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NtikumaChevalier Noir de l'Araignée
Chevalier Noir de l'Araignée

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Jeu 24 Déc - 15:00
Sans compter les heures et en regardant à peine où je vais, je suis le serpent qui file à toute allure au loin. Je dois accélérer le pas pour garder le rythme, mais après quelques tournants je finis par le perdre de vue. Que fait un reptile de cette taille dans une telle ville? Je suppose qu'il appartenait à un zoo, ou alors les délinquants rencontrés un peu plus tôt pensaient le vendre, peut-être est-ce une espèce rare. Je ne sais pas et je ne sais pas à quoi j'ai pensé en le libérant, mais il m'a semblé bien pressé pour un animal qui venait à peine de comprendre qu'il pouvait sortir de sa cage... Les phénomènes inexpliqués ne me sont pas inconnus après tout, donc qu'il se trame quelque chose ne me surprendrait pas tant que ça.
Seulement, je l'ai perdu de vue. Il ne laisse pas de trace cosmique et aucune trace physique non plus, je n'ai aucun moyen de poursuivre mes recherches. C'est presque avec un air dépité que je retourne à mon hôtel. Quelle curieuse histoire...

Le lendemain par contre, l'idée ne m'est pas sortie de la tête. L'image de cet énorme serpent fuyant à toute allure vers un endroit inconnu me hante et je décide d'en avoir le cœur net. Quelques appels et une négociation de rendez-vous plus tard, je me trouve un chercheur capable de m'informer. La bête que j'ai rencontré est une espèce très rare, très prisée par les zoos car très difficile à trouver, encore plus à capturer car elle est redoutable et son venin est mortel. Ah, et on la retrouve surtout en Russie, vers le nord. Près de là où je vivais.

Et maintenant, je fais quoi? Ce n'est qu'un serpent, je ne gagnerai absolument rien à la chercher et j'ai sans doute mieux à faire sur l'île, alors pourquoi me tracasser avec ça?
C'était le vent de changement que j'attendais, voilà pourquoi. Depuis l'éveil de Phobos... comment peut-on être si vide? Manipuler les flammes et être froid comme la glace, le dieu de la panique mais être vide à l'intérieur... sans émotions, sans désir, sans opinion, ne vivant que pour ce rare moment de satisfaction qu'apporte la peur d'autrui. Pendant quelques heures, j'ai ressenti la curiosité, et l'envie de connaître, d'apprendre, d'avancer. Aucun dieu ne peut m'enlever ça, et si c'est ce que je veux faire je le ferai. Sinon, j'abandonnerai, retournerai sur DQI et je laisserai Phobos gagner. Pour l'instant, je retarde l'inévitable, mais ce sera une expérience un minimum enrichissante.

...

Peu importe l'expérience, ça ne valait pas le trouble.
Arpenter les froides terres de Russie à la recherche d'un reptile rare, je n'avais vraiment rien de mieux à faire... mais en même temps, j'ai ce pressentiment que je dois continuer et qu'il y a quelque chose qui m'attend derrière tout ça. Reste qu'à découvrir de quoi il s'agit.

Mes pas me conduisent devant une grande clairière sans que je n'y prête beaucoup d'attention. Un ciel dégagé, le sol démuni de plantes autre que de l'herbe, des couleurs automnales ou un peut de vert pointe encore, un vent glacial, je ne distingue absolument rien, il n'y a rien à voir... Pas même la bête que je poursuis. Mais où est-elle passée? Un tel reptile ne peut pas se cacher si facilement, encore moins dans un espace comme celui-ci qui est dépourvu de cachette. Les serpents de cette espèce peuvent-ils creuser des souterrains? Ça expliquerait pourquoi je me retrouve là alors qu'il n'y a rien.

