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PNJ Hadès

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Mar 4 Juil - 21:27
Un avion de transport militaire russe fendait le ciel obscur de Svalbard. Les conditions de vol n'étaient pas idéales mais elles auraient pu être bien pires : la saison de la nuit polaire s'achèverait bientôt et le blizzard ne soufflait pas aujourd'hui.

« Arrivée dans quatre minutes ! » avertit le pilote, ce à quoi le colonel Khalil répondit par un hochement de tête approbateur. Les Agences avaient énormément de matériel à décharger sur la piste d'atterrissage improvisée et très peu de temps pour le faire, le moindre retard provoquerait un effet domino désastreux au niveau du planning logistique.

L'iranien quitta le cockpit pour rejoindre la soute de l'appareil aux bancs occupés par une trentaines d'hommes en uniformes arctiques. À leurs pieds se trouvaient de grandes caisses solidement arrimées contenant provisions, munitions, tout l'attirail trop lourd ou volumineux pour que les soldats puissent le garder sur leur personne et encore bien d'autres équipements hétéroclites.

Cinq escouades en tout, plus le nécessaire pour leur permettre de rester pendant deux semaines sur le site qu'elles étaient chargées de protéger. Six éveillés mercenaires frais émoulus de leur programme d'entraînement formaient la première, Khalil était aux commandes des troupes avec sa douzaine de soldats et deux unités des troupes de choc de l'Agence russe complétaient le petit régiment de sécurité. Avec les hommes déjà sur place, il aurait de quoi faire... d'autant plus que Vassiliev avait jugé bon de dépêcher le sergent Archavine à leurs côtés. La communication risquait d'être difficile par moments mais les performances au combat – si combat il devait y avoir – du grand chauve au crâne scarifié compenseraient cet inconvénient.

Archavine:
 

Tout le monde n'avait pas l'air aussi à l'aise que lui en présence du sergent, paradoxalement toujours en tenue « civile ». Son visage sévère était figé en un masque de sombre, dure et perpétuelle détermination, ses yeux morts fixaient quelque chose que lui seul pouvait voir et il n'avait pas émis une syllabe de tout le voyage – ni n'en prononcerait durant la suite de leur séjour.

« Notre arrivée est imminente. » déclara le colonel au moment précis où l'aéronef entamait le virage qui le placerait dans le prolongement de la piste d'atterrissage. « Nous sommes perdus au bout du monde, à des dizaines de kilomètres de la zone habitée la plus proche, à des centaines de kilomètres de la véritable civilisation mais ne vous attendez pas à une mission facile. Selon toute vraisemblance, nous ne tarderons pas à avoir de la compagnie. Soyez prêts à tout, ne vous relâchez pas et souvenez-vous surtout que ce lieu ne doit en aucun cas tomber en d'autres mains que les nôtres. »

La raison pour laquelle les Agences avaient fait tout ce chemin pour venir établir une base isolée sous ces latitudes inhospitalières et étaient prêtes à y envoyer tant de soldats, c'était les ressources qui y dormaient dans les profondeurs de la Terre. Une analyse détaillée de très légères anomalies gravitationnelles, électromagnétiques, géologiques et thermiques les avait menées à la conclusion qu'à cet endroit de l'archipel norvégien se trouvait probablement un important gisement de matériaux aux propriétés défiant les lois de la physique, ceux-là même qui entraient dans la composition des armures d'éveillés. Un scientifique ordinaire ignorant les propriétés si particulières de ces matériaux n'y aurait vu que du feu, aurait attribué ces infimes déviations par-rapport aux valeurs standards à une erreur de mesure ou à une excentricité locale sans conséquence... Pas les iraniens qui avaient découvert cette méthode de localisation puis avaient donné leurs vies pour la préserver et la transmettre à leurs anciens rivaux. Son organisation défunte continuait le combat, ce qui animait Khalil d'une ardeur renouvelée.

Les soldats n'avaient reçu que le strict minimum d'informations nécessaire à la bonne exécution de leurs tâches, tout particulièrement les nouvelles recrues à qui l'on ne faisait pas encore totalement confiance. Leur première mission sur le terrain, ils avaient intérêt à assurer.

« La mission commencera à l'instant où vous poserez le pied à terre mais n'oubliez pas de passer à l'armurerie pour recevoir votre complément de matériel avant de vous installer dans vos quartiers. Rejoignez-moi ensuite en quatrième vitesse. Ne soyez pas en retard. » conclut-il à leur intention juste avant qu'un crépitement dans sa radio ne le prévienne qu'on lui demandait son code d'identification. Il le livra à l'opérateur au sol qui confirma que tout était en ordre et leur avion put amorcer sa descente. Un peu plus d'une minute plus tard, l'appareil s'immobilisait et la rampe de la soute s'abaissait, permettant enfin aux passagers de respirer un peu d'air frais – plutôt glacé, voire polaire – et de voir le tarmac enneigé... Ou du moins, la quarantaine de soldats qui les y attendaient l'arme au poing et qui vérifièrent individuellement l'identité et le chargement de chacun avant de les laisser quitter leur moyen de transport.

« Bienvenue à Svalbard. » fit la voix d'Ishii dans son casque. Archavine passa à côté du colonel sans ralentir, néanmoins ce dernier s'autorisa une pause de trente secondes pour admirer le paysage. La base avait été établie au fond d'un petit fjord, une forêt blanche s'élevait à quelques centaines de mètres vers l'intérieur des terres sur les premiers contreforts rocheux. L'examen des cartes avant de venir lui avait appris qu'une crique se trouvait à moins de deux kilomètres, de l'autre côté d'un amas de rochers ; elle aurait été plus pratique pour servir de port mais les Agences évitaient de recourir aux navires depuis les événements de Tokyo, de plus l'emplacement actuel de la base était plus discret.

La base... un amoncellement de hangars faits de pièces préfabriquées surplombant un réseau de galeries souterraines creusées en quelques semaines à peine. Plus rapide que la construction en dur. Il entrapercevait les silhouettes camouflées des « troupes » japonaises, patrouillant autour du périmètre. L'ingénieur était sans doute là pour veiller à leur maintenance, un rôle plus approprié que celui qu'il avait endossé plus tôt.
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WolgornSpectre du Bourreau
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Mer 5 Juil - 15:15
Vitold, après un long et laborieux entraînement aux armes de l'organisation et avec les autres mercenaires, avait été assigné à sa première mission. Une situation plutôt étrange, sachant qu'il était déjà en mission au service des Enfers. Le Russe se rendait à l'archipel de Svalbard, au nord de la Norvège et en plein milieu de l'Océan Arctique, en compagnie de ses cinq nouveaux compères ainsi que de Khalil et d'un certain Archavine. Ce dernier, aussi silencieux qu'un bloc de marbre, pourrait paraître mort de l'extérieur si son visage n'était pas figé dans une expression d'une inébranlable sévérité. Au moins, il ne risquait pas de raconter de conneries, mais son mutisme et son apathie appelaient à la prudence au cas où le Bourreau voulait préparer un mauvais coup en douce. Ce type pouvait lui tomber dessus sans qu'il s'en aperçoive, alors autant s'en méfier.

Juste avant d'arriver à destination, Khalil délivra aux mercenaires les instructions à suivre pour commencer les opérations. Une fois l'avion posé à proximité de la base, Vitold et ses camarades sortirent de l'appareil, remplirent les formalités d'accueil, se rendirent promptement à l'armurerie afin de récupérer leur équipement et s'installèrent dans leurs quartiers. Le climat était glacial comme on pouvait l'attendre d'une région polaire, mais le temps était heureusement calme. Emmitouflés dans leurs manteaux, les mercenaires marchèrent dans la neige sous le ciel nocturne et purent observer une partie de la base dans laquelle ils avaient été stationnés. Il s'agissait d'un ensemble d'entrepôts et de structures modernes de fonction vraisemblablement militaire, planté au beau milieu d'un paysage d'une blancheur immaculée. Les régions septentrionales étaient un lieu idéal pour dissimuler des activités douteuses, et ce groupuscule ne dérogeait pas à la règle.

L'Exécuteur et ses compères s'empressèrent ensuite de rejoindre le Colonel au point de rendez-vous pour recevoir les détails de leur assignation. Vu à quel point la base était quadrillée et l'importance des ressources en jeu, ils ne risquaient pas de s'ennuyer. Le Russe espérait juste qu'ils n'allaient pas se farcir un Éveillé de niveau trop élevé de sitôt, au risque de trépasser prématurément ou de trahir son identité. En attendant, ces gisements pouvaient être d'un très grand intérêt pour les Spectres s'ils parvenaient à écarter définitivement cette mystérieuse organisation de l'équation, sans oublier les nombreux parasites ayant l'intention de s'en emparer. Ce premier travail était par ailleurs l'occasion pour Vitold de rentrer dans les bonnes grâces des officiers, ceci dans l'objectif de se rapprocher de leurs secrets les mieux gardés. Une fois la menace que représente ce groupuscule évaluée, il pourra enfin s'atteler à sa destruction méthodique...
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PNJ Hadès

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Sam 8 Juil - 15:02
« La météo n'est pas de notre côté. » marmonna un Ishii résigné, pianotant sur son clavier. Des informations techniques sur les différents systèmes de défense de la base défilaient sur l'écran au gré de ses manipulations. Aziz observait calmement, assimilant les résumés qu'on lui faisait. « Une couche de brouillard persistante, deux-trois mètres de haut. Nous ne pourrons pas utiliser les Lansknechts sur une cible au sol, il faudra se contenter d'un rôle de défense anti-aérienne. »

« Ce n'est pas grave, ils sont conçus pour ça à l'origine... et puis nous n'avons pas attendu d'avoir ces jouets pour affronter et tuer des éveillés, nous pourrons nous débrouiller sans. Le sens du vent m'inquiète davantage. »

Une brise marine soufflait en permanence vers l'intérieur des terres, ce qui compliquerait l'utilisation d'armes chimiques à moins que leurs ennemis éventuels ne décident d'attaquer en passant par la forêt, un scénario hautement improbable. L'endroit où ils se trouvaient était isolé du reste de l'île par un terrain dangereusement impraticable, ne laissant guère que deux possibilités d'accès par la voie maritime : depuis le fjord ou la crique voisine. Si ses soldats devaient se retrouver à faire usage d'une grande quantité de gaz toxique, leur propre nuée mortelle reviendrait vers eux tandis qu'un adversaire recourant aux mêmes méthodes verrait son assaut grandement facilité.

Le colonel soupira en passant à la carte détaillant le placement des fosses, barbelés et autres mines antipersonnel. La ceinture de pièges entourant l'installation était inachevée, quant aux mines sous-marines... dire qu'elles étaient trop peu nombreuses aurait été excessivement charitable. La faute au manque de ressources et au surmenage généralisé des Agences. La faute à Poséidon donc. Il fallait espérer que ce qu'ils déterreraient ici vaudrait tous ces moyens investis et tous ces risques encourus.

En attendant il ne servait à rien de se plaindre. À la guerre comme à la guerre, on ne pouvait pas toujours choisir son champ de bataille ou ses équipiers. En parlant d'équipiers, l'officier reçut une communication l'informant que ses subordonnés venaient de se présenter à l'entrée du QG. Il ordonna que ceux-ci soient conduits en salle de briefing et partit lui-même dans cette direction, non sans avoir auparavant gratifié le japonais d'une tape dans le dos amicale. À voir ses cernes et le nombre de tasses de café sur son bureau, le pauvre ingénieur n'avait pas dû fermer l’œil depuis longtemps.

