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NtikumaChevalier Noir de l'Araignée
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Jeu 13 Oct - 2:45
-Je ne sais pas qui c’était.

Ntikuma ne bouge pas. Allongé en travers de deux sièges, il regarde devant lui sans me prêter attention. Il s’est réveillé il y a peu, après que le pilote ait pansé tant bien que mal sa blessure à la gorge. Ça aurait pu lui être fatal, pourtant, il respire bien et ne semble pas trop amoché. Mais sa peur est revenue, et malgré notre plus récente mésaventure, il est toujours en colère contre moi. Il ne m’a pas dit un seul mot. Vu son état, je peux comprendre…
Son écharpe s’est reconstituée d’elle-même, mais une grande partie n’est toujours pas revenue, malgré les efforts de mon compagnon. Dès que le jet est venu nous chercher, je me suis empressé de tordre mes vêtements imbibés d’eau pour récolter cette dernière dans une bouteille emprunté au pilote, puis j’ai répété le même manège avec mes cheveux. Nous nous étions retrouvé à cette rivière pour récolter de « l’eau sacré, » si ça ne peut pas être celle-là alors je ne sais pas ce que c’était. J’en ai parlé à Ntikuma, pour lui assurer que cette étape de la mission s’était bel et bien déroulée. Il n’a rien dit. Et maintenant, je tente de répondre aux questions qu’il pourrait bien avoir, concernant la trahison de son « maître. »

-Phobos a dit que c’était un dieu mineur, ce qui fait beaucoup de sens. Je doute que les grandes divinités se sentent obligées d’avoir recours à ce genre de scénario pour assoir leur force. Tu étais déjà très reconnu dans ton village et possède une certaine puissance cosmique, c’est peu mais ça suffit.

Seulement, il y avait son écharpe… au final, le conteur n’aura été qu’un pion dans quelque chose d’infiniment plus grand que lui, quelque chose dont même moi je ne saisis pas toute l’ampleur. Au fond, on se ressemble bien plus qu’il n’y parait, nous avons tous les deux été abusés à cause de nos croyances, en croyant agir pour quelque chose qui n’existait même pas, un personnage. Sauf qu’au lieu de continuer de m’y raccrocher, moi j’ai tout repoussé. Si je n’avais pas vu des dieux de mes propres yeux, j’aurais encore préféré cessé d’y croire aussi.
Car c’est ce que je veux. Un monde vide de leur présence. Ntikuma, lui, recherche autre chose. Aussi naïf qu’un enfant…

L’avion atterrit et j’observe la liste avec attention. Il ne nous manque que deux objets, une coupe et un couteau, ainsi que l’endroit où ils devraient se trouver, mais je ne suis pas sûr de faire le lien entre l’ingrédient et sa cachette. De plus, s’il s’agit d’objets mythologiques bien spécifiques, mon compagnon a oublié de le spécifier.

-Quel genre de couteau recherchons-nous?

Il ne me regarde même pas. Il me boude! Retenant un soupir de frustration, j’ouvre la porte du jet et sors sans l’attendre, tant pis s’il ne veut pas venir, je me débrouillerai bien seul. Comment peut-on être aussi obstiné…?
Une fois les pieds dehors, je me retrouve dans une jungle luxuriante. L’humidité contraste avec notre dernier lieu d’enquête et l’air beaucoup plus lourd me prend un peu de court. Il m’aura fait voyager partout autour du monde… j’espère que ça en vaudra la peine. Au loin, j’aperçois les ruines d’une grande pyramide, et de minces lignes de fumée qui s’élèvent vers le ciel…

*Bienvenue en territoire ennemi, sans indice, sans arme et sans ami, à la recherche de l’objet qui pourrait te sauver la vie. Et crois-moi, cette fois, si tu te retrouves en danger, je n’aurai aucun problème à aller chercher ailleurs.*
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Jeu 13 Oct - 2:47
En m’approchant de la pyramide, plutôt que de sentir l’odeur du bois brûlé que j’avais tout naturellement associé à la fumée aperçut plus tôt, je perçois l’odeur de la viande grillée. Avec tous ces voyages aux quatre coins du monde, en plus de ne pas toujours avoir été conscient du temps qui passait, ce dernier est rendu incroyablement flou. De simples faits de tous les jours me paraissent maintenant aussi insolites les uns que les autres, tellement ma quête et mon périple m’ont forcé à m’en détacher. Comme maintenant… Plus je m’approche, plus l’odeur est forte, et c’est à quelques mètres seulement du grand monument de pierre que j’aperçois les responsables. De toute évidence, il ne s’agit pas de civils comme j’ai pu en croiser auparavant : ils sont vêtus d’habits de cérémonie d’apparence bien plus tribale et leur peau est constellée de tatouages rudimentaires. Au nombre de deux, ils discutent dans une langue que je ne comprends pas en mangeant avidement un morceau de viande. Je les observe avec curiosité, bien caché dans la végétation, élaborant quelques scénarios pour les contourner sans me faire repérer, quand l’un des indigènes finit par jeter sans aucune cérémonie l’os qu’il était en train de ronger plus loin, juste à côté d’un petit amas visqueux et très pâle… malgré moi, j’observe la trajectoire de l’objet et analyse avec curiosité ce qui se trouve à ses côtés… avant de réaliser qu’il s’agit de peau. Aucun animal que je connais n’a ce genre de peau, mais un être humain…
Parfait. Vraiment. Raison de plus pour ne pas se faire attraper.

