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Mar 5 Jan - 19:49
L’Afrique. Je n’ai jamais eu à mettre les pieds dans cette partie précise du continent, ne me limitant qu’au Nord et au Sud, mais l’étrange énergie que je ressens depuis ma rencontre avec le Zilant et qui agite le dieu en moi se trouve à l’Ouest, au Ghana. Une fois que le jet m’a déposé en plein milieu de la ville de Kumasi, c’est le début d’une recherche intensive grâce à des cartes, l’information que je peux trouver aux kiosques et aux applications se trouvant sur un téléphone volé à Takeya. Le tout aide beaucoup, surtout pour savoir quelle région du pays chercher, mais ce n’est pas du tout précis : je n’ai aucune idée d’où trouver ce que je cherche.
Ma seule solution, c’est me rapprocher et espérer que mes sens ne me trompent pas pour localiser ma cible qui devrait être encore plus près. Ce n’est pas un lieu touristique, les villages tribaux les plus visités se trouvent ailleurs, trouver un transport n’est pas plus facile quand on me dit que les villages qu’on y trouve sont interdits aux visiteurs. Il me faut sortir les grands titres et me présenter comme le manager de la branche africaine de la Heaven Inc en voyage d’affaire pour convaincre un chauffeur de taxi de m’y mener. Une fois installé sur la banquette arrière, je croise les bras et regarde distraitement par la fenêtre sans prononcer un mot, fixant ce paysage tout nouveau. Depuis New York, je n’ai pas fermé l’œil. Ce ne serait que l’opportunité qu’attend Phobos pour reprendre le contrôle, quand je ne me concentre plus pour l’en empêcher. Si je ne fais pas attention, je perds, c’est aussi simple que ça. Et je dois trouver celui qui selon le Zilant pourrait m’aider avant d’en arriver là.

Qui est-il, d’ailleurs? Un combattant solitaire ou une autre bête mythique? Son cosmos fluctue constamment, la plupart du temps il est très faible mais parfois il explose et je ressens sa puissance jusqu’au plus profond de moi, ce qui ne plait pas à Phobos qui pendant ces moments-là perd de son emprise. Pouvoir ou coïncidence, il doit y avoir un moyen de l’exploiter pour le chasser avant que lui ne trouve une façon de contre-attaquer.
Soudainement, une nouvelle vague de cosmos me frappe comme une onde et je me redresse subitement.

-Arrêtez là!

Le chauffeur me regarde comme si j’avais perdu la tête mais se range tout de même sur le bord de la route. Je sors en trombe en lui lançant quelques billets et observe avec attention les lieux : que de la plaine sèche et du ciel gris à des kilomètres. Il doit y avoir un village pas loin, et si j’ai de la chance ce sera exactement celui que je cherche.

-On a encore une heure à faire avant d’arriver aux bureaux m’sieur, ces champs-là sont interdits d’accès même pour vous.

Je me retourne pour observer le chauffeur qui n’est toujours pas parti et qui a baissé la fenêtre pour me dévisager. Je m’approche lentement, l’observe et l’analyse en fronçant les sourcils.

-Ça, des champs?

-Oh non pas ça, mais y en a pas trop loin. Sans permission je peux pas vous laisser y aller, mais je peux vous emmener aux bureaux et les gars là-bas vous diront bien tout ce que vous voulez entendre.

-Vous connaissez les lieux?

-Non monsieur, moi je suis de Kumasi, là on est dans le district de Sekyere, d’habitude c’est mon cousin qui s’occupe du coin… c’est quoi ça?!

Une boule de feu prend naissance au creux de mes mains et vole en direction de la voiture contre ma volonté, couvrant le cri de terreur du chauffeur. La seconde d’après, l’engin explose, créant une grande colonne de flamme qui engloutit sa cible. Après, le silence… et un immense mal de crâne.

