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23.06.18 19:58
Comme promis, le voyageur vit se dessiner sur les vagues à l'horizon la silhouette de bateaux entourant une épave luxueuse. Lui et le petit groupe de survivants avaient marché pendant des heures sur les terres glacées du Nord, se fiant aux directions données par les habitants du village de Magnir pour rester sur le bon chemin. Les naufragés avaient eu beaucoup trop de temps pour se demander si leur "sauveur" ne les avaient pas perdus dans le désert blanc, aussi poussèrent-ils de grands cris de joie en apercevant d'autres êtres humains plus qualifiés pour les ramener à la maison. Courant vers la rive, hurlant et agitant les bras, ils attirèrent bien vite l'attention des explorateurs de l'épave, du personnel qualifié qui prit bien vite tout ce petit monde en main en les guidant vers leurs bateaux sans trop poser de questions en voyant l'armure noire que portait leur petit chef de file. Mieux valait ne pas trop se mêler de ces affaires-là, tant que l'étrange mercenaire ait su garder tous ces gens en vie... Les naufragés furent poussés dans les cales de bateaux, et le Black Knight eut droit de rester dans un petit bureau à part, à sa demande. Il avait besoin d'être seul...

Enfin à l'abri des regards, Ntikuma s'était mis au travail : les pièces et billets empruntées aux membres de la garde côtières n'étaient pas comme les siennes, et en les entendant discuter avec les naufragés il avait cru comprendre qu'ils comptaient se rendre en Amérique, il avait donc abandonné son argent pour plutôt s'inspirer du leur, créant et répliquant jusqu'à ce que tout son corps lui intime de s'arrêter. Ça suffirait.

Ils s'arrêtèrent à Québec, laissant une grande majorité de touristes entre les mains des autorités locales, mais sans le sous pour contacter leur famille ou aller un peu plus loin, du moins pas sans aide… L'occasion pour le mercenaire de voler à leur secours une fois de plus. Il leur fit don de ses dernières créations en prenant soin d'en garder assez pour les autres, puis les salua une dernière fois avant de partir avec le cortège de bateaux qui conduiraient les autres naufragés plus au sud, aux États-Unis. Si sa mémoire ne lui faisait pas défaut, les Chevaliers Noirs avaient établi des quartiers à New York, ce serait parfait pour rentrer à la maison.

Quand leurs sauveurs s'arrêtèrent dans un autre port pour laisser descendre les passagers, la figure rouge entreprit de distribuer de nouvelles liasses de billets aux derniers naufragés, faisant mine d'ignorer ceux qui renvoyaient leurs enfants en ligne pour en avoir plus. Bien des gens s'éloignèrent sans le remercier. D'autres posèrent des questions, se demandant pourquoi et comment ce petit être faisait ce qu'il faisait. Ils n'eurent droit qu'à un haussement d'épaule nonchalant. Qu'ils imaginent ce qu'ils veulent.

Matsuda attendait sur le quai, entouré de valises massives et cachant tant bien que mal sa nervosité. Quand le forgeron approcha, l'asiatique le salua de la main avec un large sourire.

-Eeeet vous voilà! Vous avez fait bon voyage? Vous avez l'air de bonne humeur! Allez, venez, on a du boulot à faire!

Surpris par l'enthousiasme de son employé, mais aussi par son sourire forcé, Ntikuma ne résista pas quand ce dernier l'attrapa par les épaules pour le guider vers un taxi, qui, expliqua-t-il, les conduirait vers un jet qui les amènerait à son tour à… Johannesburg?

Au moment de se laisser tomber sur la banquette arrière, le japonais se pencha sur son patron et lui murmura à l'oreille :

-On a un gros problème. Pas un mot jusqu'à ce qu'on aies rejoint les autres.
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28.06.18 3:38
Comme l'avait demandé Matsuda, le forgeron ne tenta pas de lui dire quoi que ce soit, profitant du calme et du silence pour dormir un peu, admirer les nuages former un royaume blanc sous leur avion et nettoyer son armure, qui avait perdu de son éclat depuis son départ de l'île. Les Asgardiens en avaient bien pris soin, mais ils ne pouvaient empêcher le temps de faire son œuvre.

Par-dessus toutes ces occupations insipides, il y avait les inquiétudes. Qu'est-ce qui avait bien pu se passer? Pourquoi se rendre à Johannesburg pour en discuter? Matsuda ne semblait pas être en colère, alors ça ne devait pas être de sa faute, mais dans ce cas pourquoi lui demander de l'aide à lui? Et pourquoi ce silence?

Après plusieurs heures de voyages, l'asiatique lui posa des questions sur son voyage. Ntikuma lui conta avec joie, se levant malgré les avertissements du pilote et épatant son employé de ses images, s'arrêtant quand une turbulence le projeta au sol et que le pilote lui aboya de retourner s'assoir. Le japonais détourna le regard en se mordant la lèvre. Le nouveau chef faisait des progrès considérables… Et maintenant, il arrivait à retenir l'attention d'autres camps. Qu'est-ce que ça allait bien engendrer? Avaient-ils les épaules pour mériter cette réputation?

Quand l'avion atterit, Matsuda ne prit pas ses bagages et se saisit tout de suite du bras de son chef pour le tirer vers la sortie, le pilote s’occuperait de ses effets personnels… ils marchèrent longtemps, zigzaguant entre les rues en s'éloignant de plus en plus des zones peuplées de la ville, jusqu'à finir dans de petites ruelles. En sentant le petit être s'agiter, le japonais se pencha pour lui murmurer :

-Ça va, personne s'attaquera à un type avec une armure.

Après tout, les délinquants ne pouvaient pas savoir… maintenant qu'ils étaient plus loin de la civilisation, il pouvait lui expliquer la manœuvre.

-La ville est pas trop surveillé, l'Ordre a pas beaucoup de monde ici. À New York, y a des oreilles partout…

Il poussa enfin la porte d'une petite taverne, poussant l'Ashanti dans une pièce faiblement éclairée à l'odeur suspecte. Lou les attendait à une table tout près, entouré de bouteilles colorés, et leur fit signe d'approcher dès qu'il les vit. Les forgerons prirent place, jetant des coups d'œil inquiets autour d'eux, mais le vieillard les rassura.

-Le barman parle pas anglais, on est tranquilles.

Une gorgée de plus, puis il planta son regard dans celui de Ntikuma, qui frissonna. Les autres avaient un peu de respect distant pour lui, celui de la hiérarchie, mais Lou... ne s'en souciait pas.

-Tu veux bien me dire depuis combien de temps tu payes avec de la fausse argent?

Le mercenaire resta interdit pendant quelques secondes, puis fit quelques signes. C'était ça, le problème? Pourtant, c'était des répliques exactes, et elles avaient la même valeur... Lou hocha la tête.

-Ta dernière visite ici, donc. Y a que toi pour payer aussi cher pour des gaufres … Alors, on a l'argent ici. Maintenant, tu vas trouver toutes tes fausses pièces et on va procéder à l'échange. Ensuite, je veux plus jamais te voir faire ce genre de connerie.
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30.06.18 20:13
Matsuda avait peut-être fini par comprendre sa bévue, même si c'était trop tard, mais la chose ne pouvait pas être dite de Ntikuma, qui resta de marbre devant les explications. Normal, pensa le japonais avec un serrement au cœur, comment faire comprendre à un individu venant d'un pays pauvre et surexploité qu'il pouvait y avoir trop d'argent dans le monde? Il y avait de quoi s'insurger, mais ils n'avaient malheureusement pas le temps de mépriser les riches et imaginer un monde meilleur pour les autres. Heureusement, Lou avait une meilleure idée : le vieillard sortit un énorme sac rempli de bonbons colorés de sous la table et le montra au forgeron, qui commença tout de suite à s'agiter.

