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Ven 20 Mai - 18:11
Je ne sais pas trop pourquoi nous retournons en Afrique. Ntikuma refuse de me le dire.

Et ce n’est pas parce qu’il ne dit rien, vraiment. Malgré son mutisme, il a sa façon d’être très bavard, mais là c’est différent. De retour dans le jet, l’artisan masqué a attendu que je m’assois le premier avant de choisir la place la plus éloignée de moi et sur le coup, je n’ai rien dit. Je sais qu’il n’a pas apprécié ce qui s’est passé à Rodorio, menacer un parfait inconnu pour ensuite l’exploiter et le tuer, mais ça, c’est son problème et pas le mien. L’enjeu ici est ma survie – c’est pour cette seule raison qu’il est encore là – dans mon combat contre le dieu panique, le gardien de l’olivier n’était pas prêt à coopérer et après notre départ, il nous aurait très certainement dénoncé, ou aurait au moins signalé la présence de plus d’un Chevalier Noir après l’arrivé d’un autre collègue au Sanctuaire, ce qui ne nous aurait pas avancé du tout. En territoires ennemis, nous devions marcher dans le mystère. Celui qui aurait pu donner quelques indices sur nos identités respectives a été éliminé. Tout ça pour la survie, à court comme à long terme, pas pour les ridicules principes de l’Africain qui aurait préféré épargner le vieil homme. Mais je n’ai rien à faire de ses préférences.

Puisque mon compagnon semblait bien décidé à me bouder pour le reste du voyage, je me suis permis de réfléchir à la suite des événements. La seule personne à laquelle j’aurai à révéler mon rôle à Rodorio va être celle que j’ai manipulée par le biais du gardien – le dénommé Mathayus, si ce n’est que pour qu’il ne tente pas d’enquêter sur les raisons de sa propre présence au Sanctuaire… et qu’il réalise que celui lui ayant promis une récompense n’est plus en état de la lui donner. Non, il n’a pas à s’enfoncer trop loin dans cette histoire, pas si c’est pour faire ressortir mon nom de façon un peu trop claire. Nous règlerons tout ça en privé et nous parviendrons à un compromis. Maintenant que j’ai un artisan compétent sous la main…

*Malgré tout, il possède une armure noire. Je ne peux pas simplement me débarrasser de lui.*

*Et pourquoi donc? Ça ne t’a jamais arrêté avant. Et s’il continue d’être dans tes pattes…*

*Il est dans les tiennes plus qu’il n’est dans les miennes.*

*Oh? Et si tu lui demandais toi-même?*

Je lève la tête pour observer l’encapé, qui me tourne toujours le dos. Il semble plus calme… ça fait changement de toute la peur et la colère à mon égard. Mais pourquoi? Je ne ressens plus rien venant de lui, seulement le vide. Peut-être qu’il s’est endormi.
En soupirant, je me lève, m’approche et le secoue brusquement. Le jet vient de se poser sur le sol.

-Debout.

Il tourne la tête, m’observe sans rien dire pendant quelques secondes, puis se lève, me contourne et marche lentement vers la sortie sans m’accorder plus d’attention. Non, ce n’est pas normal. Dans un moment de doute, je tente de me souvenir de la liste des items à collectionner pour forger l’artefact… la dent, la branche, le médaillon… une arme, une coupe… il y en a un autre, mais je ne parviens pas à m’en souvenir. Est-ce qu’il l’a traduit? Je pense que non. Avant qu’il ne quitte l’avion, je lui lance :

-Que sommes-nous venu chercher?