« Messieurs. » salua-t-il sobrement en entrant dans la pièce, constatant que personne n'était en retard – mercenaires, russes ou iraniens. Il fit un signe en direction de la caméra dans un coin de la pièce et un vidéoprojecteur s'alluma, dévoilant une image satellite aux couleurs artificiellement contrastées. « Je viens de recevoir les toutes dernières nouvelles et je suis au regret de vous dire qu'il se pourrait que nous ayons à exercer nos talents plus tôt que prévu. »

Trois cadres rouges vifs apparurent sur l'image, centrés chacun sur un objet sombre. « Le secteur où nous nous trouvons est normalement très peu fréquenté car éloigné des principales routes maritimes et à proximité de plusieurs réserves naturelles ; le trafic est pour ainsi dire tombé à zéro depuis Tokyo... Pourtant ces trois navires de grande taille font route droit vers nous. Les gardes-côte norvégiens les ont localisés sur leur radar mais leurs appels sont restés sans réponse et nous n'avons aucun élément pour les identifier. Nos observations laissent à penser qu'ils sont armés et pourvus d'engins volants. »

L'image changea pour une vue aérienne de la base et de ses environs. Deux ovales aux contours blancs vinrent souligner les points de débarquement du fjord et de la crique, vite rejoints par d'autres symboles colorés – heureusement assortis d'une légende sur le côté. « S'ils continuent sans changer de cap, ils devraient être sur nous d'ici quatre à cinq heures, peut-être moins si l'on compte une éventuelle reconnaissance aérienne ou l'envoi d'un groupe héliporté. Il a été décidé que les soldats présents dans cette pièce participeraient à la défense du fjord : les forces japonaises seront placées en embuscade en première ligne, les équipes Kazanski et Archavine en deuxième ligne et mes propres troupes en soutien à distance – et parées à venir en renfort des défenseurs de la crique ou des flancs de la base si nécessaire. Nous avons bien cartographié la zone, vous n'aurez donc aucun mal à utiliser vos combinaisons pour trouver les meilleures positions. Reposez-vous si vous pouvez une fois que vous y serez, tant que vous ne relâchez pas votre vigilance. »

Khalil cessa de pointer les diverses parties de l'image avant de passer à la conclusion de son exposé. Il ne pouvait être sûr de la fiabilité des renseignements qu'il s'apprêtait à livrer, mais si c'était vrai... alors cette mission revêtirait bientôt un caractère encore plus personnel. À sa connaissance, il n'y avait pas pléthore de gens qui pouvaient se rendre compte des richesses que recelaient ces terres...

« Il y a des chances que l'ennemi ne soit pas si différent de vous. Des mercenaires. » prévint-il en fixant les six nouvelles recrues. « Ceci n'est que supposition mais gardez-le à l'esprit. Des questions ? »
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WolgornSpectre du Bourreau
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Lun 10 Juil - 10:34
Vitold et ses compagnons furent rassemblés par Khalil dans une pièce dotée d'un vidéoprojecteur pour un compte-rendu de la situation autour de la base. Apparemment, de potentiels ennemis s'approchaient en nombre de l'archipel par voie maritime, malgré la menace de Poséidon. Ces individus devaient posséder certains moyens financiers pour être capables de mobiliser trois navires, mais restait encore à voir s'ils avaient des Éveillés dans leurs rangs. L'Iranien récapitula l'organisation du déploiement des forces défensives puis informa les mercenaires que leurs casques avaient enregistré la géographie des lieux. Une fonction bien pratique afin de mettre rapidement au point des stratégies et investir au mieux les compétences qu'ils avaient gagnées au cours de leur entraînement. Le Bourreau sentait déjà que l'affrontement à venir risquait d'être énervant en raison du gisement reposant sous leurs pieds et du vent soufflant actuellement à l'extérieur. S'il n'était pas obligé de restreindre sa propre puissance, il n'aurait pas à se soucier du terrain et du climat ainsi. Khalil précisa aussi que la possibilité d'affronter des manieurs d'énergie cosmique existait, ce qui ne surprit guère le Russe outre mesure.

Finalement, le Colonel demanda à ses troupes s'ils avaient des questions avant de partir au combat. Vitold n'en avait aucune lui venant à l'esprit dans l'immédiat, la période d'apprentissage leur ayant donné toutes les cartes en main au cas où il aurait à se battre en milieu polaire. Son équipe et celle d'Archavine furent alors déployées à la zone de débarquement adverse avec le reste des effectifs militaires de la base. En combinaison et armés jusqu'aux dents, les mercenaires se mirent sur le pied de guerre et attendirent les ennemis depuis les positions qu'on leur avait attribuées. Face au paysage enneigé et l'anxiété nouée à l'estomac, ils observaient l'océan glacial d'où se profilait un péril inconnu.

Le railgun posé sur son épaule, l'Exécuteur devisait sur la stratégie à adopter avec ses camarades, chacun ayant consciencieusement pris note de leurs réussites et échecs durant les simulations de combat, ainsi que des divers conseils donnés par les instructeurs sur l'usage de leur attirail en terrain minier, neigeux et venteux. Les mercenaires savaient désormais comment coordonner leurs attaques et leurs mouvements, du moins sur le papier : il ne restait plus qu'à éprouver leurs compétences collectives sur le champ de bataille. La communication via les casques allait être primordiale, il était hors de question d'ignorer les coéquipiers et de se la jouer solitaire. Vitold aura besoin d'utiliser ses partenaires au maximum s'il comptait survivre et connaître le fin mot de l'histoire.

Pendant ce temps, Lootah fixait attentivement l'horizon à l'aide de la fonction "jumelles" de son casque, non sans avoir participé à la conversation. Doyle, Robert, William et Arnold s'ennuyaient ferme quant à eux, obligés de patienter avant de pouvoir se bastonner avec les guignols qui osaient les défier. Le second, pour briser le silence funèbre seulement entrecoupé de discussions stratégiques fatigantes, décida d'émettre une plaisanterie à l'attention du Russe :

"Bien... Quand ces empaffés seront arrivés, évite de nous tirer dessus Vitold ! Ce serait con que tu reprennes tes mauvaises habitudes alors qu'on a de véritables munitions en réserve."

"Ta gueule." rétorqua sèchement l'intéressé. "Ça n'est arrivé qu'une fois je te signale, alors lâche-moi la grappe avec ces conneries."

"Roooooh ça va, je ne faisais que rigoler !" s'offusqua le blondin, un sourire taquin dissimulé sous sa moustache. "Je suis sûr que même avec Archavine on peut avoir des conversations plus chaleureuses qu'avec notre ours de service !"

Sous sa combinaison, le Bourreau tirait une tronche exaspérée tandis que ses confrères ricanaient comme une bande de benêts. De son côté, l'Amérindien se retint d'émettre un gloussement et s'en retourna à sa contemplation. Qu'ils profitent de leurs pitreries tant qu'ils le pouvaient encore, car Vitold sera en première ligne pour les envoyer mordre la poussière une fois que les Spectres en auront terminé avec cette mascarade.
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PNJ Hadès

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Lun 10 Juil - 23:28
Ils n'avaient pas passé ces heures d'attente à se tourner les pouces. Les Agences avaient activé tous leurs réseaux et relais d'influence, tous les outils d'espions et de hackers à leur disposition pour s'assurer que nul dans le monde extérieur ne se rendrait compte de ce qu'il se passerait ici. Bien sûr, l'efficacité de ces mesures dépendrait en grande partie de sacrifices consentis sur le terrain : les agents ne pourraient pas avoir recours au radar à longue portée ni à certaines méthodes de communication longue distance. Si la liaison satellite était interrompue, ils se retrouveraient coupés du reste du monde.

Ce petit travail de l'ombre avait également mis en lumière un fait troublant : leurs collègues s'étaient rendus compte que des dispositions avaient déjà été prises pour dissimuler les événements à venir... et ces manipulations-ci n'étaient pas de leur fait. Qui qu'il soit, l'ennemi était incroyablement bien connecté et il était venu préparé. S'il était prêt à faire usage de tels stratagèmes, il ne fallait pas s'attendre à le voir tourner les talons à la première difficulté...

Pas une seule fois les trois mystérieux navires ne tentèrent d'établir le contact avec les autorités norvégiennes, leur radio restant muette. Les gardes-côte avaient de toute façon cessé de chercher à les joindre et Aziz n'était pas sûr que cela soit dû à l'influence de l'alliance ou à celle de l'ennemi. Le colonel avait pris position avec ses hommes en haut d'une série d'escarpements rocheux qui lui offraient une vue imprenable sur les alentours du camp, le fjord et l'océan au-delà. Allongé dans la neige – bénie soit sa combinaison isolante –, il surveillait l'horizon en alternant régulièrement les capteurs utilisés : lumière visible, infrarouge, ultraviolet... Parfois il affichait une vue aérienne du futur champ de bataille, exploitant la connexion de son casque aux ordinateurs du centre de commandement – et aux drones d'observation en vol stationnaire au-dessus de leur position. Parfois il vérifiait le bon état de son railgun ou celui du fusil de précision plus classique installé à ses côtés, au cas où l'utilisation de l'artillerie lourde s'avérerait inutile, excessive ou contre-productive. Il pouvait également voir les machines de guerre nippones, sortes de plates-formes de tir ambulantes ressemblant à un scorpion ou une mante religieuse robotisés. Ces drones bien particuliers s'étaient à moitié enfouis sous la neige dans des emplacements prévus à cet effet, parés à surprendre l'ennemi ; des soldats étaient passés derrière pour effacer leurs traces et recouvrir les appareils de bâches blanches qui, de loin, les feraient ressembler à de simples congères.

« Vous êtes à cran, colonel. » nota la voix d'Ishii – il devait avoir les graphes des signes vitaux de l'iranien sous le nez – alors que les trois bateaux se séparaient, l'un partant en direction de la crique et les deux autres continuant sans ralentir vers le fjord.

« Qui ne le serait pas à ma place ? »

« Archavine et Robert, entre autres. »

« J'ai dit à ma place ; Robert est un imbécile et pour ce qui est du sergent... on aurait plus vite fait de faire peur à l'un de vos robots. »

L'ingénieur ricana dans son micro, sans doute exprès pour que Khalil puisse l'entendre. Il n'était pas près de l'admettre mais cette petite conversation réussissait effectivement à le calmer quelque peu. Un signal sonore fit repartir la tension à la hausse : d'après le radar, l'un des navires non-identifiés – maintenant à moins de deux kilomètres de l'entrée du fjord – venait de lancer son propre UAV. L'appareil sans pilote ne tarda pas à passer au-dessus de leurs têtes, relayant les images de la base à son opérateur. Moins d'une minute plus tard, ce fut un missile qui prit son envol depuis le pont du même navire tandis qu'un brouillage venait perturber leurs communications électroniques.

« TOUS À TERRE ! » beugla le colonel, n'attendant même pas de savoir si le système avait déployé les mesures appropriées. Il s'avéra heureusement que c'était le cas, comme le prouvaient les voix en provenance du centre de commandement qui ne cessaient de retentir dans son oreillette, l'informant de leurs réactions : « ECCM et CIWS activés, L1 à 12 feu ! »

L pour Lansknecht. Douze lasers militaires avaient tiré en même temps dès que le missile s'était élevé au-dessus de la ligne d'horizon, visant le même point afin de compenser la perte d'énergie due à la distance avec leur cible. De son point de vue, le projectile n'était encore qu'un point lumineux sur fond de nuit polaire ; ce point s'embrasa soudainement à mi-chemin de la base, les douze faisceaux invisibles ayant transpercé le métal pour détruire ensuite quelque composant sensible – sans doute un réservoir de carburant. Le bruit de l'explosion les atteignit un instant plus tard. Mais la partie était loin d'être jouée : le radar indiquait d'autres objets volants en approche rapide en provenance des trois navires. Les Lansknechts avaient beau représenter une amélioration de taille par-rapport aux lasers ATHENA, ils n'arriveraient jamais à tout intercepter... le sort de leur installation reposait sur les performances de leurs canons antiaériens. Le son de la mitraille et celui des explosions intermittentes commencèrent à s'entremêler.

