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PNJ Hadès

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Mer 5 Juil - 18:24
« Allez, tout le monde en hazmat ! » ordonna gaiement l'agent Connor. On aurait pu croire à son intonation qu'il était à un pique-nique et non en train de préparer une opération de neutralisation de dangereux terroristes. Le vétéran britannique comprenait pourtant mieux que personne toute l'horreur de ce qui se tramait dans l'ancienne usine soviétique qui se dressait à quelque distance de la ville où les soldats des Agences s'équipaient avant de monter dans les véhicules qui les emmèneraient aux différents points d'attaque.

Connor:
 

« La dernière fois que nous avons donné l'assaut sur l'un de ces sites du PWM ils n'ont pas hésité à noyer toute l'installation sous le VX, pour ne rien dire de leurs autres mesures de stérilisation. » rappela Vassiliev, déclenchant une réaction nerveuse chez ceux qui avaient fait leur possible pour ne pas repenser à cette partie du briefing.

« Moi aussi je serais partisan de l'autoclavage au napalm si je me livrais au même genre d'infâme cuisine... Sans vouloir vous manquer de respect, Professeur Rivera ! »

L'une des silhouettes en habit hermétique agita distraitement une main, indiquant qu'elle ne prenait pas ombrage des remarques du britannique. Les scientifiques des sections de recherches microbiologiques des différentes Agences paraissaient bien plus à l'aise dans cette tenue que les soldats qui ajustaient avec difficulté leurs combinaisons de combat modifiées. Ils se payaient même le luxe d'assister ces derniers et de vérifier l'étanchéité de leurs « armures ».

Après inspection des troupes, les scientifiques confirmèrent que toutes les protections anti-agents chimiques et biologiques (exosquelettes pour les non-éveillés, tenues hermétiques renforcées pour les détenteurs de facultés parapsychiques) étaient en place et fonctionnelles. Excellent.

« Rappelez-vous, vos combinaisons sont pressurisées donc même en cas de perforation vous ne serez pas immédiatement contaminés par l'atmosphère extérieure. Utilisez la bande adhésive spéciale pour colmater l'orifice et si c'est impossible, revenez à l'extérieur le plus vite possible mais sans paniquer, vous avez déjà reçu une injection d'immuno-boosters qui devrait vous mettre à l'abri de la plupart des menaces... ou du moins vous permettre de tenir assez longtemps pour recevoir les soins appropriés. Et attention à vos bouteilles d'oxygène. »

La légèreté dont il avait pu faire preuve s'était envolée, il était temps de passer aux choses sérieuses. Leur mission n'était pas une sinécure, il s'agissait de mettre un terme à l'existence d'un laboratoire de fabrication d'armes biologiques d'un groupe éco-terroriste, le pompeusement nommé « Perfect World Movement ». De telles activités n'auraient normalement pas été de leur ressort mais ce groupe d'intérêt-ci se distinguait par le fanatisme de ses membres qui se prenaient pour un bras armé des Dieux voulant détruire l'humanité... Dans leur quête pour faire de ce fantasme une réalité, les plus débrouillards de ces membres avaient fini par rallier de dangereux mécènes et mettre la main sur des pouvoirs face auxquels les groupes d'intervention de la police ou de l'armée étaient impuissants. Un réel casse-tête pour les organisations secrètes qui devaient maintenir tout aussi secret le fait que certains écologistes extrémistes se promenaient en commettant des attentats à l'aide de facultés anormales... heureusement que le PWM lui-même évitait d'en faire usage en public, de peur d'attirer l'attention des Saints.

Le docteur Morris était l'un de ces fanatiques ingénieux qui avait fait l'acquisition de ce site à l'écart des regards, non loin de la ville kazakhe de Stepnogorsk... sauf que l'Agence russe avait le bras plus long que lui. La couverture employée par le PWM – la vieille usine avait officiellement été rachetée par une entreprise fabriquant des engrais chimiques – venait de se retourner contre lui. Les habitants avaient été évacués avec le soutien inconscient des autorités locales sous le prétexte d'une fuite de matières toxiques, laissant le champ libre à leurs équipes, dont un contingent d'éveillés de taille appréciable.

« Morris doit être capturé vivant si possible. » récapitula Vassiliev, faisant apparaître un portrait du docteur sur les écrans intégrés aux visières de ses subordonnés. « Sept équipes attaqueront en surface, une pour chaque entrée de l'usine et trois sous terre, une pour chacun des tunnels d'évacuation que nous avons repérés. Cinq minutes plus tard, nous enverrons une seconde vague avec la même répartition pour cueillir d'éventuels hostiles qui essayeraient de prendre l'avant-garde à revers. Chaque équipe d'avant-garde se verra précédée d'une paire de golems qui serviront à déclencher les pièges sur leur passage, pensez à maintenir une distance de sécurité pour ne pas être pris dans l'explosion d'une mine à large champ d'action ou autre surprise déplaisante du même effet. Ne vous fiez pas trop au plan de l'usine sur vos écrans, il se pourrait que l'ennemi ait réaménagé les lieux. »

Connor regrettait de ne pas pouvoir prendre part à cet assaut ; il était encore bien portant pour son âge mais pas à ce point-là. Il devrait rester derrière et assurer la coordination de la mission... et pour l'instant, jouer au Père Noël en distribuant les ultimes pièces d'équipement aux agents, celles qui faisaient la fierté de son pays.

« Grenades thaumatodisruptives, abrégées en « tomates » pour des raisons évidentes. » annonça-t-il en remettant à certains un cylindre de métal peint en rouge surmonté d'une goupille. Une seule par personne hélas, leur fabrication industrielle étant impossible et leurs matériaux constitutifs trop instables pour permettre un stockage de longue durée. Dans le même temps, les utilisateurs de railgun eurent droit à une paire de balles thaumaturgiques chacun : utilité différente, principes de base – et défauts – identiques.

Une fois la distribution achevée, Vassiliev et ses gardes du corps – tous revêtus d'un exosquelette hazmat un peu particulier – prirent place aux côtés d'un occultiste anglais dans l'un des fourgons blindés en partance pour l'usine. Celui de l'entrée numéro 4, idéalement située pour envoyer des renforts aux autres groupes d'assauts et pour coordonner l'attaque directement sur le terrain. Le britannique savait que le colonel russe participerait lui-même aux combats si nécessaire. L'intéressé ne tarda d'ailleurs pas à en faire la remarque en s'adressant à la chef de l'équipe d'avant-garde affectée à cette entrée : « Je compte sur vous pour ne pas avoir à me porter à votre secours, Lynberg. »

Les portes des véhicules se refermèrent et ceux-ci démarrèrent, emportant leurs passagers vers la forteresse de métal, le laboratoire du savant fou. Connor les regarda s'éloigner puis s'assit à un écran avec les autre opérateurs. Relégué au soutien à distance, lui ! Le temps qui passe n'était décidément pas tendre...
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Dim 24 Sep - 0:16
Lyne termina d’enfiler sa combinaison et de passer en revue son équipement avant de jeter un regard bref sur les autres agents. La plupart d’entre eux semblaient parfaitement confiant et serein à l’approche du début de l’opération. La Juge infiltrée se doutait bien que cette mission n’était pas leur premier essai contrairement à elle, mais contrairement à eux elle avait une certaine expertise dans les arts cosmique et accessoirement une sorte d’immunité à la mort donc elle aussi abordait la mission avec une certaine confiance.

