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PNJ Hadès

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Mar 4 Juil - 21:27
Un avion de transport militaire russe fendait le ciel obscur de Svalbard. Les conditions de vol n'étaient pas idéales mais elles auraient pu être bien pires : la saison de la nuit polaire s'achèverait bientôt et le blizzard ne soufflait pas aujourd'hui.

« Arrivée dans quatre minutes ! » avertit le pilote, ce à quoi le colonel Khalil répondit par un hochement de tête approbateur. Les Agences avaient énormément de matériel à décharger sur la piste d'atterrissage improvisée et très peu de temps pour le faire, le moindre retard provoquerait un effet domino désastreux au niveau du planning logistique.

L'iranien quitta le cockpit pour rejoindre la soute de l'appareil aux bancs occupés par une trentaines d'hommes en uniformes arctiques. À leurs pieds se trouvaient de grandes caisses solidement arrimées contenant provisions, munitions, tout l'attirail trop lourd ou volumineux pour que les soldats puissent le garder sur leur personne et encore bien d'autres équipements hétéroclites.

Cinq escouades en tout, plus le nécessaire pour leur permettre de rester pendant deux semaines sur le site qu'elles étaient chargées de protéger. Six éveillés mercenaires frais émoulus de leur programme d'entraînement formaient la première, Khalil était aux commandes des troupes avec sa douzaine de soldats et deux unités des troupes de choc de l'Agence russe complétaient le petit régiment de sécurité. Avec les hommes déjà sur place, il aurait de quoi faire... d'autant plus que Vassiliev avait jugé bon de dépêcher le sergent Archavine à leurs côtés. La communication risquait d'être difficile par moments mais les performances au combat – si combat il devait y avoir – du grand chauve au crâne scarifié compenseraient cet inconvénient.

Archavine:
 

Tout le monde n'avait pas l'air aussi à l'aise que lui en présence du sergent, paradoxalement toujours en tenue « civile ». Son visage sévère était figé en un masque de sombre, dure et perpétuelle détermination, ses yeux morts fixaient quelque chose que lui seul pouvait voir et il n'avait pas émis une syllabe de tout le voyage – ni n'en prononcerait durant la suite de leur séjour.

« Notre arrivée est imminente. » déclara le colonel au moment précis où l'aéronef entamait le virage qui le placerait dans le prolongement de la piste d'atterrissage. « Nous sommes perdus au bout du monde, à des dizaines de kilomètres de la zone habitée la plus proche, à des centaines de kilomètres de la véritable civilisation mais ne vous attendez pas à une mission facile. Selon toute vraisemblance, nous ne tarderons pas à avoir de la compagnie. Soyez prêts à tout, ne vous relâchez pas et souvenez-vous surtout que ce lieu ne doit en aucun cas tomber en d'autres mains que les nôtres. »

La raison pour laquelle les Agences avaient fait tout ce chemin pour venir établir une base isolée sous ces latitudes inhospitalières et étaient prêtes à y envoyer tant de soldats, c'était les ressources qui y dormaient dans les profondeurs de la Terre. Une analyse détaillée de très légères anomalies gravitationnelles, électromagnétiques, géologiques et thermiques les avait menées à la conclusion qu'à cet endroit de l'archipel norvégien se trouvait probablement un important gisement de matériaux aux propriétés défiant les lois de la physique, ceux-là même qui entraient dans la composition des armures d'éveillés. Un scientifique ordinaire ignorant les propriétés si particulières de ces matériaux n'y aurait vu que du feu, aurait attribué ces infimes déviations par-rapport aux valeurs standards à une erreur de mesure ou à une excentricité locale sans conséquence... Pas les iraniens qui avaient découvert cette méthode de localisation puis avaient donné leurs vies pour la préserver et la transmettre à leurs anciens rivaux. Son organisation défunte continuait le combat, ce qui animait Khalil d'une ardeur renouvelée.

Les soldats n'avaient reçu que le strict minimum d'informations nécessaire à la bonne exécution de leurs tâches, tout particulièrement les nouvelles recrues à qui l'on ne faisait pas encore totalement confiance. Leur première mission sur le terrain, ils avaient intérêt à assurer.

« La mission commencera à l'instant où vous poserez le pied à terre mais n'oubliez pas de passer à l'armurerie pour recevoir votre complément de matériel avant de vous installer dans vos quartiers. Rejoignez-moi ensuite en quatrième vitesse. Ne soyez pas en retard. » conclut-il à leur intention juste avant qu'un crépitement dans sa radio ne le prévienne qu'on lui demandait son code d'identification. Il le livra à l'opérateur au sol qui confirma que tout était en ordre et leur avion put amorcer sa descente. Un peu plus d'une minute plus tard, l'appareil s'immobilisait et la rampe de la soute s'abaissait, permettant enfin aux passagers de respirer un peu d'air frais – plutôt glacé, voire polaire – et de voir le tarmac enneigé... Ou du moins, la quarantaine de soldats qui les y attendaient l'arme au poing et qui vérifièrent individuellement l'identité et le chargement de chacun avant de les laisser quitter leur moyen de transport.

