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Isaac

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Jeu 1 Fév - 18:37
«  'Fait chauuuuud. »

Parce que tu sais, de tous les coins du globe où y avait moyen de m'amener, l'a fallu choisir l'Egypte, hein. Avec pour départ l'aéroport de Los Angeles.

J'sais pas, ça doit être une sorte de bizutage, nah ? « Eh, et si on envoyait le Russe en Afrique, ça devrait lui faire tout drôle niveau températures ». Ouais, nan. En peu de temps, j'ai eu l'occaz' de voir beaucoup de choses, dans les rangs de mes « supérieurs » (lol), mais j'ai pas vu énormément de malice. Beaucoup de balais, rangés dans beaucoup de derches, mais pas de malice. Oh boi, je vais m'y plaire, j'le sens arriver d'ici.

Anyway. Parait qu'il faut bouger, alors je bouge, comme on m'a demandé. Un portail, pour sortir de sous-terre, un avion, pour arriver sur place. Pour pas attirer l'attention. Sous les yeux, de grosses cernes, dans la poche, de faux-papiers, au fond du sac, un peu de bouffe.

Et à côté de moi, une rouquine muette.

« La bonne idée, tiens, d'envoyer Charlie Chaplin se coltiner ce genre de taff. » Je lance la réflexion, comme ça, le regard posé sur elle. Ironie dans la voix, rictus acerbe sur les lèvres. Pour finalement prendre un visage plus amical. J'suis pas mauvais à ce point. « T'as retenu tout ce que je t'ai expliqué avant qu'on parte, hm? » Je demande ça, puis mes yeux se ferment, tandis qu'un masque de nuit se pose dessus. « J'espère. Bref, tu m'en voudras pas, je vais essayer de pioncer un peu avant l'arrivée, de mon côté. »

Essayer.

**

« Essayer. » Le mot sort, agacé, et j'enlève le masque de nuit d'un geste sec, tandis qu'une petite voix annonce l'arrivée. « J'aime pas l'avion. »

C'est difficile, tu sais, de dormir quand tout ce que tu sens en fermant les yeux, c'est cette espèce de pression qui prend les tempes, ces images qui se jouent sur le noir de tes paupières closes, toutes ces choses. J'arrive à vivre avec depuis, ouais. Dormir, c'est une autre paire de manches. Alors si tu ajoutes ces foutues secousses.

Bordel, j'vais être de bonne humeur pour la journée, moi, ça va être génial.

« Terminus, tout le monde descend. » une rapide oeillade vers la rousse, puis je me lève pour aller dans le couloir et sortir. Arriver dehors, être aveuglé par la lumière d'un soleil définitivement trop imposant. « 'Chauuuuuuuud, sérieux. » Des marches, pour descendre, un hall à emprunter, une procédure de sécurité à subir. Un agent, une fouille rapide, quelques questions. Du moins ça, c'est sur le papier. Plutôt que tout ça, un papier remis à l'homme, un simple sourire poli sur les lèvres. Il lit, il reporte le regard vers moi. Une simple remarque.

- Vous êtes bien jeune pour avoir accès à de telles autorisations. Bon séjour au Caire, monsieur.
- Il n'y a pas d'âges pour avoir des amis haut-placés, voyons. La rouquine est avec moi, c'est le deuxième nom sur le doc'. Merci et bonne journééééée.

Et de se barrer, l'air insousciant, mains derrière la tête. C'est important de prendre son meilleur visage d'arrogance vaine, quand tu te retrouves avec ce genre de papier à présenter au vigile à l'entrée. Le genre de papier qui te laisse passer devant toute la file, pour dire « je connais le Patron ». Les petits plaisirs de la vie. Et j'ai tout intérêt à en profiter : profiter de ces choses-ci quand on est plus vraiment en vie, c'est pas n'importe quel luxe.

On avance, on sort de l'Aéroport. Le Caire, donc. Sous mes yeux, magnifique ville, joyaux brillant à la lueur du soleil. 'Parait qu'il faut qu'elle soit à nous, sooo, here i am. We, plutôt. Un regard vers elle, tandis que j'envoie un SMS à un chauffeur prévu pour la journée.

« Faut qu'on aille chercher le paquet, dans un premier temps. Prête ? 
»


Dernière édition par Isaac le Ven 2 Fév - 0:49, édité 1 fois
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EvelinaSpectre du Lycaon
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Jeu 1 Fév - 23:14
«  'Fait chauuuuud. »

Perles d'Aigue-marine se posant doucement sur la silhouette masculine l'accompagnant ; assurément ressentait-elle également cette chaleur néanmoins imperceptible pour d'autres. Sans doute les âmes natives grelotteraient au contact de la glaciale brise. Toutefois, celles-ci n'en demeuraient pas moins agréable pour les gens de l'Est. La faute aux hivers enneigés, affirmeraient certains, tandis que d'autres parleraient davantage ensevelissement. Force était d'avouer que cela constituait une base d'adaptation solide, mais guère plus radicale que les polaires cellules Lituaniennes. Question d'habitude, sans doute.

Coite, l'enfant avançait au rythme de son aîné et des remarques fusant à droite et à gauche. Des réflexions qui lui rappelaient parfois celles de ce Polonais, quand bien même elle s'avérait en tout point différente. Une tessiture étrangère, et ce rictus au coin des lippes dont le sarcasme se faisait bien plus incisif que cet autre ne l'aurait jamais réalisé. Assurément, il n'était pas lui . Et aujourd'hui encore, Evelina se demandait comment l'amalgame entre les deux âmes avait été possible, un temps durant.

Nul réponse pour le satisfaire, ne laissant apparaître que cette mine faiblement renfrognée. Un hochement de tête, néanmoins, finit par pointer le bout du museau, indiquant que tout était bel et bien clair. Le strict nécessaire.

*~

Une tête de coquelicot se relevant brusquement, tandis que les secousses gagnaient l'appareil ; prêt à l’atterrissage, le monstre des airs, assurément l'était-il. A contrario, la jeune fille maintenait fortement cette peluche en main, non loin de la poitrine : c'est que c'était effrayant, l'avion. Beaucoup trop. D'autant plus lorsque l'on n'était guère habitué à le prendre. Une paire d'yeux roulant furtivement vers le Russe, qui relevait ce masque de ses paupières ; vraisemblablement n'avait-il pas fermé l’œil, lui non plus.

Un corps se levant alors, suivit de près par celui de l'adolescente qui récupéra son sac à la va-vite, posant la lanière sur l'épaule. A la sortie, une lumière aveuglante, à l'instar du soleil se reflétant sur la première neige. Hélas, il n'y avait guère de poudre blanche en ces lieux. Juste un astre ardent. Une nouvelle fois, les billes céruléennes se posèrent sur l'adulte, d'une lueur oscillant entre l'admiration de cette terre encore inconnue, mais également de cette décontenance de voir un espace si grand et peuplé. Ce n'était pas la première fois, mais cela lui faisait toujours un certain effet ; être perdue dans la foule, sans repère, indéniablement était-ce une crainte, à l'heure actuelle.

