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NtikumaChevalier Noir de l'Araignée
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05.07.17 15:16
La guérison effectuée par Andréa eut tout l'effet escompté: après l'avoir saluée et observée disparaître avec les trois armures noires, Ntikuma parvint à se relever sans aucune difficulté, sans douleur ni étourdissement, profitant de sa solitude pour rabaisser sa capuche et laisser un coup de vent rafraichir un peu sa tête en observant les vagues violentes se brisant sur les rochers. Et maintenant? La visite de la Liche allait, selon ses dires, devenir un scénario régulier dans la routine du forgeron, et ce premier avant-goût avait été plutôt agréable. Elle avait été gentille, compréhensive, et surtout, respectueuse envers l’artisan. Si tout le monde était comme ça, peut-être que son intégration dans ce nouveau monde ne serait pas si mal. Après tout, être ainsi « utilisé » n’était pas une gêne, au contraire. Cela avait toujours été le cas.
Mais une autre demande requérait encore son attention. D'un seul coup, son cœur sombra à nouveau dans le doute et l'appréhension, autant pour la tâche à venir que pour l'attitude à adopter : que faire pour éviter les foudres de Reagan? Il n’était pas comme la jeune Spectre, accordait bien peu d’estime au mercenaire novice. Plus que quiconque, Ntikuma connaissait le pouvoir de la désillusion, et Reagan en était clairement victime, mais ainsi couplée à une telle agressivité, s'interposer pour tenter de le ramener à la raison lui faisait trop peur. Peut-être que le temps seul saurait faire son œuvre... Mieux que lui.

Respirant profondément en replaçant sa capuche, l'Ashanti se mit enfin en marche. Faire attendre le Chevalier Noir ne règlerait rien, mieux valait le retrouver au plus vite.

Seulement, le chemin vers le Laboratoire des Alchimistes où l'Oiseau du Paradis l'attendait lui était inconnu. Pas assez chanceuse pour rencontrer quelqu'un capable de lui indiquer le chemin, l’Araignée erra pendant ce qui sembla être des heures avant d’enfin marcher dans la bonne direction, le regain d’énergie offert par la Spectre s’estompant de plus en plus alors que son objectif se rapprochait. Malgré tout, le chemin restait long, la marche du forgeron lente et craintive. Pour couronner le tout, une pluie drue se mis à tomber sur Death Queen Island, et c’est une silhouette rouge passablement essoufflée et trempée jusqu’aux os, au long manteau imbibé d’eau devenu beaucoup plus lourd, qui finit par atteindre le dit laboratoire.

Tremblant sur ses jambes, le conteur se retourna pour s’appuyer contre une paroi rocheuse, reprenant son souffle avant de lever les yeux. Le paysage le captiva immédiatement : au loin, un rayon de soleil avait réussi à percer au travers des nuages de pluie, projetant un arc-en-ciel des plus clairs dans le ciel. Oubliant momentanément son épuisement, Ntikuma finit par se laisser glisser au sol pour observer le phénomène, cherchant tous les infimes détails dans le tableau de couleurs sans se soucier du reste du monde, oubliant même qui l’attendait à peine quelques mètres plus loin, jusqu’à ce qu’un violent coup de tonnerre fasse sursauter le petit être qui courut se réfugier en un clin d’œil dans l’étrange antre, remplie d’outils et d’objets lui étant inconnus. L’Ashanti arrêta sa course, laissant sur son passage une lourde traînée d’eau, et regarda un peu les alentours avec curiosité.
Nul besoin d’un guide pour lui dire qu’il avait bien atteint sa destination.
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ReaganChevalier Noir de l'Oiseau de Paradis
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06.07.17 14:46
Reagan avait pris une large avance sur Ntikuma afin de se rendre en vitesse aux douches de la caserne, avant le rendez-vous au laboratoire des alchimistes. Il se débarrassa aussi de son maquillage, se passa de la crème hydratante sur le visage puis se recoiffa consciencieusement. Ce n'était pas la peine de trop se pomponner dans l'immédiat, car il était l'heure de se plonger dans le cambouis et la chaleur de la forge. Une fois suffisamment présentable, il descendit rapidement jusqu'au laboratoire où l'attendait probablement la recrue. La pluie qui se déversait sur l'île n'était guère un problème pour l'Américain, lui qui fendait l'eau par la simple vélocité de ses déplacements. Il pouvait rendre grâce à sa célérité et à sa résistance par ailleurs, la pluie locale ayant selon certaines rumeurs une composition acide due aux émanations volcaniques.