L’objectif de la mission paraissait assez facile pour des forces d’élites : Pénétrer les lieux, trouver la cible puis l’extraire ou l’éliminer si la première variante était impossible. Mais ça devenait beaucoup plus compliqué lorsque le groupe ennemi détenait des armes biologiques et potentiellement des éveillés. Et bien sûr l’Agence ne prenait pas la menace à la légère en envoyant un certain nombre d’éveillés parmi l’équipe d’assaut et du matériel non-conventionnel comme ces fameuses tomates.

Lorsque Vassiliev lui adressa une pique, Lyne le dévisagea un certain temps, heureusement pour lui elle ne pouvait pas lui faire une démonstration de ses véritables talents. Finalement elle haussa les épaules et se dirigea vers le fourgon blindé de l’avant-garde. Sur le trajet, Lyne se demandait si elle allait être une bonne meneuse d’homme une fois l’assaut commencé. Un de ses hommes lui lança une pique quelque temps après.

« - Essayez de ne pas nous faire tuer, Lynberg. »


Certains membres de l’avant-garde lâchèrent un petit rire, même le Garuda.

« - Restez concentrés, ou votre voyage de retour aura l’Au-delà en guise de destination »

Au moins, ces hommes suivraient ses ordres tant qu’ils n’étaient pas en danger. Après tout ils souhaitaient tous revenir chez eux avec leur vie afin de profiter des belles récompenses promises par l’Agence. Après tout une très grosse prime de risque était le minimum lorsque le domaine d’action du groupe était la neutralisation de phénomènes paranormaux.

Le fourgon blindé s’arrêta à l’endroit prévu. Sans perdre un seul instant les mercenaires sortirent du véhicule et Lyne ordonna le début de l’attaque sur la section de l’usine plutôt imposante qui leur avait été assigné.


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PNJ Hadès

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Dim 24 Sep - 13:20
L'entrée numéro 4 était un tunnel d'évacuation menant aux souterrains de l'usine, fermé par un grand portail de sécurité métallique. Le PWM n'y avait pas posté de gardes armés – sans doute pour éviter de mettre la puce à l'oreille des curieux – mais une caméra surveillait tout de même l'endroit. Qu'importe, les Agences ne s'attendaient pas à pouvoir infiltrer les lieux sans être repérées par leurs défenseurs : sitôt débarqués, les soldats détruisirent l'appareil d'une rafale bien placée puis envoyèrent un petit robot démineur pour – ironie suprême – poser des charges explosives sur le portail tandis que les brouilleurs radio de leurs fourgons faisaient leur office. Une alarme retentit, sonnant le branle-bas de combat pour leurs ennemis.

Pendant que sirène et détonations rivalisaient de volume et que les grands battants tombaient de leurs gonds, le magicien britannique accompagnant le groupe d'assaut plantait une paire de talismans couverts de symboles ésotériques dans la terre meuble tout en récitant une courte incantation. La glaise tressaillit puis s'anima, modelant deux formes humanoïdes qui s'extirpèrent maladroitement du sol en laissant une fosse derrière elles. Pour éviter que les créatures n'obstruent la vue des soldats qui progresseraient dans leur sillage, chacune d'elles se vit implanter plusieurs capteurs électroniques qui transmettraient les images au reste de l'escadron ainsi qu'une source de chaleur qui leur servirait à activer d'éventuels pièges reliés à un détecteur infrarouge.

La préparation avait duré à peine plus d'une minute. Au signal de l'éveillée, les golems s'engagèrent dans le souterrain, ouvrant la voie. Aux six entrées restantes de l'usine, les autres commandos en firent de même.

Le passage était plongé dans l'obscurité totale et l'eau s'accumulait dans les creux d'un sol en béton inégal. Les écouteurs des soldats crépitaient lorsque l'une des autres équipes délivrait un rapport de sa progression initiale : pour le moment, pas de résistance... Jusqu'à ce qu'un haut-parleur se mette à cracher une voix déformée :

« Intrus, halte ! Arrêtez-vous tout de suite et déposez vos armes ou nous ouvrirons le feu, il n'y aura pas de deuxième sommation ! »

L'ordre fut bien évidemment ignoré ; les golems avancèrent et furent accueillis par des tirs de mitrailleuse. Les balles s'enfoncèrent profondément dans leurs corps massifs, projetant des éclaboussures de boue sur les murs mais échouant à les transpercer complètement. Étrangement, les capteurs thermiques n'avaient pas repéré la moindre présence humaine tapie dans les ténèbres... et pourtant, il y avait bien des bruits de pas s'éloignant d'eux, comme battant en retraite.
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Dim 24 Sep - 20:00
Le groupe d’intervention explorait le tunnel d’évacuation avec un rythme assez soutenu. Tous étaient prêts à faire feu lorsque l’occasion se présenterait et ce n’était pas la sommation ennemie cliché à souhait qui allait les empêcher de mener à bien leur mission.

Très vite des coups de feu retentirent dans le passage à peine éclairé par les lampes tactiques du commando. Lyne informa quasi-immédiatement l’équipe qui supervisait les opérations de la situation actuelle du détachement de soldats, puis se dépêcha de communiquer des ordres à son équipe.

« - Faîtes attention à une quelconque mine non déclenchée par les golems. On ne sait pas ce que ces dégénérés nous réservent. »

Pour l’instant, ils ne voyaient rien pourtant ils entendaient des bruits de pas distants. Et pour cette simple raison, Lyne n’était pas tranquille, elle redoutait un guet-apens ou une autre joyeuseté de ce genre au bout du tunnel. Sans oublier l’éventualité où les membres du PWM décidaient de relâcher leur arsenal biochimique sur les troupes de l’Agence.

« - De-même on ne sait pas grand-chose sur les lieux, on peut subir une embuscade n’importe quand. Nous n’avons pas encore le soutien de l’arrière-garde, donc faîtes attention à vos arrières.»

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PNJ Hadès

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Mar 26 Sep - 21:10
Les ennemis invisibles s’étaient repliés devant l’absence de succès de leur offensive initiale, ce qui ne voulait pas dire que les agents étaient tirés d’affaire. Quelle que soit la distance parcourue, ils ne rencontraient toujours aucune source de lumière en dehors de celles qu’ils avaient emportées avec eux. La longue galerie était légèrement inclinée, les entraînant de plus en plus profondément sous terre. Au bout d’environ deux cent mètres, les murs de béton armé dénudés commencèrent à s’orner de pans métalliques et de tuyauterie rouillée laissant s'échapper des filets de liquide gluant : ils approchaient des boyaux de l’usine proprement dite.