Des pas s'accélérant alors, afin de ne pas perdre l'accompagnateur de vue. Un homme s'arrêtant finalement, lançant un jeu de dialogue avec un agent, tandis qu'une main adolescente agrippa sa manche. Un sourire, bref – mais sincère, lorsqu'elle fût nommée. Et déjà lâchait-elle le vêtement pour mieux reprendre la marche à ses côtés, jusqu'à parvenir à l'extérieur du bâtiment.

Doucement, les mirettes toisèrent l'appareil sur lequel le blond pianotait. Encore une de ces choses qu'elle ne maîtrisait pas, la Lituanienne. Ainsi, il ne lui restait que les prunelles pour tenter d'observer curieusement ce qui était écrit sur l'écran, avant que celui-ci ne s'éteigne. Le signal d'une tête se relevant, annonçant par la même occasion une approbation certaine. Mais avant cela, il fallait attendre. Attendre que le chauffeur ne se décide à passer les prendre. Une patience bien rapidement récompensée, lorsqu'un large 4x4 s'arrêta non loin d'eux. D'une main, elle tenta d'attirer l'attention du partenaire, désignant la voiture, avant de se diriger vers la porte arrière et d'adresser un sourire au conducteur.

Sac à dos déposé sur le côté, Evelina en sortit un carnet ainsi que de quoi écrire ; une chose qu'elle n'oubliait plus depuis l'épisode à Tel-Aviv. Et ce grâce à la Liche, Andréa. Prémices d'un étirement naïf des lippes aux remembrances brièvement remontées, et déjà l'encre commençait à couler sur l'albâtre calepin.

「 Tu as pu dormir durant le trajet ? 」 Une question aux lettres pleines. Rares étaient les fois où le phénomène se produisait. Toutefois, assise dans la locomotion, il n'y avait que les secousses pour la déranger, cette fois-ci.

「 Il fait chaud, ici. Différent de la maison.」 La maison, un lieu aux multiples définitions. Lituanie d'antan, cellules métallisées, et désormais les Enfers. Restait à savoir laquelle était concernée.

「Il neige jamais, ici? 」 Un message adressé au conducteur, cette fois-ci. Mot qu'il ne pouvait cependant pas lire. C'était d'ailleurs la raison pour laquelle la rouquine fixaient intensément celui aux mèches de blé, espérant qu'il fasse passer la question, un air étrangement sérieux affiché sur la face.

Un mouvement prenant finalement fin, non sans une certaine brutalité. Tant est si bien que le frêle dos de la jeunette percuta le siège. Rapidement, une main vint se poser sur les fils carottes, avant de descendre jusque vers la nuque, laissant naître cette grimace par-delà les lèvres. Aussi, les orbes se fixèrent sur cette main inconnue se dirigeant vers Isaac, lui confiant cette enveloppe semblant contenir l'objet attendu. Puis, sans un mot, elle sortit du véhicule, claquant la porte d'un faux mécontentement. Pas si faux que cela, d'ailleurs. Mais toujours était-ce de l'exagération. Et, finalement, l'enfant se dirigea vers l'homme qu'elle confondait encore il y a peu, cherchant à observer ce qui se passait-là.

「 Tout est là ? 」feuille mise sous le nez de l'homme de l'Est, sans l'ombre d'une hésitation, ni même d'une gêne quelconque. Cette façon de faire, il s'en accommoderait bien assez vite. De toute manière, c'était cela, le silence, ou Lech. Et mieux valait qu'il ne s'en mêle pas, celui-là. Pas pour le moment.
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Isaac

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Ven 2 Fév - 0:48
« Hmmm? » Une oeillade sur le côté, pour remarque la rousse qui fixe mon écran. Un air de question sur mon visage, quelques secondes, jusqu'à ce que je demande clairement. « Quoi, t'as jamais vu de téléphone? » Ce serait triste. Vrai que je sais pas grand chose d'elle, au final. Qui sait, elle est p'tet Amish ? Ou j'sais pas quelle autre communauté coupée du monde. Plus simple : c'est une fouine qui cherche à voir ce que j'écrivais. En ce cas... « Ca devrait pas tarder à arriver. »

Rassurer sur l'imminence d'un mouvement, c'est important, avec les gosses. Ca évite l'accumulation de multiples « c'est quand qu'on arriiiiiive ? » Ce truc que je supporte pas.

Au moins ça risque pas d'être un souci, avec elle. J'me dis ça, tout sourire, à attendre une voiture teintée de noir, tant sur sa carroserie qu'à ses vitres opaques. Un grand et imposant 4x4, le genre à pouvoir stocker beaucoup dans le coffre. Le genre qui vient d'arriver et se garer prés de nous, en fait.

« J'ai vu, j'ai vu. »

Un bref signe de tête au chauffeur, et je m'assied à l'arrière, avec la gamine à côté de moi. Un autre regard sur mon téléphone, plus particulièrement sur l'heure. Hm. J'ai le temps, ouais. J'y pense, et je sors un casque de ma sacoche, pour le brancher à mon téléphone. Quelques passages du pouce sur l'écran, jusqu'à arriver à la playlist. Un ou deux autres coups, et la magie s'opère : au revoir, vacarme de la foule assourdissante, adieu, ronronnements agaçants des moteurs, crissements désagréables des pneux. Bonjour, douce musique de piano, lente et relaxante. Ca paraît idiot, comme ça, mais je me suis rendu compte que la musique aidait beaucoup, pour gérer mon... Souci. Et j'ai tout intérêt à être calme, pour la suite des opérations. Un air soulagé sur le visage, je m'enfonce dans le cuir de siège alors que les premières note se jouent, yeux fermés. Ca va être court, mais j'vais profiter de chaque minutes de paix que je peux m'offrir.

Tseh. J'ai de l'espoir, moi.

Un espoir réduit à néant par quelques signes pour attirer mon attention, et une poignée de mots scribouillés sur une feuille de papier. Enfin. J'abuse. Je suis encore capable d'écouter de la musique et lire une phrase en même temps. Je lis, puis me gratte le cou, avant de répondre.

« Nah. Pas dans l'avion. Pas... En ce moment. » En ce moment, soit, depuis ma mort. Difficile sommeil, ce qui explique les quelques cernes sous mes yeux. Ouais, disons ça, ça m'parait une bonne façon d'occulter le fait que mes épisodes insomniaques datent pas de ces événements. Yeux frottés l'espace de quelques secondes, je lis la seconde phrase, incapable de retenir un soufflement de nez. « M'en parle pas. » Peut-être qu'elle l'aura reconnu, le très léger accent russe dans ma voix. Ou alors elle aura deviné au teint de ma peau. A mes plaintes. Mais si elle ni trop aveugle ni trop demeurée, elle comprendra bien assez vite que je ne viens pas de là où le soleil tape très fort. La troisième question, elle n'est apparemment pas pour moi. Et pourtant.

