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NtikumaChevalier Noir de l'Araignée
Chevalier Noir de l'Araignée

Date d'inscription : 28/06/2013
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Mer 4 Avr - 2:05
La figure rouge frissonna avec force en serrant sa cape autour de ses épaules, déglutissant avec difficulté. Ses collègues l’avaient bien averti du froid mordant des terres du nord, rien comme ce qu’il avait déjà connu par le passé, mais il avait tenu à y aller malgré tout et s’était préparé le plus possible. Les forgerons avaient uni leurs forces pour trouver les meilleures combinaisons de tissus pour créer un manteau capable de garder Ntikuma au chaud même à Asgard, mais durent se résoudre à lui acheter une paire de bottes, les bandages sur ses pieds n’allant jamais faire l’affaire. Et après avoir été assommé de conseils par ses employés, puis emmitouflé dans plus de couches de tissus qu’il ne pouvait en compter, ils l’avaient jugé prêt à partir. Au début, ils n’avaient pas aimé l’idée de le voir repartir, mais le petit être s’était entêté et au moins il les prévenait, le rendant un peu plus convaincant. Et puis, ses intentions n’étaient pas mauvaises : il voulait y aller pour rencontrer les gens d’Asgard, une visite diplomatique pour forger quelques liens et se révéler à eux. Et il les avait rassuré, il avait appris de New-Atlantis et de Rodorio, et puis il n’avait aucun passé entre les camps qui alourdiraient ce voyage, pas à leur connaissance. La plus grande menace serait le froid, auquel l’Africain n’était pas habitué.

Comme à son habitude, la silhouette masquée avait fait une partie du trajet en avion avec l’intention d’arriver sur les lieux à pied. Et le froid n’avait pas été trop mal, le paysage époustouflant avec son étendu blanche reflétant le soleil comme une plage de diamants, au point où elle s’était demandé si le Nord était si terrible… au début.
Car plus elle s’enfonçait dans les terres à la recherche des royaumes asgardiens, plus le froid parvenait à s’insinuer entre ses vêtements et paralyser ses membres sous sa cruelle morsure. Les nuages s’étaient vite accumulés au-dessus de sa tête, transformant l’immensité blanche en une menaçante tempête obscure dans lequel elle n’avait aucun repère. Les forces de Ntikuma l’abandonnaient rapidement, en plus de sa motivation quand il vit, après une éternité passée à marcher à la recherche de civilisation, le reflet familier de l’océan. Là où il avait été déposé par son avion. Il tournait en rond! Mais comment se retrouver dans cette tempête? Il ne pouvait pas rester là, il sentait le danger qui l’entourait en ces lieux hostiles et avait peur d’y rester piégé… mais quoi faire?

Les hurlements du Nord lui vrillaient les tympans. Les crocs du froid avaient beau mordre sa peau, ses muscles brûlaient sous l’effort et le poids de tous ses vêtements. Et l’Araignée tremblait, autant de froid que de peur. Ce n’était pas une si bonne idée que ça, pas du tout, elle avait commis une erreur terrible, elle n’aurait jamais dû venir ici seule… mais isolé comme elle l’était, comment quitter cet horrible endroit?
Au travers du blizzard, pas bien loin de la côte, une lumière apparut, suivie par la silhouette massive d’un bateau de croisière. Vu le temps et le lieu, l’embarcation devait être tout aussi perdue, la mer étant tout aussi déchaînée que la terre, mais le forgeron ne perdit pas espoir et se mis à sauter en agitant les bras pour attirer l’attention, son écharpe doré brillant comme un soleil dans le brouillard enneigé, mais le bateau ne changea pas son trajet. Cela est, jusqu’à ce qu’une détonation fit sursauter le conteur… qu’est-ce qui se passait?

En voyant le navire tanguer, puis s’enfoncer dans les eaux noires, les yeux de Ntikuma s’écarquillèrent de terreur.

Trébuchant dans la neige, le Black Knight se rua vers la côte, mais il était déjà trop tard. Il pouvait entendre quelques cris distants, puis vit quelques canots de sauvetages jaunes se laisser tomber dans l’océan. À cette distance, on aurait presque pu croire que la mer se contentait de les bercer, sans aucune violence, mais il n’était pas bête, il comprenait le danger. Et à cette température? Si Ntikuma ne savait pas exactement ce qu’il se passerait, l’idée qu’il s’en faisait suffisait à comprendre l’urgence. Il fallait faire quelque chose!

