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ElijahChevalier d'Or du Sagittaire
Chevalier d'Or du Sagittaire

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Dim 19 Mar - 13:50




Le voyage en train n’avait guère duré longtemps. J’avais pris la correspondance très tôt pour quitter Almuñécar. Assis en deuxième classe, mon urne se trouvait dans le compartiment à bagage et je voyais le paysage idyllique de la côté sud est de l’Espagne se dévoiler sous mes yeux. Il était prévu que je fasse une escale à Grenade et que je prenne l’avion à Chauchina, à seize kilomètre de la capitale de la province, pour me rendre en direction d’Athènes. J’étais assis dans un compartiment où il y régnait un silence religieux, ponctuellement coupé par le bruit d’un garçon d’environ cinq ou six ans, installé en face de moi avec sa mère. De temps en temps, il me jetait des regards et je lui souriais agréablement. Partagé entre cris et rires, le petit espiègle chenapan donnait du mal à une jeune maman qui tempêtait parfois et souriait radieusement en même temps. Maria me manquait déjà, les enfants aussi. J’avais eu l’impression d’être parti comme un voleur mais je n’avais pas eu le choix car je suis un Chevalier d’Athéna. Au cours du trajet, sous l’impulsion du garçon qui venait me parler innocemment, je finis par discuter avec la mère. Cela fit passer le temps. Nous arrivâmes bientôt vers la ville de Grenade lorsque je ressentis une aura malsaine. Je parvins à la localiser : elle se trouvait deux compartiments plus loin derrière moi. Instinctivement, je développais mon aura de chevalier d’or en guise d’avertissement. Prenant congé de la jeune mère et du garçon, prétextant, un désir quelconque, je me retirais doucement, mon visage cherchant à n’émettre aucun signe d’inquiétude.

Plus je me dirigeais vers la source du mal, plus celle-ci s’éloignait comme si elle m’avait repéré. Néanmoins, hâtant le pas, je me retrouvais enfin face à face avec l’origine de cette noirceur. C’était un homme au regard malfaisant, il avait une attitude à la fois dangereuse et déterminé. Les passagers de ce compartiment étaient effrayés : je pouvais les comprendre aisément puisque l’Homme se présenta comme étant un Élu du Cosmos motivé à détruire le train et tous les gens à son intérieur. Subitement, je fronçais les yeux et intensifiais ma cosmo énergie dorée alors que celui-ci libéra sa lumière obscure.


Quittez ce compartiment sans crainte. Je me charge de cet homme.

Déclarais-je d’une voix à la fois assuré en direction des passagers et froide en direction de l’être menaçant. Toutes et tous quittèrent le compartiment, rassuré par ma présence jusqu’à ce que nous nous trouvions seul.


« Un Chevalier d’Athéna ?! Qui plus est un Chevalier d’or ?! Quelle malchance d’être tombé sur toi mais cela ne changera rien car tu arrives trop tard ! Le Plan est en marche et rien ne pourra l‘arrêter !

Assura l’Homme en se mettant à rire.


Laisses-moi te lancer un seul et unique avertissement : repends toi de tes actions malveillantes et révèles moi la vérité. Sinon, je serais dans l’obligation de mettre un terme définitif à ta vie.

Avertis-je d’une voix faussement paisible alors que le ton de ma voix était déterminée.



Dans tes rêves…

Commença-t-il à prononcer mais il n’eut pas le temps d’en évoquer plus car…


Je levais soudainement un doigt en direction du cœur de la menace présente. Un rayon doré transperça son cœur tandis que je le vis s’effondrer sur le sol. Constatant qu’il n’avait encore plus que quelques instants à vivre, je me dirigeais vers lui, posais un genou à terre et approchais mon visage du sien en gardant, tout de même, une certaine distance.


Soulage ton âme avant de plonger dans les abysses des Enfers. Parles tant que tu le peux…

Déclarais-je doucement alors que je lui tenais la tête avec ma main.


On… Ne nous quitte pas… Comme ça… Sans en… Payer le prix… Major Stairway…

Murmura-t-il alors qu’e ses yeux vitreux et grand ouvert m’observaient encore alors qu’il était mort, un sourire démoniaque restant gravé sur son visage.