*Oups. N’espère pas trop d’aide tant que je serai là, mon ami, je reste un dieu et tu n’es qu’un humain. Celui que tu cherches peut peut-être te permettre un peu plus de liberté mais dès que j’en aurai l’occasion…*

-Tu n’en auras pas. Garde tes menaces pour toi…

Ça ne me dit rien qui vaille… il faut espérer plus que tout que je ne perdrai pas le contrôle au mauvais moment, sinon toutes mes chances s’envoleront et Phobos aura toutes les chances du monde de reprendre lentement et surement le pouvoir… c’est déjà un miracle qu’il n’y soit pas déjà arrivé, grâce à l’intervention de ce mystérieux « bienfaiteur. » Reste à le trouver.
Dans un soupir de découragement, je replace ma capuche sur ma tête et continue à marcher droit devant. Malgré ce que m’a dit mon chauffeur, je ne vois aucun champ… et rien à cultiver. Mais au loin, il y a bel et bien de la fumée. Je me rapproche de mon but…
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Jeu 14 Jan - 2:18
La mort se lisait sur tous les visages depuis si longtemps déjà. La mort, et l’ennui… tant d’esprits vides, de rêves brisés! Les gens ne croyaient plus en rien, les plus âgés se rendaient à l’église qui avait été construite là tous les dimanches et en ressortaient le visage vide d’expression, les autres ne prenaient pas de journée de congé, n’en avaient pas le droit. Auparavant, les industries prenaient soin du village, quand c’était une attraction touristique, on avait honte, mais on vivait bien, il y avait de meilleurs emplois. Puis, tout commença à prendre des airs de cauchemars quand ceux ne parlant pas anglais furent embauchés pour travailler aux champs. Et quand les touristes cessèrent de venir… tous  passèrent. Puis, on découvrit des mines. Les enfants furent recrutés, même les vieillards devaient aider à ramener un peu d’argent pour leur famille. Le piège de la modernité s’était refermé sur tous les habitants de ce petit village. Tous sauf un.
 
Ntikuma. Le fou du village. Toujours vêtu de ses anciens habits d’apparat, constamment masqué, la dernière relique du passé passait ses journées à arpenter les rues du village et à errer comme un fantôme. Les adultes se souvenaient d’un artisan excentrique, capable de créer n’importe quoi, les enfants se souvenaient d’un conteur exceptionnel pouvant les transporter jusqu’au royaume secret des dieux. Mais maintenant? Plus rien. Juste un imbécile incapable d’accepter la vérité. Qui vivait dans son propre monde en se fermant à l’extérieur.
Mais il y avait autre chose. Ntikuma faisait des horribles cauchemars depuis plusieurs jours, ne sortait plus aussi souvent de sa maison, créer n’était plus pareil : quand l’entité rêvait, l’image restait même après son réveil, elle voyait des objets et des créatures jamais vus auparavant, et pour les faire disparaitre il n’y avait qu’une solution : les créer. Ça ne l’avait pas inquiété avant de voir Anansi, le dieu araignée gardien de toutes les histoires, et dans l’heure qui avait suivi l’obsession créative l’avait rendu malade. Malade, mais puissant : entre ses mains le métal apparaissait comme par magie, se pliait à ses moindres désirs, et l’or coulait du bout de ses doigts sans jamais lui faire de mal. Un miracle, quelque chose qui l’avait libéré du fardeau moral traîné depuis trop longtemps, et comme le bon artisan qu’il était Ntikuma avait suivi son instinct et le courant de pensée qui l’avait envahi. Le résultat fut une étrange relique, noire comme la nuit, composée de plusieurs pièces d’armures et prenant la forme de la divine araignée.
 
De quoi terroriser le conteur, et les rêves avaient continué. Depuis longtemps, l’artisan avait renié les dieux, ne croyait plus en leur miracles et leur en voulait pour avoir détruit son peuple avec leur traditions tellement différentes… la vérité, bien qu’il ne l’aimait pas, était inévitable : Anansi n’existait pas, ce n’était qu’une série de conte pour les enfants… Et ensuite, quoi? Une armure à son image, n’était-ce pas un signe? Il n’avait cessé d’y penser… et n’était jamais parvenu à une conclusion satisfaisante.
 
Et là, une réponse se montrait enfin.
 

