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Mar 13 Mar - 0:49
[Peu après ceci]

Quand la porte s'ouvre, laissant passer la silhouette quelconque de Higgins, je dois lui faire signe de s'arrêter et elle s'exécute brusquement, cherchant la raison de mon avertissement. Derrière elle, Keaton la bouscule en cherchant à passer, avant de remarquer à son tour la pile de verre cassé au sol. Les deux froncent les sourcils et la chauve lève un regard inquiet vers moi.

-Qu'est-ce que...

-Papanek est venu.

-C'est lui qui a fait ça?

-Non.

Je la toise d'un regard mauvais, jusqu'à ce qu'Emily remarque l'obscurité de la chambre et la raison pourquoi la petite lampe qui nous a été donnée en urgence n'est pas allumée. Keaton, qui s'est dressée sur la pointe des pieds pour voir ce qu'il se passe, arrive vite à la même conclusion.

-... Merde Marchesi, on avait juste droit à une!

-Désolée…

L'excuse est dite sans grande conviction, mais juste avant que la rousse ne puisse hausser le ton pour me le faire remarquer et m'engueuler comme il se doit, sa collègue l'arrête d'un mouvement de tête qui se veut insistant mais qui tient plus de la supplication. Ce court conflit passé, Higgins enjambe les fins morceaux de verre cassé pour se planter devant moi, l'air de se demander par où commencer. Jess reste où elle est, bras croisés et regard désapprobateur.

-Qu'est-ce qu'il voulait, Papanek?

-Me poser des questions. Je ne le rencontre plus.

-Ah.

Le regard de Higgins se durcit et elle hoche la tête.

-Une couleuvre, ce gars. Il a des yeux et des oreilles partout, ça l'énerve de pas tout savoir. Je serais à ta place, je lui parlerais pas non plus.

-Roth est pareil.

-Roth? Le mec peut même pas se présenter sans avoir peur de se tromper!

La chauve lance un regard vers sa compagne, puis reporte son attention sur moi. Contrairement à plusieurs autres, Emily ne me dérange pas, simplement parce qu'elle ne me parle pas beaucoup et parce que son ton monotone et égal ne laisse transparaître aucun faux sentiment à mon égal. Si le mépris de mon entourage est souvent on ne peut plus honnête, les tons amicaux ne sonnent jamais très vrais.

-On... On est pas là pour ça. On voulait te demander un truc. La prochaine simulation sera demain matin, tu veux être dans notre équipe?

Je réagis enfin, fronçant les sourcils devant la question. C'est un ordinateur qui forme les équipes, non? Devinant mon interrogation, un mince sourire se forme sur les lèvres d'Emily.

-T'inquiètes pas pour ça. Alors?

-Pourquoi...

-Une vacherie de trop entre Taras et Luiza. Tu la connais? De Assis? Celle que tu as frappée.

-Oui, mais... pourquoi... pourquoi moi?


Higgins cherche une réponse, mais Keaton regarde ailleurs, soudainement fascinée par le manque d'imperfections sur les murs gris du corridor.

-Hm. pourquoi pas? Ce sera nous quatre contre une équipe de gars. Rien à perdre, rien à gagner.

Je fais mine de réfléchir en regardant le plafond. Effectivement, pourquoi pas? Entre ça et le résultat désastreux de la dernière fois, je préfère le professionalisme de mes collocataires aux manipulations égoistes de Taras et "Vitold". Et puis, il n'y a rien de mal à vouloir chercher à travailler en équipe.
Et puis elle a raison. On a rien à perdre. Je hoche la tête et Higgins sourit.
Si ça peut fermer le clapet de Taras...
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Mer 14 Mar - 0:49
Quand nous arrivons dans la grande salle où sont rangés armes et mannequins d'entraînement, plus d'un regard se croisent : embarrassés, moqueurs ou même complices, l'équipe a beau avoir tenté de garder la chose secrète, la rumeur de cette petite guerre des sexes s'est vite répandue. Selon Keaton, Luiza sait qu'elle et Higgins ont trouvé un quatrième membre à l'équipe, mais ne sait pas de qui il s'agit. Si elle savait, elle ne serait sans doute pas aussi calme...