Pas d'avertissement, de sommation ni de coup de semonce d'aucune sorte, leurs adversaires étaient venus s'emparer de cet endroit par la force ; la négociation n'était pas une option et ils ne faisaient pas de quartiers. « J'espère que personne ne comptait se rendre ! » grinça Aziz à l'intention de ses hommes.

« Ils ont mis des embarcations à l'eau, vous aurez bientôt de la visite ! » prévint le centre de commandement.

Déjà ? Si le déluge de missiles avait atteint sa cible d'accord, il aurait compris, mais les défenseurs ne venaient-ils pas de prouver qu'ils comptaient vendre chèrement leur peau ? Aziz se mit à réfléchir au pourquoi de cette action audacieuse tandis que le feu et le tonnerre déchiraient le ciel au-dessus de lui.

« Vous voyez, c'est pour ça que je suis à cran... » gronda-t-il, mi-furieux mi-anxieux. Un clignotement dans sa visière l'alerta une seconde avant l'apparition d'une image et une intervention d'Ishii : « Vous voyez ce que je vois, colonel ? Ces signatures infrarouge étranges qui se jettent à l'eau depuis les ponts des navires ? »

Ah, d'un coup tout devenait beaucoup plus clair !
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Mar 11 Juil - 23:47
BGM- https://www.youtube.com/watch?v=_dYcqwPGYhE -BGM

Les navires mystérieux arrivèrent finalement en vue des côtes et, au bout de quelques minutes, les hostilités débutèrent sous un déluge d'explosions. Vitold et ses compères s'étaient mis à couvert, observant la situation et prenant garde à ne pas se manger un missile ou un quelconque projectile du genre. Les circonstances n'étaient pour l'instant pas hors de contrôle, le bouclier anti-aérien parvenant à suivre le rythme de l'offensive adverse. Ces gredins étaient décidément mieux armés que ce à quoi le Russe s'attendait, mais ce n'était pas suffisant pour enfoncer leurs lignes de défense. Face à la violence des assauts, Khalil sortit une blague pince-sans-rire sur une éventuelle reddition de leur part, ce à quoi Doyle répondit :

"Avec les saloperies que vous nous avez greffées ?! Comme si nous avions le choix Mon Colonel !"

Les mercenaires reçurent ensuite une transmission les prévenant que l'infanterie ennemie débarquait sur les côtes. Un autre message les informa que les soldats déployés semblaient plutôt costauds, ce qui les invita donc à la prudence. S'agissait-il bien d’Éveillés, ou les données que le Bourreau et ses coéquipiers analysaient se montraient trompeuses ? La seule manière de le savoir était d'étudier leurs déplacements et leurs signatures énergétiques, notamment par le biais d'une raisonnable dose de provocation. L'affrontement avec les forces japonaises allait être révélateur, mais Vitold n'avait pas envie de poireauter jusqu'à ce que l'adversaire vienne à eux. Il entra ainsi en communication avec l'Iranien et lui présenta sa requête :

"Mon Colonel ! Je demande l'autorisation de m'avancer avec Doyle à distance respectable pour que nous puissions tenir l'ennemi à portée de tir ! Nous ferons en sorte de ne pas toucher l'avant-garde et de maintenir l'ennemi sous pression ! Le reste de notre escouade nous suivra au cas où les gars d'en face fondraient sur nous plus tôt que prévu ! Nous voudrions jauger plus rapidement le niveau de l'ennemi et réagir en conséquence avant que les forces japonaises ne se fassent éliminer !"

Il s'agissait d'un des plans discutés lors de la préparation au combat, construit sur une approche plus agressive d'une formation défensive. Mieux valait pour le moment éviter l'usage de munitions explosives avec les railguns et privilégier les tirs de précision. L'escadron de l'Exécuteur était prêt à se lancer dans la féroce bataille, mais attendait comme il se devait l'aval de leur supérieur. Peut-être Khalil avait-il une meilleure stratégie en réserve après tout, autre que de titiller un adversaire inconnu ou d'attendre sagement depuis leurs positions. Même si c'était à une échelle fort modeste, le Russe avait confiance en la capacité de Lootah à gérer précautionneusement l'équipe au corps-à-corps si jamais l'ennemi parvenait à amener le combat au contact.
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PNJ Hadès

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Ven 14 Juil - 12:38
Les signatures infrarouges émergeaient des flots en nombre ; heureusement, le système marquait chacune d'elles et les comptait automatiquement. Cent, deux cent, trois cent... les cales des navires devaient être absolument remplies de ces saletés, sans doute gardées en hibernation pendant la durée du voyage. Leur taille et leur forme ne mentaient pas : ces choses-là n'étaient pas humaines. Quant aux soldats fraîchement débarqués, leurs signatures s'étaient estompées... camouflage anti-infrarouge, leurs ennemis étaient bien équipés.

« Négatif Kazanski, vous êtes déjà à distance respectable pour faire usage de vos armes ; si vous vous avancez davantage vous aurez du mal à vous replier et vous risquez d'être submergés. Restez plutôt à l'affût, l'ennemi va sans doute profiter de la diversion pour vous tomber dessus. » répondit l'iranien à la requête du russe.

Comme pour lui donner raison, la vague de sources de chaleur se mit en branle. Plusieurs centaines de créatures non-identifiées fonçaient vers la base à une vitesse ahurissante, surnaturelle. Une charge furieuse visant à enfoncer leurs lignes de défense tout en donnant plus de liberté de mouvement aux troupes furtives.

« Chimères confirmées. » prévint le QG. Une petite armée de pions sacrifiables qui attaquerait au mépris du danger... mieux valait les opposer à leurs propres forces remplaçables plutôt que de risquer la perte d'un agent lors du premier engagement.

***

Les créatures couraient aussi vite que leurs pattes – et leur sang de monstre – pouvaient les porter. Les substances qu'on leur avait injectées décuplaient leur agressivité ; elles avaient reçu tous les nutriments nécessaires en intraveineuse mais leur estomac restait désespérément vide. Un fait exprès : la faim renforcerait l'effet des excitants. De temps en temps, une légère impulsion électrique dans leur cerveau orientait leur course, les rabattait vers leurs proies.

Elles laissèrent le fjord derrière elles et arrachèrent le fil de fer barbelé sur leur passage sans même y prêter attention. Improbables croisements de loup et de lion mâtinés d'éléments reptiliens, les aberrations étaient protégées de ce genre d'agressions mineures par les plaques osseuses recouvrant leur corps. Leurs griffes puissantes éventraient la couche de neige, leur souffle rauque s'échappait d'entre des dents longues comme des couteaux et les épines hérissant leurs queues venaient parfois érafler les flancs de leurs congénères.

Elles ne ralentirent pas lorsque le sol explosa sous les pattes de leur avant-garde. Elles infléchirent à peine la direction de leur offensive lorsque les suivantes sautèrent au-dessus des cadavres et des blessées et furent fauchées en plein vol par des tirs de mitrailleuse au timing et à la précision inhumains. Les bêtes étaient trop nombreuses, trop rapides, trop bien protégées ; elles endurèrent le tir de barrage et arrivèrent au contact en quelques instants malgré les mines et les tranchées.

Le premier corps-à-corps vit l'une des créatures tenter de trancher son opposant robotique en deux d'un coup de griffes. Sa patte fut bloquée par les bras manipulateurs de la machine mais le métal plia sous sa force. Qu'importe, le robot ne ressentait pas la douleur et en profita pour tirer une double rafale de balles explosives entre les côtes et dans l'abdomen exposé de la chimère. Sa victoire fut toutefois de courte durée puisqu'il fut immédiatement pris d'assaut par trois monstruosités supplémentaires qui le démembrèrent brutalement en autant de secondes ; sa dernière action fut d'activer le dispositif d'autodestruction en le synchronisant avec le déclenchement des munitions restantes dans son lance-grenades.

Un scénario similaire se répétait un peu partout sur le champ de bataille, chaque machine abattant plusieurs chimères avant d'être engloutie sous le nombre, puis de se transformer en boule de feu afin de faire le plus de dégâts possible. Dissimulés par leurs capes de haute technologie, les instigateurs de ce chaos observaient les combats tout en restant à distance et à couvert.

« Je ne sais pas qui sont ces types mais ils se défendent bien. »

« La mobilité de leurs robots est réduite à cause de la neige... Ils n'en ont pas tellement, nous pourrions facilement les détruire d'ici. » remarqua l'un des hommes en montrant son bazooka.

« Pas sans révéler notre position. Ils ont abattu notre UAV, évitons de leur donner encore plus d'avantages. »

« Oui mon Capitaine. »

Ils se remirent en route, utilisant juste assez de cosmos pour rester à la hauteur de la horde sauvage. Ils profiteraient du désordre ambiant pour s'infiltrer en contournant les points forts de la défense adverse... Une bonne vingtaine de chimères avaient d'ailleurs réussi à passer entre les mailles du filet et se dirigeaient à présent vers la base. De quoi forcer la deuxième ligne à se montrer.

***

« Kazanski, Archavine, ça va être à vous de jouer... Ishii vous envoie des renforts, essayez de tenir jusque-là et ouvrez l’œil. »

Khalil et ses soldats faisaient feu à l'aide de leurs fusils ordinaires, tentant de ralentir le flux de monstres passant par les trous dans leurs défenses. D'après la vue aérienne, un second débarquement du même genre prenait place en ce moment-même au niveau de la crique. Le terrain y était plus favorable aux machines de guerre, elles devraient tenir plus longtemps de ce côté...
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WolgornSpectre du Bourreau
Spectre du Bourreau

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Dim 16 Juil - 23:22
Khalil refusa la suggestion de Vitold et lui ordonna simplement d'attendre jusqu'à ce que les ennemis atteignent leur périmètre, ordre auquel l'intéressé et son équipe obéirent. Les mercenaires virent alors une meute massive de fauves abominables se ruer furieusement vers la base. Le poste de commande les avait identifiés comme des chimères, des créatures hybrides conçues à partir d'espèces existantes afin d'obtenir des spécimens plus redoutables. Il y avait aussi des humains dans le tas à ce que leur indiquaient leurs radars, mais ils s'évanouirent promptement dans la nature grâce à un quelconque système de camouflage. Une féroce bataille s'ensuivit entre les bêtes et les robots japonais, ces derniers se faisant rapidement mettre en pièces face à la rage destructrice de leurs opposants. Une vingtaine d'entre elles parvinrent à franchir la première ligne et fondaient désormais sur les militaires, qui se tinrent prêt à se défendre sur consigne de l'Iranien.

L'escouade du Bourreau intensifia donc son cosmos au maximum, le chef prenant bien entendu soin d'ajuster sa puissance à celle de ses coéquipiers. Le Colonel leur avait conseillé de ne pas se lancer en solitaire en plein dans la horde sauvage, aussi allaient-ils pour l'instant combattre à distance et déstabiliser leurs adversaires avant de leur rentrer dans le lard. Ils devaient aussi faire attention aux fourbes qui s'étaient rendus invisibles plus tôt, histoire de ne pas se faire poignarder dans le dos en pleine riposte. Vitold et Doyle avaient chargé des balles explosives dans leurs railguns et visaient chacun un monstre, en espérant que leurs tirs respectifs allaient toucher leurs cibles.