Ce fut sous un orage tonitruant que l'Oiseau de Paradis pénétra en trombe dans la forge, son ample cape enroulée autour de lui. Il repéra rapidement Ntikuma au milieu de la machinerie et des piles d'ustensiles et de matériaux, trempé jusqu'aux os et recroquevillé dans un coin. Amusé par cette vision, Reagan s'approcha de son confrère et lui posa amicalement la main sur l'épaule pour le guider vers les fourneaux.

"Voyons mon brave Ntikuma, ne me dis pas que tu as erré pendant tout ce temps dehors avec l'averse qu'il fait ?" s'enquit-il d'un ton faussement désolé. "Viens donc avec moi, que tu puisses te sécher auprès d'un bon feu."

Le Chevalier Noir alluma ainsi les fourneaux à l'aide des étincelles produites par la friction du métal de son armure. Les flammes se montrant lentes à prendre, il utilisa son souffle puissant pour les attiser, l'instrument dédié à l'opération étant trop poussiéreux pour qu'il daigne y toucher. Le feu correctement embrasé, il fit s'asseoir le forgeron en face du foyer puis lui désigna fièrement l'ensemble de la pièce.

"Qu'en penses-tu, mon brave Ntikuma ?" l'interrogea gaiement l'Américain. "N'est-ce pas un excellent endroit pour mettre à profit tes talents ? Un peu laissé à l'abandon certes, mais je t'assure que d'ici peu de temps ça va carburer à une cadence industrielle ! Bien entendu, ce sera à toi qu’échoira le rôle d'insuffler la qualité tant espérée dans les cuirasses sortant de ce laboratoire..."

Il se dirigea ensuite vers une porte au détour d'un rang d'enclumes et frappa violemment contre, sommant par ce geste ceux qui se trouvaient derrière à se manifester. Les alchimistes subalternes devaient encore être en train de paresser alors que leur nouveau patron venait juste d'arriver, ce qui était inacceptable !

"On se magne là-dedans !" vociféra-t-il soudainement. "Je vous rappelle que vous n'êtes pas payés pour vous la couler douce, alors mettez-vous au turbin et plus vite que ça ! Vous pourriez au moins avoir la politesse de vous présenter devant votre chef, tas de dégénérés !"

Une bande d'hommes encagoulés aux yeux apeurés sortirent ainsi en trombe de la salle où ils se trouvaient, sans doute plus occupés à jouer aux cartes qu'à bosser. Tous de cuir vêtus, ils s'alignèrent fébrilement devant Ntikuma et se dépêchèrent de s'incliner sous le regard assassin de Reagan. Ce dernier afficha de nouveau un visage aimable à l'adresse de son confrère et lui exposa la situation :

"Voici ceux qui te serviront d’assistants, mon brave Ntikuma. Ils n'en ont pas l'air, mais ce sont des ouvriers efficaces et compétents. Le souci, c'est qu'ils ont besoin de quelqu'un pour les diriger... et leur coller une bonne gifle si besoin."

Sur cette dernière mention, les subalternes déglutirent et restèrent au garde-à-vous, l'air craintif. L'Oiseau de Paradis en profita pour leur préciser que l'artisan était muet, non sans leur rappeler que ce n'était pas un prétexte pour l'ignorer, sous peine de subir une vigoureuse correction en cas d'indiscipline. Il déploya alors sa cape et révéla son Armure Noire, avant d'expliquer au forgeron ce qu'il attendait concrètement de lui :

"Maintenant que tout le monde est réuni, il est l'heure pour moi de vous donner un premier travail. Voyez-vous, la qualité des Armures Noires laisse à désirer, pour ne pas dire qu'elles sont en tous points médiocres. Un esthète aussi raffiné que moi ne peut décemment se contenter de si piètres morceaux de ferraille en guise de protection, aussi je souhaite que vous me fassiez une protection à la hauteur de ma magnificence ! Non mais regardez-moi ça, j'ai beau la lustrer et l'entretenir, elle est toute rayée et désespérément terne !"

Ceci étant dit, l'Américain ôta sa cuirasse et la confia à Ntikuma et à ses subordonnés. Il se positionna ensuite juste face à la recrue encapuchonnée, son slip rouge en plein dans le champ de vision du malheureux.

