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ReaganChevalier Noir de l'Oiseau de Paradis
Chevalier Noir de l'Oiseau de Paradis

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Lun 3 Oct - 0:17
Reagan avait quitté Hawaï pour retourner brièvement à Death Queen Island et ainsi recevoir un ordre de mission. L'Ordre Noir avait besoin d'un guerrier pour s'emparer de l'Etna et de ses environs, tâche à laquelle il se dévoua gracieusement. Pour conquérir le volcan sicilien, il devait se rendre dans la ville voisine de Catane et faire valoir son autorité sur les lieux. On avait souvent conté la beauté de la Sicile au Chevalier Noir, tout comme sa vie politique si charmante et particulière. Berceau historique de la mafia, l'île italienne était une cible fort exotique et attractive, parfaite pour se distraire. Aussi l'Oiseau de Paradis n'hésita pas à s'envoler vers la Sicile afin de marquer son entrée sur scène. Terminée l'époque des boulots de seconde zone, il était l'heure pour lui de montrer à sa Confrérie qu'il était le meilleur !
 
Arrivé à Catane, Reagan s'était empressé d'utiliser le réseau d'information de la Chevalerie Noire pour prendre contact avec les clans mafieux de la région. Il s'était clairement présenté comme un Black Knight auprès d'eux et leur avait annoncé qu'il prenait possession de l'Etna au nom de l'Ordre Noir. S'ils avaient quelque chose à y redire, il les avait invités à se manifester et à l'affronter. L'Oiseau de Paradis avait fixé un rendez-vous en cas de contestation, laissant suffisamment de temps aux gangsters pour se décider et s'organiser. Il leur avait aussi précisé qu'il allait aussi proclamer son autorité sur le volcan et ses environs auprès de la mairie de Catane. Il comptait sur celle-ci pour relayer l'information à l'administration italienne, même si l'Américain savait pertinemment que le gouvernement central n'avait que peu de pouvoir.
 
La communication avec la mafia locale établie, il se rendit donc à la municipalité de Catane, simplement habillé en civil. Tous les regards étaient rivés sur sa magnifique personne, la populace étant évidemment charmée par sa grande beauté. Toutefois, il n'avait pas de temps à leur accorder, même pas en tant que Bloody Hawk, aucun match n'ayant été prévu en Italie. Quand Reagan pénétra à l'intérieur de l'hôtel de ville, il fut aussitôt appréhendé par des agents de sécurité. Ils étaient au nombre de quatre, tous armés de matraques et de pistolets. Qu'il était difficile d'être fabuleux ces jours-ci : on ne cesse de vous chercher des noises par pure jalousie.
 
"Hé, toi là ! Ne bouge pas, tu m'as l'air louche !" l'apostropha un gardien. "J'veux que tu gardes les mains en l'air le temps qu'on te fouille !"
 
Les quatre gardes encerclèrent l'Oiseau de Paradis et celui qui l'avait invectivé pressa sa matraque contre sa gorge. Tellement de nervosité et de brutalité, c'était tout bonnement navrant... A croire qu'avec les temps qui courent, le commun des mortels avait perdu toute patience et délicatesse. Dès que quelqu'un sortait un peu du lot, cela suffisait pour qu'ils perdent leur sang-froid.
 
"Très bien, ce n'est pas comme si j'avais besoin de mes mains." rétorqua insolemment Reagan.
 
"Hein ?!"
 
L'instant suivant, le mercenaire frappa l'agent qui le menaçait d'un grand coup de pied, l'envoyant percuter le mur d'en face. Le choc fut d'une telle violence que l'imprudent termina encastré contre le mur, en plus d'avoir la cage thoracique broyée. Reagan n'accorda pas à ses collègues le temps de réagir et les balaya tous d'un round-house kick. Son coup de talon fut mortel et les gardes s'effondrèrent dans l'instant, comme des poupées désarticulées. La réceptionniste qui se trouvait là poussa un cri d'horreur, ce qui eut le don d'agacer l'Américain. Néanmoins, il n'en montra rien et se contenta de sourire gaiement à la pauvre femme.

"Voyons madame, ça ne se fait pas de hurler alors que vos collègues travaillent."  la sermonna-t-il. "On pourrait croire qu'il y a une attaque !"

L'Oiseau de Paradis ramassa ensuite une matraque et la lança sur la réceptionniste : la puissance du jet transforma le bâton en projectile, qui tua sa cible à l'impact. Le crâne fendu par la matraque, la malheureuse tomba à la renverse derrière son bureau. Ceci étant, Reagan ajusta ses ray-bans et poursuivit paisiblement son chemin jusqu'à l'office du maire. Pour ne pas être dérangé, il avait choisi un horaire où le taux de fréquentation était extrêmement faible, c'est-à-dire la fin de journée. Néanmoins, cela ne l'empêcha pas de faire quelques rencontres fortuites et de les gérer à grand coup de savate.

Parvenu devant le bureau du maire, l'Américain se servit d'une de ses victimes comme bélier pour enfoncer la porte. Celle-ci vola en éclats et révéla derrière elle non pas l'élu, mais un malabar chauve en t-shirt noir et pantalon militaire. Ce dernier essuya les morceaux de bois volant vers lui sans broncher, fermement campé sur ses jambes. L'Oiseau de Paradis ressentit en lui une force dont seul un Éveillé pouvait être doté. Les deux hommes se toisèrent un long moment, jusqu'à ce que le gorille ne prenne la parole :

"Je te connais toi, tu dois être Reagan si je ne me trompe pas ?"

"Lui-même."
répondit tranquillement l'intéressé. "Je dois t'avouer que je ne m'attendais pas à trouver quelqu'un qui me connaisse dans ce trou paumé. Cependant, je ne me rappelle pas t'avoir déjà croisé..."

"J'ai bossé à Death Queen Island pendant un temps avant de me tirer, je n'arrivais pas à m'y faire une place. La vie là-bas est juste infernale, sans compter les dégénérés de ton espèce... et il se trouve que j'ai entendu parler de toi quand je servais de larbin à l'Ordre Noir."

"Un déserteur, hein ?" persifla Reagan. "Voilà qui explique tout, sauf ta vision erronée de ma belle personne. Enfin, de toute manière tu ne m'aurais pas laissé de souvenir impérissable si je t'avais déjà croisé, mais désormais je sais que tu n'es qu'un médiocre parmi d'autres."