L’entité avait observé l’homme encapuchonné qui rôdait dans le village sans faire de bruit, inclinant doucement la tête en signe d’interrogation et le suivait de lui, son cœur battant la chamade en sentant la chaleur grimper autour de lui. Il avait quelque chose de… d’inquiétant, quelque chose que Ntikuma n’appréciait pas, mais il pouvait sentir autre chose. Le chaos, la puissance, et une sorte de conflit… mais que faisait-il là? Ça ne lui disait rien qui vaille...
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Jeu 14 Jan - 20:22
Il est tout près. Je peux sentir son énergie fluctuer sans pour autant se préciser, et donc je continue de me promener en observant attentivement tous ceux que je croise. Les villageois ont les joues creuses, la plupart sont complètement chauve et ce même pour les femmes, je pourrais facilement compter chaque côte des enfants qui passent en courant près de moi, vu l’absence de vêtement pouvant les cacher. Encore une fois, c’est autant le cas pour les filles que pour les garçons. Étrange… et dérangeant. Cette endroit pue la misère, d’un premier coup d’œil les conditions pourraient ne pas avoir l’air si mal, mais la vérité se lit sur le visage des habitants. Ils sont résignés, abattus, désespérés… mais pas effrayés. Je peux sentir Phobos s’agiter en moi, ni lui ni moi n’apprécions l’atmosphère de mort qui se dégage de ce village. Un enfant passe à côté de moi en courant et je fronce les sourcils en voyant qu’il tient une machette entre ses mains.
 
*C’est une drôle d’arme. Il semble savoir s’en servir mais il n’a aucune force.*
 
-Le fils de la Guerre et tu ne peux même pas faire la différence entre un guerrier et un ouvrier? Je murmure. Il doit s’en servir pour cultiver les champs…
 
*Je vois. Les choses changent moins qu’on ne le pense.*
 
Cette petite explication culturelle terminée, je peux poursuivre ma recherche. Quelque chose ne va pas, je devrais l’avoir trouvé, le village n’est pas assez grand pour se cacher ainsi! À moins que…
Je me retourne et pendant une fraction de seconde je peux voir une figure masquée qui m’observe. Je n’ai pas le temps de bien regarder qu’elle disparait déjà, je n’ai vu qu’une sorte de cape rouge, et un masque… et maintenant l’inconnu est caché. À moi de le trouver.
D’un pas des plus silencieux, je fais demi-tour et marche en direction de là où j’ai vu l’étrange entité, et en arrivant au niveau de la petite ruelle je n’ai qu’à tendre le bras pour attraper un bout de tissu et tirer. L’étrange personne est de nouveau devant moi, se débattant pour m’échapper. Son masque lui donne des traits presque félins, et une longue écharpe dorée enserre son cou. Malgré tout je ne le lâche pas, surtout quand je sens un grand courant électrique me traverser le bras sans arrêter. Et Phobos qui commence à se débattre en moi… ai-je trouvé mon sauveur en devenir?
 
-Arrête ça. Ce petit jeu ne m’amuse pas. Tu as un nom?
 
Maintenant que je l’ai, je ne le laisserai pas aller si facilement. J’ai besoin de réponses, et cet être mystique est ma seule piste… ou, dans le meilleur des cas, ma seule solution. Et vu la colère du dieu panique, je crois que la chance commence enfin à me sourire.
 