Et pourtant, je pianote quelques mots sur mon téléphone. Deux, en fait. Neige Caire. Premiers résultats, premières réponses. « Il a neigé sur le Caire, une première depuis de plus de cent ans (photos) ». Un article qui date de 2013, et quelques photos de rues typiques de ce que l'on peut voir derrière les vitres, sauf qu'enneigées, cette fois-ci. « Ca répond à ta question? »

Un léger rictus sur le visage. Sérieux, j'ai l'impression de lui faire découvrir le monde, à cette gamine. C'est à la fois triste, amusant et curieux. Heh, découvrir le monde après sa mort, c'est déjà pas mal. Mieux vaut tard que jamais, qu'ils disent. La suite du chemin se fait, et peu à peu, le paysage dehors change. Moins haut, les toits de bâtiment, moins lumineuses, les rues. Plus tranquilles, aussi. En apparence.

Et ça finit par s'arrêter. La course cesse sur un coup de frein digne des plus grands taxis douteux pas capables de contrôler leur bagnole, et pour ça, le pécore côté siège conducteur à droit à mon plus beau regard d'agaçement. Un grognement, une respiration, et je me reconcentre sur la musique. Calme. Je sors, mais avant ça, je récupère quelque chose. De la main gantée du conducteur à la mienne, une enveloppe. Un signe de tête, une brève salutation, et l'homme sort de la voiture pour disparaître dans les rues. J'ouvre la l'enveloppe, y récupère un duo de clés, simple. Une main sur la poignée, je sors, quelques pas jusque vers la façade d'un grand bâtiment qui s'étend sur la longueur. Nouvelle interpelation de la tête rousse, nouveau mot.

« On va voir ça tout de suite. Attends-moi ici, j'arrive. »

Je longe le trottoir jusqu'à arriver dans un renfoncement éclairé, une acceuil, un coin plein de casiers verrouillés. Je cherche le numéro sur la clef, cherche, puis trouve. Bingo. Une ouverture, un duo de valises qui attend mes petits bras. Une main sur chacun des deux poignées, je soulève, puis referme le casier d'un geste du pied. Retour à la voiture, valises rangées, portes ouvertes. Celles de devant, cette fois.

« Devant, cette fois-ci. Pense à ta ceinture. »

Et je prends le siège conducteur, fait ronronner le moteur d'un son que j'ignore toujours, casque sur la tête. Et ça roule, une nouvelle fois, direction encore plus loin. Direction hors des murs de la ville, bien vite. Jusqu'à m'arrêter sur le bord de la route, sur une aire tranquille, inoccupée. Bien.

« On s'arrête là. On se change, et on passe à la suite. Aide-moi avec les valises, tu veux? »
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EvelinaSpectre du Lycaon
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Mar 6 Fév - 0:30
Billes céruléennes absorbées par cet horizon de lumière, en quête de ce moyen de locomotion se faisant attendre ; remarques ignorées sans pour autant s'en rendre réellement compte, l'enfant patientait prudemment dans les remembrances des mois écoulés. En y regardant de plus près, le Spectre d'ivoire ne ressemblait en rien au Polonais de son enfance. Une réflexion qu'elle s'était déjà faite plusieurs fois depuis, mais qui revenait sans cesse lorsque son visage entrait dans la ligne de mire de ses prunelles. Différents, assurément l'étaient-ils. Toutefois, cette sensation presque dérangeante persistait, fouillant dans l'esprit comme le rongeur gratterait la terre en quête de nourriture. Un quelque chose de familier sans dégageait, sans pour autant l'être véritablement.

Voiture arrivant, et déjà cette main tirait sur une manche, cherchant à signaler maladroitement l'apparition de l'objet tant attendu. Une nécessité pour poursuivre ce pour quoi ils étaient venus jusque dans ces chaudes contrées. Silencieuse, Evelina ouvrit naturellement la porte arrière, afin de se faufiler dans le véhicule. Doucement, les orbes azurées se portèrent sur son partenaire, dont le casque semblait le couper du monde. Ou plutôt l'emmenait-il dans un autre ? Toutefois, cela ne l'empêcherait probablement pas d'entreprendre une lecture sur calepin, tout du moins le pensait-elle. Ainsi, le stylo se mit à gratter de multiples questions, jusqu'à ce que les doigts masculins ne se posent sur l'écran, pianotant quelque chose, avant de le lui mettre en plein visage.

« Il a neigé sur Le Caire, une première depuis plus de cent ans », disait un article. Maladroitement, un doigt hésitant passa sur l’appareil, cherchant à faire dérouler les informations et autres photographies. Une tentative avortée en l'extinction de la page, sous l’œil incompréhensif de l'adolescente. Des téléphones, assurément en avait-elle vu de loin, mais sans jamais avoir l'occasion de poser les mains dessus. Les souvenirs d'une figure fraternelle jouant parfois de cet instrument, laissant place à l'absence dictée par les cellules. Une chose qui avait pourtant l'air pratique, mais horriblement compliquée également.

Une grimace disparue, le temps que le mouvement cesse enfin, qu'un jeu de mains se fasse entre le conducteur et l'aîné, qu'elle ne descende du véhicule. S'ensuivit un hochement de tête, approbateur, et la silhouette disparue alors. Un occupation inexistante, celles de bras disposés derrière un dos, patientant jusqu'à ce que l'homme ne revienne, basculant doucement le corps comme le ferait un pendule. Une ombre revenant finalement, deux valides à la main ; Evelina s'empressa alors d'ouvrir les portes, afin que l'homme puisse ranger les contenants.

Acquiesçant, la Lituanienne s'engouffra à l'avant de la voiture, tentant de régler la ceinture afin que celle-ci puisse convenir à sa petite taille. Une fois encore, ils reprenaient la route. Un chemin plus long, vers le dehors, pour s'arrêter à nouveau. Ni une ni deux, la fillette sortit du véhicule, attrapant une valise au passage, la traînant davantage sur le sol qu'autre chose. Trop lourd pour elle, pour ses petits bras.

「 Dehors ? 」

Interloquée, assurément l'était-elle. Car si l'habitude était au changement en communauté, procéder à cela en extérieur s'avérait néanmoins déroutant. Alors, le Lycaon fit demi-tour, pénétrant de nouveau dans l'automobile. Un haut par ici, un bas par là, et un masque à garder pour plus tard, le mettant toutefois autour du cou. Doucement, une jambe ressortit de l'amas de ferrailles, cherchant le Diable du regard.

「 Prêt ? 」

Tête subtilement penchée, en quête d'une tacite réponse. Ou bien verbale, qu'importe. Dans tous les cas, il était temps de reprendre la route. Car la destination n'était pas à la porte d'à côté, bien loin de là. S'enfoncer plus encore dans les terres arides, jusqu'à ne plus croiser de bâtiments. C'était vers là, qu'il fallait se rendre.

Une route alors reprise, sous les mirettes toisant silencieusement la voie de sable défilant par delà la vitre, tandis que les mains jouaient machinalement avec ce masque qu'il faudrait revêtir sous peu. Bille roulant vers l'arrière et ces contenus invisibles, tordant le frêle cou adolescent, avant de se porter sur la silhouette du blond. Patience. Bien assez tôt, la voiture s'arrêterait de nouveau, arrivant à destination. Rapidement, la porte s'ouvrirait une fois encore, laissant échapper toute trace d'un corps ardent. Bientôt, ils passeraient à l'action.