-J'ai ton attention, là? Bon, imaginons que j'ai fait ces bonbons et que je veux les vendre. Plus j'en fais, plus ça me coûte cher de les produire, donc faudrait que je les vende plus cher pour avoir des profits. Si mes bonbons étaient une sorte de spécialité locale d'un village un peu obscur, ils seraient considérés comme très rares, donc je pourrais les vendre plus cher, mais s'ils sont vendus partout dans le monde, les gens ne voudront pas payer trop d'argent car ils seront considérés comme une ressource commune. Il faut donc trouver l'équilibre parfait entre ce que moi je veux et ce que les gens veulent. Tu me suis?

L'encapé hocha la tête, hypnotisé par les friandises. Lou sortit alors un autre sac et commença à déverser son contenu dans le premier.

-Mais si quelqu'un commence à rajouter des bonbons, sans que je ne puisse le contrôler... oui, même si ça ne coûte rien, mon offre change. Et donc la demande aussi. Donc les gens en veulent plus, pour moins cher, et parce que le petit malin qui créé des bonbons à partir de rien n'en fait pas son boulot à temps plein, les coûts de production restent les mêmes sauf que là, il faut en faire plus, donc ça coûte plus cher. Ou tenter de redescendre l'offre en augmentant les prix, ce qui ne fait pas plaisir à la demande. Et là boum, le chaos total. Et là c'est pas mal, je te l'ai fait avec des bonbons : imagine avec l'argent.

L'Ashanti déglutit. Il n'avait pas tout compris, mais avait au moins saisi qu'il y avait un certain équilibre à respecter et que, contrairement à des matières premières, l'impact de l'argent était beaucoup plus grand. Lou semblait content de voir que son explication avait fonctionné, et Ntikuma se mit soudainement à hésiter. Il allait falloir lui dire, pour son dernier voyage...

-Bon, c'est tout pour moi. Des questions?

Tout de suite, le petit être pointa le sac. Le doyen soupira.

-Oui, tu peux avoir le sac de bonbons.

D'accord, il avait au moins réussi à sécuriser ça. C'est en tenant le sac entre ses mains que le petit être quitta enfin la taverne en sautillant, suivi de près par ses deux employés qui avaient tout simplement envie d'en finir le plus vite possible avec cette histoire débile. Ils marchèrent longtemps pour retourner au centre-ville, là où Ntikuma pourrait les guider vers le kiosque de gaufres, et avec un peu de temps ils étaient tous de meilleure humeur. La chance de leur annoncer la mauvaise nouvelle.

Le mercenaire s'arrêta au milieu du trottoir, forçant Lou et Matsuda à en faire de même.

-Qu'est-ce qu'il y a?

La série de signes et d'images fit sursauter le japonais. Il ne s'attendait pas à un tel monologue, mais son chef en avait soudainement bien long à dire. Il n'était pas aussi bon que Lou à déchiffrer le langage approximatif du muet, mais à deux ils devraient parvenir à tout comprendre...

-Oui... le bateau qui a coulé, vous avez sauvé des gens, je sais ça... quoi? Vous les avez reconduits, avec d'autres bateaux, oui, et... ensuite... ensuite...

Oh non. Les épaules de Matsuda s'affaissèrent et Lou serra les poings de colère.

-Combien?

Résigné, Ntikuma traça le nombre exact devant lui. Maintenant, la vraie colère allait s'abattre sur lui...
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ReaganChevalier Noir de l'Oiseau de Paradis
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03.07.18 18:57
Maintenant qu'il avait retrouvé toute sa superbe, Reagan s'était lancé en compagnie de Blueman dans un voyage à la recherche de Yasuha et d'Olivia, ceci afin d'accomplir sa vengeance. Or, ce n'était pas seulement son honneur qui était en jeu, mais bien celui de toute la Chevalerie Noire, que ces deux garces avaient traîné dans la boue par leur abandon injustifié. S'il ne trouvait pas l'une des deux, la seconde allait payer pour l'autre au prix fort de la souffrance. La Japonaise avait peut-être sorti l'Oiseau de Paradis des souterrains, mais c'était Éris qui l'avait véritablement sauvé des griffes de son tortionnaire. Tout ce que cette petite catin était parvenue à faire au cours de cette quête était s'enfuir, souillant par la même occasion la réputation des mercenaires de Death Queen Island.

Pour mener sa recherche, l'Américain retourna à Johannesburg, l'endroit même où il avait débuté son enquête. Peut-être le maire aurait-il du neuf au sujet de la justicière d'opérette, et s'il refusait encore de coopérer, un interrogatoire musclé s'imposerait. Malheureusement, il n'eut rien à se mettre sous la dent lors de sa visite à l'hôtel de ville, bien qu'il eut fait usage de la menace. Le punk avait vérifié qu'aucune communication concernant leur affaire avait été faite, mais cela n'avait guère avancé les investigations. Bredouilles, Reagan et son laquais décidèrent de passer le reste de la journée à se balader à travers Johannesburg et à s'amuser histoire de célébrer la guérison complète du premier.

Le Chevalier Noir loua donc une magnifique Ferrari décapotable et s'engagea avec Blueman dans une grande virée à travers les rues ensoleillées de la ville. En plus de shorts assortis, ils s'étaient respectivement vêtus d'une chemise rose ouverte sur le torse pour l'un et d'un débardeur moulant noir ne couvrant que le torse pour l'autre. Son boa sur les épaules, l'Américain portait aussi ses indétrônables ray-bans tandis que le punk tatoué optait pour des lunettes de soleil de style cyclope. Les muscles saillants et luisants, ils étaient prêts à faire la fête et à frimer partout où ils iraient, chose dont ils avaient besoin après tant de frustration accumulée. Une fois la musique d'ambiance activée, Reagan se mit au volant puis le duo de truands se lança finalement à l'aventure.

BGM- https://www.youtube.com/watch?v=F-nuV36fvgQ -BGM

Ils sillonnèrent ainsi Johannesburg de la manière la plus désinvolte possible, conduisant de façon totalement inconsidérée et poussant le volume de la musique presque à fond. Leur manège attirait indubitablement l'attention et parvenait à amuser la galerie, sauf les autres automobilistes et les piétons qui réchappaient de peu à leur passage lorsqu'ils essayaient de traverser la chaussée. Ils réussirent même à embarquer un groupe de troufions de la Confrérie Noire, qui acceptèrent l'invitation à profiter de la virée. Ils se retrouvèrent très vite à danser sur les places arrières du véhicule, la fine équipe s'arrêtant au fil du temps dans plusieurs bars. Évidemment, ils finirent passablement beurrés à force d'enchaîner les cuites, alors que l'Oiseau de Paradis et son sbire tenaient encore bien l'alcool.

C'est alors que les joyeux drilles croisèrent durant leur voyage des silhouettes ainsi que des visages familiers. Effectivement, sur un trottoir se tenaient le forgeron en chef de Death Queen Island, le dénommé Ntikuma, en compagnie de ses subalternes. Ils étaient visiblement en pleine discussion, mais cela n'empêcha pas un Reagan plutôt éméché d'interpeller gaiement son camarade muet :

"Heeeeeeeeeeeeeey ! Sup' bitches ! Comment ça va mon brave Ntikuma ?! J'm'attendais pas à te revoir là mon p'tit gars !"

"Z'avez l'air d'êt' vachement constipés les mecs ! Buvez d'la binouze, ça va vous décoincer un peu !" ajouta Blueman, lui aussi pas mal torché.

En même temps qu'ils s'adressaient à Ntikuma et à ses compères, les autres larbins se versaient allègrement de la bière sur leurs corps musculeux. Pour parachever la scène, l'un d'eux s'était carrément mis en slibard de cuir et s'était attaché des canettes rouges tout autour de la ceinture.


Dernière édition par Reagan le 06.07.18 9:07, édité 1 fois
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05.07.18 0:05
-Donne! DONNE!

-Qu'est-ce qu'on va faire, bordel mais qu'est-ce qu'on va faire...