Alors que le Chef du train fit son apparition, je fermais les yeux de l’Homme et me présentais comme étant un Chevalier d’or au Service du Sanctuaire t d’Athéna. Je lui indiquais que la menace avait été maîtrisée. Même s’il fut une Abomination, je demandais à ce que cet homme soit couvert d’un drape blanc et que sa dépouille soit enterré convenablement dans le cimetière de la ville de Grenade. Je passais le reste du trajet seul. Lorsqu’enfin nous arrivâmes dans la ville, les passagers me remercièrent de mon intervention. Parmi eux, la mère et l’enfant me sourirent en inclinant la tête. Je hochais la tête en guise de remerciement puis prit mon urne dorée que je mis sur mon dos. Je me ressouvins des dernières paroles de l’Homme et plus particulièrement du nom qu’il m’avait donné. « Major »: c’était mon grade pour les missions « Skulldead ». « Stairway » était le nom d’un programme destiné à détruire une ville bien précise pour la rendre à une ville bien précise. Nous étions un groupe de cinq Mercenaires à l’époque, tous des Élus du cosmos. Quatre étaient morts en service avant que ne débute la mission. Quelle était la mission ? Il fallait détruire la Ville de Grenade et la mettre à feu et à sang afin qu’un riche propriétaire syrien ne se l’approprie par des méthodes fallacieuses. La récompense était énorme mais je l’avais refusé car elle ne correspondait pas à ma morale. Ce qui n’était pas le cas des quatre autres. Après de nombreuses heures à chercher à convaincre mes quatre autres camarades d’abandonner le contrat, je dus me résoudre à les tuer. Ils représentaient un danger bien trop grand pour des gens innocents qui n’avaient rien à voir avec la Folie d’un Homme sous l’emprise du mal absolu. Qu’Athéna me pardonne : je n’aime pas ôter la vie d’un homme si cela n’est pas nécessaire. Hélas, avant de retrouver ce Sanctuaire que j’ai quitté il y a de cela fort longtemps et avant de pouvoir véritablement honorer mon devoir en tant que Chevalier d’or du Sagittaire auprès de la Glorieuse Athéna, je vais devoir commettre des actes contraires à ma propre morale pour sauver des vies innocentes…








Dernière édition par Elijah le Mer 19 Avr - 17:03, édité 1 fois
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Dim 26 Mar - 19:15




Les jours, qui avaient suivi mon intervention, ne furent pas de tout repos. En vérité, quelques heures après la sortie de la gare, des policiers étaient venus à ma rencontre. Ils désiraient que je les rejoigne au commissariat pour évoquer ce qui s’était passé. Cachant mes doutes, je n’avais dévoilé que les faits : un élu du cosmos menaçait des citoyens, il était de mon devoir d’intervenir. Je ne jugeais pas utile de leur révéler mes pensées pour deux raisons : d’une part, mes certitudes étaient infondées et d’autre part, un civil n’aurait aucune chance contre un élu du cosmos. Conclusion : je devais continuer l’enquête par moi-même et achever cette mission le plus rapidement possible. Du moins, c’est ce que je pensais.

Le Projet n’avait plus lieu d’être car, à part moi, les autres membres avaient été éliminés. La Ville de Grenade n’avait, à ma connaissance, aucune valeur véritablement symbolique. Néanmoins, en mon ancienne qualité de leader, je n’avais jamais accès à toute la réalité des buts : je n’étais payé que pour accomplir une mission et je n’avais rien à savoir de plus. D’ailleurs, je ne cherchais pas à en savoir davantage car je savais que cela heurterait mon sens moral. Abandonnant ainsi ce but lucratif, j’aurais gagné moins d’argent pour Maria et les enfants. Au fond de moi, un doute subsistait qui résonnait comme une évidence : le Projet n’avait jamais été abandonné et il avait été confié à une autre section. Si tel était le cas, je devrais agir dans les plus brefs délais. J’avais un avantage qui était un inconvénient : je connaissais les détails d’exécution de la mission. Or, l’Organisation, qui m’avait recruté à l’époque, connaissait mon départ. Et si elle savait ma présence ici… Et si elle avait averti le groupe qui devait exécuter le projet…. Si le Leader de ce groupe avait l’idée de changer l’ordre du plan ou d’agir autrement afin de remplir la mission… Quoique je fasse, il y aurait des pertes civiles… Je n’avais donc qu’un seul choix et il ne me plaisait guère : il fallait que je me terre et que j’observe la suite des évènements afin de pouvoir agir. J’avais un autre avantage non négligeable que l’Organisation ne savait pas : j’étais un chevalier d’or au service d’Athéna. Je ne leur avais jamais révélé cet état de fait.