« Bienvenue à Svalbard. » fit la voix d'Ishii dans son casque. Archavine passa à côté du colonel sans ralentir, néanmoins ce dernier s'autorisa une pause de trente secondes pour admirer le paysage. La base avait été établie au fond d'un petit fjord, une forêt blanche s'élevait à quelques centaines de mètres vers l'intérieur des terres sur les premiers contreforts rocheux. L'examen des cartes avant de venir lui avait appris qu'une crique se trouvait à moins de deux kilomètres, de l'autre côté d'un amas de rochers ; elle aurait été plus pratique pour servir de port mais les Agences évitaient de recourir aux navires depuis les événements de Tokyo, de plus l'emplacement actuel de la base était plus discret.

La base... un amoncellement de hangars faits de pièces préfabriquées surplombant un réseau de galeries souterraines creusées en quelques semaines à peine. Plus rapide que la construction en dur. Il entrapercevait les silhouettes camouflées des « troupes » japonaises, patrouillant autour du périmètre. L'ingénieur était sans doute là pour veiller à leur maintenance, un rôle plus approprié que celui qu'il avait endossé plus tôt.
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WolgornSpectre du Bourreau
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Mer 5 Juil - 15:15
Vitold, après un long et laborieux entraînement aux armes de l'organisation et avec les autres mercenaires, avait été assigné à sa première mission. Une situation plutôt étrange, sachant qu'il était déjà en mission au service des Enfers. Le Russe se rendait à l'archipel de Svalbard, au nord de la Norvège et en plein milieu de l'Océan Arctique, en compagnie de ses cinq nouveaux compères ainsi que de Khalil et d'un certain Archavine. Ce dernier, aussi silencieux qu'un bloc de marbre, pourrait paraître mort de l'extérieur si son visage n'était pas figé dans une expression d'une inébranlable sévérité. Au moins, il ne risquait pas de raconter de conneries, mais son mutisme et son apathie appelaient à la prudence au cas où le Bourreau voulait préparer un mauvais coup en douce. Ce type pouvait lui tomber dessus sans qu'il s'en aperçoive, alors autant s'en méfier.

Juste avant d'arriver à destination, Khalil délivra aux mercenaires les instructions à suivre pour commencer les opérations. Une fois l'avion posé à proximité de la base, Vitold et ses camarades sortirent de l'appareil, remplirent les formalités d'accueil, se rendirent promptement à l'armurerie afin de récupérer leur équipement et s'installèrent dans leurs quartiers. Le climat était glacial comme on pouvait l'attendre d'une région polaire, mais le temps était heureusement calme. Emmitouflés dans leurs manteaux, les mercenaires marchèrent dans la neige sous le ciel nocturne et purent observer une partie de la base dans laquelle ils avaient été stationnés. Il s'agissait d'un ensemble d'entrepôts et de structures modernes de fonction vraisemblablement militaire, planté au beau milieu d'un paysage d'une blancheur immaculée. Les régions septentrionales étaient un lieu idéal pour dissimuler des activités douteuses, et ce groupuscule ne dérogeait pas à la règle.

L'Exécuteur et ses compères s'empressèrent ensuite de rejoindre le Colonel au point de rendez-vous pour recevoir les détails de leur assignation. Vu à quel point la base était quadrillée et l'importance des ressources en jeu, ils ne risquaient pas de s'ennuyer. Le Russe espérait juste qu'ils n'allaient pas se farcir un Éveillé de niveau trop élevé de sitôt, au risque de trépasser prématurément ou de trahir son identité. En attendant, ces gisements pouvaient être d'un très grand intérêt pour les Spectres s'ils parvenaient à écarter définitivement cette mystérieuse organisation de l'équation, sans oublier les nombreux parasites ayant l'intention de s'en emparer. Ce premier travail était par ailleurs l'occasion pour Vitold de rentrer dans les bonnes grâces des officiers, ceci dans l'objectif de se rapprocher de leurs secrets les mieux gardés. Une fois la menace que représente ce groupuscule évaluée, il pourra enfin s'atteler à sa destruction méthodique...
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PNJ Hadès