Il ne répond pas et sort du jet. Pas une hésitation, rien. Je soupire. Il va falloir le surveiller de près… peu importe ce qu’il pourra me faire croire, ce retour en terres africaines n’est pas normal. Nous ne pouvons pas tomber dans un piège maintenant.
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Mar 24 Mai - 1:18
Ce n’est qu’une supposition, mais je ne crois pas que nous sommes de retour au Ghana. Pas que mon guide doit connaitre le reste de l’Afrique si bien que ça, avant de me rencontrer j’ai cru comprendre qu’il n’était jamais sorti de son village, mais reste qu’il arpente les terres arides, examine les maigres arbres sans feuille, gratte la poussière, comme s’il connaissait les lieux. Il peut avoir menti sur son expérience hors de son village, mais… il est tellement différent. Le conteur émotif, naïf et incertain de son rôle dans ma quête est devenu bien trop stable, tranquille et en contrôle pour que je n’en sois pas méfiant. Sans avoir vu ce qui se cache sous le masque, c’est facile de croire que ce n’est plus la même personne, mais c’est impossible, je ne l’ai jamais vraiment quitté des yeux… sauf…
Non. Quand j’ai interrogé le gardien. Ntikuma est sorti et m’a attendu à l’extérieur, sans aucune surveillance. Celui qui me montre le chemin en ce moment pourrait-il être un imposteur? Mais qui? Et surtout… pourquoi?
Le pire est que ce n’est pas complètement insensé. Si l’artisan est celui me permettant de garder le contrôle de mon corps un minimum, sous certaines contraintes, la distance n’a aucune influence : j’étais en Russie au moment de la découverte et il ne me connaissait même pas encore. Il peut donc encore avoir un certain pouvoir sur moi sans être à proximité. En fait… ce serait peut-être même plus facile, s’il n’a pas à désapprouver chacun de mes gestes. Alors… que dois-je penser de ça?
Je peux me tromper, mais maintenant que j’y ai pensé, l’idée ne me sort pas de la tête. À quoi dois-je m’attendre?

-En Russie. Quand nous avons récupéré la dent. Qu’est-ce qui s’est passé?

Il ne répond pas. Encore. Il ne se retourne même pas, il continue de fouiller le sol comme si je n’avais pas parlé ou pire, comme si je n’existais pas. Cette fois c’est trop. Je m’avance et l’attrape brusquement par le bras pour le forcer à se retourner, m’inquiétant bien peu de possibles blessures.

-Réponds-moi! Qu’est-ce qui s’est passé?

Ntikuma me regarde sans rien dire pendant de longues secondes, imperturbable. C’est à peine si je le sens respirer. Puis, il recommence à bouger, comme pour se dégager de mon emprise, mais je ne le laisse pas partir. Puis…

-A… Aldkhan… Dmya…

Un murmure tout faible et discret, à peine audible que je ne parviens presque pas à entendre. Confus, je tourne la tête dans toutes les directions pour trouver d’où il provient avant de comprendre avec stupéfaction que son émetteur se trouvait juste devant moi. Après tout ce temps, il ne m’a jamais parlé. Jamais. Quelques petits mots pour lui-même dans une langue que je ne comprends pas, mais là… je sais de quoi il parle. La technique que j’ai utilisée face à l’armée de serpent. Nous ne sommes que trois à l’avoir vu : moi, le pilote et Ntikuma lui-même, à moins d’un complot plus complexe que ce que j’ai imaginé il n’y a plus de doute à avoir. Du moins, pas pour cet aspect du mystère.
L’artisan lève doucement la paume et une volute de fumée s’en échappe. Une douce lumière dorée apparaît et la figure d’un homme se forme au milieu de sa main, mais plutôt que de se mettre à tournoyer autour de lui, la fumée le traverse comme s’il n’était pas là. Non, plutôt… comme si deux liquides se mélangeaient. Fasciné, j’observe longtemps l’étrange phénomène reproduit par le futur mercenaire avant de me rendre compte que son hologramme tient debout de lui-même, et que son créateur a disparu.

Retenant un grognement de frustration, je détache mon regard de l’illustration pour repérer l’encapé, qui est de nouveau accroupi sur le sol, mais cette fois il me fait face. Il tient un peu de terre entre ses doigts, mais elle est humide. Est-ce ce qu’il cherchait? De l’eau?
D’un coup sec, Ntikuma frappe le sol devant lui. Aussitôt, un cosmos d’une puissance divine envahit l’air autour de nous, m’étourdissant au point de me sentir malade et d’un coup Phobos gagne en force. On dirait que mon sang est en ébullition.