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Isaac

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Mar 13 Mar - 23:24
Yeux fermés, musique aux oreilles, à me calmer, me mettre en condition pour la suite. La route est courte, et ma méditation l'est aussi. Une rouquine, une question, puis deux autres. Des réponses, elles aussi courtes, parce que le moment n'est pas aux grandes conversation, 'paraît.

« T'es pas du genre douée avec un téléphone entre les mains, hm ? »

C'est presque attendrissant. De quoi me faire sourire, un quelque chose un peu moqueur, un peu amusé. Jusqu'à ce que je réaffiche la page pour dérouler lentement à sa place, que les infos défilent. J'ai un peu ce sentiment, vous savez. Quand arrive ce moment où vous devez expliquer la technologie à « cette personne agée » de votre entourage. Père, mère, Grands-parents, oncle, voisins, et bien d'autres. Ce moment, où l'Ancêtre pose ses yeux sur toi, te regarde, et vois un foutu ingénieur informatique en face de lui. Ca, sans les rides, ni l'odeur de vieux et les questions à répétition. Ca en moins chiant, donc.

Coup de frein, arrêt, enveloppe. Je sors, vais chercher les valises, reviens. Côté conducteur, volant, et la nuit recommence à défiler derrière la vitre. Nuit de ville, puis de dunes. Toujours rien de ce bruit de moteur, ni des sons de la nuit. Rien, si ce ne sont les notes de piano. La route est déserte – sans mauvais jeu de mot -, la nuit semble calme. La lune ne se montre pas, ce soir. Bien. Je n'ai pas besoin qu'elle vienne s'amuser à influencer mes humeurs, celle-là.

La musique s'arrête, et avec elle, le moteur. Ici, ça ira bien.

Un pas en dehors de la voiture, et ça vacille. Foutues jambes. une main à la tempe, une autre à la portière, pour se rattraper d'une presque-chute en se levant. Sourcils froncés. Pas de douleur, mais de... Ca. Ca fait ça, aussi, quand la musique s'arrête. Quand elle s'arrête trop tôt. C'est comme satisfaire une envie de chocolat mais ne pas finir la tablette, la remballer et la remettre au tiroir même si on en a encore envie. Ca fait du bien, et du mal à la fois. Alors j'ai ce truc qui me prend les tempes. Doigts qui se resserrent sur les cheveux, d'une main. Doigts qui se resserrent sur le métal d'une portière, de l'autre. Jusqu'à ce que le son de quelque chose qui plie me fasse remonter surface. Les mains se calment. Quelques cheveux dans une paume, des morceaux de métal incrustés sous les doigts de la seconde main. Une marque, sur la voiture. Un grognement. Putain, j'avais bien besoin de ça. Calme. Un coup à gauche, un coup à droite. Tête secouée, et en avant pour les valises.

« Laisse faire. »

Un quelque chose de plus ferme dans la voix, sans trop faire exprès. Irritation. Je prends la valise qu'elle peine à porter sous mon bras, puis la lui pose sur la banquette arrière.

« Pas dehors, non. Toi dans la voiture pour surveiller, moi là-dedans. »

Mon pouce désigne des espèces de petites toilettes publiques perdues au milieu de nulle part, dans mon dos. Un sourire, cette fois-ci un peu forcé, et un signe de main avant de m'engouffrer entre les quatre fragiles murs. De l'eau froide, glacée sur mon visage, comme pour me remettre les idées en place. Calme. Puis ensuite, la veste rouge saute pour un col-roulé noir, le jean pour un treillis de la même couleur, et les baskets sont remplacées par des bottes.... Oui, noires aussi, bravo. Une paire de gants de cuir, un masque intégral, une veste tactique. Un coup d'oeil vers le miroir, et sous le masque, un rictus. Jouons donc les Black ops. J'ouvre, je sors.

« Prêt. »

La voix plus grave, plus adulte, modifiée. Technologie d'un masque qui cache le visage, mais aussi l'intonation. Et on y revient, dans cette voiture. Dans la boite à gants, une tablette. Je l'allume, la met à la bonne page – pour éviter qu'elle bataille à essayer de le faire -, puis la lui présente. Et ça recommence à rouler.

Citation :
J'aurais sûrement un casque sur les oreilles et les yeux sur la route au moment où tu liras ça. J'serais pas d'humeur à me répéter, ni à te faire un topo XXL. J't'ai préparé ça, du coup.

Ah, et, glisse ton doigt sur l'écran vers le haut pour faire descendre le texte – j'viens d'ajouter ça avant de te filer la tablette, de rien. Donc, en deux temps :

Phase 1

- Cible : Groupe rebelle affilié à l'insurrection au Sinaï, plutôt isolé. Sans lien avec l'Etat Islamique, bande de bédouins en colère qui manquent pas d'effectifs, mais surtout de moyens. C'est là qu'on arrive.

- Objectif : Les approcher avec une cargaison d'armes et de matériel militaire de pointe – le contenu du coffre. J'ai eu un premier contact avec eux, la rencontre est prévue pour ce soir. Ils sont encore hésitants et incertains, mais je m'arrangerais pour régler ce souci. Tu m'aideras si besoin est. Arrange-toi pour avoir un visuel sur la transaction, on a des caméras cachées sur les tenues. Faut qu'on ait du contenu vidéo pour effrayer les autorités. Une fois qu'on a ce qu'il faut, on rentre à l'hotel, je passe sur l'ordinateur.

Phase 2

- Cible : Les hautes pontes locales.

- Objectif : Quelques jours passent. Je m'arrange pour propager les vidéos de terroristes remontés et inhabituellement bien équipés sur le net, je diffuse ça sur plusieurs supports. Je reste en contact avec le groupe rebelle pour les galvaniser, les encourager à eux-mêmes lancer des messages et menaces au pouvoir. Climat de tension. Va falloir qu'on s'infiltre dans les bâtiments administratifs pour se retrouver en face des gens de pouvoir. À partir de là, démonstration de force, jeu de pression, et je leur négocie un arrangement pour les débarrasser de la menace en échange des clefs de la ville. À partir de là, retour au camp rebelle, sans masque ni tenue de camouflage, pour dissuader la petite cellule révolutionnaire.

Voilà. Basiquement, c'est tout.

PS : J't'ai pas filé un doc en partie/sous-partie avec thèse et hypothèse, tu m'en voudras pas. Flemme de mettre la forme, j't'ai déjà expliqué tout ça.

PS 2 : Je sais, c'est vachement téléphoné comme plan. Si quelque chose se passe pas comme prévu, t'inquiète, j'sais improviser.

PS 3 : habitue-toi à apprendre des mots, j'ai pas mis de jargon cette fois pour te ménager, mais ce sera différent la prochaine fois mdr (c'est un test – devine ça veut dire quoi.)

PS 4 : Si t'as des questions, attends que le son de piano s'arrête dans mon casque. Je mets le volume assez fort, ça devrait s'entendre.

Et le temps qu'elle ait fini de lire, j'aurais sûrement déjà fait une partie du chemin. Je roule, le casque revenu sur mes oreilles le temps du trajet, pour anesthésier les nerfs. Je roule, j'écoute, je pense.