Les lèvres pincées et les poings serrés par la colère, le plus vieux des trois forgerons bondit en direction de son chef muet, mais ce dernier esquiva l'assaut avec agilité tout en cachant son sac de friandises sous son long manteau. Il avait gagné ce sac, pas question de l'abandonner! Lou ne pouvait que constater que le petit être, en dépit de toute sa candeur, avait quand même eu l'idée d'avouer sa dernière bévue après avoir reçu sa récompense, et cette manipulation ne lui plaisait pas du tout. Surtout en voyant Ntikuma lui résister, lui qui cédait pourtant si facilement! C'était officiel, plus de bonbons pour lui...

Il avait d'autres priorités : calmer Matsuda en était une, au moins l'africain l'écoutait toujours et n'avait pas encore trop paniqué —normal, il comprenait à peine ce qu'il se passait. Le japonais, par contre, agissait comme s'ils avaient déclenché l'apocalypse et ce n'était pas bien mieux. Raison pour laquelle le doyen laissa tomber sa première cible pour plutôt attraper le bras de Matsuda, qui tournait en rond en se tirant les cheveux, et le força à s'immobiliser.

-Ça suffit! Tu veux attirer tous les trouffions du coin ici avec ton cirque?

-Qu'est-ce que ça peut bien changer? Ils vont s'en rendre compte bien assez vite!

Il n'avait pas tort... Autant un petit montant pouvait passer inaperçu pour un oeil inexpérimenté, le nombre que leur avait donné Ntikuma attirerait l'attention des mauvaises personnes bien assez vite. Ce n'était qu'une question de temps... et pour compliquer les choses, l'Ashanti l'avait distribué entre plusieurs personnes, ce qui posaient encore plus de difficulté pour les recherches. À trois, ils ne seraient jamais capables d'y arriver sans attirer l'attention du reste de l'Ordre Noir... C'est alors que la silhouette rouge s'agita, répétant une série de signe que même Lou n'était pas sur de comprendre. S'ensuivit d'étranges visuels donc des formes éthérées et une sorte de papillon, et après une bonne minute à l'avoir regardé faire le doyen compris enfin ce qu'il tentait de dire.

-Les Spectres? Mais pourquoi ils...

Soudainement, le vieillard se tut, regardant derrière ses compagnons d'un regard sévère. Ntikuma et Matsuda se retournèrent, curieux, et eurent un sursaut en voyant une luxueuse voiture approcher, remplie de fêtards bruyant aillant à leur tête une musculeuse figure bien familière. Lou eut les réflexes de les pousser dans une autre rue, mais abandonna en voyant que les autres parias les avaient vu. Oh non...

-Seigneur Reagan.

Le ton froid du plus vieux ne donnait pas d'illusions quant à son opinion de l'Oiseau du Paradis, ce qui n'était pas arrangé par les compatriotes de ce dernier. Ntikuma s'interposa avant qu'une dispute n'éclate, saluant son collègue d'une longue tirade de signes, et ce fut Matsuda qui s'avança pour servir d'interprête.

-Salutations à vous aussi, monseigneur. On est juste de passage, Ntikuma avait juste quelques trucs à régler ici. Il va très bien, il revient d'Asgard...

Plein de contenance même après sa petite crise de panique, le japonais s'arrêta là tout naturellement, comme s'il n'y avait tout simplement plus rien à dire sur le sujet. Au tour de l'Ashanti de faire sa part en orientant la conversation vers quelque chose qui risquait moins d'attirer la curiosité de Reagan : sa propre personne. Jetant un regard dubitatif vers les autres fêtards, Matsuda se râcla la gorge.

-Euh... non merci. Et vous monseigneur, vous semblez plutôt en forme!
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07.07.18 22:23
Ntikuma et ses assistants paraissaient drôlement paniqués à l'idée de le voir, mais Reagan n'en avait cure de leurs problèmes. Ils devaient sans doute être en train de galérer sur une quelconque affaire comme la bande de plébéiens dénués de talents qu'ils étaient. De plus, l'Américain avait lui-même d'autres chats à fouetter pour plus tard, aussi n'avait-il pas le temps de s'occuper de leurs soucis. Le forgeron répondit à ses salutations en langage des signes et ce fut une face de citron qui s'occupa de traduire les propos du muet. Manifestement, le petit bonhomme se portait plutôt bien et avait fait un tour dans le domaine d'Odin. Voilà qui était déjà plus intéressant que les "trucs" qu'il mentionnait et qui n'étaient de toute manière pas ses oignons. Cela faisait longtemps qu'ils n'avaient plus entendu parler d'Asgard à Death Queen Island. Il fallait dire que les Nordiques n'étaient pas du genre amicaux, à rester reclus dans leurs contrées gelées pendant que les autres factions se partageaient voracement le reste de la planète.

"Pas mal ça !" siffla l'Oiseau de Paradis. "Et comment ça baigne à Asgard ? Les barbares qui peuplent le coin ne s'y pèlent pas trop les fesses au moins ?"

On ne pouvait guère en dire autant de lui : il avait l'impression de cuire tellement il faisait chaud, aussi s'enfila-t-il une généreuse rasade de bière. Lorsque Ntikuma, par l'entremise du bridé, nota à quel point il était pétillant de santé, Reagan se fendit d'un large sourire et Blueman se mit à glousser. Sans se mêler à la discussion, les autres sbires qui se trouvaient dans la Ferrari continuaient de danser et de s'abreuver.

"J'vais très bien, merci beaucoup mon brave Ntikuma !" répliqua l'Américain en étouffant une éructation. "Quant à c'que j'bricole d'mon côté, c'est simple : moi et mon nouveau larbin Blueman on cherche deux poulettes ! Z'auriez pas vu une nana appelée Olivia et une asiat' nommée Yasu par hasard ?"

"Ouais, on a beau fouiller partout l'patron et moi, on n'les trouve pas ces salo- BURP !" souligna maladroitement le punk avant de se ressaisir. "Faut qu'on les chope parce qu'elles ont pas respecté un contrat, les garces !"

"Ah, d'ailleurs mon brave Ntikuma, j'te présente mon assistant Blueman. J'suppose que tes laquais savent déjà qui c'est, ils pourront te le présenter plus en -hic- détail..."

"Comme tu l'sais, j'aide mon patron à traquer les deux pouffiasses là... HIPS ! Ntikuma, mon copain, si tu pouvais nous donner un coup d'pouce, ce serait chic de ta part."

"Carrément ! Faut grave qu'on leur démonte leurs mères à ces filles, et vite !"

"J'dirais même plus : on va les buter !"

Passablement ivres, l'Oiseau de Paradis et son acolyte ne se rendaient même plus compte des horreurs qu'ils débitaient en public puis se mirent à rigoler comme des tarés. Imperturbables dans leur transe alimentée par la biture, le reste des troufions était trop occupé à festoyer pour se révolter contre un tel comportement. C'était une réalité à la fois cruelle, normale et évidente : la plupart des gens n'avaient en vérité rien à cirer de ce qui ne les concernait pas directement, surtout quand ils avaient de quoi se divertir afin d'oublier toute la misère du monde.
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15.07.18 15:08
Les pieds nus de Ntikuma se soulevèrent dans un élan d'enthousiasme suite à la question de Reagan sur son voyage et il entreprit de lui répondre dans une tirade de signes si rapides que Matsuda, encore novice dans son rôle d'interprête, ne put les traduire complètement. Il s'en était passé, des choses, et son petit chef n'en était pas peu fier, mais le japonais s'inquiétait des indices qu'une telle histoire pouvait laisser. Surtout que l'Oiseau du Paradis n'était pas complètement stupide, peut-être qu'il n'aimerait pas partager…

-Ouaip, tout le monde va bien.

