avatar
Xing HuoSpectre du Cyclope
Spectre du Cyclope

Date d'inscription : 01/07/2015
Nombre de messages : 244
Age : 25
Autres comptes : Rogos / Andréa

Revenir en haut Aller en bas
21.10.18 21:08
Comparé à leur voyage depuis Johannesburg, le trajet jusqu'à New York faisait figure de saut de puce. Après s'être abondamment – et intérieurement – gobergé des malheurs de l'Ashanti et de son pauvre interprète, Xing Huo passa la plus grande partie du vol dans une ambiance studieuse, inspectant les notes et documents que lui avaient fait parvenir ses contacts dans la ville qui servait de QG à la fois à l'Ordre Noir et au fils de Nyx.

Mark et compagnie avaient fait du bon travail : l'argent et les connexions de Sa Seigneurie avaient ouvert bien des portes et délié bien des langues. Retrouver les personnes dont les noms et coordonnées étaient indiquées sur la liste devrait être un jeu d'enfant, les rencontrer serait à peine plus compliqué : un homme de main devrait les attendre à l'aéroport pour leur remettre toutes les accréditations dont ils pourraient bien avoir besoin pour rentrer là où séjournaient leurs cibles. Les Spectres n'avaient pas regardé à la dépense ; en fait, racheter la fausse monnaie en même temps que le silence de ses propriétaires serait sans doute la partie la moins coûteuse de l'opération. Même leurs déplacements en jet reviendraient au final plus cher que les quelques dizaines de milliers de dollars créés par le forgeron.

L'un dans l'autre, c'était une utilisation fructueuse du budget que la Mort allouait au Cyclope et à ses homologues pour leurs missions – ce que les Spectres surnommaient leur « argent de poche » – mais il ne fallait pas crier victoire trop tôt : les choses avaient tendance à partir en sucette lorsque les infernaux semblaient près de rencontrer le succès.

« Ah, on arrive enfin. » grommela le vieillard lorsque l'avion entama sa descente vers La Guardia. Il était peut-être un peu tard pour espérer rendre visite à chacun de leurs objectifs avant que la nuit tombe mais ils pourraient toujours terminer le lendemain. Peut-être pourrait-il également demander à leur troupeau d'assistants de surveiller ceux qu'ils n'arriveraient pas à rencontrer de suite... « C'est bon, vous avez retenu les infos, l'itinéraire et tout le reste ? Si on bosse bien et qu'on a du pot, on devrait avoir fini d'ici demain matin. »

Si aucun obstacle ne venait se mettre en travers de leur route bien sûr. L'appareil s'arrêta à son emplacement réservé ; en bas de la rampe attendait un Squelette déguisé, chargé d'une mallette contenant tout le nécessaire à cette partie de leur équipée. Le philippin salua son subordonné d'un hochement de tête, vérifia que tout était bien à sa place puis le congédia avec gratitude.

« Ok, on est parés. Du coup, vous voulez qu'on remette ça comme à Québec ou vous préférez qu'on prenne notre temps et qu'on fasse le choix de la sécurité ? »
avatar
http://rpgsaintseiya.forumactif.com/t27041-ntikuma
NtikumaChevalier Noir de l'Araignée
Chevalier Noir de l'Araignée

Date d'inscription : 28/06/2013
Nombre de messages : 459
Age : 21
Autres comptes : Oblivion

Revenir en haut Aller en bas
26.10.18 3:24
Ntikuma espérait un minimum de support de la part de ceux n'ayant pas assisté à la scène, et n'eut droit à rien de cela : Lou avait maintenant un intérêt amusé par toute l'aventure, secouant la tête avec découragement sans se départir de son sourire, et Xing Huo riait à gorge déployée sans parvenir à croire complètement que ça avait marché. Détendu par leur hilarité, et aussi par le fait qu'ils étaient en sécurité maintenant, Matsuda avait aussi fini par en rire, et encouragé par son collègue, avait réfléchi à voix haute à la meilleure façon de raffiner cette "stratégie", au plus grand dam de son petit chef...

-OK, la prochaine fois on dira que c'est un prince africain, et je porterai les sacs, et Ntikuma pourra se créer plein de bijoux et peut-être même des chaussures, pour une fois, et marcher bien droit avec la tête bien haut! Ou peut-être que vous préférez jouer une princesse, Ntikuma? ... Ntikuma?

...

-Bon, Ntikuma, ça suffit, vous avez boudé tout le long du voyage, on s'est tous excusé, prenez sur vous un peu.

-Et faut descendre, alors tu te bouges ou quand on arrive à la maison je débranche la télévision.