Puis, enfin, le piano s'arrête.
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EvelinaSpectre du Lycaon
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Lun 19 Mar - 15:57
Parfois, Evelina se demandait si tout irait bien. Ou plutôt devrions-nous dire : Si Isaac irait bien. Non pas que sa confiance en l’homme était inexistante – bien que restreinte par les remembrances des malsaines âmes illusionnée dansant sur le frêle corps, mais il avait parfois cet air étrange sur la face. Celui qui interpellait, intriguait ces autres, s’ils s’avéraient suffisamment attentifs aux signes précurseurs. En somme, cela pouvait prendre n’importe quelle forme : un comportement, une impression, un son. Des exemples parmi tant d’autres. Toutefois, il appert qu’une fois l’une de ces choses dévoilée, l’imagination s’occupait du reste bien assez rapidement, imaginant moult hypothèses dont la probabilité douteuse ne saurait être remise en question sur l’instant. Dans le cas de la rouquine, c’était un bruit de carrosserie, qui avait attiré son esprit. Provenant de l’autre côté du véhicule, il demeurait cependant difficile d’en connaître la cause. Peut-être avait-il heurté quelque chose, qui sait ? Pourtant, le clair-obscur semait le trouble. Ainsi que l’inquiétude. Car, malgré tout, les personnes ne changeaient pas tant qu’on le pensait. En effet, il semblait que ceux-ci restaient les mêmes qu’au moment où la lame s’était abattue sur leur tête, hanté par les dernières visions d’un espoir déchiré. Et la seconde chance accordée n’y changerait probablement pas grand-chose ; une chance que le Polonais attendait toujours, imperceptible à l’œil humain. A l’instar de ce lion dans une cage enfermé, la peau d’albâtre tournait vraisemblablement dans les alentours.

Un hoquet de surprise fût maintenu, lorsque la voix masculine parvint à ses oreilles. Naquît alors cette sensation qui la rendait étrange, là, à l’intérieur ; l’hypothèse de l’accident s’était envolée au gré d’une brise sablée. Quelque chose clochait, définitivement. Malgré tout, il n’y eu nulle réaction de sa part. Feindre l’ignorance, c’était ce qu’on lui avait appris, là-bas. Et seules les prunelles céruléennes maintenaient leur silencieuse observation, tandis que les lippes demeuraient dénuées du moindre mot. Peine perdue. A l’image de l’odieux jeu des apparences jouant son rôle d’imperméabilité, l’imperceptible masque se plaçait de lui-même, presque à son insu. Des yeux qui auraient pu tenter de renvoyer cette lueur inquisitrice, mêlant curiosité à inquiétude, mais celle-ci ne saurait que se perdre dans les abysses. Vainement, elle attendrait qu’un être d’exception puisse la percevoir enfin, comme Leszek le fût à une époque. En somme, tant que la garde demeurait levée, tel l’oriflamme brûlant d’une glaciale intensité, tout ne serait qu’un éternel mirage. Jusqu'à ce qu'il s'éteigne enfin, devenu cendre. Et, avec toi, Isaac, elle est présente cette garde. Bien malgré moi.

Sauvage petite Evelina ; Monstre profondément endormi.

D'un stoïcisme rare, l'enfant se contenta d'un hochement de tête, l'air approbateur. Ardentes mèches virevoltant un instant durant dans l'air chaud du grand désert ; la masse de chair fît demi-tour, retournant ainsi dans l'automobile. Sans tambour ni trompette, les opérations continueraient. Les doigts ne se posèrent toutefois pas immédiatement sur la massive cage plastifiée. La faute à ces perles d'Aigue Marine instinctivement dirigées vers la vitre teintée, celle-là même dissimulant les prunelles fixant la sombre silhouette glissant jusque vers les toilettes publiques, le jaugeant presque. Un masque illusionné cessant alors tout effet quel qu'il soit, se détachant silencieusement de la peau enfantine ; à l'instar de ces lippes brièvement entrouvertes et immobiles, l'épais voile chimérique se levait, révélant enfin toute la droiture du petit corps. Qu'est ce que t'as, Blondi ?

Vêtements finalement troqués par ces autres de jais colorés, à l'image de cette massive protection acquise avec cette Seconde Chance préalablement offerte. Une fois encore, la mélancolie s'installait. Courte, certes, mais intense. Car dans ces mains d'enfant gisait une couverture fine ; un masque ô combien nécessaire pour que le subterfuge prenne. Ne restait ainsi qu'à le positionner, plus tard. Attirail délaissé autour du cou, en l'instant. C'est dérangeant pour respirer. Ou plutôt était-ce les remembrances jaillissant de nouveau tel une source luttant jusqu'à la surface. Du noir. Du blanc. Trop lumineux. Trop fatiguant. Douloureux Flash ramenant ces cagoules à la surface, celles que l'on positionnait sur leurs têtes fût un temps. En y repensant, ils étaient prudents, à l'institut. Mais également particulièrement négligeant. Peut-être était-ce des sacs ; qu'importe, les deux instruments présentaient moult similitudes ne plaisant que peu à la Lituanienne. Et sans doute était-ce le plus dérangeant, dans l'histoire. Car, au fond, les éléments ne faisaient que se manifester, inlassablement. Et, avec cela grandissait l'impression que tout n'était qu'un éternel recommencement.

Portière alors ouverte dans un grognement silencieux ; un dos adossé au véhicule, laissant apparaître cet étirement amer, comme incrusté au coin des lèvres. Sans doute était-ce la première mimique véritablement perceptible, si tant est qu'elle ne soit guère pire actrice qu'elle ne le pensait. Un Diable finalement revenu, après quelques minutes à tapoter frénétiquement la carrosserie du bout des doigts. Prunelles célestes couvant la sombre silhouette de jais ; celle aux mèches coquelicot esquissa un bref sourire, avant de s'engouffrer sur le siège avant. A peine eut-elle le temps de porter ses mains à son masque – presque dérangée, qu'un objet connecté fût placé dans celles-ci. Interloquée, assurément l'était-elle, Evelina. Une clarté d'enfant jaugeant alors tantôt l'écran, tantôt son partenaire aux oreilles couvertes. Visiblement, le temps n'était pas aux questions. Les perles se portèrent alors définitivement vers la tablette, cherchant à comprendre son fonctionnement.

« Ah, et, glisse ton doigt sur l'écran vers le haut pour faire descendre le texte – j'viens d'ajouter ça avant de te filer la tablette, de rien. » disait la surface presque miroitante. Furtivement, un sourire esquissé. Finalement, la lecture entamée ; Isaac pensait à tout, décidément. Lentement, elle parcouru les différentes lignes de la première phase : jusque-là, rien de bien compliqué. Rien d'inconnu non plus, si ce n'était cette sûreté dont faisait preuve l'adulte. Pourrait-il véritablement régler l'hésitation de la proie ? Tête légèrement penchée sur le côté, inquisitrice. Une tête changeant de direction, au fil de la lecture, passant à ces fins hochements machinales.

