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RogosSpectre du Dullahan | Modérateur
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Lun 16 Nov - 15:50
Rogos et Oblivion cheminèrent en direction de Giudecca, point le plus bas des Enfers et dernière Sphère du Cocyte, où se trouvait le Temple d'où le Souverain du Royaume des Ombres régnait sur Son domaine. Ils avaient l'avantage d'être partis de la Sixième Prison, le trajet ne serait donc pas bien long, même si cela ôtait au Dullahan l'opportunité de faire la visite guidée complète à la jeune fille. Sortis des Trois Vallées de la Sixième Prison punissant la Violence, ils traversèrent la Septième, dédiée aux Trompeurs, Imposteurs et Escrocs, souffrant dans leurs dix Malebolges, pour parvenir enfin à la Huitième, la Prison des Glaces Éternelles, divisée en quatre Sphères.

En s'engageant dans cette désolation polaire, le cavalier sans tête regretta de ne pas avoir son Surplis qui l'aurait protégé du froid mordant. Mais voilà, la Forge était hors-service, on ne pouvait rien y faire. Et puis, quel était le pire, se présenter sans armure devant une divinité ou La faire attendre plus que de raison ?

« C'est joyeux comme paysage, hein ? » ironisa-t-il en avançant au milieu des damnés dont les corps congelés dépassaient çà et là. « Attention où tu mets les pieds... Nous entrons dans la Caina, où Son Excellence la Wyverne a sa résidence. »

Avait sa résidence plutôt... Rhadamanthe était tombé face à Gareth, et Rogos avait échoué à venger son supérieur. Un pincement étreint le cœur du Dullahan en voyant le temple de marbre blanc solitaire, fièrement surplombé de la créature héraldique du Juge. L'endroit était désormais sans maître, tout comme le manoir qu'ils avaient laissé derrière eux à Elis... la Guerre Sainte avait creusé des trous béants dans leurs rangs, des plaies qui ne se refermeraient pas de sitôt.

Reprenant la route, ils passèrent ensuite devant le temple d'Eaque dans l'Antenora. Les Spectres avaient été envoyés sur ses traces en attendant le début de la mission relative au Sapindus, et la piste les avait menés à Sparte, où ils avaient fait la rencontre de la Berserker... Mais après être repartis avec, il faudrait sans doute tirer une croix sur les informations de la cité guerrière concernant la mystérieuse disparition du Garuda.

La Tolomea fut l'étape suivante, la dernière avant leur destination. Là était la demeure de Minos, qui dans son immense sagacité avait chargé les Étoiles Terrestres de trouver le moyen de détruire l'arbre honni. Il leur avait fait confiance, et ils avaient exécuté sa volonté : le plus grand des Juges serait fier d'eux... Le cavalier sans tête se demandait à quel point Wolgorn et lui avaient bien pu changer depuis cette première mission désastreuse en compagnie du Griffon... là où tout avait commencé, là où se situaient les causes de leur infortune. Au moins, ce temple-ci n'était pas abandonné, son propriétaire était encore parmi eux.

Ne restait plus que le Giudecca. Son étendue venteuse et neigeuse fut bien vite parcourue, et ils se retrouvèrent devant les portes du grand Temple d'Hadès... Rogos y était allé de son petit commentaire personnel à chaque endroit de leur voyage, soucieux de bien tout expliquer à Oblivion, mais ici, il n'avait plus de mots. Il redoutait de franchir ce seuil, même s'il n'avait jamais pénétré en ces lieux du temps où Hadès y présidait à la marche de Ses armées, et d'y trouver la Dame d'Argent assise sur le Trône. Il ne voulait pas faire face à cette réalité. Pourtant, dans un long soupir, il poussa les noirs battants et s'avança dans la salle d'audience. Il avait bien trouvé la résolution pour faire face au démon mésopotamien, il fallait donc qu'il ait également le courage de découvrir son nouveau suzerain.

« J'aurais préféré que ma première visite ici se fasse dans un contexte moins funeste, mais nous apportons quand même de bonnes nouvelles pour remonter un peu le moral... »

HRP : Comme pour le rp Thanatos/Andréa, celui-ci se situe dans la continuité chronologique des rp précédents pour Oblivion et moi (la quête Sapindus donc) mais constitue un FB pour Thanatos.
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Mar 17 Nov - 13:58
Je suis on ne peut plus calme depuis le départ de Wolgorn et je suis son compère Dullahan de près alors qu'il me fait traverser les Enfers pour m'emmener au Giudecca... je ne connais rien de ces lieux, tout ici est nouveau pour moi et ces sinistres paysages me donnent des frissons dans le dos malgré les explications de Rogos. C'est si macabre... mais à quoi dois-je m'attendre d'autre? En enjambant prudemment les corps gelés du Cocyte, le froid de la glace me piquant la plante des pieds, une étrange pensée me vient: je me demande où sont mes parents. Tous les deux morts il y a onze ans, je n'ai pas assez de souvenirs d'eux pour me rappeler comment ils étaient, la seule chose dont je me souviens clairement, c'est Prayer, mon éternelle partenaire, mon amie, ma confidente, ma petite soeur... au point où je ne me souviens même pas du nom de mon père et de ma mère. Ni de leur apparence... comment Prayer l'a vécu, cette séparation? A-t-elle souffert de la solitude autant que moi? Je voudrais tellement la voir, lui demander de vive voix ce que j'ai manqué, apprendre à connaître la soeur que j'ai perdu... mais ça ne m'est pas possible. Mon seul espoir, c'est que quelqu'un d'autre le sache.

Je m'arrête quelques secondes pour contempler les différents domaines des Juges, réfléchissant à comment poser la question avant de finalement m'adresser à mon guide.

-Rogos... Comment elle était, Prayer? Est-ce qu'elle était heureuse ici?

À défaut de savoir à quoi m'attendre, au moins je pourrai peut-être arrêter de me tracasser là-dessus. Cette fois, c'est à moi de tout réparer, si je veux qu'elle revienne...

Nous nous arrêtons devant un véritable monument qui me laisse bouche bée. On pourra bien dire tout ce qu'on veut des prisons infernales, les Spectres savent se loger. Enfin, ce n'est clairement pas là que les simples soldats comme Rogos et Wolgorn trouveront refuge, mais... cet endroit, sans les informations de Rogos, sans aucune explication, je sais de quoi il s'agit. Et comment pourrais-je l'ignorer? Nous sommes devant le Giudecca.

Alors que nous avançons, une puissante vague de terreur me monte à la gorge, alors que je sens une énergie meurtrière parcourir chaque centimètre de ma peau. L'Anima se réveille. C'est peut-être ma dernière chance de fournir quelques explications à Rogos, il les a bien mérité, et si on peut éviter le pire grâce à ça, ce serait mieux. J'ai trop peur de ce que cette armure pourrait me faire en comprenant que je lui échappe.

-Il faut que tu saches... l'Anima, ce n'est pas...

Mais sans me laisser le temps de finir, le Dullahan prend la parole et annonce notre arrivée, porteuse de bonne nouvelles pour mes supérieurs en devenir. Mieux vaut ne pas faire attendre ce rapport dont les Enfers ont plus besoin que mes problèmes d'armure, je suppose...

C'est en pensant comme ça que tu t'es retrouvée là

Intimidée par l'austérité des lieux, je me déplace lentement derrière Rogos comme pour échapper aux regards, me cachant dans son ombre.

Lâche! Traîtresse! Tout ça parce que tu as peur de déplaire!

Je porte une main à ma tempe comme si ça pouvait tout arrêter, intimant aux voix d''arrêter et après quelques secondes le silence se fait à nouveau. Celles-là, elles ne partiront pas, je le sais. Elles sont toujours là, à me murmurer toutes ces choses que j'espère pourtant oublier... un autre tourment. Le fardeau sera moins lourd à porter une fois Spectre, mais rien ne saura m'en libérer complètement. La force offerte par Arès, c'était le pire des cadeaux empoisonnés, et en m'en débarrassant je peux peut-être me garantir une vie meilleure... ou une seconde chance.
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Mer 2 Déc - 21:24
La bientôt-Spectre était sortie de son mutisme peu avant l'arrivée depuis les portes du Temple du Giudecca. Il était temps, Rogos appréciait le calme contrastant avec les épisodes de violence dont elle s'était montrée capable, mais il commençait à se demander si elle n'avait pas perdu la voix ! Seulement, il aurait préféré qu'elle pose une autre question... car malgré tous les grands discours tenus plus tôt, malgré tout ce qu'il avait dit sur la sœur de l'encore-Berserker, il n'avait en fait quasiment pas connu Prayer. Que répondre à cela ? Après tout, même s'il avait reçu son Surplis presque une année auparavant, son incompétence crasse l'avait forcé à quitter le Royaume des Ombres pour s'entraîner jusqu'à son retour il y a quelques semaines à peine. Il avait bien entendu parler de la messagère des Enfers avant et après son exil volontaire, mais il ne l'avait rencontré en personne que lors de la Guerre Sainte, et ils ne s'étaient guère côtoyés bien longtemps...

Il fallut un moment au cavalier sans tête pour organiser ses pensées et décider de ce qu'il allait dire pour satisfaire la curiosité on ne peut plus légitime de sa nouvelle camarade. Il fouilla sa mémoire, extrayant chaque bribe d'information dont il se rappelait au sujet de la Chauve-Souris, ce qu'il avait retenu des trop brefs instants en compagnie de la jeune Étoile Terrestre de la Recherche comme ce qu'il avait entendu de ses autres collègues... Ses réflexions ne s'achevèrent qu'une fois à l'intérieur du Temple, et il prit la parole à voix basse, alors qu'il s'engageait dans l'obscurité de la salle cyclopéenne.

« Je ne l'ai pas si bien connue hélas, mais elle ne m'avait pas l'air malheureuse. Au contraire, elle était pleine d'énergie, comme toi elle s'est un peu disputée avec Wolgorn... Mais je ne sais pas si je peux me fier à mon jugement, c'est un peu difficile de se faire une idée du caractère de quelqu'un au milieu d'une Guerre Sainte. »

Quoique... la guerre n'était-elle pas justement censée faire ressortir la nature profonde des gens ? L'approche de leur destruction ne révélait-elle pas la vérité de leurs forces et de leurs faiblesses, de leurs peurs et de leurs espoirs, de l'importance qu'ils accordaient aux autres ? Il n'en était pas sûr, il n'était pas un expert de l'âme humaine... Cependant, il voulait croire que ce que cette jeune fille fugitivement croisée lui avait montré était la réalité de son existence, et ses paroles suivantes reflétèrent cette décision.

« Ce dont je suis certain, c'est qu'elle s'inquiétait pour toi. Alors même que nous étions attaqués, que sa propre vie était en jeu, elle s'est précipitée à la Forge pour créer le masque que tu portes et s'assurer qu'il te parvienne. Elle était courageuse : elle est allée se battre, elle est tombée face à l'ennemi, et pourtant même sa loyauté envers le Seigneur Hadès ne l'a pas empêchée de chercher d'abord à porter secours à sa grande sœur. Encore une fois, ce n'est sans doute pas à moi que tu dois poser cette question... je crois que Son Excellence Minos était son maître, tu devrais essayer de lui demander. »

Peut-être que ses mots n'avaient fait qu'exacerber la douleur d'Oblivion, il n'en savait rien, mais il préféra s'arrêter là. Il n'avait pas grand chose de plus à dire de toute façon... Et puis, alors qu'ils progressaient dans les ténèbres de la salle du trône, il se rappela que l'ex-Sainte avait tenté de l'avertir de quelque chose avant qu'il ne la coupe dans son élan.

« Excuse-moi, je t'ai interrompu. Tu voulais me dire quelque chose au sujet de ton Anima ? Quoi donc ? »
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Jeu 3 Déc - 11:31
Soyez les bienvenus, trancha une voix.

Probablement pas celle que Rogos s'attendait à entendre, pas plus que la réponse qu'il espérait. La silhouette jaillit des ombres, émergeant comme si elle en était le plus pur produit, directement taillé en son sein - ce n'était pas totalement faux. Néanmoins, les quelques lumières blafardes que comptait le palais l'empêchait de succomber à la nuit - à croire qu'Hadès lui-même avait peur de ce qu'elle lui réserverait. Bien que sa qualité de suppléant ne soit plus à remettre en doute, il n'avait encore rien touché - la décoration pas plus que le reste. Encore eut-il fallu que les murs tiennent encore debout avant de songer à les ornementer.

Après tout, ça n'était pas son palais ; si les Spectres reconnaissaient son autorité et s'y pliaient sans rechigner, il en était encore pour ignorer l'état actuel des choses. Et ses visiteurs du moment en étaient un parfait échantillon. L'un des premiers réflexes de Thanatos en tant que nouveau dirigeant avait été de s'assurer de la localisation de chacun des spectres à « son » service. Qu'il sache au moins si ceux à ne pas s'être présentés avaient une bonne raison de le faire - ou un dernier voeu à formuler. Certains s'étaient cachés pour échapper à la Guerre Sainte ; ils avaient été correctement châtiés. D'autres semblaient attendre le retour d'Hadès pour se manifester ; il n'en fit pas plus de cas.

