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NtikumaChevalier Noir de l'Araignée
Chevalier Noir de l'Araignée

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Lun 14 Sep - 2:36
-Tu pensais vraiment qu’on te laisserait passer comme ça, le riche?
 
Assis sur une inconfortable chaise de bois, pieds et poings liés, torse nu et les cheveux en bataille, je retiens un soupir d’ennui. Voilà exactement pourquoi on ne se promène pas la nuit dans les grandes villes, encore plus si la grande ville en question est arabe. Bof, il n’y a pas de réel danger et avec un peu plus d’effort j’aurais pu facilement retourner à mon hôtel et m’éviter cette situation, mais là n’est pas la question. Et si j’avais voulu me retrouver là? Pas nécessairement capturé par un gang de rue et menacé de mort par des gens qui vont s’en mordre les doigts dans moins de dix minutes, mais plutôt en position de « faiblesse,» dans un moment d’infériorité, juste pour me rappeler à quoi ça ressemble, et comment quelqu’un devrait s’y sentir. Bonnes intentions… mauvaise application. J’ai l’impression de jouer dans une pièce de théâtre, je sais que ce n’est pas vrai et je ne me sens pas comme si ce l’était non plus. Mais il y a plus : moi qui aie toujours torturé et tué pour le plaisir ou simplement pour l’expérience, je me demande de quoi ça a l’air quand quelqu’un le fait sérieusement…
 
-Et vous, vous croyez vraiment que je vais laisser passer ça?
 
Il y a une explosion de douleur au niveau de mon nez alors que le chef de gang me frappe de toutes ses forces. Je serre les dents, retient un gémissement et doit user de toute ma volonté pour ne pas brûler mes liens grâce à mon cosmos et le réduire en cendres. Je ne suis pas là pour ça… je ne me rendrai nulle part si je n’ai pas un meilleur contrôle et si je ne suis pas capable de prendre un coup.
 
-Bienvenue à Dubai, le grand, là où les immeubles touchent le ciel, les sous-sols frôlent l’Enfer et où toutes tes assurances et tes gardes du corps peuvent pas t’aider. Et dans deux semaines, on te cherchera même plus.
 
-Bien sûr que non. On m’aura déjà retrouvé.
 
Un autre coup, cette fois au menton. Je crache une belle gerbe de sang par terre et attend la suite de son petit monologue avec des yeux rageurs. Ce n’est qu’une question de temps…
 
-Toujours pas envie de supplier qu’on t’épargne? T’inquiète, ça va venir.
 
Deux de ses larbins sont en train de fouiller mon manteau : ils ont trouvé un portefeuille bien garni et quelques (fausses) cartes d’identité, qui disparaissent bien vite de ma vue. Rien qui ne puisse me lier de près ou de loin à l’ordre noir, ni même au monde des éveillés, mais de quoi me lier à la Heaven Inc. Les sous-fifres apportent la dite pièce d’identité à leur chef, qui y jette un bref coup d’œil.
 
-Yassin Ernistov… T’es russe?
 
-Arabe de naissance, mais élevé en Russie.
 
-Tu sonnes comme ni l’un ni l’autre.
 
-Disons que j’ai voyagé.
 
-Et donc, monsieur le directeur du département africain ou un truc du genre, comment on se sent loin de son grand bureau de riche au milieu de la misère?
 
-On s’y sent comme chez soi.
 
Assez joué. Il est temps de me débarrasser de ces nuisances et de leur faire chèrement payer les coups portés contre moi. Ça n’ira pas plus loin que ça et aucun Black Knight ne sait que je suis ici, je ne vais pas me faire attendre trop longtemps, cette petite expérience a vraiment été une perte de temps…
D’une petite augmentation de cosmos, je fais brûler les cordes qui me tiennent immobile et me lève prestement, ce qui fait sursauter mon « geôlier. »
 
-Bordel!
 