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Sam 8 Juil - 15:02
« La météo n'est pas de notre côté. » marmonna un Ishii résigné, pianotant sur son clavier. Des informations techniques sur les différents systèmes de défense de la base défilaient sur l'écran au gré de ses manipulations. Aziz observait calmement, assimilant les résumés qu'on lui faisait. « Une couche de brouillard persistante, deux-trois mètres de haut. Nous ne pourrons pas utiliser les Lansknechts sur une cible au sol, il faudra se contenter d'un rôle de défense anti-aérienne. »

« Ce n'est pas grave, ils sont conçus pour ça à l'origine... et puis nous n'avons pas attendu d'avoir ces jouets pour affronter et tuer des éveillés, nous pourrons nous débrouiller sans. Le sens du vent m'inquiète davantage. »

Une brise marine soufflait en permanence vers l'intérieur des terres, ce qui compliquerait l'utilisation d'armes chimiques à moins que leurs ennemis éventuels ne décident d'attaquer en passant par la forêt, un scénario hautement improbable. L'endroit où ils se trouvaient était isolé du reste de l'île par un terrain dangereusement impraticable, ne laissant guère que deux possibilités d'accès par la voie maritime : depuis le fjord ou la crique voisine. Si ses soldats devaient se retrouver à faire usage d'une grande quantité de gaz toxique, leur propre nuée mortelle reviendrait vers eux tandis qu'un adversaire recourant aux mêmes méthodes verrait son assaut grandement facilité.

Le colonel soupira en passant à la carte détaillant le placement des fosses, barbelés et autres mines antipersonnel. La ceinture de pièges entourant l'installation était inachevée, quant aux mines sous-marines... dire qu'elles étaient trop peu nombreuses aurait été excessivement charitable. La faute au manque de ressources et au surmenage généralisé des Agences. La faute à Poséidon donc. Il fallait espérer que ce qu'ils déterreraient ici vaudrait tous ces moyens investis et tous ces risques encourus.

En attendant il ne servait à rien de se plaindre. À la guerre comme à la guerre, on ne pouvait pas toujours choisir son champ de bataille ou ses équipiers. En parlant d'équipiers, l'officier reçut une communication l'informant que ses subordonnés venaient de se présenter à l'entrée du QG. Il ordonna que ceux-ci soient conduits en salle de briefing et partit lui-même dans cette direction, non sans avoir auparavant gratifié le japonais d'une tape dans le dos amicale. À voir ses cernes et le nombre de tasses de café sur son bureau, le pauvre ingénieur n'avait pas dû fermer l’œil depuis longtemps.

« Messieurs. » salua-t-il sobrement en entrant dans la pièce, constatant que personne n'était en retard – mercenaires, russes ou iraniens. Il fit un signe en direction de la caméra dans un coin de la pièce et un vidéoprojecteur s'alluma, dévoilant une image satellite aux couleurs artificiellement contrastées. « Je viens de recevoir les toutes dernières nouvelles et je suis au regret de vous dire qu'il se pourrait que nous ayons à exercer nos talents plus tôt que prévu. »

Trois cadres rouges vifs apparurent sur l'image, centrés chacun sur un objet sombre. « Le secteur où nous nous trouvons est normalement très peu fréquenté car éloigné des principales routes maritimes et à proximité de plusieurs réserves naturelles ; le trafic est pour ainsi dire tombé à zéro depuis Tokyo... Pourtant ces trois navires de grande taille font route droit vers nous. Les gardes-côte norvégiens les ont localisés sur leur radar mais leurs appels sont restés sans réponse et nous n'avons aucun élément pour les identifier. Nos observations laissent à penser qu'ils sont armés et pourvus d'engins volants. »

L'image changea pour une vue aérienne de la base et de ses environs. Deux ovales aux contours blancs vinrent souligner les points de débarquement du fjord et de la crique, vite rejoints par d'autres symboles colorés – heureusement assortis d'une légende sur le côté. « S'ils continuent sans changer de cap, ils devraient être sur nous d'ici quatre à cinq heures, peut-être moins si l'on compte une éventuelle reconnaissance aérienne ou l'envoi d'un groupe héliporté. Il a été décidé que les soldats présents dans cette pièce participeraient à la défense du fjord : les forces japonaises seront placées en embuscade en première ligne, les équipes Kazanski et Archavine en deuxième ligne et mes propres troupes en soutien à distance – et parées à venir en renfort des défenseurs de la crique ou des flancs de la base si nécessaire. Nous avons bien cartographié la zone, vous n'aurez donc aucun mal à utiliser vos combinaisons pour trouver les meilleures positions. Reposez-vous si vous pouvez une fois que vous y serez, tant que vous ne relâchez pas votre vigilance. »

Khalil cessa de pointer les diverses parties de l'image avant de passer à la conclusion de son exposé. Il ne pouvait être sûr de la fiabilité des renseignements qu'il s'apprêtait à livrer, mais si c'était vrai... alors cette mission revêtirait bientôt un caractère encore plus personnel. À sa connaissance, il n'y avait pas pléthore de gens qui pouvaient se rendre compte des richesses que recelaient ces terres...