Volontairement, j’avais éteint toute trace de mon existence. Je m’immergeais dans la ville et j’attendais la première offensive adverse. J’évitais de trop m’appesantir dans la ville : je restais dans les ruelles de la ville, je me cachais presque. Je dormais à l’abri des regards indiscrets et, le jour, j’observais les points stratégiques de la ville. Il ne faisait aucun doute, que tôt ou tard, chacun des deux partis saurait que l’un observe l’autre. En ce qui me concernait, plus tard, ils sauraient, mieux ce serait pour moi. En attendant, par un bel après-midi ensoleillé, alors que je me plongeais parmi la foule, inconnu parmi les inconnus, je constatais que j’étais suivi. Ça y est ! Furtivement, je me déplaçais vers un coin plus sombre dans une des ruelles peu fréquentées de la ville. Je me dissimulais dans un angle mort lorsque je vis une femme passer derrière moi comme si elle ne m’avait pas vu. Je l’entendais murmurer des paroles en allemand et comprit leurs significations : elle me traquait et se maugréait d’avoir perdu ma trace. Normalement, il devait y avoir un « Poursuivant » et, quelques mètres plus loin, un « traqueur ». Le premier suivait la cible à courte distance et le deuxième traquait les deux à une moyenne distance. Ils communiquaient toujours par télépathie, via leurs cosmos. C’est alors que j’entrepris de neutraliser ma cible : je fis apparaître mon aura de chevalier un très bref instant alors qu’elle se retourna en ma direction. Je la frappais solidement à l’estomac et elle s’évanouit sous l’impact du coup. J’éteignis mon aura immédiatement et traînais ma cible dans un endroit un peu plus lointain, à l’abri des regards indiscrets. J’ouvris la porte d’une maison inhabitée et je réveillais la jeune femme en lui administrant une série de claques sur le visage jusqu’à ce qu’elle se réveille.



Je n’ai pas de temps à perdre. Réponds à mes questions et tu auras la vie sauve. Où sont les trois autres ? Qui a commandité le Projet Stairway ? Quelles sont vos cibles ?

Ordonnais-je d’une voix implacable alors qu’elle me foudroyait du regard sans vergogne.


Crois-tu vraiment que je te révélerais quoi que ce soit ? Le Projet est déjà en place et tu arrives trop tard Major.

Répondit-elle en s’affolant alors qu’elle éclata de rire.


Tu ne me laisses donc pas le choix. Que la Miséricordieuse Athéna pardonne mon acte. Je répondrais de mon œuvre devant elle et expierais mes péchés pour ce que je vais te faire subir.

Déclarais-je d’une voix sinistre alors que, soudainement, je lui pris le cou et que je l’étranglais tout en intensifiant ma cosmo énergie. L’étreinte prit un certain temps au cours duquel elle me défia du regard avant de paniquer et de me révéler quelques mots avant de trépasser. Lorsque j’en eus terminé avec elle, je sus les informations que je désirais, du moins tout ce qu’elle savait. Malheureusement, je dus me résoudre à la tuer : non seulement, elle représentait un danger pour les habitants de la ville mais elle aurait pu prévenir ses acolytes. J'éprouvais des remords et des regrets pour cet acte mais je n'avais pas le choix.