Les plans à leur disposition indiquaient que cette partie en sous-sol du complexe était proprement labyrinthique, faite d’un fouillis de couloirs tortueux pouvant aussi bien les emmener de l’autre côté de l’édifice que les coincer dans un cul-de-sac. Les hommes étaient de plus en plus tendus à mesure qu’ils avançaient rapidement mais prudemment et jusqu’ici sans buter sur un seul piège : les occupants des lieux avaient réagi du tac au tac à l’incursion puis plus rien, c’était louche… Les éveillés les plus sensibles pouvaient ressentir la distincte impression d’être observés, pourtant leur équipement persistait à ne rien détecter au-delà de leur propre groupe. Pas de signatures infrarouges, de champs électromagnétiques ni de bruits de conversations, respirations ou même battements de cœur qui puissent être relevés par les amplificateurs sonores.

« Je pense à un truc... » hasarda l’un des soldats placé juste derrière les golems, muni de bombes d'aérosol serpentin qu'il répandait un peu partout afin de repérer d'éventuels fils déclencheurs que les créatures de glaise n'auraient pas touchés lors de leurs grandes enjambées.

« Ah bon, tu sais faire ça toi ? » répliqua un collègue dans une tentative malhabile de détendre l’atmosphère.

« La ferme. Bref… on devrait pas avoir rencontré quelque chose de vivant depuis le temps ? Chauve-souris, rats, insectes ? Pourquoi y’a rien ? »

C’était une bonne question, le portail d’entrée étant loin d’être hermétique ce tunnel mal entretenu, sombre et humide à souhait aurait dû être colonisé par une abondance de vermines. Cachés dans les ténèbres ou pas, même les plus petits mammifères auraient été dévoilés par leurs appareils de vision nocturne et les arthropodes auraient dû soit se presser autour de leurs lampes, soit signaler leur présence par le biais de toiles d’araignées… Mais là encore, rien.

Comme pour rompre délibérément ce calme angoissant, le plaisantin redevint sérieux et récapitula ce qui devrait les attendre au bout du passage : « Normalement il y a un embranchement devant, le tunnel se divise en trois. À droite ça s'enfonce toujours plus bas vers les unités de stockage souterraines et les cuves de produits chimiques, tout droit ça monte vers un entrepôt et à gauche, un garage pour les véhicules de service... Enfin, c'était comme ça à l'époque des anciens propriétaires. »

Leur approche était ici compliquée par le manque d'informations : ignorant où se trouvait précisément le centre névralgique de cet endroit, les commandants de l'opération avaient par nécessité accordé un certain degré de latitude aux chefs d'équipes. Quelle serait la décision de Lyne ?
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Jeu 28 Sep - 23:12
Plus ils s’enfoncèrent dans les entrailles de l’usine, plus les membres du commando devenaient nerveux. Les lieux en eux-mêmes étaient répugnants, à ça s’ajoutait une menace fantôme : Des ennemis bien présents mais astucieusement cachés. Lyne était presque certaine qu’ils se camouflaient à l’aide de facultés cosmiques. Certains soldats lui rapportaient ce malaise constant qu’ils ressentaient et plus particulièrement cette impression d’être constamment observés. Ses sens étaient en alerte, mais elle ne pouvait rien faire de plus contre cette situation à part attendre que les ennemis se révèlent d’eux-mêmes. On lui avait formellement interdit d’utiliser l’intégralité de ses facultés cosmiques. En l’état la seule faculté cosmique dont elle pouvait se vanter étaient des capacités physiques surhumaines, bien que misérables comparés à ses véritables prouesses.

Une fois arrivés à l’embranchement, Lyne donnait l’ordre aux autres soldats de s’arrêter et commençait à analyser la situation ainsi que les différentes options qui se présentaient à elle. La décision était difficile à prendre à cause du manque d’informations et des conditions actuelles de la mission.

« - Nous prendrons le tunnel de gauche. Si le garage est toujours opérationnel, nous neutraliserons les véhicules afin de réduire les possibilités de fuite de l’ennemi. Un des deux golems fermera la marche derrière nous »


Suivant l’injonction de l’éveillée, l’équipe d’assaut s’enfonçait dans le passage indiqué. Les soldats à l’arrière du groupe étaient particulièrement anxieux et jetaient souvent un œil par-dessus leurs épaules. La meneuse du groupe tentait de ne pas laisser transparaître son anxiété, elle redoutait que les fameux gardes invisibles se décident à redevenir visible pour mener une embuscade, de plus elle espérait que sa décision – qui relevait plus du coup de poker – soit fructueuse pour la suite.
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PNJ Hadès

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Dim 1 Oct - 16:36
Le garage donc. Les machines s'y trouvant étaient supposément utilitaires, servant à transporter de lourdes charges au sein de l'usine et non à conduire à l'extérieur du complexe... Lyne faisait néanmoins preuve d'une prudence bienvenue, les maîtres des lieux pouvaient très bien avoir réaffecté cet espace pour un autre genre de véhicules. Le périmètre de l'usine était bien sûr encerclé précisément pour éviter que le scénario décrit par l'éveillée ne se réalise – une précaution indispensable qui drainait sévèrement les effectifs disponibles des Agences – mais en effet, mieux valait réduire les risques.

Arrivés à l'intersection, le commando put constater que les lourds panneaux de métal coulissants à l'entrée de chaque couloir étaient ouverts en grand. Les soldats accueillirent cet état de fait avec circonspection : ils avaient déjà fait un sort au portail du tunnel, l'ennemi avait sans doute compris qu'ils transportaient suffisamment d'outils, d'explosifs et de thermite pour franchir n'importe quel rempart non-protégé par un blindage de classe militaire... Cela dit, les défenses auraient tout aussi bien pu être laissées en place ne serait-ce que pour les ralentir et les forcer à gaspiller leur matériel. Il n'y avait pas trente-six explications à ce comportement : le PWM devait avoir une confiance absolue en ses autres mesures de sécurité.

Une fois que leur meneuse eut arrêté son choix ses subalternes se mirent au travail, éclairant chaque passage de leurs lampes et recherchant des signes de l'ennemi à l'aide de leurs instruments – sans succès, même les quelques empreintes de pas relevées sur le sol n'ayant rien révélé en dehors du fait que chaque chemin avait été utilisé récemment –, puis plaçant des pièges à la sortie des deux corridors que leur groupe n'emprunterait pas. Un simple dispositif improvisé comportant une grenade et un câble déclencheur qui, s'il échouait à éliminer des défenseurs venus les prendre à revers, permettrait au minimum de les avertir de la manœuvre.

« Fini de mon côté. » déclara le poseur de bombes, bientôt suivi du « Moi aussi. » du soldat qui venait d'achever de terminer d'inscrire les jalons invisibles de leur progression – une collection de signes codés qui ne se dévoileraient que sous lumière ultraviolette, à l'attention de la deuxième ligne – et enfin d'un « RAS, on peut y aller. » suspicieux du dernier homme scrutant l'intérieur du garage tout en restant caché derrière l'angle du mur grâce à son endoscope.

Suivant les instructions de Lyne, l'équipe entra dans le garage en file indienne avec un golem à chaque extrémité, l'arme au poing et balayant l'obscurité du faisceau de leurs lampes. Malgré cette absence quasi-totale de visibilité, ils remarquèrent qu'aucun véhicule ne se trouvait de leur côté du spacieux parking : ils étaient tous regroupés contre le mur du fond, à l'opposé de leur position...