Servir le Roi Noir, c'était avant tout servir les Enfers - quand bien même les désirs de conquête de celui-ci tendaient parfois à le lui faire oublier de même. Trop longtemps, le Dieu des Enfers avait été aveuglé par son appétit terrestre, au point de ne pas voir les rebelles au sein de sa propre armée. C'était à présent au fils de Nyx qu'appartenait de séparer le bon grain de l'ivraie. Une tâche à laquelle il s'employait consciencieusement : ceux de ses subalternes qui étaient voués à en faire les frais l'apprendraient à leurs dépens. Ce laisser-aller n'avait que trop duré. Au vu de ce à quoi il avait employé ces trente dernières années, il ne devrait pas avoir trop de mal à endosser le manteau du commandement.

En parcourant les registres, la raison qu'avaient les Étoiles Terrestres de l'Ombre et de l'Exécution de ne pas répondre présents avait retenu son attention. Plus encore quand il les avait senti puiser dans son pouvoir pour revenir à la vie, quelques heures auparavant. Si l'un d'eux semblait s'être à nouveau absenté, l'autre s'était rapidement dirigé vers le palais en compagnie d'une troisième présence. La naturelle conflictuelle de celle-ci n'avait pas permis à Thanatos de l'identifier, fait assez rare pour que ce soit souligné. Ainsi n'avait-il lui-même pas tardé à revenir sur ses pas pour les prendre sur le fait.

Bon retour chez vous, lança-t-il avec un sourire accort - juste ce qu'il faut pour ne pas découvrir ses crocs effilés. Le voyage s'est-il bien passé ?

La sollicitude dans sa voix aurait pu paraître sincère pour quiconque n'aurait pas été au fait de sa vraie nature - pour quiconque n'aurait pu savoir, sentir dans ses tripes qu'il avait la Mort en face de lui. Une impression qu'il ne fit rien pour dissimuler en cet instant, bien qu'il en fut parfaitement capable. L'interrogation n'était toutefois pas dépourvu d'intérêt. Le récit de leur victoire - probablement fantasmé ; quand auraient-ils eu le temps de le raconter ? - devait déjà avoir fait le tour des Enfers plusieurs fois, mais le frère d'Hypnos préférait quant à lui aller chercher à la source la vérité vraie.

À sa main siégeait une coupe de vin au verre richement ouvragé. C'était déjà le cas lorsqu'il avait reçu ses premiers fidèles un peu plus tôt ; il ne faudrait point que cela devienne une habitude. À croire que la tâche le poussait à la consommation. Il fallait dire qu'il avait longtemps attendu de retrouver sa précieuse collection : tout ce que la Terre avait à offrir était bien fade en comparaison. Le travail qui l'attendait pour remettre sur pieds cette armée semblait ne pas connaître de fin ; il pouvait déjà en juger sans encore avoir commencé. Quelques philtres de cet acabit ne seraient pas de trop pour lui en donner l'énergie.

Ayant continué sa marche dans leur direction, ce n'est qu'une fois parvenu à leur niveau qu'il se pencha sur la jeune femme. Dans les lingots sphériques cernant ses pupilles, pourtant, la curiosité brillait de son plus bel éclat. S'il y avait bien en elle quelque chose de macabre, elle ne lui était en aucune façon reliée - pas plus qu'au don d'immortalité. Un odieux mensonge que celui-ci, puisqu'il pouvait leur retirer à tout moment. Son regard tomba sur elle, lourd de sensations comme en procurerait une lame glacée sur la nuque - un aspect de sa personne qu'il essayait de tempérer, mais on ne se refait pas. Qui aime regarder la Mort en face ?

Et bien... Qu'avons-nous là ?
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Dim 13 Déc - 22:03
Je ne sais pas trop ce que j'attendais et je sais encore moins quoi penser de ce que m'a dit Rogos. Déçue, peut-être, de toujours en savoir si peu sur ma petite sœur, mais ça me fait chaud au cœur de savoir qu'au moins elle a pu être heureuse... et encore plus d'entendre qu'elle me ressemblait. Comment peut-on ressentir un tel soulagement et une telle douleur en même temps? Peu importe la Prayer qu'on me décrira, je ne l'aurai pas connue. La sœur qui m'a sauvé comme elle le pouvait n'est qu'une inconnue, mais une inconnue qui m'a fait passer avant sa loyauté et qui a risqué sa vie pour la mienne... ça doit compter quelque part. Elle ne devait pas mourir, elle n'aurait jamais dû être cette vague connaissance, peu importe si ça me fait mal, il doit y avoir un moyen de la ramener et que l'on se rencontre enfin, pas comme ennemies, pas comme collègues, mais comme une famille. La famille dont on a rêvé et qu’on n’a jamais eue.
Ce n'est pas quelque chose que je peux dire devant Rogos, et je ne souhaite pas en parler plus qu'il ne faut. Lui non plus n'a pas connu Prayer, et faire part de mes projets alors que mon avenir est toujours incertain n'est peut-être pas la plus éclairée des idées. Je force donc un sourire sous mon masque pour ne répondre qu'à tout ça:

-En même temps, qui ne s'est jamais disputé avec Wolgorn...

Et maintenant, tout ça est déjà loin derrière. Je n'ai pas pu répondre au Dullahan parce qu'au moment où j'ouvre la bouche, une autre voix se fait entendre et me coupe la parole. Toujours sur le qui-vive, incapable de faire preuve de calme et encore moins de bonnes manières vu la situation, je tourne la tête pour voir de qui il s'agit.
D'un premier coup d'œil, l'homme n'a rien de bien impressionnant... mais ce n'est qu'un premier regard. Car une fraction de seconde plus tard, quand je commence à le scruter avec plus d'attention et à mieux observer ses traits, une vague de terreur m'envahit et je ravale ma salive avec difficulté, à peine capable de cacher mes tremblements. Celui qui se tient devant nous, c'est un dieu... et pas n'importe lequel...

Qui aurait cru qu'autant d'entre eux en auraient après moi? Pendant quelques secondes, je sens qu'il s'adresse plus à Rogos qu'à moi et je me retrouve à espérer que ça reste comme ça, qu'il ne me porte plus attention, mais ce serait trop demander. C'est pour moi que nous sommes là, après tout.
Mais après tout ce temps à fuir la mort, l'avoir devant soi est difficile à encaisser.

-...

Ce court laps de temps où j'arrive à échapper au regard ne dure pas et un long frisson me parcoure le dos alors que l'homme aux longs cheveux noirs s'approche de plus en plus sans cesser de me fixer, et j'ai vaguement conscience d'avoir pris quelques pas de recul. Mon cœur bat à tout rompt dans ma poitrine, pourtant j'ai froid comme si plus une seule goutte de sang ne coulait dans mes veines et respirer devient plus difficile... l'Anima aussi la ressent, cette nouvelle présence divine.

Je dois me reprendre. Sinon l'armure rouge n'aura aucune pitié et ce nouvel arrivant non plus. Je peux être plus forte que ça! Je suis là pour me reprendre en main et cesser d'avoir peur, mais pour ça je dois cesser de me causer tant de mal. Je peux y arriver... Arès semblait bien y croire, lui.

-Vous n'êtes pas Hadès...

Je ne sais pas quoi penser de ça. Ma voix n'est qu'un murmure timide alors je lui réponds sans pour autant prendre en compte sa "question." Autant une interrogation qu'une simple déclaration, il y a une pointe d'accusation aussi et je jette constamment des coups d'œil en direction de Rogos comme pour avoir son aide... il m'a emmené ici pour rencontrer ses supérieurs, et je m'attendais tout naturellement à voir un Juge ou bien... Hadès lui-même. Je ne savais pas qu'il y avait d'autres dieux aux Enfers, même si ça m'étonne peu. Ces informations ne sont pas à la disposition de tout le monde au Sanctuaire... Reste que désormais, je ne sais plus du tout à quoi m’attendre. Ma cause peut-elle encore être défendue?
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Lun 14 Déc - 13:52
Coupant court à leur conversation, une troisième voix se fit entendre, mais son propriétaire ne se manifesta pas tout de suite. Il fallut quelques instants pour que la présence invisible ne le soit plus, révélant aux éveillés un homme de haute taille à la démarche impérieuse, dont le regard semblait tout transpercer. L'apparition de cet être de jais et d'or déclencha une réaction quasi-immédiate chez ses interlocuteurs qui se retrouvèrent figés par une une peur primale, inhérente à leur condition de pauvres âmes mortelles. Seul l'instinct de survie d'Oblivion lui permit de briser le sort, et encore ne contrôlait-elle pas les mouvements que celui-ci lui dictaient ; Rogos, lui, resta à sa place. Il ressentait une impression similaire – mais non identique – à celle qu'avait dégagé Alyssa et quelque chose en lui lui ordonnait de ne pas bouger...

Pas de doute, l'homme était un Dieu. La jeune fille dit alors tout haut ce que l’Étoile Terrestre pensait tout bas, et l'identité de cette ombre à forme humaine s'imposa à lui. Il était vrai que les Enfers abritaient plus de divinités que le Sanctuaire ou l'Atlantide, mais les possibilités restaient limitées. Par élimination, ils avaient forcément affaire à la Mort en personne. Élimination... un mot qui devait Lui convenir comme un gant, et une menace que Sa seule présence faisait planer dans l'air telle une épée de Damoclès, malgré Ses manières affables.

Le Dullahan mit genou à terre, et il espérait que la sœur de Prayer en ferait de même. Thanatos n'était pas Hadès, leur Seigneur et Maître avait disparu. Il n'était pas non plus Alyssa, qui s'était autoproclamée Reine du Monde Souterrain, cependant Il était le bras droit du Sombre Monarque, Défenseur d'Elysion et Moissonneur de Vies, et représentait sans ambiguïté aucune l'échelon hiérarchique le plus haut qu'on puisse trouver... non seulement en Enfer, mais aussi dans tout le Cosmos. La soumission était la seule réponse appropriée, plus encore quand on était un Spectre.

« Nous revenons d'une mission confiée par Son Excellence Minos, Monseigneur. La tâche fut ardue, mais nous sommes victorieux ; le Sapindus ne nous troublera plus, et nul à l'avenir ne s'emparera de ses fruits pour suivre l'exemple des Saints. »

Rogos plongea la main dans un repli de son vêtement et en retira une branche du défunt arbre sacré, ses feuilles maintenant étiolées et ses fruits pourris, et la présenta au Faucheur en guise de preuve. Son cœur battait la chamade ; il avait répondu à la première question, et il fallait passer au sujet plus délicat de l'ex-Sainte, encore-Berserker et – espérons-le – bientôt-Spectre. Désignant la jeune fille au masque ainsi que la Hache qu'elle portait, le Dullahan poursuivit :

« Oblivion ici-présente est la sœur d'une des nôtres, Prayer de la Chauve-Souris, tombée lors de l'invasion. Les registres infernaux mentionnaient sa mort, mais elle a échappé à son destin et s'est retrouvée à Sparte. Son Excellence le Griffon m'ayant donné carte blanche quant aux moyens d'abattre le Sapindus, j'ai pris sur moi de la recruter en lui proposant de régulariser sa situation, pensant qu'elle échapperait à l'influence de l'arbre. Elle nous a prouvé sa loyauté et son utilité au cours de notre quête, et elle est celle qui nous a débarrassés de cette vermine végétale grâce à cette Hache que nous avons ramené du Mont-Liban. »

L’Étoile Terrestre de l'Ombre pouvait ressentir la pression pesant sur ses épaules alors qu'il faisait son rapport. Il prenait la responsabilité du recrutement d'Oblivion et c'était bien normal, au cas où le Faucheur aurait des objections, mais il ne se sentait vraiment pas bien. Il faut dire que sa tenue (ou plutôt son manque de tenue) n'aidait pas : il se serait senti un peu plus rassuré avec son Surplis sur le dos et, plus important, avec son visage confortablement caché sous son masque. C'était comme ça, le bout de métal créait une séparation bienvenue avec l'extérieur et avec lui-même, ne laissant voir que le Spectre. Bien sûr, c'était puéril et ça perdait toute signification face au regard d'un Dieu, mais tout de même...
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Lun 28 Déc - 8:42
Ne le suis-je pas ? demanda un Thanatos cachant une pointe d'amusement, allant prendre place sur un siège qui semblait pourtant n'attendre que lui. Pendant un temps, il laissa planer ce doute : Hadès ne s'était-il simplement réincarner ? D'un corps à l'autre, l'aura d'un dieu pouvait changer radicalement, selon l'influence laissée à son hôte. C'était bien sûr improbable dans le cas du sombre monarque, mais on ne sait jamais. Au terme de cette éternité d'une seconde, c'est à nouveau sa voix qui brisa le silence : En effet.

L'espace d'un instant, il les considéra en silence. Il ne devrait pas se jouer d'eux : la seule raison de leur absence était leur loyauté envers la Cour des Ombres. En effet, il n'était pas Hadès. Il était celui à avoir vécu dans son ombre - jusqu'à maintenant. Les temps changent, et ce changement était déjà bien entamé. Ayant emporté avec lui la chaleur de la pièce - comme partout où il passait, pourvu qu'il ne réprime pas sa nature véritable -, il la leur rendit en s'éloignant. Les braves avaient amplement mérité le réconfort d'un foyer... Tous ne pouvaient pas en dire autant. De nombreux Spectres ne s'étaient pas encore manifestés, attendant probablement le retour du roi pour suspendre leurs activités. À ceux-là, il réservait un traitement bien particulier.

Je suis Thanatos, Dieu de la Mort. déclara-t-il finalement. C'est un plaisir de vous rencontrer.