Les remontrances de Matsuda ne firent pas bouger l'Ashanti d'un poil, et il resta prostré dans son siège à observer le va-et-vient des gens de l'aéroport sans même retourner la tête ou donner l'impression qu'il avait bien entendu son employé. Ce fut la menace de Lou qui le fit enfin sursauter, et il finit par se lever pour traîner les pieds vers la sortie, pendant que les deux forgerons et leur associé se concertaient pour trouver la meilleure façon de lui remonter le moral ; après tout, les pouvoirs de l'Araignée avaient tendance à faiblir quand ce dernier était trop réticent à coopérer. Une autre chose à surveiller le jour où Reagan reviendrait cogner à leur porte, s'il devait faillir au mauvais moment... De quoi les inquiéter encore plus, mais le Japonais semblait bien moins énervé depuis leur petite escapade à Québec, ce qui n'était pas passé inaperçu, mais quand Lou lui avait demandé ce qui s'était passé, son jeune collègue lui avait simplement marmonné que tout allait bien. Rien pour endormir la méfiance du vieillard, qui commençait à se demander sérieusement ce qui s'était passé entre Matsuda et Ntikuma. Dès leur retour au Laboratoire, ils auraient une sérieuse discussion...

Une fois à l'extérieur, les forgerons prirent le temps de s'étirer avant de confirmer que oui, ils avaient retenu toutes les informations importantes pour la deuxième partie de leur mission. Celle-ci serait plus facile, puisqu'ils avaient beaucoup plus d'alliés sur ce terrain et ces derniers avaient presque tout préparé. Ne manquait plus que de rencontrer les naufragés et récupérer l'argent. Une tâche facile, si tout le monde restait de bonne foi...

-Restez très près de nous, les gens ici ils sont fous braque. Vous voulez pas vous perdre là-dedans.

-Juste pour ça, peut-être qu'on ferait mieux de rester ensemble. Et nos deux novices pourront apprendre un truc ou deux.

Quelques répliques désobligeantes et les mercenaires se remirent en route, n'hésitant pas à tenir la cape de leur petit chef pour s'assurer qu'il ne s'éloignerait pas. La ville, comme l'avait prédit Matsuda, la Grosse Pomme était bourdonnante d'activités et de folies suffisantes pour étourdire n'importe qui n'y étant pas préparé, et ce fut ce qui arriva ; Ntikuma, fasciné par la zizanie de la métropole, oubliait souvent de marcher et il fallait le pousser pour lui arracher quelques pas.
Il devait y avoir un événement important non loin, car les rues étaient bondées. Les éveillés lentement et sûrement une grande intersection quand des hurlements de sirènes se firent entendre non loin, causant une véritable panique chez les piétons qui se dépêchèrent de dégager le passage. Le brusque mouvement collectif eut l'effet d'un tsunami, bousculant les mercenaires dans tous les sens en ne leur laissant qu'une vague idée d'où ils se trouvaient. Quand ils finirent par atterir sur un trottoir qu'ils n'avaient même pas choisi, une séries d'ambulances et de camions de pompiers passant à toute vitesse avant que les passants ne reprennent leur marche comme si de rien n'était, ils paniquaient déjà pour une autre raison :
Ils avaient encore perdu Ntikuma.

...

L'Ashanti grimaça en se relevant, se frottant les genoux du bout des doigts pour y découvrir quelques gouttes de sang. La soudaine vague de panique avait effrayé l'ingénu plus que de raison et lorsqu'il n'avait pas été pas bousculé et frappé par les autres piétons, il avait couru avec eux sans trop savoir pourquoi. Le tout s'était terminé rapidement, avec une mauvaise chute, mais c'était plus que suffisant pour mettre le forgeron aux aguets : en effet, il était maintenant seul.
Sentant ses mains trembler, le petit être s'ordonna de ne pas paniquer. Impossible de repérer ses collègues dans la foule, mais ils ne pouvaient pas être si loins que ça! Avant de faire exploser son cosmos pour indiquer sa présence —peu prudent vu tous les passants, et Xing Huo ne serait peut-être pas le seul à le repérer— il se décida donc à déambuler un peu dans la rue pour tenter de les trouver. Aucun de ses associés n'était assez voyant pour être remarqué facilement, mais lui l'était, et donc il comptait plus sur leur vigilance que sur la sienne. Peut-être que s'il n'émettait que faiblement son cosmos...

-Attention, minus!

Perdu dans ses pensées, l'Araignée ne put s'arrêter à temps pour s'empêcher de foncer dans un homme à la veste blanche trop grande pour lui la toisant avec dédain. Sa peau pâle était déjà rouge de colère, aussi l'africain se dépêcha-t-il de s'excuser avec quelques signes avant de continuer sa route, mais ce ne fut pas suffisant, et vu comment son interlocuteur se dépêcha de lui barrer la route, il ne s'en sortirait pas si facilement.

-Hé, tu te prends pour qui à te barrer comme ça? On t'a pas appris le respect dans ton pays?