Une sensation étrange s'imposa au Sixième Sens des présents un instant avant qu'un grand bruit ne retentisse et qu'une faible lueur bleutée n'apparaisse dans leur dos : le panneau de métal venait de retomber comme une guillotine, verrouillant l'issue qu'ils venaient d'emprunter. Un cercle lumineux orné de formes géométriques et de caractères indéchiffrables était apparu à sa surface mais ils n'avaient pas le temps d'examiner le symbole : une succession de flashs en provenance d'entre les machines massées à l'autre bout du hangar souterrain et des passerelles surplombant la scène fut leur seul avertissement avant qu'une pluie de balles ne s'abatte sur eux, le bruit des coups de feu n'arrivant à leurs oreilles qu'une fraction de seconde plus tard.

Il n'y avait eu aucun signe avant-coureur, toujours pas de son ni de signatures infrarouges. Une voix s'éleva dans leurs écouteurs, beuglant une mise en garde : « GRENADES ! »
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PNJ Hadès

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Jeu 26 Oct - 23:35
Littéralement dos au mur, les agents n'avaient aucune échappatoire ni même de quoi se mettre à couvert en-dehors des colosses de glaise. Ils élevèrent néanmoins leur cosmos, s'éloignant le plus vite possible de la porte vers laquelle convergeaient les tirs ennemis tout en plaçant les golems entre eux et l'explosion de la grenade. Tous comprenaient instinctivement qu'ils devaient rester en mouvement, ne pas laisser le temps à leurs adversaires de viser... ce qui ne les aiderait hélas pas éternellement si ces derniers se mettaient à mitrailler au hasard sans même tenter de suivre leurs déplacements.

L'onde de choc les frappa violemment même si la plus grande partie de sa force et l'intégralité des shrapnels était absorbée par le corps massif des humanoïdes. Ils grimacèrent sous l'impact, vacillèrent sur leurs jambes mais leurs combinaisons tinrent bon et ils contre-attaquèrent en faisant appel aux réflexes issus de leur entraînement ; deux grenades incendiaires furent lancées vers les points d'origine des coups de feu. La première atteint sans problème sa cible sur les passerelles, répandant une pluie ardente sur un trio de silhouettes tandis que le restant de la substance retombait en contrebas, continuant de brûler à même le béton. La deuxième eut moins de succès, entrant en collision en plein vol avec le toit d'un des véhicules au milieu desquels l'ennemi s'était caché, éclatant trop tôt et trop loin.

Ils avaient cependant rempli leur objectif : ils pouvaient maintenant compter sur une source de lumière autre que leurs lampes... Mais cette bonne nouvelle ne dura pas longtemps.

« Lynberg est touchée ! »

L'annonce glaça le sang des combattants : dans un environnement aussi hostile, la rupture d'intégrité de leur tenue signifiait une contamination quasi-certaine par les innommables poisons et pathogènes concoctés par le bon docteur Morris. Mais l'éveillée aurait de la chance si elle vivait assez longtemps pour avoir à s'en préoccuper : le terme « touchée » était un heureux euphémisme. L'ennemi avait vicieusement concentré ses tirs sur la chef de leur groupe – comment étaient-ils parvenus à l'identifier ? – depuis plusieurs angles différents ; blessée par les armes automatiques, elle n'avait pas pu prendre ses distances assez vite et avait encaissé l'explosion de plein fouet.

Ils n'avaient pas le temps de l'aider, les balles des défenseurs continuaient de fuser autour d'eux... et ceux que la charge incendiaire avait recouvert d'un manteau de feu n'avaient pas bougé de leur position, ne ralentissaient pas la cadence, ne montraient aucun signe de douleur ou de panique. Même quand les agents les gratifièrent d'une rafale – et ils étaient sûrs d'avoir vu les projectiles frapper leurs cibles –, il n'y eut aucune réaction. Comment... ?

Une quatrième grenade décrivit un arc avant d'exploser au niveau des passerelles, faisant s'effondrer la section sur laquelle se tenaient ces soldats si persistants. Enfin un peu de répit et par la même occasion l'ouverture qu'ils attendaient !

« Charge ! » ordonna un agent. L'un des golems s'exécuta, s'élançant puis s'écrasant brutalement contre les véhicules avec toute la subtilité d'un rhinocéros furieux. Deux éveillés montèrent à l'assaut à sa suite, profitant de la seconde de désorganisation que la chute de plusieurs chariots élévateurs et l'obstruction de la ligne de mire ennemie avaient provoquée pour arriver au contact. Les autres restèrent à l'arrière sous la protection du second colosse pour occuper les derniers tireurs dispersés sur les passerelles. Un railgun rugit et le thorax d'un opposant fut pulvérisé dans un déluge sanglant ; la décharge d'un Gymnot transperça les ténèbres, jetant au sol un combattant pris de convulsion ; un autre fut décapité d'un coup d'épée de résonance...

Et pourtant, cette fois, l'ennemi n'esquissa pas le moindre mouvement pour battre en retraite, ne semblait pas le moins du monde perturbé par ses propres pertes. Jusque-là, le coup de boutoir initial était la seule chose à les avoir déstabilisés. Le sergent qui avait pris le commandement après la chute de Lyne eut soudain une illumination et délivra ses instructions : « Takahashi, Reyes, restez pas là ! »

Ils obéirent immédiatement, sans poser de question, faisant usage de toute leur célérité pour mettre les voiles le plus loin possible ; la déflagration qui ravagea le centre du hangar un instant plus tard lui donna raison. L'épicentre se trouvait à l'endroit précis où était tombé le soldat étêté.

MJ a écrit:
HRP : Lyne se retire de l'event du fait de ses problèmes informatiques.
Son personnage mourra donc ici et réapparaîtra en Enfer. Je terminerai ce rp en mode PNJ.
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PNJ Hadès

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Mar 31 Oct - 15:21
Le PWM opposait une résistance acharnée aux Agences : les boucliers ambulants qu'étaient les golems s'étaient révélés d'un grand secours face aux pièges et chaque groupe d'assaut était aux prises avec un escadron de soldats, même ceux constituant la deuxième vague. Comme prévu, les défenseurs utilisaient l'avantage de l'architecture labyrinthique de leur forteresse pour prendre les attaquants à revers. Même en ayant anticipé la manœuvre, ils subissaient des pertes.

Il était encore trop tôt pour déclarer l'échec de l'opération toutefois Connor n'hésiterait pas à ordonner une retraite si nécessaire. La mission était d'une importance capitale mais il n'était pas indispensable que la destruction du laboratoire soit prise en charge par les troupes au sol, les Agences avaient une assurance en cas de complications. Un bombardier Tupolev attendait sur la piste d'un aérodrome secret à quelques minutes de vol de Stepnogorsk, paré à larguer sa cargaison – une paire de bombes АВБПМ, ou « Father of All Bombs » comme les surnommaient les américains – sur l'usine, incinérant tout dans un rayon de plusieurs centaines de mètres. Les russes ne faisaient décidément pas dans la demie-mesure, cela dit ce genre de précautions relevait du bon sens le plus élémentaire quand on avait affaire à des fanatiques aussi dangereux.