"Fils de-"

Le malabar ne prit même pas la peine de conclure son insulte et se rua sauvagement sur son adversaire. Il lui asséna ainsi un crochet du droit, que l'Oiseau de Paradis bloqua avec aisance avant d'enserrer son poing. L'Américain écrabouilla ensuite la main du gorille sans verser la moindre goutte de sueur puis le projeta contre la bibliothèque. Le meuble se fracassa sous le poids du malabar et s'effondra sur lui, l'ensevelissant sous les livres et le bois brisé. Cependant, le combat ne s'arrêta pas là car aucun des deux guerriers n'avait l'intention d'en terminer. Le gorille se releva laborieusement, les doigts fracturés, ruisselant de sueur et crispé de douleur. Reagan se contenta de sourire et fit signe de l'index à son ennemi de venir.

"RAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !"


Ce dernier bondit sur son antagoniste et tenta un direct du gauche, autant voué à l'échec que l'attaque précédente. L'Américain riposta avant même que le poing ne puisse l'atteindre en décochant un coup de pied ravageur en pleine figure. Le gorille valdingua à l'autre bout de la pièce et traversa la fenêtre pour finalement s'écraser en contrebas. Un autre macchabée à ajouter au palmarès de l'Oiseau de Paradis, même s'il ne s'agissait de rien de glorieux.

"Pauvre déchet..." se moqua-t-il.

Le simulacre de combat ayant pris fin, il se dirigea vers le bureau et le souleva de ses bras musclés, révélant ainsi le maire, qui essayait pitoyablement de se cacher. Tel un enfant à la découverte d'un œuf de Pâques, Reagan s'exclama joyeusement :

"Trouvé~ !"

Le politicien était recroquevillé par terre et tremblait comme une feuille, les mains sur la tête en signe de défense puérile. Il se tourna fébrilement pour regarder le Chevalier Noir, néanmoins trop terrorisé pour articuler un seul mot. La mafia l'avait prévenu qu'un type balèze était en chemin, mais jamais qu'il s'agissait d'un monstre pareil ! Le dit monstre continua d'arborer un sourire radieux et reposa délicatement le bureau plus loin afin qu'ils aient assez d'espace. Ceci fait, il s'assit dessus et croisa élégamment les jambes, les mains posées sur la table.

"Ne vous inquiétez pas Monsieur le Maire, je ne suis pas venu ici pour vous tuer." assura l'Américain d'un ton suave. "J'ai juste tenu à apporter quelques arguments à la discussion que nous allons avoir. Ce que je vais vous proposer vous intéressera et vous avantagera dans l'avenir, soyez en sûr..."
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Ven 7 Oct - 0:17
Le maire fut surpris d'entendre que Reagan n'avait vraisemblablement pas l'intention de l'assassiner, mais il était trop apeuré pour lui faire confiance. Il essaya de respirer normalement et de se calmer un minimum, curieux mais aussi effrayé de savoir ce que lui voulait l'Américain. Luttant contre son angoisse pour articuler quelque chose d'audible et de compréhensible, l'élu s'efforça de communiquer, ou plutôt de bafouiller :
 
"V-Vous avez massacré quasiment tout le monde dans la mairie... Qu'est-ce que vous pouvez bien vouloir de nous ? Nous ne sommes que les citoyens d'une modeste ville sans défense..."
 
L'homme était au bord des larmes, les mains jointes et à genoux, implorant de tout son être la pitié de son interlocuteur. Ce dernier savourait la scène, toujours heureux à la vue d'un cloporte s'humiliant devant sa puissante et magnifique personne. L'Oiseau de Paradis gloussa longuement, sans que le maire ne sache ce qui lui arriverait, puis s'esclaffa bruyamment. Qu'il adorait tenir les faibles à sa merci et jouer à sa guise avec leurs craintes et espoirs ! Ceci étant, il cessa de rire, décroisa ses jambes, joignit ses mains et se pencha vers l'élu. Celui-ci crut que son heure était venue, mais Reagan se contenta simplement de lui répondre :
 
"Ce que je veux, c'est l'Etna et le territoire qui se situe autour, Monsieur le Maire. Je me présente : Reagan, Chevalier Noir de l'Oiseau de Paradis. Je suis ici pour conquérir l'Etna et placer cette région sous la protection de l'Ordre Noir ! J'ai justement pu constater à quel point vous aviez besoin de protecteurs, votre service de sécurité laisse vraiment à désirer..."
 
Il ponctua sa phrase en ramassant le cadavre du conseiller municipal dont il s'était servi pour enfoncer la porte. L'Américain montra fièrement la dépouille au maire puis la jeta à travers la fenêtre, en compagnie du gorille et des détritus. Le politicien était horrifié par le comportement abject de cet individu et sentait qu'il risquait d'être tué à n'importe quel moment. Sa survie dépendait de sa capacité à ne pas contrarier son agresseur.

"Comme vous l'avez si intelligemment souligné, vous êtes sans défense, une situation qui ne peut décemment plus durer..."
poursuivit Reagan, un sourire narquois aux lèvres. "Vous êtes à la merci des dieux et de leurs serviteurs, des fanatiques prêts à vous exterminer si vous ne les vénérez pas ! Enfin, pas que cela fasse une différence, vu que certains ont déjà décidé de vous éradiquer de la surface de la Terre."

L'élu paniqua de plus en plus à l'écoute de cet exposé, ce qui n'échappa pas à l'attention de l'Oiseau de Paradis. Ce dernier laissa mariner un peu son prisonnier, son regard de rapace posé sur lui, avant de poursuivre :

"Si j'ai éliminé vos collaborateurs, c'était juste pour prouver à quel point vous êtes vulnérable face à un Éveillé, alors imaginez-en une armée entière... Mais n'ayez plus peur, car les forces de Death Queen Island seront à votre disposition pour vous défendre ! Dès que nous nous serons emparés de l'Etna, nous pourrons nous en servir afin de protéger la Sicile entière ! Bien entendu, il faudra vous soumettre à notre autorité, mais ce sera un prix bien faible à payer pour garantir votre sécurité."

"M-Mais... êtes-vous sûr que l'Ordre Noir p-parviendra à nous défendre seul de tous ces dieux qui veulent notre d-destruction ?"
bredouilla le maire. "J'ai entendu dire qu'il n'y avait que des humains parmi les Chevaliers Noirs... vous n'arriverez jamais à-"

Un éclat malsain brilla dans les yeux de l'Américain, interrompant net le politicien dans son propos. Ce dernier avait compris qu'il l'avait énervé et pria intérieurement que cela ne signerait pas son arrêt de mort. En un instant, le sentiment de terreur que Reagan était parvenu à lui infliger l'avait glacé jusqu'à la moelle. Néanmoins, l'Oiseau de Paradis ne s'en formalisa pas outre mesure, satisfait par l'effroi qu'il inspirait.