Tout l'être de Ntikuma lui hurlait de sortir de là, et il ne prit même pas la peine de répondre avant de tourner les talons et s'éloigner, mais son coeur ratta un battement quand il vit deux autres silhouettes approcher : deux adolescents, un garçon et une fille armés d'une barre de fer, qui jetaient des coups d'oeil interrogateurs à leur "chef" qui faisait craquer ses jointures. Le muet leva tout de suite les mains dans un signe de soumission, cherchant de l'aide du regard, mais les passants se contentaient de changer de trottoir en voyant le début d'altercation qui se passait. Tant pis pour la discrétion.

-Vous tombez à pic, les gars, on a un gros problème ici.

-C'est un Chevalier Noir...

-Rien à battre. Les gens comme lui doivent connaître leur place, et-HÉÉÉ!

Le manteau du petit être s'illumina de rouge et il tendit les bras devant lui, concentrant son cosmos. Le tourbillon de lumière qui entoura le petit groupe grimpa suffisamment haut pour dépasser quelques édifices, se reflétant sur les fenêtres et causant quelques interférences dans les circuits électriques, mais lorsqu'il s'estompa après seulement quelques secondes, les voyous qui s'étaient cru bons pour la morgue eut la joie de constater que cette "attaque" ne leur avait rien fait, et vu la peur de leur victime, il ne se passerait rien de plus. S'en prendre aussi ouvertement à un éveillé demandait déjà beaucoup de culot, mais si en plus ils devaient tomber sur une cible facile... Le chef de la troupe extirpa un pistolet de sa poche et braqua le forgeron, dont ce fut cette fois l'écharpe qui s'illumina alors qu'il semblait malgré tout prêt à tenter de se défendre. À cette distance, il n'aurait jamais le temps de mettre son armure... Mais s'il le voyou n'hésiterait pas une seconde à lui coller une balle, la proximité de ses accolytes l'empêchait de vraiment le faire.

-Prenez-lui son armure! Il en aura plus besoin!
avatar
Xing HuoSpectre du Cyclope
Spectre du Cyclope

Date d'inscription : 01/07/2015
Nombre de messages : 244
Age : 25
Autres comptes : Rogos / Andréa

Revenir en haut Aller en bas
01.11.18 11:02
Xing Huo ne pensait pas que son commanditaire serait aussi susceptible : il avait très mal pris leurs plaisanteries et ils avaient beau présenter leurs excuses, ça n'avait pas l'air de lui passer. Ces enfantillages avaient failli faire perdre patience au philippin mais Lou, qui connaissait les points faibles de son employeur – sans blague, c'était une menace ça ? – débloqua finalement la situation. Ils n'étaient pas pour autant arrivés au bout de leurs peines : même lorsqu'il se décidait à coopérer le conteur restait éminemment dispersé, son attention trop facilement capturée par les merveilles petites et grandes de la ville cosmopolite. Le guider à travers ses rues et ses torrents d'humanité était une épreuve, au point qu'au bout de cinq minutes à ne pas le quitter des yeux, à le tirer quand il s'arrêtait brusquement pour regarder tout et n'importe quoi et à le tenir par la main – ou plutôt la cape – comme un enfant en bas âge, le Cyclope commença à se dire qu'il aurait moins de difficulté à faire avancer une mule ou un gamin hyperactif. Peut-être n'était-il pas trop tard pour faire l'échange...

Et puis bien sûr, comme on pouvait s'y attendre, la catastrophe. Il se fichait éperdument de savoir à quel événement de la vie new-yorkaise il devait ces stridentes sirènes, seul le résultat importait : la foule adopta un comportement qui n'était pas sans rappeler celui d'un troupeau de moutons à l'approche d'un prédateur et le flot balaya leur petit groupe, brisa leur chaîne humaine. Il s'efforça de résister au courant, de le remonter en n'ayant pas peur de jouer des coudes mais il lui fallut plusieurs minutes pour s'extirper de la masse et rejoindre ses compagnons de route... sauf que le plus important d'entre eux manquait à l'appel. Emporté par la vague, Thanatos sait où – quoique, non, il doutait de pouvoir retrouver le petit homme masqué en sortant son portable pour appeler son Dieu, ce serait trop facile.

« Chiotte. » dit-il en constatant que Ntikuma n'était pas avec ses subordonnés et que ceux-ci n'avaient aucune idée d'où il pouvait bien se trouver. D'accord, il n'était pas grand, mais comment avaient-ils pu perdre un type en cape rouge pétante avec une énorme araignée métallique sur le dos en plein jour ?! « Le choix de la sécurité », c'est ça oui, il n'était même pas capable de garder son client dans son champ de vision ni de le protéger de simples humains qui n'essayaient même pas consciemment de lui faire du mal. « Je le savais. Je le savais ! C'est décidé, quand je le retrouve je lui colle un putain de bracelet électronique ! Ou une Fée, ça fera aussi bien l'affaire... »

Le vieillard continua de bougonner en inspectant les environs à la recherche d'un pan d'étoffe rouge ou d'un reflet de lumière sur une armure sombre. Il était sur le point de se décider à émettre une faible impulsion cosmique qui permettrait au Chevalier Noir de le localiser ou le ferait réagir en intensifiant sa propre aura lorsqu'il s'aperçut que ce dernier l'avait devancé. Et qu'il allait beaucoup trop loin : tous les éveillés dans un rayon de plusieurs kilomètres allaient se rendre compte de sa présence !