Les deux mercenaires firent feu et une double détonation fut provoquée lors de l'impact, soulevant une grande quantité de neige, de gravas et de fumée. La première attaque à longue distance effectuée, Lootah, Robert, Arnold et William s'avancèrent légèrement, de manière suffisante pour lancer des grenades, battre en retraite ou protéger leurs artilleurs. L'Amérindien avait dégoupillé une grenade explosive, tandis que le blond moustachu avait sorti une assourdissante et les deux noirs une incendiaire chacun. Évidemment, les mercenaires avaient paramétré leurs casques au préalable, de telle sorte qu'ils soient insonorisés le temps que l'assourdissante fasse son effet et vrille les tympans de l'ennemi. Ce fut d'ailleurs cette grenade qui fut lancée en première, suivie par l'explosive et enfin par les incendiaires, une fois le souffle de la déflagration dissipé.

Lootah et ses trois partenaires embrayèrent en dégainant leurs armes spéciales et en se mettant en posture de combat. Robert et Arnold gardaient aussi une main sur leurs pistolets automatiques, prêts à s'en servir au cas où les fauves seraient trop loin pour leurs Chunjuns. Les Gymnots de l'Amérindien et de William étaient quant à eux parés à foudroyer leurs cibles au moment où elles émergeraient du nuage de poussière soulevé par leur barrage de grenades. L'Exécuteur et Doyle, de leur côté, s'employaient à recharger leurs canons électriques avec une munition perforante pour l'un et une munition explosive pour l'autre. La bataille s'annonçait serrée contre ces chimères robustes et assoiffées de sang...
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PNJ Hadès

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Sam 22 Juil - 19:40
Les fusils électriques firent merveille : l'armure naturelle des monstres ne leur était d'aucune utilité face aux projectiles hypersoniques. L'une des chimères s'écroula, son crâne ayant fait place à une ruine sanglante ; une deuxième tomba au sol, une patte avant arrachée par une balle et tout un côté de la cage thoracique ouvert. Elle se releva pourtant et partit à la poursuite de ses congénères malgré cette plaie hideuse qui ne tarderait pas à la tuer. Deux horreurs de plus périrent sous les balles russes et la neige se teinta de rouge autour de leurs cadavres.

Les grenades par contre eurent moins de succès, et ce en dépit de la portée extraordinaire des lancers des mercenaires. Rendues folles furieuses par leur soif de sang, les aberrations continuèrent à charger en ignorant le son qui agressait leurs oreilles. L'explosion qui s'ensuivit blessa trois créatures mais une seule sérieusement, l'espace ouvert et la trop grande distance entre les cibles empêchant l'onde de choc de livrer son plein potentiel destructeur. Quant au mur de flammes généré par les grenades incendiaires, il ne fut guère plus efficace : dépourvues de la peur instinctive du feu présente chez la plupart des animaux, elles passèrent au travers sans se soucier du produit chimique incandescent qui collait à leur carapace. Les russes, eux, avaient opté pour l'utilisation d'un barrage d'explosifs – qui fit peu de dégâts mais eut le mérite de ralentir l'attaque ennemie – combiné à des fumigènes afin de dissimuler leur position et brouiller l'odorat des bêtes féroces.

Quinze chimères étaient encore en vie dont une moitié déjà plus ou moins amochées. Une communication crépita dans le casque de l'escouade Kazanski, en provenance d'un des soldats de l'équipe Archavine : « Leur cerveau a sûrement été altéré, la peur et la douleur ne font que renforcer leur combativité. Privez-les de la vue plutôt que de l'ouïe. »

***

Aziz tirait à une cadence stupéfiante, fruit d'un entraînement intensif et de longues années de pratique. Il visait en même temps qu'il rechargeait histoire d'économiser quelques précieuses secondes à chaque coup de feu, éjectant la douille et la remplaçant par une balle neuve aussi vite que ses réflexes lui permettaient de procéder sans pour autant compromettre la sûreté du geste. Ses soldats suivaient le rythme avec une régularité de métronome. Les opérateurs du QG s'étaient livrés à une manipulation qui soulignait les silhouettes monstrueuses sur son écran d'un contour coloré : les rouges étaient déjà prises pour cible par l'un des automates nippons, les vertes par ses hommes, les jaunes par lui-même et les blanches étaient celles qui n'avaient aucune arme braquée sur elles. Ce petit tour permettait une synchronisation bien plus rapide et efficace entre les membres de son équipe et les robots ; l'intelligence collective animant ces derniers analysait d'ailleurs les mouvements en apparence chaotiques de la horde sauvage et améliorait encore davantage leur coordination. L'effectif robotique avait fondu comme neige au soleil et pourtant les unités restantes se portaient assistance de manière bien plus efficace, abattant presque deux fois plus de chimères que lors de la première phase du combat avant de succomber sous le nombre. L'expression « machines à tuer » prenait tout son sens.

Et toujours les détonations ébranlaient le ciel. Les navires ennemis étaient semble-t-il également pourvus de quelques canons qui pilonnaient inlassablement la base maintenant qu'ils avaient épuisés leurs missiles guidés – ou gardaient les derniers en réserve. Ils tiraient à l'aveugle mais les obus étaient plus difficilement repérables, c'était tout juste si les Lansknechts parvenaient à intercepter ceux qui risquaient de toucher le centre de commandement ou d'ouvrir un trou béant dans leurs lignes de défense. Cela ne pouvait se faire sans sacrifices : la piste d'atterrissage et les installations de moindre importance subirent d'importants dégâts, tous les projectiles ne pouvant être neutralisés en vol. Le colonel espérait que le reste du personnel avait pu trouver refuge dans un endroit sûr.

C'était de la folie, ça ne ressemblait à aucune des guerres auxquelles il avait pris part autrefois. Des vagues de bêtes suicidaires venant se briser les unes après les autres sur les rocs de leurs défenses, les érodant lentement mais sûrement, chacune des deux armées dépourvue de toute trace d'instinct de survie. Des échanges de tirs à distance s'annihilant au-dessus de leurs têtes, gérés par des programmes réagissant avec plus de célérité qu'un humain non-éveillé ne pourrait jamais le faire. Une épreuve à la fois de force, de volonté et d'endurance, les vaincus seraient ceux qui tomberaient à court de munitions et d'effectifs les premiers... ou ceux qui, à trop vouloir jouer la durée en conservant leurs ressources, seraient écrasés par le bombardement ou la déferlante de monstres enragés. Un équilibre délicat et susceptible de basculer à tout moment. Tant de mort et de destruction, déchaînées si subitement pour le contrôle d'un coin reculé d'un archipel de l'Océan Arctique...

Il y avait au moins une bonne nouvelle : les troupes tenant la crique n'avaient pas laissé le temps à l'ennemi de prendre pied sur la plage avant de commencer le massacre. Sans l'élan redoutable qui transformait le troupeau d'aberrations animales en rouleau compresseur, leur avance était beaucoup plus lente. Ce côté-là tiendrait encore quelques temps sans aide et la base ne serait pas prise en tenailles tout de suite.

***

Sans ralentir le pas, le Capitaine mesurait toute l'ampleur du carnage se déroulant sous ses yeux. Et il n'aimait pas ce qu'il voyait ou ressentait avec son Sixième Sens. Ils s'étaient bien rendus compte – à mi-chemin seulement – qu'ils n'étaient pas les premiers en ces lieux mais jamais il ne se seraient doutés qu'on leur opposerait une telle résistance.

« Ils ont... une dizaine d'éveillés en deuxième ligne, non ? »

« Douze. Et si j'en crois l'intensité de leurs cosmos ainsi que les effets de leur équipement ils sont assez forts pour triompher d'une chimère en combat singulier. »

« C'est pas bon du tout ça. Leurs foutues machines ne laissent pas passer assez de chimères, s'ils les affrontent au compte-gouttes et se battent en reculant on en perdra un paquet. »

« Oui, et qui sait combien de mines et de soldats ils ont encore derrière. Ce n'est pas le moment de tomber à court de pions, nous allons devoir ouvrir la voie nous-mêmes. Nous ne pouvons pas attendre qu'Amundsen et compagnie passent le point Delta. »

Ses hommes exprimèrent brièvement leur assentiment avant qu'il ne commence à délivrer ses instructions. Ils n'allaient pas attaquer de suite, ils devaient d'abord repérer le terrain et se faire une meilleure idée des capacités de leurs adversaires : il n'allait pas ordonner un assaut inconsidéré au risque de tomber dans un piège ou de se faire exterminer aussi sec par une riposte qu'il n'aurait pas vue venir.

Fichu métier... il aurait largement préféré prendre son temps, planifier méticuleusement leur offensive cependant cela aurait également bénéficié à ceux qu'ils étaient venus chasser de cet endroit. Plus de temps pour fortifier leur position, pour acheminer des renforts... La stratégie que son supérieur avait décidé d'adopter était grossière et simpliste mais dans de telles circonstances le blitzkrieg restait leur meilleure option – ou en tout cas la moins pire.

Les abominations rescapées arrivaient au contact. L'un des groupes d'éveillés avait disparu derrière un rideau de fumée, une tactique pertinente contre des créatures ne pouvant compter sur un avantage numérique écrasant et qui compliquait également l'analyse de leurs techniques de combat. Le second groupe, moins prudent, laissait les deux tiers de ses membres afficher clairement leur présence. Ça n'en faisait pas pour autant une décision stupide : les bêtes de guerre ne disposaient que d'une intelligence limitée d'autant plus réduite par les injections massives et attaqueraient en priorité la proie la plus évidente, laissant le champ libre aux tireurs à l'arrière... à condition que leurs protecteurs tiennent le choc bien sûr.

Les créatures se séparèrent : sept d'entre elles partirent en direction du rideau de fumée, huit vers ceux qui choisissaient de les braver de face. Le Capitaine tapota rapidement l'écran tactile fixé sur l'avant-bras de sa combinaison, modifiant les commandes envoyées par leurs implants électroniques. Leurs mouvements changèrent et ce fut dans un ensemble parfait qu'elles s'élancèrent toutes griffes dehors et la gueule béante à l'assaut des quatre silhouettes humaines. Il ne s'agissait pourtant que d'une feinte, la moitié des armes vivantes se préparant à passer entre les soldats que leurs congénères tiendraient occupés pour foncer vers les tireurs.

« Si vous pensiez avoir affaire à de simples animaux... »
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WolgornSpectre du Bourreau
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Dim 6 Aoû - 20:08
La bombe assourdissante et les incendiaires n'avaient eu aucun effet sur les fauves et un collègue ne tarda pas à le faire remarquer à l'équipe de Vitold. Les mercenaires en prirent bonne note et attendaient l'imminente collision avec leurs adversaires bestiaux. Ces derniers étaient dotés d'une endurance évidemment monstrueuse, ainsi devaient-ils faire en sorte de les terrasser d'un coup mortel et précis. Néanmoins, les créatures semblaient plus intelligentes que leur rage ne le laissait croire : une meute de huit fondit sur le Russe et son groupe pour ensuite se séparer en deux afin d'occuper les combattants au corps-à-corps et éliminer les snipers au contact. Lootah réagit rapidement à cette situation en ordonnant le repli puis en jetant une grenade fumigène alors que les abominations s'apprêtaient à le déchiqueter, lui et ses compagnons.