« Il y a des chances que l'ennemi ne soit pas si différent de vous. Des mercenaires. » prévint-il en fixant les six nouvelles recrues. « Ceci n'est que supposition mais gardez-le à l'esprit. Des questions ? »
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WolgornSpectre du Bourreau
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Lun 10 Juil - 10:34
Vitold et ses compagnons furent rassemblés par Khalil dans une pièce dotée d'un vidéoprojecteur pour un compte-rendu de la situation autour de la base. Apparemment, de potentiels ennemis s'approchaient en nombre de l'archipel par voie maritime, malgré la menace de Poséidon. Ces individus devaient posséder certains moyens financiers pour être capables de mobiliser trois navires, mais restait encore à voir s'ils avaient des Éveillés dans leurs rangs. L'Iranien récapitula l'organisation du déploiement des forces défensives puis informa les mercenaires que leurs casques avaient enregistré la géographie des lieux. Une fonction bien pratique afin de mettre rapidement au point des stratégies et investir au mieux les compétences qu'ils avaient gagnées au cours de leur entraînement. Le Bourreau sentait déjà que l'affrontement à venir risquait d'être énervant en raison du gisement reposant sous leurs pieds et du vent soufflant actuellement à l'extérieur. S'il n'était pas obligé de restreindre sa propre puissance, il n'aurait pas à se soucier du terrain et du climat ainsi. Khalil précisa aussi que la possibilité d'affronter des manieurs d'énergie cosmique existait, ce qui ne surprit guère le Russe outre mesure.

Finalement, le Colonel demanda à ses troupes s'ils avaient des questions avant de partir au combat. Vitold n'en avait aucune lui venant à l'esprit dans l'immédiat, la période d'apprentissage leur ayant donné toutes les cartes en main au cas où il aurait à se battre en milieu polaire. Son équipe et celle d'Archavine furent alors déployées à la zone de débarquement adverse avec le reste des effectifs militaires de la base. En combinaison et armés jusqu'aux dents, les mercenaires se mirent sur le pied de guerre et attendirent les ennemis depuis les positions qu'on leur avait attribuées. Face au paysage enneigé et l'anxiété nouée à l'estomac, ils observaient l'océan glacial d'où se profilait un péril inconnu.

Le railgun posé sur son épaule, l'Exécuteur devisait sur la stratégie à adopter avec ses camarades, chacun ayant consciencieusement pris note de leurs réussites et échecs durant les simulations de combat, ainsi que des divers conseils donnés par les instructeurs sur l'usage de leur attirail en terrain minier, neigeux et venteux. Les mercenaires savaient désormais comment coordonner leurs attaques et leurs mouvements, du moins sur le papier : il ne restait plus qu'à éprouver leurs compétences collectives sur le champ de bataille. La communication via les casques allait être primordiale, il était hors de question d'ignorer les coéquipiers et de se la jouer solitaire. Vitold aura besoin d'utiliser ses partenaires au maximum s'il comptait survivre et connaître le fin mot de l'histoire.

Pendant ce temps, Lootah fixait attentivement l'horizon à l'aide de la fonction "jumelles" de son casque, non sans avoir participé à la conversation. Doyle, Robert, William et Arnold s'ennuyaient ferme quant à eux, obligés de patienter avant de pouvoir se bastonner avec les guignols qui osaient les défier. Le second, pour briser le silence funèbre seulement entrecoupé de discussions stratégiques fatigantes, décida d'émettre une plaisanterie à l'attention du Russe :

"Bien... Quand ces empaffés seront arrivés, évite de nous tirer dessus Vitold ! Ce serait con que tu reprennes tes mauvaises habitudes alors qu'on a de véritables munitions en réserve."

"Ta gueule." rétorqua sèchement l'intéressé. "Ça n'est arrivé qu'une fois je te signale, alors lâche-moi la grappe avec ces conneries."

"Roooooh ça va, je ne faisais que rigoler !" s'offusqua le blondin, un sourire taquin dissimulé sous sa moustache. "Je suis sûr que même avec Archavine on peut avoir des conversations plus chaleureuses qu'avec notre ours de service !"

