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AryenDame Noire de la Vierge
Dame Noire de la Vierge

Date d'inscription : 08/03/2014
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Sam 25 Fév - 10:07





Votre cœur est mort, votre âme erre dans les ténèbres. Le démon qui vous accompagne a le sourire, parce que vous êtes entré dans le jeu qu'il a réglé.





Cela faisait trois semaines que la Belle Demoiselle était revenue à Los Angeles. Et, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’en cette belle journée de samedi, elle avait enfin eu l’occasion de se reposer car les jours derniers furent agités. Pour autant, alors que le soleil commençait à prendre naissance dans ce ciel bleu, le vent du matin caressait le splendide visage souriant de la Déesse de New York. Du haut de l’Empire State Building, sur le balcon de son immense appartement qu’elle avait acheté, elle observait le paysage avec un calme absolu. Elle était parvenue à créer une opportunité : le Maître Actuel des Enfers viendrait à elle. Qu’importe quand, comment et de quelle manière. Alors, elle s’était préparée à le recevoir : non d’une manière agressive loin s’en faut mais plutôt sur un plan purement psychologique. Elle n’allait ni discuter avec un civil ou bien avec un quelconque Élu. Il s’agissait d’une rencontre avec une entité divine. Elle avait eu le temps pour se renseigner sur lui grâce aux nombreuses archives de la Bibliothèque Noire, elle avait dressé un profil psychologique du Dieu de la Mort. Elle avait réfléchi à toutes les hypothèses, avait retourné toutes les situations dans son esprit, avait formulé toutes les théories possibles pour cette rencontre non sans extrapolé au maximum toutes les formes de suppositions allant de conjectures favorablement certaines aux postulats désavantageusement obscures. Sa rencontre avec la Spectre était tout autant un succès qu’une menace qui pouvait lui coûter la vie et ça, elle en était consciente. Pour autant, elle avait un avantage des plus précieux : personne ne savait de quoi elle était capable. Et personne ne savait sa véritable influence. La Marchande des Ténèbres n’était pas encore sorti aux grands jours : les hommes les plus influents du monde sont à sa merci car ils ont toutes et tous pactisé avec le Diable. Elle a offert mais elle peut reprendre.


Qu’avait-elle fait ces derniers temps ? Cela avait commencé par une rencontre avec les Douze Sombres Monarques de la Ville. Bien entendu, ils avaient été fort mécontents que leurs réseaux à Los Angeles aient disparu. La somme d’argent, qui leur avait été promis, était une rentrée en moins pour le moins non négligeable. Cependant, habilement, Aryen leur proposa de leur prêter cet argent contre un remboursement faussement avantageux. Enfin, le deal était plus ou moins alambiqué puisqu’il paraissait bien honnête mais la Belle Demoiselle bénéficierait d’un retour sur intérêt augmenté d’un pourcentage beaucoup plus intéressant pour elle que pour eux. Cependant, à bien y réfléchir, la balance ne penchait ni véritablement d’un côté ni de l’autre. Et, elle leur offrait tellement d’avantage qu’il aurait été fort inutile de prétendre plus quand elle pouvait tout leur retirer. Et encore, ils le savaient désormais, ce n’était pas la Dame Noire qui serait responsable de leurs déchéances. Ce ne serait que de leurs seules fautes. Voilà comment elle dominait les Douze Apôtres des Ténèbres de la ville de New York : chacun d’entre eux était prisonnier de sa propre responsabilité. Pire, selon certaines opinions, ils étaient leurs propres otages. Pour eux, Aryen était cette lumière qu’ils ne voulaient pas voir s’éteindre et son emprise, sur eux, était absolue.



D’ailleurs, elle avait, également, veillée à ses intérêts dans le Monde de la Lumière de New York. Par de très nombreux stratagèmes imaginés aussi bien par son Général que par elle-même, elle s’était infiltrée dans l’univers financier de la ville mais aussi du monde. Wall Street était devenue son territoire : pour chaque société qui gagnait des actions, elle touchait un pourcentage notoire de un pour cent d’une somme gagné par chaque augmentation de capital. Et personne ne se doutait de rien puisque les comptes étaient parfaitement manipulés par ses propres soins. Ce pourcentage minimal augmentait son compte en banque personnel que personne n’avait pu encore estimé. En somme, et à l’image de la Belle Demoiselle, une somme tout à fait négligeable, parfaitement légale qui frisait l’abus sans qu’aucun pouvoir judiciaire quelconque n’y ait à redire. Le FBI, basé sur New York, lui fournissait des renseignements parfois sans importances et, de temps en temps, vitaux. Partout où des missions s’effectuaient dans le monde, lorsque le FBI de sa Cité était nécessaire, les rapports tombaient également dans sa main. En somme, c’était une source d’information qu’elle utilisait avec précaution, modération mais fort intelligemment. Le partage d’information entre les diverses sections du FBI dans ce continent ne lui échappaient pas. L’économie de la ville se portait plus bien car elle injectait de l’argent en secret à l’administration de cette cité. Le Maire était sa botte, chaque aspect de l’organisation politique de sa cité était entre ses mains, rien ne lui échappait. Et pour cause, chacun voulait le pouvoir, elle le leur offrait à condition qu’ils préservent son propre intérêt qui était aussi le leur. En somme, un véritable échange équivalent où personne n’avait intérêt à tromper l’autre. Mais, cela n’était rien de plus qu’une mascarade déguisée car ce qu’elle souhaitait était exécuté de peur qu’elle n’ordonne. La Dame Noire inspirait une peur bien plus grande que l’on ne pouvait imaginer: elle ne terrorisait personne mais c’étaient bien les autres qui s’inspiraient une crainte personnelle exacerbé au maximum par le fait de décevoir la Belle Demoiselle et d’en assumer une conséquence qu’ils ne voudraient jamais reconnaître. Comme on le dit : « Avoir peur des autres est une frayeur contrôlable. Se craindre soi-même est une terreur indomptable. »


