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WolgornSpectre du Bourreau
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Mer 28 Sep - 23:01
Après la bataille du Sanctuaire, Wolgorn avait perdu les pouvoirs divins qui lui avaient été confiés par Thanatos. Néanmoins, être en contact avec une essence divine lui avait permis de récupérer rapidement de ses combats et de se préparer pour la suite des opérations. Vaincre Athéna et ses adeptes n'était pas suffisant, les Spectres devaient étendre leur influence à travers le monde entier. Ceci fait, l'armée d'Hadès pourrait purger l'humanité et montrer à Athéna à quel point sa lutte était futile et lui prouver qu'elle était devenue plus impuissante qu'un misérable humain. Tous ceux qui avaient osé souiller la Terre, qu'ils soient dieux ou humains, allaient payer pour leurs crimes et pourrir aux tréfonds des Enfers. En ces temps de décadence, seul Hadès était digne de gouverner le monde par sa vertu et sa sagesse.

Pour marquer le retour du plus éclairé des Olympiens, le Bourreau comptait frapper fort en s'emparant de Tel-Aviv, grande cité d'Israël, la Terre Promise par le Seigneur Tout-Puissant ! C'était en ces terres du suprême monothéisme qu'allait s'effectuer la purification de la planète, car Hadès était incontestablement l'ultime envoyé de Dieu, un Archange apportant à la fois lumière et ténèbres ! Il suffisait que Tel-Aviv tombe pour que Jérusalem appartienne aussi aux guerriers infernaux : les chrétiens, les musulmans et les juifs devaient se tourner vers Hadès pour obtenir le Salut et suppléer les Spectres dans leur entreprise de purification de la Terre !
 
L'Exécuteur se tenait devant la mairie de Tel-Aviv, qui ne ressemblait qu'à un vulgaire immeuble parmi tant d'autres, si ce n'était qu'il était plus large que le reste. Situé sur un trottoir à une dizaine de mètres, il demeurait immobile au milieu de la circulation citadine, le visage pensif. Son plan de conquête était simple et classique : prendre la mairie par la force et imposer la domination des Enfers sur la ville. Il n'avait aucune intention de ménager ses effets et prévoyait de faire une démonstration de sa puissance au cas où les mécréants d'Israël auraient du mal à appréhender la situation. Habillé d'un costard-cravate blanc avec chemise noire en dessous, lunettes de soleil vissées au nez et chapeau assorti sur la tête, Wolgorn n'apparaissait pourtant pas disposé à se battre.

D'un pas semblable à celui d'un fauve en chasse, il s'avança lentement vers l'hôtel de ville. Il avait déjà dans son collimateur les agents de sécurité, postés à l'entrée et lourdement armés. Cependant, il réprima son envie de foncer dans le tas en solitaire, car il attendait des renforts pour cette conquête. Suite aux récents coups d'éclat des Spectres, il fallait s'attendre à ce que les autres factions montrent les crocs dès qu'ils feraient un mouvement agressif. Aussi était-il plus prudent de sortir groupé plutôt que de se risquer à subir une embuscade. Du moins le Russe pouvait-il se permettre d'approcher avec vigilance son objectif : les feux d'artifices et les défilés militaires viendraient plus tard.
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Xing HuoSpectre du Cyclope
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Jeu 29 Sep - 18:48
Le philippin plissa les yeux, relevant la présence d'un énième groupe d'ultra-orthodoxes échevelés battant le pavé en lançant à la cantonade leurs imprécations et promesses de fin du monde. Il ne connaissait pas ce pays et encore moins ce genre de ville mais il supposait que ça n'était pas normal ; en tout cas il y avait une différence marquante avec ce que le Dullahan lui avait décrit pour le préparer à sa mission.

Était-ce pourtant si surprenant dans un pays aussi religieux, confronté en même temps que le reste du monde à la plus grande crise de foi de l'Histoire ? Le courroux de Poséidon avait une fois de plus ravagé le monde et le Dieu factice de la Bible était resté tout aussi absent qu'à son habitude, voilà qui avait de quoi en désenchanter plus d'un et laisser les autres dans une transe mystique par laquelle ils tentaient de préserver les derniers fragments de leur credo si violemment réfuté. Au-delà de cet effondrement métaphysique passé en direct sur tous les médias mondiaux et de la ferveur des prêcheurs apocalyptiques dans la rue, Israël avait d'autres problèmes plus concrets. Privée de son accès à la mer et donc du support de l'allié américain venant de la Méditerranée, la Terre Sainte se retrouvait encerclée d'ennemis et de nations avec lesquelles elle partageait une inimitié de longue date. Des nations également très religieuses dont la population devait être au moins aussi agitée que celle de Tel-Aviv.

Xing Huo n'était pas assez calé en géopolitique pour mener un tel raisonnement mais il n'en avait guère besoin : il voyait les signes d'anxiété, de tension, de défiance, de peur. Il voyait l'affolement, les gens acculés cherchant désespérément une échappatoire, l'angoisse et la résignation. Il connaissait ces regards, ces expressions : il en avait été témoin plus d'une fois lorsqu'un nouveau gros poisson arrivait dans le bidonville et commençait à purger ses concurrents, détruisant complètement les équilibres précaires qui faisaient fonctionner tant bien que mal la société des parias. Il y avait des différences mais aussi beaucoup de points communs avec ce qu'il se passait dans cette cité.

Le Cyclope était satisfait de son petit tour d'horizon, ça valait la peine d'être arrivé ici en avance et d'avoir passé quelques heures à faire le tour du propriétaire pour évacuer son trop-plein d'énergie. Le port et les plages désertes, les lieux de culte pleins à craquer, les yeux qui avaient perdu leur lumière ou brillaient au contraire de l'éclat fou du fanatisme... La situation était explosive et si les Spectres se débrouillaient bien la ville leur tomberait entre les mains comme un fruit mûr. Il allait pouvoir se rendre utile, une bénédiction après la conclusion insatisfaisante des événements du Sanctuaire.