Puis, la terre s’ouvre sous mes pieds. Pendant quelques secondes, je me sens disparaitre complètement.
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Dim 10 Juil - 20:24
*Bravo. Tu as hésité, maintenant tu en payes le prix et c’est à moi de te faire comprendre ce qui se passe. Tu es un imbécile, Iblis, j’espère que maintenant tu comprends pourquoi je n’ai pas à te garder dans ce corps. Tu as toujours voyagé avec la même personne… du moins, le même corps. Depuis Rodorio, quelqu’un d’autre l’a réclamé. Un dieu.*

*Impossible! Il a une armure noire!*

*Comment tu penses qu’il a eu son pouvoir? Il est dangereux de renier un dieu, Iblis… surtout quand tu n’en as pas le pouvoir.*

*…*

Quelques secondes passées dans le noir, incapable de voir, d’entendre ou de faire quoi que ce soit, parfaitement immobile dans un drôle de monde ou je suis complètement seul. Une chose me parvient encore : la voix du dieu panique, ses pathétiques reproches sur mon échec, ses révélations… encore une fois, c’est censé. Comment Ntikuma aurait pu avoir tant de pouvoir autrement? Comment aurait-il su comment créer l’artéfact et comment aurait-il pu se procurer son écharpe? Malheureusement, parvenir à tout ça seul est pratiquement impossible : il faut toujours un dieu pour compléter l’équation quelque part…
Mais quelle importance? Le futur de l’artisan ne m’a jamais intéressé, Phobos a réussi à prendre le contrôle, il a tout le temps du monde de le tuer et après…

Non! Pas comme ça! Ce ne sera pas si facile de se débarrasser de moi, ça ne l’a jamais été, j’ai tenu tête à d’autres dieux avant lui et j’ai réussi à trouver des failles, je peux le refaire. La garde de Phobos est baissée, il croit avoir déjà gagné, si je peux le prendre par surprise… reprendre le contrôle, pour de bon, même si ce n’est pas stable. Mais ce devra être pour de bon : si je ne réussis que pour quelques secondes, même moins, il se méfiera et je n’aurai plus aucune chance. C’est maintenant ou jamais.
Je ferme les yeux, ou du moins tente de reproduire le geste difficilement dans cet endroit où je ne suis même pas vraiment corporel, me concentre le plus fort possible sur mes souvenirs, sur tout ce que je ne ressens plus en ce moment, et tente de reproduire toutes les sensations qui pouvaient faire de moi… quelqu’un. Les imaginer avec tellement de conviction qu’elles me semblent vraies à nouveau. Lentement, je refais surface. La chaleur recommence à circuler dans mes veines, je peux respirer l’air sec de l’Afrique à nouveau, et entendre le bruit de l’eau qui coule… De l’eau?

*Qu’est-ce que…?*

Une puissance écrasante me repousse violemment et je sens ma conscience faiblir à nouveau, mais n’abandonne pas. Sans Ntikuma, je ne sais pas si je peux lui être supérieur… mais si je peux revenir suffisamment longtemps, je sais où une partie de lui peut me venir en aide.
Je me concentre, encore et encore. Le son de l’eau revient. Rapidement, je porte une main à mon médaillon. L’artisan me l’a donné, il se gorge de mon énergie depuis le début de notre quête, une partie de la sienne doit s’y trouver aussi.

-Aldkhan Dmya!