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Mer 19 Avr - 17:11




Les informations, aussi maigres soient-elles, indiquaient que le temps jouait contre moi. Néanmoins, j’avais un avantage certain sur mes adversaires : non seulement, je connaissais la cible mais, en plus, je pouvais prédire la manière dont ils agiraient. Au bout du compte, comme un ancien compagnon d’arme avait coutume de dire, la simplicité peut être la source des plus grandes cruautés. Le Commanditaire était toujours inconnu mais la méthode n’avait pas évoluée : créer une diversion pour assassiner la cible ou bien enlever un membre important afin de faire chanter la cible. Avant de trépasser, la jeune femme avait eu le temps de me donner un nom ! Ernesto Gonzales : il était le fils du plus proche conseiller du maire de la ville. Ce qui m’inquiétait, également, était un terme qu’elle avait utilisé dans son dernier soupir : un code des plus inquiétants du nom de « Fake Reality ». Autrefois, ce code était utilisé pour signifier qu’il fallait des poser des bombes à des endroits stratégiques selon une logique de grosse ampleur afin d’aboutir à son objectif. Toute la question était de savoir si ces bombes étaient factices ou pas. Également, toute la question était de déterminer la puissance des explosions : lorsque j’avais dû procéder à cette stratégie, je m’étais toujours débrouillé pour qu’elles ne causent que des dégâts matériels tout en limitant le nombre de morts ou des blessés. J’avais une conscience morale mais ce n’était pas le cas de tout le monde. Dorénavant, c’était une course contre le temps : ils étaient trois, j’étais tout seul. Je voulais agir seul mais, maintenant que je connaissais leurs plans, il fallait savoir si j’avais un temps d’avance ou pas. Surtout, il fallait que je les arrête avant qu’ils ne passent à l’action. Résultat : seul, je n’y arriverais pas. Donc, il fallait que j’agisse avec audace et originalité.


Puisqu’il fallait taper haut, j’avais décidé de taper haut : à soucis extrêmes, résolutions extrêmes. L’après-midi, je m’infiltrais dans la Résidence du Maire de la Ville. Heureusement, il n’y avait personne et il n’y avait pas de caméra de surveillance. J’en profitais pour voir s’il n’y avait pas de dispositifs d’écoute ou de vidéo surveillance mis en place par mes adversaires. De toute façon, si j’étais repéré, je le saurais immédiatement et cela représenterait un coup double : le projet serait mis en place, des pertes seraient à déplorer mais je pourrais les localiser immédiatement. Après un examen minutieux, je me rendis compte qu’il n’y avait rien. Ce qui signifiait une chose : le plan était récent et, pour ma chance, mal préparé. Alors, je décidais d’attendre, caché dans un coin dans la maison que le Maire rentre chez lui. Le soir venu, je le vis rentrer mais il n’était pas seul. Il était accompagné de sa femme et de sa fille. Malheureusement, le temps m’était compté et je ne pouvais me permettre de prendre des gants. Il n’y avait aucune opportunité qu’il se retrouve seul et que je puise discuter avec lui tout en prenant le temps de bien lui expliquer les faits. Alors qu’ils étaient ensemble, j’inspirais un grand coup puis expirais de la même manière avant de trouver l’occasion de les rejoindre. Le reste n’était guère surprenant et ils agirent comme une évidence : surprise et panique se mêlèrent à effroi et inquiétudes.


Monsieur le Maire. Je me nomme Elijah, Chevalier d’Or du Sagittaire au service d’Athéna. Je ne vous veux aucun mal et je vous prie de m’excuser de m’être infiltré au sein de votre maison. Néanmoins, le temps presse : Ernesto Gonzales est en danger et votre ville est sous le coup d’une grave menace.

Déclarais-je d’une voix que je voulais calme et rassurante. Alors que la femme voulait s’emparer du téléphone et que je voyais les tremblements de la jeune fille, le Maire fit signe à sa femme de s’arrêter. Il prit un long moment de silence.


Si tant est que vous soyez ce que vous dites, il me faut une garantie de votre bonne foi. Comment connaissez-vous Ernesto ? Quelles sont les informations dont vous disposez ? Comment être sûr que vous ne vous en prendrez pas à ma famille ni à moi-même si je n’apporte pas du crédit à vos paroles ?

Demanda-t-il alors que, progressivement, il reprenait contenance en se levant et en se mettant devant sa femme et sa fille en un geste protecteur.