-Tu sais qui je suis?
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Ven 15 Jan - 19:19
Il l’avait vu! Coup de chance ou avait-il senti quelque chose que le conteur ne remarquait pas? Se cacher n’était pas vraiment possible, sa seule tentative fut futile et il se retrouva soudainement devant Iblis, un géant comparé à la frêle entité désormais plutôt effrayée qui faisait tout pour lui échapper. Sans succès. La sévérité de l’homme à capuche convainquit rapidement Ntikuma de se calmer. Drôles de questions… à peine quelques secondes après l’avoir attrapé, il voulait déjà savoir son nom? Et non, l’artisan ne le connaissait pas, ce n’était qu’un autre de ces hommes d’affaires, à la peau blanche comme neige, et probablement riche. Ou pas? Il n’avait jamais vu les gens comme lui s’habiller ainsi, et il n’avait jamais vu personne avec des cheveux de cette couleur… il secoua rapidement la tête pour dire non, puis pointa l’homme roux, ouvrit les bras pour montrer tout le village en inclinant la tête dans un signe d’interrogation et le pointa à nouveau. Que faisait-il là? Il était seul, il n’avait apparemment pas de voiture et il ne ressemblait à personne d’autre. Était-ce un de leur patron? Ils ne venaient jamais ici… il mima une plante grimpante, puis de son pied gratta un peu le sol aride, avant de reporter son attention sur Iblis. Il était là pour ça?
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Lun 18 Jan - 22:11
Au moins, il – ou elle, peut-être, comprend ce que je dis. J’ai un certain bagage linguistique mais les pays d’Afrique possèdent plusieurs tribus, chacune pouvant parler son propre dialecte, et en finissant dans un trou pareil j’aurais pu m’attendre à n’être compris de personne. Mais l’encapé réagit assez rapidement pour que je vois qu’il comprend, seulement, c’est à moi de hausser les sourcils de surprise : je n’ai droit qu’à quelques signes. Pas un son ne sort de sous ce masque aux traits fins, si ce n’est qu’une légère respiration chuintante, et je ne comprends pas tout ce qu’il tente de me dire. Je vois bien qu’il ne me connait pas, d’où sa méfiance, mais la signification de ses signes m’échappe. Qu’est-ce qu’il essaie de me dire?
Il y a beaucoup d’énergie qui s’en dégage, beaucoup de potentiel très troublé, mais qu’il ne semble pas contrôler… pour l’instant, il est comme au repos. Et par conséquent, moi aussi.

-Je m’appelle Iblis et je suis un chevalier noir, quelqu’un qui combat les dieux. En ce moment, il y en a un qui tente de prendre le contrôle de mon corps et pour l’instant, il n’y a qu’une seule personne qui l’en retient… une énergie mystique qui, pour une raison qui m’échappe, parvient à rétablir l’équilibre entre nous deux. Je suppose que tu ne le savais pas… mais tu le sens, toi aussi, n’est-ce pas?

Ont-ils accès à la technologie capable de les informer de l’actualité? Ce petit coin du monde semble tellement vide de ce conflit en particulier que je serais plus porté à dire non… mais ils vivent une toute autre guerre. Quelque part, ils ont dû être affectés. Et cette étrange entité plus que les autres… pourquoi être le seul à s’habiller comme une sorte de chaman quand les autres sont en civils et, si j’ai bien compris, travaillent dans les champs? Est-ce une sorte d’ancien?

-Tu n’as pas répondu à ma question. Dis-moi ton nom et je ferai de mon mieux pour répondre à tes questions.
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Lun 25 Jan - 1:06
Oui, il le ressentait. Depuis longtemps, depuis que tous ses piliers s’étaient écroulés, depuis que le désespoir s’était installé, il avait senti cette puissance qui ne demandait qu’à être libérée. Et il l’avait laissé faire. Mais maintenant, ce qu’il comptait en faire lui était inconnu. Combattre les dieux, et puis quoi encore? Cet homme était fou, les dieux n’existaient pas, ce n’était que des légendes, des histoires pour expliquer l’inexplicable…
Mais si c’était vrai? Que faudrait-il faire? Ntikuma possédait un pouvoir, devait-il s’en servir? Comment? Il n’était pas un guerrier, il était un conteur. Personne ne lui avait jamais demandé ce genre de chose, l’entité était de plus en plus confuse.
S’il disait son nom, Iblis lui expliquerait plus de choses. En bougeant doucement le bras, l’être encapé demanda à être relâché, puis recula de quelques pas pour avoir plus de place et se concentra… son écharpe dorée s’éclaira et muée par une énergie nouvelle, se souleva pour se dérouler et flotter doucement dans les airs, entre les deux interlocuteurs, traçants des formes, des dessins, et finalement des lettres… un grand N, un T, suivi un I… Ntikuma. Le fils des dieux, l’héritier de toutes les histoires… la dernière étincelle d’innocence quand la sagesse disparaîtrait de ce monde. Tant de significations, mais tant de vide au final…
L’écharpe prit la forme d’une araignée, et des filaments d’or s’en échappèrent pour former les pattes, les yeux, des rayures sur l’abdomen… flottant tel un rêve, irréel, et soudainement, la création devint complètement noire, l’or devint argenté, et les yeux de grandes pierres rouges reflétant la lumière. Ntikuma claqua des doigts et l’araignée se désagrégea, le foulard s’enroula de lui-même autour de son cou, et l’entité se frappa le torse avant de tendre les bras. Une lumière ambrée les entoura pour une fraction de seconde. Était-ce là ce que le prisonnier de Phobos voulait? Qu’est-ce que c’était, au juste? Et que voulait-il en faire? Il le pointa en inclinant la tête, effectuant quelques signes pour lui demander des explications.
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Mar 26 Jan - 21:23
Ce cirque ne finit donc jamais! Je peux presque entendre Phobos ricaner dans un coin de mon esprit, bien que la présence du dit Ntikuma est suffisante pour le bâillonner, sa démonstration de pouvoir n’est pas assez pertinente pour me permettre de faire le lien entre lui et moi. Rien de bien impressionnant, la manipulation de lumière et de métal, mais au moins il arrive à s’en servir pour se faire comprendre. Une araignée noire… parle-t-il d’une armure? Je n’ai aucun souvenir d’une armure de l’Araignée, mais il est vrai que notre ordre abrite quelques spécimens… intéressants. Et puis pour lui, cet insecte a plus de symbolisme que pour moi.