« Et merde... bon, vous bougez pas de là et vous vous séparez pas, compris ? On garde le contact par téléphone si besoin. » intima-t-il aux forgerons. Il leur laissa une Fée histoire d'être sûr puis se précipita ventre à terre dans la direction d'où provenait l'énergie de Ntikuma, bousculant les passants sans vergogne. « À partir de maintenant, on se déplace plus qu'en bagnole blindée... »

Il déboula enfin dans une petite rue et se retrouva en présence d'un trio de petites frappes acculant son commanditaire, les armes à la main. L'espace d'un instant, Xing Huo vit rouge, mais le leader de la bande sauva sans le savoir sa propre vie et celle de ses acolytes par une réplique d'une rare stupidité qui ramena l'ancêtre à la raison.

« La vache, z'êtes sérieux ? J'ai jamais rien entendu d'aussi con, et pourtant j'en ai connu des débiles. »

Pires qu'Hélios, c'est dire. Le Spectre pénétra dans l'allée en faisant craquer une à une ses articulations tandis que ces spécimens à l'idiotie monumentale et à la mine patibulaire se retournaient vers lui en brandissant leurs armes – à l'exception de leur chef, qui continuait à pointer sa pétoire sur l'Ashanti.

« Qu'est-ce t'as dit, le vieux ?! »

« C'est pas tes oignons, dégage si tu veux pas qu'on te fasse bobo. »

Le vieillard laissa tomber son sac dans un dernier craquement de vertèbres et se tint devant les loubards, prêt à en découdre, souriant de toutes ses dents. « J'ai dit qu'il faut vraiment être un abruti de compétition pour chercher la bagarre avec un Chevalier Noir. Vous croyez qu'ils les gagnent comment ces armures, en cadeau à l'achat d'un paquet de lessive ? Les types comme lui ils prennent les types comme vous et ils les réduisent en bouillie avec leur p'tit doigt, z'avez du bol que celui-ci soit non-violent. »

Les deux hommes de main devinrent de suite plus nerveux ; l'effet psychologique de la démonstration des pouvoirs du forgeron n'était pas totalement dissipé et les mots du philippin jetaient un nouvel éclairage sur leur survie apparente. Leur meneur par contre semblait beaucoup moins réceptif à son bluff. Peut-être que son imbécillité était telle qu'elle le rendait imperméable au bon sens. Il ne restait plus qu'à enfoncer le clou.

« Là où vous avez moins de bol par contre c'est que moi je le suis pas. S'il a ne serait-ce qu'une égratignure, je vous ferai regretter d'être nés. »

« T'approche pas ou t'auras de la chance si tu finis à l'hôpital. Et toi... » gronda-t-il en se faisant plus insistant vis-à-vis du conteur, « file ton armure, excuse-toi, dis au croulant de laisser tomber et peut-être que je vous laisserai repartir sur vos deux jambes. »

Plusieurs secondes passèrent et la colère de l'homme à la chemise blanche finit par exploser. « POURQUOI TU DIS RIEN, BORDEL ?! »

L’Étoile Terrestre ricana méchamment : « Parce que c'est comme ça, le Prince il parle pas à toi. »

Son interlocuteur cilla sans comprendre, puis lâcha finalement la bride à ses larbins : « On t'aura prévenu. Allez-y, pétez-lui la gueule ! »

L'un des petits caïds voulut le frapper avec sa barre de fer ; Xing Huo arrêta l'arme d'une main et mit un grand coup de boule à son adversaire, qui recula avec le nez en sang. Le deuxième voulut prendre le relais, se retrouva tout aussi promptement désarmé et écopa d'un coup de genou à l'entrejambe pour sa peine, suivi d'un poing à l'estomac puis d'un crochet à la mâchoire qui lui fit perdre plusieurs dents. le leader commença à perdre son calme, agitant le pistolet braqué sur le forgeron : « BOUGE ENCORE ET JE LUI COLLE UNE... »

Il ne termina pas sa menace : ayant décidé que la discrétion était moins importante que la vie de son protégé, l'ancêtre avait invoqué une brève bouffée de cosmos – la moins intense possible pour minimiser les chances de se faire repérer – afin de se déplacer à une vitesse surhumaine jusqu'au preneur d'otage et détourner son pistolet. Il n'avait pas consacré le moindre brin d'énergie à l'amortissement du contrecoup de son mouvement sur la petite frappe en chef, dont la manche de veste se déchira et se teinta de rouge en plusieurs endroits dans un fracas aussi sonore que répugnant. Double fracture ouverte, minimum.