Le vieil homme arriva finalement face à l'hôtel de ville. Wolgorn semblait avoir perdu patience et s'avançait déjà vers les portes ; le philippin pressa le pas pour le rejoindre, détaillant les agents de sécurité. Mazette, ils ne plaisantaient pas : il s'était souvent trouvé du mauvais côté d'un fusil d'assaut, il savait les dégâts que ça pouvait faire... ces factionnaires étaient parés pour la guerre. Et pourtant.

« Les pauvres, ça les sauvera pas. On fait comment ? On parle d'abord ou on rentre dans le lard tout de suite ? » demanda-t-il avant de se rappeler ses manières. « Content de vous voir rétabli au fait. »

Les deux Spectres Terrestres avaient beau ne pas être habillés pour l'action, ça n'avait pas d'importance s'ils n'avaient qu'à neutraliser de simples humains. Bon, ça énerverait sans doute la gamine par contre, elle qui avait consacré tant de temps – et de jurons – à rendre l'ancêtre présentable en lui trouvant ce beau costard tout noir au lieu de ses jeans et t-shirts habituels. Elle avait même réussi à plier le foulard teinté de sang qu'il gardait en permanence pour en faire une imitation de pochette, si ça c'était pas adorable... Oui, mieux valait essayer d'abord l'approche « diplomatique », comme ça il aurait une excuse quand il rentrerait couvert de sang et de tripes.

Prenant son air le plus inoffensif et le plus aimable – ce qui se traduisit par le genre de sourire qui fait invariablement pleurer les petits enfants – Xing Huo s'approcha des gardes, qui levèrent la main pour signifier aux infernaux de s'arrêter.

« Halte, personne ne rentre sans autorisation ! Déclinez votre identité et les motifs de votre visite je vous prie. » énonça le planton armé en injectant autant d'autorité que possible dans sa voix. Il avait l'air fatigué ce petit jeune et à y regarder de plus près son uniforme portait des traces de lutte. Est-ce qu'il s'était colleté avec les zélotes hurleurs ? La mairie avait-elle subi un siège, des attaques ? Intéressant... sauf que s'ils devaient en venir aux mains le bâtiment n'allait pas sortir entier de cette attaque-ci.

« On vient pour affaires, mon associé et moi. » dit le vieillard en tendant une carte de visite d'une des sociétés-marionnettes de Thanatos. On lui avait expliqué qu'il fallait qu'ils aient quelque chose pour servir de sauf-conduit mais qu'il ne fallait pas qu'on puisse remonter jusqu'à Malik al-Aswad au cas où ça deviendrait violent... Le Faucheur pensait à tout. « Wolgorn Botcharov et Xing Huo de Guardhound Ltd. On a entendu que votre belle ville avait des... petits problèmes d'ordre public et on vient proposer un contrat de sécurité et d'armement à monsieur le Maire. »

Ben quoi, c'était pas un mensonge techniquement. En plus maintenant qu'ils étaient si près, on voyait bien que l'édifice municipale avait quelques vitres cassées et que les murs avaient été nettoyés... il restait des petits bouts de tags çà et là. Ça avait des chances de marcher. Sinon... tant pis, Tel-Aviv allait changer de maître d'une manière ou d'une autre.
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WolgornSpectre du Bourreau
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Sam 1 Oct - 14:17
Le Cyclope, lui aussi vêtu d'un élégant costard, rejoignit Wolgorn tandis qu'il se dirigeait vers l'entrée de la mairie. Les passants évitèrent de se mettre sur leur passage, inquiétés par leur allure patibulaire. Parvenus devant les agents de sécurité, ceux-ci stoppèrent les Spectres dans leur approche et les interrogèrent sur leur identité et le motif de leur présence. Pitoyable, ils essayaient d'imposer l'autorité avec leurs fusils d'assaut et leurs mitrailleuses, mais l’Exécuteur ne craignait pas ces armes et même les vigiles ne semblaient plus y croire. Entre tous ces attentats, ces terroristes islamistes et ces juifs ultra-orthodoxes, leur quincaillerie en était devenue inutile tant la menace était omniprésente. Mais le Bourreau n'était pas venu pour s'apitoyer sur ces gardes, mais pour les soumettre à son pouvoir.
 
Xing Huo présenta les Étoiles Terrestres comme des envoyés de la Guardhound Ltd., une société appartenant à l'hôte de Thanatos. Il comptait les infiltrer sous couvert d'affaires, ce qui ne plaisait guère au Russe, qui préférait une méthode plus directe. Mais tant pis, si cela permettait d'accéder au bureau du maire sans se fatiguer, autant y mettre de la bonne volonté et essayer. Reste qu'être appelé "associé" par le vieillard le révulsait, même s'il savait pertinemment que ce n'était qu'un mensonge. Wolgorn se considérait comme supérieur à ses confrères et n'appréciait pas que ceux-ci le classent dans la même ligue qu'eux. Durant la Guerre Sainte, il avait d'ailleurs laissé glisser pas mal de remarques insolentes de leur part, un oubli qu'il s'empresserait de rectifier plus tard. Après tout, il avait bien discipliné Oblivion : pourquoi ne le ferait-il pas avec Rogos, Andréa et Xing Huo ? Mais cela devait attendre pour l'instant, les vigiles vérifiant si les deux Spectres ne tentaient pas de les enfumer.
 
L'un des agents de sécurité appela le secrétariat et demanda si le maire avait bien un rendez-vous prévu avec la Guardhound Ltd. Après avoir reçu confirmation, les gardes abaissèrent leurs armes et laissèrent les Étoiles Terrestres entrer. N'ayant plus besoin de se prémunir du soleil, Wolgorn enleva ses ray-bans et son chapeau une fois à l'intérieur du bâtiment. Ils furent ensuite accueillis par un adjoint avec lequel ils échangèrent brièvement quelques politesses. Ceci étant, il les guida diligemment jusqu'au bureau du maire et les informa en chemin que des envoyés du gouvernement étaient sur place. Manifestement, l’État d'Israël était tellement aux abois qu'il était prêt à marchander avec n'importe qui pour assurer sa sécurité. Tant mieux, les Spectres pourraient le soumettre plus facilement sous couvert de le protéger. Mais le problème était que l'Exécuteur n'avait aucune envie de défendre Israël, juste de raser le pays dans l'instant. Néanmoins, il devait se faire à l'idée qu'il était préférable d'unifier la planète avant de la purifier de l'humanité scélérate.
 