La lumière au bout du tunnel. Ce n’est pas beaucoup, mais c’est suffisant : l’énergie de Phobos s’estompe et je reviens à moi dans un sursaut, comme si tout n’avait été qu’un mauvais rêve, mais je n’ai pas le temps de m’en remettre comme d’autres auraient peut-être préféré le faire. Tout de suite, je remarque mes mains serrées comme des étaux autour du cou de l’encapé et le tissu brûlé de sa capuche. Lentement, je relâche mon emprise, mais ne parviens pas à faire disparaître la fumée se dégageant encore du tissu, il semblerait qu’encore une fois l’usage de mon cosmos soit limité… je peux entendre la respiration chuintante de mon compagnon. Il s’en est fallu de peu… j’espère que tu es content, Phobos.

Ce premier inconvénient de passé, je me permets enfin de regarder autour de moi. Il me vient d’abord l’idée que nous ne sommes plus au même endroit, mais les arbres et autres caractéristiques du rude paysage demeurent inchangées. Enfin, sauf pour une seule chose : une large rivière à quelques pas de nous, au courant puissant, et bordée d’herbe sèche. Huit grands arbres sont aussi apparus en formant un grand cercle, mais à une distance variable l’un de l’autre. Ils sont bien plus sombres et en santé que tous les autres dans les environs… c’en est presque surnaturel.

Dans un étrange réflexe, j’attrape l’écharpe dorée de l’Africain avant de me relever et de m’approcher des arbres, me préparant mentalement à la suite la plus incongrue de cette histoire.
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Jeu 8 Sep - 21:13
D'un pas méfiant, je m'approche de la clairière qui vient de se former près de moi, sans trop savoir ce qui pourrait m'y attendre. Le phénomène est divin, de toute évidence, mais j'ignore qui pourrait être le responsable exact. En symbiose avec le cosmos qui anime l'endroit, le tissu doré de l'écharpe que je tiens entre mes doigts semblent pulser d'un rythme régulier, comme un cœur battant.
Je m'approche d'un premier arbre pour l'examiner plus attentivement, y distingue d'étranges gravures qui semblent être naturelles, mais la douceur des traits me fait croire le contraire. Plus bas, l'écorce est coupée finement en un cercle parfait tout le long du tronc, sans que l'arbre ne semble en souffrir. Je me penche pour l'observer, les sourcils froncés en un air intrigué devant tant d'éléments insolites. Il se passe quelque chose ici, mais quoi...?

Derrière moi, j'entends des pas.
Brusquement, je me redresse et me retourne, prêt à me défendre, mais baisse rapidement les bras, interdit devant ce que je vois.
Ntikuma se tient devant une toute petite hutte de terre qui tient plus de la maisonnette pour enfants que d'une véritable habitation. Un mince filet de fumée remonte encore de ses vêtements, mais malgré cela il trépigne d'impatience tout en se balançant les bras. Eh bien, pour quelqu'un qui a failli mourir il y a quelques minutes... de la hutte sort un petit humanoïde aux longs cheveux en bataille et aux longs doigts brunis et ridés, malgré un visage d'apparence jeune.

-ɛtesɛn, Anansi!

- ɛtesɛn Akwo!

Sa voix me laisse interdit: elle est dédoublée, comme si quelqu'un d'autre parlait en même temps que lui. Ou lui dictait ses paroles... je peux entendre son vague murmure, mais une autre voix l'enterre et ajoute des nuances aux phrases dans cette langue que je ne comprends pas. Qu'est-ce qu'il lui arrive? En moi, Phobos s'agite, mais cette fois je ressens une profonde frustration.

*Anansi?!*

*Un ami à toi?*

*Bien sûr que non. C'est une légende d'Afrique, un personnage de conte. Il n’existe pas.*

*Cet homme vient d'appeler...*

*Je sais. Mais il n’y a plus que ton ami dans ce corps maintenant…*

Le dieu. Celui mentionné par Phobos plus tôt, pour justement expliquer le comportement de mon compagnon. Mais pourquoi ce nom?