L'homme hurla de douleur ; la dernière brute encore debout, ayant le choix entre la fuite et le combat, n'améliora pas l'opinion du vieillard quant au QI de leur bande puisqu'il décida de dégainer un couteau et de charger. Mauvaise réponse.

« T'appelles ça un couteau ? » demanda-t-il en portant sa main libre à son côté pour se munir de sa fidèle machette... uniquement pour se rendre compte qu'il l'avait laissée en Enfer et qu'il n'avait qu'un couteau militaire. Saleté, il savait qu'il aurait dû la prendre. Tant pis : plutôt que de se lancer dans un duel à l'arme blanche, il raffermit sa prise sur le bras mutilé du leader et s'en servit pour balancer le blessé sur son subordonné. Il s'attendait presque à ce que le membre se décroche entièrement dans une gerbe d'hémoglobine mais il n'en fut rien ; les deux gangsters du dimanche s'écrasèrent contre un mur et, s'ils étaient encore conscients, firent cette fois le bon choix en ne se relevant plus.

Que faire maintenant ? Le Spectre aurait bien éliminé ces ahuris pour ne laisser aucun témoin mais un meurtre ou une disparition ne feraient qu'attirer encore plus l'attention... en plus de l'effet que ça aurait sur Ntikuma. Il s'était laissé emporter et même si cette démonstration de sauvagerie était très loin de ce qu'il pouvait faire subir de pire à ses adversaires, il avait failli à ses obligations en le laissant voir ça. Chier. Il appela finalement une ambulance et s'approcha du dernier voyou encore à peu près opérationnel : « Toi et tes potes, si vous dites un mot à qui que ce soit sur ce qu'il vient de se passer, je te jure que je vous retrouverai. Pigé ? »

Le loubard terrifié, endolori et ensanglanté hocha frénétiquement la tête et Xing Huo le laissa avec un soupir, conjurant subrepticement une Fée pour garder un œil sur eux en attendant d'en faire de même avec le forgeron, forgeron à qui il désigna d'ailleurs la sortie de la ruelle.

« Je vous avais dit qu'il fallait pas vous balader avec votre armure à l'air. C'est bon, ils vous ont pas fait de mal ? »
avatar
http://rpgsaintseiya.forumactif.com/t27041-ntikuma
NtikumaChevalier Noir de l'Araignée
Chevalier Noir de l'Araignée

Date d'inscription : 28/06/2013
Nombre de messages : 459
Age : 21
Autres comptes : Oblivion

Revenir en haut Aller en bas
13.11.18 3:57
En entendant la voix de Xing Huo désemparer les attaquants avec brio, Ntikuma pu enfin cesser de trembler, persuadé que les choses s'arrêteraient là et que le canon de l'arme à feu cesserait bientôt de pointer entre ses deux yeux. Mais quand les avertissements du Cyclope se changèrent en menaces, l'hostilité remonta en flèche et le chef des délinquants ordonna prestement au petit être de lui obéir. Il explosa de colère quand ce dernier accepta de gesticuler quelques signes pour calmer tout le monde sans en faire plus. Dire au Spectre de ne pas chercher la bagarre, il voulait bien le faire, s'excuser aussi, mais jamais il n'abandonnerait son armure! Pour tout ce que ça arrangeait... Quand le massacre commença, l'envie de fermer les yeux fut plus que tentante.

Car aussi court fut-il, il s'agissait bien d'un massacre : Un seul coup de Xing Huo suffisait à faire gicler le sang et à tuméfier le visage de leurs attaquants qui n’avaient aucune chance, et même s’il n’y mettait pas toute sa force, les dommages causés semblaient démesurés. Tant de violence, pour tant de haine…
Il ne devait pas les laisser l’atteindre. Se redressant avec toute la bravoure dont il pouvait faire preuve, l’Ashanti attira l’attention de l’homme à la veste blanche et lui fit quelques signes en secouant la tête. Il devait arrêter, tout ça devait arrêter maintenant, pour son propre bien et celui de ses confrères plus jeunes! Mais le délinquant se contenta de hurler encore et le petit être pu cette fois entendre le cliquetis de l’arme. Il y avait de quoi avoir peur, mais pas pour sa propre sûreté.

Et quand le Spectre intervint, le muet ne put s’empêcher de se couvrir les yeux cette fois.

Son cœur battait la chamade, les hurlements et le son des muscles se déchirant lui donnait envie de vomir. Ses jambes déjà fragiles finirent par ne plus supporter son poids et la silhouette rouge s’écroula, prostré comme s’il avait peur d’être la prochaine victime, ce qui permit au délinquant au sol de lui attraper la cheville, tachant son pied de sang. Mais le petit être mortifié ne fit rien pour le dégager, incertain s’il s’agissait d’une autre attaque ou d’une simple tentative de demander à l’aide…

-SALE PETIT NÈGRE! JE VAIS TE—

La main le relâcha et l’Ashanti recula jusqu’à ce que son dos heurte le mur, écartant ses doigts suffisamment pour voir Xing Huo lancer le chef des attaquants sur la dernière brute, laissant le mercenaire seul à une terrifiante introspection. Il avait beau se ressasser tout ce qui s’était passé, encore et encore, il n’arrivait pas à voir où tout avait dérapé.
Non. Ça, il le savait.