"Ne vous inquiétez pas, je suis loin d'avoir montré toute l'étendue de mon pouvoir, sans mentionner que nous sommes légions !"
s'enorgueillit-il, le pouce virilement pointé sur son torse musclé. "J'ai d'ailleurs programmé une démonstration en plein air de ma force, je suppose qu'on vous en a parlé ?"

Le maire hocha fébrilement la tête à l'affirmative, bouleversé à la perspective du bain de sang qui aurait bientôt lieu. Il n'était pas spécialement lié d'amitié avec la mafia, mais il ne pouvait rester insensible face ce qu'elle allait subir si elle refusait de s'incliner. Si pas mal de mafiosos étaient des criminels endurcis et méritaient la mort, d'autres faisaient simplement leur mieux pour survivre en ce monde cruel. Il ne pouvait leur souhaiter de périr face à un dangereux sociopathe tel que Reagan. Toutefois, l'élu fut tiré de ses pensées par le Black Knight, qui ajouta insidieusement :

"Considérez ceci soigneusement, Monsieur le Maire : vous avez besoin que quelqu'un sécurise les voies maritimes. Dois-je vous rappeler que votre île dépend du transport maritime pour se fournir en nourriture ? Ça ne va pas très fort d'ailleurs ici, j'ai même entendu dire que la famine refaisait surface à certains endroits... Une situation insoutenable et inadmissible si je puis dire."

Ces mots frappèrent le politicien de plein fouet, assommé par le poids de la vérité qu'ils contenaient. Les Siciliens avaient désespérément besoin d'aide humanitaire suite à la menace de Poséidon : il fallait que quelqu'un d'assez fort pour braver le danger vienne à leur secours. L'élu maudissait jour après jour son impuissance à soutenir ses concitoyens durant cette période de crise. Se pourrait-il finalement que l'Ordre Noir soit le sauveur que la Sicile attendait depuis si longtemps ? Le maire avait du mal à y croire en voyant le meurtrier qui s'était présenté à lui, mais avait-il le choix ? Devinant que sa proie était à portée de griffes, l'Oiseau de Paradis s'approcha du miséreux et posa des mains réconfortantes sur ses épaules. Une fois suffisamment prêt pour ne plus le laisser s'échapper, il lui susurra à l'oreille :

"Nous pouvons envoyer dès maintenant des cargos entiers de provisions à vos concitoyens si vous acceptez ma proposition... Qu'en dites-vous ?"

Le maire blêmit, sa respiration se fit plus laborieuse et son rythme cardiaque s'accéléra. Soudain, il commença à s'apaiser quelque peu et à se détendre, comme s'il avait chassé tous ses doutes de son esprit torturé : il savait désormais qu'elle était la meilleure décision à prendre.
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Jeu 13 Oct - 11:19
Reagan observa le maire d'un regard inquisiteur, attendant qu'il donne une réponse à sa proposition. Celle-ci avait intérêt à être positive, le cas échéant il serait obligé de le supprimer de manière exemplaire et sanglante. Le gringalet italien lui parut plus serein, alors qu'il était à la limite d'une crise de nerfs quelques secondes auparavant. L'élu se leva lentement et le Chevalier Noir l'avisa d'une mine souriante, curieux de connaître le fruit de sa réflexion. Le premier n'osa pas regarder le second dans les yeux et lui déclara d'un ton résigné :
 
"J'accepte votre proposition, je n'ai pas beaucoup le choix de toute façon..."
 
Le visage de l'Américain s'illumina face à ces sages paroles et il se pressa auprès du politicien pour lui tapoter amicalement le dos. L'intéressé faillit être flanqué par terre plus d'une fois, tant les claques que lui donnait Reagan étaient vigoureuses.
 
"Une excellente décision, Monsieur le Maire !" le congratula-t-il joyeusement. "Je vais pouvoir en informer mes partenaires à Death Queen Island."
 
Ceci dit, il sortit un smartphone de la poche arrière de son jean et appela un intermédiaire de l'Ordre Noir. L'Oiseau de Paradis fit signe au maire de la boucler et de ne pas bouger, puis engagea la conversation avec son contact. Adossé à côté de la porte défoncée, il informa son interlocuteur de la situation et lui ordonna de préparer l'aide humanitaire séance tenante. Néanmoins, il ajouta aussi qu'il avait encore un détail à régler avant d'officialiser la chose. L'appel conclu, l'Américain raccrocha son mobile, le rangea et se tourna vers son prisonnier.
 
"Bien, maintenant nous pouvons nous rendre à notre rendez-vous..." annonça-t-il. "Il serait impoli de faire attendre nos amis de la mafia plus longtemps, n'est-ce pas ?"
 
"M-Mais... Vous n'avez pas besoin de faire ça !" s'étrangla le maire. "Je me suis incliné devant votre autorité, ça ne vous suffit donc pas ?"
 
Reagan fixa son otage avec surprise, avant de se mettre à pouffer puis à éclater de rire. Le haut-fonctionnaire fut parcouru d'un frisson et d'une profonde affliction, lui qui croyait pouvoir éviter la confrontation avec la mafia sicilienne. Cette dernière ne pouvait raisonnablement pas s'opposer à l'homme qui réclamait l'Etna sans en payer le prix fort. Le maire espérait que les mafiosos avaient bien considéré la situation et avaient opté pour la reddition, sinon ils courraient à leur perte. Cependant, il savait que ceux-ci étaient aussi extrêmement bornés et orgueilleux. Mais l'étaient-ils au point de chercher à combattre un adversaire bien trop fort pour eux ? Son épisode d'hilarité passé, l'Oiseau de Paradis rétorqua au politicien :
 
"C'est très bien, mais ce n'est pas assez, Monsieur le Maire... Ce que je veux, c'est graver la domination de l'Ordre Noir sur l'Etna dans le marbre ! Et pour ça, il me faut soumettre les véritables maîtres de la Sicile : la mafia !"
 
Il ponctua sa phrase en fracassant le bureau d'un coup de poing, ce qui fit bondir le maire d'effroi. Reagan agrippa ensuite l'élu par le col et le traîna hors de la pièce, malgré les protestations du captif :
 
"Argh... Mais où m'emmenez-vous à la fin ? Vous n'avez pourtant plus besoin de moi !"
 
"Oh que si..." répliqua le Chevalier Noir d'un ton goguenard. "Je tiens absolument à ce que vous m'accompagniez à ma fabuleuse démonstration. Vous allez voir, ce sera grandiose !"
 