*Un imposteur. Le dieu qui a réclamé ton ami a pris une autre identité, une à laquelle il fait confiance...*

*Qu'est-ce qui va lui arriver?*

*La même chose qu’à toi. Anansi va gagner en puissance… et Ntikuma va disparaître.*

C'est mauvais signe. Pire que ça : pour moi, c'est catastrophique. Car c'est ma dernière chance de survie qui se trouve en danger, maintenant. Pourquoi maintenant? Comment ce genre de changement a pu se produire sans que je ne m’en rende compte? L’entité n’a jamais été difficile à convaincre, encore moins à contrôler quand elle était plus réticente… comme au moment de quitter la Grèce…
Après ça, ce n’était plus pareil. Et c’est le seul moment où j’ai laissé Ntikuma sans surveillance.

Était-ce volontaire? Ce sentait-il menacé au point de s’en remettre à un dieu pour se protéger de moi? Moi, je sais qu’il s’agit d’un imposteur; mais lui croit vraiment qu’il s’agit de quelqu’un d’autre, d’Anansi… pas d’un dieu, donc. Si seulement ce n’était pas un odieux mensonge.
Urgh. Il est chanceux que j’aie encore besoin de lui, sinon je pourrais me permettre de faire quelque chose de sensé et partir avant qu’il se décide à m’attaquer.

Une chose m’échappe, pourtant : je me bats contre Phobos depuis bien plus longtemps, pourtant après quelques heures mon compagnon de voyage a déjà cédé. Est-ce possible? Comment Ntikuma savait quoi faire au moment où il a laissé « Anansi » intervenir? Quelque chose s’est-il passé avant?
C’est à Rodorio que tout a basculé… quand je l’ai laissé seul, quand je lui ai donné une raison de s’en remettre à quelqu’un d’autre qui ne craindrait pas Phobos et…
Quand je lui ai retiré son écharpe.

C’est ça qui le protégeait?! Et si je la lui redonne… est-ce qu’il pourrait se libérer? Il n’y a qu’une façon de le savoir. Serrant le bout de tissu avec force, je m’approche des deux entités au moment où mon compagnon tire un long fil rouge de sa cape et le montre à son compagnon avec excitation, tout en lui parlant très rapidement dans cette langue que je ne comprends pas. Tout en hochant la tête, il commence à l’attacher autour de l’arbre à côté d’eux, au moment où je suis suffisamment près pour remarquer la marque autour du tronc, là où il tente de l’attacher… Rapidement, je tends la main, touche le bout de son bras avec l’écharpe dorée, et une décharge de cosmos lumineux lui traverse le corps, mais… ça ne s’arrête pas là.
L’écharpe s’allonge, quitte le bras de l’entité pour s’enrouler autour du fil rouge, comme si elle le dévorait, et prend sa place autour de l’arbre. Aussitôt, un violent étourdissement me prend et tout devient noir. Ça me prend quelques secondes avant de me reprendre, uniquement pour constater que Ntikuma est immobile devant moi, regardant un point invisible au loin. Plus de trace de l’autre homme ni de sa maison, et l’écharpe est de retour entre mes mains, intacte. Le fil est toujours là, mais doré au lieu de rouge, se faufilant à l’intérieur de ma manche… je la remonte, pour constater qu’il passe aussi sous la peau de mon bras, suivant une de mes veines. Comment…?

-ɛtesɛn, Anansi!

Mon compagnon se retourne vivement, fait un grand geste pour saluer un petit homme aux grandes oreilles qui lui sourit, à côté d’une petite maison qui vient d’apparaître près d’un autre arbre. Et il ne se retourne plus.

-ɛtesɛn, Asoaso!

