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OblivionSpectre de la Mante Religieuse
Spectre de la Mante Religieuse

Date d'inscription : 15/02/2013
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Lun 10 Juil - 23:52
C’est avec l’aide des gardiens de sécurité que je parviens à quitter ma prison.

Mon départ en tant que mercenaire pour FIRMAMENT a été plutôt mauvais. Après avoir sauvagement attaqué un de mes collègues qui, pourtant, le méritait bien, j’ai été envoyée sans attendre en isolement pour purger une dure peine. Privée de lumière et de contact, je n’en ai sorti que pour des entraînements plus qu’intensif et des leçons obligatoires. Malgré tout, ma colère et ma fierté ont rapidement repris le dessus sur mon châtiment et je suis devenue déterminée à avoir le dernier mot, à ne pas les laisser gagner. Me soumettre à leur discipline me parait trop dur, inacceptable… Je me suis épuisée et blessée plus que nécessaire pendant les entraînements. J’ai peu ou pas mangé de la nourriture infecte qu’on m’apportait. La liberté ou le risque de me perdre, rien que ça. Mais ce chantage n’a aucunement ébranlé le traitement : il a poursuivi impitoyablement, au point où c’est par nécessité que j’ai dû faire taire ma rébellion pour ne pas en subir des conséquences irréversibles ou même en mourir. Je me croyais à l’abri de leurs ordres, de leur discipline, je croyais qu’ils craqueraient les premiers… et au final, comme un animal sauvage, j’ai été dressée. Maintenant je refuse de passer une seconde de plus dans ce trou horrible.

Mes tentatives de rédemption sont inutiles. Quand vient enfin le temps de sortir, je ne tiens plus sur mes jambes et n’arrive pas à formuler de paroles compréhensibles. Je suis transportée d’urgence à l’infirmerie pour traiter ce qui ressemble dangereusement à un début de malnutrition et en ressort quelques jours plus tard, encore fragile mais hors de danger. Déjà maigre et mal nourrie avant même de me mettre au service de FIRMAMENT, il faudra être plus prudente. J’écoute avec le plus d’attention possible les conditions de ma libération, qui concernent autant mon comportement que ma santé, ne posant qu’un peu de résistance qu’au moment où un des gardes m’annonce qu’un autre mercenaire sera chargé de me surveiller le temps que je prouve que je puisse être laissée seule plus de deux minutes.

-Je ne veux pas que Bilodeau-Tanguay me surveille.

-Qui? Ah, lui… Non, ce sera quelqu’un d’autre de mieux qualifié. Il faudra faire des suivis de ta santé, passer quelques tests et t’encadrer pendant certaines missions, et au moindre problème il nous contactera… nous ou l’infirmerie.

Je reste silencieuse, n’osant pas en rajouter plus. Étrange, vu comment Bilodeau-Tanguay ne me lâchait pas et semblait beaucoup plus soucieux de moi, j’aurais cru que s’il fallait vraiment m’attribuer un chaperon il aurait été le bon candidat. Peu importe ce qui ne faisait pas l’affaire, je suis bien curieuse de savoir qui est proprement « qualifié » pour me surveiller et s’assurer que je ne me laisserai pas mourir pour un rien… ou que je ne tente pas d’entraîner quelqu’un d’autre avec moi si ça arrive.
Mais ça n’arrivera pas. Même en sachant que ce ne sera pas la fin pour moi si je me fais tuer. Ma mission dépend de ma survie, même si ça n’avait pas été le cas, je n’aurais pas pris de plaisir à mourir pour un rien…
Nous traversons le réfectoire sous le regard parfois de pitié, parfois amusé, souvent méprisant des autres mercenaires, jusqu’à atteindre une porte qui ne semble être qu’une autre chambre. Le garde cogne et la porte s’ouvre, laissant entrevoir un désordre qui me laisse presque étourdie. Et cette odeur…

-Monsieur Papanek, mademoiselle Marchesi est arrivée.