Sous sa combinaison, le Bourreau tirait une tronche exaspérée tandis que ses confrères ricanaient comme une bande de benêts. De son côté, l'Amérindien se retint d'émettre un gloussement et s'en retourna à sa contemplation. Qu'ils profitent de leurs pitreries tant qu'ils le pouvaient encore, car Vitold sera en première ligne pour les envoyer mordre la poussière une fois que les Spectres en auront terminé avec cette mascarade.
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PNJ Hadès

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Lun 10 Juil - 23:28
Ils n'avaient pas passé ces heures d'attente à se tourner les pouces. Les Agences avaient activé tous leurs réseaux et relais d'influence, tous les outils d'espions et de hackers à leur disposition pour s'assurer que nul dans le monde extérieur ne se rendrait compte de ce qu'il se passerait ici. Bien sûr, l'efficacité de ces mesures dépendrait en grande partie de sacrifices consentis sur le terrain : les agents ne pourraient pas avoir recours au radar à longue portée ni à certaines méthodes de communication longue distance. Si la liaison satellite était interrompue, ils se retrouveraient coupés du reste du monde.

Ce petit travail de l'ombre avait également mis en lumière un fait troublant : leurs collègues s'étaient rendus compte que des dispositions avaient déjà été prises pour dissimuler les événements à venir... et ces manipulations-ci n'étaient pas de leur fait. Qui qu'il soit, l'ennemi était incroyablement bien connecté et il était venu préparé. S'il était prêt à faire usage de tels stratagèmes, il ne fallait pas s'attendre à le voir tourner les talons à la première difficulté...

Pas une seule fois les trois mystérieux navires ne tentèrent d'établir le contact avec les autorités norvégiennes, leur radio restant muette. Les gardes-côte avaient de toute façon cessé de chercher à les joindre et Aziz n'était pas sûr que cela soit dû à l'influence de l'alliance ou à celle de l'ennemi. Le colonel avait pris position avec ses hommes en haut d'une série d'escarpements rocheux qui lui offraient une vue imprenable sur les alentours du camp, le fjord et l'océan au-delà. Allongé dans la neige – bénie soit sa combinaison isolante –, il surveillait l'horizon en alternant régulièrement les capteurs utilisés : lumière visible, infrarouge, ultraviolet... Parfois il affichait une vue aérienne du futur champ de bataille, exploitant la connexion de son casque aux ordinateurs du centre de commandement – et aux drones d'observation en vol stationnaire au-dessus de leur position. Parfois il vérifiait le bon état de son railgun ou celui du fusil de précision plus classique installé à ses côtés, au cas où l'utilisation de l'artillerie lourde s'avérerait inutile, excessive ou contre-productive. Il pouvait également voir les machines de guerre nippones, sortes de plates-formes de tir ambulantes ressemblant à un scorpion ou une mante religieuse robotisés. Ces drones bien particuliers s'étaient à moitié enfouis sous la neige dans des emplacements prévus à cet effet, parés à surprendre l'ennemi ; des soldats étaient passés derrière pour effacer leurs traces et recouvrir les appareils de bâches blanches qui, de loin, les feraient ressembler à de simples congères.

« Vous êtes à cran, colonel. » nota la voix d'Ishii – il devait avoir les graphes des signes vitaux de l'iranien sous le nez – alors que les trois bateaux se séparaient, l'un partant en direction de la crique et les deux autres continuant sans ralentir vers le fjord.

« Qui ne le serait pas à ma place ? »

« Archavine et Robert, entre autres. »

« J'ai dit à ma place ; Robert est un imbécile et pour ce qui est du sergent... on aurait plus vite fait de faire peur à l'un de vos robots. »

L'ingénieur ricana dans son micro, sans doute exprès pour que Khalil puisse l'entendre. Il n'était pas près de l'admettre mais cette petite conversation réussissait effectivement à le calmer quelque peu. Un signal sonore fit repartir la tension à la hausse : d'après le radar, l'un des navires non-identifiés – maintenant à moins de deux kilomètres de l'entrée du fjord – venait de lancer son propre UAV. L'appareil sans pilote ne tarda pas à passer au-dessus de leurs têtes, relayant les images de la base à son opérateur. Moins d'une minute plus tard, ce fut un missile qui prit son envol depuis le pont du même navire tandis qu'un brouillage venait perturber leurs communications électroniques.