Nous enfilons nos tenues avec capteurs et passons les tests habituels. Les résultats de tout le monde se sont grandement améliorés depuis notre arrivée, à l'exception de De Assis qui reste la même : la plus lente à terminer le circuit, mais elle s'en sort sans aucune blessure et à peine épuisée. De mon côté, mes réflexes se sont améliorés et mes ardeurs se sont calmées, surtout après que j'aie remarqué que les obstacles changeaient à chaque session. Mais aujourd'hui, deux autres cobayes se sont joints à nous... Roth et Papanek.

Le bon docteur est dans la moyenne, ni lent ni rapide et avec peu de blessures vu comment il peut se soigner au fur et à mesure, mais c'est son anxieux compagnon qui surprend tout le monde. Alastor est le dernier à passer, et pour de bonnes raisons : il est le plus lent du groupe, mais quand le premier poids tombe du plafond dans sa direction, il croise les bras sans s'arrêter. Une fine couche de cosmos se dresse devant lui et bloque la masse de bois, qui éclate en morceaux, laissant le géant intact. Nous retenons notre souffle. Alastor continue le parcours ainsi, bloquant toutes les menaces en avançant sans grande agilité. Poids, pieux, balles, filets, rien ne l'atteint... à un tel point que lorsqu'il termine le parcours, son temps rivalise avec le mien. À part pour une remarque de Bilodeau-Tanguay, le silence de malaise persiste.

-Calvaire, y t'massacre ça une course à relais, lui!

Refusant de laisser le succès d'Alastor m'atteindre, je me retourne pour ajuster mon équipement quand je remarque Higgins. Son teint est livide et elle fixe Roth avec de grands yeux.

-Higgins?

La chauve replace ses lunettes et s'humecte les lèvres, pesant ses mots.

-On est mal barrées.

Je ne comprends pas... Elle parle bien de...

-Non...

-Je croyais que Taras était désespéré!

Moi aussi! Elle a raison, avec un tel membre dans son équipe, Taras a de quoi nous menacer... mais qu'est-ce qui l'a attiré vers le géant? Il était tout aussi sous le choc que nous, pour ensuite sourire comme un taré en réalisant sa chance. Il ne savait pas, alors pourquoi...

La tension est mal dissimulée alors qu'Emily se met au travail. Elle reste impassible au fond de la salle, son cosmos imperceptible même pour moi, mais bel et bien présent. Personne d'autre ne semble le capter, et après quelques secondes les équipes sont annoncées:

-Première équipe : De Assis / Chunjun, Marchesi / Chunjun, Keaton / Gymnot, Higgins / Railgun.

-Pourquoi ils me donnent jamais le putain de Railgun...

-Chut.

-Deuxième équipe : Dmytryk / Railgun, Bilodeau-Tanguay / Gymnot, Roth / Chunjun, Papanek / Chunjun.

... Bon sang, on est faites comme des rats. Je capte du coin de l'œil le Québécois qui me fixe avec désapprobation et l’ignore. D’où il me juge, il s’est embarqué dans la même chose que moi! Et Papanek… Motifs à part, les garçons ont une équipe solide, avec l’autorité de Bilodeau-Tanguay, l’expérience de Papanek et la force brute de Roth. Oh, et Taras… Physiquement parlant, nous les équivalons avec notre propre équipe, mais le comportement ni sera pas. Higgins ne sait pas se faire entendre, Keaton c’est le contraire, et De Assis…
Et moi. Je dois apprendre à m’arrêter un peu et réfléchir. Je ne peux rien gagner toute seule. Si on veut gagner ce petit concours, on doit toute apprendre à travailler en équipe.
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Lun 7 Mai - 1:01
-On passe en premier. Les garçons auront un autre avantage.

-Contentez-vous de me couvrir et ce sera vite fini...