"Tu as compris, mon brave Ntikuma ?" lui demanda-t-il, le torse bombé et les poings sur les hanches. "Je veux une armure solide, flamboyante et sublime ! Et crois-moi, je suis très exigeant sur ces trois critères. Montre-moi donc ce que vaut ton âme d'artiste, impressionne-moi !"

Les forgerons subalternes pouvaient certes discuter de la beauté de Reagan, mais en ce qu'il s'agissait de son endurance physique, ils auront fort à faire pour concevoir une armure capable de soutenir la comparaison. Anxieux, ils se tournèrent vers leur nouveau patron et attendirent ses instructions, en espérant qu'il ne se mette pas à communiquer en langage des signes. Et dire que les troufions pensaient avoir dégoûté le Chevalier Noir du laboratoire des alchimistes il y a des lustres, c'était bien leur veine...
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19.07.17 16:41
Le contraste entre le froid et la chaleur contenu dans sa cape trempé, l'odeur du bois brûlé, le crépitement des flammes, les soins d'Andréa qui commençait à s'estomper... malgré les intonations à l'agressivité variable de Reagan, rester éveillé devenait de moins en moins tentant pour Ntikuma. Observant les autres alchimistes d'un œil lourd en se demandant comment allier son talent avec le leur, la silhouette rouge laissa son esprit vagabonder, se demanda combien de temps avait passé depuis son arrivée sur l'Île de la Reine Morte. Le temps aux Enfers avait semblé court, mais malgré ça, le nouvel arrivant de l'Ordre Noir avait été jeté dans des scénarios plus que mouvementés sans arrêt et ce, dès qu'il avait posé le pied dans le repère des mercenaires. Et en combien de temps? Un peu plus d'une journée, peut-être... sans compter ce qui lui était arrivé avant... plus il y pensait, plus l'Ashanti réalisait que sa plus récente création d'armures n'était peut-être pas la seule raison de son soudain coup de fatigue.

Ce fut un alchimiste un peu moins intimidé que les autres qui finit par sortir le nouveau chef de sa torpeur.

-Nous pouvons modifier l'apparence de l'armure, mais il n'y a rien à faire pour le matériel...

Il y eut quelques regards nerveux en direction de Reagan, comme pour jauger sa réaction, après que celui-ci ait pris la pose devant le petit être qui se dépêcha de reculer pour se relever et ainsi se retrouver dans une meilleure position, non seulement pour observer son collègue et son armure mais aussi pour se dégager de la situation embarrassante. Ses nouveaux assistants s'abstinrent de tout commentaire, à son plus grand soulagement, et attendirent plutôt son avis sur la question. C'était là une problématique qui allait bien au delà d'une simple question de beauté, ses propres créations n'étant apparemment pas bien différentes de celles des alchimistes: sans force vitale, sans vie, elles étaient bien plus fragiles que les armures appartenant aux dieux... bien sûr, ils pouvaient réparer l'armure, mais rien ne l'empêcherai de redevenir aussi rayée et terne par la suite, pour reprendre les termes utilisés par l'Oiseau du Paradis.
Devant le silence de plus en plus lourd de l'Araignée, un autre des subalternes se racla la gorge.

-Pour une armure "de bronze," ajouter quelques pièces serait déjà une grosse amélioration, mais ça va prendre du temps, surtout s'il faut réparer les pièces existantes...

La remarque fut comme un choc électrique pour Ntikuma, qui se retourna vivement vers celui ayant parlé pour tenter de lui expliquer par signes qu'il pouvait s'en occuper sans problème, d'un problème comme de l'autre. Devant l'incompréhension du groupe, la silhouette rouge se dirigea plutôt vers l'armure de Reagan, s'agenouillant en se concentrant. Elle pouvait bien voir que les plus anciens occupant du Laboratoire ne lui accordaient pas beaucoup d'estime : sa première réaction face à la demande de son collègue n'inspirait pas confiance. Il était plus que temps de prendre sa place parmi ceux qui, même si ça ne lui plaisait pas encore, étaient maintenant sous ses ordres.
Quand le conteur posa la main sur l'armure noire, une substance visqueuse ressemblant à de l'or liquide se forma sur la surface de la sombre protection, formant une étrange masse qui se mis à rouler d'elle-même sur toute l'armure. Les alchimistes plus sceptiques voulurent dire quelque chose, mais Ntikuma n'écoutait plus : toute sa concentration allait à la boule cosmique qui ne laissait de trace que sur les brisures et égratignures du métal, les recouvrant complètement d'or et révélant tous les défauts et bris qu'un œil non-averti n'aurait pas aperçus. Le processus ne prit que quelques minutes, suite auxquelles le forgeron n'eut qu'à claquer des doigts pour transformer les résidus de la masse colorée en métal noir qui se fondit parfaitement à l'oeuvre originale. L'effet fut comme celui d'une vague sur l'armure qui, sous cette première réparation, reprit un aspect neuf et parfaitement lisse, le noir du métal profond et luisant comme un miroir. Des murmures prirent la place du silence consterné entre les alchimistes.