Il a risqué sa vie pour des dizaines d'innocents, a perdu ses pouvoirs temporairement, et il s'est foutu la main sur une torche ardente pour prouver sa valeur, avait-il envie d'ajouter, mais peut-être était-ce trop long. Lou, en retrait, observait les fêtards, surtout Blueman, sans dire un mot. Les dégénérés comme lui gardaient la réputation de l'île vivante bien mieux que ses réels instigateurs, de nos jours. Les Chevaliers comme Reagan n'étaient pas une menace pour Ntikuma, parce qu'ils comprenaient sa valeur et donc, la leur, mais les autres faiseurs de loi ? Qui sait… Et pour ça, il fallait être prudent. L'Ashanti se débrouillait correctement pour ne pas se mettre en danger et les autres forgerons aidaient, mais si un jour quelque chose tournait mal, quelqu'un devrait les protéger. Et il semblait être le seul capable de le faire.

Aveugle au tracas du doyen, la silhouette rouge faisait face à d'autres problèmes. Hochant la tête poliment face aux propos de Reagan, sa bonne humeur s'estompa peu à peu quand ce dernier lui expliqua ce qu'il faisait vraiment là : ils cherchaient deux filles. Son étrange acolyte précisa que c'était à cause d'un contrat, et l'un et l'autre surenchérirent avec d'autres menaces qui firent reculer Ntikuma de quelques pas, tant il ne se sentait plus en sécurité près des deux hommes. L'alcool pouvait être blâmée, certes, mais il n'était pas dupe et craignait que leurs passions ne s'enflamment encore plus, surtout devant un refus de les aider… après tout, comment pouvait-il seulement s'imaginer participer à une telle horreur?

La première réponse fut facile : le forgeron secoua la tête pour signifier qu'il ne connaissait pas ces filles, ce qui était vrai, puis tourna la tête vers ses employés qui en firent de même. Matsuda se râcla la gorge avant de reprendre la parole, cette fois pour lui-même :

-Je croise pas mal d'asiatiques au village, mais j'ai pas de souvenirs d'une Yasu.

Et Lou sortait très peu du Laboratoire, il ne devait donc pas connaître grand-monde. Bien. Ce n'était pas suffisant pour les sortir complètement du pétrin, mais c'était un début. Le vieillard eut un ricanement mal contrôlé et se mêla enfin à la conversation, sa voix débordante de sarcasme à l'égard des deux musculeux personnages.

-Ah ? Et qu'est-ce que Ntikuma a à vous offrir que vous n'avez pas pour atteindre votre noble objectif ?

L'africain lui lança un regard incertain, puisque la condescendance semblait aussi lui être adressée. Mais c'était une bonne question. Il ne connaissait pas ces filles et il n'avait pas de talents de traqueurs, alors quel serait son rôle ? Il pouvait lui offrir quelques petits pouvoirs de plus, mais en avait-il vraiment besoin?
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20.07.18 23:25
La réponse de Ntikuma relative à l'état d'Asgard fut laconique et n'apporta pas à Reagan les éléments qu'il voulait. Un tel manque d'intérêt agaçait le second, mais peut-être n'y avait-il tout simplement rien de notable à apprendre chez les fidèles d'Odin. Ces culs-terreux étaient trop renfermés sur eux-mêmes pour avoir une quelconque incidence sur le sort de la planète, en plus d'être des grenouilles faiblardes n'ayant jamais vu l'océan de leur vie. De toute évidence, que pouvaient-ils donc bien faire depuis leur minable puits étriqué ? Une bande de paysans pareille n'était bonne qu'à se manger une rouste par les imbéciles heureux du Sanctuaire dès qu'ils osaient sortir des rangs.

"Bouarf, tant mieux pour eux." répliqua finalement l'Oiseau de Paradis d'un ton las.

Quant au problème de Yasu et Olivia, aucun des forgerons ne les avait vues, ce qui déçut le duo de malfrats. Si on ne pouvait même plus compter sur les amis, où s'en allait le monde ? Pour une raison douteuse qui n'amusait qu'eux, le commentaire du subalterne asiatique sur la présence d'Orientaux à Misery fit ricaner l'Américain et le punk. Ce dernier, totalement désinhibé par l'alcool et sentant que son patron ne lui interdira pas ce trait d'esprit, se permit quelques railleries indélicates :

"Wah bah putain... Et moi qui pensais qu'il n'y avait qu'les Occidentaux qui voyaient les faces de citron tous avec la même tronche, mais en fait même entre eux ils pensent qu'ils ont tous la même tronche ! La vaaaaaaache, c'est dingue ! Quoiqu’à c'qu'il paraît les Japonaises sont mignonnes, mais le truc c'qu'elles sont divisées en deux catégories : les vieilles filles et les truies qui trompent leurs maris ! Moi j'dis qu'vu comment elles sont, 'y a plus qu'à les cueillir !"

Blueman s'enfonça dans une crise d'hilarité tandis que son chef vidait distraitement une énième canette de bière, un sourire en coin. Jugeant que c'en était assez, Reagan donna une claque à l'arrière de la tête de son acolyte et lui indiqua de baisser le volume d'un geste de la main. L'intéressé eut de la peine à étouffer ses rires et commença à tousser tellement il s'était emballé, avant d'enfin parvenir à se calmer puis à se taire. La conversation était en train de se poursuivre et le renégat ne pouvait souffrir qu'elle soit interrompue par des borborygmes inélégants.

Fort heureusement pour le vioque qui accompagnait Ntikuma, l'Oiseau de Paradis était trop ivre pour déceler le sarcasme dans sa voix lorsqu'il lui demanda ce que pouvaient bien lui offrir les alchimistes. En effet, il fallait reconnaître que sa recherche de vengeance était une quête d'une hauteur spirituelle trop immense pour des béotiens de leur espèce. Néanmoins, des ouvriers comme eux pouvaient toujours lui réparer son Armure Noire, voire lui en forger une nouvelle, ceci afin de ne pas s'engager imprudemment au combat tout nu. Ses muscles surentraînés avaient beau être aussi durs que du titane, la récente défaite de Reagan l'avait convaincu qu'il avait plus que jamais besoin d'une cuirasse suffisamment solide pour résister aux terribles batailles qui l'attendaient.

"Vous pouvez me donner une chose mes braves : une nouvelle armure." expliqua-t-il d'une voix pâteuse. "La dernière a méchamment morflé et 'y reste qu'des morceaux éparpillés en Alaska, alors z'allez m'en refaire une de zéro. Z'inquiétez pas pour le boa sinon, il va très bien, c'est juste mon Armure Noire qu'est un peu beaucoup pétée..."

Sur ces paroles, il inspecta l'intérieur de sa voiture pour vérifier s'il ne lui restait pas une canette ou une bouteille de gnôle, mais ce n'était hélas plus le cas. Lui, son larbin tatoué et les autres troufions qu'il avait invités s'étaient enfilé tout le stock d'alcool jusqu'à la dernière goutte. Vexé par cette pénurie et irrité par la vision hallucinante des sbires en train de danser sur la banquette arrière, l'Américain les chassa du véhicule à grand renfort de coups de pied dans les fesses. Décontenancés par cette soudaine hostilité, les laquais de l'Ordre Noir s'enfuirent fébrilement non sans trébucher à cause des vertiges procurés par un excès de biture. Maintenant qu'ils étaient enfin tranquilles, l'Oiseau de Paradis s'en retourna à Ntikuma histoire de lui adresser ses salutations :

"C'est pas tout, mais j'suis sacrément beurré et j'ai encore pas mal d'boulot, alors faut qu'j'me sauve... Tu me reforgeras une Armure Noire flambant neuve pendant c'temps, pas vrai mon brave Ntikuma ? J'viendrai la récupérer à Death Queen Island un d'ces jours, tu pourras la laisser chez toi en attendant. T'en dis quoi ?"
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26.07.18 1:54
Satisfait d'avoir éloigner l'intérêt de Reagan envers les Ases, Matsuda haussa les épaules en évitant le regard outré de son chef, qui avait vu son propre enthousiasme être étouffé par la traduction du Japonais. Tous deux avaient une vision bien différente des choses : la naïveté de Ntikuma le portait à croire que les mercenaires pouvaient bénéficier de ce rapprochement, mais son employé plus expérimenté craignait plutôt que l'histoire ne se répète si quelqu'un autre que l'Ashanti devait jeter son dévolu sur les terres du Nord. Maintenant plus que jamais, ils avaient besoin d'alliés, de liens serrés qui renforceraient leur importance malgré leur manque de force brute. Et au final, si tout ça voulait dire qu'ils échapperaient un peu à la toxicité de Death Queen Island, tant mieux...