Mais pour l'instant il n'était pas utile d'en arriver là. En recoupant les rapports reçus – parlant de soldats indétectables aux infrarouges, insensibles à la peur ou à la douleur, qui continuaient de se battre même avec un membre en moins et ne portaient pas d'équipement NBC dans cette atmosphère corrompue –, le vétéran britannique avait percé le mystère de leurs ennemis. Rétrospectivement, tout cela semblait si évident...

« Votre attention je vous prie ! » déclama-t-il dans son micro. « Vos adversaires sont des cadavres animés, je répète, ils sont déjà morts ! Ne faites pas de prisonniers avant d'accéder au laboratoire, soyez méthodiques en les détruisant : ils continueront à combattre tant qu'ils auront des bras pour manier leurs armes. Ne gaspillez pas vos tomates, ils sont trop nombreux ! »

Le superviseur des occultistes à ses côtés acquiesça à son dernier commentaire : vu la profusion de dispositifs mystiques présents dans cette usine, mieux valait réserver les grenades thaumatodisruptives aux problèmes qui ne pouvaient être résolus par des moyens plus classiques. D'ailleurs, ces morts-vivants et autres joyeusetés ésotériques n'étaient-ils pas un peu trop nombreux – les poupées de chair à elles seules pouvaient se targuer d'un effectif à trois chiffres – comparés à leurs capacités individuelles ? Lorsqu'il en fit la remarque à son voisin, celui-ci approuva.

« Très juste, ils ne devraient avoir aucun mal à nous exterminer si leurs occultistes sont assez puissants pour créer autant de pions. À mon avis ils ne sont pas si dangereux en eux-mêmes mais ils s'appuient sur plusieurs béquilles pour compenser. »

L'homme lista ensuite plusieurs possibilités, des caches-misère que le groupe terroriste avait pu employer pour accumuler les sorts mineurs en lieu et place de sorts plus puissants, inaccessibles avec les talents limités de ses magiciens. Il n'était pas difficile de deviner comment ils avaient procédé dans la mesure où les Agences avaient recours aux mêmes stratagèmes pour contourner leurs propres insuffisances...

« Les zombies obéissent probablement à une poignée d'instructions simples, celui qui les manipule ne peut pas les contrôler avec précision. » transmit Connor. « Ils ne peuvent sans doute pas quitter l'usine, le complexe doit être à l'intérieur d'un cercle géant qui... »

***

L'équipe Lynberg – il faudrait sans doute changer le nom maintenant que le décès brutal de leur chef était confirmé – était sortie victorieuse de l'affrontement. Une fois qu'ils avaient compris que l'ennemi avait tendance à dégoupiller les grenades passées à sa ceinture quand il recevait des dommages qui menaçaient de le laisser hors-combat – comme la perte d'un bras ou d'une jambe, leurs organes vitaux ne méritant plus ce qualificatif –, ils avaient mis au point une tactique pour éviter une répétition du petit numéro de kamikaze du pantin décapité.

Ils avaient commencé par faire tomber les derniers tireurs postés sur les passerelles, la chute puis l'enfouissement sous les débris suivant l'explosion suffisant à les neutraliser pour quelques minutes. Ils avaient ensuite envoyé un golem écrabouiller un trio de combattants avant de faire usage de leurs Gymnots pour foudroyer les opposants restants et aussitôt se précipiter pour les mettre en pièces à coups de Chunjun.

« Connor a raison, y'a bien un sceau ici. » dit Takahashi en pointant le motif marqué au fer rouge dans la chair d'un mort-vivant démembré, un point d'ancrage pour la sorcellerie de son taré de créateur. Le sergent grogna pour signaler qu'il avait bien reçu le message sans pour autant cesser de surveiller la sortie du garage en tandem avec Reyes. Pendant ce temps, le dernier membre du groupe faisait le tour des corps mutilés – mais toujours gigotants – pour s'assurer qu'ils étaient bien hors d'état de nuire et collecter les pièces d'équipement utiles : chargeurs d'armes à feu, grenades pour remplacer leur stock bien entamé... Ils avaient pareillement délesté la dépouille de Lyne de son matériel intact.

« Ah... y'a plusieurs sceaux par macchabée. » fit le légiste improvisé en poursuivant son examen, rapportant ses observations autant à ses camarades qu'au poste de commandement. « Et je ne sais pas ce qui les a tués la première fois mais ça a laissé des traces. »

« Les expériences du bon docteur Morris je suppose, cela expliquerait les vastes disparités d'âges et de sexes entre les cadavres que relèvent les autres équipes. » fit la voix du vétéran dans leurs communicateurs. « Quant aux sceaux, il ne doit y en avoir qu'un actif à la fois et si celui-ci est détruit, un autre prend le relais. »

Le sergent eut une grimace de dégoût. Ces salopards recyclaient leurs cobayes pour en faire des soldats ? Quoique, il ne fallait pas s'attendre à mieux de la part de types qui avaient décidé de prendre en main l'éradication du genre humain dans son ensemble. Génocidaires ou pas, ils n'étaient cependant pas idiots, comme le démontrait cette histoire de sceaux multiples : la résistance d'un mort-vivant était son point fort et cette mesure diminuait les risques qu'une attaque chanceuse annule cet avantage. Simple, pragmatique, efficace et comme Reyes le faisait remarquer non sans sarcasme, « Très écologique ». Le fait que certains de leurs propres camarades – et notamment les russes – partagent en quelque sorte le point de vue ennemi sur la nécessité de ne pas gaspiller les ressources humaines – au sens le plus littéral du terme – ne rendait la chose que plus inconfortable.

En parlant des russes, les voilà qui faisaient leur entrée : quatre gerbes d'étincelles fusèrent sur le panneau de métal condamnant l'entrée du hangar, le cercle magique disparut et avec lui le sort de fermeture. La tôle ensorcelée avait résisté à toute tentative de dégradation d'un côté comme de l'autre jusqu'à ce qu'ils disposent huit charges de thermite synchronisées de part et d'autre du battant, surpassant enfin la résistance de la barrière. Les golems du second groupe d'assaut commandé par Vassiliev soulevèrent le panneau, livrant passage aux soldats.

« Excellent travail. » fit le colonel en entrant dans la pièce, le fusil d'assaut à la main – leurs renforts avaient eu droit à leur lot de mauvaises rencontres sur le chemin – avant d'envoyer deux de ses hommes relever les factionnaires surveillant le couloir de sortie. Il ne fit aucune remarque sur le sort de Lyne, désobligeante ou apitoyée. « Je reprend le commandement, sergent. »

« Oui mon colonel. » opina l'intéressé avec soulagement. Ce n'était pas parce qu'il était préparé à l'assumer en cas de besoin qu'il accueillait cette responsabilité supplémentaire avec une joie débordante...
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PNJ Hadès

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Mar 7 Nov - 23:37
Méticuleux, Vassiliev avait ordonné à ses hommes de procéder à une démolition contrôlée des passages que les agents n'emprunteraient pas avant de rejoindre l'avant-garde dans le garage. N'ayant plus à craindre d'être canardé dans le dos – sbires morts-vivants ou pas, l'ennemi ne déblayerait pas ces tonnes de débris de sitôt –, le double groupe d'assaut reprit son avancée. Le partage d'informations avec les autres équipes révélait ici toute sa valeur : chacune d'elles cartographiait les lieux au fil de ses explorations, les pièces du puzzle s'emboîtant pour former un plan de plus en plus complet. Les renseignements sur les différents types de pièges et obstacles rencontrés étaient également mutualisés : l'ex-unité Lynberg contribuait à l'effort général en prévenant du danger représenté par les attaques-suicides des zombies, recevant en retour des avertissements sur la présence de mitrailleuses contrôlées par ordinateur, de mines à large champ de dispersion de shrapnels et autres tours pendables de magiciens. Les occultistes progressaient d'ailleurs sur ce dernier point et pourraient bientôt déterminer l'emplacement des artefacts utilisés pour maintenir l'immense cercle servant de fondation aux enchantements du PWM.