-Comment...

Mais l'Ashanti n'avait pas terminé. Plus que de l'inspiration, c'était de la détermination pure et simple qui lui donnait la force de se mouvoir après sa démonstration jusqu'à Reagan, lui ordonnant par signes de garder la pose et de ne pas bouger. Normalement, être aussi abrupte avec quelqu'un comme l'Oiseau du Paradis lui aurait paru comme du suicide, mais l'être rouge était trop emporté pour véritablement y penser. Ce n'était pas de l'inspiration, du moins pas comme celle qu'il avait déjà vécu: il n'avait aucune idée précise, mais il voulait créer, pour leur montrer, pas parce qu'il avait quelque chose à monter mais simplement parce qu'il le pouvait. Sa fierté n'était pas assez pour lui permettre de créer de vraies merveilles, comme les armures noires forgées pour Andréa, mais pour l'instant elle lui donnait quand même accès à ses pouvoirs les plus basiques.

Un hologramme de lumière se forma autour du musculeux mercenaire, révélant une réplique presque exacte de son armure. À mesure que Ntikuma tentait de rajouter plus de précision, les formes changeaient lentement, si subtilement qu'il fallait vraiment prêter attention au phénomène pour le remarquer. Contrôlant difficilement sa respiration, l'Araignée commença à ajouter des pièces à la fausse armure et à modifier ceux existant déjà, prenant toutefois le temps de s'arrêter pour écouter les conseils des autres forgerons qui, faute d'être les plus artistiques du petit groupe, avaient des connaissances beaucoup plus techniques dans la création d'armures. Après ce qui sembla être une éternité, les artisans avaient enfin créé une esquisse à qui il ne manquait que la tangibilité pour être aussi vraie que l'original. D'un simple effort de pensée, l'Ashanti changea la couleur de l'hologramme pour un gris le plus sombre possible, censé se rapprocher de la couleur de la véritable armure, pendant que deux alchimistes allaient chercher un miroir pour que Reagan puisse admirer le travail effectué et un appareil photo pour garder une copie du tout qui n'existerait pas que dans l'imaginaire malmené du conteur africain. Après avoir pris plusieurs photos sous tous les angles possibles, ils approchèrent enfin le miroir de l'Oiseau du Paradis, observant avec inquiétude leur nouveau chef qui commençait à tituber. Mais pourtant, Ntikuma avait encore quelques tours dans son sac.
Son collègue voulait une armure flamboyante. Il savait exactement quoi lui proposer.

Un nuage se forma juste au dessus de la tête de l'Oiseau du Paradis, exactement de la même couleur que les cheveux de ce dernier. Des plumes violettes en tombèrent mollement, virevoltant autour du mannequin malgré lui pour se déposer sur sa fausse armure, y ajouter une touche de couleur avec de discrets motifs et renvoyer la lumière ambiante dans des reflets violacés.
Ses collègues se demandaient sérieusement comment il arriverait à ajouter ce détail, mais après ce qu'ils avaient vu, leur nouveau chef semblait assez confiant pour le savoir bien mieux qu'eux. Rester à trouver comment le calmer, maintenant que ses propres idées commençaient à lui faire oublier une nouvelle fois sa santé précaire.