Je puis vous donner une preuve solide et inaliénable de mon rang. Pourtant, si je le fais ici et maintenant, le péril deviendra imminent alors qu’il n’est, pour l’instant, pas immédiat. Monsieur le Maire, les informations, que je peux vous révéler, sont source de mettre en danger votre femme et votre fille si elles sont au courant. Je me dois de vous avertir, au préalable, de cet état de fait. Que décidez-vous ?

Interrogeais-je en appuyant mon regard, faisant signifier mon intérêt pour sa famille et pour lui. Ce qu’il dut ressentir alors qu’il me prit d’attendre dans le salon, le temps qu’il s’entretienne avec sa famille. Je m’exécutais mais les surveillais du coin de l’œil jusqu’à ce que le maire me rejoigne et que nous puissions discuter sereinement. Il m’assura que personne ne viendrait les déranger et lorsque je lui demandais de tenir secrète cette conversation, il me le promit. C’est alors que je décidais de lui révéler toutes les informations dont je disposais. Il m’écouta attentivement puis me demanda la manière dont je voulais procéder.


Nous devrons agir demain et ce en toute discrétion. La première chose est de localiser les bombes dans la ville et de déterminer leurs niveaux de dangerosité. Si elles sont factices et si elles ne représentent aucun danger, alors il ne faudra pas y toucher. Si elles représentent un moindre danger, il faudra faire le nécessaire. Généralement, ce genre de bombe n’est pas élaboré et elles seront faciles à déminer…

Commençais-je alors que je m’asseyais sur un fauteuil sur invitation du maire qui en fit de même.



Néanmoins, combien même toute forme de discrétion sera mise en place, vous serez repéré. Vous aurez alors un délai d’une minute et trente seconde pour procéder à l’éventuel déminage. Pendant ce temps, et quoiqu’il arrive, la mission devra être effectuée : pour cette raison, je me chargerais de la protection de la cible et de la mise en état hors de nuire des assaillants…

Poursuivis-je alors qu’il m’interrompit en dressant la main devant en moi, faisant signe de m’arrêter de parler.



Dans tous les cas, le risque de dommages collatérales est bien trop important: la sécurité de la ville et de ses habitants est trop en cause. Comment voulez-vous que j’organise un plan dans ces conditions ? Je saisis parfaitement le fait que nous ayons une courte longueur d’avance et je ne remets pas en cause ni votre sincérité ni le danger que pèse sur cette ville. Mais il est bien trop tôt pour agir, surtout si vous ne niez pas les incertitudes de cette menace

Déclara-t-il alors que je levais les mains, également, en opposition.


Dans la situation où nous sommes, Monsieur le maire, il s’agit de limiter le nombre de blessés collatéraux. Vous devez vous attendre à déplorer de nombreux blessés mais mon objectif est d’éviter autant ce faire le maximum de morts. Ne rien faire serait la pire des erreurs. Agir rapidement avec une action coordonnée est la meilleure solution. Monsieur, le maire, plus nous perdons de temps à discuter, plus votre ville est menacée. Je peux agir mais, si je dois le faire, c’est tout de suite et maintenant. Votre décision, Monsieur le maire ?

Demandais-je, en appuyant mon regard avec intensité.


Expliquez moi tout votre plan dans les moindres détails...

Répondit-il après un long moment de silence.




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Dim 7 Mai - 18:42




Le plan avait été mis en place. Rapidement et efficacement, nous comptions sur le nombre, une organisation des évènements concrets et méticuleux. Nous avions défini les points stratégiques où il était possible que les bombes soient posées. Chaque équipe avait été briefé très tôt et de la manière la plus discrète possible. Dans un laps aussi temps très court, tout me paraissait raisonnablement correct. Nous avions tous les deux pris conscience que nous ne pourrions faire plus et qu’il y aurait des dommages collatéraux : nous ne pourrons échapper au fait qu’il y ait des morts ou des blessés. Maintenant, il ne restait plus qu’à prier pour que le plan fonctionne sans accroc en espérant que tout se déroule comme nous l’avions imaginé.