Arrivés au bureau du maire, Le Bourreau et le Cyclope furent présentés au maire de Tel-Aviv et aux deux envoyés du gouvernement. Ces deux loustics devaient forcément avoir une relation avec la police et l'armée, sinon ils ne seraient pas là. Rebelote de politesses et mondanités, avant que le maire n'invite les Étoiles Terrestres à s'asseoir. Au préalable, Wolgorn demanda à ce que les stores soient fermés, le soleil brillant en plein de leur côté de l'immeuble. Ceci fait et chacun confortablement installé, le maire engagea la conversation :

"Messieurs, c'est un plaisir de vous recevoir. J'ai pu consulter votre catalogue en profondeur et je dois dire que le nombre et la qualité des services et équipements que vous offrez sont très impressionnants. Voyez-vous, avec tous ces fondamentalistes, adeptes de l'Apocalypse et Éveillés, notre pays est cerné de toute part, aussi comprendrez-vous qu'il nous faut de quoi nous défendre."

L'élu avait un certain embonpoint, était mal rasé et suait abondamment, sans compter ses cernes résultant de nuits blanches et de stress accumulé. Lui et les deux envoyés du gouvernement n'en menaient pas large face aux Spectres, bien attifés malgré leur âge ou l'état de leur corps. Ils devaient sans doute prendre le Bourreau avec un homme approchant la soixantaine et vieillissant bien, alors qu'il n'était même pas trentenaire. Ce dernier sentait qu'il pouvait écraser facilement ces misérables humains entre ses mains et leur dérober le pouvoir, mais ce n'était pas encore le moment de se révéler.

"Humpf... Et encore, notre catalogue ou les expositions ne montrent pas tout ce que nous avons réellement en stock."
dit le Russe, un rictus sinistre aux lèvres.

Sur cette phrase, il se tut et laissa Xing Huo parler, puisqu'il était officiellement le patron dans cette transaction. Wolgorn imaginait avec impatience les tronches déconfites qu'allaient tirer ces politiciens en apprenant que les armes de la Guardhound Ltd. comprenaient des Spectres endurcis, dont la force dépassait largement celle de quasiment tout l'arsenal nord-américain.
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Xing HuoSpectre du Cyclope
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Dim 2 Oct - 17:13
Ça s'était plutôt bien passé tout compte fait : ils étaient rentrés assez vite et on les avait immédiatement envoyés parler au maire et à ses invités, ils allaient pouvoir passer directement au vif du sujet sans perdre leur temps dans les méandres de l'administration. Alors pourquoi cet air d'insatisfaction et de désapprobation émanait-il du Bourreau ? La méthode déplaisait-elle au colosse ? Ce n'était pourtant pas la faute du vieillard si les ordres de Sa Seigneurie étaient de faire le moins de vagues possible et de tenter d'abord l'approche discrète employée avec succès à Los Angeles et Lochranza plutôt que de faire du rentre-dedans dans le plus pur style Marinas. Pour un chevalier, Israël n'était qu'à deux pas de la Grèce et il était préférable d'éviter d'attirer l'attention des Saints. Ils n'avaient pas peur d'eux, oh ça non, seulement le Faucheur souhaitait éviter les pertes de temps et dommages collatéraux inutiles.

Il faudrait donc se résigner à cette mascarade, quand bien même l'envie d'échapper aux discussions en défonçant quelques crânes se faisait également sentir chez le philippin. Lorsque tête de lard numéro 1 eut terminé de s'épancher et que Wolgorn lui eut répondu, Xing Huo comprit que son supérieur le laissait parler. Pourquoi, le russe était bien meilleur orateur, est-ce qu'il avait fait quelque chose de mal ? Bon ben pas le choix alors... Il se repassa mentalement l'argumentaire élaboré avec l'aide de ses deux autres collègues Terrestres – le Cyclope ayant fourni les grandes lignes avant que Liche et Dullahan ne se chargent de traduire les idées en paroles à peu près éloquentes qu'il avait retenues avec le même mélange paradoxal d'application et de mauvaise grâce qu'un écolier révisant ses tables de multiplication. Bon, il n'avait rien oublié, ça devrait le faire.

« Vous ne serez pas déçus, messieurs. » débuta-t-il en fixant tour à tour les trois officiels. Les prétendus hommes de pouvoir présentaient clairement beaucoup moins bien qu'à leur habitude et ça les rendait inconfortables : être bien sapés était censé représenter une marque de statut, conférer une sorte d'aura de dignité, de sérieux qui leur donnait un avantage symbolique sur leurs interlocuteurs. Pas en ce moment : la dynamique était renversée, aucun voile des apparences ne venait dissimuler leur véritable situation, celle de naufragés dépassés et malmenés par le flot des événements. Les Spectres n'étaient pas des représentants de commerce venus quémander un contrat, ils étaient les sauveurs providentiels d'un royaume en perdition. C'était bizarrement similaire à la sensation qu'il ressentait en voyant un gangster au clapet rabattu ramper à ses pieds en implorant sa pitié... et tout ça pour une histoire de vêtements et d'hygiène corporelle. Bizarre, mais l'ancêtre ne se laissa pas distraire plus avant.