-Euh... OK m'sieur... monseigneur... euh... chef. Je crois que ça ira. Qu'en pensez-vous, m'sieur Reagan?
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03.08.17 9:58
Ntikuma paraissait somnolant devant la verve de Reagan, ce qui laissa ce dernier songeur et légèrement vexé. Un alchimiste, comme pour saboter toute impression de compétence qu’il pouvait encore entretenir, s’empressa de souligner qu’ils ne pouvaient rien faire pour améliorer la solidité de la cuirasse. Ce commentaire fit lever un sourcil à l’Américain par mécontentement, réfléchissant à si gifler violemment cet incapable était une réponse appropriée ou non. Le forgeron, énigmatique derrière son mutisme, sembla se réveiller et prit de la distance pour évaluer l’ampleur de la tâche à accomplir. Ses subalternes lui indiquèrent qu’ils ne pouvaient en l’état que rendre l’armure plus couvrante et éventuellement la réparer, un processus qui était pour eux bien trop pénible. Navré par tant de médiocrité, l’Oiseau de Paradis avisa avec impatience la recrue dans l’espoir qu’elle relève un tant soit peu le niveau.

L’intéressé s’agita subitement dans tous les sens sous les regards interrogateurs de l’assistance, manifestement bénie d’une idée à en croire son air illuminé. Ne comprenant rien au langage des signes, Reagan observa avec une perplexité mêlée d’amusement le manège de Ntikuma, mais ce dernier s’empressa d’expliquer ses propos de façon concrète. Il invoqua à travers ses gesticulations un liquide phosphorescent dont il se servit afin de remodeler la protection et révéler les dommages et aspérités qui la constellaient. A cause de la forme en totem et de la lumière éblouissante se dégageant de la cuirasse, le Chevalier Noir ne savait pas à quoi pouvait bien ressembler le résultat qu’avait imaginé l’artisan. Il demanda ensuite vraisemblablement à son client d’adopter une pose, sans doute dans l’optique de jauger les proportions et l’esthétique de son travail. L’Américain coopéra volontiers, trop heureux de faire étalage de son physique athlétique et de se présenter comme le splendide modèle d’une œuvre d’art.

Une projection de la cuirasse se matérialisa alors sur son corps musculeux et Ntikuma continua d’en modifier l’apparence, visiblement guère satisfait de son premier jet. Les alchimistes contribuèrent aussi au labeur et installèrent un miroir face à Reagan afin qu’il puisse contempler l’ouvrage en cours de conception et donner son avis dessus, ce qu’il fit sans rechigner non sans se montrer très capricieux sur le rendu global et les détails. Les malheureux forgerons durent changer plusieurs fois leurs esquisses avant de parvenir à un résultat qui convienne enfin à leur irascible client. L’un des troufions demanda à l’Oiseau de Paradis si cela lui plaisait en des termes manquant cruellement d’élégance et de révérence, ce qui poussa l’intéressé à lui coller une paire de torgnoles.

"C’est Monseigneur Reagan, suis-je bien clair ?" siffla-t-il d’un ton corrosif. "Sachez que mes délicates oreilles ne supportent pas le langage de paysan que vous employez. Pour en revenir au sujet, oui, cette Armure Noire sied à merveille à mon auguste personne ! Je dois d’ailleurs te féliciter pour cet exploit, mon brave Ntikuma, car nul mortel n’est parvenu à effleurer mon excellence jusqu’ici."

Le renégat ponctua ses paroles en se désignant du pouce avec une insigne arrogance, puis se dépêcha d’enfiler la cuirasse flambant neuve. En ce qu’il s’agissait des membres, elle était désormais dotée de pièces métalliques autour du triceps et des cuisses. Les joues et la mâchoire étaient protégées, le col avait été subtilement rehaussé, les épaulières avaient été élargies et le diadème avait aussi eu droit à une belle refonte. Ainsi, le casque préservait mieux la tête de Reagan des agressions, en particulier son précieux visage, et l’ornement frontal évoquait la forme d’un bec gracieux en plus de souligner ses yeux hypnotiques et aiguisés. Dans son ensemble, l’Armure Noire était à la fois considérablement plus fonctionnelle, dynamique et sublime qu’auparavant. Elle étincelait aussi de mille feux et jouissait de reflets irisés sur sa surface sculptée à la perfection. L’Américain enroula finalement les plumes violacées qui décoraient le totem autour de son cou, tel un serpent dont se paraient les femmes de la haute société et du milieu de la mode.

Un sourire béat aux lèvres et le regard enjôleur, il se tourna fièrement vers Ntikuma et ses subordonnés. L’Oiseau de Paradis, pour une fois généreux dans l’expression de sa satisfaction, savait apprécier la beauté acérée de cet ouvrage.

"Alors mes braves, n’ai-je pas l’air absolument fabuleux ?" les questionna-t-il d’une voix suave, en mettant l’emphase sur le dernier mot.