Bon, clairement je ne suis pas le premier à lui faire le coup donc il n’est pas si surpris que ça. Je vois son poing approcher de nouveau et je vois bien comment c’est sensé se passer : il me frappe, je suis déstabilisé, il m’immobilise et me rosse jusqu’à ce qu’un de ses hommes ramène de quoi m’attacher, et on reprend de là où on était. Seulement, je ne me ferai pas avoir, et je ne me laisserai surtout pas faire.
J’attrape son poignet et le tord brusquement, le faisant hurler de douleur.
Je n’ai pas besoin de feu… je n’ai pas besoin de Phobos… je n’ai besoin de rien ni de personne pour garder ma propre flamme allumée…
 
-C’est vous qui allez payer…
 
Du plat de ma paume, je le frappe en plein milieu du torse, le projetant à l’autre bout de la pièce. Le chef se relève, ahuri, alors que ses larbins me fixent sans comprendre ce qui vient de se passer. S’ils savaient… Je ferme les yeux pour me concentrer, et je sens la chaleur augmenter près de mon bras droit.
 
*Je n’ai pas besoin de Phobos. Je n’ai jamais eu le droit de me servir d’un autre pouvoir que le sien, mais maintenant, c’est terminé. Je ne serai plus le jouet de personne!*
 
J’ouvre les yeux. Une épaisse fumée noire ayant pris la forme d’une immense main griffue englobe complètement mon bras et en suit les moindres mouvements, comme si elle en faisait partie. Aucune trace du dieu panique dans cette technique, aucune flamme n’a été nécessaire : ça vient de moi, tout simplement. Et aussi étrange que cela puisse paraitre, elle me semble encore plus puissante, peut-être parce qu’elle est à moi et moi seul.
 

-Priez tant que vous le pouvez. La nuit ne sera pas longue.
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Ven 18 Sep - 21:59
Je tends le bras devant moi et la main de fumée suit le mouvement, s’étire pour prendre des proportions inimaginables et attrape un des hommes qui m’observent avec incrédulité. Seul ses jambes et sa tête dépassent et il se débat comme un forcené en criant de terreur. Le deuxième sort un pistolet et le pointe en ma direction, et tel un prédateur je tourne brusquement la tête vers lui, les yeux grands ouverts. Je sens sa peur… je sens cette deuxième force en moi qui se débat pour reprendre le dessus, pour être maitre à nouveau, pour bruler ces obstacles en travers de ma route, mais je tiens bon.  Il y a un bruit de détonation, une douleur aigüe me traverse le crâne et je lève mon bras gauche. Une deuxième main de fumée se matérialise, se mettant en travers de la trajectoire de la balle et l’arrêtant dans sa course. Aucun son n’est émis, la pression bien plus grande qui tient la main en un seul morceau arrête la balle est quand elle disparait, le projectile tombe au sol dans un cliquetis métallique.
 
Je décris un grand arc de cercle et le premier homme emprisonné vole au travers de la pièce, percutant le deuxième avec violemment et finissant tous les deux plaqués au mur par la main de fumée. Celle-ci se rétracte, revient vers moi et je me tourne vers leur chef, qui lui est mort de peur.  C’est mauvais signe… mon cosmos s’enflamme d’une énergie qui n’est pas la mienne, prend des teintes rouges familières et se réchauffe, le dernier homme debout se met à hurler de peur alors que juste devant lui, je lutte pour ne pas laisser Phobos reprendre le dessus.
 
*Ce n’est pas Phobos. C’est toi. Vous êtes les mêmes, ce sont les termes que tu as toi-même accepté.*
 
*Je n’ai jamais accepté quoi que ce soit. Je ne suis pas Phobos, il n’est pas moi, et il ne me contrôlera plus!*
 
*Sans lui, n’es rien. Une simple coquille vide. Pas d’ambition, pas d’allié, pas de pouvoir. Trente-deux ans et tu n’as jamais pu vivre ta propre vie, que vas-tu en faire une fois libre?*
 
*Je ne suis pas un enfant… je saurai une fois rendu là…*
 
Je baisse soudainement les bras, vaincu. Je serre les dents de rage alors que de grandes flammes ardentes jaillissent des murs et du sol, entourent les trois délinquants et soudainement, leur corps s’embrase et que dans une cacophonie de hurlements déchirants, ils se consument lentement, leur voix faiblissant après quelques secondes, puis le silence, le crépitement des flammes, puis plus rien. Je regarde le spectacle devant moi, déchiré entre la colère et la satisfaction, celle d’avoir pu ressentir une dernière fois le plaisir que m’inspire la peur des autres, et en même temps la rage d’y avoir succombé une nouvelle fois. Je ne peux pas lutter contre un dieu, surtout pas s’il m’a personnellement pris pour cible. Je n’ai jamais eu le choix, le réveil brutal de Phobos n’a fait qu’accélérer les choses, et maintenant je n’ai qu’à attendre la fin.
 