Il trimballa donc le maire à la sortie de l'hôtel de ville et arrêta de lui empoigner le col une fois en public. A la place, il garda une main posée sur son épaule, susceptible de lui briser la nuque si jamais il osait se rebeller ou crier à l'aide. Tendu et angoissé, le politicien suivit l'Américain jusqu'à un véhicule que le second avait loué en prévision d'un passager. Une fois montés, ils se mirent en route et quittèrent Catane pour se rendre au pied de l'Etna. Reagan était tranquillement au volant, un rictus sadique aux lèvres, tandis que l'élu demeurait affreusement inquiet. Il priait pour que les mafieux se désistent afin d'éviter que les cadavres ne s'empilent encore plus. Les événements avaient tourné au drame depuis belle lurette, mais il voulait limiter les dégâts autant que possible.
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Mar 18 Oct - 21:56
Le trajet jusqu'au point de rendez-vous se déroula sans encombres, bien que le maire ne soit pas rassuré par la présence de Reagan. Ce dernier conduisait tranquillement sa voiture de location, le coude confortablement posé sur le rebord de la fenêtre ouverte. L'élu détestait quand quelqu'un pilotait un véhicule d'une seule main, car c'était le meilleur moyen de provoquer un accident. Mais en dépit de sa nonchalance, l'Oiseau de Paradis était concentré sur la route et sa conduite, d'autant que la circulation était quasiment inexistante ce jour-ci. Toutefois, cela ne l'empêchait pas de tromper son ennui en parlant mode, actualités sportives et people avec son prisonnier. Celui-ci se contentait d'écouter l'Américain d'une oreille distraite et de hocher poliment la tête à chaque sujet mondain qu'il soulevait. Le maire était plus concerné par ce qui se passerait à cette fameuse réunion avec la mafia locale.

Les deux hommes parvinrent donc au bout d'une heure à destination, un endroit perdu au milieu de la campagne. Reagan se gara au bord de la route, à proximité d'un terrain vague d'où l'on pouvait clairement contempler l'Etna. Le soleil était de plomb, l'herbe sèche et le paysage désert, composé de terrains agricoles abandonnés depuis des lustres ou plus récemment. Un emplacement parfait pour enterrer des tas de cadavres sans manquer d'espace ! Le Chevalier Noir intima alors au politicien de sortir du véhicule et de se tenir à l'écart, histoire qu'il ne s'amuse pas à voler la voiture et à s'enfuir avec. Ceci fait, il sortit à son tour, verrouilla l'automobile puis commença à déambuler sur le champ délaissé. Il regarda ensuite sa montre : plus que cinq minutes avant l'heure, les mafiosos ne tarderaient pas à arriver... Encore fallait-il qu'ils aient le courage -ou l'idiotie- de défier l'Oiseau de Paradis.

L'élu municipal n'avait pas envie de voir les mafieux se présenter à la réunion et espérait que le temps s'écoule sans que personne ne vienne. Soudain, plusieurs véhicules noirs se profilèrent à l'horizon, se dirigeant dangereusement vers le point de rassemblement. De nombreuses voitures commencèrent alors à affluer par différents chemin et à converger au même endroit, au grand déplaisir du maire. Elles se garèrent tout autour du terrain vague au compte-goutte, jusqu'à ce que le nombre d'automobiles sur place dépasse la vingtaine. Une véritable armée d'hommes en costard surgirent des véhicules et s'avancèrent à la rencontre de Reagan. Ce dernier, heureux du comité d'accueil qu'on lui avait envoyé, se fendit d'un sourire radieux et insolent.

Le maire reconnut de visu les membres de la mafia sicilienne et pâlit en comprenant que l'affrontement était imminent. Ils avaient beau être lourdement armés, il doutait sévèrement qu'ils aient une chance de l'emporter. Les mafieux avaient embarqué avec eux des matraques, des flingues, des couteaux, des kalachnikovs ainsi que des poings américains. Évidemment, c'était loin d'impressionner l'Oiseau de Paradis, qui trouvait cette quincaillerie tout simplement ridicule. Il se contenta ainsi de ricaner et de marcher en direction des mafiosos, pressé de faire connaissance avec eux et d'éventuellement les trucider. Une fois à portée de voix, le Chevalier Noir les apostropha :

"Je constate que vous avez accepté mon invitation, c'est fort aimable à vous ! Je n'aurais jamais pensé qu'un seul d'entre vous puisse oser me défier, moi, le Sublime Reagan ! Vous avez beaucoup de cran, je dois l'avouer... ou vous êtes complètement suicidaires, c'est selon."

Notant qu'il avait piqué au vif ses interlocuteurs à l'irritation qu'ils manifestaient, il fit une pause pour s'esclaffer dédaigneusement. Le visage patibulaire et le physique massif des mafiosos n’intimidaient guère Reagan, convaincu de gagner sans difficulté. Après tout, aussi entraînés et équipés qu'ils soient, ils n'avaient aucune chance de vaincre un Éveillé de son rang. Il surpassait aisément la vitesse du son, ce qui était suffisant pour rendre leurs armes à feu totalement inutiles. En ce qui concernait le corps-à-corps, ils ne tiendraient pas la comparaison contre ses muscles dopés au cosmos. Il ne lui faudrait même pas trente secondes pour décimer cette bande de bouffons.

"Bien ! Puisque vous êtes là, j'assume que vous contestez ma prise de pouvoir sur l'Etna !" déclara virilement l'Américain. "Dorénavant, vous n'avez plus le droit de reculer : c'est me terrasser ou périr ! J'espère que vous avez tous fait vos prières !"

Carapaté dans un fossé le long de la route, le maire observait la scène et se mit à paniquer. Il aurait voulu hurler aux mafiosos de ravaler leur fierté et de détaler en vitesse, mais il resta complètement figé. L'aura que dégageait Reagan était terrifiante et l'empêchait de tenter le moindre geste contre lui. L'élu était même persuadé que s'il ne faisait qu'élever la voix, il se ferait tuer sur le champ. La culpabilité qu'il éprouvait ne pouvait réprimer son instinct de survie : s'il dérangeait maintenant l'Oiseau de Paradis, il était foutu. Tant pis pour les mafieux, qui étaient trop stupides pour piger qu'ils ne faisaient pas le poids. Ceux-ci furent outrés par l'arrogance dont faisait preuve leur adversaire et grommelèrent des jurons. La tension était palpable et l'orage menaçait d'éclater à n'importe quel moment.