À contrecœur, j’appelle mentalement Phobos pour avoir un avis sur la situation. Aucune réponse. Décidément, mes compagnons de voyage se sentaient casse-pieds aujourd’hui, même ceux qu’on tente de chasser. Pas que ça le change beaucoup. Me voilà donc seul devant un obstacle dont je peine à déterminer l’ampleur… Je tente de faire appel à la fumée, mais rien ne se produit. Un test avec le feu n’est pas plus concluant. Sans indice, sans arme et sans ami. Si je veux me sortir de là avec un minimum de résultat, il va falloir être créatif. Ma maîtrise des éléments est bloquée, qu’en est-il de ma force d’éveillé? Je n’ai ressenti aucun changement de ce côté-là, mais je n’ai jamais été un combattant extraordinaire… contre des humains lambda, même s’ils sont cannibales et possiblement fanatiques, ça devrait être suffisant.

Alors que je me prépare à sortir de ma cachette, une voix forte interpelle les deux hommes qui se prosternent tout de suite, marmonnant quelque chose que je ne parviens pas à comprendre. Un troisième les rejoint, affublé d’une armure de bronze et d’un casque décoré de plumes multicolores. Ses tatouages sont bien mieux réussis que ceux des deux autres, et la façon dont il leur parle ne laisse aucun doute quant à sa supériorité. Il y a donc tout un clan dans les parages?!
Alors que je me résigne à abandonner mon idée et à déguerpir, je remarque la dague à la ceinture du « chef. »
Non. Ça ne peut pas être ça. Ce sont des indigènes qui habitent dans la jungle, tout le monde doit porter une arme comme ça. Mais… aussi impraticable? Plus large qu’un couteau ordinaire et parfaitement droite, la lame est sertie d’épines plus petite et ne semble pas faite de métal, mais de pierre. Oui, ça doit faire très mal, mais l’avantage de se battre au couteau est l’agilité, cette arme-ci ne doit pas se manier facilement. Trouver ce que je cherche ici, maintenant, c’est presque trop facile, mais je n’ai pas de meilleures pistes! L’arme appartient à un supérieur, c’est bien évident, mais au point de posséder des capacités surnaturelles?
Tant pis. Si je ne peux pas en être certain, la moindre des choses sera de l’examiner.

En serrant les poings, je sors de ma cachette et bondis sur le guerrier le plus près.
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Jeu 13 Oct - 2:51
L’initiative m’avantage plus que tout alors que j’attrape un des deux soldats par derrière et lui tord la tête sans aucune hésitation. Il s’écroule au moment où son cou craque sans pitié et je le laisse tomber pour faire face aux deux survivants, qui se sont tout de suite mis en position d’attaque en me hurlant des insultes dans leur langue. Je ne prends pas la peine de leur répondre, trop concentré sur leurs mouvements pour tenter une réplique et trop incertain pour ne leur laisser aucune chance d’attaque. Le corps-à-corps n’a jamais été ma spécialité, je suis de ceux qui se sont contenté de l’usage du cosmos en combat. Tout ce qu’il me reste, c’est ma force physique et mon expérience.

Le deuxième soldat fonce le premier, tandis que le chef le regarde faire en serrant les dents. Il envoie ses pions d’abord, très bien… mon nouvel adversaire dégaine son couteau, une lame de silex parfaitement lisse et affûté sans aucun autre détail, et fait un grand pas vers l’avant en décrivant un arc de cercle en direction de ma gorge. Sans trop y penser, je m’incline vers l’arrière et le tranchant de l’arme frôle ma peau sans la couper, mais le manieur profite de ma distraction pour m’envoyer un violent coup de pied au ventre. Je titube vers l’arrière, pas aussi déstabilisé ni blessé que j’aurais pu l’être, et au moment où il s’approche un peu plus pour tenter de me porter le coup final quand même, je me redresse et lui attrape le poignet, l’immobilisant. Sans aucun effort, je garde son bras bien haut dans les airs, bien loin de mon cœur, si bien que lorsque qu’il se met à trembler sous l’effort pour me faire flancher, je ne réagis pas. Si ce n’était pas de ça, il pourrait clairement dominer le combat et me vaincre, mais je suis un éveillé avec plusieurs années d’expériences derrière moi. Ce ne sera pas si facile.