Soudain, coupant court à mes sombres pensées, j’entends un chuintement étouffé.
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Ven 18 Sep - 23:29
Mes mauvais sentiments disparaissent temporairement pour laisser place à la curiosité et je me mets à explorer les lieux pour trouver la source de cet étrange bruit. Le bâtiment est petit mais encombré, j’écarte plusieurs boites qui trainent par terre du bout de mon pied pour vérifier les autres pièces, mais ne trouve rien. Une chaufferie, une petite chambre, un entrepôt, mais rien qui n’explique ce bruit que je n’entends maintenant plus… surement rien de bien passionnant. Je m’apprête à partir, poussant une dernière boite pour dégager le chemin quand je l’entends à nouveau, bien plus fort et bien plus près cette fois. Je baisse les yeux sans pouvoir cacher mon étonnement : le sifflement provient de la boîte.

Je m’accroupis, l’ouvre sans aucune précaution et recule aussitôt : à l’intérieur se trouve un énorme serpent.

Ça me prend quelques secondes pour réaliser que sa prison est doublée : le reptile est enfermé dans un aquarium de verre, il n’y rien à craindre. Il ne bouge pas, on ne peut pas dire qu’il ait beaucoup de place pour se mouvoir, et me lance à peine un vague coup d’œil. J’ai souvent vu de ces bestioles, parfois dans les déserts, d’autres fois dans des zoos quand j’étais gamin, parfois certaines personnes en possèdent, mais dans ces cas-là ne sont-ils pas supposés avoir une lumière pour les réchauffer? Les serpents sont reconnus pour avoir le sang froid…

Je ne sais pas trop ce qui me prend, mais j’attrape la « cage » et la soulève pour la porter à l’extérieur. Le reptile à l’intérieur bouge lentement et émet un sifflement comme pour protester, mais je l’ignore et sors de la bâtisse. Nous sommes à Dubaï, il doit faire assez chaud à l’extérieur et surtout, à l’air libre… la tâche n’est pas facile, la cage est bien plus lourde qu’elle en a l’air et surtout un peu trop grosse pour être emporté par une seule personne. Je tente d’invoquer pour soulever la cage et la transporter dehors, mais rien ne se passe. En augmentant mon cosmos, je n’arrive qu’à créer une flamme. Je grogne de colère et me fais vite à l’idée que je vais devoir trainer ce truc dehors.
Mais pourquoi je me donne tout ce trouble pour un sale serpent qui va probablement tenter de me tuer une fois libre? Je ferais mieux de juste le laisser là et il va crever, c’est tout! Mais pour une raison que je ne comprends pas, je n’arrive pas à m’y résoudre. C’est bidon comme excuse, je sais, mais je me vois un peu dans cette bestiole : enfermé, condamné à vivre une vie qui ne me convient pas. Et alors? Je ne ressentirais probablement aucune pitié face à quelqu’un dans la même situation que moi alors pourquoi…?
Frustré, je donne un grand coup de pied dans la cage.

-Voilà! Sors, vis ta vie si tu le peux, finis libre mais dégage d’ici!

Le verre éclate en morceaux alors que le serpent est finalement libre de partir. Mon cosmos chargé de rancune augmente, réchauffant la pièce, et la bestiole se décide à lentement sortir de sa prison. Elle tourne la tête à gauche, à droite, m’aperçoit et se redresse. Ce reptile pourrait facilement me gober un bras sans même essayer, mais il n’en fait rien. Il se contente de me fixer, je soutiens son regard en me demandant ce qui se passe, pourquoi il reste là à me regarder alors qu’il pourrait très bien m’attaquer ou simplement fuir. Je le vois incliner la tête, la remonter, la descendre, je n’en perds pas une miette en le jaugeant du regard. C’est là que je comprends ce qu’il fait : exactement la même chose que moi. Il m’analyse.

Après plusieurs longues secondes à se fixer l’un et l’autre, le serpent bat en retraite et file à toute allure vers la sortie. Comment une bête aussi massive peut-être bouger aussi vite? Sur un coup de tête, je la suis au pas de course. Je n’ai pas vu tant de reptiles que ça au cours de ma courte existence, mais celui-ci ne m’a pas l’air normal… je préfère en avoir le cœur net.

[FB ENTRAINEMENT] La marche des cendres