Se présenter à nouveau sous ce titre avait quelque chose de grisant. Il n'en avait certes pas besoin pour le faire sien, oh non ; mais après l'avoir caché pendant près de trente ans, c'étaient en quelque sorte des retrouvailles qu'il appréciait pleinement. Il se retrouvait, renouait avec ce qu'il était après l'avoir oublié brièvement. Car nulle autre profession n'était de taille pour ses épaules, après tout. Construire un empire l'avait amusé un temps - et l'amuserait encore, il n'en doutait pas un seul instant ; mais ce n'était rien à côté de ce pourquoi il était - de ce pourquoi il existait depuis la nuit des temps. Satisfait, il observa l'effet de ce nom sur les intéressés.

S'il s'était attendu à voir avec Rogos le second Spectre qui l'avait accompagné au mont Liban, c'est tout autre chose qu'il avait ramené. Chose, car nul autre terme n'aurait su décrire le chaos et la confusion que représentait cette union. De par sa place dans la mythologie, le Faucheur était de ceux à pouvoir voir les fils des Parques avec le plus de clarté parmi ses semblables ; il en avait rarement vu autant entremêlés. Les circonstances étant ce qu'elles sont, Thanatos aurait dû être contrarié de voir un étranger au palais - la dernière « visite » ne s'était pas très bien passée. Si elle ne l'avait autant intrigué, il est probable qu'elle ne serait déjà plus là pour en parler.

Même s'il le garda pour lui, le fils de Nyx ne pouvait nier un zeste d'effroi. Il n'aimait pas ce qu'il ne comprenait pas. Et cette petite semblait avoir depuis longtemps échappé à l'humanité, par le biais d'Arès de surcroît. Lequel était connu pour s'être bâti un royaume d'atrocités. Qu'était-elle alors ? Toute chose doit mourir à la fin. C'était encore en les tuant qu'il les concevait le mieux. Juché à sa nouvelle place, il résista péniblement à l'envie de la faire disparaître. S'il ne montra rien de ce dilemme, de cette lutte, il ne s'en enfonça que mieux dans sa raideur glacée. Le seul trait à même de le trahir était la présence sur son visage d'un soupçon d'irritation.

Le Dullahan avait bien fait d'emporter la preuve de son forfait. Ainsi donc, cette entreprise audacieuse avait été couronnée de succès. Si on leur avait demandé leur avis, la plupart des Spectres auraient parié contre leurs chances de victoire ; plusieurs mises auraient probablement changé de main lorsque la nouvelle de leur retour se sera propagée. Thanatos lui-même n'avait que peu de foi à leur accorder. Cet arbre leur menait la vie dure depuis suffisamment longtemps pour qu'ils aient abandonné l'idée d'en être un jour débarrassés. Et pourtant, c'était bien sa branche qu'il avait sous les yeux - il n'en existait qu'un seul exemplaire. À défaut de pouvoir le détruire, il y avait veillé.

Sa présence aux Enfers était devenue une banalité. Ils avaient accueilli un ennemi mortel en leur sein, puis s'en étaient accommodés. Un état de faits que le pourvoyeur du trépas ne pourrait jamais accepter. Son regard se plissa légèrement. Ce n'était pas qu'il mette en doute leur parole : même dans cet état, l'abjecte aura de sacré qui en émanait confirmait son impression.
Il y avait certes une part de soulagement, mais en même temps une onde de ressentiment pour n'avoir pu lui-même s'en débarrasser. Des Étoiles Terrestres avaient réussi là où ils avaient tant de fois échoué. Sa main se crispa sous le menton qu'elle soutenait, sans que nul autre que lui n'en soit informé. Comme par enchantement, ou plutôt par malédiction, l'Ombre put voir son trophée se changer en poussière avant de choir à ses pieds.

J'ignorais que Minos puisse avoir de si bonnes idées. lâcha-t-il au bout du compte, se renfonçant contre le dossier - l'on pouvait encore lire dans son regard que tout nuage d'humeur n'était pas écarté. Ses paupières finirent par tomber. Vous avez fait du bon travail. Je saurai vous récompenser.

Thanatos s'efforça de se calmer. Cet emportement qu'il sentait battre en lui comme un second coeur de colère n'était pas rationnel. Il ne devait pas laisser ses anciennes pulsions le dominer. Plus que tout autre ou presque, ce végétal touchait tout spécialement sa sensibilité ; c'était ses pouvoirs qu'il contrecarrait. Des éons durant, cette erreur de la nature au sens premier du terme avait contrarié ses plans, enrayés ses projets. Avait, sans mauvais jeu de mot, été une prodigieuse épine dans le pied. Et, si simplement que ça, c'était terminé ? L'emblème de son règne, voilà ce que c'était. Car tout bien réfléchi, quel meilleur signe pour l'annoncer ? La Mort était en marche, et désormais plus rien ne pourrait l'arrêter.

Très bien... Et que souhaites-tu que j'en fasse ? demanda-t-il avec dérision. Son regard se tourna vers Oblivion. Aimerais-tu pouvoir la garder ? Que je la couvre d'or ? Que je la fasse disparaître ? Est-ce là la récompense qui te plairait ? Ou bien as-tu une autre idée ?

Oui, le Spectre du Dullahan devait bien avoir une idée derrière la tête en l'amenant ici. On ne prend pas le risque d'encourir le courroux d'un de ses maîtres juste parce qu'on a quelqu'un à leur présenter. Qu'il ait parlé de loyauté n'était pas anodin - pas plus que le fait que Thanatos n'ait pas adressé la parole à l'intéressée. Qu'importe l'ampleur de ce qu'elle avait réalisé. Pour l'heure et jusqu'à nouvel ordre elle n'était ici qu'en tant qu'invitée de l'un de ses valets. Rien de plus et rien de moins. Autrement dit, son avenir proche était entre ses mains. Et, selon sa réponse, peut-être le seul qu'elle aurait. N'étant pas cruel au point de ne pas lui accorder le temps de la réflexion, il laissa la question en suspens - sans l'oublier pour autant.

Invoque ton Surplis. ordonna-t-il alors qu'il se relevait.
Citation :
Désolé, peu de matière mais comme c'était déjà assez long, j'ai préféré attendre le post suivant pour tout lâcher. En espérant que ça vous conviendra.
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Mar 29 Déc - 17:45
Sous mon masque, je me mords la lèvre pour l'empêcher de trembler et ce n'est que lorsque le dieu s'éloigne que je parviens à respirer plus profondément. À mon retour au Sanctuaire, j'ai appris à apprécier le froid, mais maintenant la sensation est extrêmement différente: elle me dérange plus qu'elle ne me soulage et je ne parviens pas à réprimer mes frissons. Avec raison, probablement, je n'ai pas suivi le geste du Dullahan et pendant qu'il fait son rapport un genou en terre, je reste debout et bien droite à promener mon regard entre les deux. Je ne peux pas me permettre de changer d'idée maintenant, pas rendue au Giudecca devant le supérieur que cherchait peut-être Rogos, mais je revis le dilemme presque malgré moi. Je n'ai pas ma place ici, j'ai tellement lutté pour rester en vie, comment rester de marbre devant la mort à laquelle j'ai échappée?

Car c'est bien ce qui se tient devant nous. Thanatos, dieu de la mort. J'avais raison, il n'est pas Hadès, bien qu'il soit parvenu à me faire douter du contraire pour quelques secondes, mais si c'est le cas pourquoi est-il là? Qu'Hadès ne soit pas présent dans l'immédiat, d'accord, mais c'est bien son trône juste là devant nous? Alors pourquoi... et pourquoi Rogos agit comme si ce n'était rien? Pas besoin d'un dessin pour comprendre qu'il n'est pas bien plus à l'aise que moi... mais qu'est-ce qui se passe pour que ce soit le cas? Je sens à quel point la situation est tendue, mais une partie du pourquoi m'échappe. J'ai l'impression de m'être faite avoir...

Pourtant, le Spectre conte toute notre aventure de façon tout à fait honnête et brosse un portrait sans faute de ma situation: sœur d'une ancienne Spectre tombée au combat, revenue à la vie sans accord, guerrière d'Arès, et j'ai abattu le Sapindus... il va même jusqu'à parler de ma loyauté. Il a raison, avant maintenant je n'y voyais pas de problème et j'avais fait mon choix, mais la présence de Thanatos et son énergie hostile m'ont presque convaincu du contraire. Je dois vraiment faire appel à tout mon optimisme pour ne pas décider de laisser tomber et tourner les talons pour prendre la fuite. Je lui ai déjà échappé, ce n'est pas de quoi partir du bon pied. Et c'est à moi de faire mes preuves. Aussi, quand Rogos a fini de me présenter, je m'incline en baissant doucement la tête, de quoi compenser pour le manque de politesse dont j'ai jusque là fait preuve. Ne pas sentir le regard du Faucheur vrillé sur moi achève de me calmer pour quelques secondes bien trop courtes.

Rien ne dure indéfiniment, après tout. Quand je relève la tête, l'air du dieu de la mort n'a pas changé et il ne semble pas du tout satisfait de l'histoire. Une fois la branche du Sapindus disparue d'entre les mains du Dullahan, il demande au Spectre ce qu'il compte faire de moi, en y ajoutant des propositions qui font à chaque fois courir une nouvelle vague de froid le long de mon dos. Me faire disparaître? Pourquoi c'est ce genre de choix qui ressort? Je recule d'un pas en serrant le manche de la hache sacrée alors que le Dullahan reçoit l'ordre de mettre son Surplis. Quelque chose ne va pas. Le Surplis de Rogos est en morceaux, lui-même n’est pas en très bon état. Qu’est-ce qu’il est supposé en faire?

-Rogos...?

Ma voix est pleine de méfiance alors que par réflexe je me prépare à attaquer. Je commence sérieusement à douter de ses bonnes intentions et je suis prête à agir en conséquent si je m'avère avoir raison. Je n’ai pas accepté de venir jusque là pour me faire tromper… et si c’est vraiment ce qui est en train de se produire, l’un des deux va le regretter toute son existence. Probablement le Dullahan, faute de cible plus... accessible.
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Mar 29 Déc - 21:28
Le Dullahan ne s'était jamais attendu à un quelconque débordement de liesse mais tout de même, pourquoi Thanatos – puisque c'était bien Lui – faisait-Il ce genre de propositions ? Pourquoi cette aversion transparaissait-elle sur Son visage lorsqu'Il regardait en direction de la jeune fille au masque ? Peut-être poussait-Il simplement jusqu'au bout la réaction que le duo de Spectres avait eu en se retrouvant confronté pour la première fois à une ressuscitée ne faisant pas partie de leurs rangs. Le retour à la vie... quelque chose d'absolument contre-nature, qui allait à l'encontre des lois de ce monde, et une arme puissante entre les mains des dirigeants de l'Au-delà. L'emblème de Leur pouvoir à la source d'une armée infinie et de la terreur de l'ennemi, un pouvoir que le Sapindus n'était à présent plus là pour entraver...

Mais plus que de voir quelque chose s'opposer à ce pouvoir, l'infernale éminence ne devait pas apprécier – un euphémisme, faute d'un meilleur terme – que Lui soit présenté un être en ayant bénéficié sans Son autorisation. C'était là une double transgression qui allait plus loin que la violation de l'ordre des choses déjà représentée par une renaissance « ordinaire ». Miracle et abomination n'étaient que les deux faces d'une même pièce, tout dépendait du point de vue, et il n'était guère difficile de deviner celui que la divinité adoptait plus probablement.

Oui, Rogos croyait comprendre l'origine des mots de Thanatos, une pensée incroyablement arrogante qui allait le devenir plus encore, car il était sur le point de prétendre influencer la décision d'un Dieu. Lui aussi avait ressenti un malaise face à cette existence contraire aux règles des Enfers, pourtant il avait choisi de rectifier cette anomalie non de la manière la plus expéditive, mais la plus productive (bien que le fait qu'il s'agisse de la sœur de Prayer ait biaisé son jugement, à quoi bon le nier), et il espérait que le Faucheur en ferait de même.

« À vos ordres. » répondit sobrement l’Étoile Terrestre lorsque son Dieu ordonna qu'il invoque son Surplis. Répondant à l'appel de son cosmos, la sombre protection – qui dans son piteux état actuel tenait moins de l'armure que du puzzle en trois dimensions – émergea de l'ombre de son propriétaire, prenant brièvement la forme totémique du cavalier sans tête, avant que ses pièces ne se séparent pour ensuite recouvrir le Spectre. La scène avait donné l'impression que Rogos se faisait dévorer par sa cuirasse, et c'était plus ou moins ce qu'il se passait : le Surplis moribond semblait vouloir atteindre les plaies recouvertes de bandages striant le corps du Dullahan.

Oblivion n'était pas rassurée. Il n'y avait pas de raison pourtant : si les répliques précédentes de la Mort combinées à cette manifestation spectrale pouvaient laisser croire au pire, elle n'avait rien à craindre de lui. Thanatos n'avait pas besoin de lui pour le débarrasser de la jeune fille s'Il le désirait ; en fait, Rogos était sans doute incapable de la vaincre. Il ne savait pas ce que le Dieu avait en tête, mais il parla sans dévier d'un iota de sa posture de soumission.