D’un pas enjoué, Ntikuma le rejoint et encore une fois, ils recommencent à parler. Et moi, plus lentement, je le suis, surveillant avec méfiance le fil doré qui, bien heureusement, s’étire à mesure que je m’éloigne. J’ignore ce que ça veut dire, et surtout si ça a vraiment aidé mon compagnon, mais il n’y a plus de chances à prendre. Si je veux le sauver, je vais devoir prendre sa place et voir où l’histoire me mènera.
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Mer 28 Sep - 21:50
Il aura fallu faire ce petit manège huit fois. À chaque fois que le tissu doré entrait en contact avec un autre de ces maudits arbres, je me sentais fatiguer encore un peu plus, un nouveau fil apparaissait sur ma peau comme une nouvelle veine et pendant quelques miraculeuses secondes, l’entité masqué s’immobilisait et se contentait de fixer l’horizon, sans dire un mot… Peut-être est-ce mon imagination qui me joue des tours, mais plus j’avançais, plus ces pauses semblaient durer plus longtemps. Mais peu importe où j’en suis, il recommence comme si de rien n’était, d’une voix qui ne change pas, surnaturelle, qui ne lui appartient qu’à moitié… est-ce que je change vraiment quelque chose en faisant tout ça? Si je me raccrochais à un peu d’espoir au tout début, maintenant je ne suis plus si sûr. Seulement, mes autres options sont inexistantes et une fois le premier fil attaché sous ma peau, je n’ai plus eu le choix d’arrêter.

- ɛtesɛn, Anansi!

- ɛtesɛn, Prako!

La dernière conversation se passe comme toute les autres, énergique et d’apparence inoffensive, et quand Ntikuma vient pour attacher son fil rouge à l’arbre, je le repousse et y met l’écharpe dorée à la place. Un dernier flash, un dernier coup de fatigue, pendant une seconde c’est le noir total, et quand la vue me revient… plus personne. L’encapé n’est plus là, ses « amis » non plus, il n’y a que moi, les arbres, la rivière… et les huit fils qui forment une toile scintillante sous le soleil de plomb. Une toile… il fait de plus en plus chaud, et je ne sens plus du tout la présence de Phobos. À la place… autre chose, pas tout à fait vide, mais qui ne me répond que par le silence. Peu importe où je suis maintenant, il ne m’a pas suivi. Car puis-je vraiment être au même endroit?

-Ce n’est pas tout à fait ce que j’avais prévu…

D’un geste vif, je me retourne, incapable de situer la voix dans ce grand espace. Mon regard se pose enfin sur une énorme araignée posée paresseusement sur l’un des fils d’or. L’insecte est presque aussi gros que mon bras, mais je ne sens pas son poids, et me regarde de ses étranges yeux. La chaleur monte toujours. Je sais de qui il s’agit.

-Anansi. Enfin… celui qui joue le rôle. Je ne peux toujours pas savoir de qui il s’agit?

-Toi? Non. Et mon nouvel hôte ne se doute de rien, je ne souhaite pas que tu lui révèles… Iblis.

- J’ai pris sa place. Qu’est-ce que tu peux faire de plus pour le retenir? Il a demandé de l’aide et il n’aura rien.

-À moins que ton corps ne réussisse à supporter l’énergie de deux dieux, je crois que notre ami aura ce qu’il voudra. Le reprendre sera plus long, mais ça aura valu la peine.

Soudainement, je ressens un pincement au bras. Le fil d’or commence à se tendre, jusqu’à étirer ma peau, mais ne s’arrête pas là. Il tire mes muscles, va jusqu’à mes os… puis les autres commencent à s’activer. Un étrange cliquetis se fait entendre. Éventuellement, mes bras se tendent malgré moi, et j’ai beau résister, rien n’y fait. Ce n’est déjà pas bien agréable… mais ça ne peut qu’empirer.

D'un coup, le rugissement de la rivière m'emplit les oreilles et devient un écho incessant. Une intense brûlure m'assaillit le corps et je ne peux pas m'empêcher de hurler, je n'ai jamais ressenti pareil douleur... c'est plus que sur ma peau, c'est jusque dans mes os, dans mon sang, au point où je finis par me demander s'il en restera quoi que ce soit. Tirées par les fils, mes jambes finissent par se dérober et je me retrouve sur le dos, étourdi, inconscient de ce qui se passe...ai-je fermé les yeux? Ça ne devrait pas être difficile à savoir, et pourtant... un long frisson me parcoure le dos, suivi d'un bref soulagement. De l'eau?