Si les insectes de la cambrousse méditerranéenne ne faisaient pas un tel vacarme, le silence régnant sur les lieux aurait été de mort. Finalement, un des truands s'insurgea à vive voix, brandissant fièrement sa mitrailleuse :

"Ferme un peu ta grande gueule, sale ordure ! Si tu crois qu'on va laisser une drag-queen faire la loi chez nous, tu te fourres le doigt dans l’œil jusqu'au coude ! Montrons-lui, les gars !"

Ses compères applaudirent, sifflèrent et beuglèrent à l'unisson, motivés à combattre Reagan et à le transformer en gruyère. S'il n'était pas aussi tétanisé, le maire aurait plongé sa figure dans sa main par affliction. Quant à l'Américain, il goûtait peu l'humour derrière le surnom de "drag-queen" dont il avait été gratifié. Il ne montra cependant rien de sa colère et demeura impassible, prêt à démembrer ces vauriens.

Alors que la bataille était sur le point de s'engager, de sirènes se firent entendre au loin. Tous purent les identifier facilement : il s'agissait de la police, qui avait décidé d'inviter aux festivités. Le maire ne comprit pas au premier abord pourquoi la police s'impliquait dans cette affaire, mais parvint à faire le lien. Vraisemblablement, les mafieux avaient usé de leurs relations avec les forces de l'ordre pour augmenter leurs chances de victoire. Sauf que cela risquait d'absolument rien changer, si ce n'est alourdir la liste des morts et blessés. L'élu était consterné : à quoi pensaient les parrains en utilisant une combine aussi foireuse ? Ravager encore plus le service public en Sicile, alors qu'il était déjà en piètre état ? Si c'était ce genre de résultat qu'ils visaient, ils étaient bien partis pour réussir...

"Ah, voilà qui devrait rajouter un peu de piment au spectacle." souligna Reagan, un rictus sadique aux lèvres.
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Sam 22 Oct - 23:00
Au nombre de seize, les voitures de police se garèrent où elles purent, le terrain étant déjà largement occupé par la mafia. Tout aussi bien armés que cette dernière, les policiers sortirent de leurs véhicules en trombe puis encerclèrent Reagan. Cette intervention n'était pas inscrite à son programme, mais il s'en accommoderait facilement. Néanmoins, il fallait éviter autant que possible de trop abîmer ces énergumènes, la Sicile ayant besoin de son service public. Les mafieux n'auraient quant à eux droit à aucune pitié, car une société des ombres était bien suffisante pour cette île. Tous les acteurs étaient désormais sur place, les yeux braqués sur l'Oiseau de Paradis. Les Italiens étaient nerveux malgré leur supériorité numérique, mais ils avaient l'impression d'être étouffés par l'animosité que dégageait leur adversaire. Un officier s'avança alors vers le Chevalier Noir avec un mégaphone et l'interpella :

"Cavaliere Nero ! Ceci est notre dernier avertissement : quittez notre île sur le champ, sinon nous serons obligés de vous exécuter ! Nous utiliserons toute la force létale nécessaire pour nous défendre de la menace que représente un Éveillé tel que vous !"


"Vous défendre ?" gloussa l'intéressé. "Soyez sérieux, vous êtes complètement démunis face aux dieux et à leurs guerriers... Aussi nus que des vers ! Poséidon vous a mis à genoux, Hadès projette de vous exterminer et le Sanctuaire est incapable de sauver qui que ce soit. J'ai aussi entendu dire que vous avez accepté la maigre aide qu'a daigné vous accorder Poséidon après qu'il vous ait fait subir ce cataclysme... Quelle humiliation ! Où est donc la fierté dont se prévalent les Italiens ?"

Reagan éclata de rire tant il trouvait les Siciliens pathétiques et ridicules, eux qui arboraient un orgueil de façade alors qu'ils étaient en réalité plus bas que terre. Les mafiosos et les policiers grincèrent des dents, leurs poings se serrèrent et leurs visages s'assombrirent, à la fois honteux et énervés. Ils n'avaient pas besoin qu'un étranger vienne remuer le couteau dans la plaie tandis qu'ils peinaient à survivre. Chacun d'eux avait récemment perdu un être cher et craignaient pour leur propre vie et celle de leurs proches. Mais l'Américain n'en avait cure : tous ceux qui se mettaient en travers de son chemin devaient périr sous son talon. Leur souffrance n'importait que si elle était susceptible de lui procurer du plaisir. L'Oiseau de Paradis poursuivit ainsi sa diatribe d'un ton noble :

"Le maire de Catane, ici présent, a consciencieusement réfléchi à ma proposition et l'a acceptée de plein gré. En échange de votre soumission à l'Ordre Noir, vos compatriotes recevront une aide humanitaire et un soutien politique à la hauteur du désastre qu'ils ont enduré ! Ce sera un partenariat équitable, où vous n'aurez plus à courber l'échine devant une divinité incapable de comprendre vos besoins !"


Il fit une seconde pause et jaugea la réaction de ses interlocuteurs. Ceux-ci paraissaient troublés, mais nombre d'entre eux ne paraissaient pas convaincus, voire étaient courroucés par ce discours. Soudain, un second policier s'extirpa des rangs pour l'invectiver copieusement :

"Un partenariat équitable ?! Ne plus courber l'échine ?! N'essaye pas de nous embobiner avec tes bobards ! Si tu es notre bienfaiteur, alors comment expliques-tu la tuerie à la mairie ?! Tu n'es pas différent des autres au final, tu n'es qu'une saloperie de monstre assoiffé de sang !"

Devant ces insultes, Reagan resta silencieux un long moment, une lueur meurtrière dans le regard. Ce n'était plus qu'une question de secondes avant qu'il ne commence à massacrer ce tas de porcs disgracieux. Soucieux de garder une bonne apparence, il se força toutefois à leur sourire et répondit :

"Mais vous ne comprenez pas, voyons... Il fallait bien que je vous apprenne qu'il vaut mieux ne pas trahir l'Ordre Noir. D'ailleurs, je vous rappelle que je vais tous vous tuer ici et maintenant, histoire de bien imprimer l'information dans vos cerveaux d'attardés."

L'instant suivant, l'Américain disparut du champ de vision des Siciliens, jusqu'à ce qu'une détonation se fasse entendre. Le sol fut violemment labouré sur une quinzaine de mètres en ligne droite et tous ceux qui se trouvaient là furent soufflés. L'Oiseau de Paradis avait piqué un sprint supersonique en plein contre l'escadron mafieux, le déstabilisant et le privant d'une partie de ses effectifs d'entrée de jeu. Les sept truands qui étaient sur son sillage étaient morts sur le coup, leurs cadavres dans un pire état qu'après un accident routier. Leurs collègues étaient désorientés, profondément choqués par ce qui s'était déroulé sous leurs yeux. La vision de leurs camarades désarticulés et sanguinolents leur donnèrent la nausée et ils ne s'aperçurent que trop tard de ce qui allait suivre.