« TOUS À TERRE ! » beugla le colonel, n'attendant même pas de savoir si le système avait déployé les mesures appropriées. Il s'avéra heureusement que c'était le cas, comme le prouvaient les voix en provenance du centre de commandement qui ne cessaient de retentir dans son oreillette, l'informant de leurs réactions : « ECCM et CIWS activés, L1 à 12 feu ! »

L pour Lansknecht. Douze lasers militaires avaient tiré en même temps dès que le missile s'était élevé au-dessus de la ligne d'horizon, visant le même point afin de compenser la perte d'énergie due à la distance avec leur cible. De son point de vue, le projectile n'était encore qu'un point lumineux sur fond de nuit polaire ; ce point s'embrasa soudainement à mi-chemin de la base, les douze faisceaux invisibles ayant transpercé le métal pour détruire ensuite quelque composant sensible – sans doute un réservoir de carburant. Le bruit de l'explosion les atteignit un instant plus tard. Mais la partie était loin d'être jouée : le radar indiquait d'autres objets volants en approche rapide en provenance des trois navires. Les Lansknechts avaient beau représenter une amélioration de taille par-rapport aux lasers ATHENA, ils n'arriveraient jamais à tout intercepter... le sort de leur installation reposait sur les performances de leurs canons antiaériens. Le son de la mitraille et celui des explosions intermittentes commencèrent à s'entremêler.

Pas d'avertissement, de sommation ni de coup de semonce d'aucune sorte, leurs adversaires étaient venus s'emparer de cet endroit par la force ; la négociation n'était pas une option et ils ne faisaient pas de quartiers. « J'espère que personne ne comptait se rendre ! » grinça Aziz à l'intention de ses hommes.

« Ils ont mis des embarcations à l'eau, vous aurez bientôt de la visite ! » prévint le centre de commandement.

Déjà ? Si le déluge de missiles avait atteint sa cible d'accord, il aurait compris, mais les défenseurs ne venaient-ils pas de prouver qu'ils comptaient vendre chèrement leur peau ? Aziz se mit à réfléchir au pourquoi de cette action audacieuse tandis que le feu et le tonnerre déchiraient le ciel au-dessus de lui.

« Vous voyez, c'est pour ça que je suis à cran... » gronda-t-il, mi-furieux mi-anxieux. Un clignotement dans sa visière l'alerta une seconde avant l'apparition d'une image et une intervention d'Ishii : « Vous voyez ce que je vois, colonel ? Ces signatures infrarouge étranges qui se jettent à l'eau depuis les ponts des navires ? »

Ah, d'un coup tout devenait beaucoup plus clair !
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Mar 11 Juil - 23:47
BGM- https://www.youtube.com/watch?v=_dYcqwPGYhE -BGM

Les navires mystérieux arrivèrent finalement en vue des côtes et, au bout de quelques minutes, les hostilités débutèrent sous un déluge d'explosions. Vitold et ses compères s'étaient mis à couvert, observant la situation et prenant garde à ne pas se manger un missile ou un quelconque projectile du genre. Les circonstances n'étaient pour l'instant pas hors de contrôle, le bouclier anti-aérien parvenant à suivre le rythme de l'offensive adverse. Ces gredins étaient décidément mieux armés que ce à quoi le Russe s'attendait, mais ce n'était pas suffisant pour enfoncer leurs lignes de défense. Face à la violence des assauts, Khalil sortit une blague pince-sans-rire sur une éventuelle reddition de leur part, ce à quoi Doyle répondit :

"Avec les saloperies que vous nous avez greffées ?! Comme si nous avions le choix Mon Colonel !"

Les mercenaires reçurent ensuite une transmission les prévenant que l'infanterie ennemie débarquait sur les côtes. Un autre message les informa que les soldats déployés semblaient plutôt costauds, ce qui les invita donc à la prudence. S'agissait-il bien d’Éveillés, ou les données que le Bourreau et ses coéquipiers analysaient se montraient trompeuses ? La seule manière de le savoir était d'étudier leurs déplacements et leurs signatures énergétiques, notamment par le biais d'une raisonnable dose de provocation. L'affrontement avec les forces japonaises allait être révélateur, mais Vitold n'avait pas envie de poireauter jusqu'à ce que l'adversaire vienne à eux. Il entra ainsi en communication avec l'Iranien et lui présenta sa requête :

"Mon Colonel ! Je demande l'autorisation de m'avancer avec Doyle à distance respectable pour que nous puissions tenir l'ennemi à portée de tir ! Nous ferons en sorte de ne pas toucher l'avant-garde et de maintenir l'ennemi sous pression ! Le reste de notre escouade nous suivra au cas où les gars d'en face fondraient sur nous plus tôt que prévu ! Nous voudrions jauger plus rapidement le niveau de l'ennemi et réagir en conséquence avant que les forces japonaises ne se fassent éliminer !"