Avec un nom pareil, je ne sais pas trop à quoi m’attendre. C’est un homme plutôt svelte qui se glisse juste devant nous en soufflant dans ses lunettes pour les nettoyer avant de les replacer sur son nez pour enfin baisser la tête et me regarder. Ses cheveux en bataille donnent l’impression qu’il vient tout juste de se lever, mais à part ça… Aucune réaction, aucune expression. Comme si je regardais un mannequin de cire prendre vie, avec son visage trop lisse d’une pâleur trop parfaite. Enfin, ses lèvres couleur chair s’étirent en un mince sourire et il penche doucement la tête pour me saluer, indiquant ce faisant au garde qu’il peut partir. Un dernier geste pour me pousser à l’intérieur et je me retrouve complètement seule avec ce bizarroïde qui me regarde comme si j’étais une bactérie sous un microscope. Après un soupir, il commence à repousser les piles de vêtements et de… je ne sais même pas ce que c’est… sur l’un des lits, en me faisant signe de m’y assoir, puis me tourne le dos en marmonnant.

-Bon… voyons voir ce qu’on peut faire avec toi…
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Ven 25 Aoû - 1:58
-Ne bouge pas, je suis avec toi dans deux secondes!

L'homme de cire se retourne et d'un coup sec, tire sur ses cheveux qui sont tout arrachés d'un coup. Mon cœur rate un battement avant de réaliser que ce n'est qu'une perruque, qu'il lance sur le lit de l'autre côté de la chambre, révélant l'arrière de son crâne rasé d'une teinte complètement différente. Incertaine de ce qui se passe vraiment devant moi, je ne suis pas plus prête pour la suite et sursaute violemment en voyant Papanek tirer doucement sur sa peau pâle jusqu'à la retirer complètement, dévoilant un autre visage à l'opposé de celui qu'il portait juste avant.
L'homme perçoit mon geste et éclate de rire avant de se remettre au travail. Je tente de me calmer, ignorant la chaleur grandissante dans ma poitrine. Ce n'est qu'un masque, comme le mien... non, pas du tout comme le mien. C'est dégoûtant. Mais il était déguisé, c'est tout, pour une raison qui m'échappe... Je regarde nerveusement de tous les côtés pendant que l'homme, d'un teint basané et aux traits rieurs et sympathiques termine de ranger son faux visage tout en s'essuyant le visage pour enlever le reste du fond de teint. Même sans déguisement, difficile de lui attribuer un âge... la quarantaine, peut-être. On ne dirait même pas un soldat. Peut-être que c'est à cause de son sourire insouciant qui laisse à croire qu'il pourrait se mettre à siffloter à tout moment tant ce qu'il fait le passionne, où comment ses mains manipulent le masque avec une assurance calculée, une concentration toute calme. J'ai trop rarement vu mes frères d'armes s'affairer ainsi, la guerre ne permettant pas vraiment de donner d'importance à autre chose qu'à la force de nos poings. Rogos, peut-être, lors de ses "expériences". Moi, dans une autre vie.
En observant Papanek, je ressens une douloureuse vague de regret, que je repousse tout aussi vite qu'elle est arrivée. Pas maintenant. Plus jamais.

-Bon! Désolé pour ça. Leticia, c'est bien ça?

-Oui... monsieur.

-Oh, appelle-moi Ben, ou juste Papanek si tu préfères. Je sais que plusieurs militaires ont l'habitude des noms de famille.


-...

-Est-ce que tu préfères que je t'appelle Marchesi?

-Oui.

Il hoche la tête, l'air plutôt indifférent à ma réaction, et me tend la main pour m'aider à me relever. Je la saisis sans rien dire de plus et nous quittons la chambre en silence pour nous diriger vers la cantine. Je sais qu'il n'a pas plus le choix que moi dans cette histoire, mais malgré sa tentative de rester amical je ne peux que me sentir d'humeur boudeuse après les circonstances qui m'ont placées sous sa garde. Après plusieurs minutes, c'est Papanek qui reprend la parole.

-Tu n'as pas de questions à me poser?

-... Non...

Et, après une seconde de réflexion...

-Pourquoi?

Il ricane sans méchanceté, puis me pointe le virage à prendre pour rester sur le bon chemin. Nous arrivons à la cantine déserte à cette heure et Ben m'emmène choisir un bol de soupe et un sandwich avant de nous choisir une table. Je mange lentement, sans dire un mot, puis de plus en plus rapidement en réalisant à quel point j'avais faim et surtout, depuis combien de temps je n'ai pas vraiment mangé, même avant mon incarcération.