Seulement, ce dit poison était plus compliqué que ça à chasser ; l'Oiseau du Paradis et son laquais en étaient la preuve. Ce dernier ponctua les observations de l'asiatique d'une série de commentaires qui le firent sursauter, mais l'heure n'était pas à la contemplation. Le principal concerné regardait maintenant le punk comme s'il s'apprêtait à lui arracher la tête et Ntikuma dut se joindre à Lou pour le retenir, son bras lui barrant la route pendant que le vieillard le retenait pas les épaules, lui murmurant quelques mises en gardes teintées de regret. Même ivre, le voyou n'était pas à sous-estimer, et ses aptitudes physiques n'étaient pas les seules choses à craindre... d'autant plus que rien n'empêchait Reagan de s'en mêler. Non, ça n'en valait pas la peine. L'Araignée se souvenait avoir eu la même interrogation, mais l'avait formulé assez poliment pour n'avoir eu droit qu'à une explication agacée : oui, les asiatiques se reconnaissaient parfaitement entre eux. C'était même les autres races qui étaient le plus difficile à différencier, autant noire que blanche, et les deux forgerons avaient fini par se trouver un point en commun dans cette simple déclaration qui se voulait sarcastique. Ce n'était clairement pas ce qui se passait maintenant...

Matsuda finit par battre en retraite en même temps que Blueman, mais la tension était encore palpable. Ils avaient plusieurs autres problèmes sur les bras, et le flamboyant mercenaire venait d'en ajouter un autre : son armure avait été détruite pendant un combat en Alaska, il n'en restait rien, et il en voulait maintenant une nouvelle. Lou, sur le point de tenter de dérober le sac de bonbons de son chef, sursauta en entendant la nouvelle et au grand dam de ses collègues, exprima trop fort son déplaisir.

-Encore? On vient juste de vous en faire une!

La remarque était justifiée, et l'asiatique déjà de mauvaise humeur fut rapide à aquiescer, mais pas question de s'attirer l'ire du Black Knight! Rassemblant toute l'agressivité dont elle était capable, la silhouette rouge se tourna vers son "employé" pour le bombarder de signes l'intimant de se taire. Peu impressionné, Lou battit tout de même en retraite en marmonnant le reste de sa complainte dans sa barbe, encouragé par le silence maintenant glacial de Matsuda. Le petit forgeron de plus en plus désemparé dut donc se faire comprendre seul, hochant vigoureusement la tête à l'intention de son confrère pour lui faire comprendre qu'il acceptait et qu'il se mettrait au travail dès que possible. Voilà que les tâches s'accumulaient à nouveau... Et plus que jamais, Ntikuma avait l'impression d'être seul, étouffé par le monde qui se refermait autour de lui sans chance de s'échapper.
Car Matsuda, caché derrière ses collègues, avait déjà choisi son camp dans cette histoire.
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01.08.18 10:15
Tandis que Reagan discutait des sujets sérieux, Blueman observa d'un œil amusé le manège de Ntikuma, qui essayait de contenir son camarade asiatique suite à ses propos provocateurs. Le punk ne considérait de toute façon pas qu'un simple alchimiste soit une menace pour lui et était trop ivre pour se rendre compte de son agressivité. Il trouvait juste drôle de voir le petit encapuchonné et un vieillard chétif se débattre fébrilement afin de contenir ce subalterne énervé. De son côté, l'Oiseau de Paradis était incommodé par les signes de mauvaise volonté que manifestait le vieux forgeron à l'égard de sa requête. Depuis quand de vulgaires ouvriers se permettaient-ils de répondre de la sorte à leur chère clientèle ? Une telle impertinence était inconcevable !

Outré, le Chevalier Noir baissa ses lunettes de soleil et fusilla le vieillard du regard. L'alcool qui parcourait ses veines l'avait certes ramolli, mais pas assez pour taire la mauvaise humeur caractéristique d'un poivrot. Il allait apprendre à cette espèce de sénile à se plaindre alors qu'on lui demandait gentiment d'accomplir son travail ! Même s'il n'en avait pas le souvenir exact, Reagan était sûr d'avoir déjà estropié quelqu'un pour moins que cela ! Avant qu'il ne puisse se lever de son siège et sortir de sa bagnole, Ntikuma s'interposa et sembla sermonner son employé pour son insolence. Néanmoins, le renégat n'était guère certain que cet impudent ait réellement retenu quoi que ce soit des mimiques du forgeron en chef.

Qu'importe, il était après réflexion trop vanné pour s'embêter avec des cloportes de ce genre... Juste pour ne pas non plus donner l'impression d'essuyer ces âneries sans répliquer, l'Américain prévint son confrère encagoulé :

"J'apprécie toujours ton professionnalisme mon brave Ntikuma, mais veille un peu à c'que tes larbins fassent gaffe à n'pas dire trop d'conneries, pigé ? J'ne voudrais pas être obligé d'les punir à ta place, surtout qu'j'ne suis pas tendre sur la question..."

Il explicita ses paroles en mimant un égorgement avec son pouce puis salua Ntikuma avant d'enfin quitter la rue. L'Oiseau de Paradis avait risqué sa vie lors du combat où il avait perdu sa cuirasse et il ne pouvait tolérer qu'un vieux planqué se permette d'insinuer qu'il ne prend pas soin de ses affaires. De quoi se mêlait-il à la fin ? Il ne fallait pas non plus oublier que les Armures Noires étaient des protections dénuées d'âme et de personnalité, juste bonnes à encaisser les coups à la place de leurs porteurs. Qu'elles finissent en pièces ou non n'avait en définitive aucune importance. Si jamais un de ces alchimistes de pacotille venait à lui adresser une nouvelle remarque de ce genre, Reagan ne se privera pas de lui encastrer brutalement la tronche en plein dans le bitume.
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03.08.18 19:00
En aquiescant aux dernières menaces de Reagan, Ntikuma retint sa respiration, en priant pour que Lou ne pousse pas les choses plus loin. Les alchimistes avaient été délaissés si longtemps par la population de Death Queen Island, ils avaient de la difficulté à laisser aller l'idée que personne ne se soucierait assez d'eux pour vraiment les punir, du moins pas bien plus que ce qu'ils subissaient d'habitude. Mais leur petit être savait que son collègue était plus que capable de joindre le geste à la parole, pour l'avoir vu perdre le contrôle de ses émotions lors de leur voyage au Yomotsu Hirasaka. Seule l'intervention de l'Araignée avait su limiter les dégâts —bien qu'elle ne puisse pas se vanter d'avoir pu le calmer, mais c'était un coup qu'elle n'osait plus tenter : l'Oiseau du Paradis ne prendrait pas toujours la peine de la ménager.
La gestuelle fébrile de l'Ashanti ne passa pas inaperçue pour Lou, qui baissa la tête. Les deux forgerons se supportaient, sans plus, et donc le doyen ne s'était pas attendu à ce que son naïf patron se porte ainsi à sa défense, le sermonnant plus pour le protéger que pour plaire à Reagan. La situation était compliquée, et ils n'en tiraient pas grand chose. Mais si le mercenaire devait devenir un client régulier, il faudrait s'y faire, et apprendre à tenir leur langue...