Il s'extirpa ainsi du nuage de fumée avec William, Arnold et Robert et ils s'empressèrent de rejoindre Vitold et Doyle pour les défendre. Arnold et Robert bondirent énergiquement sur une chimère chacun, surprenant leurs proies qui pensaient s'attaquer tranquillement aux snipers. En plein saut, ils assénèrent de concert un puissant coup de Chunjun au niveau de la nuque des bêtes. De son côté, William en rattrapa une qui menaçait Doyle de sa redoutable mâchoire et de ses griffes acérées, puis la paralysa à l'aide d'une impitoyable charge de Gymnot. L'artilleur profita de cette opportunité pour administrer un solide kakatogeri en plein dans le crâne du fauve et embraya en lui plantant brutalement son couteau à l'endroit précis où il avait frappé.

"WATAAAAAAAAAAAH !!"

Quant au Bourreau, il savait pertinemment qu'il ne pouvait pas tirer non plus avec son railgun au risque de toucher ses partenaires engagés dans la mêlée. Aussi opta-t-il pour l'usage du pistolet et vida-t-il son chargeur dans la caboche de la chimère qui se ruait sur lui, en prenant notamment soin de viser les yeux. Contre ces bestioles acharnées, mieux valait ne pas faire dans la demi-mesure et éviter de les provoquer au combat rapproché. L'escouade du Russe resserrait les rangs et défendait ses positions comme elle pouvait face à la violence des assauts ennemis. Elle allait lutter jusqu'au bout, même si le risque d'être submergé par le nombre et la férocité de l'adversaire la menaçait dangereusement.
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PNJ Hadès

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Mer 9 Aoû - 20:33
Le Capitaine et ses hommes décortiquaient attentivement les tactiques ennemies. Le groupe qui exposait ses éveillés imitait l'autre en recourant au même rideau de fumée : soit ils suivaient l'exemple, soit ils arrivaient à communiquer malgré le brouillage radio. Fâcheux mais rien d'inattendu. La grande inconnue se situait plutôt au niveau de leurs armes et de leurs pouvoirs individuels. Ces éveillés étaient peu puissants d'après son Sixième Sens et il était rare que des combattants de ce niveau développent des facultés spécifiques ; il fallait néanmoins récolter davantage d'informations sur leur arsenal aussi bien cosmique que technologique.

Les capteurs intégrés à son casque zoomèrent et il put se rendre compte de l'efficacité dévastatrice des épées ennemies : une chimère décapitée s'écroula instantanément, l'autre évita de peu de subir le même sort – une profonde entaille à son cou constellait la neige d'écarlate – et riposta en tentant de faucher son attaquant à l'aide de sa redoutable queue bardée d'épines. Son Lieutenant jura, et il était tenté de faire de même. Les plaques osseuses des bêtes de guerre n'étaient pas si résistantes mais elles étaient spécialement disposées de manière à dévier les attaques, qu'il s'agisse de balles ou de coups portés au corps-à-corps, même portés à grande vitesse. Le fait que ces lames – dont les manieurs ne lui semblaient pas particulièrement talentueux – aient réussi à surpasser cette défense malgré tout en disait long sur les efforts investis dans leur conception.

Une créature supplémentaire fut interrompue dans son élan, immobilisée par un arc électrique émis par un curieux fusil et promptement écrasée au sol par un enchaînement du sniper qu'elle s'apprêtait à déchiqueter. Le second sniper commit l'erreur de vouloir se défendre à l'aide d'un simple pistolet ; les projectiles échouèrent à pénétrer complètement le crâne épais de la bête. Éborgnée mais pas encore hors combat.

Le Capitaine délégua le contrôle des chimères survivantes à trois de ses subordonnés afin d'obtenir une plus grande précision dans la manipulation de leurs mouvements : seul, il ne pouvait que leur envoyer des instructions très générales, inadéquates pour ce type d'affrontement. Les aberrations initialement placées en position de distraction traversèrent le nuage de fumée sans succomber une fraction de seconde à la confusion qui s'était – brièvement – emparée de leurs congénères à la première utilisation de cette tactique et chargèrent les protecteurs qui leur tournaient maintenant le dos, prenant garde à rester dans un alignement qui empêchait les snipers de faire feu sans toucher leurs camarades. Quant aux deux « infiltrées » restantes, c'était à présent à elles de servir de diversion, d'occuper l'ennemi pendant la demi-seconde nécessaire à ce que les quatre autres les rejoignent. Leurs blessures les condamnaient déjà mais leurs dernières forces seraient utilisées à bon escient.

Quant à ses autres subordonnés, il les chargea de prendre le contrôle des créatures affrontant l'autre groupe d'éveillés...

***

La troupe de sept chimères eut la désagréable – et dans certains cas fatale – surprise de ne se rendre compte que trop tard que les russes avaient su profiter des quelques secondes de répit accordées par leur écran de fumée pour disparaître dans des trous préalablement creusés dans la neige, recouverts ensuite de petites bâches blanches pour les rendre invisibles aux observateurs. L'équipe Archavine n'avait pas hésité à faire apparaître le nuage aveuglant sur sa propre position, faisant confiance aux systèmes intégrés à leurs combinaisons pour souligner la silhouette de leurs collègues même au milieu de la purée de pois. La combinaison des nouvelles technologies et de l'entraînement des Spetsnaz – pour lesquels le combat arctique n'avait plus de secrets – était redoutable : cette manœuvre risquée leur avait permis d'éventrer deux aberrations tout en sortant de leurs cachettes et d'arroser les autres d'une bonne rafale de leurs armes automatiques. Les balles n'infligèrent que peu de dégâts ; ils notèrent la solidité de l'armure naturelle de leurs féroces adversaires.

Le commando adopta immédiatement l'une de ses formations standard, avec leur sergent juste derrière la première ligne formée de trois manieurs de Chunjuns. Enfin, « standard »... leurs tactiques habituelles avaient connu quelques changements depuis l'intégration des nouvelles armes. Pour commencer, le colosse russe était à présent capable de neutraliser deux ennemis en même temps.

Sur les cinq fauves encore en vie, trois tentèrent de contourner la première ligne et deux la chargèrent de front. Pas tout à fait le même genre de feinte doublée de passage en force que face aux mercenaires. Tous s'élancèrent avec une vivacité surpassant les limites de n'importe quel être de chair et de sang, fruit du cosmos inné conféré par leurs gènes monstrueux. Archavine porta sa propre énergie à son paroxysme, dégageant une aura à la sensation déconcertante. Il concentra son pouvoir sur la chimère attaquant à sa droite, qui fut immédiatement privée de la plus grande partie de ses facultés surnaturelles ; la chimère de gauche écopa d'une décharge de son Gymnot. Toutes deux furent massacrées dans l'instant.

Plus que trois de leur côté.

***

Aziz ponctuait chaque tir d'une des injures les plus colorées de sa langue maternelle mais cela ne suffisait pas à enrayer la montée de sa fureur impuissante. Il maudissait leur sous-équipement, leur sous-effectif et la recrudescence d'activité des groupes d'intérêts qui était à l'origine de ces carences. Il maudissait Poséidon et tous les faux dieux qui étaient à la racine de l'émergence de ces méprisables organisations, rêvait du jour où il pourrait leur rendre la monnaie de leur pièce... mais pour le moment, il fallait se contenter de faire feu, balle après balle après balle, pour ralentir autant que possible la progression de ces choses contre-nature.

Les tirs iraniens avaient de plus en plus de mal à atteindre un point vital – quand ils ne manquaient pas entièrement la cible. Il ne savait pas si c'était dû à la fatigue, à la perte de concentration ou si ceux qui contrôlaient la horde sauvage imprimaient à leurs pions un mouvement qui rendait la visée plus difficile. Peut-être les deux, il n'était pas sûr... et en plus il lui fallait suivre les nouvelles qui se succédaient dans ses écouteurs.

« L'ennemi a déployé ses soldats humains dans la crique et leur navire bombarde les drones. »

Il ne savait pas s'il devait s'en réjouir ou s'en inquiéter : d'un côté, c'était bien la preuve que les machines faisaient trop bien leur travail au goût de l'ennemi, de l'autre les Agences risquaient une perte de terrain massive et imminente. Il n'avait pas besoin de dire aux soldats du QG d'analyser minutieusement les capacités de ces soldats en tout cas, c'était parfaitement superflu.

« Je n'ai plus eu de transmission d'Ishii depuis un moment, où est-il ? »

« Parti au hangar pour aider les ingénieurs, mon colonel, il y a eu un problème... »

« Quel genre de problème ? »

« Un obus. Il y a un mort et plusieurs blessés mais les équipes sur place font tout pour vous envoyer les renforts au plus vite. »

L'iranien serra les dents mais la précision de son tir ne fut pas amoindrie par la mauvaise nouvelle, au contraire même. Sans soutien aérien ou naval, sans blindés ni artillerie digne de ce nom, il n'avait pas le droit à l'erreur. La première ligne de défense approchait de son point de rupture, ils ne tiendraient plus très longtemps avant d'être engloutis sous un tsunami d'armes vivantes ; il fallait à tout prix repousser cette échéance jusqu'à l'arrivée des renforts.

***

« Préparez les bonbonnes. »

Légère surprise parmi ses hommes, qui ne s'étaient pas attendus à se servir de ce type de matériel aussi tôt. Tout à fait compréhensible mais il valait mieux en faire usage là où le terrain s'y prêtait le mieux ; la base ennemie serait sans doute moins enneigée et de toute façon ça ne leur serait pas d'une grande aide pour combattre à l'intérieur des bâtiments.

Quelques secondes plus tard, chacun d'eux avait décroché la paire d'encombrants cylindres de métal qu'il transportait sous sa cape et en vérifiait le bon fonctionnement. Dans le même temps, le Capitaine apporta les ultimes modifications à sa stratégie en y intégrant ce qu'il venait d'apprendre des deux unités qu'ils se préparaient à attaquer. L'une d'elles était apparemment spécialiste de l'extermination de créatures monstrueuses, au vu de ses performances. L'affrontement serait rude, sa propre escouade ne s'en tirerait pas indemne...

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Jeu 10 Aoû - 13:34
Robert échoua à décapiter sa chimère, la laissant grièvement blessée à cause de la profonde taillade à la gorge. Les yeux rivés sur elle, il ne la laissa toutefois pas le balayer avec sa queue épineuse et la trancha net à l'aide de son Chunjun lorsqu'elle arriva sur lui. L'appendice virevolta en l'air avant de choir piteusement dans la neige, laissant la bête estropiée. Néanmoins, son épaulière droite et la protection de son avant-bras avaient été lacérées par le membre coupé dans son élan. Doyle informa William, Arnold et son compère blond qu'ils devaient se concentrer sur les quatre fauves qui fonçaient derrière eux, ce qu'ils firent instamment. L'artilleur, quant à lui, s'occupa d'achever l'opposant de Robert d'un double round-house kick dévastateur dans le sens de la plaie. Vitold profita de l'angle mort du fauve qu'il avait éborgné pour lui asséner un crochet ravageur du gauche suivi d'un uppercut du droit tout aussi puissant. Après de telles attaques contre un cuir et des muscles si épais, ses poings étaient légèrement endoloris.

"Surtout faites attention les gars, gardez à l’œil chacune de ces saloperies, elles sont plus vicieuses que je ne le croyais !" lança le Russe à ses partenaires. "Si nous relâchons notre vigilance maintenant, nous allons leur servir de chair à pâté !"

"Aucun problème." répondit Lootah tout en dégoupillant une grenade aveuglante et en communiquant à ses alliés la fréquence de son arme.