Je tends la main à mon tour et me concentre. Depuis le nouvel éveil du dieu panique, me servir de mes pouvoirs est extrêmement difficile, mais pour une chose aussi simple ça devrait aller. La fumée s’échappe de ma paume pourtant intacte et gagne en épaisseur jusqu’à former un serpent. La bête se redresse lentement et déploie deux grandes ailes, mais je ne peux aller plus loin : une boule de feu détruit le tout et une douleur lancinante me traverse le crâne. J’entends Phobos murmurer des choses que je ne comprends pas, mes mains tremblent de façon incontrôlable et quand je regarde autour de moi je ne vois que le noir. Après quelques secondes, je distingue le masque félin de Ntikuma et mes sens me reviennent. Heureusement que ce n’était qu’une petite démonstration… mais le temps de pouvoir régler tout ça, je vais devoir limiter l’usage de mon cosmos.

-Heh… tu as bien vu? Il s’agit du Zilant, un grand serpent ailé… tu l’as déjà vu?

Nous commençons à attirer un peu trop les regards, les gens nous regardent bizarrement, surtout mon interlocuteur masqué, la figure la plus connue et qui soudainement dévoile tous ses secrets au grand public… mais si tout se passe bien, la suite de la conversation se déroulera ailleurs, au calme, là où personne ne pourra nous entendre et nous interrompre.

-Il pense que tu as le pouvoir de chasser un dieu du corps de son hôte. J'aimerais savoir si c'est la vérité.
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Sam 30 Jan - 21:29
Un frisson de peur parcourut le dos de l’artisan alors qu’Iblis se remettait des effets de son propre cosmos. Il lui avait montré une bête faite de fumée, un Zilant… un grand serpent ailé. S’il l’avait déjà vu? Oui, dans ses rêves, quelques jours avant l’arrivé d’Iblis au village, juste après cet autre rêve, où il avait vu Anansi… et où à son réveil, il avait fabriqué le totem noir. Le métal s’était mis à jaillir de ses mains comme par magie, d’abord doré et lumineux, mais se ternissant en prenant la forme de l’armure. Quelques jours de terreur… avant le calme, et la sérénité. Une paix intérieure que le prisonnier de Phobos voulait maintenant interrompre. Le serpent l’avait bien prévenu, ce qu’il avait connu ne reviendrait jamais comme il le voulait. Le passé était mort, et avec lui mille et un trésors, et il fallait maintenant l’accepter pour garder le peu d’éclat qui lui restait.
Les dieux avaient fait ça, il le savait. Ils s’étaient introduits dans leur vie sans y être jamais invités, les histoires glorieuses avaient été remplacées par des parasites inconnus, on s’était moqué de leurs croyances et on avait appelés au mensonge, à la tromperie. La première fois qu’une telle insolence avait eue lieu, les hommes avaient chassé les dieux de leurs terres, si l’on en croyait la légende. Mais que faire devant la vérité? Ça ne lui plaisait pas, mais c’était difficile à nier, aucune araignée ne s’était jamais présentée à eux, on lui avait donné un autre nom qu’il ne voulait pas reconnaitre, et on l’avait condamné à disparaitre. Ceux qui avaient mordu à l’hameçon s’étaient bien vite rendu compte que la vérité leur faisait bien plus de mal qu’un mensonge… il fallait se moderniser, travailler, dans l’ombre et la poussière, sans possibilités d’une vie meilleure si ce n’est que la mort… et tout ça pourquoi? Pour plaire à leur maitre. Car avec la découverte de nouvelles divinités, la tribu était devenue esclave, et Ntikuma ne pouvait pardonner cette cruauté à leur égard. Il pouvait se débarrasser d’un dieu? Il le ferait avec plaisir. Il hocha fermement la tête pour confirmer les dires d'Iblis, il croyait pouvoir le faire, et soudain...