La voiture s'éloigna enfin, laissant les alchimistes seuls pour enfin souffler un peu. La silhouette rouge se tourna vers ses employés pour leur faire quelques signes. Lou se contenta de hocher la tête en le rassurant d'une voix douce.

-Ça va. J'ai entendu pire.

-J'arrive pas à croire que vous continuez de vous pâmer devant ce porc.

La colère de Matsuda était palpable, sa déception aussi. Le vieillard s'interposa aussitôt.

-C'est ça où se le mettre à dos. Et tu sais ce qui arrive quand on se met un éveillé comme lui à dos?

-Il a pas d'armure. On sait où il sera dans quelques jours, on peut s'arranger pour qu'il soit seul, et on peut avoir des alliés. Si cette Yasu est bien celle que je crois, ça pourrait marcher...

-Arrête ça tout de suite! Déjà, t'es en train d'orchestrer un assassinat, avec l'aide d'une fille disparue, qu'on sait même pas si elle peut vraiment gagner ou si elle décidera pas de l'épargner, devant chez nous pour être sur qu'il comprenne bien c'est à qui la faute! Mais bordel, tu veux vraiment crever ou quoi?!

-Pas d'importance s'il survit pas. Et même s'il gagne, il sera affaibli, même toi tu pourrais...

Un flash rouge entre les deux forgerons : Ntikuma venait de se planter devant eux, son cosmos créant des reflets lumineux sur sa cape qui n'étaient pas sans rappeler des flammes, et son écharpe s'agitait furieusement autour de lui. Le mouvement exagéré de ses épaules montrait qu'il tentait de contrôler sa respiration, et la chaleur qui émanait de son corps incita ses compagnons à reculer d'un pas : le petit être bouillait littéralement de colère.
Assassiner quelqu'un! Et en discuter comme si ce n'était rien! L'Araignée comprenait la colère, elle non plus n'aimait pas Reagan, mais Matsuda faisait preuve d'un telle sang-froid, il ne semblait attendre que ça! À peine avait-il droit à un semblant de pouvoir —qui n'était pas le sien!— et le Japonais acceptait de tomber aussi bas... Pour qui se prenait-il?
Pour qui se prenaient-ils tous?

-On en reparlera plus tard.

C'était à se demander comment Ntikuma comptait survivre parmi les Chevaliers Noirs... Mais ils avaient d'autres problèmes plus urgent. Chaque seconde comptait s'ils voulaient récupérer le faux argent.

-Je suppose que t'as pas de numéro de téléphone pour contacter tes amis de l'au-delà?

Le cosmos du muet s'estompa, signifiant son retour au calme, et après avoir secoué la tête à la négative il tendit la main devant lui. Un petit papillon doré s'extirpa de sa manche pour venir se poser dans sa paume, attendant docilement. Il aurait pu être confondu avec une des créations de Ntikuma, mais l'aura qui en émanait indiquait le contraire. Lou tenta un regard vers Matsuda, qui continuait de bouder, puis poussa un long soupir.

-D'accord, je vais le faire.
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04.08.18 11:46
HRP : Kuma et ses amis de l'Au-delà... ou pas.

Au moins tout n'allait pas complètement de travers chez les Spectres : le Cyclope avait appris avec un temps de retard que sa collègue avait réussi à rallier la capitale chinoise à leur bannière. Un bon prétexte pour faire la fête et une meilleure raison de se soûler que la volonté d'oublier qu'ils avaient cédé face au chantage d’Éris – en tout cas c'était comme ça qu'elle le verrait, même si Thanatos S'était montré davantage fatigué que réellement inquiet. Dommage qu'aucun de ses collègues ne soit présent pour célébrer avec lui mais il fallait voir le bon côté des choses, il n'aurait pas à partager la bibine avec Andréa ! Il était mal placé pour lui reprocher de boire comme un trou dans la mesure où lui-même utilisait sans vergogne sa physiologie d'éveillé pour se remettre plus aisément de cuites mémorables mais bon...

Le philippin s'apprêtait à ouvrir la première bouteille d'une longue série lorsqu'une Fée apparut soudain devant son nez.

« Tu veux quoi, toi ? » grinça-t-il en fronçant les sourcils, espérant que les réjouissances – solitaires et au milieu de son salon mais des réjouissances quand même ! – n'allaient pas être interrompues avant même d'avoir commencé. Espoir déçu, bien évidemment. Les Étoiles Maléfiques n'avaient pas de congés, juste des trous dans leur emploi du temps qui pouvaient se retrouver comblés sans prévenir, ce pourquoi ils devaient se tenir prêts à rappliquer à tout moment.

Le message était très poli – encore heureux –, débutant par les salutations d'un homme qui disait travailler pour les Chevaliers Noirs et l'envoyer à la place d'un dénommé Ntikuma. Il expliquait qu'ils avaient un gros problème sur les bras mais ne pouvaient impliquer leurs congénères et auraient besoin d'aide pour le régler avant qu'il ne dégénère encore plus. Il se termina sur une note des plus incongrues (« Oh merde, le p'tit vient de trouver un chien errant, venez vite avant qu'il décide de le garder ! »), laissant son récipiendaire perplexe.

« Et sinon des détails sur leur problème ç'aurait été pas mal... » grommela le vieillard en rangeant ses bouteilles. Un mal pour un bien, il n'avait pas pu commencer à boire mais au moins il ne se présenterait pas avec un visage rougeaud et une haleine avinée face à quelqu'un qui d'après la Liche leur avait rendu un immense service et devait être traité avec le plus grand respect. Qu'est-ce qu'elle avait dit d'autre déjà... les Enfers lui devaient une faveur, il fallait donc s'attendre à recevoir un appel de sa part et... il risquait d'y avoir des difficultés de communication. Il passa dans la pièce attenante et se mit à farfouiller dans les affaires de Rogos jusqu'à y trouver un carnet vierge et un stylo, puis il revint dans sa propre chambre et s'équipa. La Fée avait été envoyée depuis Johannesburg, il serait malvenu qu'il s'y rende avec son Surplis sur le dos ou qu'il s'y serve de ses pouvoirs ; comme il ne savait pas à quel genre de « problème » il aurait affaire, il fallait être paré à toute éventualité.

« Alors... flingues, chargeurs, couteaux, papiers de chez Nebula et Guardhound Ltd., gilet pare-balles... c'est bon, y'a tout l'matos. » vérifia l'ancêtre en s'équipant de son uniforme et outillage de faux personnel de sécurité privée, fourrant tout ce qu'il ne pouvait pas porter sur lui dans un grand sac à dos. Pas d'arme automatique hélas, ni même sa machette porte-bonheur – qu'il n'avait quasiment plus eu l'occasion d'utiliser depuis son accession au statut spectral, quel dommage –, ça se remarquerait trop. Et ce dernier objet ne faisait pas très pro.

« Allez, passe devant, j'te suis. » dit-il au papillon... à la réflexion, il en invoqua un second et lui confia un message de son cru : « Si les autres me cherchent, j'suis à Johannesburg avec un Chevalier Noir. »

Cela fait, il se laissa guider par le premier insecte de l'Au-delà, traversa la frontière entre le monde des morts et celui des vivants et atterrit dans la plus grande ville d'Afrique du Sud. Reconnaissant le petit être rouge que la polonaise avait décrit, il baissa la tête et prit la parole en gommant toute trace de sa mauvaise humeur précédente.