Avec une grande réactivité, l'escouade paramétra ses casques de telle sorte qu'ils puissent s'adapter à la soudaine explosion de lumière. L'Amérindien lâcha finalement la grenade par terre, les quatre chimères étant déjà parvenues au contact. Si ces abominations s'étaient familiarisées avec les fumigènes, elles allaient certainement avoir du mal à se remettre du choc photonique. Ni une ni deux, William électrifia violemment une bête tandis qu'Arnold et Robert sprintaient et délivraient respectivement un coup d'épée à résonance harmonique d'un geste vif sur un monstre chacun.

"WORYAAAAAAAAH !"

"DEYAAAAAAAAAH !"

Trois ennemis avaient en tout été visés par cette vigoureuse riposte, mais le quatrième risquait de franchir le quatuor de guerriers au corps-à-corps indemne. Entretemps, l'équipe de Vitold avait reçu une transmission peu encourageante : une horde d'empaffés déboulait depuis la crique, les drones se faisaient concasser et pour couronner le tout, les renforts n'étaient pas prêts d'arriver. Apparemment, un obus avait dévasté un hangar stratégique en plus de ralentir Ishii dans ses opérations. Si leurs adversaires persistaient à les assaillir de tous les côtés de la sorte, le Russe ne donnait pas cher de sa peau et de celle de ses camarades...
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PNJ Hadès

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Dim 13 Aoû - 18:27
La moitié des créatures affrontant le second groupe venait de se faire occire. Il ne fallait pas sous-estimer les aptitudes de ces soldats pour le combat rapproché, même si la grenade aveuglante était l'élément décisif qui leur avait permis de riposter avec tant d'efficacité. Parmi les trois chimères restantes, une seule était encore en pleine forme, ses congénères ayant des difficultés à se mouvoir du fait des blessures subies pour l'une et du choc électrique pour l'autre. Quant au premier groupe, ses snipers avaient ralenti les monstres à l'aide d'un nouveau barrage explosif, permettant aux épéistes de faire volte-face et de commencer à les tailler en pièces – avec l'aide du mystérieux pouvoir du plus massif d'entre eux. Le Capitaine et son Lieutenant n'eurent aucun mal à se mettre d'accord sur le choix de leurs cibles.

Leur offensive coïncida – volontairement – avec l'arrivée d'une seconde vague de chimères ayant réussi à se faufiler entre les machines meurtrières de la première ligne. Ces pions-là auraient pour tâche de se concentrer sur les troupes russes, de les empêcher d'aller à la rescousse de leurs camarades ; le Capitaine se chargerait lui-même des mercenaires, épaulé par son Lieutenant et un autre de ses soldats. La majeure partie de son groupe, soit quatre hommes, resterait à l'abri afin de les couvrir à distance, de diriger leurs auxiliaires bestiaux et de détruire les robots par l'arrière. Les soldats activèrent les dispositifs d'injection intégrés à leurs tenues et reçurent leur dose de drogues de combat, dont les effets ne tarderaient pas à se manifester.

À son signal, tous intensifièrent leur énergie et lancèrent les bonbonnes dans les airs. Le groupe d'assaut se sépara du groupe de soutien et chargea à pleine vitesse, zigzagant afin de perturber les tireurs d'élites ennemis, leurs grandes capes blanches dissimulant leur silhouette. Ils empoignèrent leurs fusils d'assaut et vidèrent leurs chargeurs en direction des snipers mercenaires pour couvrir leur approche ; le troisième membre du groupe d'assaut utilisa même un lance-grenades. Pendant ce temps, le compte à rebours des bonbonnes arrivait à son terme : elles expulsèrent violemment leur contenu, créant un nuage de particules noires. Trop lourdes pour être charriées par le vent, elles tombèrent à terre en se mêlant à la neige tout autour de leurs cibles.

Une explosion retentit un instant plus tard en direction de la ligne de front, indiquant que le groupe de soutien faisait feu au lance-roquette sur les drones avant de changer de position pour ne pas être victime des représailles ennemies.

Jusque-là tout allait bien mais le Capitaine ne pouvait s'empêcher de déplorer cette situation. Devoir se ruer au corps-à-corps sur un champ de bataille moderne, c'était un comble ! Hélas, les armes à feu ne se prêtaient guère aux affrontements entre éveillés : la trajectoire des projectiles était trop prévisible, la cadence de tir trop faible... alors à moins d'un autre avantage pour compenser, il fallait souvent en venir aux mains. Heureusement, cette mêlée-ci n'aurait rien à voir avec les duels archaïques que se livraient les chevaliers.

« Cinq-deux-quatre ! » aboya-t-il dans son communicateur, au moment où ils posaient le pied dans la zone couverte par les étranges retombées.

« Reçu ! » confirma le Lieutenant. Cinquième configuration, deuxième variante, quatre cibles. Ils n'avaient même plus besoin de réfléchir, les automatismes forgés lors de leur entraînement leur permettaient de se synchroniser instantanément : les deux hommes libérèrent le cosmos accumulé, concentrant leur pouvoir dans la poudreuse sous leurs pieds. Une fraction de seconde plus tard, des lames de glace parcourues de fines veines noires surgirent du sol, visant Doyle, Vitold, William et Lootah. Affûtées comme des rasoirs et presque aussi solides que l'acier – et pour cause ! –, ces rapières cristallines en avaient empalé plus d'un par le passé...

Le Capitaine était toutefois certain que ceux-là étaient d'une autre trempe que ses précédents opposants, aussi n'attendit-il pas de voir le résultat de l'attaque pour faire passer son fusil dans sa main gauche et dégainer de la droite une épée noire aux reflets métalliques, courte et large. Ses deux subordonnés en firent de même, le Lieutenant se saisissant d'une arme semblable à la sienne tandis que le simple soldat se contentait de faire jaillir de ses gantelets une paire de lames rétractables. Le groupe de soutien faisait bien son travail : les chimères n'avaient pas cessé leur harcèlement...

***

Perché sur son promontoire, le colonel ne pouvait que reconnaître le sens du timing de ces intrus. Ils étaient sortis de leur cachette en profitant d'une ouverture dans les défenses robotiques des Agences qui menaçait de se transformer en une brèche catastrophique livrant passage à un torrent de bêtes féroces si l'iranien n'y focalisait pas tous ses efforts. Et maintenant ils s'employaient à rouvrir la faille tout juste refermée, l'empêchant lui et ses hommes de prêter main-forte aux équipes Archavine et Kazanski... C'était comme se retrouver prisonnier d'un bateau en plein naufrage, à tenter de boucher trois trous différents dans la coque avec seulement deux mains.

Il devait faire confiance à ses soldats, russes comme mercenaires. Et il avait toujours détesté ça : s'en remettre à la chance, espérer que pas un grain de sable ne vienne gêner ses plans, que ses hommes donnent le meilleur d'eux-mêmes voire surpassent leurs limites, que l'ennemi commette une erreur ou se révèle plus faible que prévu – prier pour un miracle, en l'essence – avait toujours été pour lui une marque d'échec. Un vrai chef militaire ne laissait rien au hasard. Il avait fait de son mieux avec le peu de temps et les ressources limitées à sa disposition mais force était de constater que ce n'était pas suffisant...

« Ils ont un Niveau 3 ! » rapporta un subordonné d'Archavine juste avant que son groupe ne doive intercepter une deuxième meute. Aziz se crispa et dut consciemment relâcher la tension qui venait de grimper en flèche, raidissant ses muscles et bloquant ses articulations. La situation venait à nouveau de se compliquer...

Le moment était venu de changer d'arme : les éveillés ennemis savaient où il se trouvait, ils étaient trop rapides et leurs déplacements trop imprévisibles pour qu'il soit possible de les toucher avec du matériel conventionnel. Mettant de côté son Shaher, il connecta le railgun qui reposait à ses côtés à un port de son exosquelette et le prit fermement en main. S'ils lui laissaient la moindre occasion d'en faire usage, ils allaient le regretter.

« Je compte sur vous pour maintenir le rythme sans moi. » lança-t-il à ses soldats avant de reculer hors de portée de vue des envahisseurs et de faire route vers un autre point de tir, à la recherche d'un angle qui lui permettrait de les prendre par surprise. « Dites à Ishii qu'il ferait mieux de se bouger les fesses s'il ne veut pas que ces choses viennent les lui bouffer ! » ajouta-t-il à l'intention du QG.

« Je transmettrai. »

« Du nouveau sur nos invités ? La portée et le champ d'action de cette attaque me semblent anormales, ce n'est pas un peu beaucoup pour un Niveau 3 ? »

« Oui mon colonel, c'est bizarre... les capteurs des combinaisons ne détectent aucun produit chimique dangereux, par contre ils nous signalent une forte activité électromagnétique. »

Il avait un mauvais pressentiment... « Répétez-ça aux scientifiques – et aux ingénieurs s'ils peuvent parler et bosser en même temps – si ce n'est pas déjà fait, je veux savoir ce qu'ils en pensent. »
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WolgornSpectre du Bourreau
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Lun 21 Aoû - 11:51
Trois chimères se tenaient encore debout face aux mercenaires, qui s'apprêtèrent à les achever séance tenante. Cependant, un signal provenant des détecteurs de leurs casques les alerta que des projectiles aériens se dirigeaient vers eux. Vitold ne comprenait pas d'où provenaient ces missiles, compte tenu qu'il n'avait vu aucun canon positionné à la distance où ils avaient été tirés. L'escouade s'aperçut alors que trois silhouettes humanoïdes courraient dans leur direction, manifestement armées et dotés d'une aura cosmique. L'ennemi avait donc décidé d'envoyer ses Éveillés sur la ligne de front, ce qui annonçait le commencement des choses sérieuses. Le Russe et Doyle eurent l'occasion de s'en rendre compte au prix fort et encaissèrent une pluie de balles suivie d'une roquette.

"GUWAAAAAAAAAAAAAAAARGH !!!"

Les deux artilleurs avaient essayé de parer et d'esquiver autant qu'ils le pouvaient, mais ils essuyèrent quand même de sévères dégâts : leurs plastrons et les protections de leurs bras étaient criblés de trous, sans oublier le souffle de l'explosion qui avait malmené les armures dans leur ensemble. Suite à cet assaut, leurs muscles étaient endoloris et leurs os vibraient de souffrance, mais ils étaient encore conscients. Lootah et ses coéquipiers ne purent qu'assister au spectacle, un amer sentiment d'impuissance les étreignant, bien que cela ait le mérite de leur rappeler qu'ils devaient rester vigilants.

"Les enfoirés !" pesta William. "S'ils croient qu'on va se laisser tuer comme du bétail à l'abattoir..."

"Gaffe !" prévint Robert, complètement excité. "Il y a des grosses bonbonnes qui nous tombent sur le râble !"

Les bonbonnes en question expulsèrent une poudre noire, apparemment inoffensive malgré la crainte qu'elle suscite, qui ne tarda pas à imprégner le sol enneigé. Cette matière donnait du fil à retordre au programme d'analyse de leurs casques, aussi valait-il mieux faire sans. Personne ne s'y trompait, cette poudre n'était pas là pour la décoration et risquait de leur jouer un mauvais tour.

"C'est pas bon les gars, il ne faut pas rester plantés là !" s'exclama Arnold.

En effet, le trio d'Éveillés adverse continuait de s'approcher dangereusement, puis deux d'entre eux émirent subitement une grande énergie. Des pieux de glace acérés jaillirent alors de la neige tandis que l'escadron du Bourreau détalait tant bien que mal du périmètre. Les mercenaires comprirent que la matière noire était en partie responsable de l'apparition de ces lames de givre, mais cela ne leur épargna pas quelques dommages. Leurs combinaisons avaient été tailladées et accrochées à plusieurs endroits, mais ils étaient parvenus à éviter d'être sérieusement blessés même s'ils étaient légèrement écorchés et égratignés.