Soudainement, j'entends un chuintement derrière moi et je me retourne vivement pour voir de quoi il s'agit, mais c'est une bien mauvaise surprise qui m'attend. Le dit serpent, qui se jette sur moi, ses crocs déjà à quelques centimètres de ma tête seulement. Dans un simple réflexe de défense, je tends la main devant moi pour me protéger et les crocs effilés de la bête se plantent dans la chaire de ma paume, m'arrachant un grondement de douleur. Je dois me débarrasser de cette nuisance, son poison est apparemment très puissant, je dois me libérer avant de... de... ma vue commence déjà à se brouiller, je ne parviens plus à contrôler mon cosmos, j'arrive juste à voir la teinte violacée qu'a pris ma main... je ne vois plus le serpent. Et d'un seul coup, tout est noir.
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Jeu 24 Déc - 15:08
Je me réveille dans un endroit complètement inconnu et surtout, bien différent. La froide clairière est devenue une luxuriante forêt très humide et très chaude… ma vue brouillée se précise lentement et j’entends un étrange chuintement familier pas trop loin de mon oreille… Je me redresse rapidement en reconnaissant le serpent que je poursuis depuis Dubaï et qui m’a fait revenir en Russie… mais depuis la morsure, je ne suis plus du tout au même endroit. Le reptile me fixe alors que je me lève lentement, je ne le quitte pas des yeux, mais il ne bouge pas. Ça ne devrait pas me rassurer, dès que j’ai arrêté de le surveiller il n’a pas hésité à passer à l’attaque, mais ça ne prend pas de temps avant que je regarde plus précisément où je me trouve. Je n’ai jamais vu une telle végétation, même en Russie où j’ai pourtant grandi… et je remarque toutes les ombres qui bougent au sol, puis dans les arbres… ce bout de forêt grouille de serpents.

Encore une fois, la bestiole n’attendait que ça. Je la vois se jeter sur moi la gueule grande ouverte et prêt à répandre son venin une seconde fois, mais il ne m’aura pas encore. D’un geste vif, j’attrape le reptile juste sous sa mâchoire et le plaque par terre, mon cosmos s’enflamme et consume la bête en quelques secondes, qui après s’être violemment débattu ne bouge déjà plus. Tout ça pour ça…? Non.

D’un coup, c’est la cacophonie. Des centaines de sifflements stridents, tous en même temps, et plusieurs serpents du même gabarit file dans ma direction. Je me concentre et un grand cercle apparaît autour de moi, coupant court à leur offensive. Ceux qui ont le malheur de tenter la traversée se retrouvent gravement brûlés. D’une voix neutre, même si je doute être compris, je commence à leur parler.

-Je vais m’en aller. Vous allez me laissez tranquille.

Comme avec Phobos, j’ai arrêté de m’attendre à une réponse. C’est surtout le ton de ma voix qui est sensé faire effet, mais toujours sans succès. Je me prépare à devenir plus violent pour me frayer un chemin dans tous ces reptiles dégoûtants, quand une oppressante énergie se fait ressentir.
Je vois quelque chose bouger dans les plus sombres recoins de la forêt. Un autre sifflement, plus fort, plus grave, suivi d’un léger écho, un bruit de glissement inquiétant, je commence à distinguer une silhouette cachée par les arbres et leurs ombres, la plupart des serpents reculent et  disparaissent. La plupart d’entre eux sont plus gros que n’importe quel serpent, mais ils font tous pâle figure comparés à celui qui approche… La forme vague toujours cachée dans l’ombre se redresse lentement et prend de l’expansion, s’élargit, et je distingue soudainement deux grandes ailes. Un bruit de pas. Deux. Et la révélation.

Une voix caverneuse résonne partout autour de moi…

-Et qui es-tu pour nous parler ainsi?

Complètement noir, les motifs jaunes parcourant ses écailles presque brillants, la gueule grande ouverte laissant paraitre de long gros pointus et une langue fourchue de la couleur des cendres, une telle bête n’est surement pas sensée exister hors des cauchemars d’enfants… mais elle est bien là, devant moi, et ce n’est pas une simple ton de vois autoritaire qui la fera fuir…

-Qui es-tu pour le demander?

Le serpent géant se rapproche encore mais s’arrête en voyant mon cercle de flamme, se contentant de m’encercler en me fixant intensément, sa voix caverneuse résonnant pendant quelques secondes encore. Je ne baisserai pas ma garde… j’ignore combien de temps mes flammes peuvent demeurer actives, mais je vais sans doute le deviner bientôt. Mieux vaut la faire parler le plus longtemps possible, si c’est signe qu’elle n’a pas encore envie de me tuer.

-Les dieux sont devenus bien faibles… et bien ignorants. Tu ne sais pas qui je suis?

-Je ne suis pas un dieu. Et je n’ai jamais entendu parler de toi.