Nous étions conscients que le plan ne pouvait pas aussi fonctionner comme nous l’espérions. Envisager toutes les solutions – Les meilleurs comme les pires – étaient de mon devoir. Là, encore, j’avais un plan B mais je ne disais rien. Ce second plan était la nature même de mon pouvoir. Si je devais l’utiliser, c’est que le combat serait inévitable : je ne voulais plus tuer de sang-froid des gens. Même s’il s’agissait d’adversaires, si je pouvais trouver une solution pacifique à un problème posé, peut-être que mon âme damné par le trépas et la souffrance serait lavé par la bonté d’Athéna. Pourtant, je n’étais pas dupe du tout : si je devais tuer, alors je tuerais. Comme d’habitude, avec une pointe de regret et de remord mais que puis-je y faire ? La Femme du Maire avait raison : j’avais besoin de dormir, la fatigue et l’anxiété se lisait sur mon visage. Le Maire m’ordonna d’aller me reposer dans une chambre et même sa fille me promit que s’il y avait du changement, elle viendrait me réveiller. J’avais gagné leur confiance : le Maire connaissait le plan et il m’ordonna d’aller dormir le temps que je jugeais nécessaire. Il pouvait gérer le plan en mon absence. Je le trouvais même des plus sages lorsqu’il me rassura sur un doute qui planait dans mon esprit : non ! Il n’avait aucun lien de près ou de loin avec le Commanditaire et aucun membre de sa famille n’avait de lien de près ou de loin avec cette organisation. Ils m’invitèrent à dormir dans le salon sur un canapé si je demeurais toujours méfiant. Je préférais cette solution car, plus j’étais près d’eux, plus je pourrais me montrer réactif en cas de problème. Ils ne le savaient pas mais, allongé sur le canapé dans un coin discret, dans un premier temps, je ne dormais que d’un seul œil, écoutant leurs conversations tandis qu’ils se mirent à travailler d’arrache-pied. Je fus totalement apaisé lorsque je fus assuré qu’il n’avait, effectivement, aucun lien avec le Commanditaire de l’Opération. Je pus dormir sur mes deux oreilles.

Je n’avais besoin que de quatre heures de sommeil bien intensif pour posséder tous mes moyens. Lorsque je me réveillais, il ne restait plus que le Maire qui coordonnait déjà les évènements. Lorsque j’arrivais derrière lui, il se retourna et me montra une tasse de café. Il me demanda si j’avais bien dormi et m’expliqua ce qui s’était passé en mon absence.


Vous aviez raison. On a trouvé des bombes et d’après ce que j’en sais, c’est du C4 amélioré. Elles ne sont pas factices, elles sont réelles. D’après ce que je sais, elles peuvent détruire un rayon de 500 mètres en circonférence. Pour l’instant, en tout cas, nos équipes n’ont pas été repérées. Mais, nous nous attendons à ce qu’elles explosent à tout moment. On m’a donné une description d’une des bombes et un schéma. Je pensais que ça vous parlerait.

Confirma-t-il alors qu'il me montrait le plan sur la table


Je regardais le plan en buvant le café. Tout avait été accompli à la va vite. Les bombes étaient faciles à déminer, ce qui confortait mon idée première. J’avais pu intervenir au début de l’Opération. C’était vraiment une très grande chance. Les hommes continuaient à chercher et, finalement, il fut dénombré vingt bombes à des endroits des plus précis. Chaque bombe disposait d’un émetteur récepteur vidéo à touche digital, ce qui signifiait qu’au moment même où quelqu’un essaierait de la désamorcer, le Chef de l’Opération serait au courant. Mes estimations étaient revus à la baisse : elles pouvaient exploser à tout moment et il fallait donc une action coordonné et immédiate de tout le monde : il fallait désamorcer les bombes en même temps. Je regardais l’heure sur l’horloge.


Ils savent déjà. Et s’ils ne savent pas, ils créeront la diversion à une heure acceptable. Ils sont dans l’optique de faire un maximum de dégât sans se préoccuper de la population…

Déclarais-je d’une voix calme.


La Convention de la Santa Alegria à 10 heures… Ernesto devait s’y rendre ! Mon Dieu, comment ais-je pu oublier cela ?

S'exclama-t-il soudainement alors que ses yeux exprimèrent de l'inquiétude.