Il fallait faire quelque chose…

Une grande inspiration pour rassembler un peu de courage, puis le mercenaire tendit les mains. La lueur de son écharpe se propagea jusqu’à ses paumes, un phare dans la tempête, et des filaments dorés jaillirent de ses doigts pour filer vers le lointain, un ballet de comètes dansant dans le ciel jusqu’à former une immense toile d’araignée qui se déposa sur les naufragés comme un filet. Un bourdonnement emplit sa tête, sa vue se brouilla, mais il devait rester concentré. Pas le temps de choisir un matériau, son imagination saurait choisir le bon… Sa respiration s’accéléra quand il concentra son pouvoir et poussa son cosmos à son paroxysme, l’entourant d’une nuée de couleurs et d’éclats indescriptibles. La toile perdit de sa couleur et se mua en un savant assemblage de cordes métalliques noires se fondant à la perfection dans la tempête… néanmoins, les responsables de chaque canots parvinrent à attraper les mystérieux cordages et à les accrocher solidement à leur embarcation de fortune. Et tout ce qui les reliait à la terre ferme était un petit point lumineux au loin…

Le poids de sa toile empêchait l’Ashanti de s’écrouler. Ce qu’il tenait entre ses mains était le poids d’un nombre trop important de vies pour faiblir, il était l’ancre qui les retenait tous dans ce monde et il n’allait pas lâcher. Tous ces gens étaient maintenant sous sa protection, et cette fois il ne laisserait personne tomber. Il pouvait sentir le cosmos s’infiltrer dans ses muscles et lui donner plus de force, son écharpe glisser pour s’enrouler autour de ses poignets pour raffermir sa prise, et sa peau brûler alors qu’il tirait les cordages de métal vers lui. Il n’aurait pas dû être capable d’accomplir une telle chose. Il n’aurait pas dû être assez fort pour le faire, ce petit être qui comprenait à peine ses propres pouvoirs, en plus d’échouer lamentablement il pourrait facilement y perdre ses deux bras…
Mais il tenait bon. Et les faibles moteurs des canots de sauvetage combinés à la solide toile de l’Araignée surent porter les embarcations vers la côte, où les pauvres naufragés virent enfin qui les avait sauvés.

La lumière faiblit avant de disparaitre complètement et Ntikuma sentit ses jambes se dérober sous son poids. Un homme portant une veste jaune fluo se rua sur le forgeron pour le rattraper et l’aider à rester debout, lui laissant le temps de prendre une grande inspiration et se ressaisir un peu. L’homme lui parlait dans une langue qu’il ne comprenait pas, les autres passagers le fixaient dans un mélange de peur et de fascination. Si frêle… et pourtant, ce petit être avait su les sauver de la tempête… ou retarder leur trépas. Car sans moyen de communication, loin de leur trajet d’origine et isolés du reste du monde, comment allaient-ils survivre? La silhouette rouge avait beau tout avoir d’un éveillé puissant, elle était aussi épuisée par son dernier exploit et ne réagissait que très peu à toutes les questions que les employés du bateau lui posaient.

Les paupières de Ntikuma étaient de plus en plus lourdes. Il ne pouvait pas faillir maintenant! Il fallait aider tout ces gens, leur trouver un endroit sur… mais il ne savait pas où aller. Qui était-il, au fond, pour le savoir?

Il s'appelle Ntikuma. C'est un conteur.

Plus maintenant. Il était un éveillé, un chevalier, un forgeron au potentiel illimité, et il ne se contentait plus de rester là à regarder les histoires passer : il les écrirait, déciderait où se dirigerait le destin. Et pour ces gens, pour lui, l'histoire ne se terminerait pas là!

Il ne pouvait pas les guider jusqu'à la civilisation. Mais d'autres éveillés avaient fait leur nid en ces terres ; il pouvait les attirer jusqu'à lui.

Sa respiration rendue plus douce par l'effort de concentration, l'Ashanti détacha sa cape et tendit les bras bien au dessus de sa tête, faisant appel à toute la puissance dont il était capable. Cette fois, ce fut tout son être qui s'illumina de rose et de vert, le transformant en une aurore boréale vivante, et l'énergie se propagea jusqu'à la cape qui commença à s'agrandir. Bientôt, le simple vêtement devint un immense rectangle de tissu assez grand pour couvrir chaque survivant, qui à l'unisson entreprirent de le saisir pour se protéger du vent et de la neige. Une douce chaleur en émanait, une autre trace du cosmos qui animait le tissu, mais ce qu'ils ne pouvaient pas voir, c'était l'araignée géante posée sur l'abri de fortune, le phare qui saurait attirer l'aide jusqu'à eux.
Il n'eut qu'à tirer légèrement pour que toute la délégation se mette à avancer.

[SOLO] Take the Long Way Home