Un goût de sang emplit sa bouche ; dans sa panique, il s’était mordu la lèvre. Ntikuma se concentra sur sa respiration, se força à ignorer ses mauvais sentiments et lorsque le Cyclope revint vers lui, il était redevenu maître de ses émotions. Au moins son collègue avait appelé à l’aide, ils ne laisseraient pas ces gens mourir dans une ruelle et pire, vu ce qu’ils avaient osé faire dans ce qui auraient pu être leurs derniers moments. Pas que ça les excusaient, au contraire, mais y penser l’aidait à rester calme.

Le Spectre n’eut droit qu’à un simple hochement de tête pour savoir que son protégé allait bien. La silhouette rouge se remit lentement sur ses pieds et accepta de suivre son allié hors de la ruelle, regardant droit devant sans lui accorder plus d’attention. Ses doigts effleurèrent son masque, près de ses yeux, s’étonnant de se heurter à la surface de bois alors qu’il aurait voulu essuyer une larme. Il y avait eu beaucoup plus de peur que de mal…

Les deux autres forgerons les attendaient au bord d’un trottoir, lançant des coups d’œil inquiets à la foule toujours aussi dense. En les voyant arriver, ils se ruèrent vers eux, poussant les passants sur leur chemin.

-Par les dieux, tout le monde va bien?!

Matsuda fronça les sourcils en voyant que Ntikuma ne répondit pas. Ce dernier se contentait de regarder le sol, triturant les pans de sa cape en tentant de concentrer son cosmos pour créer un mouchoir, mais sans succès. Quelque chose n’allait pas, ça c’était facile à voir, mais l’Ashanti ne semblait pas être en état de choc, au moins.

-Mais… c’est du sang? Qu’est-ce qu’il s’est passé?

Le petit être secoua sèchement la tête sans rien « dire » de plus, se contentant de pointer en direction de l’hôtel le plus près, là où ils trouveraient quelques uns des naufragés.

-Hum… je suppose qu’on a le temps, oui…

Se pinçant les lèvres sans en dire plus, Lou poussa son collègue japonais devant lui et se dirigea vers l’hôtel, laissant les deux éveillés tranquilles sans pour autant partir trop loin. L’occasion pour Ntikuma de sortir son carnet et son stylo, et d’y griffonner quelques mots avant de le tendre à Xing Huo.

« Vous avez aimé ça? »

Il n’osait pas l’assumer —encore moins lui reprocher, même s’il n’était pas d’accord, mais il n’arrivait tout simplement pas à voir ce qui passait par la tête des gens quand venait le temps de se battre ainsi…
avatar
En ligne
ReaganChevalier Noir de l'Oiseau de Paradis
Chevalier Noir de l'Oiseau de Paradis

Date d'inscription : 06/07/2014
Nombre de messages : 399
Age : 23
Autres comptes : Wolgorn

Revenir en haut Aller en bas
17.11.18 17:37
Reagan et Blueman finissaient à peine de s'empiffrer dans le restaurant de l'hôtel de luxe qu'ils ressentirent une émanation cosmique se manifester en ville. Bien qu'elle ne lui soit pas encore assez familière pour identifier son propriétaire, le catcheur reconnut cette énergie et se leva instamment de table. Moins intéressé par cet événement, le punk finit de dévorer son canard à l'orange et son œuf d'oie frit avant de suivre son maître en catastrophe. Ce dernier n'en était guère certain, mais si ce cosmos appartenait à l'une des filles ou à Ntikuma, il ne pouvait pas le laisser lui filer entre les doigts ! Le Chevalier Noir rejoignit sa chambre et ouvrit la fenêtre du salon afin de se jeter dans le vide jusqu'à atterrir sur le toit d'un immeuble plus bas. Il sauta ensuite du bâtiment pour rejoindre une ruelle déserte où personne ne verrait ses acrobaties de trop près. Toujours secondé par son complice, il marcha à grandes enjambées vers l'endroit où l'effusion cosmique avait eu lieu.

Une nouvelle aura se dévoila alors dans la même direction, ce cosmos étant cette fois-ci bien bien différent de celui que Reagan avait détecté. L'énergie que cette deuxième présence émettait ne lui évoquait rien, mais il pressa le pas au cas où il s'agirait d'un envahisseur. Sa recherche l'amena finalement jusqu'à une autre rue peu fréquentée, où se trouvaient trois olibrius passablement amochés, comme s'ils venaient tout juste de sortir d'une bagarre. Ils essayaient tant bien que mal de se relever et de se remettre à marcher, sauf qu'ils étaient encore trop endoloris pour cela. En tout cas, ils n'avaient pas l'air d'être des Éveillés, mais ils paraissaient en avoir violemment rencontré sur leur chemin.