« Monseigneur, » commença-t-il sans vraiment savoir quel titre était de rigueur pour s'adresser à la nouvelle plus haute autorité des Enfers, « je pensais qu'il serait plus profitable de restaurer l'ordre des choses en permettant à Oblivion de rejoindre nos rangs. Je ne désire rien pour moi-même, à part de continuer à servir ce Royaume, ce que je ferai avec d'autant plus de zèle si Vous consentez à nous accorder cette faveur. »

Il se demanda s'il n'allait pas un peu trop loin avec cette dernière phrase. Cela ressemblait dangereusement à une condition, or on ne négociait pas avec un Dieu, encore moins quand il s'agissait du Seigneur et Maître à qui l'on devait une allégeance pleine et entière. Tout au plus pouvait-on implorer son Suzerain et espérer que Son bon plaisir l'amènerait à exaucer les prières de Ses subordonnés ; toutefois le Dullahan pensait avoir droit à un minimum de crédit pour ses actions. Ils avaient bravé les dangers d'une quête difficile et accompli un exploit sans précédent après tout. Le Faucheur avait mentionné Minos et en effet c'était bien le Juge qui avait initié les choses mais pour le reste, ils avaient agi par eux-mêmes, le mérite leur en revenait et rejaillissait sur la jeune fille dont la contribution déterminante, même houleuse, ne pouvait être ignorée.

Plaider la cause de l'encore-Berserker n'était cependant pas une tâche que Rogos pouvait accomplir seul. Si elle voulait être acceptée parmi eux, elle allait devoir joindre sa voix à celle du cavalier sans tête, se mettre en avant et prendre en main son propre destin.
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Lun 4 Jan - 5:59
Bonne réponse.

Plutôt que d'exclure les pions de l'échiquier, et pourvu que ce soit possible, il était toujours préférable de les mettre de son côté. D'autant que malgré son aversion naturelle pour cette jeune demoiselle, Thanatos ne pouvait lui retirer un certain potentiel. Au lieu d'en faire un possible danger, mieux valait la conditionner - gagner la loyauté que d'autres n'avaient pas su lui insuffler. Ou pas assez. Si elle devait mourir enfin, pourquoi faudrait-il que ce soit de sa main quand elle pouvait être son bras armé ? Les usages qu'il pouvait en faire ne sauraient manquer. À peine ce songe l'avait-il effleuré qu'il avait déjà pour elle mille et un projets, mille et une idées. Son exil chez les mortels lui avait décidément profité. Il en était sorti meilleur, renforcé - et ce n'était pas près de s'arrêter. C'est connu ; la Mort ne prend pas de congé.

S'il était déjà grand, leur posture agenouillée ne les faisait paraître que plus petits à côté de lui. De noires fourmis œuvrant à la gloire d'un empire ayant dépassé les rêves d'éternité. Car qui pouvait imaginer un monde où les Enfers auraient cessé de tourner ? Personne. Car une telle réalité s'effondrerait au même instant. Il y aurait toujours une place pour eux ; l'univers était ainsi fait. L'importance qu'ils lui donneraient restaient encore à décider. Debout de toute sa hauteur, il les contempla tel un enfant penché sur de petits soldats. Nul doute que les jeux de guerre qu'il leur préparait aurait ravi plus d'un de ces apprentis guerriers - qui peut-être demain marcheraient à leurs côtés.

À les voir ainsi prostrés, il n'était pas sans apprécier l'effet qu'il faisait ; pour l'heure néanmoins, ce n'était pas ce dont il avait besoin. Ce qu'il attendait d'eux, lui seul le savait - et même lui n'en était pas certains. L'ordre des choses ne cessait de changer ; fort heureusement, son petit stage terrestre lui avait appris les lois du marché. D'un pas - un seul - aussi lent que feutré, il revint à leur niveau, paraissant se matérialiser à leurs côtés. Un mode de déplacement dont il était devenu friand et qui, durant ses errances, lui avait cruellement manqué. Au vu de la tension qui régnait, nul doute qu'ils ne seraient pas aussi enclins à la savourer. La nature fauve de son regard erra sur le Spectre du Dullahan - ou plutôt le Surplis qu'il portait.

Rogos du Dullahan. Sa langue claqua contre son palais ; celui de pierre qui les entourait donnait à sa voix une profondeur décuplée. Ta modestie t'honore, mais il ne sera pas dit qu'un de nos vaillants séides ira sans être récompensé. Je t'ai fait une promesse, et je m'y tiendrai.

Une goutte. Deux gouttes. Trois gouttes.

L'entaille apparue au niveau de sa main commençait déjà à se refermer.

Malgré la profonde obscurité qui émanait de la protection sacrée, le pourpre sombre qui s'y était répandu paraissait d'une noirceur inégalée. Comme mis en évidence, il lui conférait une toute autre majesté. De si bas rang qu'elles soient, chacune de ces protections possédait à sa manière une certaine qualité ; une beauté cachée. Et à présent, cette superbe rejaillissait sur chaque esquille de cette coquille brisée. Nulle importance : la créature d'ébène qu'elle abritait en son sein était né. Une splendeur que les Juges eux-mêmes ne sauraient renier. Bien vite, cependant, Thanatos se désintéressa du processus comme si ce n'était que banalité, laissant Rogos être le seul à y assister. Ce moment de gloire, il ne l'avait pas volé.

Lentement, il se tourna vers Oblivion. Tout son être lui hurlait de s'en éloigner. C'était une anomalie, et un tel manquement ne saurait être toléré. Toutefois, il parvint cette fois à se maîtriser, mieux préparé que lorsqu'elle avait fait son entrée. Comment pourrait-il jamais s'attendre à la visite d'un tel paradoxe ? Rien ne vit en elle, et pourtant la vie l'habite. Qui que soit cette Prayer, il aurait des comptes à lui demander. Alors que déferlait sur eux la sombre lumière d'une ascension inopinée, il la sonda des deux éclats d'ambre que contenaient ses orbites. Ce clair-obscur apportait à sa négligence, sa sauvagerie une certaine beauté. Et lui qui croyait que les chiens d'Arès n'étaient bon qu'à être piqués... Quoi de plus normal, avec le nombre qu'il en avait vu passer ?

Relève-toi. réclama-t-il sans ciller, hiver personnifié.

Son regard tomba naturellement sur l'arme qu'elle portait, et que sa main ne tarda pas à venir réclamer. Un instrument de trop belle qualité pour qu'elle l'ait jamais réellement possédé. Elle avait dû la voler - ce que le Dullahan entendait par « ramener ». S'il ne la reconnut pas immédiatement, sa provenance s'imposerait bien vite à lui s'il se donnait la peine de chercher. Ce qui pourrait plus tard leur valoir quelques ennuis, mais peu lui en chalait. C'était un bien beau trésor qu'ils lui avaient ramené. Dès qu'elle relâcha sa prise sur l'objet, l'enfant de la nuit le souleva à la faveur des bougies. Les flammes rouges qu'elles faisaient danser sur sa lame - intacte, malgré l'âpreté de la tâche à laquelle on l'avait attelée - révélaient en elle un infini potentiel.

Tout comme une autre arme qu'il venait juste de trouver.

Par-dessus la froideur de l'acier, il regarda celle que la Guerre avait épargné.

Qu'espères-tu accomplir, en venant ici ? Que comptes-tu trouver ? demanda-t-il sur un ton plus doux que précédemment. L'étrenne d'Humbaba toucha le sol, le pommeau encore au creux de ses doigts, sans qu'il se fatigue à la mettre hors de portée. Ta sœur est morte ; je ne compte pas la ramener. Même ainsi, voudras-tu toujours me servir ? Sa tête pivota vers Rogos. C'est ce qu'il désire, mais toi, quel est ton souhait ?

Il claqua des doigts. Le plafond se désagrégea, et ils furent entourés d'étoiles noires, dérivant à l'épicentre d'une sordide galaxie. Rogos put très clairement sentir la sienne pulser dans sa direction. Au bal de ce soir, l'Ombre serait la plus belle ; quant à l'apprentie bûcheronne, saurait-elle trouver un Cavalier ? Une fois habitué à la pénombre - mais y était-on jamais habitué ? -, l'on pouvait voir que chaque astre abritait une forme grossière derrière la noirceur de ses faisceaux. Celui d'une bien occulte protection. Nombre d'entre eux étaient absents, et c'était pour le mieux ; mais beaucoup n'avaient pas encore trouvé l'élu qui les porterait à la perfection. L'une de ces robes lui conviendrait-elle ? Ou serait-elle forcée de partir, sans même de dignité pour se vêtir ? Tout était question de volonté. Le simple fait de pénétrer dans la salle d'armes des Spectres était déjà un honneur en soi.

— Y'en a-t-il une qui te plait ? lança-t-il d'un air détaché.

Après tout, ce n'était pas comme si son avenir en dépendait.
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Jeu 7 Jan - 22:26
Incapable d’agir autrement, je me relève prestement quand Thanatos m’ordonne de le faire et va même jusqu’à le regarder dans les yeux, bien moins effrayée qu’à mon arrivée. Je sens toujours l’ombre d’une menace sur moi et à mesure qu’il se rapproche, je frissonne de plus en plus sans pouvoir m’en empêcher, mais la curiosité prend le dessus après la récompense à laquelle Rogos a droit et je parviens maintenant à les observer tous les deux, ne cessant de jeter des coups d’œil en direction du Dullahan sans pour autant ressentir la même méfiance… après tout, pour l’instant il ne s’est toujours rien passé et je suis toujours en un morceau. Mon recrutement semble déjà être mieux reçu qu’au début, ce qui me permet de respirer un peu plus librement et de regarder ce qui se passe autour de moi d’un œil nouveau. Après tout, la Mort elle-même a bien des raisons de m’en vouloir, je dois faire tout en mon pouvoir pour lui prouver qu’elle aussi, à son tour, n’a rien à craindre de moi. Dans la mesure où un dieu a quoi que ce soit à redouter d’une simple mortelle.
C’est pourtant à contrecœur que j’accepte de me séparer de la hache pour la lui donner et je garde le silence pendant qu’il l’observe. L’instrument aillant permis la chute du Sapindus, hors de portée sans qu’un seul mot n’aie eu à être prononcé… même si je n’ai pas eu à me battre pour l’obtenir, sans moi nous n’aurions jamais eu à aller la chercher, car elle n’aurait jamais pu servir. Ça doit compter quelque part, et peut-être que je pourrai m’en approcher à nouveau, un jour.

Devant les questions de Thanatos, je me dois de bien réfléchir et je ne réponds pas tout de suite, rassemblant d’abord mes pensées pour donner une réponse la plus claire possible. La véritable raison, je peux difficilement la nier, a été ma peur des Enfers et du châtiment qui m’attendait, je n’ai d’abord accepté de rejoindre les rangs Spectres que pour y échapper, j’ai beau y avoir trouvé une justice un peu plus glorieuse, les faits ne changent pas : je le fais d’abord pour moi, pour qu’on me laisse tranquille, et pour que je puisse avoir le droit de marcher l’esprit clair et sans ce poid constant sur mes épaules, sans être constamment menacée. Pourquoi prétendre le contraire? Je doute que d’autres recrues Spectres puissent avoir de meilleures raisons. La loyauté que recherchent vraiment les Enfers, elle viendra sans doute plus tard. Ce n’est pas tout à fait ce que je souhaite, mais… je n’ai plus rien d’autre à souhaiter.
Cependant avant que je puisse formuler une réponse, il se passe autre chose. Le décor autour de nous change, les murs du Giudecca disparaissent pour laisser place à l’obscurité et soudainement, nous nous retrouvons dans le vide, entourés d’étoiles noires flottant autour de nous… difficile de voir quoi que ce soit, il me faut plisser les yeux pour bien distinguer chaque forme se promenant près de nous, mais au travers des verres de mon masque certaines choses semblent briller d’une très faible lumière violacée… il y a quelque chose à l’intérieur de ces étoiles! Enfin, la plupart cachent quelque chose, mais certaines sont vides, je n’arrive pas à voir exactement de quoi il s’agit. Elles sont toute différentes, et immobiles… quand le Dieu me demande si l’une d’entre elle me plait, je réalise enfin de quoi il s’agit : ce sont des Surplis.

-Oh…

C’est donc maintenant l’heure de vérité. Comment savoir laquelle est la bonne, s’il y en a vraiment une pour moi? Je ne ressens rien, aucune armure ne m’attire plus qu’une autre, même si je sens mon cœur battre de plus en plus vite à la vue des Surplis. Il y en a un, je le sais, mais pourquoi ne se manifeste-t-il pas? Parce qu’aucun ne le veut… ou parce qu’autre chose les en empêche?
L’Anima. Encore. Je serre les poings sans pouvoir retenir ma colère. C’est à cause de cette armure que tout ce mal m’arrive, que je me retrouve constamment repoussée, et je n’en peux plus! Maintenant, je connais ma réponse.

-J’ai voulu fuir les châtiments des Enfers, ça me faisait peur de disparaître alors que j’aurais pu en faire tellement plus… Prayer voulait me ramener à la vie pour que j’espionne les Saints à sa place, mais ça n’a pas fonctionné, j’ai vu le tort qu’ils causaient, ceux qui disparaissaient sans que personne n’en prenne compte, j’ai perdu mon armure et j’ai été chassée… et quand Arès s’est éveillé, j’ai reçu un Anima et j’ai répondu à son appel, pour voir le Sanctuaire tomber comme il l’avait promis, mais ça n’a rien fait! À la place, il m’a donné une armure qui me torture encore, qui m’a fait changer pour le pire et quand les Spectres sont venus me chercher, il n’a rien fait!