-Ah oui princesse, on se pète les bretelles pour que tu fasses tout toute seule!

-Keaton.

La voix de Higgins se fait plus basse et hésitante, mais la rousse s'arrête tout de suite en s'excusant, ce qui lui vaut un étrange signe de tête de la part de la chauve.

-C'est quoi le plan?

-On mise sur l'attaque. Les garçons sont solides mais manquent d'audace. Vous êtes plus habituées à prendre des risques. C'est pour ça que De Assis doit travailler en tandem avec Marchesi, c’est notre meilleure force de frappe. Keaton fera une distraction et je m'adapterai avec le Railgun pour couvrir vos arrières. Soyez toujours au courant de l’emplacement des autres filles et soyez prêtes à bouger dès que je vous le dis. Jess, tu t’assureras que tout le monde soit informé.

-Bien compris.

-Marchesi, tu es la plus rapide, tu te chargeras de la charge frontale. Ce n’est pas grave si tu ne le frappes pas tout le temps, soit juste prête à changer de position et à battre en retraite.

-…

-De Assis, à mon signal, attaque de toutes tes forces, entre-temps tu feras la deuxième partie de la distraction avec Keaton.

-J’espère pour toi que ça marche…

Au signal, nous nous armons selon les instructions données, prenant autant de couteaux et de pistolets supplémentaire qu’on le souhaite, puis quand le feu vert est donné, nous entrons dans le long tunnel qui nous mènera à la salle de simulation. Je ne suis pas certaine de la stratégie de Higgins, je veux bien un peu plus d’audace, mais ça semble bien trop imprudent et dépend de la coopération de tout le monde, quelque chose qui frôle l’impossible vu les membres de l’équipe… Emily et Jess semblent assez bien s’entendre, mais Luiza et moi? On travaille seules, par préférence ou par inexpérience, peut-être même par sécurité, et quand il est temps de s’allier à d’autres personnes c’est plus difficile de s’intégrer. Mais n’est-ce pas là un autre des objectifs de cet entraînement? Personne n’est seul, ici. Nous ne somme jamais seuls.

Mes lèvres s’étirent en un mince sourire quand j’active le Chunjun pour ressentir le ronronnement de la lame harmonique dans ma main. C’est… étrangement satisfaisant, plus léger mais aussi plus puissant, plus stable que les autres armes. Ce n’est pas mon arme de prédilection, mais c’est suffisamment similaire pour m’y habituer facilement. Nous entrons dans la grande pièce, Emily incline la tête quand toute la machinerie est activé, et notre adversaire apparaît devant nous.

-Oh allons, elles sont pas si ridicules que ça!

OK, je ne sais pas qui s’occupe de l’apparence de ces ennemis virtuels, mais il avait clairement une frustration à faire passer. Sans attendre, tout le monde se disperse pour échapper au regard du faux chevalier, sauf moi, qui commence à tourner en rond en tenant bien mon Chunjun devant moi. Higgins m’avertit tout de suite : si je le laisse prendre l’initiative, il sera trop rapide pour que je puisse lui opposer une défense correcte et notre plan tombera à l’eau. Pas de problème. Serrant les dents, je fonce sans aucune crainte en décrivant un arc de cercle avec mon épée, avec la ferme intention de lui couper la tête. Au diable le plan, si ça peut être aussi facile… mais si dans la vraie vie ma vigueur aurait pu déstabiliser l’adversaire et me donner un minuscule avantage, chez FIRMAMENT on ne fait pas comme ça. D’un geste nonchalant, l’adversaire repousse ma lame et l’envoie voler plus loin, mais j’arrive à me pencher avant qu’il ne puisse me fracasser la tête et porte un violent coup de poing dans son estomac, ce qui le fait à peine flancher. Pire, c’est mon gant qui se comprime soudainement autour de mes doigts jusqu’à donner l’impression qu’ils se tordent dans tous les sens. Je recule en mugissant de douleur, tenant ma main « blessée », et tirant comme je peux le fil de mon arme pour la ramener vers moi, mais trop lentement...