Mdr. C'est quoi, ça ? Mise de retour ? Une fois de plus, la masse chevelue se pencha sur le côté. C'est qu'il se payait sa tête, en plus ! Ou alors tentait-il véritablement de lui apprendre ledit Jargon. A vrai dire, la presque Polonaise ne parvenait pas à démêler le vrai du faux. Pas à l'écrit, tout du moins. Sans doute lui poserait-elle la question, après ; ne resterait qu'à attendre une potentielle réaction interne. Ou peut-être pas. Ah ! Masque de Rouge, peut-être. Un air renfrogné, installé sur les fins traits enfantins. Mais... Il n'y a pas de masque rouge, ici. Puis les perles d'Aigue-Marine scrutant furieusement les coins et recoins de l'automobile, portant tout compte fait la terne lueur vers l'extérieur pour, en définitive, scruter lourdement le conducteur.

「 Tu te fous de moi, c'est ça ? Y'a pas de Masque rouge, ici. Nulle part. 」 

Stylo grattant frénétiquement l'albâtre papier, sans pour autant l'agresser. Une simple question, rien d'autre. Parce qu'elle était assurément perplexe, la rouquine. Perplexe de voir qu'il manquait tant de choses à son éducation – La faute à l'institut, dirons-nous. Mais également parce que tant qu'il ne prononçait nul mot, l'adolescente serait bien incapable de sonder son esprit, ses paroles. De le comprendre, en somme. Oui, c'est ça, comprendre ce qui l'animait. Entre autre.

Un soupir retentit alors, jusqu'à ce que le regard se porte sur ses oreilles. Au fait, pourquoi avait-il son casque en conduisant ? C'était normal, ça ?

「 Eh... Tu entends quelque chose avec ça ? C'est dangereux, non … ? 」 

Force était d'avouer que peu importait le potentiel danger ; ils n'étaient plus de ces vivants à la chair fraîche. En somme toute, une mine boudeuse s'afficha faiblement sur les traits, tandis qu'elle observait une fois encore l'extérieur. Jusqu'à ce que l'astre de lumière ne s'enflamme, tout du moins, se teintant peu à peu de cette couleur mandarine. L'heure approchait. Leur destination, également. Alors, les coudes lâchèrent le rebord de la vitre, dépossédant les joues du creux des mains ; mains prenant la direction du masque à l'effet grimaçant. Ne restait qu'à le mettre, désormais. Le mettre, et jouer son rôle.

Parce que nous sommes des acteurs de ce monde.

Voiture à l'arrêt, portière refermée non sans un claquement sec. Une autre s'ouvrant alors, récupérant ainsi les mallettes à fournir aux gazelles colériques. Tant bien que mal, celles-ci furent tout d'abord amenées à l'extérieur par les maigres bras, avant que celles plus robustes – mais guère plus dans les faits – du complice ne prennent la relève. Une dernière dans les mains, quelques feuilles ainsi qu'un stylo dans une poche, afin d'écrire au besoin ; ne restait plus qu'à poursuivre la traversée de leurs jambes. Les Loups dans la bergerie, celle d'une meute de félins illusionnés. Car, assurément n'étaient-ils pas très futés, ces hommes à l'allure de bête.

— Vous z'êtes qui vous ? C'sont les autres qui vous envoient pour nous descendre c'ça ? Un rire retentissant alors, de cette voix murmurante.Sont cons, comme si une brindille et une grenouille pouvaient nous faire quoi q'ce soit !

Abruti. Parce que l'envie ne manquait guère à la gamine, celle de lui faire la peau. Ici, là. Maintenant. Juste pour la satisfaction de ne plus entendre le faible mais sourd bourdonnement. Grenouille. Grenouille... Toutefois, l'aura demeurait imperceptible. Car si Evelina avait le handicap d'être jeune et sans expérience, la jeunette n'était pour autant pas stupide, et loin d'être bête malgré les nombreuses inconnues ajoutées à l'équation.

Joues momentanément gonflées, en deçà de cette couverture dissimulant la face ; sphères céruléennes gardant d'ores et déjà du coin de l’œil celui qui défiait la silhouette de noire vêtue, menaçant de cette faux chimérique. Inconscient. Et, finalement, celles-ci se portèrent sur l'acolyte aux mèches d'ivoire. Les mêmes que lui.

Les acteurs entrent sur la scène ; que le rideau se lève. Que la pièce débute enfin.

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Isaac

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Mer 4 Avr - 16:26
« Putain, t'as été la chercher loin, celle-là. »

Léger sourire. Masque Rouge. J'veux dire, de toutes les possibles interprétations à faire, « Masque Rouge » ? Hein ? Bordel, elle a été élevée dans une grotte ou quoi... ? Bon, eh, soyons tolérant, Isaac, hm ? Tout le monde a pas grandi avec un clavier sous les doigts.

« Mort de rire. Ça veut dire mort de rire. Habitue-toi aux abréviations sur écran. J'te ferais une légende au début, après faudra t'en rappeler.Ah d'ailleurs, j't'achète un portable quand on revient en ville. »

T'es muette, mais ça peut pas être une excuse pour tout. Les sms c'est pas pour les chiens, et j'aime autant avoir un moyen de communiquer si on en vient à se séparer pour je ne sais quelle raison. Ca ne te fera de toute façon pas de mal, une petite plongée tête la première dans le 21eme siècle et ses merveilles technologiques. Tseh, fallait bien qu'il y ait quelque chose de bon, dans cette époque de merde. Jeune cynique écervelé

« Tu veux savoir ce qui est dangereux ? De m'obliger à quitter la route des yeux pour lire tes scribouillages. » Un rictus après cette réponse à la question grattée sur le papier de son calepin. Puis le sourire se fane, en quelque chose de plus sérieux. De plus amer. « Crois-moi, ce serait plus dangereux si je ne l'avais pas. »

Ni toi ni moi n'avons à craindre d'un potentiel accident de voiture. Un accident de maîtrise de soi, par contre, pourrait nous coûter tous les deux cher. Alors je fais avec ce que j'ai. J'ai un casque, j'ai une playlist. C'est pas grand chose, mais c'est mieux que rien.

Alors je réponds ça, en la fixant, pour ré-afficher ensuite un sourire encore une fois un peu plus factice. Un peu moins sincère, parce qu'un peu plus difficile. C'est compliqué de sourire, parfois. D'oublier, de relativiser, de décompresser. Des notes de piano tapées du doigt, plutôt que de taper sur les nerfs. Une mélodie jouée à mon oreille, pour couvrir les bourdonnements d'irritation. Non, ne t'en fais pas, gamine. Ce n'est pas plus dangereux que ça.

Un peu de la même façon qu'ils ne sont pas plus dangereux que ça, ces hommes qu'on vient rencontrer. Ils veulent l'être, oui, mais n'en n'ont ni les moyens, ni les tripes. Pas encore. Bien pour ça que nous sommes là. Que je suis là.

J'ai les moyens dans le coffre, et le Chaos dans la voix. Et il est temps de faire usage de ces ressources. On arrive.

Une installation isolée, malmenée par le temps et le climat. Bâtiments de pierre rude, usée, mais encore robuste. De grandes colonnades qui se dressent au-dessus des dunes, et un post de garde prés d'une entrée de fortune. Un portail grillagé, une barrière de sécurité, une cabane et trois hommes armés de postés. Des armes blanches qui pointent vers nous, d'ailleurs. Sous le masque, grimace. Une main pour ouvrir la portière, un pas en dehors, et m'y voilà. Mallettes en main, regard neutre, à fixer l'homme qui s'approche. L'oreille écoute, le regard transpercer. Puis la bouche répond, finalement.