Ses yeux se fermèrent d’eux-mêmes alors qu’un flot de pensées inconnues surgirent dans son esprit. Une idée apparaissait, cette quête était des plus inspirantes, et maintenant il commençait à savoir comment ils pourraient s’y prendre. Créer un objet, une arme capable de couper ce lien entre l’humain et la divinité, assez puissante pour atteindre les méandres les plus profondes de l’âme… c’était possible, avec les bons ingrédients, et l’énergie qui permettraient de redonner vie aux légendes… après tout, les artefacts auxquels pensaient Ntikuma n’existaient peut-être pas. Il faudrait les rendre vrais.

Un rituel prit forme dans son esprit, clair comme du cristal. D’un geste de tête excité, le conteur fit signe à Iblis de le suivre et il s’engagea dans les grandes rues de sable, son écharpe trainant derrière lui comme un serpent. Son cœur battait la chamade, il se répétait mentalement chaque ingrédient pour ne pas les oublier. Après de longues secondes de marche rapide, le démon des sables pouvait voir se dessiner devant lui une petite cabane colorée, éloignée des autres maisons parsemant le village. Le sanctuaire à merveilles, comme l’appelait son propriétaire.
Ntikuma poussa la porte, révélant un véritable fouillis d’écrits, de dessins, d’instruments de musiques, de bibelots et de cristaux colorés jonchant le sol, les murs et même le plafond. Autre chose attirerait pourtant le regard du chevalier noir : une armure, aussi sombre que la sienne, trônant sur la petite table de bois, représentant une araignée. En cherchant un sauveur, il avait aussi trouvé un frère d’arme. Il y avait une sorte d’harmonie brouille dans ce désordre, il était facile de s’y déplacer, et l’artisan masqué attrapa une feuille vierge traînant près d’un tambour antique et passa sa main au dessus. Une douce lumière s’en échappa, et les caractères dorés commencèrent à apparaître sur la feuille comme par magie. Il avait peur d’oublier quelque chose, se ressassait chaque étape sans s’arrêter, et ne pensa pas à traduire sa trouvaille dans une langue qu’Iblis pourrait comprendre. Aussi s’en tenu-t-il à l’Akan qu’il avait toujours parlé.

Fier, il montra le plan du rituel à Iblis avant de se lancer dans une série de signes incompréhensibles, son écharpe flottant allègrement à ses côtés pour compléter ce langage muet. Il l’avait fait à nouveau, il l’avait pensé et l’inspiration était venue, après il n’avait eu qu’à suivre la vague et la créer, comme l’armure. Il fallait plusieurs choses, et maintenant cette aventure l’excitait au plus haut point.
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Ven 5 Fév - 22:41
Il me semble bien heureux d’aider, maintenant. Je n’ai pourtant pas dit grand-chose, je ne pensais avoir à le convaincre que plus tard, mais dans un élan tout à fait inattendu il me demande de le suivre et file à toute allure. Il marche drôlement vite, mais son pas est étrange, silencieux et dansant, je pourrais jurer qu’il marche sur la pointe des pieds. Pourquoi? Pas trop le temps de me poser la question, encore moins de demander une réponse, je me contente donc de suivre l’entité masquée comme je peux.