« Toutes mes excuses pour l'attente, monsieur Ntikuma et... à qui ai-je l'honneur ? » rajouta-t-il en avisant les assistants du forgeron, ne souhaitant pas se montrer discourtois. « Xing Huo du Cyclope à votre service, que puis-je pour vous ? »
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13.08.18 3:07
C'était le chien le plus laid qu'ils n'aient jamais vu. Même sans le poil sale, la maigreur effarante et les multiples blessures qui suintaient encore de sang et de pus, il n'aurait pas été très beau : des taches de roux agrémentaient son poil brun à la longueur inégale et ses babines retroussées lui donnaient plus l'air d'une hyène que d'un vrai chien. Quand il avait aperçu les forgerons, il s'était tenu à distance, espérant qu'ils lui donnent quelque chose à manger ou au moins l'ignorent assez longtemps pour qu'il puisse s'approcher. Sa tentative de faire les beaux yeux arracha une grimace à Lou et Matsuda.

Quelques minutes plus tard, Ntikuma le tenait dans ses bras comme un bébé et lui grattait les oreilles sans que le cabot ne résiste, au plus grand dam de ses employés.

-Mais reposez ça par terre, vous allez attraper la rage ou une merde du genre!

-Je te préviens, on rammène pas ce truc avec nous, je veux pas d'un chien dans le Labo.

-Moi non plus!

Mais quels rabats-joie! Faisant mine de ne pas les entendre, le muet continua de cajoler l'animal jusqu'à ce qu'une figure humaine apparaisse tout près du petit groupe, les faisant tous sursauter. Avec raison : le vieil homme était armé et portait un drôle d'uniforme que l'Ashanti avait déjà vu chez certains civils, ce qui ne lui inspirait pas confiance. Andréa n'avait-elle pas une armure violette? Si cet étranger était bien un Spectre, où était la sienne? Leur communication avait-elle pu être interceptée?
Non, non, c'était impossible. La Liche l'aurait prévenu, si c'était le cas. Mais si quelque chose s'était mal passé...
Avec beaucoup de délicatesse, l'Araignée déposa le chien au sol pour pouvoir saluer le nouvel arrivant, puis communiquer rapidement avec ses collègues. Ces derniers, moins inquiets que lui, comprirent néanmoins ce qui la tracassait et hochèrent doucement la tête pour la rassurer. La discrétion était de mise, c'était une bonne chose que personne ne les voit converser avec un Spectre, et même si ça n'en était pas un... n'importe qui d'autre pourrait aider, vraiment.

-Moi c'est Lou, et voici Matsuda. Pas de soucis, vous arrivez juste à temps.

Le vieillard ponctua sa dernière phrase d'un coup d'oeil en direction du cabot, qui se frottait la tête contre la jambe de Ntikuma en gémissant.

-Alors... au cas où vous étiez pas au courant, Ntikuma ici présent est capable de créer de la matière comme il le veut. C'est même pour ça qu'il est avec nous. Sauf que dernièrement, il a commencé à abuser de son pouvoir.

Le petit être baissa la tête, embarrassé par les accusations. Comment était-il supposé savoir? Lou lui ordonna de montrer au dénommé Xing Huo de quoi il voulait parler et l'Ashanti hocha la tête avant de tendre la main devant lui. L'exploit fut un peu plus long à accomplir, l'humiliation n'était pas une excellente source de motivation, mais un éclat de lumière finit par apparaître dans sa main pour former une forme rectangulaire, et une seconde plus tard l'encapé tenait dans sa main un billet tout à fait normal.

-Voilà. Il créé sa propre argent. Nous au début on pensait qu'il l'avait juste fait pour un petit montant, mais depuis il a aidé des naufragés et il leur a donné de l'argent. Beaucoup d'argent. On est pas certains, mais il y avait au moins une vingtaine de naufragés, donc il doit y avoir au moins vingt mille dollars en jeu, répartis en argent canadien et américain. Il a été généreux… mais au moins le p’tit pense qu’il peut la retrouver, vu que c’est récent il doit encore avoir une espèce de trace cosmique dessus. On va devoir aller chercher d’autre argent pour remplacer tout ça, mais si on doit rencontrer de la résistance on pourra pas vraiment se battre. Et puis avec vous autour, ça aura l’air bien plus crédible!

Le doyen des forgerons, plutôt de bonne humeur devant ce « nouvel ami » de son âge, émit aussi l’hypothèse que si le cosmos de l’Araignée était encore présent sur les faux billets, d’autres pourraient peut-être les repérer aussi. Une bonne chose pour eux, ça leur ferait une deuxième paire d’yeux pour chercher, mais si quelqu’un d’autre devait s’y intéresser, ça pourrait compliquer les choses. Ce ne serait pas la première fois que le milieu du crime profiterait d’une telle chose, selon Matsuda, qui était plus calé que lui à ce sujet.

-Je sais, le p’tit a merdé.

-Dis pas ça, il savait pas…

-Ouais ouais. Mais on aurait vraiment besoin d’un coup de main. On peut vous dédommager, Ntikuma peut faire autre chose que des armures. Nommez votre prix.
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13.08.18 16:58
L'ancêtre eut la nette impression qu'il n'inspirait pas confiance à celui qui l'avait appelé ici – par l'entremise d'un subordonné certes mais ce n'était qu'un détail – et attendit patiemment que se termine la discussion, ou plutôt la pantomime entre habitants de Death Queen Island. Son regard circonspect s'attarda sur le monticule de canettes de bière et autres détritus jonchant la rue juste devant les forgerons, le chien élimé qui leur tournait autour et le sac de bonbons colorés que la silhouette rouge tenait à la main. Pourquoi ça tombait toujours sur eux ce genre de trucs ?

Les introductions de Lou le sortirent de sa perplexité. Il hocha la tête en écoutant ses explications, regarda la démonstration du petit être avec un intérêt sincère – la fausse monnaie ne faisait pas partie du domaine d'expertise des gangs philippins auxquels il était habitué, il n'y connaissait donc pas grand-chose mais le billet contrefait lui paraissait identique aux vrais – et finalement émit un soupir de soulagement lorsqu'on lui annonça le nombre de personnes ayant reçu cet argent ainsi que le montant probable de la somme. Il n'y avait pas non plus de quoi déstabiliser une économie entière ; par contre, des gens innocents pourraient très bien finir en prison si la supercherie était découverte pour une raison ou pour une autre.

« Vous tracassez pas pour le dédommagement, c'est nous qui faisons ça pour remercier monsieur Ntikuma. Tenez, s'il n'y a que vingt mille dollars à remplacer, on avancera l'argent nous-mêmes. Le Seigneur Thanatos est plein aux as, Il le remarquera même pas. »

Dire qu'il en était arrivé à un point où il pouvait considérer des dizaines de milliers de dollars comme une simple broutille, même si cet argent n'était pas le sien. De son vivant, il avait connu des gens qui auraient tué père et mère pour beaucoup moins. Quant à la tâche en elle-même... il n'avait qu'à traiter ça comme une partie de chasse aux dealers et à leur marchandise, les principes de base devaient être assez semblables. Ses méninges turbinèrent pendant quelques secondes, poussées par la volonté d'impressionner ses commanditaires – il ne fallait pas perdre une occasion d'améliorer la réputation des Enfers ! – et il leur livra le fruit de ses réflexions.

« Bon, premièrement, c'était il y a combien de temps ? Si c'est récent ils n'auront peut-être pas eu le temps de dépenser leur argent, ça nous simplifiera la tâche. Ensuite, vous avez dit que c'étaient des naufragés. Vous connaissez le nom du bateau ? Le patron a le bras long, si on contacte les propriétaires on pourra peut-être mettre la main sur les listes de passagers avec leurs coordonnées personnelles. Et si ça dégénère, vous en faites pas, je mourrai pour assurer votre sécurité ! »

Il y avait peu de chances que ça arrive et même si c'était le cas, il n'y avait plus de Rosaire : il n'aurait qu'à ressusciter et rejoindre le groupe de l'encapé ensuite. Il ne serait certes plus en capacité de combattre avant un moment mais si le besoin s'en faisait ressentir, il pourrait toujours faire appel à des renforts. Ce serait la première fois qu'il essayerait de combattre avec un clebs dans les pattes par contre... Ntikuma n'allait quand même pas insister pour l'amener avec eux dans cette folle équipée intercontinentale, si ?
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19.08.18 1:45
La réaction plutôt calme de Xing Huo parvint à faire taire la nervosité des forgerons, surtout lorsqu’ils virent que la situation n’était pas trop grave. Pour Ntikuma, Lou et Matsuda, vingt mille dollars était un énorme montant et ils avaient de la difficulté à imaginer qu’une telle somme ne pose pas problème. Comme quoi, ils étaient tous aussi ingénus que leur petit chef. Mais si ça pouvait encore être réglé, tant mieux… l’Araignée peinait à croire que les serviteurs d’Hadès faisaient preuve d’une telle bonté à leur égard, il leur avait bien rendu un grand service, mais au point de régler presque tout à leur place? Ils allaient même fournir l’argent!