-Luiza!

La plus âgée surgit derrière la cible, Chunjun en main, sans un bruit ni même attirer l’attention de l’hologramme, ce qui donne presque envie de crier à l’injustice vu comment il y a suffisamment de superviseurs pour la voir quand même et la difficulté de l’exercice. Au moins, ça nous aide : l’Espagnole repère une faiblesse dans l’armure de notre adversaire et parvient à s’avancer et planter le bout de sa lame dans son épaule. La silhouette commence à se retourner, mais Luiza refuse de lâcher son arme et se déplace en même temps que l’ennemi, son cosmos augmentant dans ses mains. Une seconde après, une décharge part de ses paumes et traverse le métal de l’épée, pour se propager dans le corps de l’ennemi virtuel, qui est parcouru de spasmes.

-…OK, ça c’est cool.

-Jess, tire! Marchesi, récupère ton arme et attaque à nouveau. Luiza, recule!

-Relaxe Emily, je contrôle la situation.

Mais l’adversaire parvient à retirer la lame, mettant fin à l’attaque, et envoie un puissant coup de pied dans la poitrine de Luiza, ce qui l’envoie valser contre le mur à l’autre bout de la pièce. Bon, voilà pour le « contrôle de la situation »… Mais ça me donne le temps de reprendre mon propre Chunjun et repartir à la charge avec un grand cri, de quoi reporter l’attention de l’adversaire sur moi pour permettre à De Assis de se remettre sur pieds. Le « duel » ne dure que quelques secondes, mais est d’une intensité qui me laisse essoufflée et tremblante. Bordel, ce petit combat ne serait rien pour moi, normalement! Je vais finir par croire que jouer les niveaux 2 trop longtemps saura vraiment me rouiller…

L’hologramme se retourne, alerté par son sixième sens artificiel. Keaton tire quand même avec son Gymnot et la lance électrique atteint sa cible, sans pour autant la paralyser complètement, mauvaise distance obligée. Ça me laisse suffisamment de temps pour dégainer mon pistolet et cribler l’adversaire de trou, bien que son armure le protège de la plupart des balles. C’est suffisant pour le surprendre, la rousse s’avance et tire à nouveau à pleine efficacité, De Assis s’approche d’un pas vite et abats sa lame harmonique contre son épaule, je me penche pour éviter l’épée et en profiter pour lui faucher les jambes. En entendant Higgins hurler, nous battons toutes en retraite, retenant notre souffle en voyant le corps disparaitre dans le rayon d’énergie.

Une voix dans nos casques annonce notre réussite. Emily et moi sursautons quand Jess pousse un cri de joie, suivie par le ricanement cynique de Luiza vite étouffé par une plainte sourde. Nous avons été très audacieuses, les blessures sont mineures et le temps excellent, pour la plupart d’entre nous c’est un très grand progrès. Il n’y a pas si longtemps, un tel exploit aurait été impossible.
C’est en se félicitant mutuellement que nous quittons la salle, se moquant déjà de la possible défaite des garçons. Oh, on avait peur de ne pas avoir une chance, mais suite à notre victoire, nous ne plus craignons rien.
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Mar 3 Juil - 4:05
La première fois que nous avons été soumis à cet entraînement, mon équipe était la dernière à passer, et ce n'est qu'après plusieurs exhortations de Papanek que j'avais accepté de ravaler ma fierté pour regarder les vidéos. Voir la chose en direct n'avait rien de tentant avant aujourd'hui : pendant que Keaton et Higgins tentent de tenir De Assis tranquille le temps de replacer son épaule déboîtée pendant le combat, je m'approche des écrans pour mieux observer l'action, massant mes doigts meurtris avec précaution sans perdre une seule miette de ce qui se passe. La technopathe chauve avait raison, les garçons ont appris de notre combat et tentent d'appliquer une stratégie semblable, réduisant alors leurs chances de prendre avantage de leurs propres points forts. Je n'avais pas vu les choses comme ça, je ne pense pas avoir déjà eu à le faire, mais c'est la première fois que je prends part à un combat compétitif.