Reagan était parvenu à portée d'une Mercedes, qu'il s'empressa d'agripper puis de soulever vigoureusement. Il s'en servit comme bouclier pour bloquer les rafales de mitrailleuse dont l'inondèrent les mafieux dès qu'ils retrouvèrent leurs esprits. Mais la voiture ayant ses limites face aux calibres apportés par les truands, le Chevalier Noir la jeta sur eux avant qu'elle ne cède. Cinq mafiosos furent brutalement écrabouillés par la chute du véhicule, puis quatre autres périrent dans son explosion. L'Américain ne permettrait pas qu'un seul d'entre eux s'en tire simplement blessé, il voulait tous les voir crevés. Qu'ils se rendent ou non ne ferait aucune différence : ils l'avaient injurié et personne ne devait survivre à pareil outrage.

"Je vais vous apprendre à craindre le nom de Reagan, Chevalier Noir de l'Oiseau de Paradis !" rugit-il. "Prosternez-vous devant l'homme le plus fort et le plus beau du monde !"

Sur ces paroles, il embrasa son cosmos avec toute la puissance de sa fureur, un spectacle qui terrifia ses ennemis. Le t-shirt de Reagan finit par se déchirer sous la pression énergétique, révélant sa musculature massive par la même occasion. Son corps était désormais amplement capable de résister à un tir nourri de kalachnikov, voire de modèles plus dévastateurs. La défense était sa spécialité et nulle arme en possession de ces paysans minables ne parviendrait à entamer ses muscles d'esthète. Les policiers et les mafieux en firent rapidement l'expérience en essayant de riposter, mais il n'y avait rien à faire, les balles n'étaient parvenues qu'à l'égratigner. Amusé par l'effroi sur le visage des Siciliens, le Black Knight ricana et leur déclara d'un ton goguenard :

"Désolé les garçons, mais je crois que vos calibres sont bien trop petits..."

Ces paroles furent accueillies par un nouveau déluge de balles, le contraignant à adopter une posture défensive. Chacun de ses points vitaux étant protégé par sa garde, il n'avait plus qu'à maintenir ses muscles tendus et son énergie à flot. Les Italiens tomberaient tôt ou tard à court de munitions, d'ici une minute au maximum.
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Mer 26 Oct - 16:04
Les muscles surentraînés de Reagan encaissèrent pendant une longue minute un feu nourri de mitrailleuses, de kalachnikovs et de fusils d'assaut sans faiblir ni subir un tir mortel. Néanmoins, essuyer un tel déluge de balles était douloureux, d'autant que ses os ressentaient les vibrations causées par les multiples impacts. Les égratignures s'accumulèrent et devinrent progressivement des écorchures plus larges et profondes à chaque seconde qui passait. Vint alors le moment fatidique où les chargeurs se vidèrent, au grand dam des Siciliens, qui espéraient trouer l'Oiseau de Paradis comme un gruyère. Celui-ci était plus qu'énervé par le supplice que son splendide physique avait enduré et était déterminé à leur faire payer cet outrage. Oser abîmer de la sorte son corps d'esthète, quelle infamie et quel sacrilège ! Adoptant cette fois une posture offensive, l'Américain beugla à ses adversaires terrorisés :

"Tas de raclures ! Maintenant vous pouvez être certains que plus rien ne pourra vous sauver ! Je vais tous vous débiter en tranches et vous envoyer en paquets-cadeaux à vos familles !"

 
Enragé au plus haut point, il fonça violemment dans les lignes ennemies et procéda au carnage. Il tua net une dizaine de mafieux par sa charge et en trucida deux autres grâce à un round-house kick. Reagan évita ensuite un coup de matraque d'un policier se trouvant derrière lui et contre-attaqua d'un uppercut. Alors que sa victime décollait du sol, il l'attrapa par les jambes et la fit tournoyer de telle sorte qu'elle balaie les adversaires autour de lui. Une fois le cadavre du flic bousillé, il le balança brutalement contre trois de ses collègues, les étalant ainsi par terre. L'Américain enchaîna avec un bond prodigieux puis retomba lourdement sur les trois policiers dans un redoutable plaquage. Les malheureux furent écrasés sous son poids, amplifié par la puissance de sa chute. Une gerbe d'hémoglobine gicla en l'air sous les yeux horrifiés des Italiens et au grand délice du Chevalier Noir. Mais cette démonstration bestiale ne les découragea pas pour autant et ils partirent de nouveau à l'assaut, la peur au ventre.
 
Les tirs et les coups fusèrent dans tous les sens, mais ceux des Siciliens ne parvinrent ni à toucher Reagan ni à le blesser sérieusement. Toutefois, la moindre éraflure suffisait à intensifier son courroux, lui faisant graduellement perdre la raison puis entrer dans une folie furieuse. Chaque attaque qu'il assénait provoquait la destruction pure et simple de ses ennemis, dont les corps finissaient atrocement mutilés. Des membres explosés, des décapitations, des cages thoraciques perforées, des globes oculaires arrachés, des mâchoires déboîtées et des squelettes disloqués... rien n'était suffisant pour l'Américain. Ce dernier agrippa un mafioso infortuné par le col, le hissa sur ses épaules tel un sac de patates et lui plia violemment la colonne vertébrale jusqu'à ce qu'elle se brise.
 
Le maire s'était quant à lui éclipsé pendant ce massacre, poussé par son instinct de survie. Il avait pigé que s'il restait plus longtemps ici, il risquait d'y laisser sa peau. L'Oiseau de Paradis ne faisait plus dans le détail et tuait tout ce qui bougeait, y compris les forces de l'ordre. Un CRS tenta aussi de fuir le massacre mais fut immédiatement rattrapé par le Black Knight. Ce dernier lui enserra la taille de ses bras musculeux par derrière et lui éclata la nuque d'un german-suplex. Les bruits de muscles déchirés et d'os cassés apportaient à Reagan un immense plaisir, surtout couplés aux cris de terreur et aux gémissements d'agonie. Le temps s'écoula et le nombre des Siciliens diminua en conséquence, impitoyablement pourchassés à travers le terrain vague puis démembrés.
 