Il serait dommage d'échouer alors que les choses prenaient une tournure si prometteuse. Heureusement les agents s'adaptaient vite : ils privilégiaient maintenant les balles à tête creuse et les balles explosives pour leur puissance d'arrêt et la taille des blessures occasionnées. Même insensibles aux hémorragies, leurs adversaires avaient beaucoup plus de mal à faire usage de leurs armes une fois leurs membres réduits en charpie ; leur système nerveux n'était peut-être plus là qu'à titre décoratif mais ils avaient toujours besoin de leurs os et de leurs muscles.

« Sixième vague neutralisée. » rapporta le colonel en brisant les bras d'un zombie à l'aide de la force surhumaine conférée par son exosquelette et en transformant son visage en une pulpe sanglante sous son talon. N'ayant aucun moyen d'éliminer définitivement ces aberrations – ils n'allaient pas gaspiller leurs charges incendiaires pour disposer d'elles, pas plus qu'ils ne perdraient leur temps à les déshabiller toutes pour détruire chacun des sceaux placés aléatoirement sur leurs corps –, ses subordonnés procédaient aux mêmes mutilations dans un bruit écœurant de chairs écrasées et d'os fracassés. « Celui-ci est couvert d'une sorte d'exanthème purulent et ce qui l'a tué a d'abord détruit ses yeux. »

Les scientifiques avaient insisté pour que les combattants examinent sommairement les cadavres ambulants en même temps qu'ils travaillaient à les dépouiller de cette épithète. Le relevé n'était pas des plus rigoureux, ce qui ne les avait pas empêchés de cataloguer les marques d'une bonne dizaine de maladies différentes, un chiffre qui augmenterait inévitablement à la lumière d'une véritable autopsie. Le savant fou dont ils admiraient l’œuvre n'aimait clairement pas mettre tous ses œufs dans le même panier.

« Charmant... et inédit, merci Dimitri. » répondit Connor sur le ton de quelqu'un qui réfléchissait très sérieusement à la manière de maintenir le responsable de ces atrocités en vie suffisamment longtemps pour lui faire goûter à l'intégralité de ce qu'avaient subi ses cobayes.

« Tout le plaisir est pour moi. Assurez-vous simplement que personne ne mette un pied en-dehors de cette usine avant d'avoir été entièrement décontaminé. »

Les agents se remirent en mouvement moins d'une minute plus tard. Ils ne devaient plus être très loin, il ne restait pas trente-six endroits pouvant abriter le laboratoire des éco-terroristes dans ce damné complexe.

Ils n'eurent pas à marcher bien longtemps : cinquante mètres, deux tournants et quatre pièges plus loin – trois bombes aux fils déclencheurs repérés grâce à l'usage systématique de l'aérosol serpentin et un maléfice qui projeta un golem au plafond avec assez de force pour rompre la colonne vertébrale de n'importe qui – se dressait une porte blindée protégée par un digicode. Parvenant avec difficulté à raccorder leur matériel au boîtier électronique du fait de la perte de dextérité provoquée par le port des combinaisons, les soldats ne furent pas surpris lorsque leur tentative de hacking se solda par un échec. Le verrouillage des issues avait dû être effectué depuis le poste de sécurité central et aucun tripatouillage des systèmes de sécurité périphériques n'y changerait quoi que ce soit ; c'était bien pour ça qu'ils avaient pensé à emporter des explosifs et de la thermite. L'apparition soudaine d'un nouveau cercle magique de fermeture avait cependant de quoi étonner : la dernière fois, le sort ne s'était activé qu'après le passage des intrus afin de les enfermer avec les défenseurs. Celui-ci par contre était là pour les empêcher d'entrer, purement et simplement.

« Nous approchons du but, messieurs. » déclara le russe. « Je crois que nous avons suffisamment économisé nos tomates. »

L'explosion monochrome fut presque invisible dans l'obscurité mais son effet ne passa pas inaperçu : le motif ésotérique s'effaça instantanément dans un bruit à mi-chemin entre le fracas du verre brisé et le raclement d'ongle sur un tableau noir. Quelques secondes plus tard, sa lumière fut remplacée par celle de la réaction aluminothermique qui attaqua l'acier de la porte ; les porteurs de Chunjun passèrent leurs lames par les trous ainsi ménagés et terminèrent le travail. Un colosse de glaise enfonça le battant, l'arrachant de ses gonds, suivi d'un assortiment de grenades aveuglantes, fumigènes et assourdissantes. Leur explosion fut accueillie par des cris de peur et de douleur, la plus douce des musiques aux oreilles de l'ancien agent du KGB après tous ces combats contre des charognes animées.

L'ancienne équipe Lynberg fit son entrée la première, amorçant un concert de coups de feu en constatant qu'ils n'avaient pas affaire à des scientifiques mais à des gardes bien vivants cette fois. Vassiliev et ses hommes ne tardèrent pas à suivre pour leur prêter main-forte.

Lorsqu'un calme relatif reprit ses droits, ils virent qu'ils venaient de se rendre maîtres d'un second hangar, bien éclairé celui-là. La plus grande partie de l'espace était occupée par des cellules aux parois faites de verre anti-explosions doublé de barreaux en métal. Et dans ces prisons transparentes...
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PNJ Hadès

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Ven 10 Nov - 0:20
Des enfants. Une centaine au bas mot. Certains terrifiés par la violence qui venait de se dérouler sous leurs yeux, se réfugiant dans les bras de leurs compagnons de cellule ou battant en retraite vers un recoin de leur cage pour ceux qui étaient seuls. D'autres au contraire accueillaient le décès de leurs geôliers avec un espoir mâtiné de crainte. Le dernier groupe ne réagissait pas du tout et pour une partie d'entre eux, la cause était évidente : brisés par les affres de la maladie, leur esprit était déjà mort.

« Sainte Marie Mère de... »

Le russe ne releva pas l'interjection : elle ne faisait que prouver que ses subordonnés étaient encore attachés à un semblant de moralité. Ils avaient été prévenus qu'ils risquaient de croiser les malheureux sur lesquels ce Mengele moderne se faisait la main en préparation de ses projets meurtriers mais ils avaient sous-estimé la profondeur de la folie du PWM. Lui par contre avait toujours su très exactement à quoi s'attendre en pénétrant en ces lieux.

« Des gosses... pourquoi des gosses ? » interrogea un mercenaire, fixant la silhouette inerte occupant l'une des enceintes, une petite fille qui ne devait pas avoir plus de dix ans et semblait s'être vidée de son sang par tous les pores de sa peau. À voir les symptômes des autres pensionnaires, elle ne serait pas la dernière à s'éteindre ainsi – ou à subir un autre sort tout aussi horrible.