D’un seul coup, je lui envois un coup de pied dans le genou et un craquement se fait entendre. Le soldat perd l’équilibre et je lui tords violemment le bras jusqu’à ce qu’il lâche son arme. La récupérant, je m’apprête à l’achever, quand soudain…

Ce n’est pas le chef : c’est une voix de fille, aiguë et autoritaire, juste derrière moi, qui laisse entendre un grand cri. Pourtant, je n’arrête pas mon geste et la dague se plante dans le crâne de mon adversaire, qui regardait derrière moi avec inquiétude, sans rencontrer aucune résistance. Il s’écroule alors que je me retourne pour faire face à la nouvelle arrivante, sans me préoccuper du survivant. Le geste qu’esquisse l’inconnue suffit à me convaincre qu’il n’attaquera pas.

Toute petite et menue, elle ne ressemble en rien à ceux qui doivent être ses servants : la peau pâle, les cheveux blonds et lisses et de grands yeux bleus où je peux lire son irritation. Elle porte des habits très cérémonieux, tout de bronze et d’or, et une coiffe décorée de plume trône sur sa tête. Elle ne doit pas être bien vieille, quinze ou seize ans peut-être, mais me toise de haut comme si elle était une reine. Après quelques secondes de silence où nous nous toisons pour déterminer la menace que représente l’autre, elle commence à me parler, dans quelques langues avant de tenter l’anglais, que je reconnais sans peine.

-Qui es-tu et que fais-tu ici?!

Mécaniquement, je lui réponds dans la même langue.

-Je me nomme Iblis, Seigneur Noir, je suis venu avec mon compagnon Ntikuma. Nous sommes à la recherche d’une dague qui pourrait nous permettre d’accomplir un rituel.

-En tuant mes hommes?

La petite pointe le dernier soldat du menton. Avant que je ne puisse réagir, une main m’attrape les cheveux et me relève la tête, et la lame dentée vient effleurer ma gorge. Dès que je tente de repousser celui qui me retient, le couteau me perce la peau un peu plus. La fille s’approche, la tête bien haute, et lance quelques ordres à son serviteur qui ne se gêne pas pour raffermir sa prise. Elle me regarde ensuite droit dans les yeux, fronce les sourcils… mais malgré le ton sifflant de sa voix, ses propos parviennent à me surprendre.

-Vous en avez mis du temps! Oublie ton ami, si tu veux survivre, reste calme et fais tout ce que je te dis.
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Mar 25 Oct - 0:50
Sans opposer la moindre résistance, je suis la jeune fille et son dernier serviteur en jouant le rôle du prisonnier, la lame maintenant tout près de ma gorge est suffisante pour me convaincre de ne pas tenter autre chose. Sans aucun cosmos, guérir de mes blessures n'est pas une chose facile non plus, alors survivre à quelque chose qui pourrait m'être fatal n'est même pas à envisager. Le jeu n'en vaut pas la chandelle, d'autant plus que la gamine ne semble pas me vouloir de mal... Alors pourquoi résister? Le faire lui donnerait plutôt des raisons de me laisser mourir, et malgré les menaces du dieu panique, il y a encore des possibilités que ma mort ne l'empêche pas de réclamer mon corps. Ce qui est mortel pour un humain ne l'est que très difficilement pour un dieu, il n'y perd rien si je tente quelque chose d'insensé.

Je m'attendais à ce que nous nous rapprochions de la société, puisqu'il est maintenant évident que tout ce beau monde fait partie d'un groupe précis des environs, mais après de longues minutes de marche je n'aperçois qu'une simple tente dissimulée entre les arbres, petite mais d'apparence solide. Vu la vitesse de marche de la jeune fille, il semble qu'elle souhaite m'interroger là. Mais pourquoi être aussi isolée alors qu'elle semble plutôt importante?
Au fond, je sais pourquoi. Mais même pour une telle situation, il y a de quoi se poser la question.

La fillette entre la première et quelques secondes plus tard, son garde me pousse sans aucune cérémonie à l'intérieur. Je m'écrase au sol dans un bruit sourd et relève rapidement la tête en retenant un grognement, me retrouvant face-à-face avec un énorme boa de plusieurs mètres de longueur. Je cesse immédiatement tout mouvement.