Les bras déployés et tendus vers son public, Reagan attendait avec gourmandise les flatteries et l’admiration que son allure altière et majestueuse allait susciter. N’était-il pas naturel que ces gueux servent diligemment l’homme le plus beau du monde et lui vouent une profonde vénération ?
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06.08.17 15:12
-I... Incroyable... oh!

Plus fasciné par l'exploit de Ntikuma, qui avait rendu la projection de l'armure réelle et bien matérielle en quelques secondes à peine, que par le porteur lui-même, l'alchimiste le plus près du nouveau chef n'eut que le temps de se retourner quand ce dernier s'effondra comme un pantin privé de ses fils. Le sous-fifre le rattrapa de justesse, sentant avec une vague frayeur le frêle corps sous la cape pris de spasmes mélangés à sa respiration saccadée et bruyante. Et pourtant, malgré son épuisement apparent, le petit être semblait encore conscient... et tenta en vain de s'agripper au cuir de sa tenue pour se redresser.

-Non mais! Vous allez pas vous tuer à la tâche quand même!

Ça n'en vaut pas la peine, eut-il envie d'ajouter, mais le souvenir des coups portés par Reagan lui dicta de se taire. Déposant brusquement l'Ashanti au sol, l'alchimiste garda une main dans son dos pour le maintenir en position assise, son autre main se dirigeant vers sa tête avec la ferme intention de lui retirer son masque de bois pour l'aider à mieux respirer. À peine eut-il posé ses doigts sur la surface peinte que le forgeron lui attrapa le poignet à une vitesse folle, sans pour autant y mettre de force. Peut-être était-ce par manque d'énergie ou simplement parce que Ntikuma n'était pas un être violent, mais son geste était une supplication plus qu'un ordre: dans les faits, il ne pouvait rien faire pour empêcher son interlocuteur de parvenir à ses fins. Le simple fait de garder ses doigts enroulés autour de son bras était pénible.
Les deux forgerons se dévisagèrent pensant de longues secondes, l'un hésitant et l'autre au bord de l'évanouissement mais étrangement impassible. Les autres observèrent la scène avec beaucoup d'intérêt, guettant les possibles scénarios et pariant en silence si oui ou non leur nouveau chef allait se retrouver démasqué et si oui, à quoi il pouvait ressembler. Finalement, celui le mieux en point finit par s’éloigner, presque boudeur, laissant l’être masqué se balancer de façon précaire pour rester assis seul. Le petit groupe était plus qu’intrigué : Que le conteur soit fatigué après ses prouesses était une chose, mais au point de le rendre presque comateux et incapable de tenir sur ses jambes? L’énergie demandée était grande, mais assez pour…?

-J’y crois pas…

Ceux les plus sensibles au cosmos observèrent le foulard de plumes que portait Reagan, remarquant la parcelle de pouvoir que Ntikuma avait su lui insuffler. C’était déjà plus que ce que les armures noires pouvaient faire! Incertain de quoi dire devant tout ce spectacle, sachant que le nouveau chef ne demandait qu’à reprendre le travail, un autre forgeron se racla la gorge, pendant que le reste du groupe aidait l’Ashanti à se relever pour l’emmener dans une autre pièce où il pourrait mieux récupérer.

-Je crois que nous ne pouvons rien de plus pour vous, Monseigneur Reagan. M… Notre nouveau patron vous a offert un cadeau très précieux, mais il n’est pas en état de vous l’expliquer maintenant, comme vous pouvez le voir. Je ne peux que vous suggérer de revenir plus tard, quand il ira mieux. D’ici là, ce fut un plaisir de vous servir, Monseigneur…

Le ton se voulait poli, mais le dernier forgeron restant était songeur et quelque peu absent. Une vague de changement se présentait devant eux… et il était impossible d’en connaître le résultat.

[HRP: Un peu court mais je fais avec le temps que j'ai '^']
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08.08.17 16:32
Les forgerons ne savaient quels mots choisir pour congratuler leur client sur sa superbe apparence et ne purent que s'exprimer en balbutiements. Reagan était passablement déçu par la faiblesse de leurs effusions d'enthousiasme, mais il pouvait s'en accommoder. Toutefois, Ntikuma continuait de montrer des signes de fatigue et s'évanouit soudainement sous les regards de l'assistance. Fort heureusement, l'un de ses subalternes l'avait rattrapé avant qu'il ne se cogne au sol et tenta de le persuader de se reposer. Quelque peu étonné par la tournure des événements, l'Oiseau de Paradis se pencha vers la recrue et l'observa attentivement. Effectivement, le malheureux était exténué et avait besoin de faire une longue pause au risque de faire un infarctus ou une crise de nerfs. Cela était un peu tôt au goût du Chevalier Noir, mais ils n'avaient visiblement guère le choix.