« Pas par sadisme gratuit, je peux vous l'assurer. Il y a sûrement d'autres locaux semblables remplis d'adultes ailleurs dans ce bâtiment. Contentez-vous de cette réponse, vous n'aimeriez pas la version longue. » avertit le colonel en faisant signe à ses hommes de se répartir en une équipe dévolue à la surveillance des entrées et sorties du hangar et une autre pour fouiller les cadavres des gardes, se penchant lui-même sur l'un d'eux. Peut-être détenaient-ils...

Il pivota vivement et saisit la main qui s'apprêtait à se poser sur son épaule. Le soldat à louer secoué était persistant mais choc émotionnel ou pas, Vassiliev n'était guère disposé à tolérer qu'on prenne ce genre de libertés avec un supérieur. Lui donner précisément ce qu'il voulait serait la meilleure des punitions.

« Vous tenez à savoir ? Très bien. Il y a un certain nombre de différences physiologiques entre l'adulte et l'enfant, le système immunitaire notamment ne fonctionne pas tout à fait de la même manière. Par exemple, la varicelle qui est généralement inoffensive chez un individu jeune peut être mortelle chez l'adulte et inversement dans le cas d'autres infections. Vous voyez où je veux en venir ? »

Il s'était redressé et toisait le mercenaire de toute sa hauteur. Le visage de ce dernier devenait livide à mesure qu'il comprenait ce que ces mots impliquaient. La leçon aurait pu se poursuivre, le colonel aurait pu asséner à l'homme les détails de ce que le PWM faisait pour s'assurer de l'efficacité de ses concoctions sur toutes les populations possibles. Il aurait pu lui faire remarquer la variété de couleurs de peau des cobayes, la sur-représentation d'africains dans le lot : Morris savait pertinemment que ce continent concentrait l'essentiel de la diversité génétique humaine et choisissait ses sujets d'expérience en conséquence. Il aurait pu s'étendre à l'envi sur le fait que ces enfants n'avaient sans doute jamais été aussi bien nourris, lavés et vaccinés qu'ici, car il était crucial de pouvoir étudier l'effet des pathogènes sur un organisme à la forme physique optimale. Il aurait pu dire que si le docteur agissait ainsi, c'était moins par cruauté que parce qu'il avait à cœur de bien faire son travail... un travail qui était de faire en sorte que d'ici quelques années, il n'y ait plus aucun être humain vivant sur cette planète, l'architecte de cet ultime génocide inclus.

Il ne fit rien de cela, préférant lâcher le poignet de son captif et s'en retourner à sa besogne... Mais l'indignation était chose tenace et elle en avait affecté plus d'un : ce fut au tour de Reyes de parler pour ne rien dire : « Ces espèces de monstres, c'est inhumain ! »

« L'inhumain n'existe pas. » coupa Vassiliev, à la fois las et péremptoire. « Le simple fait que l'esprit humain puisse ne serait-ce que concevoir un tel acte signifie par définition qu'il n'a rien d'inhumain. »

C'était trop facile de se voiler la face devant les abîmes de dépravation dans lesquels les gens pouvaient sombrer, de refuser d'admettre que l'on était soi-même capable du pire. Les paroles et les actions d'Hadès ou de Poséidon avaient certes pu mettre le feu aux poudres mais l'organisation éco-terroriste ne faisait que reproduire ce que les nazis avaient très bien su fomenter sans intervention divine en leur temps, la grande différence étant que le PWM ne s'arrêtait pas à un groupe ethnique ou religieux arbitrairement défini. Le dégoût des autres et d'eux-mêmes, la certitude qu'ils faisaient ce qui devait être fait... des motivations très humaines en somme, tout comme celles qui avaient jadis animé – et continuaient d'animer – le disciple du Boucher d'Auschwitz qu'il était lui-même forcé de côtoyer.

Il passa à un second cadavre, le premier n'ayant rien livré d'intéressant. Ce fut le moment que choisit Connor pour s'immiscer dans la conversation, profitant sans doute d'un moment de calme de son côté. Le vétéran était doué pour deviner ce qui agitait l'esprit de ses collègues. « Je sais que certains d'entre vous ne sont pas à l'aise en présence du personnel scientifique et des membres de l'Agence russe. Je sais que ces personnes se posent des questions depuis le début de cette mission, se demandent en quoi nos méthodes sont différentes de celles de nos ennemis. Vous avez raison de vous poser ces questions : nous pourrions agir comme le font ces autres groupes mais nous ne le faisons pas. Nos objectifs ne sont pas les mêmes, notre façon de faire non plus : nous ne ciblons pas délibérément les innocents. Le PWM n'est pas notre reflet dans le miroir. »

« Oui oui, c'est très bien tout ça mais quand est-ce qu'on libère ces pauvres gosses ?! » s'écria un Reyes insensible à ces discussions philosophiques. Les enfants – ceux qui n'étaient pas paralysés par la terreur ou l'agonie – frappaient maintenant les parois de leurs cages, suppliant qu'on les en sorte dans une douzaine de langues. Vassiliev aurait été tenté de lui décerner le titre de soldat le plus terre-à-terre de leur groupe s'il n'avait été en train de se laisser emporter par ses émotions au point de demander quelque chose d'aussi stupide.

« Nous ne les libérons pas. » commença le colonel. Il entreprit d'élaborer avant que son interlocuteur n'émette une exclamation scandalisée : « Nous n'avons pas de quoi leur faire traverser cette usine en leur évitant la contamination et de toute façon la plupart d'entre eux sont déjà infectés. Nous ne pouvons ni retourner en arrière pour les escorter, ni les garder dans nos pattes jusqu'à l'assaut final. Mieux vaut qu'ils restent ici en attendant que les lieux soient entièrement sécurisés et là peut-être que les scientifiques pourront mettre en place une solution d'évacuation. »

Peut-être. Cette opération avait toujours été tendue au niveau logistique, l'alliance avait prévu de quoi exfiltrer ses agents ainsi que les membres du PWM une fois ceux-ci faits prisonniers, s'était également préparée à l'éventualité de la présence de sujets d'expérimentation humaine... Mais si ce hangar-ci ne représentait qu'une réserve de cobayes parmi d'autres, leurs ressources risquaient fort de ne pas suffire. Le russe prit note de l'agencement des cellules et de l'état de leurs occupants en prévision du moment où il faudrait faire un choix : elles étaient réparties sur trois étages. Les cellules du haut accueillaient chacune un grand nombre d'enfants sains, celles du bas étaient individuelles, celles du milieu regroupaient trois ou quatre pensionnaires. Les enfants du bas et du milieu étaient malades ; il réalisa que les enclaves pour petits groupes étaient faites pour étudier les interactions entre plusieurs pathogènes différents ou leur propagation d'un hôte à un autre. Malgré ses paroles précédentes, il s'autorisa mentalement à qualifier cette disposition de diabolique.