-Recule, Lismeth.

Mais le reptile ne recule pas. Ses pupilles verticales se rétrécissent jusqu'à ne devenir que deux minces lignes noires et il rapproche sa massive tête encore plus, jusqu'à n'être qu'à quelques dangereux centimètres de mon visage. Je ne respire plus, ne voulant pas le brusquer, me contente de le regarder tout aussi attentivement. Pour sa maitresse, ce n'est qu'un animal, elle sait surement que si elle crie il le percevra comme un danger et m'attaquera, mais moi... d'autres porteurs d'armures noires abandonnent les dieux pour l'humanité, je me suis éloigné du divin pour me rapprocher de monstres, des choses qui ne devraient même plus exister en ce monde.
Mais c'est toujours là où j'ai préféré me situer. À l'écart de toute conviction.

La langue rêche du serpent vient chatouiller ma joue et après m'avoir fixé encore un peu, cette fois en inclinant curieusement la tête de tous les côtés, il détourne le regard et s'éloigne lentement, se rapprochant de sa maitresse et montant sur ses frêles épaules, s'enroulant autour d'elle jusqu'à avoir la tête déposée sur ses genoux. Celle-ci, nullement incommodée par le poids de la bête, s'est assise en tailleur en plein milieu de la pièce dépourvue de toute décoration, si ce n'est que d'une maigre paillasse et d'un grand coffre de bois peint. Elle me fait signe de prendre place d'un ton sévère et, en levant la tête, ordonne au garde de partir. Elle attend qu'il se soit suffisamment éloigné pour reporter son attention sur moi.

-Nous devrions être tranquille, pour l'instant. Il ira prévenir d'autres soldats, pour te contenir, nous avons donc très peu de temps.

D'un geste lent et calme, la fille caresse la tête du serpent qui se blottit un peu plus contre elle.

-Voici donc le nouveau Zilant... Lismeth et moi, nous avons senti sa mort, ça nous a bouleversé. Puis, il s'est agité... il a senti une drôle de puissance... c'est pour ça que tu viens me voir?

Un autre disciple de l'ancien roi. Enfin... celle-là semble l'être volontairement et en toute reconnaissance de cause, contrairement à moi qui, malgré mon admiration pour la bête disparue, ne m'identifie que très peu à ses incarnations et ses sujets. Et Ntikuma... c'est encore difficile de croire qu'il fait partie du même groupe. Normalement, insectes et reptiles ne devraient pas faire bon ménage. Je secoue la tête.

-Non. J'ignorais ce que je trouverais ici. Ma quête est purement personnelle, je suis à la recherche d'une dague...

-Pour t'aider dans un rituel, je sais. Et ton ami?

-Il doit mener le rituel. Un dieu convoite mon corps et je ne compte pas le laisser réussir.

La fille pouffe de rire.

-Ça ne m'étonne pas. Si je devais tenter une hypothèse, même, je dirais que cette puissance que nous avions ressenti, une puissance divine, c'est-ce qui a aidé à vous garder séparés. C'était le Zilant?

-Non. C'était... Ntikuma...

Voilà donc ce qui se produisait? Le pouvoir qui me permettait de garder le contrôle, qui lui permettait aveuglément de garder aussi le contrôle... l'artisan l'a volé, d'une certaine façon. L'a emprisonné et mélangé à ses propres talents, pour en faire une véritable armure plutôt qu'une arme.
Ne désirant pas étaler le peu de savoir que j'ai au sujet de cette nouvelle recrue qui, je le réalise maintenant, est on ne peut plus précieuse, je change rapidement de sujet.

-Comment as-tu rejoint le Zilant?

-Ça... Ça court dans ma famille. Écoute, je veux vraiment t'aider, je ne peux pas te laisser disparaître comme ça, mais je ne peux pas te donner ma dague. Je sais que c'est celle-là que tu veux. Le dieu... le dieu qui est ici me l'a donné, et s'il devait apprendre que je ne l'ai plus...

-Le dieu? Tu veux dire Poséidon?

Je tente une réponse, sans être certain de sa véracité. Mais malgré moi, la crainte que je vois dans les yeux de la gamine me remplit de satisfaction.

-Non. Non, pas Poséidon...
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Mer 2 Nov - 17:59
-Attends!