Je n’aurais pas dû revenir à la vie, l’idée de Prayer ne pouvait pas fonctionner… mais j’ai voulu y croire, et j’ai suivi sans poser de questions en pensant que c’était pour le mieux. Je ne peux plus être aussi aveugle, je veux faire payer ceux qui m’ont fait ça!


J’aurais pu continuer longtemps, mais une douleur sourde me prend au niveau du cœur et un long frisson remonte le long de mon dos, j’ai la très forte impression d’être observée. Je me retourne sans comprendre et mon regard se pose tout naturellement sur une des étoiles sans pouvoir m’en détacher, le sang bat douloureusement dans mes tempes mais je continue de fixer sans pouvoir regarder ailleurs. J’ai comme un drôle de sentiment que je n’arrive pas à expliquer, mais la lumière autour de ce Surplis en particulier devient plus forte par moment, sorte de soubresaut… qui ralentit et accélère, au rythme de ma respiration… ou plutôt de mon pouls? Oui, c’est exactement ça! Nous allons au même rythme… une autre armure m’appelle déjà… En levant doucement le bras, je la pointe, ressentant un peu plus d’excitation et, qui sait, d’espoir, à l’idée de pouvoir réussir cette épreuve. Finalement, un léger bourdonnement me parvient, rien de plus qu'un murmure.

-Celle-là…! Je peux l’entendre!

Et maintenant? Je sens cet espèce de contact entre nous deux, mais rien de plus. L’intrus en moi prend déjà trop de place et s’il ne veut pas lâcher prise, qu’est-ce qui va se passer? Je fais un pas hésitant devant moi, puis un autre, vaine tentative pour m’approcher de ce surplis qui pourrait être le mien. Je ne me laisserai plus avoir par mes attentes, par mes espoirs… Pour aller de l’avant, je vais me battre, sans y penser, sans perdre de temps à m’arrêter.
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Ven 8 Jan - 12:34
Rogos fut étonné d'entendre le Dieu accéder si rapidement à sa demande. Mais réalisait-Il véritablement le souhait de Son serviteur, ou cela avait-il été Son intention tout du long ? Tout cela n'était-il qu'un test, une manière pour la Mort de jauger Ses guerriers ? Dans l'impossibilité de connaître les ineffables desseins de Thanatos, le Dullahan devrait se contenter d'un « peut-être » et se dire que le reste n'avait plus d'importance, puisqu'il obtenait ce qu'il voulait... Et même plus encore.

Le Dieu se déplaça instantanément pour revenir auprès de Ses visiteurs, paraissant tout bonnement ignorer l'espace qui les séparait. Quoi de plus normal, comment pouvait-on raisonnablement espérer garder la Mort à l’œil, quelle sorte de fou pourrait croire que quelque chose d'aussi futile que la distance Lui importait ? À bien y réfléchir, il n'y avait rien de plus approprié... et pourtant cette évidence qui s'imposait à l’Étoile Terrestre, cette réalité indéniable qu'il était fait pour servir de tout son être le terrifiait. Spectre ou pas Spectre, il était un humain à l'origine, une créature vivante dont la nature-même le condamnait à ce malaise, et ce quels que soient ses efforts pour s'élever au-dessus de cette condition et embrasser pleinement les idéaux de l'Au-delà. La tétanie du Dullahan se renforça encore lorsqu'il reçut le cadeau du Faucheur ; il ne L'avait pas vu s'entailler la main, l'impact des trois gouttes de fluide vital lui fut à peine perceptible... ce ne fut toutefois pas le cas des répercussions de ce geste.

Alors que les mots de Thanatos résonnaient toujours dans ses oreilles, le Surplis du cavalier sans tête relâcha subitement la pression qu'il exerçait sur ses blessures. La ténébreuse armure, mise au contact d'un mets incomparablement plus délectable que le pauvre sang de son porteur, absorba ce divin nectar avec la même absence de modération qu'un assoiffé se gorgeant de l'eau d'une oasis après une interminable errance dans le désert. L'effet fut aussi spectaculaire qu'immédiat : les fissures de l'infernale protection se résorbèrent entièrement, effaçant toute trace des outrages infligés par Humbaba et la Guerre Sainte. Les choses ne s'arrêtèrent pas là : l'obscur métal se liquéfia par endroits, changea de forme puis se re-solidifia, dévoilant un Surplis plus intimidant, plus sombre, aux pointes plus acérées, à la surface maintenant garnie de quelques motifs ornementaux là où elle n'avait été que strictement fonctionnelle par le passé. L'ensemble recouvrait son propriétaire des pieds à la tête sans dévoiler la moindre ouverture, enfermant le Spectre dans le symbole de sa fonction.

Mille pensées se bousculaient dans sa tête, il aurait voulu hurler. Rhadamanthe lui avait déjà offert son sang pour réparer son armure et il n'avait pas su se montrer à la hauteur. Méritait-il un présent plus précieux encore ? N'était-ce pas du gâchis d'élever ainsi un serviteur aussi inepte, qui avait perdu tous ses combats sans exception, y compris quand il avait fallu venger ses camarades ? Wolgorn ne devrait-il pas également être récompensé ? Mais d'un autre côté il était heureux comme il ne l'avait jamais été, se surprenait à espérer qu'il serait capable de démontrer sa valeur à l'avenir... Mais ce qui venait d'être fait ne pouvait être défait, et les voies divines étaient impénétrables.

La Mort en avait terminé avec Rogos, aussi l'expression de son infinie gratitude se limita-t-elle à un mutisme reconnaissant. Le moment appartenait maintenant à Oblivion et au fils de Nyx, il ne devait pas perturber leurs échanges. Muré dans le silence, il se fit une promesse en son for intérieur.

« Sur le champ de bataille mon palmarès est un désastre et pourtant, le Seigneur Thanatos m'a fait ce don. Je dois honorer cet uniforme ; si je n'en suis pas digne, je dois le devenir. »

Il recentra son attention sur le Dieu juste à temps pour Le voir invoquer tout un lugubre firmament d'étoiles inversées, qui buvaient la lumière au lieu de l'émettre. La pièce avait disparu, les mortels et l'Immortel semblaient à présent dériver dans le vide intersidéral. À part eux, les astres sinistres étaient les seuls points de repère dans ce néant ; la majorité d'entre eux révélaient une forme noire, prisonnière de leurs entrailles, tandis que les autres étaient vides. Le Spectre inférieur avait l'impression d'être face aux œufs ou aux cocons de monstruosités hantant les profondeurs du Cosmos, mais il s'agissait de Surplis inactifs, attendant un maître... ou une maîtresse.

Son Étoile Maléfique à lui se trouvait ici, réagissant à sa présence : elle avait l'air de vouloir disparaître, sans cesse cachée par d'autres astres moins discrets au gré d'une orbite capricieuse. Quant à cette grande étoile près de laquelle elle gravitait, irradiant force et fureur, qui représentait-elle ? Un Juge, ou bien le Bourreau ? Curieuse perspective, mais le Dullahan s'en détourna, résistant à l'envie d'examiner plus avant les sombres constellations. La jeune fille au masque répondait enfin aux interrogations du Faucheur, dévoilant tout ce qu'elle avait sur le cœur, son histoire, ses sentiments, ses motivations. L'ampleur de ses griefs était grande, sa voix était chargée d'émotion et à la fin de son monologue, elle se tut brusquement. Quelques instants plus tard, Rogos la vit s'avancer lentement, annonçant que l'un des Surplis l'avait sans doute choisie.

Enfin ! C'était la dernière épreuve avant l'avènement d'une nouvelle guerrière infernale, et le cavalier sans tête ne put s'empêcher d'avoir cette pensée peut-être prématurée :

« Bienvenue parmi nous... »

Et puis l'inquiétude s'installa. Pourquoi cette démarche si peu assurée ? D'où venait cette inquiétude ? Qu'est-ce qu'elle avait voulu lui dire plus tôt à propos de son Anima ?

« Oblivion, qu'est-ce qu'il se passe ? »
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Ven 15 Jan - 8:06
Son regard bascula vers Rogos lorsqu'il reprit ses esprits. Celui-ci semblait avoir survécu à l'opération. Bien, il n'en attendait pas moins. Le Sang de la Nuit était puissant - peut-être trop pour son propre bien ; de là venait en partie le fait qu'il se refuse d'ordinaire à le confier. Cela et la fierté voulant qu'il garde jalousement tous ses secrets. Mais si elle n'appartenait pas au passé, du moins n'était-elle plus au premier plan. Si c'était là le prix à payer pour renforcer leurs armées, qui d'autre pourrait s'en acquitter ? Oui, il allait lui falloir mettre son orgueil de côté pendant quelques temps ; jusqu'à ce qu'ils redeviennent ce qu'ils n'auraient jamais dû cesser d'être.

Jusqu'à ce que le monde réapprenne à craindre la Mort.

Il y avait toujours un risque. Le risque que le destinataire ne supporte pas le gain de puissance et soit pulvérisé. Rayé de l'existence sans qu'il puisse le ramener. Plus que tout autre, les Spectres étaient liés à leur protection : les transcender de la sorte renégociait les termes du contrat. Rogos s'en était sorti, et ne saurait probablement jamais à quoi il avait échappé. Ce n'était pas que Thanatos lui fasse une confiance aveugle - plutôt qu'il en voie la nécessité. Celle de s'entourer de serviteurs dévoués. De les rallier à sa férule. De se donner les moyens de reconquérir la place qu'ils n'auraient jamais dû quitter.

N'aie crainte. Ton compagnon recevra son dû en temps voulu.

Si c'était au départ sa volonté, le même cadeau ne serait en effet d'aucune utilité. De ce qu'il pouvait en ressentir jusqu'ici, le Bourreau s'était très bien débrouillé par lui-même pour offrir à son armure une nouvelle jeunesse. Qu'importe. Aussi impitoyable qu'il soit, Thanatos savait aussi reconnaître les mérites des uns et des autres quand il le fallait. Oui, il serait récompensé à la hauteur de son investissement - lequel n'avait rien à envier à celui de son comparse ici présent. Il trouverait bien une médaille qui lui convienne à lui aussi ; ce n'étaient pas les idées qui manquaient.

Parlant de présent, le Dullahan avait l'air d'apprécier le sien, même s'il avait encore du mal à se faire à l'idée. Cela viendrait. Le fils de Nyx ne se souvenait pas avoir jamais eu à faire à quelqu'un chez qui le goût du pouvoir peinait à s'installer. Se retrouver catapulté du rang de simple Étoile Terrestre aux abords de celui de Juge avait de quoi bouleverser ses repères. L'heureux élu n'avait certes pas brillé jusque là par son palmarès ; cependant, son nouveau maître avait bon espoir que cette impulsion de sa part viendrait inverser la tendance. Le cavalier sans tête serait-il à la hauteur de sa légende ?

Son attention se reporta sur Oblivion.

Empreinte de fascination, cette dernière prenait le temps de scruter chaque Surplis qui se présentait à elle - de choisir celui qui lui conviendrait le mieux. Une chance que bien peu pouvaient se vanter d'avoir eu : c'étaient généralement les armures qui avaient le choix du porteur, non l'inverse. Une règle d'autant plus valable au sein des Enfers, où elles inséraient leur Étoile Maléfique dans le corps de leurs candidats respectifs. Leur âme devenait alors le terreau qui leur permettrait de briller plus intensément que jamais - de répandre sur le monde une lumière noire.

L'apprentie amazone dompterait-elle cette autre facette qui allait s'imposer à elle, ou serait-elle dévorée ? Tant de questions en suspens... Enfin, elle parut trouver chaussure à son pied - fourreau à la lame qu'elle prétendait incarner. Mais peut-on vraiment parler de fourreau, quand même celui-ci est aussi acéré ? La faisant venir à eux d'un hochement de poignet, le Pourvoyeur du Trépas fit courir son index sur ce qui deviendrait le casque de cette carapace une fois portée.

Je te présente le Surplis de la Mante Religieuse, de l'Étoile Terrestre de la Rage. Le métal froid parut s'animer légèrement à son contact. Cela fait bien longtemps qu'il n'y a plus eu de peau humaine pour la porter.

Pensait-elle avoir ce qu'il faut ? Le temps le leur dirait. Un pas de plus, et... Pas qu'elle ne fit jamais. Non pas par peur mais par douleur. Le Faucheur n'avait pourtant souvenir d'aucune blessure à la surface de son anatomie. Soudain, son regard se fixa sur le collier qu'elle portait - car il n'était pas que cela. Jamais il n'aurait pensé qu'une si petite chose soit capable d'engendrer autant de dégâts. Surtout dans son état.
S'il ne l'avait pas détecté jusqu'alors, c'était tout simplement parce que la force qui l'animait était déjà à l'agonie. Sans cela, jamais il ne l'aurait laissée entrer. Seules la rage et la férocité le maintenaient encore en vie, plantant ses griffes dans l'esprit qu'il avait porté jusqu'ici. Il n'irait pas plus loin. C'était dans l'ordre des choses, après tout : les conflits entre dieux ne consistaient-ils pas à qui casserait le premier les jouets d'autrui ?

Prestement, sa main se leva dans sa direction.

Ton maître est mort. Il temps pour toi de le rejoindre.

Un éclair illumina brièvement la salle d'armes, faisant danser sur les Surplis des reflets améthystes. À peine l'eut-il effleuré que le bijou commença à se désagréger, comme le Sapindus avant lui. Bientôt, l'objet ne fut plus que cendre et rouille, s'écoulant des épaules d'Oblivion comme un sable coloré. Dès que le dernier grain eut touché le sol, une bourrasque - réelle ou non - les dispersa aux quatre coins de cet espace artificiel. Une bonne chose de faite. Arès aurait préféré l'exécuter lui-même que de voir un Anima en si triste état. Qu'elle ait pu lui survivre était déjà une erreur en soi.