« Notre société ne propose pas que des armes, des outils et des gros bras, ça tout le monde peut le faire. Nous nous apportons une méthode, une expertise, des stratégies et ça ne se décrit pas dans un catalogue, il faut voir pour comprendre. Nous sommes experts dans le maintien de l'ordre, que ça soit au niveau d'une ville avec du simple travail de police ou au niveau d'un pays en écrasant rebelles à l'intérieur et envahisseurs à l'extérieur. Nous garantissons des résultats qu'aucune entreprise concurrente ne saurait égaler. »

Tête de lard numéro 2 – l'un des envoyés du gouvernement – n'avait pas l'air convaincu. La quarantaine bien tapée, sa jambe était agitée de tics nerveux, sa cravate était de travers, ses ongles rongés et ses yeux injectés de sang. Lorsqu'il prit la parole, son haleine charria une distincte odeur d'alcool. Pas très professionnel.

« Vraiment ? Excusez-moi, je ne me suis pas présenté, Léonard Cohen, sous-secrétaire du Ministère de la Sécurité Intérieure... La situation ici est grave, très grave. Sans précédent même. Nous avons dû faire appel à l'armée pour assister la police et ça n'a fait qu'envenimer les choses. Si même Tsahal ne peut pas nous sortir de ce bourbier, je serais curieux de connaître ces fameuses méthodes. »

Une curiosité tout à fait légitime, sauf que le Cyclope n'appréciait pas d'être interrompu, ça le déconcentrait dans sa récitation. Le vieil homme résista à l'envie d'incruster le visage du sous-machin dans la table et répondit à la question.

« Plus personne ne respecte votre autorité, il faut donc la rétablir. Vous êtes trop coulants avec ces illuminés qui prêchent et menacent dans la rue, qui vont jusqu'à s'attaquer à ce bâtiment... Le reste de la population voit ça et le prend pour de la faiblesse. Ce que nous allons faire c'est rappeler à tout ce petit monde qui est le patron, leur réapprendre la peur de l'autorité. Et pour ça pas de pitié pour les agitateurs et les criminels. Vous voyez il y a deux sortes de peur que vous pouvez inspirer : celle qui fait dire aux gens « Mon Dieu, ces types sont des monstres mais on a trop la trouille pour se révolter » et celle qui fait dire « La vache, heureusement qu'ils sont de notre côté, faisons en sorte que ça reste le cas ». Il faut éviter de tomber dans le premier cas et rechercher le second, c'est un peu délicat mais notre organisation n'a pas son pareil pour ça. »

Tout le monde le regardait comme s'il venait de sortir une énormité. Allons bon, qu'est-ce qui n'allait pas ? C'était à la fin n'est-ce pas, quand il avait laissé glisser le niveau de langage ? Bon, Wolgorn pouvait toujours rattraper le coup.
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WolgornSpectre du Bourreau
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Mer 5 Oct - 16:41
Xing Huo fit la présentation commerciale des services de la Guardhound Ltd. avec brio, avant de s'embourber avec une tirade digne d'un adolescent attardé. Misère, autant tomber le masque immédiatement si c'était pour se ridiculiser ainsi. Et l'autre abruti de Cohen, avec sa dégaine de chihuahua névrosé en insuffisance cardiaque, qui étalait son pessimisme devant les Spectres. S'il savait qui ils étaient réellement, il ne ferait pas autant son malin, surtout compte tenu qu'il n'était pas en position d'être désobligeant avec un magnat de l'industrie militaire. Vu l'air dubitatif des fonctionnaires israéliens suite au discours du Cyclope, Wolgorn jugea qu'il était l'heure d'arrêter les frais et de faire une démonstration concrète. Son credo était la conquête par la force et la punition des pécheurs, pas le dialogue amical avec des politicards corrompus. Pour signifier qu'il allait prendre la parole, le Bourreau fit craquer ses doigts, se racla la gorge et se lança :
 
"Ce que veut dire mon collègue, c'est que nous proposons à nos clients une puissance capable de mater n'importe quelle menace sans que personne ne la conteste, car elle fait force de loi."
 
"Faire force de loi ?" ricana le partenaire de Cohen. "Écoutez Monsieur Botcharov, je sais que la Guardhound est une puissante société, mais vous n'avez pas les moyens de vous substituer à nos institutions. Allons, cessez votre rhétorique commerciale et venez-en à quelque chose de concret. Vous voyez bien que notre pays ne souffre pas que nous perdions du temps en belles paroles."
 
Irrité par cette interruption inopportune, l'Exécuteur jeta un regard noir au politicien, le glaçant d'effroi. Il se calma néanmoins et afficha un large sourire, avant de se lever de son fauteuil et de déambuler nonchalamment dans le bureau. Il souleva ensuite discrètement un store du doigt pour observer le paysage urbain puis avisa le maire et ses compères.
 
"Nous allions y venir..." déclara Wolgorn d'une voix ferme. "Mais je ne vais pas présenter notre meilleur produit sans le descriptif approprié, ce serait cavalier et perturbant. Ce dont je vous parle est ni plus ni moins que le pouvoir de Dieu !"
 
A la fois hébétés et exaspérés par cette annonce, les trois fonctionnaires froncèrent les sourcils et s'échangèrent des œillades circonspectes. Le collègue de Cohen tenta de répondre à ce qui relevait pour lui du délire, lorsque l'expression faciale du Russe changea subitement. Son visage s'était mué en celui d'un démon, défiguré par les rides et les veines tortueuses générées par sa colère. Devant cette vision d'horreur, les Israéliens ne purent crier tant leurs gorges s'étaient nouées. Pétrifiés et enfoncés dans leurs sièges, ils virent avec terreur le Surplis du Bourreau jaillir des ombres et recouvrir son propriétaire.