Après une vague de sifflement qui me font étrangement penser à des rires moqueurs, la nuée de serpents plus petits, relativement à leur chef car ils restent tous bien plus gros que n’importe quel autre reptile, se dispersent et une bonne partie d’entre eux disparaissent dans les ombres de la forêt, hors de mon champ de vision. Eux sont massifs, immenses il est vrai, mais il y a encore un certain sens de proportion qui fait que ce ne sont que des gros serpents. Leur chef, par contre, avec ses ailes de chauve-souris et son regard malsain, c’est une toute autre histoire. Je peux sentir l’énergie presque mythique qui s’en dégage, mais elle n’a rien d’humain. Ce n’est pas rien qui n’appartienne à ce monde. Je me trouve devant un authentique monstre.
Le dit monstre baisse lentement la tête pour se retrouver à ma hauteur, me défiant de ses yeux couleur or de détourner le regard ne serait-ce qu’une seule seconde.

-J’existe depuis bien longtemps… j’ai vécu dans l’ombre de bien des dirigeants, bien des tyrans, j’ai vu des dieux naître et j’en ai vu disparaitre, j’ai assisté à maintes réjouissances de l’humanité, et tout autant de ses souffrances, j’en ai même causé quelques unes. J’ai parcouru le monde et les époques, et ceux qui se souviennent mon nom se souviennent d’un mythe qui n’existe que dans l’imaginaire… Je suis le Zilant, roi des serpents, et c’est sur mes terres que tu t’es aventuré. Et toi, qui es-tu, pauvre mortel qui se prend pour un dieu?

-Je suis Iblis, porteur de la Cuirasse de Phobos, Seigneur de l’Ordre Noir, et c’est son énergie que tu sens, pas la mienne. Tes serpents m’ont attiré ici et m’ont attaqué, je me suis défendu et c’est moi que tu accuse? Rends-toi, roi serpent, et laisse-moi tranquille où je devrai t’exterminer.

Dans un flash noir, la queue du Zilant me frappe de plein fouet malgré le mur de flamme qui me protège et m’envoie valser plusieurs mètres plus loin. J’atterris sur le sol dans un bruit sourd, je peux presque sentir mes côtes bouger de façon anormale alors que je tente de me redresser. La bête fonce déjà vers moi, rien de plus qu’une ombre sur le sol, ne produisant aucun son alors que ses crocs étincellent à la lumière du soleil. D’une main tremblante, je crée une lance de flamme et la projette mollement en direction du monstre dans l’espoir de le ralentir. L’arme de feu explose en frappant le serpent qui émet un long sifflement de douleur, et pendant qu’il se remet du choc j’ai le temps de me relever, replaçant ma capuche sur ma tête et me préparant déjà à ma prochaine offensive. Cependant le Zilant n’attaque pas encore, mais laisse s’échapper une série de petits chuintements saccadés ressemblant beaucoup trop à un ricanement…

-Heheheh… tu changes d’identité, Phobos? La vie de dieu ne te convenait plus? Bien essayé… mais tu devrais y mettre un peu plus d’effort, tu n’es pas très convaincant!

Le serpent fonce sur moi à nouveau et une soudaine vague de colère me monte à la gorge. Étrange, moi qui ne ressent presque plus rien… j’en ai assez! Je ne suis pas Phobos, je ne le laisserai pas s’emparer de moi aussi facilement et je ne serai jamais, jamais la marionnette des dieux à nouveau!

Je tends les bras de chaque côté de moi et deux grandes mains de fumées se forment autour de moi alors que le vent se lève, balayant les arbres et faisant retomber ma capuche, révélant mon visage. Je ne sais pas ce que le Zilant y voit… mais quelque chose a changé, et je ne peux juste pas le voir. Mon esprit semble s’être éclairé, l’odeur de la fumée me remplit la tête et je peux sentir un goût de sang dans ma gorge, alors que mon cœur bat à toute allure.

-En garde!
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Jeu 24 Déc - 15:17
-Je vois… ton hôte te résiste. Voilà qui est intéressant…

Je garde le silence face à sa provocation et me contente d’attendre qu’il charge le premier, ce qu’il fait : le roi serpent se redresse et se met à battre des ailes, créant de violentes bourrasques. Un vent fort… c’est tout? Le Zilant ne peut rien faire d’autre que m’envoyer des vents violents? Il me vient l’idée d’être déçu, mais je jette un coup d’œil à la fumée que j’ai créé et qui fait maintenant office d’arme, et pendant une brève seconde mon cœur semble cessé de battre. La majorité de la fumée a disparue, les mains de cendres et vapeurs toxiques d’habitude noires ne sont que d’un pâle gris maintenant, les différentes composantes emportées par le vent. Je crois comprendre… il tente de m’affaiblir!