Ce ne devrait plus être un problème, à présent. fit-il en se massant le poignet.

Il n'y avait pas de raison d'être surpris. N'était-il pas le Dieu de la Mort ? Qu'y aurait-il d'étonnant à ce qu'il puisse tuer une armure ? Elles vivaient, elles aussi - du moins jusqu'à ce qu'il vienne prendre son dû. Celle-ci au moins ne risquait pas d'être un jour ressuscitée - il doutait de toute façon fort que sa maîtresse - sa captive - l'aurait souhaité. Ses deux adeptes revinrent au centre de son attention - puisqu'elle était vouée à le devenir, autant considérer Oblivion comme telle dès à présent. Plus rien ne la séparait de ce destin désormais - rien que ses propres démons, ses propres secrets, peut-être bien.

Malgré son mouvement de recul initial vis-à-vis d'elle, la jeune femme pouvait bien être une opportunité ; contrairement à ceux qui l'avaient ramenée, elle n'avait pas connu le règne d'Hadès - serait moins prompte à remettre en cause son autorité. Bien entendu, nul ne s'était risqué à le faire ouvertement - mais quand il l'apprendrait, il faudrait quelqu'un pour les châtier. Et nul doute que s'il le ferait dans un premier temps, s'en occuper le lasserait bien assez tôt. Qui sait ? L'ex-Sainte, ex-Berserker serait peut-être son bras armé. À condition de ne pas être les prochains contre qui elle se retournerait.

Je reconnais bien là les Saints, prompts à s'attirer les foudres même de leurs propres alliés. fit-il, reprenant la conversation comme si de rien n'était. Sans crier gare, sa main revint au niveau de sa tête, à l'exacte lisière entre sa peau et l'ultime bouclier derrière lequel elle cachait ses plaies. Se cachait de ce qu'elle était en vérité. Nous leur donnerons des raisons de le regretter. Mais sois sûre de ce que tu fais, car la voie dans laquelle tu t'engages ici n'a pas de sortie. Les serments que tu as rompu t'ont fait promettre de servir jusqu'à la mort ; les nôtres vont au-delà. Si tu y es préparée, et bien... Il toisa la Mante Religieuse avec un sourire matois. Tu sais ce qu'il te reste à faire. Le Surplis semblait porter vers eux son regard globuleux. N'aie pas honte de ce que tu es. Car celle qui craignait ce qu'elle est devenue périt aujourd'hui.

Et les masques de tomber.
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Dim 17 Jan - 3:19
L’hésitation, bien qu’honnête, ne me sauve pas: après avoir rendu mon intention très claire, je sens l’anneau autour de mon cou se serrer subitement et une vague de douleur me traverse tout le corps comme un choc électrique. Je porte prestement la main à ma gorge, incapable de respirer et les yeux écarquillés de frayeur. Ça recommence, encore…! Je peux entendre mes os craquer sous la pression, la voix de Thanatos me semble bien trop lointaine, et soudainement un flash m’aveugle. La seconde d’après, un grand froid me parcoure, je ne peux que m’attendre au pire, mais il n’en est rien. Au contraire, non seulement je sens le collier maudit me relâcher, mais c’est comme si j’avais porté tout le poids du monde très longtemps et que d’un seul coup, on le retirait de mes épaules. Comme si, tout ce temps, on m’avait laissé un couteau planté dans le corps et qu’il avait finalement été enlevé. Je prends une grande bouffé d’air qui entre dans mes poumons avec la force d’un ouragan et commence à me reprendre mes esprits. Ce n’est que se sentir plus forte, ou se sentir mieux… c’est plus que ça. Je me sens libre.
J’effleure mon cou du bout des doigts et je reste pétrifiée par la surprise. L’anneau n’est plus là. Tout ce qu’il reste, c’est quelques petits résidus de métal noir. En reprenant mon souffle, je lève les yeux pour regarder le Dieu de la Mort avec fascination, mais aussi avec un peu de doute. C’est vraiment fini? Après tout ce que l’armure rouge m’a fait endurer… je suis enfin libre? J’ai peine à y croire, mais je le ressens jusqu’au plus profond de moi, c’est vraiment arrivé, l’Anima n’est plus. Pour la première fois depuis ce qui semble être des années, il n’y a que moi, et personne d’autre. Et encore, ça ne durera que quelques secondes, au plus.

-Elle… Comment…

Je n’ai rien senti du tout, si ce n’est qu’un immense soulagement en sentant l’Anima me quitter pour de bon. Pas de douleur, ni de malaise, rien. Vu comment elle s’est imposé à moi, c’est étonnant que sa mort ait été aussi facile… Même si je le sais qu’elle ne reviendra pas, une partie de moi ne parvient toujours pas à s’y faire et craint encore les représailles. Ça se dissipera avec le temps, je suppose.
Aussi vite que c’est arrivé, nous passons à autre chose. Je reporte mon attention sur le Surplis que j’ai choisi, ou qui plutôt s’est imposé à moi d’une façon des plus subtiles. On ne choisit pas son armure, jamais, il ne m’a fallu qu’attendre et le reste n’était qu’une mascarade pour faire passer le tout comme un choix. L’Étoile Céleste de la Rage… quelle ironie. Voilà donc où ce long voyage m’a mené, à un Surplis portant mon nom et, il parait bien, mon image.

* Tu ne connais pas la rage. C’est la seule chose qui soit vraie, le reste, c’est que des mensonges pour plaire aux autres. Le reste, ça existe pas, on fait semblant, on s’invente des émotions, mais à la fin, la colère prend toujours le dessus et te force à faire la chose à faire depuis le début.*

La chose à faire… me venger. Réparer tous les torts qui ont été causés, remettre de l’ordre là où tout a dérapé, et m’assurer que cette fois, ceux qui devaient tomber n’aient jamais la chance de se relever. Ma situation a été régularisée, je suis revenue là où j’aurais dû rester, justice a été rendue pour moi, et maintenant il faut passer à la suite. Je ne m’arrêterai pas là. Ma rage, je la vivrai jusqu’au bout.
Les paroles du Faucheur semblent refléter cette pensée, et il me semble que c’est peut-être là la fin de notre échange, mais à ma grande surprise, il va un peu plus loin. Mon cœur cesse de battre pendant quelques secondes quand il porte sa main à mon visage, et quand je sens ses doigts se refermer sur mon masque ma réaction est instantanée.

-Non!

Pas ça! Pas en sachant ce qui se cache derrière! Je ne sais pas si la disparition de mon Anima me permettra de guérir complètement un jour, mais pour l’instant, je sais à quel point mon visage est hideux, et jamais je n’aurai le courage de le montrer à qui que ce soit. Moi-même, je ne l’ai jamais vu, ma mauvaise vue ne me l’a jamais permis, mais je le sens dans chaque brûlure et dans le dégoût des gens, et sachant comment j’étais avant… je ne peux qu’avoir honte. Je ne peux pas accepter que la nouvelle moi, ça doit être ça.
Mais c’est inévitable, et le masque est retiré de mon visage. Je recule avec un sursaut en remarquant que malgré son absence, je peux voir correctement, mais le réflexe qui vient juste après est celui de baisser la tête pour ne pas me montrer. Je redoute sa réaction… ce n’est pas quelque chose que je souhaitais montrer, crainte ou non. Je serre les poings toujours sans oser regarder devant moi, contrôlant mal ma respiration.

-Je n’ai jamais voulu être comme ça. Ça n’aurait jamais dû être, mais… ils ont voulu faire de moi un monstre…

Ma voix faiblit jusqu’à n’être qu’un grondement, bas et rempli de haine.

-Alors je vais le leur donner. Ça ne m’arrêtera plus jamais.

Le « ils » est des plus vagues, mais le message est clair : ceux qui m’ont fait du mal vont le payer cher. J’ai été blessée sur tous les plans, j’ai été trompée et j’ai été abandonnée, et maintenant j’ai du chemin à faire pour leur rendre la pareille. J’ai été reléguée au rang de traitresse quand l’armure de la Lyre m’a abandonnée, sans le masque de Prayer je n’aurais probablement jamais rejoint Sparte, où on m’a laissé partir aussi facilement que l’on m’y a fait entrer. Pourquoi, au final? Pour amuser, pour offrir quelques bons combats à une foule en délire. Je n’avais pas ma place là-bas et personne n’a jamais tenté de me prouver le contraire. Et pour couronner le tout, j’ai eu droit à un Anima maudit, qui menaçait de me tuer et s’était prouvé capable de contrôler mes mouvements. Fut un temps où j’étais capable de tout pardonner, où je croyais aux bonnes intentions et aux erreurs. Plus maintenant. J’aurais dû laisser ma rage prendre le dessus depuis longtemps, m’imposer plutôt que me faire toute petite, surtout quand j’avais le pouvoir d’être respectée comme une vraie guerrière, plutôt qu’appréciée comme une simple fille avec un joli sourire… et maintenant, je vais être crainte. Je suis sure que moi aussi, je peux prendre beaucoup de plaisir à voir les gens souffrir.

Le murmure de l’armure devient plus fort et en redressant la tête, je ferme les yeux pour me concentrer. Comme si je m’étais préparée à ça toute ma vie, je tends les bras devant moi et le bout de mes doigts traversent l’étoile noire pour se poser sur le métal de l’armure. Malgré l’astre qui l’entoure, je ne ressens que du froid, et l’énergie qui en découle comme un choc électrique. La suite, selon le Bourreau, sera sans doute bien moins plaisante… mais sans me donner la chance d’y penser, je l’appelle à moi comme je l’aurais fait avec mes autres armures.

J’ouvre les yeux à temps pour voir le Surplis disparaître dans un flash et une fraction de seconde plus tard, je la sens s’installer en moi. Ce n’est pas l’armure rouge d’Arès, mais ce n’est pas une partie de plaisir…
Ma peau commence à brûler, comme si un millier de lames de verres me coupaient toute en même temps et j’ai l’impression que tous mes organes se contractent et s’enflamment en même temps. Mon cosmos augment considérablement, ma bouche se remplit de sang, mon cœur semble avoir cessé de battre, je ne parviens pas à retenir un hurlement de douleur mais après ça… plus rien. La brûlure est devenue une vague chaleur, la douleur disparait et je me sens des plus calmes, au repos tout simplement… seul ma langue me dérange, un léger picotement après l’avoir mordu, mais d’une minime étincelle de cosmos je me débarrasse de cette inconfort. Je baisse les yeux et une vague de joie malsaine me parcoure en voyant ma nouvelle armure, ma nouvelle amie et mon nouvel instrument de vengeance. Le Surplis de la Mante Religieuse me va bien mieux que les autres armures que j’ai portées. Je ressens sa puissance, ma puissance, mais aussi un infini sentiment de satisfaction : c’est ce qui devait être. Qui aurait toujours dû être.

L’épreuve n’aura duré que quelques secondes, un record. Je me tourne vers Thanatos, le regard brillant de gratitude, et lentement pose un genou à terre pour m’incliner.

-Je ne pourrai jamais assez vous remerciez, Seigneur Thanatos. Je saurai vous servir au-delà de la mort, s’il le faut, et je ne vous faillirai pas.

[HRP: Bon ça commence à être long et prendre du temps donc je vais couper court. Voilà. '^']
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Dim 17 Jan - 17:13
À présent simple spectateur, le cavalier sans tête observa religieusement le déroulement des événements. L'enfant de la Nuit avait révélé l'astre maléfique qui présiderait désormais à la destinée de la jeune fille au masque... et quel astre ! Une Étoile Céleste, rien de moins ! Au vu de la puissance déployée par Oblivion au cours de leur voyage, Rogos s'était demandé plus d'une fois s'il n'était pas en train de recruter une future supérieure, mais il ne s'attendait pas à avoir raison. Quant au titre qui accompagnait son rang, il prouvait qu'on n'échappait pas si facilement à qui l'on était vraiment, malgré les protestations et crises de nerf qu'elle leur avait fait subir. Rage Finnegan... la première fois qu'il avait entendu ces mots, il s'était demandé quel genre de parent pouvait bien affubler sa progéniture d'un tel nom. Rétrospectivement, le choix de ses géniteurs s'avérait prémonitoire : ils avaient parfaitement capturé la nature de leur fille...

Sauf que l'Anima ne relâcherait pas la sœur de Prayer sans se battre, il le comprenait maintenant. Elle était moins la porteuse de l'armure rouge que sa captive, et cette dernière refusait de la laisser filer. Cette lutte était cependant futile face au pouvoir de Thanatos, incarnation de l'Ultime Réalité : la protection des guerriers d'Arès fut réduite en poussière, apportant la preuve de la supériorité de la Mort. D'un geste, Il la délivrait de ses chaînes, la laissant libre de passer à Son service.

Enfin, plus rien ne s'opposait à l'avènement de la nouvelle Spectre, la noire cérémonie ne serait plus interrompue. Comme pour signifier qu'elle Lui appartenait à présent, Thanatos retira son masque à Oblivion, déclenchant son affolement. Rogos n'était pas sûr de vouloir regarder, non pas parce qu'il était trop sensible mais parce que la Chauve-Souris avait déjà évoqué l'état du visage de sa grande sœur et que cela lui suffisait amplement, il n'y avait pas lieu de chercher à satisfaire une quelconque curiosité malsaine. En sa qualité de Spectre, n'était-il pas d'ailleurs censé faire fi des apparences physiques et ne se préoccuper que de l'âme d'un individu ? Cette âme qui s'exprimait au travers d'un discours plein de détermination et de promesses de revanche ?