Il s'agissait d'un des plans discutés lors de la préparation au combat, construit sur une approche plus agressive d'une formation défensive. Mieux valait pour le moment éviter l'usage de munitions explosives avec les railguns et privilégier les tirs de précision. L'escadron de l'Exécuteur était prêt à se lancer dans la féroce bataille, mais attendait comme il se devait l'aval de leur supérieur. Peut-être Khalil avait-il une meilleure stratégie en réserve après tout, autre que de titiller un adversaire inconnu ou d'attendre sagement depuis leurs positions. Même si c'était à une échelle fort modeste, le Russe avait confiance en la capacité de Lootah à gérer précautionneusement l'équipe au corps-à-corps si jamais l'ennemi parvenait à amener le combat au contact.
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Ven 14 Juil - 12:38
Les signatures infrarouges émergeaient des flots en nombre ; heureusement, le système marquait chacune d'elles et les comptait automatiquement. Cent, deux cent, trois cent... les cales des navires devaient être absolument remplies de ces saletés, sans doute gardées en hibernation pendant la durée du voyage. Leur taille et leur forme ne mentaient pas : ces choses-là n'étaient pas humaines. Quant aux soldats fraîchement débarqués, leurs signatures s'étaient estompées... camouflage anti-infrarouge, leurs ennemis étaient bien équipés.

« Négatif Kazanski, vous êtes déjà à distance respectable pour faire usage de vos armes ; si vous vous avancez davantage vous aurez du mal à vous replier et vous risquez d'être submergés. Restez plutôt à l'affût, l'ennemi va sans doute profiter de la diversion pour vous tomber dessus. » répondit l'iranien à la requête du russe.

Comme pour lui donner raison, la vague de sources de chaleur se mit en branle. Plusieurs centaines de créatures non-identifiées fonçaient vers la base à une vitesse ahurissante, surnaturelle. Une charge furieuse visant à enfoncer leurs lignes de défense tout en donnant plus de liberté de mouvement aux troupes furtives.

« Chimères confirmées. » prévint le QG. Une petite armée de pions sacrifiables qui attaquerait au mépris du danger... mieux valait les opposer à leurs propres forces remplaçables plutôt que de risquer la perte d'un agent lors du premier engagement.

***

Les créatures couraient aussi vite que leurs pattes – et leur sang de monstre – pouvaient les porter. Les substances qu'on leur avait injectées décuplaient leur agressivité ; elles avaient reçu tous les nutriments nécessaires en intraveineuse mais leur estomac restait désespérément vide. Un fait exprès : la faim renforcerait l'effet des excitants. De temps en temps, une légère impulsion électrique dans leur cerveau orientait leur course, les rabattait vers leurs proies.

Elles laissèrent le fjord derrière elles et arrachèrent le fil de fer barbelé sur leur passage sans même y prêter attention. Improbables croisements de loup et de lion mâtinés d'éléments reptiliens, les aberrations étaient protégées de ce genre d'agressions mineures par les plaques osseuses recouvrant leur corps. Leurs griffes puissantes éventraient la couche de neige, leur souffle rauque s'échappait d'entre des dents longues comme des couteaux et les épines hérissant leurs queues venaient parfois érafler les flancs de leurs congénères.

Elles ne ralentirent pas lorsque le sol explosa sous les pattes de leur avant-garde. Elles infléchirent à peine la direction de leur offensive lorsque les suivantes sautèrent au-dessus des cadavres et des blessées et furent fauchées en plein vol par des tirs de mitrailleuse au timing et à la précision inhumains. Les bêtes étaient trop nombreuses, trop rapides, trop bien protégées ; elles endurèrent le tir de barrage et arrivèrent au contact en quelques instants malgré les mines et les tranchées.

Le premier corps-à-corps vit l'une des créatures tenter de trancher son opposant robotique en deux d'un coup de griffes. Sa patte fut bloquée par les bras manipulateurs de la machine mais le métal plia sous sa force. Qu'importe, le robot ne ressentait pas la douleur et en profita pour tirer une double rafale de balles explosives entre les côtes et dans l'abdomen exposé de la chimère. Sa victoire fut toutefois de courte durée puisqu'il fut immédiatement pris d'assaut par trois monstruosités supplémentaires qui le démembrèrent brutalement en autant de secondes ; sa dernière action fut d'activer le dispositif d'autodestruction en le synchronisant avec le déclenchement des munitions restantes dans son lance-grenades.

Un scénario similaire se répétait un peu partout sur le champ de bataille, chaque machine abattant plusieurs chimères avant d'être engloutie sous le nombre, puis de se transformer en boule de feu afin de faire le plus de dégâts possible. Dissimulés par leurs capes de haute technologie, les instigateurs de ce chaos observaient les combats tout en restant à distance et à couvert.

« Je ne sais pas qui sont ces types mais ils se défendent bien. »

« La mobilité de leurs robots est réduite à cause de la neige... Ils n'en ont pas tellement, nous pourrions facilement les détruire d'ici. » remarqua l'un des hommes en montrant son bazooka.