Un monstre colossal se tenait désormais face à eux, les surplombant de sa stature et les jugeant de son regard inquisiteur. Les yeux de braise de l'Exécuteur transpercèrent l'âme des fonctionnaires tel un glaive chauffé à blanc. Maintenant qu'il avait obtenu toute leur attention, il continua sa logorrhée d'un ton solennel :

"Nous sommes les Spectres de sa Majesté Hadès, Empereur des Enfers ! Nous sommes les détenteurs du Jugement Divin, les agents au service de Dieu Tout-Puissant ! Nous sommes une armée de surhommes dont la puissance a de loin surpassé celle de l'arsenal militaire moderne, et ce depuis des éons ! Bombardez-nous comme vous le voulez de missiles nucléaires, nous nous en relèverons alors que l'humanité ne sera plus que cendres ! Notre armée ne craint pas la Mort, car elle est de notre côté ! Nous sommes les guerriers ultimes, les seuls qui puissent dispenser à ce monde décadent protection et justice !"

Sans crier gare, Wolgorn agrippa par la gorge les deux sous-secrétaires et les souleva du sol. Les malheureux se débattirent vainement, étouffant sous la poigne d'acier de l’Étoile de l'Exécution. Il pouvait éliminer si facilement ces politiciens véreux, mais il ne le ferait pas, car il avait besoin d'eux pour transmettre au Premier Ministre qui étaient les nouveaux maîtres d'Israël.

"Et sachez que la Justice ne supporte pas vos viles manigances !" rugit le Russe. "Combien de gens avez-vous fait souffrir en croyant assurer la sécurité de votre pays, alors que vous n'avez fait que le mettre plus en danger ?! Le Sérénissime Hadès, détenteur de la parole de Dieu, a décidé qu'il était temps de remettre Israël sur le droit chemin ! Tout le Moyen-Orient se prosternera sous son règne éclairé ! Tous les pécheurs, charlatans et blasphémateurs seront finalement châtiés pour avoir souillé le nom de Dieu par leur folie !"

Le maire, qui avait échappé jusqu'ici à sa violence, tremblotait comme une feuille, haletait bruyamment et ruisselait de sueur. Voilà que les Spectres, les pires de tous les fanatiques recensés parmi les Éveillés, s'attaquaient à Tel-Aviv et à son pays tout entier ! C'était un cauchemar, ce n'était pas possible autrement, il allait bien finir par se réveiller à un moment donné ! Mais si ce n'était pas le cas et que l'arrivée des émissaires infernaux était réelle, cela signait-il donc la fin d'Israël ? Il aurait pourtant dû s'y attendre suite au passage de ces démons à Kaboul, mais il refusait de songer que cela puisse se produire chez lui... C'était inconcevable : il ne voulait pas mourir, il ne le pouvait pas, ce serait trop injuste après avoir lutté toutes ces années pour conserver son poste et sa ville intacte !
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Xing HuoSpectre du Cyclope
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Ven 7 Oct - 11:36
Agacé par l'incompétence verbale du vieillard ainsi que par les objections de Cohen, Wolgorn avait décidé de se révéler sous son véritable jour, imposant à tous la vision du Démon de la Justice Infernale. Enfin, une version au rabais en tout cas : jamais l'édile et la paire d'envoyés du gouvernement n'auraient pu survivre à l'expérience de la réelle puissance du Bourreau. Ne souhaitant pas être complètement en reste, Xing Huo se leva pendant que son supérieur de fait exposait la situation aux soi-disant hommes de pouvoir. Contribuant discrètement au discours, le Cyclope démontra sa force en soulevant d'une main la table pourtant vissée au sol, arrachant une partie du plancher avant de s'en servir pour obstruer la porte. Personne ne viendrait les déranger et personne ne s'échapperait, non qu'ils auraient eu la moindre difficulté à rattraper un fuyard ou à étriller une quelconque équipe de sécurité.

Cela fait, le vieil homme revêtit à son tour son Surplis rouge sombre et se posta derrière l'Exécuteur, attendant la fin du réquisitoire. Il avait déjà été témoin des tendances moralisatrices du colosse et Rogos l'avait informé qu'il s'agissait bien d'un trait récurrent chez lui mais il restait admiratif devant cette verve. Les politiciens se liquéfiaient littéralement de trouille et la poigne impitoyable enserrant la gorge de deux d'entre eux ne les aidait pas à formuler des réponses cohérentes.

Tête de lard numéro 3 paraissait toutefois plus courageux – ou stupide – que ses compatriotes. Malgré la pression exercée par la main du russe, il parvint à émettre ce qui ressemblait à une exclamation de défiance, en plus étranglé :

« Vous... akh ! Vous allez faire comme à Tokyo ? Uuuuuuuuurgh... vous allez massacrer tout le monde ? On vous laissera pas... aaaaah... faire... »

Pas très malin de sa part. Le maire se recroquevilla en entendant cela, certain que Wolgorn allait les massacrer pour cette insolence. Ça restait à voir, le géant en jugerait. En attendant le philippin prit la parole, content de ne plus avoir à se cacher derrière des faux-semblants :

« Vous prenez Sa Majesté pour Poséidon ou quoi ? Notre Seigneur est sévère mais juste par-dessus tout ! S'Il décide de détruire cette ville c'est qu'elle l'aura mérité mais en attendant Il nous envoie rétablir l'ordre. Nous userons de la force nécessaire pour que la chienlit rentre dans le rang, ni plus ni moins : sans merci et sans cruauté inutile... je dis bien inutile. Quant à une résistance de votre part... en admettant que vous puissiez nous tuer, répéter cet exploit un million de fois ne changerait rien à votre sort final, mettez-vous bien ça dans le crâne ! Vous ne vous opposeriez pas à une simple armée mais à une loi de l'univers inexorable et toute-puissante ! »

Xing Huo acheva cette intervention en se saisissant de l'élu qui tentait futilement de mettre son bureau entre sa pauvre petite personne et le duo de Spectres. Il l'attrapa et le força à bien regarder la silhouette démoniaque du Bourreau tandis que l'homme renonçait finalement à se défendre. Tant mieux, toute tentative aurait été vaine de toute façon.