Arrêtant mon geste, je fixe la gamine maintenant paniquée d'un œil morne, parfaitement désintéressé de son dilemme intérieur qui l'a rendue fébrile et nerveuse. Je m'apprêtais à me relever quand son éclat de voix m'a ordonné -ou plutôt, supplié, le contraire, et me voilà maintenant à attendre ce qu'elle peut bien avoir à dire pour sa défense. Elle se disait capable de m'aider dans ma quête, a réussi à donner quelques réponses, mais c'est loin, très loin, d'être ce que je lui demandais. Et ça, la petite prêtresse est réticente à le faire. La seule chose que je lui ai vraiment demandée.

-Cette dague est très importante, c'est mon "maître" qui me l'a donné... elle lui permet un contrôle quasi-totale sur les offrandes, quand une âme lui est sacrifiée...

-Donne-la moi ou je la prends de force.

-Je ne peux pas! Si qui que ce soit apprends qu'elle a été volée et que je n'ai pas pu la protéger, il va...

Sans attendre la suite, j'achève de me relever et avance de quelques pas vers elle. Aussitôt, sans qu'elle n'ait fait le moindre geste, l'énorme reptile enroulé autour d'elle se redresse et siffle avec force avant de tendre le cou à toute vitesse. Sa mâchoire claque à quelques centimètres de ma jambe et il se prépare aussitôt à une nouvelle attaque, sans que sa maitresse ne flanche ou même ne bouge d'un seul muscle. Vu sa taille, elle ne devrait pas pouvoir supporter le poids de son animal de compagnie si facilement. Elle a repris son sérieux, si on veut, mais ses lèvres sont encore pincées et sa respiration est plus forte que la normale. Peut-être ne s'attendait-elle pas à ce que le Zilant, son "maître," ne la menace ainsi.
Mais je ne suis pas le Zilant, et elle n'est pas ma disciple. Je suis un Seigneur Noir, et ceux qui m'entourent requièrent de la valeur bien prouvée.

-Ton parasite t'affaiblit. Tu ne pourras pas me vaincre.

Elle a raison. Sans cosmos, je peux rivaliser avec un humain normal, une enfant serait donc loin d'être un problème, mais vu ce qu'elle sait et peut faire, je me doute bien qu'elle m'est, pour un moment, supérieure sur le plan cosmique. Et si elle ne s'en mêle pas... l'énorme serpent de plusieurs mètres sera sûrement capable de causer beaucoup de dommage.
Mais je ne bouge pas, espérant instiller le doute en elle. Même si elle refuse mon option, elle n'a plus rien à me proposer, et plus nous attendons, plus le reste du monde se rapproche de nous et nous enserre, comme un étau. Les gardes, mes alliés, Phobos... peu importe qui arrive à nous en premier, quand ça arrivera, il n'y aura plus aucune collaboration de possible. Enfin... peut-être que Ntikuma sera plus réceptif à cette nouvelle alliée, mais rien n'est certain. Le moindre signe d'hostilité venant de qui que ce soit pourrait signifier la fin de tout espoir ici.
Et ça, la petite le sait. Je sais ce que je veux et à moins de pouvoir prendre un artefact semblable à quelqu'un d'autre, si nous en avons le temps, ses choix sont limités. Sans sa dague, ma quête est vouée à l'échec. Il faudra qu'elle m'explique comment elle a pu y avoir droit, d'ailleurs. Son apparence anormale au milieu de tout son entourage est-il vraiment une raison suffisante pour se mériter ce genre de privilège? Et puisqu'elle se sent obligée de m'aider...

Dans un soupir de résignation, la fillette décroche la dague de sa ceinture, admire pendant quelques instants la lame noire parée de gravures, et me la tend.

-La prochaine cérémonie aura lieu dans deux mois environ. Jusque là, je peux prétendre que je l'ai toujours, mais il faudra me la rendre. J'ignore aussi comment elle fonctionnera pour toi, manipuler une âme ne peut pas être fait par n'importe qui.

-Mais toi tu le peux?

-… Comment tu penses que j'arrives à le tenir en laisse?

Et elle caresse doucement la tête de son serpent. Ça fait un peu plus de sens, je suppose... Sans attendre, je prends la dague et l'examine brièvement avant de la cacher dans ma manche.

-Je te la ramènerai le plus rapidement possible.

La gamine se recompose un visage noble et en contrôle et hoche doucement la tête, ne bougeant pas quand je me retourne et quitte la demeure. Au moment où je suis dehors, je file à toute vitesse en direction de l'endroit où j'ai laissé Ntikuma et le pilote, sans jamais regardé une seule fois derrière moi... mais je finis quand même par entendre après un temps un grand cri de colère, et des ordres crachés dans une langue inconnue, sans doute pour annoncer la fuite de leur plus récent prisonnier.

[Quête] Ad augusta per angusta, partie 5