Le signal est donné et c'est Alastor qui ouvre le bal : pendant que les autres prennent position, le géant fonce vers la cible en activant ses boucliers et la grande surprise de tous, la frappe de plein fouet. Normalement, les projections sont plutôt rapide, elle aurait dû esquiver sans problème... les deux combattants tombent au sol, mais le colosse a une mauvaise surprise quand l'adversaire artificiel riposte en le soulevant sans problème et en le repoussant. En le voyant rouler au sol et entreprendre de se relever, Luiza siffle.

-Eh bien, tu parles d'une leçon.

-Il a de la chance. Un éveillé normal l'aurait projeté avec assez de force pour lui péter le dos contre le plafond.

Elles n'ont pas tort : vu sa taille et son gabarit, Alastor va devoir apprendre assez vite à ne pas sous-estimer la force et la résistance de ces ennemis, lui qui était si surpris de ma force physique. Étrangement, la musculature d'un éveillé n'est pas toujours affectée par son entraînement, ou pas toujours de la façon dont elle devrait être affectée. Je me demande si les Agences ont déjà fait des recherches là-dessus...

Un lourd bruit rappelant celui d'une explosion me sort de mes pensées : Bilodeau-Tanguay vient d'intervenir alors que l'adversaire s'apprêtait à achever Roth. Son cosmos a produit une sorte d'onde de choc qui a éloigné la cible, lui laissant le temps de préparer son Gymnot et tirer quelques coups. C'est l'occasion rêvée pour Papanek, qui peut alors commencer sa partie de l'attaque. Ils s'en sortent plutôt bien...

-À terre!

Taras sort de sa cachette et vise l'ennemi affaibli de son railgun, pendant que tous les autres se jetent hors de sa trajectoire, mais l'hologramme ne se laisse pas faire : peu impressionné par le canon de l'arme, elle fonce vers le biélorusse et donne un grand coup sur son arme, qui tire vers le plafond. Autour de moi, tout le monde se tait subitement, ahuris. Normalement, le coup de railgun est toujours un signe que l'ennemi est vaincu... seule les filles de mon équipe sourient encore.

-L'IA apprend aussi.

En comprenant ce qu'Emily veut dire, je retiens tant bien que mal un ricanement : il n'y a donc pas tant d’avantages à être les derniers, car notre faux ennemi retient les pour et contre des autres stratégies utilisées avant. Ils pensent vraiment à tout, pourquoi ne pas en plus nous préparer à l'éventualité que nos ennemis connaissent bien notre équipement? En attendant, les garçons ne doivent pas la trouver drôle. Papanek tente de rassembler tout le monde en repartant à l'assaut, secondé par Théo, mais il devient plus difficile de contrôler Taras, rendu maussade par son échec, et encadrer Alastor qui a constamment besoin d'être dirigé. Plus d’effort est mis sur ce dernier, parce que ses capacités sont bien plus utiles, mais il faut garder un œil sur le biélorusse qui, laissé à lui-même, risque de tenter une manœuvre en solo. Heureusement, Bilodeau-Tanguay veille.

-Taras, kossé tu fais?! TIRE!

-Quoi? Mais…

-Fais-le! Théo, à terre!


Le Québécois s’exécute et frappe le sol dans son élan, créant une puissante onde de choc qui déstabilise l’ennemi. Papanek attend un peu avant de foncer, plantant son Chunjun dans le bas du dos de l’hologramme, puis lâche son arme avant de reculer.

-Maintenant, Taras!