D’une pierre deux coups ! Voilà pourquoi ils ne l’ont pas attaqué plus tôt et voilà pourquoi ils n’ont pas fait exploser les bombes alors qu’ils savaient pertinemment qu’ils vous avaient repéré. J’avais pensé que c’était des professionnels mais en fait, ce ne sont rien de plus que des amateurs qui sont ultra déterminés à remplir leurs missions…

Confirmais-je alors que je bus le café d'une traite.

Tout s’expliquait : la simplicité est parfois source de cruauté et de stupidité. Maintenant que j’avais la tête bien reposé, j’imaginais parfaitement les conséquences de ce plan bien machiavélique.


Quoique nous fassions, le plan sera exécuté. Je n’ai donc plus le choix, il va falloir j’intervienne personnellement. Monsieur le Maire, continuez le plan comme prévu. Pour le reste, faites-moi confiance.

Poursuivis-je en lui lançant un regard déterminé.


Comme convenu le plan était en place et j’avais parfaitement tout saisi : quoi qu’il arriverait, à 10 heures, les bombes exploseraient. Si la cible n’était pas décédée dans l’explosion, les mercenaires se chargeraient eux même de l’élimination. Et si les bombes n’explosaient pas, ils tueraient quand même Ernesto. Ils ne pouvaient plus faire machine arrière : j’étais le dernier rempart contre cette attaque. J’avais un avantage : ils ne connaissaient pas mon véritable potentiel. J’avais un inconvénient : je ne savais pas leurs puissances. Si, par malheur, j’avais affaire à des chevaliers de même puissance que moi, je devrais alors utiliser mon arcane devant des civils avec les risques que cela encourraient. Il fut décidé que toutes les bombes seraient déminées simultanément à 9H59. Après quoi, cela serait à moi d’intervenir. Le Maire avait mis en place ses meilleurs spécialistes, il m’avait assuré que je ne devrais pas m’inquiéter et que je devrais me concentrer sur ma mission. J’avais bien l’attention que cette mission réussisse : la Chasse aux Démons de mon Passé allait devoir prendre fin aujourd’hui et maintenant.

Le Festival était une réunion où les gens se réunissaient près de la cathédrale afin de célébrer une quelconque fête religieuse dont l’intérêt frisait le zéro en ce qui me concernait. Je m’étais placé en hauteur, me dissimulant derrière une des colonnes de la cathédrale : de là, j’avais une vision parfaite de la situation et j’étais prêt à toute forme d’intervention. Le Maire, ainsi que sa femme et sa fille, accompagné » de la cible et de ses proches étaient en pleins bains de foules afin de partager ce moment. Ils étaient entourés par un imposant dispositif de sécurité. Ici, tout allait se jouer sur une fraction de seconde. Il n’en restait plus que trois : en terme de logique, un qui commandait et surveillant tandis que deux s’occuperaient de tuer la cible. Pourtant, je ne m’interdisais pas d’évaluer toute autre possibilité. Dans tous les cas, alors que personne ne semblait être au courant de la situation, à ma demande d’ailleurs car moins de personne connaissait le plan et mieux c’était, ma présence était totalement dissimulée. 9H59 : les bombes ne se déclenchèrent pas. Vite, j’observais tout mouvement suspect d ma position. Je vis soudain, trois hommes effectuer un temps d’arrêt tandis qu’ils se tournèrent un peu trop rapidement à mon goût l’un vers l’autre. Puis, ils avancèrent vers la cible mais d’un pas bien plus rapide. Sans le faire exprès, sous le coup de la surprise peut-être, ils dévoilèrent leur aura machiavélique : invisible et insensible pour les communs des mortels, en revanche, ils confirmaient qui ils étaient. Ils avaient un niveau proche d’un chevalier d’argent. C’est alors que j’intervins.