-Les nouveaux agents ont toujours beaucoup de questions et moi, j'ai beaucoup de réponses. Par exemple, ceux dont je m'occupe, c'est toujours la même : pourquoi moi? Je suis juste un autre mercenaire, d'où je suis qualifié à jouer au psychologue? L'expérience et les études, comme tout le monde, mais juste assez pour aider quand nos amis de l'infirmerie ont mieux à faire.

Je me contente de lever la tête et hausser un sourcil à la mention d'études. Leticia ne sait même pas lire, ça ne m'empêche pas de me demander ce qu'un psychologue par profession fait aussi bas dans la hiérarchie, mais aussi pourquoi se résoudre à rejoindre FIRMAMENT quand il aurait pu se trouver mieux ailleurs. Le sens du devoir, ou un meilleur salaire? En me posant la question, je réalise avec embarras que je ne saurais même pas comparer les avantages gagnés ici à ceux qui pourrait être trouvés dans un emploi plus "publique." Et pourquoi je le saurais? Ça ne m'a jamais concerné et ne le fera jamais.
Si Papanek a remarqué le questionnement derrière mon silence, il ne dit rien, ce qui est surprenant vu sa petite explication sur les questions qu'il s'attend à ce que je me pose. Je le sens me jauger, essayer de comprendre comment je fonctionne et comment il pourra m'atteindre pour que j'apprenne enfin la discipline qui est attendue de moi. Pas besoin de faire semblant pour ne pas aimer ça.

-Tu veux savoir ce que tu as manqué?

Je hausse les épaules. Qu'est-ce qui peut bien se passer dans cette base qui demande un debriefing? Sa réponse confirme assez vite ma médisance.

-Pas grand chose d'hors de l'ordinaire, si ce n'est que les nouveaux étaient quelque peu agité après ce qui t'es arrivé. Quelques uns sont venus me voir et sont passés à autre chose. Tes colocataires ont essayé de voir ce que tu devenais, sans succès. Keaton n'était pas bien compliquée à retenir, elle n'a jamais pu se rapprocher suffisamment pour utiliser ses pouvoirs et te voir, mais Higgins... si tu veux mon avis, c'est par malchance qu'elle n'ait pas réussi à se trouver un accès aux caméras de sécurité. Et Bilodeau-Tanguay... oh bon sang... il va falloir que tu lui parles, s'il demande à te voir encore une fois je crois qu'il vont l'envoyer au trou lui aussi.

Avant que je ne puisse répliquer que tenir la conversation avec ce Québécois que ne lâche pas ne me tente pas du tout, il se lève et me fait signe de le suivre en me disant d'apporter ce qu'il reste de mon sandwich. Je m'exécute, craignant qu'il ne veuille mettre sa dernière idée à exécution maintenant, mais un rapide coup d’œil sur la grande horloge numérique m'apprend plutôt que c'est l'heure du cours d'anglais tant redouté... je n'en laisse rien paraître et laisse Papanek me l'annoncer lui même en me dépêchant de manger ce qu'il reste de mon repas. Il me guide au travers de l'étage sans aucune hésitation et me laisse entrer seule dans le local avant de m'adresser quelques mots:

-Je reviendrai te chercher, on ira voir Bilodeau-Tanguay et après tu pourras retourner dans ton dortoir. Je sais que cela va sans dire, mais il faut que tu me parles, Marchesi, sinon je ne pourrai rien faire pour toi. Je sais que tu as beaucoup de questions à me poser... mais je sais aussi qu'en retour tu auras beaucoup de réponses à me donner.

Je me retourne pour le questionner du regard. Plus de sourire, plus d'amusement dans son regard, juste une expression sévère qui me donne des frissons. Après un bref salut de la tête, il tourne les talons et s'en va, me laissant là avec ma stupeur et, pour la première fois, une puissante panique qui me fige sur place.
Il sait que je lui cache quelque chose. Et ça, c'est déjà trop en savoir.

[Frontline FB] Examen de conscience