Cette détermination avait terminé de ne s'exprimer qu'en paroles. Après une attente bien trop longue, l'ex-Sainte, ex-Berserker prit possession de son Surplis, et le Surplis prit possession de sa maîtresse. Sa renaissance en tant que Spectre eut beau ne pas être longue, elle ne fut pas non plus de tout repos : Rogos dut se retenir de se porter à son secours lorsqu'il l'entendit crier. Était-ce l'armure sombre qui purgeait en elle les dernières traces de l'influence d'une divinité concurrente ? Le Dullahan l'ignorait, sa propre protection ne l'ayant jamais fait souffrir à ce point. Heureusement, Oblivion émergea de l'épreuve sans séquelles apparentes, parée des atours des serviteurs de l'Au-delà.

« Bienvenue à l’Étoile Céleste de la Rage. » la félicita Rogos en s'inclinant. Sa voix était maintenant empreinte du formalisme qu'il se devait d'adopter vis-à-vis d'une Spectre plus gradée. « J'espère que vous vous plairez parmi nous, et que nous ferons du bon travail ensemble. » poursuivit-il, complétant ses vœux.

Cet instant marquait la vraie fin de leur quête : il avait rempli tous ses engagements envers Minos et envers la jeune fille, il était allé rendre hommage au Maître des Enfers... Dépourvu d'une tâche à accomplir, la motivation qui avait soutenu l’Étoile Terrestre s'estompait, et la fatigue le rattrapait.

« Merci encore, Monseigneur. Je peux Vous assurer que Wolgorn aura également à cœur de bien servir les Enfers. Avez-Vous une autre mission à me confier, autre chose à me demander ? Si non, je requiers humblement Votre permission de me retirer... » conclut le Spectre exténué. Même l'obscur spectacle des Surplis rassemblés n'allait pas l'empêcher bien longtemps de s'écrouler sur place si cela continuait.

HRP : Plus rien à dire...
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Sam 6 Fév - 22:27
Dire que la jeune fille était soulagée aurait été bien en-deçà de la vérité : on aurait cru que l'on venait de lui enlever des épaules le poids du monde, de l'univers entier. L'enfant de la Nuit ignorait de quoi les protections d'Arès étaient faites, mais de toute évidence leurs porteurs ne les appréciaient jamais tant qu'au moment de les quitter. Au moins n'avait-elle pas à craindre que celle-ci revienne à la charge ; si son maître voulait la récupérer, il lui faudrait tout d'abord collecter la cendre spatiale que Thanatos en avait fait. Et pour parvenir jusqu'ici, il faudrait déjà que l'enfant terrible de la fratrie olympienne sorte de la tanière où il était parti se terrer.

Et dire qu'à une époque, les Enfers lui avaient justement tenu lieu de repaire... Un droit d'asile qu'il ne se permettrait plus de redemander en l'absence de son oncle bien-aimé. Ce qui n'était pas pour déplaire à Thanatos, qui ne l'avait jamais tant aimé - peut-être parce qu'ils avaient plus en commun qu'il ne voulait bien l'avouer. Sans son masque, celle connue sous le nom d'Oblivion parut aussi désemparée que si on venait de la priver d'oxygène. Thanatos ne fit pas un geste pour le lui rendre, cependant : elle devrait apprendre à vivre sans.

Alors qu'elle s'accoutumait peu à peu à son absence, l'armure se présenta comme un substitut, achevant de s'en approcher ; il sentit le lien télépathique se tisser entre elles. Les choses suivaient leur cours comme elles le devaient. Il aurait dû en être ainsi depuis longtemps. Cela lui aurait peut-être évité de devenir une aberration. Que se déroule la grande catastrophe à laquelle son existence devait aujourd'hui se résumer. Son faux visage à la main, le Faucheur laissa son rituel suivre son cours, son rôle réduit à celui d'un observateur. La protection s'adapta à elle comme si c'était la première qu'elle ait jamais portée.

Je n'en attends pas moins. souffla Thanatos une fois que son serment eut été prononcé.

Après avoir présenté ses respects, Rogos demanda à se retirer. L'espace d'un instant, Thanatos hésita à soigner ses blessures avant de se raviser. Son état précaire était sans l'ombre d'un doute dû à une défaillance dans le cycle de résurrection - un défaut qu'il s'employait à corriger. Non seulement se renforcerait-il en les endurant, mais de par leur provenance, il avait en outre des raisons d'en tirer une certaine fierté. Les gommer serait porter atteinte à son honneur de guerrier - et élevé à sa station actuelle, n'en avait-il pas besoin plus que jamais ? Son attention revint sur lui pour quelques instants.

Tu peux disposer, fit-il à l'Ombre - une Étoile qui, tant par sa nature que du fait de ce qu'elle représentait, lui était étrangement liée. Dis à ton camarade de venir me voir lorsqu'il aura décidé de ce qu'il voudrait. Je ferai ce qui est en mes moyens pour l'exaucer.

Rassemblant ses maigres forces, le Spectre nouvellement promu se retira sans demander son reste. Pas toi, dit-il à Oblivion, au cas où faire de même lui serait venu à l'idée. Il n'y avait plus d'animosité dans sa voix ; se montrant digne de son rang, le fils de Nyx s'était rendu maître de lui. Pour autant, la créature que ses dévoués servants lui avaient rapporté ne cessait de l'intriguer. Qu'elle soit l'une des leurs à présent ne lui donnait que de plus amples opportunités de l'étudier. Avec délicatesse, il lui releva le menton pour la regarder en face, et fit courir ses doigts sur les stigmates qu'elle portait.

Il n'y avait aucun dégoût dans ce geste, bien au contraire : s'il avait fallu lui attribuer un sentiment, c'aurait plutôt été la fascination. Peut-être était-ce à mettre sur le compte de la scène à laquelle il venait d'assister, la naissance d'un Spectre étant l'une des rares choses à susciter chez lui un semblant d'émotion. Avait-elle vraiment cru que si peu suffirait à le repousser ? Si la Mort avait maints facettes, bien peu d'entre elles étaient belles à proprement parler. La plupart rivalisaient de disgrâce et d'horreur, sans qu'il n'ait pour autant besoin de s'en mêler. Se penchant sur elle, il observa ces fissures dans sa chair de plus près, enveloppant de son ombre celle qu'elle venait de devenir de son plein gré.

Je pourrais les faire disparaître. Son pouce caressa ses lèvres. Te rendre plus belle que tu n'as jamais été. Tu n'aurais plus besoin de te cacher. Est-ce ce que tu voudrais ? Revoir dans le miroir cette enfant innocente à qui l'on t'a arrachée ? Sa main s'éleva dans les airs, le forçant à la relâcher. Apparut alors l'image d'elle-même en tant que Chevalier d'Argent de la Lyre, fenêtre ouverte vers le passé. Alors qu'il refermait lentement le poing, la scène se dissipa. Il regarda le masque qu'il tenait entre ses doigts. Ou es-tu prête à arborer fièrement ces cicatrices ?
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Dim 14 Fév - 21:35
Trois armures, et pourtant trois histoires tellement différentes... je ne voulais pas l'armure de la Lyre, je l'ai prise sur le lit de mort de mon raté de maître parce que c'est qui aurait toujours dû être, après les mensonges et les faux espoirs, et parce qu'elle m'a choisie. Mais avec la justice était venu le remord: ma colère m'a éveillée à cette destinée, mais à quel prix? Il n'y avait pas grand chose à faire pour Oblivion, même avec mon aide il était déjà mort. Mais je semblais tellement dans le tort à ce moment là...Qui n'a jamais souhaité une vie différente? Malgré tout j'aimais cette armure, jusqu'à ce que tout dérape... et qu'au moment où j'avais le plus besoin de sa lumière, elle m'abandonne. Tant de mensonges, de cachotteries, de trahisons... et tout ça pour quoi? Pour partir en guerre, pour la gloire personnelle des plus hauts placés. C'est pour ça que justice n'a jamais été rendue. Pour moi, pour Sargas, pour tous ceux qui n'ont pas eu la chance de tomber juste sous les yeux d'un chevalier assez important.
J'aurais voulu croire que l'Anima transformerait cette haine redécouverte en force, qu'elle fasse de moi une nouvelle personne n'ayant pas besoin de poursuivre un idéal de justice, qu'elle me permette de m'abandonner pour ne plus jamais avoir à y repenser mais... elle ne m'a pas renforcée. Elle m'a exploitée, torturée, et quand il a fallu me ramener aux Enfers c'est là que je suis redevenue sa précieuse possession. À Sparte, j'étais objet de spectacle, j'y ai découvert une soif de sang que je n'avais ressenti avant, et j'en ai aimé chaque seconde... jusqu'à ce que le désespoir me rattrape. J'étais encore une victime, un objet quelconque. Plus maintenant. J'ai compris ma place, l'importance de chacun de mes gestes et la vérité derrière la justice et l'espoir que je cherchais: je n'avais pas encore regardé au bon endroit. Maintenant je n'ai plus besoin de chercher car c'est une route que j'ai à paver au fur et à mesure que j'avance.

Je ne peux retenir un sourire devant le salut formel de Rogos. Qui aurait cru qu'un jour il aurait à me vouvoyer? Me voilà désormais sa supérieure, il n'y a pas vraiment d'autres mots pour me décrire... mais je n'entends pas en abuser. Le Dullahan n'est pas exactement un ami, mais je ne m'attendais pas à autant de respect de sa part... Les armures changent vraiment les perceptions. Il reçoit la permission de partir et je m'apprête à le suivre, mais la voix du Seigneur Thanatos me cloue sur place et nous nous retrouvons bientôt seuls. Je ne comprends pas... ma situation a été régularisée, qu'est-ce qu'il peut bien me demander de plus?

Sans vraiment ressentir de peur, pas encore, je n'ose plus bouger, il n'y a pas de quoi se sentir menacée vu le ton de sa voix mais comme trop souvent avec les Dieux, ça ne veut rien dire. Le visage entre ses mains, je retiens mon souffle sans trop savoir à quoi m'attendre, mes blessures se rouvrent toujours pour un rien et j'ai toujours évité le contact pour m'éviter de possibles désagréments, sans parler du dégoût que j'inspire, mais celui de Thanatos est si froid que je ne ressens aucune douleur et dans son regard que je me force à soutenir, je ne vois ni mépris, ni horreur. Plus les secondes passent et plus j'arrive à le regarder avec assurance, à arrêter de m'inquiéter et à voir les choses au delà de mes sentiments: ce qui m'est arrivé, ce n'est qu'une horreur de trop, ça ne devrait plus jamais arriver et pourtant c'est encore une possibilité, pour n'importe qui, et personne n'y fera jamais rien. C'est ça, la véritable injustice de mon histoire. Je ne suis plus une victime, je n'en ai plus le droit, quelqu'un doit réparer tous les torts causés. Je me trouve plutôt bien placée pour le faire.

Face aux mots prononcés par la Mort, une vague de chaleur m'envahit et je me retrouve bouche-bée. Il... Il est sérieux? Il pourrait me soigner? Un souvenir me revient, embrouillé, ma main qui serrait la gorge de quelqu'un, des cris de terreurs, les miens et ceux de quelqu'un d'autre, et la douleur au niveau de mon visage, brûlante comme de l'acide... la dernière fois, ça n'a pas fonctionné. Mais la dernière fois, ça n'avait pas été l'œuvre d'un Dieu.
Comme pour achever de me convaincre, Thanatos me lâche pour me montrer un autre reflet du passé, un que je ne penserais jamais revoir: le mien. Sans cicatrices, sans ecchymoses, la peau parfaite, les yeux clairs, les cheveux propres et soyeux, l'image suit mes moindres mouvements comme un véritable miroir et quand je lève la main pour toucher la blessure sur ma joue, elle en fait de même. Quand la réflexion disparait, je suis de nouveau laissée à moi-même avec un nouveau choix, celui de redevenir comme avant, ou de rester comme je suis et d'en être fière. À ma plus grande surprise, le choix à faire est déchirant.

Effacer les horreurs, oui, mais combien d'entre elles disparaitront vraiment? Y a-t-il de quoi rembourser le prix que j'ai si chèrement payé pour être là où je suis? Ça ne ramènera pas Sargas, ni Arsiesys, ni Prayer, je n'y regagnerai pas l'amour du Sanctuaire ni de Vermalis, ni les tourments causés par l'Anima et Arès... mais qu'est-ce que je gagne à les garder? Plus de mépris, de ridicule, de fausse pitié...
Seulement, aux Enfers, je n'ai rien eu de tout ça, je n'ai eu que ce que je méritais. J'ai eu droit à la justice, mais aussi à la clémence, et pour y gagner ma place j'ai dû donner tout ce que j'avais, et maintenant la seule récompense que je recevrai est celle que je voudrai bien accepter. Des gens défigurés, il y en a plein, ce n'est pas ça qui est important... c'est le message qui est transmis. Que si le monde est capable de ça, de faire tant de mal et d'y prendre plaisir, et de fermer les yeux quand l'heure est à l'action, il doit changer. Et j'y mettrai toute la rage qu'il me reste pour m'assurer que l'humanité ne se permette ce genre de faux pas. Tant qu'elle le pourra, peu importe l'énergie qui y sera mise, les cicatrices ne disparaitront jamais totalement et cette fille que j'ai vu, ce ne sera pas moi. Je ne pourrai pas m'en convaincre.