Soudain, la scène changea radicalement, tandis que le paysage se mua en une terre aride où on pouvait discerner l’imposante représentation de la statue d’Athéna qui semblait n’avoir aucune limite dans ce changement de monde. Cris de surprise et de paniques se mêlèrent aux hurlements de terreurs et d’incompréhension. C’était mon pouvoir : du moins une partie limitée car je ne voulais pas dévoiler toute l’intensité de ma véritable force devant des civils. Jusque ce qu’il fallait pour créer une opportunité et m’en saisir. C’est alors que je sautais dans les airs, revêtus mon armure d’or du sagittaire pour atterrir au centre d’un triangle composé des trois renégats parmi la foule. Ils comprirent et foncèrent vers Ernesto à toute vitesse. Les Civils ne pouvaient rien voir mais je les distinguais parfaitement : je fis apparaître alors mon arc et ma flèche. Je bandais mon arc et tirais la flèche dans les airs. Celle-ci se démultiplia en trois sœurs qui foncèrent vers les renégats et atteignirent leurs cibles. Ils furent tués sur le champ. C’était fini, la mission était accomplie… Du moins, c’est ce que je pensais quand soudain…


Trois jours plus tard, je suis arrivé enfin à destination. Mais, je ne peux m’empêcher d’oublier ce qui s’est déroulé à Grenade en Espagne. Et j’en reviens toujours à cette pensée à la fois si évidente et si cruelle : j’ai toujours cherché la complexité alors que la simplicité est une arme si menaçante. Si je n’avais pas écouté mon instinct à cet instant-là, j’aurais échoué. Si je n’avais pas entendu la voix de mon cosmos, j’aurais perdu la chance de mettre un terme aux démons de mon passé. Si je n’avais pas accompli ce geste, alors je n’aurais pas mérité de me présenter devant Celle que je dois servir avec force et honneur. Tout simplement, je n’aurais pas mérité d’être un Chevalier d’Or au service d’Athéna. J’avais vu l’œil gauche d’un des assaillants observer quelqu’un derrière Ernesto, je m’étais retourné, j’avais vu la fille du maire sortir un couteau et le dresser pour poignarder la Cible. Tout le monde avait été abasourdi par ma projection. Tout le monde sauf elle. Tout s’était mis en place : la Fille du Maire était le commanditaire. Je m’étais saisi d’une de mes flèche et l’avait lancé de toutes mes forces en direction de la jeune fille. Le cosmos, qui entourait ma flèche, l’avait guidé pour qu’elle se plante dans son ventre. Finalement, l’affaire était terminée mais la conclusion était, à mon sens, effroyable : Ernesto serait le successeur du Maire. Sa fille voulait tuer Ernesto afin de prendre sa place dans le parti. Tant pis pour les morts, tant pis pour le décès de ses parents, tant pis pour son destin. C’est ce qui avait été révélé. Je me demande toujours pourquoi elle n’avait pas averti les Renégats du plan qui avait été établi mais en, y repensant, malgré cette terrifiante facilité, il y avait toujours ce pacte si fondamental de ce plan qui interdisait strictement qu’un commanditaire entre en contact avec les assassins. La morale a sauvé la vie de biens des gens. Un communiqué avait été mis en place : j’avais été sur le devant de la scène et je m’en serais bien passé. J’avais voulu m’éclipser rapidement mais j’avais été retenu par une personne. Ernesto était venu me voir et nous avons discuté : j’avais les remerciements de la ville et il me jura sur son honneur qu’il me serait redevable à vie. Il devait s’occuper du Maire et de sa Femme qui était sous les feux du projecteur. Lorsqu’il me demanda s’il y avait quelque chose que je souhaitais, au début, je lui avais répondu que je ne voulais rien de particulier et que j’avais agi en tant que protecteur d’Athéna dans le but de protéger mon prochain. Au fur et à mesure qu’il insistait, je me permis de lui demander s’il pouvait, de temps en temps, veiller sur l’Orphelinat que tenais Maria. Il acceptait de bon cœur. J’eus de la chance car, dans les journaux, on ne mentionna pas mon identité : il y avait juste d’écrit que la ville de Grenade avait été sauvé de la catastrophe par un Chevalier d’Or et que toute la ville était reconnaissante envers Athéna et ses protecteurs. Ça, je ne lui avais pas mentionné mais c’était certainement un clin d’œil du Maire et de sa femme. Il leur faudra beaucoup de courage et d’abnégation devant ce drame qui aurait pu être une tragédie. En ce qui me concerne, je suis soulagé : je n’ai pas faibli, je n’ai pas été un lâche, j’ai été fort, je me suis battu pour l’idéal d’Athéna. Mes Démons du Passé ne sont plus qu’un lointain souvenir…


FIN








[Conquète] la Chasse aux Démons du Passé