-Comment…

-Mes serpents t’ont ramenés ici car ils croyaient voir l’un des leurs! Ils le regretteront!

L’un des leurs…? Sans m’expliquer, le roi serpent fonce à nouveau et cette fois feinte sur la droite, faute de pouvoir l’attaquer directement je me retrouve avec très peu de choix. Combien de temps vais-je devoir retarder mon offensive contre un monstre qui tente déjà de me tuer? Il faut que je trouve un moyen d’arrêter ses vents… et ses ailes, par la même occasion. Sans elles, il n’est qu’un gros serpent, une bête sans pouvoir que je peux vaincre.
Mais comment l’arrêter?

Je fais un geste vers le bas de ma main droite et la main de fumée plonge vers le sol, creusant pour récupérer une bonne poignée de terre qui juste au bon moment se retrouve lancée en plein dans les yeux du Zilant. L’instant est juste parfait : la bête s’arrête brusquement en sifflant de douleur et se cabre en secouant violemment la tête. D’un bond, je me retrouve derrière elle et attrape l’une de ses ailes en y mettant toutes mes forces pour l’immobiliser. Pas grand résultat n’en découle, mais vu ma position et la sienne les vents sont beaucoup plus faibles.

-Mais qu’est-ce que…

-Alzeyll Mayil!

Ma main de fumée devient aussi noire que la nuit et je la plonge comme une lame dans le corps du serpent. Aussi matérielle qu’une vraie lame, le corps du reptile est pris de soubresaut alors que le sang gicle et m’asperge. L’instant d’après, il n’est plus devant moi et ses crocs s’enfoncent profondément dans mon estomac. Incapable de hurler ma douleur, je n’émets qu’un vague gémissement alors que d’un coup, le roi serpent m’enserre dans ses anneaux. Me voilà donc couvert de sang, incapable de respirer, le ventre à moitié ouvert avec la disgracieuse figure du Zilant à quelques centimètres de la mienne.

-Tu te défends… Iblis… tu pourrais être un des nôtres si tu n’avais pas ce dieu qui te ronge…

Ma vue s’embrouille et un filet de sang commence à couler au coin de mes lèvres… ma tête commence à devenir de plus en plus lourde et des coups de marteau se mettent à résonner dans mon crâne. Ce qu’il me dit, je l’entends à peine, trop occupé à tenter de survivre pour vraiment y prêter attention. Au diable ses louanges s’il se met en tête de me tuer!

-Oui, il arrive que des humains sont suffisamment dignes pour nous rejoindre et être considérés comme de véritables serpents. Dommage. Malgré tous les moyens possibles de te libérer il t’aura tué avant que tu n’y parviennes. Je préfère faire une pierre deux coups et me débarrasser du parasite!

Je ne vois plus rien. La voix sifflante du roi serpent n’est qu’un faible murmure que je parviens à peine à comprendre. Je n’ai que quelques secondes, pas plus, avant de lâcher pour de bon et de me retrouver aux Enfers pour une dernière fois…
C’est comme ça que ça doit finir? Peut-être qu’il a raison : je ne peux pas lutter éternellement. Phobos va me tuer dès qu’il en aura l’occasion et va prendre possession de mon corps pour semer la panique partout sur la terre, probablement avec les Chevaliers Noirs comme première cible. Si moi je ne peux pas être maître, personne ne le sera!

Soudainement, il y a comme une vague d’énergie qui me parcoure. Rien de bien puissant, un simple grain de sable dans un désert… ou plutôt un grain de sel sur une plaie béante. Ce n’est rien, absolument rien, une minuscule vague de cosmos claire comme un diapason, mais la seconde d’après mon corps s’embrase alors que le dieu en moi se réveille en hurlant de colère, et cette fois rien de ce que je tente ne parviens à le contrôler.

-Gh…!