« Docteur Morris, que vous est-il arrivé ? »
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PNJ Hadès

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Mer 15 Nov - 23:19
Le petit poste de garde ne contenait aucun document en rapport avec les expériences du PWM cependant les agents trouvèrent tout de même leur bonheur : un plan du complexe. Ils numérisèrent la carte pour la transmettre aux autres groupes et le QG se fit une joie de leur annoncer qu'à la lumière de ces nouvelles informations, il apparaissait que le laboratoire était complètement encerclé, ne laissant plus aucune échappatoire à leurs cibles. Bénis soient les instruments d'imagerie sismique qui leur avaient permis de localiser tous les tunnels d'évacuation...

Ils se préparèrent à quitter les lieux, parvenant avec plus ou moins de succès à ignorer les supplications des enfants prisonniers. Plus vite ils éradiqueraient les dernières poches de résistance, plus vite ils pourraient libérer ceux qui avaient encore une chance de s'en tirer. L'humeur du commando était sombre voire massacrante pour certains de ses membres – Reyes pour ne pas le nommer. Il fallait toutefois garder la tête froide. Ne pas échouer si près du but.

L’accès au cœur de l’usine se faisait par le biais d’un sas de décontamination. Personne n’était assez fou pour s’enfermer dans une boîte de métal potentiellement piégée pendant la durée du processus, aussi contournèrent-ils cette étape. Ce n’était pas la première fois que les Agences donnaient l’assaut sur une installation de l'organisation terroriste, leurs hommes étaient donc venus préparés : ils auscultèrent une portion du mur jusqu’à trouver un point de passage convenable puis y accolèrent leur propre sas portatif jusque-là rangé dans leur paquetage. Le résultat était une espèce de grande tente de plastique triple-épaisseur enduite de désinfectant, scellée hermétiquement ; ils y pulvérisèrent le contenu de bonbonnes pressurisées – encore plus de désinfectant – et y exposèrent chaque centimètre carré de leurs combinaisons à la lumière de puissantes lampes UV. Cela fait, ils découpèrent une portion du mur comme ils l'avaient fait pour la porte blindée et traversèrent l'ouverture.

« Promis, je me plaindrai plus jamais du poids du matos qu'on se trimbale... » fit l'un des mercenaires en allant vérifier le panneau de sortie du sas de l'usine. Un énième cercle magique était gravé dans la porte ; sa fonction précise était inconnue et ils n'avaient pas spécialement envie de la découvrir. « Chunjuns et thermite, les meilleures amies du soldat. »

« Si on pouvait juste agrandir un peu la tente la prochaine fois, c'était vraiment un calvaire pour y faire tenir les golems... »

Connor intervint avant qu'un Vassiliev hautement suspicieux de l'absence d'ennemis dans ce couloir ne puisse rappeler ses subordonnés à plus de vigilance : « Si nous faisons les choses bien il ne devrait pas y avoir de prochaine fois. À ce sujet, les occultistes ont fini de croiser les informations des différents groupes et de les recouper avec le plan. Ils pensent avoir localisé les artefacts qui maintiennent la barrière mystique à grande échelle ; les unités vont maintenant agir de concert pour les détruire. »

« Reçu. » déclara simplement le colonel en se mettant en mouvement en direction du point clignotant apparu sur sa carte virtuelle. Toujours pas de gardes à l'horizon alors même qu'ils se rapprochaient du saint des saints, s'apprêtaient à anéantir la fondation sur laquelle reposaient les défenses de l'endroit... Les autres chefs d'équipes rapportaient le même calme subit, exception-faite d'apparitions sporadiques de morts-vivants. Ce n'était pas normal, ils ne pouvaient pas avoir déjà triomphé de l'effectif humain du PWM ! Peut-être ces derniers avaient-ils compris qu'ils n'étaient pas de taille à affronter les agents en face à face, peut-être s'étaient-ils retranchés dans le poste de sécurité principal... Mais il n'était pas prêt à parier sur un scénario aussi optimiste.

Ils arrivèrent sans encombre à l'emplacement supposé d'une de ces fameuses clés de voûte ensorcelées, ce qui ne fit que renforcer le malaise dans le groupe tout entier : les éco-forcenés n'étaient pas connus pour leur passivité lorsqu'on les mettait dos au mur. Il y avait anguille sous roche, cependant les soldats n'avaient plus beaucoup de munitions et encore moins de grenades, ils ne pouvaient se permettre de gaspiller leurs maigres réserves sur d'autres carcasses ambulantes. Ce fut donc avec une paranoïa exacerbée qu'ils se déployèrent pour ne laisser aucun angle mort pendant qu'un de leurs thaumaturges renforçait sa connexion à l'un des golems, projetant ses sens à travers sa créature. Le colosse de glaise tendit un doigt, pointant le mur tandis que la voix de son maître indiquait que l'objet de leurs recherches se trouvait à une cinquantaine de centimètres.

« Ils l'ont planqué dans la maçonnerie ? Peut mieux faire ! » railla Takahashi en dégainant son Chunjun pour creuser trois entailles dans le béton – les épées harmoniques servaient davantage d'outils de remodelage intérieur que d'armes ces temps-ci – puis briser la section triangulaire d'un violent coup de pied cosmique. L'opération dévoila un bloc de basalte décoré de glyphes luminescentes ; le quatrième coup d'épée échoua à le pourfendre, une force invisible arrêtant la lame avant qu'elle n'entre en contact avec la pierre.

« Laissez-moi examiner ça... » demanda l'occultiste en chef. Le nippo-américain zooma sur les caractères illisibles, transmettant l'image à leur spécialiste ès ésotérisme. « Je vois. Un simple bouclier, un niveau 3 n'aurait aucun mal à le briser. »

« La Chunjun fait autant de dégâts que l'attaque d'un niveau 3 pourtant... »

« Certes mais entre les mains d'un niveau 2 la lame elle-même bouge bien en-deçà de la vitesse du son, qu'importe son tranchant. Et un impact purement physique ne suffira pas. »

« Une chance qu'on ait amené ce machin alors. » intervint le sergent en décrochant son railgun de sa bandoulière. Il le chargea d'une balle thaumaturgique pendant que ses camarades prenaient leurs distances et s'éloigna lui-même d'un peu plus d'une dizaine de mètres pour faire feu, abrité derrière la haute stature d'un golem, calculant l'angle de tir de façon à ce que personne ne soit touché en cas de rebond du projectile. Il était nerveux : il n'avait pas l'habitude de faire usage de ce genre d'armes dans un lieu si confiné et même si c'était absurde il ne pouvait s'empêcher de penser à ce qui arriverait s'il manquait son coup avec l'une de ces balles si précieuses...

Il respira profondément et pressa la gâchette. Un éclair aveuglant, un tumulte prolongé par mille échos et la scène fut illuminée aux couleurs de l'aurore boréale un instant avant que le phénomène n'implose. Il ne restait plus de la stèle que des gravats dispersés aux quatre coins de la pièce.

« Ça a marché. » signala Vassiliev. Heureusement d'ailleurs, si ça n'avait pas suffi... Suivant cette bonne nouvelle, les autres équipes présentes dans l'usine ne tardèrent pas à faire subir le même traitement à leurs artefacts respectifs.

Quelques secondes après la destruction de la dernière tablette de pierre, leurs écrans furent inondés de messages d'alerte.

[Frontline] Codename : Biohazard

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