« Les Enfers vous font l'insigne honneur de vous envoyer leur meilleur guerrier, je vous conseille d'apprécier. Maintenant il y a plusieurs options, remerciez-en l'infinie générosité de Sa Majesté : la moins perturbante serait que nous envoyions nos soldats mettre fin à ce désordre dehors avec votre pleine et entière coopération. Ensemble, nous réprimons fermement et définitivement cette insurrection, envoyons les fauteurs de trouble pourrir en prison et étouffons toute dissidence. La plus perturbante serait que nous sortions nous-mêmes l'armure sur le dos histoire de montrer à ces zélotes qui a vraiment le soutien de Dieu : nous prouverons à tous l'impuissance et l'inexistence de cette idole à laquelle vous attribuez le suprême pouvoir de Sa Majesté sans même réellement respecter ses prétendus commandements. Il y a des possibilités intermédiaires mais dans tous les cas ce capharnaüm prend fin immédiatement et ouvertement ou non cette terre suivra désormais à la lettre les lois de Son Altesse, le puissant et magnanime Hadès... Et ça s'applique à tous : riches et pauvres, puissants et faibles, juifs et non-juifs, israéliens et palestiniens, compris ?! »

Les Spectres avaient leur préférence en la matière cependant les ordres étaient les ordres : éviter si possible de trop attirer l'attention. Si possible. Il avait toutefois le sentiment d'oublier quelque chose... ah oui, l'ultime avertissement. Il réussit à déguiser son silence en pause dramatique avant d'ajouter :

« Dans le cas où nous choisirions d'opérer avec discrétion, comprenez bien que vous ne devrez révéler la vérité à personne. Notre Roi est le seul et unique Juge des Âmes, Il sait toujours quand l'un de Ses commandements est transgressé. » Comme le Père Noël en beaucoup plus effrayant, s'abstint-il d'ajouter. Ça n'aurait pas plu à Wolgorn. « La décision appartient à mon supérieur ici-présent. Si vous comptez essayer d'influencer son choix, je vous conseille de bien peser vos mots. »

La menace avait beau être implicite, elle n'en était pas moins évidente. Même s'il était davantage dans son élément ici à faire craquer des gens, Xing Huo ressentait toujours une pointe d'impatience... Il voulait l'occasion d'aller terroriser la foule, lui imposer la sainte crainte des Enfers, lui faire livrer les agitateurs, pourquoi pas en brisant quelques membres au passage, avant de les équarrir en place publique pour faire un exemple ! En cet instant tout était suspendu au verdict du Bourreau, souverain en cette pièce, terrible et majestueux face à ces hommes politiques tremblants et plus pathétiques que jamais.
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Sam 8 Oct - 17:29
Si deux des interlocuteurs des Spectres avaient plus ou moins entravé qu'il ne fallait pas s'opposer à eux, un montrait encore des signes de résistance. Pour le remettre à sa place, Xing Huo compléta le discours de Wolgorn, révélant à son tour sa véritable apparence. Cependant, Le Bourreau n'était pas d'accord avec son propos impliquant qu'Hadès était l'équivalent de Dieu, car il savait à quel point le Monarque Sombre était un être à la fois généreux, impitoyable, majestueux et humble. Si Hadès voulait éradiquer toute existence de la surface de la Terre et nettoyer le Cosmos de la souillure matérielle, c'était pour retrouver la perfection et l'unicité de Dieu. Du moins était-ce la sensation que l’Étoile Maléfique de l'Exécuteur lui inspirait, mais il n'avait aucune raison d'en douter. Un projet d'une telle ampleur, susceptible de ramener définitivement l'Ordre dans l'univers était l'évidence même !

Mais comme assommer ces mécréants de paroles n'était pas suffisant, Wolgorn décida qu'il était temps de faire une démonstration de "violence utile". Il relâcha donc brutalement les secrétaires ministériels, ouvrit une fenêtre et scruta le paysage, à la recherche d'une cible à détruire. Il remarqua un immeuble à environ deux kilomètres, suffisamment haut à son goût bien qu'ordinaire à Tel-Aviv. Ce bâtiment n'avait rien de spécial et ne méritait apparemment pas que l'on s'y attarde, mais son malheur était simplement d'être là : un exemple parfait pour illustrer le message que le Bourreau comptait transmettre à ses trois otages. Qu'importe le statut des victimes, car elles étaient toutes pécheresses aux yeux des Spectres.

"Q-Qu'est-ce que vous faites ?" bafouilla le maire.

"Comme vous n'avez pas l'air prêts à vous soumettre à notre autorité, j'ai décidé de faire une mise au point." rétorqua froidement le Russe. "Vous voyez cet immeuble là-bas ?"

Il pointa du doigt l'édifice en question et les politiciens essayèrent de l'identifier, mais il y en avait tellement qu'ils n'y parvinrent pas. Un grondement caverneux s'échappa du casque de Wolgorn, qui leur déclara :

"Moi pas."

L'instant suivant, il serra le poing et un flash lumineux s'en dégagea, suivi d'une détonation assourdissante. Premièrement aveuglés par la lumière du Bourreau, le maire et ses compères ouvrirent lentement les yeux et comprirent ce qu'il s'était passé. Au loin, le bâtiment que l'Exécuteur avait visé s'effondra intégralement, frappé à mi-hauteur afin que la partie supérieure s'écrase en contrebas.

BGM- https://www.youtube.com/watch?v=0DBv1tz7ATY -BGM

Les fonctionnaires contemplèrent la scène avec horreur, songeant aux dégâts découlant de cet acte. Les gens résidant à l'intérieur de l'immeuble et les passants malchanceux, écrasés ou bombardés par les éclats, devaient certainement être morts ou au mieux gravement blessés à l'heure actuelle... Et dire que ce Spectre avait causé un tel carnage avec une seule main !

"Avec ma puissance, il m'est aisé de provoquer de tels ravages !" se rengorgea Wolgorn. "Ma force surpasse de loin celle des Chevaliers d'Or, la crème du Sanctuaire d'Athéna ! Mais Athéna ne peut plus vous protéger, car elle a renoncé à l'humanité ! Si ça me chante, je suis capable de raser Tel-Aviv en moins d'une journée ! C'est le sort que je vous réserve si vous refusez de vous incliner devant la suprématie de l'Auguste Hadès !"