J'aimerais avoir peur. Ça me forcerait à reprendre conscience plus vite.
Le but est probablement que ça n'arrive pas, mais je suis fait plus fort que ça. Difficile de reprendre contact avec la réalité, mais je parviens à me concentrer suffisamment pour y parvenir. Trop de fois, j'ai eu à me battre pour rester à la surface de mon propre corps, cette fois-ci ne peut pas se permettre d'être différente!
La lumière du soleil m'empêche de voir correctement, et quand je tourne la tête j'ai l'impression que tous mes os sont rouillés et vont se briser. Une écœurante odeur de brûlé flotte dans l'air, un mince filet de fumée et de brume m'entoure, mais au-delà de ça...
De minuscules armures noires. Comme des automates, elles tirent les fils en leur direction. Et entre deux d'entre elles... Ntikuma. Debout, bien portant, et plus en colère que jamais.
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Lun 3 Oct - 0:04
-Arrrrgh… Ngh…

Il y avait bien une raison pourquoi me renvoyer ici n’était pas un problème. Même si je trouvais la force de parler correctement sans avoir l’impression d’y perdre toute ma gorge, je ne sais pas s’il m’écouterait. Ntikuma était possédé, peut-être, et ce qui vient de se passer était l’œuvre d’une toute autre personne, mais c’est parce qu’il l’a permis. Il a laissé de son plein gré un autre se servir de son corps, et si l’imposteur n’avait pas pu mettre ce scénario en scène lui-même… peut-être que l’encapé aurait quand même trouvé le moyen de le faire seul. Faible mais créatif, hors de son élément mais loin d’avoir épuisé toutes ses ressources… au final, il m’aura bien eu.

Parmi les armures noires qui tirent inlassablement les huit fils d’or, je reconnais quelques figures : un singe, un lapin, un cochon, un chien… en certains, je reconnais les traits des humanoïdes avec qui le conteur masqué a parlé, sans trop savoir pourquoi ils auraient pris cette forme en particulier. Un élément du folklore africain que j’ignore, sans doute…
Et que je n’aurai probablement pas la chance de connaître.
Les braises dans mes poumons gagnent en chaleur alors que je sens les os de mes épaules se séparer les uns des autres dans une lenteur qui, presque malgré moi, parvient à me faire perdre patience. En plus d’enfin parvenir à me tuer, il doit le faire en prenant son temps?! Ça pourrait durer des jours, jusqu’à temps que j’en ai assez d’avoir mal et que j’accepte tout naturellement la mort.
Je sais ce que ça fait…

*Ressaisis-toi!*

Un grand coup dans le torse, puis le vide. Comme si on avait pris toutes les sensations des dernières minutes et qu’on les avait retirées de mon corps. La raison, froide et implacable, reprend sa place dans mon esprit et mes sens me reviennent, en contrôle, comme s’ils n’étaient jamais partis. Je sais déjà qu’au fond, ce contrôle n’est pas le mien… mais dans la situation où je me trouve, je ne peux pas demander mieux.

*Sale petit dieu mineur. Tu crois pouvoir te débarrasser de moi si facilement?!*

*Un mortel le pourrait…*

Pas le temps d’entendre ces deux-là se disputer. Malgré mon retour à la normale, même Phobos ne peut pas faire disparaître la douleur qui est vraiment là, et puisque je suis en train de me faire écarteler par des armures noires qui bougent par elles-mêmes, si je veux survivre, je dois profiter du peu de temps que j’ai.

-Ntikuma.

L’artisan me regarde, titube. Plutôt que de tirer et me débattre pour rester en vie, je reste immobile, calme, et le regarde directement dans les yeux. Il y a quelques secondes, j’étais la victime, le perdant. Maintenant, je le regarde comme si j’avais déjà gagné.