La population de sa ville ne cessait d’augmenter : auparavant, elle comptait environ 8 millions d’habitants. Après le passage de Poséidon, elle ne comptait plus que 6 millions. Conjugué à la domination de l’Ordre Noire et à sa propre gestion, la démographie de la ville pointait à presque 9 millions d’habitants. Et ce n’était pas fini : ils arrivaient nombreux car ils savaient que New York était redevenu le symbole du rêve américain. Il y avait du travail pour tout le monde et l’activité économique explosait. Il ne semblait y avoir aucune limite. Les Quartiers s’agrandissaient : il était même question d’en créer de nouveaux. La Vie Publique prospérait car l’argent coulait en continu. Personne ne cherchait trop à savoir ni le pourquoi ni le comment : d’ailleurs, peu importait puisque ce qui comptait, c’était la possibilité de ne plus survivre mais de vivre. Et c’était exactement ce qu’offrait la Cité de la Dame Noire. Aussi bien l’importation que l’exportation des produits commerciaux et artisanaux se portaient à merveille car la politique de la ville était à l’image de la Vierge Obscure : un rapport basé sur un échange équivalent total et absolu ainsi que l’émergence d’une responsabilité individuelle au service du bien collectif. En somme, pour faire simple, tout le monde donnait le meilleur soi-même car tout le monde avait intérêt que la prospérité de New York dure pour l’éternité. Sans le savoir, toutes et tous étaient les esclaves de la Dame Noire mais loin de s’en plaindre, non seulement ils s’en contentaient mais ils voulaient continués à être dominer. Les voix discordantes étaient libres de partir mais jamais ils ne revenaient. De très nombreux scenarios avaient été envisagés mais la vérité était tout autant plus subtile: une fois dehors, naissaient en eux le regret et le remords d’avoir quitté le Paradis pour retourner en Enfer. Ce n’était pas la Belle Demoiselle qui leur interdisait de revenir, c’était eux-même qui ne se permettaient plus de revenir. Comme lorsqu’un employé quitte un poste de travail des plus avantageux pour se retrouver dans une autre profession où il demeure perdant. La Belle Demoiselle s’était même assuré que lorsque ce territoire serait éventuellement perdu, il ne resterait plus rien de cet endroit qu’une terre vierge sans population : progressivement, insidieusement, toute la population de New York était en train de rejoindre l’Armée des Mirmillons de la Dame Noire.


Aryen avait eu l’intelligence et la clairvoyance de poster à des membres-clés des Anciens Élus qui agissait dans l’ombre, suivant sa philosophie à la lettre. Tout fonctionnait comme elle le désirait mais elle savait pertinemment que cela n’était pas assez. Car, la ville n’était pas à l’abri de son plus grand danger : la conquête de ce territoire par les autres Domaines. Elle ne pourrait pas compter sur le soutien de Takeya Oni. Elle se devait de trouver d'autres solutions annexes.


Elle rentra dans son immense appartement et s’assit sur son long canapé. La Belle Demoiselle était une somme infinie de mystères insolvables : chacun pouvait penser ce qu’il souhaitait d’elle mais, au bout du compte, la réalité était toujours la même : personne ne savait rien d’elle. Ni les Élus, ni même les Dieux ne se doutaient de ce qu’ils pourraient considérer comme une menace. D’ailleurs, était-elle vraiment une menace ? Ou une potentialité ? Il viendrait. Il approcherait. Mais elle était prête… D’ailleurs, elle avait toujours été prête : elle avait toujours eu des longueurs d’avances sur les autres. Mais avec Lui, elle devrait très certainement se préparer à aller plus loin qu’elle avait l’habitude…. Elle avait tenu parole envers Andréa : non seulement les biens avaient été restitués au Spectres mais la somme convenue avait été donnée en mains propres et Aryen avait eu toutes les garanties que sa part du marché avait été respectée. Les Spectres ne pourraient prétendre le contraire. Un sourire se dessinait sur son merveilleux visage alors qu’elle regardait le plafond au-dessus d’elle. Oh oui ! Elle avait bien travaillée pendant ces trois dernières semaines…






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Mort et Ténèbres [RP Thanatos & Aryen ]