L'Oiseau de Paradis perdit le compte des morts et s'aperçut qu'il n'y avait plus personne à trucider. Il émergea alors de sa transe guerrière et vit qu'il avait finalement buté tout le monde, à l'exception de l'élu municipal. Il respira profondément et évacua lentement son ivresse combative de son esprit. Une fois apaisé, il émit un soupir de soulagement et contempla fièrement son œuvre sanglante. Voilà ce que l'Américain appelait un magnifique charnier, composé des carcasses des vaincus tombés face à sa glorieuse personne. Galvanisé par ce bain de sang, il en devint hilare et oublia totalement sa douleur. Une fois qu'il eut terminé de se marrer, il inspecta les lieux et scruta l'horizon à la recherche du maire. Ce filou s'était échappé pendant qu'il ne regardait pas, mais il ne devait pas être bien loin.

"Ah, le voilà !" s'écria Reagan.

Le politicien était en train de courir dans un champ voisin, espérant atteindre un bosquet afin de se planquer. Il avait renoncé à utiliser une voiture, étant donné que le Chevalier Noir l'aurait entendu s'enfuir à cause du bruit du moteur. Même pour aller plus vite, il ne se serait pas mis en danger de la sorte et avait donc opté pour la course. Sauf qu'il avait sous-estimé la vision acérée ainsi que la vélocité hors-normes de l'Oiseau de Paradis. Ce dernier rattrapa donc facilement l'élu et l'agrippa par les cheveux histoire de le discipliner un peu. Il le força ensuite à le regarder droit dans les yeux et ceci fait, le réprimanda d'une voix attristée :

"Qu'est-ce que vous faites, Monsieur le Maire ? Je ne peux donc pas vous faire confiance pour me servir de témoin ? Vous savez pourtant que j'ai besoin de vous pour faire circuler le message..."

Reagan était maculé de sang, tout particulièrement celui de ses victimes, une vision horrifique pour le maire. Celui-ci essaya de se justifier et de s'excuser, mais il bafouillait trop pour être compréhensible. L'Américain se contenta de soupirer et jeta son prisonnier dans l'herbe comme un sac poubelle. Il se recoiffa ensuite et fixa longuement le politicien d'un air neutre, réfléchissant sur ce qu'il pourrait en faire. L'assassiner était hors de propos, étant donné qu'il avait toujours besoin d'un messager et d'un homme de paille pour gouverner le territoire. Néanmoins, il n'appréciait guère les signes de lâcheté tant ils étaient empreints de laideur. Tant pis, ce n'était pas comme si l'Oiseau de Paradis avait le choix parmi ces médiocres.

"Bien, j'ai encore une dernière chose à vous demander, ensuite vous pourrez rentrer chez vous." déclara-t-il d'un ton acide.

"D-De quoi ?" bredouilla le maire.

"Vous allez m'aider à ramener des souvenirs à la mafia..."

Un sourire diabolique se dessina sur le visage ensanglanté de Reagan, ce qui mit la puce à l'oreille de son otage. Il était trop familier des méthodes d'intimidation les plus cruelles de la mafia pour ignorer ce qu'il sous-entendait. Normalement, l'élu municipal aurait refusé une tâche aussi macabre, mais il n'était pas en position de se rebeller. Il accompagna donc le Chevalier Noir, qui se dirigeait vers le charnier en proie aux rapaces et aux corbeaux.
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Mer 2 Nov - 22:53
En homme appliqué et méthodique, Reagan avait soigneusement repéré les lieux où se rassemblaient les mafieux de la région au préalable. Les demeures des parrains étant trop éloignées à son goût, il avait opté pour livrer son colis à des intermédiaires, surtout qu'il n'était plus d'humeur à se fatiguer pour rien. Partir à la rencontre de vieux tocards était hors de propos, l'entretien de son physique d'athlète passait en priorité. L'Américain avait aussi élaboré un plan de conquête d'Hawaï qu'il s'empresserait de partager à la WWE. Ses collègues pouvaient bien se rendre utiles pour une fois, au lieu de perpétuellement traîner en slip sur un ring. Mais en premier lieu, l'Oiseau de Paradis devait terminer sa livraison et prendre une bonne douche vu la quantité de sang qui le maculait.

Le maire toujours à ses côtés, il conduisait sa voiture au coffre désormais bien chargé. Contre son plein gré, l'élu avait dû l'assister dans son travail morbide. Chaque seconde avec le Chevalier Noir était un supplice et il ne supportait plus d'être obligé de se comporter comme son laquais. Après une demi-heure de route, ils parvinrent à un petit village toujours en vue de l'Etna. Reagan ne cessait de contempler avec délice ce futur domaine et le politicien était soulagé que le voyage se finisse. Ils se garèrent donc dans une rue quelconque du patelin et déchargèrent leur cargaison. Celle-ci était précautionneusement enveloppée dans deux sacs à patates constellés de taches noirâtres. Un sac chacun à l'épaule, l'Américain et son prisonnier se rendirent ainsi à la rencontre des mafieux du coin.

Après quatre minutes de marche, les deux hommes arrivèrent à destination : un bistrot local situé sur la place. Le hameau était charmant avec son architecture méridionale, mais son manque de population était assez déprimant. Pas que cela gêne particulièrement l'Oiseau de Paradis, étant donné qu'il préférait ne pas s'embarrasser de témoins inutiles. Sur le palier de l'établissement se tenait un individu patibulaire, au teint halé et à la chemise noire. Une cigarette à la main, il avisa les deux étrangers d'un œil mauvais puis leur barra le passage quand ils tentèrent de pénétrer dans le bistrot. Le maire de Catane déglutit fébrilement, sentant que les choses risquaient encore de dégénérer. Quelque peu embrumé par la chaleur ambiante et l'ennui, l'homme en noir s'aperçut alors que Reagan était couvert de sang. Il devint nerveux à son tour et prit une posture défensive, une main à l'arrière de son pantalon. Un canif se trouvait dans sa poche postérieure et il n'hésiterait pas à s'en servir en cas de danger. Hélas pour lui, l'élu municipal savait pertinemment qu'une pareille tentative était futile.

"Qu-Qu'est-ce que vous voulez ?" bredouilla le Sicilien. "Vous ne voyez pas que c'est fermé ?"

"Je viens juste vous ramener vos amis, ça ne vous dérange pas ?" répondit innocemment le Chevalier Noir, tout sourire. "Il y a bien des gars de la mafia ici ? Je ne sais pas trop qui est à qui, mais vous vous débrouillerez..."

"Euh... Pardon ?!"