"Quelle misère, le pauvre Ntikuma doit être terriblement fatigué après une si rude journée." s'apitoya-t-il. "Il doit aussi manquer de protéines et de vitamines à en juger sa frêle silhouette... Est-ce qu'il fait au moins attention à bien se nourrir ?"

Reagan avait eu le loisir de constater à quel point le petit être était maigrelet sous sa robe rouge. S'il ne prenait pas plus soin de lui à compter de ce jour, il ne risquait pas de faire long feu au milieu d'un environnement aussi hostile. Mais contre toute attente, Ntikuma se rétablit laborieusement et retourna au turbin, bien décidé à poursuivre son œuvre. Les alchimistes le supportèrent du mieux qu'ils pouvaient tandis qu'il se mettait de nouveau à manipuler son énergie cosmique dans un objectif inconnu. C'est alors que le boa de plumes se mit à briller et à s'animer sous les yeux ébahis de l'Américain.

"Qu'est-ce que- ?!" s'écria-t-il avec surprise.

Quand le flux cosmique se dissipa, il pouvait sentir que son écharpe avait été investie d'une force mystique. L'accessoire paraissait vivant, comme un véritable serpent capable de se mouvoir au gré de ses envies ! L'Oiseau de Paradis le fit danser autour de lui sous l'impulsion de sa volonté et se rendit compte qu'il était plus précisément infusé d'une aura défensive, ce qui en faisait une véritable barrière ondulatoire. L'effort fit encore s'écrouler l'artisan, dont l'endurance arrivait au bout de ce qu'elle pouvait soutenir. Néanmoins, Reagan était trop fasciné par la beauté quasiment onirique du foulard pour s'en préoccuper. Son excitation était à son comble et il ne désirait pas être dérangé alors qu'il était plongé dans une sorte de transe.

Il fut tiré de sa contemplation lorsqu'un troufion lui annonça que Ntikuma n'était plus en état de continuer. Subitement, le Chevalier Noir s'aperçut qu'il fut durant un instant admiratif de la magnificence créée par un autre. Stupéfait mais assez incrédule, il chassa cette impression saugrenue de son esprit et se focalisa sur les supplications des alchimistes. L'un deux avait un émit un propos absurde dans la foulée, chose que devait rectifier l'Américain de manière limpide afin que ce mécréant comprenne où il s'aventurait.

"Je vous prierais de ne pas vous fourvoyer ainsi, très cher..." lui expliqua-t-il courtoisement, son menton levé exprimant un profond mépris. "Sachez que c'est moi qui vous accorde l'honneur de forger une armure à destination de ma fabuleuse personne, et non l'inverse ! Maintenant conduisez le brave Ntikuma dans ses appartements, il ne serait guère magnanime de lui interdire de se reposer. Quant à moi, j'en ai terminé avec vous pour le moment."

Reagan pointa la direction de la sortie aux ouvriers puis tourna lui-même gracieusement les talons. Avant de quitter le laboratoire, il informa une dernière fois ses interlocuteurs avec un ton d'une arrogance inégalée :

"Ne vous inquiétez pas non plus pour l'écharpe de plumes, je pense avoir globalement appréhendé son fonctionnement dès le premier contact. Voyez-vous, mon génie incommensurable et la sensibilité de mon cosmos me permettent d'apprendre à un rythme supérieur à la moyenne. Sur ce, je vous laisse..."

L'Oiseau de Paradis abandonna immédiatement les lieux tel qu'il l'avait dit d'une démarche royale et dédaigneuse. Il détestait ces alchimistes bourrus, ignares et grossiers, en plus d'être bien trop bavards pour garantir leur intégrité physique face à sa colère. L'avantage avec les muets comme Ntikuma, c'était qu'il n'avait pas à l'entendre se plaindre ni raconter des billevesées à longueur de journée. Cependant, il devait surveiller cette demi-portion de très près, histoire de s'assurer que son talent artistique n'éclipse pas le sien.
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La Prince et la Queen