« Une brindille, peut-être pas, » La main quant à elle, passe dans l'intérieur de ma veste, rapidement. S'ils se plaisent à me pointer des machettes au visage, j'aime leur répondre avec le canon d'un Desert Eagle. « les neuf balles calibre cinquante chargées là-dedans, elles par contre.... »

Et d'un coup, les rires cessent, la tension s'installe. Les rires cessent, mais sous mon masque, le rictus est pourtant large. Un long silence plane, et je le laisse s'installer à dessein. Pour finalement, ranger l'arme, et ressortir une carte de ma veste. La lancer au torse du garde, qu'il la rattrape maladroitement de ses mains usées.

« La prochaine fois, veille à avoir les moyens d'assumer ta farce jusqu'au bout avant de jouer au con. En attendant, Lis la carte et dis pardon monsieur. »

Grimace d'agacement, mais aussi de doute, sur le visage de l'homme. Ses yeux se baissent sur la carte, puis s’écarquillent bien assez vite.

- Huh... Désolé, on vous attendais plus. Je...
- Les bonnes choses arrivent à qui sait attendre. Je crois que ton supérieur sera d'accord, et n'apprécierais pas que tu me retiennes à la porte plus longtemps que nécessaire. Oui ?

« Oui, bien entendu », qu'il me répond, avant de se recroqueviller dans sa coquille de servitude, pour libérer l'entrée et remplir son rôle portier à merveille. Un vague signe de tête à son égard, et j'avance pour m'engouffrer dans L'antre des rebelles.

« Oh ». J'oubliais. Une main à ma poche, de nouveau, et une clef lancée au garde par-dessus mon épaule. « Gare-moi ça à l'intérieur, tu veux ? »

Sans jamais me retourner pour écouter son éventuelle réponse.

**

« Je t'aurais bien dit de me laisser parler, mais ça risque de toute façon de pas être un souci, hm ? »

Tsh. Abruti. Je dis ça en naviguant entre les couloirs, un regard vers Evelina, rapidement reporté vers devant moi. Ici, une porte-double, et deux hommes de chaque côté. Pas un mot, pas un regard, les portes nous sont ouvertes sans plus de cérémonie, cette fois-ci. Une pièce, un bureau de fortune, quelques autres hommes. Un qui se démarque, au centre, sur son fauteuil miteux. Plus vieux, plus entouré. Plus sage, certainement.

« Mille excuses pour le retard, messieurs, la logistique n'est plus ce qu'elle était. » Une oeillade vers le doyen, et la mallette à ma main droite finit déposée sur une table, puis ouverte. « Nous avions affaire, me semble-t-il. »
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EvelinaSpectre du Lycaon
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Ven 27 Avr - 22:36
Masse rousse hochée en un geste discret, approbateur. En y repensant, ce n’était guère la première fois qu’on lui demandait d’acquérir l’une de ces choses technologiques. Une grande utilité, parait-il. Toutefois, Evelina n’avait jamais vécu avec ce genre d’objets, et elle ne s’en sortait pas moins bien sans eux. Ainsi, une mine sceptique s’était tout d’abord inscrite sur les traits enfantins, essayant de jauger le véritable intérêt du dispositif de communication soi-disant révolutionnaire. Puis, en un haussement d’épaule, elle s’y était résignée. Très bien. Mais, dans ce cas tu m’apprendras à m’en servir, pensait-elle, alors même que les perles d’Aigue-Marine toisaient la silhouette masculine sans l’once d’une gêne.

Une fixation gagnant en intensité, lorsque le Diable changea de comportement ; une sensation brève, mais perceptible. Sans pour autant pouvoir l’affirmer, ni en donner une probable raison, quelque chose s’était transformé, quelques secondes durant. Une impression grandissante avec cette dernière phrase prononcée ; en quoi pourrait-ce être plus dangereux s’il ne le conservait pas ? Tant de questions imposées à cette curieuse et jeune âme, tant de réponses qu’elle chercherait certainement à obtenir, à comprendre. Un jour, surement. Car l’adolescente avait beau se montrer parfois pataud, elle ne demeurait pas moins consciente que les actes et les paroles disposaient chacun d’un temps leur étant propre. Ainsi, elle patienterait, la rouquine ; elle attendrait le temps qu’il faut. Parce qu’il y avait cette boule dans la gorge, celle-là même qui lui intimait de ne pas laisser tomber.

Parce qu’il te ressemble un peu, parfois, tu sais ?

Le calme revint ainsi jusqu’à la sortie du véhicule ; le signe qu’ils arrivaient à destination. Pour le moment, tout du moins. D’un mouvement à la fois rapide et expert, le Lycaon avait récupéré ses affaires, les disposant dans le sac à dos noir qui l’accompagnait. Ô, elle ne devrait pas en avoir besoin, mais il ne fallait pas sous-estimer les imprévus. Alors, juste au cas où, il était préférable de les avoir en sa possession. Un imprévu, oui. Un peu comme cet homme venant à leur contact, employant des mots indiquant qu’il espérait voir tomber sa propre tête. Sourde colère, enfouit ; il ne s’agissait guère des situations dans lesquelles le contenant gagnait en utilité. Bien au contraire. Car se dessinait maintenant les prémices d’une difficulté supplémentaire ; Le partenaire de coton devait assurément rester à l’abri des regards. Pour le bien de la mission.

Un étirement des lippes naquît toutefois derrière le masque, tandis qu’Isaac manœuvrait déjà pour l’objectif d’une manière cinglante. Amusée, la petite Evelina, sans l’ombre d’un doute. Cela pourrait probablement en déranger certains, et peut-être pourrait-elle l’être par moment mais, en l’état, dans ces conditions, cette répartie la déridait. Bien envoyé ! L’homme se croyant aussi rusé qu’un renard se retrouvait ainsi à la place d’une pauvre biche affrontant le maître félin ; signe que les apparences s’avéraient parfois trompeuse. Par ailleurs, son partenaire paraissait s’en satisfaire lui-même, jouant de cette position de force. Quelque part, il avait bien raison, et la jeunette comprenait la démarche. Cependant, elle espérait également que rien ne se retournent contre eux, plus tard, de quel que forme que cela pourrait être. Parce qu’à chaque action, son lot de conséquences ; du haut de ses maigres années d’existences, Evelina en était parfaitement consciente. Elle en avait fait les frais, après tout.

Observant les mèches opalines virevolter, tandis que le corps se retournait, prenant la direction de l’antre, elle finit par débuter la marche. Un corps dépassant celui de l’homme précédemment recadré, les prunelles azurées se portèrent en sa direction furtivement, empreinte d’une neutralité sans faille, avant de s’engouffrer dans la première partie de leur rôle. S’offraient alors devant eux cette double porte et ces gardiens positionnés de chacun des deux côtés. Rapidement, un coup d’œil fût posé sur eux. Effectivement, ils manquaient de moyens… T’es un génie, abruti.