Nous finissons plutôt loin du village, devant un minuscule taudis qui doit être la maison de l’artisan. Ntikuma pousse la porte et se précipite à l’intérieur, j’entre d’un pas plus prudent en inspectant d’un œil méfiant tout ce qui se trouve devant moi. C’est un véritable désordre… le pas agile de l’encapé parvient à le conduire au travers de tout ça sans problème, mais je ne me cause pas de trouble et avance en piétinant les feuilles de papiers qui trainent au mauvais endroit au mauvais moment. Ça ne me prend qu’une fraction de seconde avant d’apercevoir quelque chose de bien plus important que les essais artistique de Ntikuma : une armure noire comme la mienne, avec la forme d’une araignée.

-C’est…

De ce que je sais, il n’y a pas d’armure de l’Araignée. Il y a un Surplis de la Veuve Noire, mais ça n’en est pas une copie. Je l’observe sans trop savoir quoi en penser, je n’ai jamais vu ni entendu parler d’une armure qui lui ressemble… puis je regarde autour de moi, remarque un dessin représentant la dite araignée, prenant la même pose, portant les mêmes motifs… motifs étrangement familiers. La vérité me frappe soudainement.

-Tu l’as faite toi-même?!

*Impossible. Un simple humain ne peut pas créer une armure à partir de rien!*

Alors… qu’est-ce que je regarde là? Je regarde l’artisan masqué, un sourire mystérieux sur mes lèvres.

-Il dit que c’est impossible… J’espère que tu pourras lui prouver le contraire.

Eh bien… pour un dieu de la peur, Phobos contrôle mal sa colère. Hilarant, vraiment. Je reprends mon sérieux en regardant le futur mercenaire écrire fébrilement sur un morceau de papier, sans jamais arrêter. Sans même voir son visage, ce n’est pas difficile de voir à quel point il est concentré, il m’ignore complètement et écrit sans arrêt. Quand il a terminé, il me montre le produit de son travail avec excitation, bougeant trop pour me laisser distinguer correctement le texte que je n’arrive pas à lire du tout. Normal, après tout, il n’a rien écrit dans une langue que je connais. Quand viennent les signes et le cosmos, il devient presque impossible de contenir le dieu panique en moi, et il faut l’arrêter.
Je tends la main devant moi et laisse échapper une faible décharge de cosmos, mélangeant flammes et fumée.

-Arrête, arrête! Il faut que tu te calmes, je n’arrive pas à lire ce que tu as écris!

Si je dois vraiment garder mon sang froid et prendre cet imbécile avec des pincettes jusqu’à ce que je sois sur d’être en sécurité, la tâche risque d’être beaucoup trop ardue. Je me laisse tomber en position assise sur le sol et passe une main nerveuse dans mes cheveux en prenant une grande inspiration.

-Retranscris tout ça. Ensuite, tu m’expliqueras ton idée de façon claire, compris? Je n’ai pas de temps à perdre avec de petits jeux, et je peux te jurer que si tu n’arrives pas à le chasser lui, tu ne feras pas long feu toi non plus. Si ce n’est pas Phobos qui décide de t’exécuter…

*Qu’est-ce que tu vas faire, Iblis? Le tuer? Et pourquoi pas, hm? Déjà désespéré au point de planifier ton échec?*

Je ferme les yeux pour me concentrer, mais surtout pour me calmer. Je n’échouerai pas. Je n’aurai pas fait tout ce chemin pour me faire détruire aussi facilement, je ferai confiance à Ntikuma aussi longtemps qu’il le faudra en espérant que ses faux espoirs à lui ne fassent pas foirer tout le plan. Je ne le connais pas, je ne sais pas ce qui l’a poussé si vite à se joindre à moi, mais il me faut continuer de douter qu’il peut encore faire le même chemin en sens inverse. Qu’importe, tant que ça n’arrive pas maintenant.
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Lun 8 Fév - 20:18
La petite explosion du prisonnier de Phobos acheva de calmer Ntikuma, qui n’avait pas pensé que son enthousiasme ait pu être aussi problématique. Il se doutait bien que le problème n’était pas au niveau pratique… la personne qui demandait son aide était tout simplement des plus désobligeantes, et avant qu’il ne le menace le conteur celui-ci avait très sérieusement pensé à le chasser de sa demeure. Eh bien soit, sa quête venait de perdre de sa gloire mais si elle pouvait assurer sa survie, il lui était difficile de refuser d’y participer.