Le blond hésite ; la projection fonce malgré ses blessures, avec l’intention de l’arrêter à nouveau, mais c’est sans compter sur la nouvelle audace d’Alastor. Le géant approche l’adversaire par derrière au même moment où Taras appuie sur la gâchette, et immobilise la cible en levant son bouclier.
L’explosion brouille les caméras pendant une seconde. Quand l’image revient, les garçons sont tous debout, l’air confus, et une longue série de caractère apparait à l’écran. On dirait bien qu’ils peuvent la voir aussi…

-Ils calculent si le tir aurait traversé la protection de Roth. Ce n’était pas un coup direct, et la cible a encaissé une partie du choc, mais qui sait…

-Cinq minutes, deux secondes.

-Et nous?

-Quatre minutes, quarante-neuf secondes.

C’est tout de suite un soulagement et nous nous tapons toutes dans le dos en se félicitant, à l’exception de Luiza qui décide de ménager son épaule. Les résultats apparaissent enfin à l’écran : Alastor est encore en vie. Les garçons forcent un sourire et se félicitent, mais ils ne sont pas dupes : ils savent qu’ils ont perdu. Quelques minutes plus tard, le temps de recevoir quelques conseils de la part d’un supérieur, et ils reviennent parmi nous, avec Taras se dirigeant tout de suite vers Luiza en la pointant du doigt. L’Espagnole se contente de sourire.

-Ça comptait pas!

-Oh que si, ça comptait. Avouez donc, vous avez perdu!

Bien des râlements de l’équipe perdante, et mon regard tombe par hasard sur Théo, occupé à se défendre mollement contre les railleries de mes collègues féminines. Il était probablement contre tout ça, mais quand il finit par capter mon regard, soudainement vide de toute méfiance, à sourire et apprécier le temps passé avec d’autres personnes, il se débarrasse à son tour de ses reproches pour me rendre mon sourire et probablement voir le bon dans sa défaite. Embarrassée, je détourne le regard.

Et en voyant le sergent approcher de notre groupe, le visage rouge, c’est sans doute mieux de ne pas avoir l’air trop fier.
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Lun 9 Juil - 1:44
-... Arrogants et irrespectueux! Vous avez de la chance qu'on vous envoie pas au trou!

Droits comme des piquets devant le supérieur, la tête et les jambes lourdes après avoir été debout trop longtemps, nous écoutons ses remontrances en fixant devant nous d'un œil morne. Ça va faire une bonne demi-heure qu'il nous crie dessus... même Théo, celui qui a tenu le plus longtemps en gardant une expression coupable, attend la fin avec l'air de quelqu'un qui se demande ce qu'il va manger ce midi. Higgins a été celle qui a le plus souffert de l'engueulade, pour avoir manipulé un appareil des Agences contre leur gré, suivie de près par De Assis et Dmytryk qui ont commencé toute l'affaire... en bons derniers viennent Bilodeau-Tanguay, Papanek, Keaton, Roth et moi, pour avoir participé.

Une seconde de silence, puis une deuxième. Nous retenons notre souffle en espérant qu'il ne recommence pas, mais le sergent se contente de conclure d'une voix enrouée:

-Qu'est-ce que vous avez à dire pour votre défense?

Le docteur chauve se racle la gorge, signe qu'il est maintenant notre représentant officiel dans cette petite rébellion et que personne d'autre ne risque de prendre la parole.

-Nos résultats ont été excellents. Les équipes étaient optimales et ont demandé une meilleure connaissance de nos coéquipiers...

-Ce pour quoi l'ordinateur a été conçu.

-L'ordinateur ne remplace pas le jugement humain.

Je crois que le sergent va l'étriper. Malgré cela, Ben continue sans faillir, pendant que les autres retiennent leur souffle. Les autres hauts gradés ont toujours une assez bonne répartie pour s’en défendre, mais défier un supérieur n’est jamais une bonne idée…

-De plus, l'esprit de compétition a offert une meilleure motivation aux combattants.

-Parce que survivre n’est pas une assez bonne motivation?!

-Tout le monde ici sait comment survivre.