"Que s'est-il donc passé ici, mes braves ?" les interrogea l'Oiseau de Paradis.

"R-Rien, juste un accident à la con, n'vous bilez pas pour ça..." bredouilla craintivement la gonzesse du groupe.

Comme ils avaient des blessures douloureuses à panser, les trois clampins ne firent que peu de cas de l'accoutrement excentrique de Reagan et continuèrent leurs affaires. Une fois debout, ils tentèrent de s'éclipser sans demander leur reste, mais le renégat n'était guère satisfait par cette réponse évasive et leur barra la route. Il réajusta ses lunettes de soleil et Blueman se positionna juste derrière lui, prêt à leur extorquer les informations par la force.

"Le problème c'est que je m'inquiète déjà beaucoup, voyez-vous..." insista le Chevalier Noir. "Je suis un homme très attaché à la bonne tenue de cette ville et je n'aimerais pas que des concitoyens contribuent à y perpétuer un climat délétère."

"Mais bordel, puisqu'on vous dit qu'il ne s'est rien passé !" aboya avec fébrilité le zigoto vêtu d'une veste blanche.

Ce dernier regretta très vite sa grossièreté quand le renégat attrapa son nez et le lui tordit jusqu'à le fracturer. L'homme en blanc poussa alors un terrible hurlement de souffrance et se mit à déblatérer des propos rendus incohérents par ses sanglots. Ses deux acolytes ne purent qu’observer la scène de leurs yeux effrayés, totalement incapables de riposter dans leur piteux état. Ils ne comprenaient pas d’où sortaient tous ces fous furieux qu’ils croisaient récemment et ne savaient guère de quelle façon procéder dans cette situation.

"N’oublions pas non plus la politesse." professa Reagan d'une voix mielleuse. "Ce n’est pas en négligeant ainsi nos bonnes manières que nous pourrons avoir une discussion constructive."

Le jeune freluquet de la bande s’interposa pour essayer de calmer le jeu et questionna les deux scélérats :

"A-Attendez une minute, z'êtes des Chevaliers Noirs ?"

L'Oiseau de Paradis leva ses ray-bans d'un air interloqué avant de deviner où ce gamin voulait en venir. En attendant, il ne s'attendait pas à ce que des raclures de cette espèce puissent avoir vent du contrôle de la Confrérie Noire sur New York. Quoique, de ce qu'il avait entendu dire de la part de quelques fonctionnaires municipaux, certains éléments n'avaient pas été particulièrement discrets quant à leur présence sur ce territoire.

"Oui, c'est le cas." répliqua le catcheur d'un ton devenu grinçant. "Qu'est-ce que vous avez fichu ?"

"Not' boss s'est fait bousculer par un autre Chevalier Noir, du coup on s'est fâchés et on s'est fait casser la gueule par un de ses copains..." avoua son interlocuteur, penaud. "Ils nous ont dit d'rien balancer à personne, mais puisque vous êtes un de leurs potes..."

"Humpf... Vous auriez mieux fait de circuler et de baisser sagement la tête, pauvre tas d'abrutis."

"D-Désolé monsieur, on savait pas..."

"Et pourtant vous auriez dû ! Où sont donc passés ces fameux collègues, que je m'occupe d'affaires plus intéressantes ?"

"I-Ils sont pa-passés par là m'sieur !"

Le jeune ahuri indiqua prestement aux mercenaires la direction qu'avait prise leurs confrères, voyant que le scélérat maquillé commençait à s'énerver. Celui-ci ordonna au punk de le suivre et partit donc à la rencontre des deux présumés membres de l'Ordre Noir. Du côté du trio de loubards, ils détalèrent la queue entre les jambes afin de se barricader chez eux, en sécurité face aux monstres qui se trouvaient dehors.

Toujours à grandes foulées, Reagan chercha activement ses congénères, sans se soucier d'avoir oublié de demander s'il s'agissait de femmes ou d'un minus encapuchonné. Soudain, il aperçut un nabot habillé dans un large manteau rouge accompagné d'un duo de vieillards et d'autres énergumènes. Une telle dégaine ne pouvait appartenir qu'à une seule personne : ce très cher Ntikuma ! Le visage auparavant grave du renégat s'illumina de joie tandis qu'il s'avançait en trombe vers le petit forgeron.

"MON BRAVE NTIKUMA !!" l'interpella-t-il gaiement et bruyamment. "Je te cherchais partout, si tu savais ! J'ai aussi plein d'histoires fabuleuses à te raconter, tu ne vas pas en croire tes oreilles !"