L'individu en noir était abasourdi, incapable de réagir rationnellement à la situation. La vision de ce type bariolé de rouge l'avait pétrifié, sans compter ces sacs qui lui inspiraient un certain malaise. Il ne pouvait honnêtement pas s'expliquer pourquoi il restait bêtement planté là sans réagir. L'Américain ignora son interlocuteur décontenancé et s'autorisa à entrer d'un grand coup de pied dans la porte. Les trois personnes qui se trouvaient dans le restaurant sursautèrent et rivèrent leurs regards vers l'intrus. Ce dernier observa la laideur de ces Italiens bourrus et burinés, ce ramassis de truands aussi faibles que ringards. Au milieu du silence, Reagan afficha une moue écœurée et posa son colis sur le plancher d'un geste royal. Le maire de Catane fit timidement de même puis se mit à l'écart, attendant que l'orage passe.

Les mafiosos s'échangèrent des œillades et se reportèrent leur attention sur les sacs et leur mystérieux contenu. Un quinquagénaire bedonnant se leva alors, un verre de vin à la main, et interrogea l'Oiseau de Paradis :

"C'est quoi ce cirque ? Une blague pour Halloween ? Tu ne sais pas que tu te goures un peu de trou et de date, pauvre guignol ?"

Ses compères restèrent muets, l'inquiétude et l'appréhension se lisant sur leurs visages. Les truands avaient été prévenu qu'un Éveillé avait osé défier la mafia sicilienne, mais ils croyaient que ce n'était qu'une mauvaise farce. Néanmoins, cette dernière avait été prise au sérieux par leur parrain, qui s'était empressé d'envoyer une escouade supprimer l'envahisseur. Et voilà qu'un olibrius fringué comme une folle s'amenait chez eux, ensanglanté de la tête aux pieds ! La musculature hypertrophiée de l'inconnu angoissait aussi les mafieux, peu motivés à l'idée d'engager le combat contre lui. Il dégageait une aura malsaine et insidieuse, les dissuadant d'agir dans la précipitation. Rien qu'à le regarder, les Italiens sentaient un frisson leur parcourir l'échine tel un serpent dans leur dos.

Finalement, l'Américain agrippa les sacs par le bas, les souleva brutalement et déversa leur contenu par terre. A cet instant, une sensation d'horreur indescriptible s'empara des mafiosos, secoués par ce qu'ils voyaient. Des têtes décapitées étaient éparpillées au sol, les yeux écarquillés et leur expression faciale figée dans un mélange de terreur et de douleur. Fier de son effet, Reagan éclata d'un rire odieux tandis que les truands encaissaient encore le choc. Il devait y avoir au moins une vingtaine de victimes, sans doute des gens qu'ils connaissaient... Un des mafieux quitta son siège et se mit à vomir, les autres essayant de se retenir ou trop affectés pour émettre une quelconque réaction.

Quand l'Oiseau de Paradis acheva de rigoler, il soupira et pointa le charnier du doigt avant de déclarer :

"Transmettez ce message aux parrains de l'île : l'Etna et ses environs appartiennent dorénavant à la Confrérie Noire. Quiconque osera contester notre autorité se verra infliger le même sort... sa famille y compris."

La dernière mention glaça le sang des mafiosos, les forçant à s'affaler craintivement sur leurs chaises en signe de soumission. Visiblement, ceux-là avaient déjà compris le message et ne chercheraient pas à se rebeller. Satisfait par leur effroi et leur docilité, le Chevalier Noir tourna les talons et sortit du bistro. Le ripou planté à l'entrée était aussi stupéfait que ses camarades et laissa l'envahisseur quitter l'endroit sans broncher. L'évidence était là : ce mec avait massacré le détachement envoyé pour l'assassiner et s'était baigné dans leur sang et leurs viscères. Reagan n'était pas un être humain pour eux, c'était un fléau venu les accabler sans qu'ils ne puissent rien y faire. Comment pouvait-on ne serait-ce que songer l'affronter ? Rien qu'à l'observer, c'était une mission impossible à accomplir, du suicide pur et simple.

Dix minutes plus tard, l'Américain et le maire étaient de nouveau sur la route, le premier raccompagnant le second chez lui. L'élu était soulagé de pouvoir enfin rentrer au bercail après toutes ses épreuves, mais il savait que ce n'était pas terminé. Beaucoup de vies avaient été gâchées en ce jour maudit et la région de l'Etna était sous la tutelle de l'obscure organisation qu'était l'Ordre Noir. Le futur était incertain, mais le Sicilien savait pertinemment que l'humanité n'avait plus le luxe de choisir ses maîtres. Il fut soudain tiré de sa réflexion par l'Oiseau de Paradis, qui claqua des doigts pour capter son attention. L'élu crut avoir une crise cardiaque à ce moment, mais se reprit et écouta le Black Knight.

"Je dois vous entretenir d'un dernier détail avant de partir, Monsieur le Maire." dit-il d'un ton neutre. "Ne démissionnez pas trop vite, si vous voyez ce que je veux dire... Ce serait dommage de perdre un pion si vite et d'avoir à me venger sur votre famille ou vos amis."

Le maire pâlit, commença à ruisseler de sueur et sentit son estomac ainsi que sa gorge se nouer. Reagan repoussait à chaque fois qu'il le pouvait les limites de l'ignominie, mais il ne pouvait laisser ses proches devenir des otages.

"Tout mais pas ça ! Ayez pitié de nous !" l'implora l'élu d'une voix pathétique. "Laissez au moins ma famille en dehors de ça, Monseigneur Reagan !"

"Non." rétorqua laconiquement son interlocuteur, un rictus mesquin au coin des lèvres. "Contentez-vous de servir la Confrérie Noire et tout se passera bien : vous aurez les ressources et la sécurité dont vous avez besoin. Mais à la moindre entourloupe... COUIC !"

L'Américain mima le mouvement d'un couteau tranchant une gorge et s'esclaffa bruyamment, au grand désarroi de son prisonnier. La conversation s'arrêta là, le politicien n'ayant plus voix au chapitre. Même si le Chevalier Noir le lui assurait, il ne pouvait sincèrement croire que tout irait bien sous la direction de Death Queen Island. C'était donc empli d'incertitude et d'inquiétude face à l'avenir qu'il retournerait à son travail. Pour couronner le tout, Reagan ajouta qu'il resterait dans les parages le temps que ses confrères prennent le relais. Quand diable serait-il débarrassé de cette espèce de sociopathe ? Une question idiote : jamais, à moins qu'un authentique messie ne se présente...

[Conquête] Eruption de glamour !