le prolongement d'une vie de souffrance et son seigneur aussi puissant soit-il ne pardonne pas. Tous craignent Hadès et à raison. Peu importe mon allégeance, mes actes passés ne seront pas pardonnés et mon allégeance ne m'offrira qu'une chose, une mort rapide et une éternité de souffrance qui était déjà prévu. On peut se demander d'où je tiens tout cela mais il s'avère que les livres révèlent tous une part de vérité, pour ceux qui savent les décrypter, et si jamais vous retourné six pieds sous terre, vous pourrez saluer Monsieur AGHLIERI pour moi, je suis un grand fan de son travail. Tiens ? Que vois-je ? Ne serait-ce pas une miss avec un javelot ? On dirait que c'est l'heure de se quitter... Au plaisir de ne plus se revoir !
"

La cloche sonna et les autres étudiants se ruèrent par les portes du bâtiment tandis que je saluais comme un acteur la spectre avec un sourire sournois. La diversion me permit de m'enfuir dissimulé dans la foule et de passer à travers la masse agressive en leur passant sous les yeux. Cette altercation avait été intéressante mais nul ne pouvait me contraindre à rejoindre un camp et à abandonner ma liberté pour une quelconque cause.
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AndréaSpectre de la Liche | Modérateur
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Mer 27 Mai - 21:26
Andréa ne fut pas étonnée de se voir opposer un refus ferme et définitif assorti d'une réfutation méthodique et sarcastique de chacun des points de son argumentation. Certains des éléments de cette réponse auraient pu blesser la Liche en la renvoyant à son statut de simple outil et véhicule du parasite nommé Kochtcheï, mais elle n'était plus exactement la jeune fille terrifiée des débuts, et elle releva surtout les trous dans les propos de son interlocuteur. Pas surprenant non plus, comment quelqu'un d'extérieur à leur ordre pourrait-il connaître parfaitement les subtilités du mécanisme de réincarnation et d'éveil des Étoiles Maléfiques sans en faire soi-même l'expérience ?

Le jeune homme était une cause perdue, c'était clair et net, aussi renonça-t-elle à perdre son temps en tentant de le corriger. En plus, la foule se rapprochait, et le javelot fusa dans l'air pour se planter non loin de l'emplacement qu'occupait l'étudiant quelques secondes plus tôt : celui-ci s'était en effet remis à fuir. Les épaules de la Spectre s'abaissèrent alors qu'elle lâchait un soupir monumental puis murmurait à personne en particulier :

« Tu te trompes... Si ton destin est de nous rejoindre, tu ne pourras pas y échapper. Si ce n'est pas le cas mais que tu viens quand même à nous, tu resteras toi-même... »

Si une personne abritait en elle l'une des 108 Étoiles Maléfiques de l'armée d'Hadès, alors rien ne saurait empêcher son éveil en tant que guerrier des Enfers : son identité fusionnerait avec celle du Spectre pour créer un nouveau combattant disposant des souvenirs et de la personnalité de l'hôte humain, mais également influencé par ses vies précédentes et loyal au Seigneur de l'Au-delà. En cas de manque d'effectif, les Surplis pouvaient également être attribués à des individus dont l'âme n'était pas vouée à les rejoindre... mais ces guerriers-là n'étaient pas toujours fiables, comme ils avaient pu l'apprendre à leurs dépens, trente ans auparavant. C'était comme ça que ça fonctionnait en théorie, mais il y avait des exceptions... elle-même par exemple, qui n'était pas destinée à être le réceptacle de l’Étoile Terrestre de l'Immortalité mais dont l'enveloppe avait tout de même été réquisitionnée de force par un « esprit malfaisant », comme le disait Ravencraft, qui menaçait de prendre définitivement les commandes si elle échouait à faire correctement son « devoir ».

Sauf qu'elle avait fini par se convaincre de la valeur de leur Cause : éradiquer le Mal, libérer l'humanité des vicissitudes de l'existence et des misères de la chair, distribuer équitablement châtiments et récompenses afin que périssent l'impunité et le laxisme, ennemis éternels de la Justice. Elle aurait aimé pouvoir lui dire tout cela, à lui qui était si cynique et pessimiste tout en prétendant que ses actions aideraient ses victimes à l'avenir, mais elle avait bien vu dans ses yeux que ses paroles seules n'y changeraient rien, quand bien même elle saurait trouver les mots justes. Elle évita donc le troupeau d'étudiants se lançant à la poursuite du jeune homme au sourire vicieux, trouva un coin à l'abri des regards, et revêtit son armure sombre juste assez longtemps pour ouvrir la porte vers l'Outre-tombe.

***

Le Squelette qui l'accueillit lui cassa les oreilles de ses jérémiades et autres accusations d'incompétence et de paresse au travail pendant plusieurs minutes après avoir reçu le compte-rendu de la Spectre, la menaçant à demi-mot en lui promettant d'en faire un rapport cinglant à son supérieur. C'en était trop : elle en avait marre, elle était fatiguée et énervée d'être revenue bredouille, et se faire traiter comme du poisson pourri par un minable qu'elle pourrait exterminer d'une attaque... Elle agrippa le larbin par le col et le plaqua au mur, les griffes du Surplis de la Liche mordant cruellement la peau fragile.

« La prochaine fois que vous voudrez recruter quelqu'un, vous n'aurez qu'à demander à un spécialiste, parce que c'est pas mon rôle, compris ? Si vous croyez que c'est si facile allez-y vous-mêmes. Attendez, j'ai mieux : si vous tenez absolument à nous infliger la présence de ce type dans nos rangs, attendez qu'il crève et qu'il vienne nous supplier de lui filer une seconde vie. Il fait le fier pour l'instant, mais une fois qu'il aura goûté à la réalité des Enfers, il changera peut-être d'avis. » gronda-t-elle, les yeux dans les yeux du serviteur inférieur, avant de faire apparaître une volute de miasme noir dans sa main libre.

Elle s'assura qu'il avait compris que ce qu'elle pouvait lui faire subir à lui, pauvre petit sous-péon inutile, était bien pire et plus immédiat que ce que ses supérieurs lui infligeraient à elle, une Étoile Terrestre de l'armée d'Hadès, puis le relâcha et s'en retourna à Dité, où l'attendait son lit. Sur le chemin, elle ressassa l'incident : certes, la mission du jour était une punition qu'on lui avait infligée pour son mauvais traitement des Squelettes, et ce qu'elle venait de faire montrait qu'elle n'avait pas appris sa leçon, mais où allait-on si elle laissait les larbins lui parler comme ça ? En plus, même si le résultat final n'était pas celui espéré, elle avait tout de même accompli sa tâche et considérait donc sa « dette de maltraitance » comme effacée, la laissant libre de recommencer.

L'âme parasité se rappela à ce moment à son bon souvenir, bien que ne désapprouvant pas totalement son raisonnement : « Rafraîchis-moi la mémoire péronnelle, que disais-tu tout à l'heure à propos de l'impunité en tant qu'ennemie de la Justice, et que pensent les Spectres des abus de pouvoir commis par les humains ? »

La Liche répondit à ce pointage ô combien juste et pertinent par son prédécesseur de sa propre hypocrisie d'un « la ferme » qui ne souffrait aucune discussion.
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