De ses mouvements maintenant secs et empreint de frustration, il réécrivit les ingrédients qu’il venait d’inventer en anglais, en plus des détails qui étaient venus tout naturellement à lui, pour lancer cette nouvelle feuille à Iblis. Il leur faudrait accomplir un rituel pour créer l’artéfact capable de chasser l’essence divine du corps de l’éveillé, et la suite des évènements allaient comporter tout autant d’étapes surnaturelles. L’artisan ne voyait pas comment séparer les deux âmes, mais il avait une idée de comment en forcer une à quitter le corps : l’important était de ne pas se tromper. Pour ça, il fallait que l’arme qu’ils voulaient créer soit capable de distinguer la bonne cible.

Ntikuma tendit la main et une douce lumière dorée y apparut, gagnant en intensité jusqu’à l’aveugler, il murmura quelques mots en y concentrant une partie de son pouvoir et sentit un poids se former au creux de sa paume : un médaillon en or massif couvert de motifs abstraits, un akrafokonmu d’une qualité phénoménale. La donner à un étranger était un outrage, l’artisan aurait préféré ne pas avoir à le faire, mais il ne pouvait nier ses vertus : si Iblis le portait, peut-être que son âme trouverait la force de repousser celle de Phobos. Gorgé de son énergie, le « laveur d’âme » deviendrait un élément clé du rituel.

L’écharpe de Ntikuma s’éleva dans les airs pour prendre la forme d’un poignard, puis il pointa ensuite un des ingrédients écrits sur la liste : un objet de valeur pour le chevalier noir. Un homme tel que lui accordait-il de la valeur à quoi que ce soit? Faute de mieux, l’entité reproduisit l’image du Zilant en se demandant quel genre de lien pouvait bien les unir tous les trois… et si ce serait suffisant, mais ne connaissant pas Iblis, il ne pouvait que proposer des idées de base.
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Dim 14 Fév - 22:41
-Voilà qui est mieux.

Qu’est-ce que ça peut bien me faire qu’il ne m’aime pas? À part qu’il pourrait accidentellement laisser Phobos écraser mon âme mais comme cela résulterait dans sa propre mort, je n’ai pas grand-chose à craindre de ce côté-là. Je prends sans rien dire le médaillon qu’il me tend, accompagné d’une petite cordelette en or, et la passe autour de mon cou de façon à ce qu’il reste caché sous mon manteau. Malgré toute la lumière produite pour le créer, le bijou est froid comme la glace et même après quelques secondes ma propre chaleur corporelle n’y change rien. Cette chose est bien mieux de nous aider…

Le rituel retranscrit, je peux maintenant l’analyser comme il se doit : un objet de valeur, de l’eau sacrée, une branche de l’olivier original d’Athènes, une coupe et un couteau… mais quelque chose ne va pas. Certains éléments sont très clairement nommés et d’autres non, et parmi ces premiers il y en a que je ne suis pas certain de la façon dont Ntikuma aurait pu en entendre parler. Après tout, s’il n’a jamais mis les pieds en dehors de son village, sa culture doit être limitée, non? Malgré ma curiosité, je garde le silence et le laisse continuer son petit spectacle… il propose le Zilant. Peut-être pas la première chose à laquelle j’aurais pensé, mais vraiment, qu’est-ce que j’ai de plus? Il y a bien un drôle de lien entre la bête et moi, surtout depuis sa mort, étant celui m’ayant pointé vers ma possible liberté, mais serait-ce suffisant? Faute de mieux, je n’ai pas peur de tenter ma chance là. Un bout d’os ou une dent devrait faire l’affaire… selon ce que l’artisan masqué souhaite en faire. Pour aller jusqu’au bout de cette histoire, il faudra me donner plus de détails sur le rituel en soi.

-Bien. Le cadavre se trouve en Russie, nous commencerons donc nos recherches là. Je vais appeler un jet.

*Vous ne vous en sortirez pas comme ça. Ton seul espoir te déteste et je bloque tes pouvoirs, qu’est-ce que tu vas faire pour arriver à tes fins cette fois?*

*Pour mes pouvoirs? Simple. Je vais m’en découvrir d’autres.*

*...*

[Quête] Ad augusta per angusta, partie 1