« Pas sans révéler notre position. Ils ont abattu notre UAV, évitons de leur donner encore plus d'avantages. »

« Oui mon Capitaine. »

Ils se remirent en route, utilisant juste assez de cosmos pour rester à la hauteur de la horde sauvage. Ils profiteraient du désordre ambiant pour s'infiltrer en contournant les points forts de la défense adverse... Une bonne vingtaine de chimères avaient d'ailleurs réussi à passer entre les mailles du filet et se dirigeaient à présent vers la base. De quoi forcer la deuxième ligne à se montrer.

***

« Kazanski, Archavine, ça va être à vous de jouer... Ishii vous envoie des renforts, essayez de tenir jusque-là et ouvrez l’œil. »

Khalil et ses soldats faisaient feu à l'aide de leurs fusils ordinaires, tentant de ralentir le flux de monstres passant par les trous dans leurs défenses. D'après la vue aérienne, un second débarquement du même genre prenait place en ce moment-même au niveau de la crique. Le terrain y était plus favorable aux machines de guerre, elles devraient tenir plus longtemps de ce côté...
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WolgornSpectre du Bourreau
Spectre du Bourreau

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Dim 16 Juil - 23:22
Khalil refusa la suggestion de Vitold et lui ordonna simplement d'attendre jusqu'à ce que les ennemis atteignent leur périmètre, ordre auquel l'intéressé et son équipe obéirent. Les mercenaires virent alors une meute massive de fauves abominables se ruer furieusement vers la base. Le poste de commande les avait identifiés comme des chimères, des créatures hybrides conçues à partir d'espèces existantes afin d'obtenir des spécimens plus redoutables. Il y avait aussi des humains dans le tas à ce que leur indiquaient leurs radars, mais ils s'évanouirent promptement dans la nature grâce à un quelconque système de camouflage. Une féroce bataille s'ensuivit entre les bêtes et les robots japonais, ces derniers se faisant rapidement mettre en pièces face à la rage destructrice de leurs opposants. Une vingtaine d'entre elles parvinrent à franchir la première ligne et fondaient désormais sur les militaires, qui se tinrent prêt à se défendre sur consigne de l'Iranien.

L'escouade du Bourreau intensifia donc son cosmos au maximum, le chef prenant bien entendu soin d'ajuster sa puissance à celle de ses coéquipiers. Le Colonel leur avait conseillé de ne pas se lancer en solitaire en plein dans la horde sauvage, aussi allaient-ils pour l'instant combattre à distance et déstabiliser leurs adversaires avant de leur rentrer dans le lard. Ils devaient aussi faire attention aux fourbes qui s'étaient rendus invisibles plus tôt, histoire de ne pas se faire poignarder dans le dos en pleine riposte. Vitold et Doyle avaient chargé des balles explosives dans leurs railguns et visaient chacun un monstre, en espérant que leurs tirs respectifs allaient toucher leurs cibles.

Les deux mercenaires firent feu et une double détonation fut provoquée lors de l'impact, soulevant une grande quantité de neige, de gravas et de fumée. La première attaque à longue distance effectuée, Lootah, Robert, Arnold et William s'avancèrent légèrement, de manière suffisante pour lancer des grenades, battre en retraite ou protéger leurs artilleurs. L'Amérindien avait dégoupillé une grenade explosive, tandis que le blond moustachu avait sorti une assourdissante et les deux noirs une incendiaire chacun. Évidemment, les mercenaires avaient paramétré leurs casques au préalable, de telle sorte qu'ils soient insonorisés le temps que l'assourdissante fasse son effet et vrille les tympans de l'ennemi. Ce fut d'ailleurs cette grenade qui fut lancée en première, suivie par l'explosive et enfin par les incendiaires, une fois le souffle de la déflagration dissipé.

Lootah et ses trois partenaires embrayèrent en dégainant leurs armes spéciales et en se mettant en posture de combat. Robert et Arnold gardaient aussi une main sur leurs pistolets automatiques, prêts à s'en servir au cas où les fauves seraient trop loin pour leurs Chunjuns. Les Gymnots de l'Amérindien et de William étaient quant à eux parés à foudroyer leurs cibles au moment où elles émergeraient du nuage de poussière soulevé par leur barrage de grenades. L'Exécuteur et Doyle, de leur côté, s'employaient à recharger leurs canons électriques avec une munition perforante pour l'un et une munition explosive pour l'autre. La bataille s'annonçait serrée contre ces chimères robustes et assoiffées de sang...

[Frontline] Codename : Gold Rush