Lentement, je baisse les yeux et essuie les larmes qui se sont mises à couler sur mes joues. Je suis restée plusieurs secondes sans rien dire, le regard fixé dans le vide à soupeser le pour et le contre, mais au fond il n'y a qu'une seule vraie réponse. C'est à moi de trouver le courage de l'assumer jusqu'au bout, même si je dois affronter tous les jugements du monde.

-Ce n'est pas ce que vous attendez de moi... si je ne suis pas capable de faire ça, alors je ne serai jamais capable de rien. Je n'ai rien à changer, pas maintenant... ou... Non! Attendez!

Sous les larmes, mes yeux ont commencé à piquer et il me fait beaucoup de volonté pour ne pas les frotter, je sais que ce ne serait que plus douloureux après. Ne plus porter de masque, je crois que j'en serais capable, mais pas avec ma vue ruinée.

-Mes yeux... quand ils ont été brûlés j'ai arrêté de pouvoir voir la lumière, ici ça va mais à l'extérieur, ça me fait trop mal, comme s'ils brûlaient encore... Je ne demanderai rien d'autre, Seigneur Thanatos, vous en avez déjà fait tant pour moi. Mais sans mon masque...

Soucieuse de ne pas l'importuner, je laisse le reste de ma phrase en suspens, levant timidement la tête pour le regarder à nouveau dans un geste de bravoure vaine. J'ai fait mon choix parce que je ne voulais plus qu'il m'arrête, mais si ma vue ne peut pas être rétablie je ne sais pas si j'y arriverai. Je veux voir le monde comme il se doit, sans barrière, pas alors que je sais ce que je veux, ce n'est pas un fardeau que je suis prête à porter. J'en ai déjà assez d'un, et celui-là je ne pourrai le lâcher que lorsqu'il ne sera plus du tout. Un jour, je le sais... le jour où il y aura une place dans le monde pour les enfants innocents.
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Lun 14 Mar - 13:57
Jamais deux sans trois.

L'expression avait beau être purement terrestre, elle puisait assurément ses origines dans les nuages - ou les abysses, dépendamment des versions. Les nombres, comme quantité de choses, recelaient un symbolisme mystique. Le chiffre quatre, par exemple, était dans certaines cultures étroitement lié à la Mort ; Thanatos n'avait que peu d'attrait pour cette association. Le trois, quant à lui, se rapportait à divers concepts de trinité - parmi lesquels le passé, le présent et le futur ou encore la naissance, la vie et la mort. Ceux-là au moins étaient on ne peut plus exacts dans le cas présents. Ce n'est que dans la mort qu'Oblivion pourrait forger un nouvel avenir. Et malgré son hésitation première, celle-ci l'accueillait à bras ouverts.

Et pour un moindre prix : son ancienne armure mise à part, ce masque était la seule chose qu'elle devrait laisser à l'entrée. Autant que possible, Thanatos souhaitait que ses troupes avancent à visage découvert - que leurs ennemis sachent qui ils étaient et apprennent à craindre leur armée. Certes, une partie de ses séides portait le masque également, mais il faisait partie du Surplis - et, à ce titre, de la menace qu'ils devaient représenter. Celui qu'il avait arraché à la Mante Religieuse (ne fallait-il pas commencer à l'appeler par son nom ?) n'était rien de plus qu'une chaîne faisant d'elle une esclave du passé. Une raison bien suffisante pour vouloir le retirer - lui enlever une épine du pied, une écharde du coeur dont elle n'aurait plus l'utilité.

En dépit de l'insensibilité caractéristique de ceux de son espèce, il pouvait comprendre que, pour une jeune femme, un tel visage ne soit pas chose facile à arborer. Seulement voilà : en franchissant cette porte, elle avait cessé de l'être, de même que d'exister - ce pour pouvoir renaître. Ce pacte - ce privilège ! - venait avec son lot de conditions ; une discipline d'acier n'était que la première, après quoi venait l'abnégation. Le Dieu de la Mort n'avait que peu souvent l'occasion de superviser l'entraînement des nouvelles recrues ; aussi, pour l'avoir face à lui, pouvait-il pour une fois poser les bases de sa future formation.

Relâchant son emprise, il laissa les larmes couler - les dernières qu'elle verserait, pouvait-il espérer. Thanatos avait toujours eu une vision particulière du portail situé à l'entrée des Enfers. En abandonnant tout espoir, on laissait derrière soi son humanité - car ne la cristallisait-il pas ? -, et le chagrin en faisait partie. Les Dieux, par exemple, n'espèrent pas : ils font, pour la bonne et simple raison que c'est en leur pouvoir. De la même façon, le Faucheur n'espérait pas parvenir à sa guérison : elle serait, car il n'y avait nulle autre option. Ainsi lorsqu'elle eut fini d'éponger ses peines posa-t-il une main sur son front. Une sphère d'énergie orna un instant le bout de ses doigts.

Que la lumière soit, pontifia-t-il avec l'ironie qui convient.

Et la lumière fut, en effet. Il lui faudrait sans doute un certain temps pour s'y réhabituer, mais il n'y avait plus aucune raison organique à son mal-être. Rompant le contact, il passa les doigts sur son menton pour lui faire lever la tête dans sa direction. Avec sa vue restaurée, elle n'aurait sans doute aucun mal à le contempler dans toute sa grandeur et son obscurité. Ses prunelles dorées, surnaturelles se plantèrent dans les siennes à la lumière renaissante, cherchant le sentiment qu'elles lui inspireraient. C'est une voix douce, enchanteresse qui s'extirpa de ses lèvres, en un sens bien plus intime que celle qu'il avait eue jusque là. Elle avait presque quelque chose d'hypnotique ; pourtant, aucun de ses pouvoirs ne s'exerçait à ce moment-là.

Il est vrai que j'attends quelque chose de toi, admit-il sans la quitter du regard, mais il est également vrai que je suis curieux de voir où te mènera ta volonté. Aussi, je t'invite à faire tes propres choix.

Et de laisser le masque retomber entre ses mains. À elle de voir ce qu'elle en ferait. Il n'y avait aucune forme de défi dans sa voix ; pour autant, nul doute qu'il attendait le résultat. Une subtile caresse effleura son visage avant qu'il ne s'en retourne regagner son trône, celui qu'il était forcé d'occuper. Car en ces temps infâmes, qui d'autre que lui le pourrait ?
Sa longue chevelure ébène cascada sur ses épaules tandis qu'il se rasseyait ; sa tenue sévère malgré les dorures qui la parsemaient n'en fut pas affectée. Sa main retrouva le chemin de son accoudoir, un poing serré venant soutenir sa tête trop pleine d'idées inaccessibles au commun des mortels. Ainsi figé, il avait des airs de statue d'obsidienne, la scrutant depuis les hauteurs de son règne.

As-tu besoin d'autre chose ?
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Mer 16 Mar - 21:06
Il va m'être difficile d'assumer pleinement ma décision, mais il est trop tard pour revenir en arrière. Si je ne peux pas être assez forte pour vivre comme ça, si je ne peux pas soutenir le regard du monde face à la laideur et à l'horreur, je ne serai jamais assez forte pour soutenir quoi que ce soit. C'est pour le mieux... ou au moins, un jour, ce le sera. Le plus tôt possible.
 
Je sèche mes larmes en me forçant à prendre une grande inspiration pour me calmer. Je ne peux plus me permettre ce genre de faiblesse maintenant... je suis une Étoile Céleste, il me faut rester forte et en contrôle, surtout que maintenant un dieu a de véritables projets pour moi. Je ne dois pas gaspiller cette chance, c'est surement ma dernière... et si c'est là ma seule raison d'exister désormais, autant bien donner tout ce que j'ai sans regret.
 
Je n'ai de toute façon rien à regretter. Ce qui me manque reviendra bien quand le temps sera venu.
 
Mon premier réflexe est de fermer les yeux quand la lumière jaillit, mais mes paupières restent obstinément ouvertes malgré moi, fixant droit devant. Il n'y a aucune brulure, aucune douleur même, seulement un vague picotement qui se propage rapidement jusqu'à mes paupières comme si de petites fourmis se promenaient sur mes orbites. Dès que le traitement se termine, je recule rapidement en clignant des yeux, puis en les frottant frénétiquement pour chasser la désagréable sensation et l'horrible image mentale qui l'accompagne. Normalement, ça me causerait une douleur intolérable mais pour la première fois depuis longtemps, la friction me soulage un peu. Comme elle le devrait. Néanmoins, de peur d'endommager mes yeux à nouveau, je me force à arrêter.  Ils ont beau être rétablis, qui sait s’ils sont encore fragiles…
Une main me saisit le menton et je bats des paupières jusqu’à ce que le visage de Thanatos apparaisse devant, plus clair que jamais. Dans l’obscurité, ma vue était encore acceptable et je pouvais voir aussi bien que j’aurais pu si mes yeux avaient été en bon état, c’était ce que je croyais… mais maintenant je réalise tous les détails que je manquais, tous les petits détails devenus embrouillés, toutes les vibrances devenues ternes, toutes les lumières devenues intolérables. En observant le Faucheur de bien plus près que je ne l’aurais jamais imaginé, il me vient la drôle de pensée que maintenant, le monde va sans doute me paraitre bien plus beau.  Et bien plus cruel…
À la fois fascinée par les yeux d’or du dieu et effrayée par ce contact de plus en plus long, les questions et les pensées continuent de se bousculer à une vitesse folle sans aucune logique. Me voilà Spectre, mon masque ne me sert plus à rien, je ne suis plus aveugle et je n’ai plus à rien à craindre pour mon âme… et maintenant quoi? Mon entrée dans l’armée des Enfers a été riche en émotions et en couleurs, et maintenant que j’y suis je me demande bien ce que je dois y faire. Retrouver Rogos et Wolgorn, peut-être, demander de l’aide dans ce monde que je ne connais pas, découvrir mes nouvelles obligations… et me tenir prête à répondre à un possible appel divin.  Même morte, je continue à me préoccuper de ma survie… est-ce la présence de Thanatos qui cause cette inquiétude?
 
-Je ne saurai plus quoi faire de tous ces choix…
 
Embarrassée par mon commentaire dit tout haut, je baisse les yeux juste à temps pour recevoir le masque dans mes mains, m’offrant une bonne distraction pour penser à autre chose. Je n’ai peut-être plus de raison de le porter, mais c’était un cadeau de Prayer… le dernier qu’elle aura pu me faire. Si mes attaches sentimentales ne sont pas assez fortes pour justifier le fait que je veux le garder, je peux peut-être lui trouver des raisons d’être plus pratique. Après tout, ma petite sœur l’avait créé pour me permettre de voir, il y a peut-être d’autres attributs qui pourraient y être ajoutés. En faire une partie de ma nouvelle armure, un outil sur lequel me fier plutôt qu’un appui trop facile en temps de difficulté. Je suis sure que je peux y trouver une utilité… si ça peut m’empêcher de m’en débarrasser.
Je n’oublierai pas Prayer. Si j’ai décidé de vivre avec la mémoire de ce qui m’a été fait à moi, je dois aussi vivre avec ce qui lui a été fait à elle. Le sacrifice au-delà de la loyauté pour venir en aide à quelqu’un, le courage d’aller se battre en soldat, la perte d’humanité pour parvenir à ses fins. Ce sera les miennes aussi, bientôt : quelqu’un doit bien le faire.
 
Je relève la tête quand le Faucheur s’adresse de nouveau à moi du haut de son trône, cette fois pour me demander si j’ai besoin d’autre chose. Ne lui en ai-je pourtant pas demandé assez? N’était-il pas pourtant prêt à faire disparaitre l’anomalie que j’étais jusqu’à tout récemment? En me rappelant son regard à ce moment-là, bien différent et peut-être plus près de la vérité que ce que j’ai vu par la suite, je frissonne. Je ne veux même pas m’imaginer ce qui serait arrivé si aucun Surplis ne m’aurait choisi. Ces belles paroles et cette voix suave ne me semblent plus aussi attirantes, tout à coup. Il m’a pourtant guérie… mentalement, je m’intime de ne plus y penser. Je ne verrai pas le bout de mes soucis si je tente de comprendre les dieux.
Un peu trop rapidement pour avoir l’air naturelle,  je secoue la tête à la négative.
 
-N… Non… Je vous remercie, Monseigneur…
 
Incertaine du protocole des Enfers, je baisse la tête en tentant de me souvenir des paroles exactes du Dullahan.
 
-Je devrais peut-être aller rejoindre Rogos. Puis-je prendre congé, Seigneur Thanatos?
 
La permission donnée, je m’incline une dernière fois avant de reculer, puis de tourner les talons pour enfin quitter l’endroit, tenant toujours fermement le masque entre mes mains. Ça me prend toute ma volonté pour ne pas lancer un dernier regard derrière moi, je respire le plus lentement possible pour chasser la peur qui me tiraille. J’ai le cœur qui bat à tout rompre… Ce n’est pas le poids du monde qui m’a été enlevé, mais celui de tout l’Univers.
   
Un Univers où je n’existe même plus.

[HRP: Je vais assumer que je peux y aller. '^' À la prochaine fois! Sinon bah... tu me feras savoir et j'éditerai. '^']

[RP/FB] Et dans les ténèbres les lier...