Il appuya ses paroles en déployant son aura démoniaque, dont la simple vision reflétait la terreur abyssale de l'Inframonde. Il se pencha ensuite vers les Israéliens, semblables à des cafards rampant au sol, les dominant de sa silhouette méphistophélique. Le faux visage du masque du Bourreau traduisait sa fureur et la lourdeur des menaces qui pesaient sur eux. De sa main droite se matérialisa un papillon ténébreux, qu'il s'empressa de présenter à ses otages :

"Avec cette fée, je suis capable d'appeler à n'importe quel moment une horde de Squelettes, qui ne tarderont pas à investir la ville et à décimer la population entière ! Dès que nous avons mis le pied à Tel-Aviv, cette cité était déjà tombée sous notre contrôle ! Vous n'avez plus aucune échappatoire : c'est obéir ou mourir ! Le Salut ou la Damnation !"

Terrifiés par la monstruosité de l'Exécuteur et les conséquences potentielles des options qui leur étaient imposées, les fonctionnaires tremblaient et paraissaient au bord de la crise cardiaque. Ils transpiraient la peur par tous les pores et étaient ébranlés jusqu'à la moindre fibre de leur être. D'eux ne restaient que de misérables caricatures d'humains, dont les traits étaient ridiculement exagérés par le profond effroi qu'ils ressentaient et enduraient. Ils avaient l'atroce impression que leur substance était aspirée par Wolgorn, telle une abomination se nourrissant des souffrances d'autrui.
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Xing HuoSpectre du Cyclope
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Dim 9 Oct - 20:51
Et dire que c'était censé être son rôle à lui de violenter et terroriser l'opposition... En voyant cette démonstration de la force et de l'implacabilité du Bourreau, Xing Huo ne put que se sentir superflu. Pas redondant, superflu. Le Cyclope ne pouvait surenchérir sur cette débauche de violence, pâlissait en comparaison et en était réduit à assumer le rôle du gentil flic... Pour autant qu'un Spectre puisse faire figure de « gentil » mais à côté de la franche monstruosité de l'Exécuteur, il avait presque l'air amical.

Que ce soit cela qui le dérange, plus que la perte de tant de vies innocentes... cela signifiait-il qu'il avait changé, perdu toute empathie, toute humanité ? Non, il désapprouvait toujours ce genre d'actes mais il en comprenait la nécessité. Il avait eu plus de cinquante ans pour apprendre qu'on ne fait pas d'omelettes sans casser des œufs, il l'avait accepté avant-même de devenir un guerrier d'Hadès. On ne pouvait pas toujours se contenter de ne massacrer que les enfoirés. C'était le même principe à plus grande échelle : quand on souhaitait rétablir l'ordre dans un pays entier, les sacrifices étaient forcément plus importants que quand on le faisait dans un simple bidonville... Et ils le seraient plus encore lorsqu'Hadès rendrait Son divin Jugement. S'Il décidait dans Son infinie sagesse que l'humanité était au-delà de toute rédemption, que cette planète ne pouvait plus supporter sa présence, l’Étoile Terrestre de la Brutalité était prête à abréger les souffrances de ce monde corrompu en versant le sang de millions d'innocents. Il ne le ferait pas de gaieté de cœur mais si c'était le seul choix pour limiter la casse à l'échelle du Cosmos tout entier, qu'il en soit ainsi !

L'ancêtre maintint une façade inflexible en relevant les trois hommes horrifiés. C'était à lui qu'échoyait le rôle de présenter la solution au problème auquel ils faisaient face. Il aurait mille fois préféré faire face à l'ennemi sur le champ de bataille, là où il n'avait pas à se poser de questions et pouvait s'oublier totalement dans le moment présent... Cependant les Spectres n'avaient pas le luxe de choisir leurs ordres.

« Ce à quoi vous venez d'assister, c'est la preuve que nous ne plaisantons pas. Défiez la loi de Sa Majesté et nous mettrons ce pays à feu et à sang. L'apocalypse n'étant pas à l'ordre du jour, on peut toutefois éviter ça à condition que cette terre et les gens qui y vivent fassent tout leur possible pour commencer à mériter un peu ce qualificatif si pompeux de « peuple élu de Dieu » que vous vous êtes arrogés. Vous allez instaurer la loi martiale grâce à ce beau prétexte que nous venons de vous donner... » dit-il en désignant la colonne de fumée et de poussière s'élevant de l'immeuble en ruines, « et vous allez vous comporter en exemple pour le monde entier. Guerre, crime, corruption, injustice, inégalités... vous faites disparaître tout ça. Nos soldats vous assisteront et vous auront à l’œil. Et rappelez-vous, pas un mot de tout ça à qui que ce soit sans notre autorisation, sinon... »

Laissant planer cette énième menace, le Cyclope retourna vers la porte qu'il débloqua en enlevant la table avant de la remettre à sa place. Les hommes politiques étaient tétanisés, la ville retentissait des sirènes des pompiers, des ambulances et de la police. Les cris d'alarme s'entendaient d'ici et depuis la fenêtre on pouvait assister à la propagation d'un nuage de poussière qui recouvrait lentement tout un quartier. Ils devaient en avoir fini ici, à moins que son supérieur n'ait encore à faire avec ces loques humaines à l'arrogance brisée ? Quoique non, il restait deux-trois détails à régler...