-Vous… vous êtes sérieux?! Oh bon sang, merci, merci!

Le trio était prêt à répondre aux questions avec beaucoup plus d’enthousiasme, maintenant qu’ils se sentaient entre bonnes mains. Même si Ntikuma ne comprenait pas tout, il essayait d’aider le plus possible, en essayant de se remémorer ce qu’il avait vu certains naufragés faire une fois revenus dans la civilisation. Il communiqua ses souvenirs à Matsuda, qui hocha la tête gravement. Ça ne le surprenait pas…

-C’était des naufragés, ils avaient plus rien. L’argent a dû être dépensé tout de suite dans des hôtels, des vêtements, de quoi rentrer chez eux, ce genre de choses. Mais on peut déjà commencer nos recherches près des côtes et des aéroports! Ntikuma, vous vous souvenez d’où vous les avez déposé?

Le petit être hocha la tête, puis concentra son cosmos pour écrire les deux noms devant lui : Québec et New York. La première ville était libre de toute influence divine, ils seraient tranquilles là-bas, mais dans la métropole américaine, il faudrait être prudent pour ne pas attirer l’attention des autres Chevaliers Noirs. Il n’avait pas fallu grand-chose pour tomber sur Reagan…

-On a pas le nom du bateau, mais la garde côtière doit l’avoir, en plus des noms de juste les survivants et pas les autres. Et à partir de là, on peut retrouver tout ce beau monde.

Juste les survivants… l’Ashanti avait beau avoir été présente à temps pour sauver les canots de sauvetage, le nombre de personne qui avait pu y grimper était bien trop petit pour représenter tous les touristes à bord au moment de l’accident. Des gens avaient perdu leur famille, leurs amis, et malgré tout le bien qui avait été fait Ntikuma se sentait soudainement coupable de ne pas en avoir fait plus.
Les lettres s’estompèrent, attirant l’attention du Japonais qui comprit son erreur. Avec maladresse, il tapota l’épaule de l’Araignée.

-Vous avez fait tout ce qu’il fallait. Sans vous, ils seraient tous morts, sans exception, et personne d’autre aurait pu les sauver!

Même s’ils avaient été capables de rejoindre la côte, perdant des dizaines de personnes en chemin, le froid les aurait achevés. Le pauvre ne devait pas s’en faire avec ça, il avait déjà accompli un miracle…
Déterminé à ne pas laisser son chef déprimer, Matsuda lui proposa de faire ses derniers adieux au chien avant de se remettre en route. Le muet tenta bien de le convaincre de l’emmener, mais il ne flancha pas, ce n’était pas bien dur. Un dernier câlin pour l’animal et Ntikuma était prêt à partir, se forçant à ne pas regarder derrière lui pour ne pas poser plus de problèmes. Tant mieux. De ce qu’il avait compris, Matsuda et Lou avait réussi à « acheter » le pilote de leur jet, et avec un peu de créativité ils devraient pouvoir compter sur lui pour le reste de cette mission, invité surprise ou non. Et qui sait, peut-être qu’une fois loin des oreilles indiscrètes, il pourrait poser quelques questions…
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Xing HuoSpectre du Cyclope
Spectre du Cyclope

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19.08.18 11:08
Décidément, leur comportement avait vite changé. Passer si rapidement du doute aux effusions de gratitude... Mais cela voulait dire qu'il avait réussi à se faire respecter ; premier objectif accompli donc. Aux suivants !

Nouveau numéro de mime puis Matsuda se chargea de traduire les informations apportées par le petit être – le voir tenter de se faire comprendre était curieusement divertissant, maintenant le philippin voyait ce que sa collègue avait voulu dire en le qualifiant de « bizarrement attachant ». Pas de nom mais au moins ils avaient les destinations, c'était un bon début. Les autorités publiques seraient sans doute moins bavardes qu'une entreprise privée mais ça ne devrait pas non plus être insurmontable, surtout à New York où le Chevalier Noir pourrait faire valoir son affiliation pour obtenir l'accès aux documents pertinents.

« Je sais pas si les gardes-côtes les auront laissés partir tout de suite, ils doivent bien avoir une procédure pour ce genre de catastrophes. Héberger les victimes en attendant de contacter leurs proches, recueillir leurs témoignages, les faire passer devant un psy, les garder en observation à l'hosto, tout ça... Mais si ça fait longtemps alors vous devez avoir raison. C'est arrivé où d'ailleurs ? »

Le petit forgeron rouge s'était soudain enfoncé dans une mini-dépression dont le japonais essayait de le sortir en offrant des paroles encourageantes. Xing Huo aurait bien voulu faire de même sauf que, ne connaissant pas le fin mot de l'histoire, il ne put apporter que quelques platitudes en guise de réconfort (« Je suis sûr que vous avez fait de votre mieux... »). On l'informa finalement que cela s'était passé à Asgard, ce qui lui donna envie d'enfouir son visage dans ses mains... oh et puis zut, pourquoi s'en priver. Il savait que les gens laissaient souvent leur cupidité prendre le pas sur leur sens commun, les compagnies maritimes ne devaient pas faire exception à la règle, mais qui était assez stupide pour croire que ce serait une bonne idée de passer par là ? Le siège d'une faction divine n'était pas une attraction touristique, encore moins quand la région avait récemment subi une éruption volcanique et les séismes qui allaient avec – plus toutes leurs répercussions sur la météo locale et la formation d'icebergs, comme l'avait fait remarquer le présentateur du journal télé à l'époque.

Il y avait au moins un point positif dans tout ça, c'était le fait que les passagers nord-américains avaient été ramenés directement sur leur continent d'origine, même si cela avait rallongé leur route jusqu'à la civilisation. Suivre la piste de la fausse monnaie à travers la Scandinavie en plus des États-Unis et du Canada, très peu pour lui.

Ntikuma finit par se débarrasser de sa morosité sous l'impulsion de Matsuda, qui se montra inflexible au sujet de la possibilité d'emmener son nouvel ami canin. Tandis que la silhouette masquée faisait ses adieux à la boule de poils – enfin, pour ce qu'il en restait, des poils... –, le vieillard interrogea ses compagnons sur la suite des opérations.

« Vous voulez commencer par où ? Perso je suggère Québec, on a pas besoin de se déplacer en personne à New York. Je suppose que vous ne voulez pas impliquer la Heaven mais c'est pas grave, le patron a aussi sa propre compagnie qui peut trouver ces renseignements pour nous. Vous en dites quoi ? »

Hum, il n'était pas en train d'oublier quelque chose ? Ah oui, il s'en souvenait maintenant ! Dire qu'il les avait apportés exprès avec lui... Il fourragea dans sa poche et en sortit le calepin et le stylo empruntés au Dullahan, qu'il tendit au muet. Le jeu des devinettes et des gesticulations avait beau être drôle, le pauvre Matsuda n'allait quand même pas leur servir d'interprète tout du long. Et puis ce serait plus discret que le cosmos. Il faudrait juste qu'il déchire les pages incriminantes après-coup s'il n'avait pas envie que d'autres lisent ce qu'il avait écrit.

« Tenez, ce sera plus pratique. »
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