Il n’a pas tort. Nous avons tous un dossier bien rempli, à peine un autre témoin de nos exploits, et un passé rempli de victimes qui n’ont pas eu la chance de s’en sortir contre nous. Même les plus pacifiques du groupe n’hésitent pas à se lancer à l’assaut et porter des coups mortels à l’ennemi quand il le faut. Pensent-ils qu’on ne sait pas faire la différence entre le jeu et la réalité? Un seul bon coup d’œil à mon visage suffit pour réaliser qu’on comprend ce qui nous attend...
Quand le garde vient pour répliquer, la tension monte. Va-t-il oser prétendre le contraire? Finalement, il lève les mains dans un signe d’abandon et prend quelques pas de recul.

-OK, dégagez. Prochaine fois, c’est le trou.

-Ouais m’sieur.

Nous décampons sans demander notre reste, lançant notre équipement dans les conteneurs appropriés pour ceux qui n’avaient pas eu le temps de le faire. Ça fait tellement du bien de bouger, après avoir été immobile si longtemps! Vu le regard des autres, je me doute bien que nous ne ferons pas une telle bêtise pendant notre temps ici, mais Benjamin a raison, cela a donné de bons résultats, en plus de fournir des encouragements supplémentaires. Et puis, je me suis bien amusée…

-Sacrament. Y a passé sa carrière devant un esti d’mur si c’est ça « le pire que y a vu en dix ans ». Heeeey…

Théo n’est pas impressionné. À la tête du groupe, il se dirige d’un pas énervé vers la cantine et nous le suivons tous de près, faute d’avoir mieux à faire, en regardant derrière une fois de temps en temps pour s’assurer que nos médisances n’atteignent pas les mauvaises oreilles. Pendant que la complainte du Québécois bat son plein, l’autrichien m’attrape par le bras et me tire vers l’arrière, un peu à distance des autres. Je me retiens à peine de l’encastrer dans le mur.

-Je crois qu’il y a un malentendu. Mais c’est bien de voir que tu fais des progrès, même si tu rates tes sessions.

Je me dégage brutalement de son emprise, mais sans m’éloigner pour rejoindre le groupe. Où est-ce qu’il veut en venir? Le médecin de la bande a toujours la bonne réplique pour coincer les gens, et si je le fuis maintenant il ne me lâchera plus.

-Je n’ai pas envoyé Alastor pour te surveiller. J’espérais simplement vous donner la chance de socialiser à tous les deux, rien de plus. Tout ne tourne pas autour de toi… Mais je m’excuse si tu t’es sentie blessée.

Il est sincère, je crois. Peut-être pas. Malgré les mises en garde d’Higgins, qui voit le « docteur » comme un avare d’information, qui ne ressent pas toujours de remord à poser des questions plus indécentes, Papanek n’est pas un menteur. Alors pourquoi est-ce si dur de croire ses excuses? Peut-être parce qu’elles ne changent rien : je suis toujours l’insecte à garder épinglé sous le microscope, l’animal sauvage à dresser à temps pour la guerre… Les bonnes intentions ne font rien pour changer ce qui se passe au final. Et plus ils essaient de me comprendre, pour savoir quoi faire de moi, plus ils risquent d’en savoir trop. Je dois garder mes distances.

-Veux pas socialiser.

-Tu es sure de ça?

Merde. Il n’est pas complètement con, tout le monde a apprécié ce dernier exercice malgré les conséquences, moi la première. Malgré l’hospitalité des Spectres, je n’ai jamais eu vraiment l’impression de faire partie d’une équipe, les politesses n’étant jamais plus que des formalités pour respecter une supérieure, mais ici, j’ai l’impression d’avoir mérité ma place dans un groupe qui m’apprécie pour ce que je sais faire, pas que des rumeurs et histoires qu’ils n’ont pas vu…
Ou pas. Peut-être que j’ai juste aimé pouvoir taper sur quelqu’un et gagner.

Quand nous arrivons à la cantine, Ben attrape le tissu de ma combinaison pour me retenir et m’arrache une grimace en pinçant aussi ma peau se faisant. On dirait qu’il vient d’avoir un éclair de génie…

-Je crois que j’ai une solution.
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