BGM- https://www.youtube.com/watch?v=XhRmE8kf6Oo -BGM

Vitold était extrêmement courroucé d'avoir subi un tel supplice et brûlait de fracasser la figure des impudents qui avaient osé le ridiculiser. C'était l'heure de sonner la contre-offensive et d'écraser impitoyablement ces parasites sous leurs semelles. Il attrapa ainsi dans chaque main une seringue d'énergisant et de sérum de régénération et transmit ses instructions :

"Puisque ces salopards veulent jouer à ça, à notre tour de leur montrer ce que nous avons dans le ventre ! C'est l'heure de la piqûre de testostérone !"

Les mercenaires opinèrent du chef et s'injectèrent une dose d'énergisant, le Russe et Doyle consommant simultanément cette drogue et celle dévolue au soin. Remplis d'une vigueur nouvelle, les snipers braquèrent leurs canons vers les fauves restants et effectuèrent un tir précis en dépit de la vitesse de leur manœuvre. Vitold avait visé la bête paralysée avec sa munition perforante et le blondin s'occupait des deux autres à l'aide de sa balle explosive. Les crocs de glace avaient poussé les guerriers au corps-à-corps à s'écarter du chemin, facilitant amplement la tâche des artilleurs. Ils étaient déterminés à faire un carnage et à rembourser ces ordures au centuple.

Soudain, une communication supplémentaire les informa que l'ennemi avait un équivalent Bronze de ses rangs. Ce n'était pas une bonne nouvelle mais ils savaient comment se débrouiller en de pareilles circonstances. Lootah continua la riposte en jetant une grenade lacrymogène sur les trois inconnus, accompagné de William avec l'explosive. Robert et Arnold travaillèrent à clôturer cette phase du combat en lançant chacun une grenade incendiaire. Ceci fait, l'ensemble du groupe recula et demeura sur ses gardes. Leur cosmos ainsi que leurs capacités physiques étaient à leur sommet, sauf pour l'Exécuteur, et ils allaient gratifier les envahisseurs d'une vision prématurée de l'enfer.
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PNJ Hadès

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Mar 22 Aoû - 14:39
Leurs adversaires ne se laissaient pas démonter, le Capitaine ne pouvait qu'être admiratif. Les snipers s'étaient bien vite ressaisis et avaient promptement éliminé les dernières chimères. Le choix d'une munition explosive pour tenter d'atteindre deux bêtes d'un coup aurait été contre-productif avec n'importe quelle arme classique mais la puissance de pénétration de leurs fusils était telle que les shrapnels sortis du corps de la cible initiale conservaient assez d'énergie pour achever la deuxième. L'estropiée, qui se tenait légèrement en retrait du fait de ses blessures... s'il avait su, il aurait inversé leur placement. Tant pis, il n'avait pas le temps de s'attarder sur le passé en plein combat, surtout quand il devait s'occuper d'un barrage de grenades.

Il ne s'inquiétait pas trop pour la première, leurs masques à gaz les protégeraient sans peine de la fumée irritante, le problème se trouvait plutôt du côté de la réduction de visibilité. Ses observations préliminaires lui permirent cependant d'anticiper la prochaine manœuvre ennemie : il unit son pouvoir à celui de son Lieutenant et dressa un mur de neige entre son groupe et les mercenaires. Le rempart improvisé intercepta la deuxième grenade, qui explosa à bonne distance du trio en minimisant les dommages. Quant aux flammes chimiques, ils les étouffèrent assez longtemps pour pouvoir les traverser en retournant la couche de poudreuse sur laquelle elles avaient pris.

« Trois-sept-six. »

Les éclats de voix avaient fait place à un calme forcé, une lucidité provenant autant de l'expérience que des drogues circulant dans son organisme. Cette configuration-ci était l'une des plus éprouvantes puisqu'elle les obligeait à manier simultanément la neige de trois manières différentes : tout d'abord en faisant brutalement glisser celle qui se trouvait sous les pieds de leurs opposants pour les déstabiliser, puis en générant une grande lame glacée qui diviserait leur formation en deux et enfin en faisant surgir des trombes de givre devant les tireurs d'élite pour les aveugler.

Heureusement qu'il avait son Lieutenant pour l'épauler... et la poudre noire pour rendre possible une telle synergie. Il avait eu des doutes quant au bien-fondé de l'approche choisie par les têtes d’œuf – trop spécialisée, trop dépendante de la présence d'éveillés bien précis sur le champ de bataille – mais il fallait reconnaître que leur invention était efficace quand on la déployait sur le bon terrain.

Comme prévu, ils se séparèrent pour assaillir leurs cibles désignées : le Capitaine chargea Robert tandis que le Lieutenant s'élançait en direction de Lootah et William et que leur troisième homme s'attaquait à Arnold. Ils en profitèrent également pour tirer quelques rafales à l'arme automatique vers les snipers, toujours pour les perturber et les empêcher de faire usage de leurs fusils si dévastateurs.

Le Capitaine remarqua que l'épée de son adversaire était reliée à un câble électrique, tout comme la sienne. Il se demanda quel pouvait bien en être le secret... était-ce cela qui lui avait permis de couper si aisément à travers l'armure des chimères ? Il ne comptait pas avoir à le découvrir : son cosmos était plus puissant, il se servirait donc de sa vitesse supérieure pour massacrer son opposant sans lui laisser l'occasion d'infliger ne serait-ce qu'une égratignure ! Il focalisa son énergie dans sa lame et celle-ci se liquéfia, le métal noir se contorsionnant comme un serpent, s'amincissant et s'allongeant pour doubler la portée de l'attaque. Fluide comme de l'eau, son arme semblait animée d'une vie propre alors qu'il enchaînait les coups de taille ; malgré sa fragilité apparente, son tranchant mouvant n'était pas non plus à sous-estimer.

Le Lieutenant reproduisit l'action de son supérieur en arrivant au contact – et la particularité de son épée permettait une définition généreuse du mot – mais y ajouta sa touche personnelle en consacrant une part de son cosmos à l'émission d'une impulsion électromagnétique... sans succès, les systèmes électroniques adverses devaient être protégés. Ce n'était pas une surprise, il n'avait tenté le coup que par acquis de conscience. Il n'allait cependant pas se contenter de si peu et appela le groupe de soutien pour commander l'envoi d'une nouvelle roquette sur les snipers ; il fallait à tout prix maintenir la pression...

Les tours de passe-passe technologiques suffiraient-ils pour surmonter leur infériorité numérique ? Difficile à dire, l'ennemi étant également bien équipé. Le Capitaine se demandait quel groupe était capable de leur disputer les ressources de Svalbard en alignant un tel contingent d'éveillés... Se pourrait-il qu'il s'agisse de ceux qui avaient déjà failli avoir leur peau ? Si tel était le cas, l'heure était venue d'égaliser les scores !
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WolgornSpectre du Bourreau
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Dim 3 Sep - 14:30
Le lancer groupé de grenades n'eut aucun effet sur le trio ennemi, protégé derrière ses épaisses barrières de glace. Les envahisseurs enchaînèrent en transformant le sol en patinoire, en séparant l'escouade de mercenaires en deux à l'aide d'une lame de givre puis en aveuglant les artilleurs d'une déferlante neigeuse. Déséquilibrés, Lootah et ses trois compères tombèrent par terre à la renverse tandis que leurs adversaires continuaient de charger. Ces derniers eurent le loisir de tirer sur Vitold et Doyle, qui étaient prudemment restés sur la défensive à cause du manque de visibilité. Deux balles se logèrent dans l'abdomen et l'épaule droite du Russe, son partenaire écopant d'une munition dans la cuisse gauche et d'une autre dans le bras droit. Toutefois, les drogues avaient fait leur office et les avaient rendus imperméables à la douleur. Bien que cela soit fort pratique pour demeurer concentré, les snipers ne devaient pas abuser de leur insensibilité, au risque de subir une blessure mortelle sans s’en apercevoir.

L’Éveillé de rang 3 se jeta sur Robert pendant que ses deux complices s’occupaient respectivement de William ainsi que Lootah pour l’un et d’Arnold pour le second. Avant de se battre à égalité contre ces raclures, il fallait se débarrasser de cette maudite poudre noire, probablement un dispositif permettant d’utiliser des sortilèges à grande échelle. Si son intuition était juste, le Bourreau avait justement la parade dans son arsenal : la grenade thaumatodisruptive. Nul besoin d’effectuer un geste compliqué ni particulièrement précis, il suffisait juste de la dégoupiller et de la laisser rouler jusqu’à ce qu’elle explose et empêche l’usage de la magie. Il fallait aussi troubler la vision de l'adversaire et adopter une stratégie adaptée au combat sur terrain glissant. Abuser de l'assurance de l'ennemi et lui faire croire que sa proie était à sa merci pour ensuite le surprendre était une tactique que l'escadron de Vitold avait travaillée, surtout dans une situation où ils seraient à terre.

Le Russe lâcha donc sa grenade thaumatodisruptive en plein milieu de la zone d'affrontement, bloquant théoriquement la capacité des envahisseurs à leur jouer un mauvais tour. Quant à Doyle, il lança approximativement un fumigène vers l'endroit où étaient localisés Lootah, William et Arnold. Robert, toujours étalé au sol et voyant son redoutable opposant tenter de le tailler en morceaux, activa discrètement un autre fumigène afin de se tirer de ce pétrin. L'épée liquide de cet enfoiré avait réduit la couche supérieure de son armure en lambeaux et lui avait occasionné de nombreuses coupures, un acte qui exigeait vengeance. Énervé et dopé, il se redressa prestement et, avec un jeu de jambes digne d'un patineur artistique, contourna son antagoniste pour lui asséner un coup rotatif de Chunjun au niveau des hanches. Son mouvement de toupie fit gicler de nombreuses gouttelettes de sang provenant de ses blessures, mais le blondin moustachu n'était pas prêt d'abandonner de sitôt.

Quant à William, il employa un troisième fumigène pour faire bonne mesure et déstabilisa son vis-à-vis d'un croc-en-jambe. L'Amérindien enchaîna en esquivant péniblement une attaque tranchante qui lui laboura vicieusement le dos en longueur, puis plaqua le gus pour tenter de lui planter son couteau au visage. Néanmoins, il ne s’arrêta pas là et martela vigoureusement sa cible de coups de poing, quitte à briser son arme dans le processus.

"BURARARARARARARARARARARARA !!"

Habituellement serein et réfléchi, il pouvait se montrer extrêmement sauvage et impitoyable dès que l’opportunité se présentait. Discipliner sa colère pour ensuite mieux la libérer à l'instant fatidique, telle était la clé pour gagner une lutte à mort. La drogue procurait aussi à Lootah le cran d'outrepasser la souffrance, un obstacle qui lui aurait empêché de pénétrer le périmètre adverse en temps normal.

Entretemps, Arnold évitait aussi du mieux qu'il pouvait par de multiples roulades les assauts répétés de son opposant, non sans essuyer quelques plaies mineures. La célérité et l'efficacité des griffes de ce dernier était problématique pour le métis, lui qui devait se débrouiller avec le maniement d'une lame raide alors qu'il était cloué par terre. Arnold dégaina alors son flingue automatique, autrement plus efficace et rapide qu'une pétoire ordinaire, et tira une rafale sur son ennemi dans le but de le désarçonner jusqu'à trouver une ouverture. Celle-ci repérée, le mercenaire bondit telle une panthère et abattit en diagonale son Chunjun contre son adversaire. S'il ratait son essai, il était bon pour se viander piteusement sur le sol lisse et gelé. Pour se donner le courage nécessaire au combat et impressionner son antagoniste, Arnold poussa un cri guerrier strident :

"KYEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEH !!!"