La traversant, ils arrivèrent ainsi dans le bureau où siégeait un homme plus âgé, accompagné de ses sbires. Une observation des lieux sommaire, et Evelina laissa son compère diriger les opérations – comme convenu, se fixant un peu plus en retrait. Un peu, oui. Mais suffisamment pour que les caméras aient un accès sur la transaction.

— Nous avions affaire, me semble-t-il.
— Effectivement.

Un signe de la tête, et les hommes l’entourant se mouvèrent autour de la table, cherchant à vérifier le contenu de la boite.

— Il me semble que nous avions convenu de plus, Monsieur. J’imagine que vous ne nous donnerez pas la totalité avant d’être certain que nous respecterons notre part du marché. Cependant, comprenez que j’ai également besoin de m’assurer que vous honorez la vôtre de manière entière.

Une pause, courte, le temps qu’un autre vienne lui souffler quelque chose dans le creux de l’oreille. Puis, en finalité, les orbes de jais se posèrent une nouvelle fois sur le Diable, oscillant entre sa personne, la jeune fille, et le contenu.

— Je ne doute pas de votre parole. Toutefois, cela représente une somme relativement conséquente, vous en conviendrez. Il est donc normal que je m’assure que le matériel fonctionne, et que les rechanges soient également présents.
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Isaac

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Lun 4 Juin - 4:20
« Pas si conséquente que ça, vraiment. »

Je réponds rapidement, aussi rapidement que la pensée m'est venue. Non, vieil homme, non, ce n'est vraiment pas une grosse somme. Pas pour ce qui vous est offert. Peut-être pour vous et vos minuscules moyens est-ce un investissement conséquent. La réalité est toute autre : la réalité, c'est celle d'une transaction à presque sens unique, d'une faveur. Sur le marché, tout ça devrait coûter beaucoup plus cher.
J'avoue que je ne m'y attendais pas. A la bêtise de quelques gardes arriérés, oui, mais à ce que ce doyen ose seulement faire mine de réclamer quoique ce soit de plus que ce qui lui est déjà offert, moins.
Mais soit. Je vais te rendre un franc service et t'apprendre un truc ou deux sur les lois du marché, vieillard, et sur comment fonctionnent les choses dans ce genre d'échange.

« Mais s'il faut absolument vous rassurer, soit. Je n'ai que peu de temps à perdre en tours autour du pot : Amenez-moi à votre champ de tir, et vous pourrez tester la marchandise. » Cachée sous le neutre d'un ton cordial, professionnel, l'irritation se profile peu à peu. Un temps précieux que je n'ai pas envie à consacrer à ces formalités ennuyantes, une mascarade que je n'apprécie pas nécessairement jouer. Mais il le faut, et après tout, c'est mon idée, c'est à moi de la mener jusqu'au bout.

C'aurait été plus simple, oui. De débouler en armure chez les officiels et passer un simple mais clair message. Mais ça se saurait, si j'aimais faire simple, hm ?

J'y pense, alors que mes mains vont refermer la valise. Un pas de côté pour me mettre de trois-quart par rapport à la sortie, regard rivé sur les hommes à la table.

« Je vous suis. »
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EvelinaSpectre du Lycaon
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Ven 15 Juin - 12:33
—  Pas si conséquente que ça, vraiment.

Mots d’imposture fauchant l’ouïe de l’Ancien ; la sensation d’une spoliation s’inscrivait dans les songes adverses. Une fierté décimée, à l’abri des regards. De sombres sphères fixant le probable adolescent, une lueur de défiance en son sein. Pour autant, l’homme ne saurait lui donner tort, dans l’absolu. Car s’il s’agissait d’une somme conséquente pour n’importe quel homme individuel, le groupe agissait en unité. Une unité empreinte d’une grande faiblesse, certes. Mais une unité. En cela, les moyens déployés devraient être à la mesure de leurs objectifs, et des marchés comme celui-ci ne poseraient pas le moindre problème. Décontenancer, assurément le serait-il, ce leader en faillite. Seulement, le public restait debout, pour le moment. Garder la face. Garder la face pour que cet étranger trop immaculé cesse tout acte de mépris. Un mépris envers lui, envers les siens. Envers leur cause.

—  Allons-y.


Trois syllabes. Ni plus, ni moins. S’en suivit un signe de la main, invitant les deux compères à se rendre dans la pièce annexe. Furtivement, des perles Aigue-Marine s’adressèrent au Diable, coites de leur état. C’était lassant, toute cette mascarade. Terriblement assommant. Mais la rouquine ne représentait guère la figure principale du duo, se contenant du statut d’acolyte. De second. Evelina n’était guère de ces femmes dévorées par la jalousie, s’octroyant le devoir de détruire l’objet des frustrations professionnelles alors, cette formation lui convenait.

Il ne suffit que de quelques pas, afin de pénétrer dans une salle ne surpassant pas l’ancienne. Qu’importait l’aspect duquel on se plaçait, toute cette base ne s’apparentait qu’au portrait d’un champ de ruine. Une technologie défaillante, autant que l’installation matérielle plus sommaire. Le strict minimum, empreint d’une odeur que les narines adolescentes ne sauraient reconnaître. Ternes murs ébréchés par la sinistre vérité ; celle qui renvoyait à ces mots précédemment balancées. A l’image d’un coup de feu dépossédant la chair, ceux-ci dépouillaient l’âme.

Taiseux, le Lycaon reprit place dans un recoin, surplombant toutefois la scène. Les Chapitres progressaient, à leur vitesse. Et bientôt pourraient-ils passer à l’Acte suivant, jusqu’à ce que le rideau se baisse enfin. Ultimement.
Orbes abrupts toisant l’objet du désir ; des mains récupérèrent les armes. Agiles, elles chargèrent sans grande difficulté et, le viseur désormais pourvu d’un paysage, enclencha la gâchette. Des essais auxquels la jeune femme ne prêtait guère véritablement attention. Force était d’avouer qu’elle se fichait assez de cette démonstration ; les armes fonctionnaient à n’en point douter, et cette presque cavalcade devenait usante à chaque nouvelle minute passée-là. Mais au moins, ils ne repartiraient pas bredouilles.

—  Tout m’a l’air en ordre. Parfait.

Finalement, un signal partit en direction de l’un de ses hommes, quittant la sobre pièce pour y revenir quelques instants plus tard, valises en main. Un contenant sitôt arrivé, sitôt déposé devant la silhouette Russe, dévoilant ses intérieurs. Ils y étaient enfin, apparemment. Néanmoins, cela ne demeurait qu’une supposition. Car les mirettes azurées s’avéraient bien incapables de percevoir clairement de quoi il s’agissait. L’envie de s’approcher, immuablement ignoré. Parce qu’il ne fallait en aucun cas les alerter. Trouve un truc.

—  Voici le paiement, comme convenu. Je vous laisse le soin de vérifier si le compte est bon.

Intrinsèque, un étirement se dessinait alors ; le vieillard venait de fournir un moyen simple, rapide et efficace de satisfaire sa préoccupation momentanée.
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Sables rouges : mensonges du Désert - Conquête [PV Evelina]