Une tornade de flamme m’entoure, emportant dans sa brûlante destruction le roi serpent qui n’a d’autre choix que de me relâcher. Alors que l’air entre dans mes poumons avec assez de force pour les faire exploser, la chaleur autour de moi continue de monter et je sens peu à peu le contrôle de mon corps m’échapper. Peu importe ce que c’est, Phobos en profite et je ne sais pas si je peux opposer ma puissance à la sienne.
Puis, une autre vague de cosmos, cette fois bien plus puissante, et je me sens m’éveiller à nouveau. Les rôles s’inversent, l’énergie de Phobos diminue et la mienne reprend en puissance, et cette fois c’est la bonne : le moment dont j’avais besoin pour reprendre le contrôle et tenter de le calmer de façon à ce qu’il ne pose plus problème. Lentement, je me calme, ma respiration redevient normale et bien qu’il me soit impossible de complètement ignorer la douleur lancinante au niveau du ventre, au moins j’arrive à me sentir… mieux. L’air est respirable à nouveau, et peu importe ce qui s’est produit au moins j’ai pu en ressortir vainqueur une nouvelle fois. Mais pour combien de temps? Ce n’était qu’un coup de chance, une aide extérieure qui m’a permis de reprendre l’avantage, mais si ça ne dure pas, je ne tiendrai pas.

Et ce n’est qu’après quelques secondes que je me souviens du Zilant.

D’un pas hésitant, je m’approche de la carcasse fumante du monstre. La chaire est à découvert à plusieurs endroits et je peux même distinguer quelques os, les motifs jaunes ont pris des couleurs plus ternes et sa langue grisâtre pend lamentablement de sa gueule ouverte. Un de ses crocs est cassé et le contour de ses yeux est calciné. Quant à ses ailes… ce qu’il en reste, peut-être, ce ne sont que des lambeaux de chair et d’os desquels le sang ne coule déjà plus.
Pourtant, il respire encore.

La bête ouvre lentement les yeux et me fixe de ses pupilles reptiliennes, sa respiration devenue rauque et saccadée. Malgré cette mésaventure, il semblerait que le dieu panique n’ait pas appris à se tenir tranquille.

*Sale bête. Ceux qui hésitent, ils ignorent leur place dans le monde… et vous êtes sur la même longueur d’onde, ça bouscule tout. Et tu crois que je suis le seul à en souffrir?*

-Tais-toi, Phobos. Tout ce qui peut te faire du mal vaut clairement la peine d’être enduré.

-N’y compte pas trop…

Je m’accroupis près de la massive tête du Zilant pour l’observer de plus près. Chaque mot semble le faire souffrir, il parle extrêmement lentement et le sang tache graduellement sa langue fourchue et le bord de sa gueule. Étonnant qu’il trouve encore la force de parler, je doute qu’il en ait pour longtemps… un miracle qu’il soit encore vivant, en fait.

-En effet. Tu as préféré me sauver cette fois-ci, plutôt que de me tuer? Pourquoi?

-Ce n’était pas moi… c’est quelqu’un d’autre, qui vient de s’éveiller au cosmos… et qui hésite, comme toi…

-Qui? Où?

-En Afrique… je ne sais pas de qui il s’agit, mais toi, tu le sauras… ce n’est qu’une autre façon de te sauver… ou de te détruire… s’il change d’idée… mais si tu le trouves…

Je recule. En Afrique. En Afrique, il y a quelqu’un capable de me libérer de Phobos, ou comme dit le Zilant de se retourner contre moi et d’être la fin de mon existence en tant que simple humain. Qu’est-ce que je suis sensé en faire? Tenter ma chance ou chercher autre chose? Qu’est-ce qui me dit que j’aurai le temps de trouver une autre solution avant que le dieu panique ne prenne le contrôle pour de bon?

-Heh… et tu sais quoi…? J’espère que tu trouveras…

Il ferme les yeux. Soupire. Une dernière fois. Et plus rien. Je replace ma capuche sur ma tête, recule encore plus en voyant la nuée de serpents approcher, puis pense vaguement que vu ce qui se passe rester ici pourrait être dangereux… je ne pense pas que la petite famille apprécie la mort de son chef. Je n’y suis pour rien, au final, si j’avais pu arrêter Phobos je l’aurais fait… pour une fois que quelqu’un réalise à quel point ma situation est ridicule.

*Tu ne brûles pas le corps? Il mérite un peu de respect…*

Je serre les poings.

*Avec tes flammes, jamais. Il mérite mieux, ses serpents s’en occuperont.*

Mieux vaut rentrer au bercail pour l’instant, le temps de soigner mes blessures et de donner signe de vie pour le reste de l’ordre… ensuite… fini de jouer. Phobos ne m’aura pas et j’y veillerai. Alors que le groupe de reptiles s’approche de plus en plus en sifflant de colère, je ferme les yeux, un nuage de fumée m’entoure et je disparais de leur vue.

[FB ENTRAÎNEMENT] Le Roi des Serpents et le Démon des Sables