La confrontation entre les combattants au corps-à corps était désormais bien engagée, mais les canonniers avaient toujours du pain sur la planche. Effectivement, Vitold et Doyle perçurent grâce à leur vigilance augmentée l’approche d’une roquette les visant. Les deux hommes plongèrent chacun de leur côté afin de se mettre à distance de sécurité et établirent promptement une communication. Le souffle de l'explosion était puissant, mais ils s'étaient suffisamment éloignés pour ne pas l'encaisser de plein fouet et restaient couchés à plat ventre.

"Si ça continue comme ça Doyle, nous ne serons jamais capables de remplir notre fonction de snipers !" nota le Russe. "Il nous faudra envisager de passer à l'affrontement au contact !"

"J'espère pas !" rétorqua le moustachu. "Attendons au moins qu'une occasion se présente pour canarder ceux qui nous bombardent !"

"Et si ces connards sont trop loin ?!"

"Dans ce cas nous suivrons ton conseil et nous porterons assistance à Lootah et aux autres ! Au moins, leurs artilleurs n'oserons pas nous tirer dessus tant que nous serons mêlés à leurs troupes !"

Les trois Éveillés adverses étant dorénavant occupés, le duo de tireurs espérait retrouver son rythme de croisière et faire de nouveau usage de leurs railguns. Pour le moment, ils allaient privilégier la mobilité : il suffisait qu'ils se mangent directement une roquette et cela en était terminé d'eux. Les protections de Vitold et Doyle étaient trop endommagées pour servir de bouclier, la précédente détonation n'ayant rien arrangé à l'affaire. Au moins, leurs casques étaient pleinement opérationnels, c'était le plus important.
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PNJ Hadès

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Mer 6 Sep - 22:23
La grenade thaumatodisruptive atterrit non loin du Lieutenant ; les réactifs qu'elle contenait furent mis en contact par son mécanisme, ce qui activa le contre-sort captif. L'explosion – qui n'en était pas une – ne fut pas accompagnée du vacarme et de l'onde de choc habituels mais d'une note grave qui résonnait dans le ventre et dans les os. Une sphère d'énergie de plusieurs mètres de diamètre fit son apparition : sa surface était parcourue d'éclairs noirs, comme tirés d'un négatif photographique, et toutes les couleurs présentes à l'intérieur se changèrent en nuances de gris. Le spectacle ne dura qu'un instant et disparut aussi vite qu'il était venu.

Aucun des trois éveillés ne fut affecté mais, combinée aux fumigènes, cette distraction fut suffisante pour que les adversaires du Lieutenant prennent l'avantage. Il invoqua son cosmos en urgence pour se protéger : sous l'impulsion de son aura électrique, la neige sombre se déplaça pour le recouvrir tandis que dans sa combinaison, des poches d'un fluide semblable à celui constituant son épée se muaient en armure improvisée. Loin du niveau des formidables cuirasses des chevaliers mais ces mesures diminuèrent la puissance des coups de poing, lui évitant des blessures fatales. Quant au couteau, il l'attrapa par la lame avec sa main gauche, non sans l'avoir auparavant enveloppée d'une couche de neige. Ayant ainsi survécu à l'assaut, il pouvait maintenant passer aux représailles... et il n'avait même pas besoin d'agiter son arme pour ça.

« Cinq-un-deux ! »

Leur coordination fut si parfaite qu'on aurait pu jurer que le Capitaine avait lu dans les pensées de son second. Leurs cosmos s'additionnèrent une fois de plus par l'entremise de la poudre noire et les pieux de glace jaillirent en cercle autour d'eux, formant une barrière acérée. De quoi garder William à distance pendant que le Lieutenant remodelait son épée, formant non plus une mais plusieurs lames souples qui se recourbèrent vivement en visant vicieusement les points faibles de la protection de l'amérindien ; en voilà un qui allait regretter d'être venu au contact.

Le second mur de pointes transparentes créé pour se prémunir d'une attaque de Robert, dissimulé par le rideau de fumée ne fut par contre d'aucune utilité face à son Chunjun, qui les découpa sans ralentir. Le Capitaine fut obligé de dévier le coup, une fraction de seconde trop tard : il écopa d'une entaille au flanc malgré sa tenue renforcée. Il avait fait très attention à ne pas parer tranchant contre tranchant mais plat contre plat, pourtant il ressentit un puissant contrecoup lorsque leurs armes entrèrent en collision, une secousse qui lui donnait l'impression que chaque molécule de sa lame ne cherchait qu'à se désolidariser des autres le plus violemment possible et qui n'était nullement due à la force de son ennemi. Lui aussi amplifia de nouveau son cosmos, raffermissant son emprise sur l'eau de son environnement et ordonnant la liquéfaction de son arme et des pointes glacées à proximité immédiate pour pouvoir se dégager.

Son intuition s'avéra payante : sous forme fluide, la fréquence vibratoire de son épée fut modifiée et il put empêcher son éclatement in-extremis. Et il savait enfin ce qui rendait l'équipement ennemi si spécial... Il concentra ses perceptions sur la couche de neige qui, parcourue par son énergie, lui indiquait l'emplacement du blond même s'il ne pouvait compter sur ses yeux – son Lieutenant pouvait faire de même, bien que par un biais légèrement différent – et repassa à l'offensive. L'assistance de son subalterne n'était pas nécessaire contre un seul opposant : il souleva brusquement un épais écran de givre, en solidifia une partie en plein vol pour former des aiguilles qui volèrent en direction du mercenaire et termina par un nouvel enchaînement où il divisa son arme en deux fouets bougeant indépendamment l'un de l'autre.

Leur troisième homme, moins bien pourvu en matière de pouvoirs, ne s'en tira pas à si bon compte. Il garda ses points vitaux autant que possible à l'aide des plaques blindées fixées à ses gantelets, laissant passer plusieurs projectiles qu'il n'était pas assez rapide pour esquiver. Même avec le nec plus ultra des gilets pare-balles, à cette distance, un fusil d'assaut pouvait infliger des dégâts considérables. Il serra les dents, espérant que les drogues de combat arriveraient à juguler l'hémorragie, et croisa ses griffes pour intercepter le coup de Chunjun. Un soubresaut douloureux se propagea dans ses bras alors qu'une gerbe d'étincelles fusait des deux morceaux de tungstène ; son blocage fut franchi et l'épée harmonique traça une estafilade brûlante le long de sa cuisse gauche.

Il retint un cri, décocha un grand coup de pied dans les côtes de son ennemi et s'éloigna tout en dégoupillant et jetant l'une des grenades passées à sa ceinture pour couvrir sa retraite. Incrédule, il examina brièvement ses lames jumelles... quelle ne fut pas sa surprise de voir leur tranchant marqué d'une profonde incision ; un peu plus et cet instrument pourtant conçu pour supporter sa force d'éveillé aurait été brisé net.

« Ils utilisent les vibrations. » l'informa son Capitaine... si seulement il avait pu le faire plus tôt. Plus question d'opposition frontale face à ces épées : il imita Arnold en se munissant de son pistolet-mitrailleur, qu'il utilisa en tandem avec sa griffe droite – la moins endommagée – pour plus de prudence.

***

Ishii travaillait sans rien sacrifier de sa méticulosité à son empressement ou à la peur qui étreignait tous les techniciens du hangar lorsqu'un obus tombait trop près. L'un des leurs avait déjà péri et personne n'avait eu le temps d'enlever le tas de chairs mutilées gisant parmi les décombres. Heureusement, il avait l'habitude de compartimenter son esprit, de mettre de côté ses émotions pour faire ce qui devait être fait... Ce qui lui permettait également de jongler avec plusieurs tâches en même temps et donc d'être en mesure de suivre la conversation tout en jouant de la pince et du chalumeau. Un casque de rechange qu'il utilisait pour accéder aux images des combats autour de la base grâce à la réalité augmentée faisait d'ailleurs double-emploi en tant que masque de soudeur.

« Ce n'est pas de la magie, Colonel. Les tomates – » il ne montra pas le moindre signe d'humour en ayant recours à ce surnom, il évitait simplement une perte de temps inutile en ne répétant pas « grenade thaumatodisruptive » à chaque fois, et puis ce n'était pas parce qu'il empêchait ses pensées de revenir vers le cadavre qui avait été l'un de ses collègues ou le trou béant au plafond qu'il en oubliait son sens de la décence... « – provoquent toujours une réaction bien précise lorsqu'elles s'attaquent à un sort, même si celui-ci est de niveau trop élevé pour être annulé. Et là il n'y avait rien. »

« Donc vous êtes en train de dire que Kazanski en a gaspillé une pour rien ? »

L'ingénieur n'eut pas à répondre à cette question, une autre voix – appartenant à un physicien britannique si sa mémoire était bonne – s'en chargeant à sa place, le laissant libre de se concentrer sur un branchement particulièrement délicat.

« Pas pour rien, grâce à lui nous avons éliminé une possibilité. Par déduction, je dirais que nous sommes face à un cas de CPTA... SATI pour être précis. »

Capacités Parapsychiques Technologiquement Augmentées et Synergie d'Anomalies Technologiquement Induite, respectivement et selon la terminologie en vigueur à FIRMAMENT. Les anglo-saxons et leur amour immodéré des acronymes... Le japonais imaginait sans peine la moue agacée que l'iranien devait arborer en ce moment-même. Ce n'était pas comme si l'officier ignorait les caractéristiques de leur matériel et leurs implications, il serait sans doute parvenu à ces conclusions tout seul mais il n'avait pas le loisir d'analyser les images en détail, occupé qu'il était à faire route vers un nouveau point de tir, aux aguets et s'efforçant de ne pas se faire repérer.

De nombreuses propositions avaient été émises par ses collègues lorsque l'ennemi avait dévoilé ses cartes. Les données envoyées par les capteurs des combattants étaient passées au crible et tout comme le Capitaine avait percé le mystère des Chunjuns, les Agences ne tarderaient pas à lever le voile des secrets des envahisseurs.

« La clé c'est cette profusion de champs électromagnétiques. »

« Si la cible numéro 2 n'est pas électrokinésiste je veux bien être... »

Le colonel s'interrompit brusquement, juste avant de terminer sa phrase. Quel dommage, cela avait piqué sa curiosité : que voulait-il bien être ? Pendu, cocu ? Quelque chose de plus original ? Certes, cela ne convenait pas à la gravité de la situation mais on emmenait à présent l'un des techniciens blessés plus tôt, et ses cris de souffrance étaient autrement plus difficiles à ignorer que la seule vue du cadavre, surtout quand ils s'accompagnaient d'une recrudescence des chutes d'obus à proximité du hangar. Les circonstances avaient changé, il avait besoin d'un coup de pouce pour tenir jusqu'à ce que sa tâche soit achevée...

« Je crois que je les vois ces enfoirés ! »

Une nouvelle image s'afficha, artificiellement contrastée par l'ordinateur. Les éveillés restants, ceux qui soutenaient de loin leurs camarades aux prises avec l'équipe Kazanski et dirigeaient les chimères. Ils n'arrêtaient pas de bouger, Khalil ne pourrait pas les abattre de suite... mais il pouvait marquer leur position et donc permettre à leurs logiciels de modéliser leurs lignes de mire à l'attention des mercenaires. Voilà qui serait utile... pour peu que les fauves les laissent tranquilles. Ishii devait se hâter, les robots ne tiendraient pas éternellement. Les opérateurs étaient déjà en train de transmettre les informations pertinentes aux agents sur le terrain ; peut-être que le mort serait bientôt vengé...

[Frontline] Codename : Gold Rush