« Bien sûr vous irez avertir votre Premier Ministre et autres collaborateurs nécessaires. Répétez-leur notre avertissement. Si un seul d'entre vous dérape, ça retombera sur le pays entier... Et une fois que la foule sera suffisamment désespérée et en colère, nous lui livrerons le nom du responsable. Nous arrêterons notre action juste le temps de voir la balance et sa famille se faire mettre en pièces par la populace. Pensez bien à ça... Ah, et remettez un peu d'ordre dans votre tenue, vous ne ressemblez plus à rien. Essayez de ne pas avoir l'air trop secoués, vous savez ce qui en dépend. »

Perdus et défaits, le maire et les deux hauts fonctionnaires ne parvinrent pas à s'extraire du mutisme choqué dans lequel ils étaient plongés depuis quelques minutes. Lentement, très lentement, ils ne purent qu'acquiescer sans un bruit, terrifiés et quelque part soulagés de savoir qu'ils allaient être épargnés... Mais dans le même temps ils firent l'expérience d'une honte et d'une culpabilité sans pareilles...
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WolgornSpectre du Bourreau
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Sam 15 Oct - 22:48
Suite au carnage perpétré par Wolgorn, Xing Huo résuma parfaitement la situation aux politiciens et la conduite à tenir sous le règne des Spectres. Il ordonna aussi que soit déclarée la loi martiale et n'oublia pas d'induire qu'elle se ferait en accord avec les intérêts infernaux. Le Cyclope n'était pas très direct avec les menaces, mais la lourdeur de son ton permettait aux haut-fonctionnaires d'appréhender ce qu'il se passerait si jamais ils osaient causer du tort aux Spectres. A moins qu'ils n'aient que deux neurones, il était facile pour eux de se rendre compte qu'ils n'étaient plus que les esclaves de l'Inframonde. Les menaces avaient été proférées et la ligne politique établie, il ne manquait plus qu'à conclure l'entretien. Le Bourreau dépêcha donc sa fée auprès des Squelettes afin de leur signaler qu'il était l'heure d'investir Tel-Aviv. Ce geste n'échappa pas aux Israéliens, qui tremblèrent et paniquèrent de plus belle.

"A compter de maintenant, nos soldats vont occuper cette ville sans qu'aucun de vos concitoyens ne s'en rendent compte."
professa l'Exécuteur. "Nous sommes désormais partout, rien de ce que pourrez dire ou faire n'échappera à notre vigilance."

Il s'approcha ensuite du maire et lui enserra la tête de sa main griffue, ce qui accrut dramatiquement la terreur que le malheureux éprouvait. L'élu municipal sentit sa peur le glacer jusqu'aux tréfonds de son âme, persuadé qu'il allait être tué sur le champ. Sauf que Wolgorn n'en fit rien et se contenta d'émettre un avertissement :

"J'espère que nous n'aurons pas à nous répéter : cette ville et ce pays sont à nous ! Vous avez par conséquent intérêt à obéir scrupuleusement au moindre de nos ordres ! Que votre être tout entier soit dévoué à sa Majesté Hadès et à sa glorieuse cause !"

"O-Oui M-M-Monseigneur !" bredouilla piteusement le maire, entre pleurs et hilarité. "N-Nous sommes les humb-bles s-serviteurs de l'Empereur Hadès !"

"Excellent..."


Le consentement donné, le Russe relâcha violemment son otage à terre, lui signifiant qu'il daignait épargner sa misérable vie. Les deux sous-secrétaires étaient complètement abasourdis, incapables de bouger ou d'articuler une simple syllabe. La défaite pouvait clairement se lire sur leurs figures fatiguées et déconfites. Quant au Bourreau, il ôta son Surplis et l'envoya rejoindre les ombres, revenant ainsi à son élégant costard-cravate blanc. Son expression satanique s'effaça progressivement de son visage tandis qu'il réajustait sa tenue. Il se recoiffa ensuite et mit son chapeau, avant de marcher lentement vers la sortie du bureau. La main sur la poignée de porte, Wolgorn s'arrêta et se retourna une dernière fois vers les politiciens.

"Une fois que j'aurais franchi le seuil de cette porte, je compte sur vous pour vous atteler au travail en vitesse." dit-il calmement. "Si vous commencez à jouer aux imbéciles, vous pouvez dire adieu à vos vies et à vos familles... Et n'oubliez surtout pas : les Squelettes et les fées vous gardent à l’œil en permanence."

N'ayant plus rien à ajouter, l'Exécuteur invita Xing Huo à le suivre et quitta finalement la pièce. Les trois fonctionnaires ne savaient pas s'ils devaient se réjouir ou non de ce départ, sachant qu'ils pensaient avoir vendu leur âme au Diable. Mais auraient-ils pu résister face à la puissance de ces monstres ? La réponse était évidemment non, pour eux qui étaient si faibles et démunis. La cité devait désormais grouiller de Squelettes et de fées, tous à l'affut et s'insinuant dans le moindre recoin de la cité. Nul ne pouvait échapper au contrôle des Spectres, dont les yeux inquisiteurs lisaient avec clairvoyance dans les cœurs coupables des habitants de Tel-Aviv. Ils nettoieraient rapidement la ville des scélérats et des zélotes, avec l'assistance des pouvoirs publics. Les Étoiles Terrestres n'avaient donc plus rien à faire en ces lieux, leur devoir était accompli. D'autres horizons dévastés par la bêtise humaine les attendaient, en besoin désespéré de sauveurs, ou plutôt de répurgateurs...

L'esprit voguant entre les songes, Wolgorn esquissa un sourire fier et triomphant, galvanisé par la conquête qu'ils venaient de mener. Voilà ce qui s'appelait un retour en grande pompe après toutes les humiliations endurées ! Ce n'était plus qu'une question de temps avant que tout Israël ne s'incline sous la domination de l'armée infernale. Qu'Athéna observe bien la suite, car le Moyen-Orient tomberait tôt ou tard sous le joug d'Hadès dans son intégralité ! Viendrait finalement la suprématie mondiale, ultime étape avant le Jugement Dernier et l'avènement d'une ère nouvelle : celle de l'Ordre, de la Vertu et de la Justice. C'était avec force, sévérité et volonté que l'on bâtissait un monde meilleur, autant de qualités que le Sanctuaire ne possédait pas, à l'inverse des Spectres.
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[Conquête] La Terre de Dieu pour Hadès !