-Il t’a menti. Qu’est-ce qu’il t’a promis? Que je m’en irais, que ce serait rapide, et que tu n’entendrais plus jamais parler de moi par la suite? Je suis encore là, je te parle encore, et il ne te répondra plus. Son plus grand disciple, et tout ce qu’il voulait, c’était te faire disparaître, comme moi. Comme moi. Il t’a menti.

Il recule un peu, secoue la tête. Bien sûr qu’il ne veut pas y croire. Pourquoi se fier à moi, celui qui n’a aucun respect pour qui que ce soit, alors qu’il est tellement plus facile d’écouter un dieu, son dieu? Sauf qu’Anansi n’est pas un dieu, ne l’a jamais été. Et je dois maintenant le prouver à un fanatique.

-Qu’est-ce qu’il t’a promis d’autre? Un retour à la normale? La liberté de ton village? Plus de puissance? Ce n’est pas lui qui te l’a permis! Ton écharpe l’empêchait de prendre possession de toi, et elle m’a protégé de Phobos. Ce n’est pas lui, Ntikuma. Ça n’a jamais été lui. Tu n’as jamais parlé à Anansi.

Je prends une pause, respire. Je ne pourrai pas tenir bien plus longtemps.

-Tu veux la liberté? Tu veux te venger de ceux qui t’ont pris ce que tu avais? Regarde autour de toi… tu as déjà tous les outils pour le faire. Et il veut te les enlever. Il veut t’enlever tout ce qu’il te reste.

Je m’arrête, respire profondément. Je n’arriverai plus à jouer à ce petit jeu. Mes articulations craquent, grincent, brûlent, et ma voix se perd dans un vague gémissement. Même le dieu panique ne pourra pas m’aider éternellement. J’ai déjà fait tout ce que je pouvais…
J’entends quelque chose tomber dans l’eau. Aussitôt, ma jambe se détend. D’autres éclaboussements s’ensuivent, et en quelques instants je me retrouve complètement libre.
Malheureusement, lui aussi.

*Tu ne sais pas ce que tu veux… Retourne-là où ça ne dérangera personne.*

Le monde s’embrase. Enveloppé de flammes, je sens les minces fils d’or qui me retenaient fondre et s’envoler, portés par l’air chaud. L’écharpe s’effrite entre mes doigts, m’échappe, et pendant une brève seconde je revois la grosse araignée, le dieu imposteur… et j’entends un cri.
Mais après l’épreuve que nous venons tout juste de passer, même lui n’a plus la force de rester éveillé éternellement.
Dès le moment où tout s’éteint autour de moi, je tombe dans l’eau glacée sans avoir le temps d’esquisser un seul mouvement. Le froid intense engourdit mes muscles endoloris et plutôt que de tenter de remonter, je me laisse d’abord porter par le courant, savourant ces longs frissons qui parcourent ma peau, le manque de sensation, et le silence absolu. Si seulement ça pouvait durer plus longtemps… mais il me faut respirer, et c’est en serrant les dents que je remonte à la surface.
L’air entre dans mes poumons avec la force d’un ouragan et je me laisse choir lamentablement sur la berge, tremblant de tous mes membres, incapable de croire à ma chance. J’aurais pu mourir. Pas à cause de Phobos, mais de mon propre allié! Voilà une leçon à retenir… mais j’espère fortement que ça lui aura appris à ne plus faire le malin. La prochaine fois, je le tuerai avant qu’il ne pose problème.

Une odeur de brûlé parvient à mes narines. Je tourne la tête et aperçoit Ntikuma, à plat ventre sur le sol, parfaitement immobile, et entouré de fumée. Presque en rampant, je m’approche, l’attrape par les épaules et le retourne, sans pouvoir m’empêcher de froncer les sourcils. Sa cape est carbonisée, son masque aussi. Il a été atteint de plein fouet par l’explosion de Phobos… Une bonne partie de sa précieuse écharpe a aussi flambé, et sa gorge…
Sa gorge ruisselle de sang.

Tant mieux.
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[Quête] Ad augusta per angusta, partie 4