L'Oiseau de Paradis agrippa son collègue, le souleva du sol et le secoua dans tous les sens tant il était enthousiaste. Il reposa ensuite l'alchimiste par terre et avisa le vieil asiatique à la tronche burinée qui se tenait à ses côtés. Ce gars était inconnu au bataillon, mais il s'agissait sans doute d'un énième troufion de Death Queen Island à son allure.

"Tiens donc, tu recrutes encore chez les Chinois ?" s'écria le catcheur, qui faisait évidemment référence à Matsuda en qualité de précédent. "Et à part ça, comment ça roule depuis la dernière fois, mon brave Ntikuma ? J'espère que les choses se passent bien à New York !"

Blueman arriva avec un peu de retard juste derrière son chef et adressa un rictus narquois aux employés de l'Africain en guise de salutations. Même quand il était sobre, il n'était pas du genre à respecter de vulgaires ouvriers dont le seul rôle dans la vie était de trimer au service des Black Knights. Selon la pensée du punk, tous ceux qui n'étaient pas des guerriers dotés de la puissance nécessaire pour imposer leur volonté et leurs désirs n'étaient guère dignes d'être qualifiés d'humains. N'étant pas d'humeur aussi méprisante que son larbin, Reagan continua la conversation avec un visage rayonnant :

"Si ça ne vous dérange pas, je vous invite dans l'hôtel de luxe où je me suis installé pour l'instant ! Il y a un restaurant situé aux étages supérieurs, ce sera parfait pour discuter autour d'un bon repas !"

"Quoi, z'avez encore faim patron ?" s'étonna le voyou tatoué.

"J'avais décidé de manger léger aujourd'hui, mon cher Blueman." souligna l'intéressé. "Mais ces heureuses retrouvailles m'ont ouvert l'appétit !"

"Erf, j'crois qu'je vais jeûner de mon côté..."

"Eh bien tant pis pour toi."

Mine de rien, le punk en apprenait tous les jours sur les capacités physiques absolument grotesques de son supérieur. Il croyait qu'il ne pouvait pas aller plus loin dans la débauche de muscles, de virilisme exagéré et de gloutonnerie sans fond, mais il était encore régulièrement impressionné. Au moins, il était suffisamment arrangeant pour tolérer son comportement de pique-assiette sans scrupules, donc il n'avait pas à s'en plaindre.
avatar
Xing HuoSpectre du Cyclope
Spectre du Cyclope

Date d'inscription : 01/07/2015
Nombre de messages : 244
Age : 25
Autres comptes : Rogos / Andréa

Revenir en haut Aller en bas
19.11.18 22:47
Cette fois, le philippin ne quitta pas le petit être des yeux alors qu'ils refaisaient le trajet en sens inverse jusqu'à l'endroit où il avait laissé les deux forgerons. Il fut heureux de constater que, contrairement à leur patron, on pouvait laisser Matsuda et Lou seuls cinq minutes sans les retrouver ensuite dans la mouise jusqu'aux oreilles. Ces derniers accueillirent le retour de l'égaré avec un soulagement qui réveilla le sentiment de culpabilité du Spectre ; il resta un peu à l'écart des retrouvailles en se disant pour la centième fois qu'il lui faudrait faire mieux que ça.

« Plus de peur que de mal... pour nous en tout cas. » répliqua-il aux questions du nippon. « Vous en faites pas pour le sang, c'est pas le sien. Et avant que vous demandiez : non, personne n'est mort. »

Ce n'était pas passé loin pourtant, pour l'Ashanti comme pour ses agresseurs. Si le Cyclope n'avait pas eu les mains liées par la nécessité de ne pas faire trop de vagues... Enfin, il ne restait plus qu'à espérer que ces imbéciles retiennent la leçon ; il n'arrivait toujours pas à croire que qui que ce soit puisse faire preuve d'une telle idiotie. Peut-être aurait-il dû les achever à la réflexion, cela aurait rendu service à tout le monde... non, ça c'était l'adrénaline qui parlait, il devait de nouveau se rendre maître de ses émotions.

Il inspira puis expira un grand coup tandis que Ntikuma redirigeait l'attention des présents vers la poursuite de leur mission. Excellent, voilà qui lui changerait les idées... ou pas, car l'encapuchonné profita de ce que ses subordonnés aient le dos tourné pour interroger l'ancêtre sur ce qu'il avait ressenti alors qu'il corrigeait les loubards du dimanche. Ce n'étaient que quatre mots tout simples et il ne savait que répondre. Ou plutôt il connaissait la réponse – oui il avait aimé ça, il avait adoré même et il regrettait de ne pas avoir pu aller plus loin, de ne pas s'être défoulé tout son soûl – mais il n'était pas sûr de la réaction de l'homme masqué s'il se montrait honnête. Il n'avait pas honte de sa nature et de son histoire, ça non, mais la vérité ne risquait-elle pas de compromettre leur association ? Devrait-il tenter de se faire passer pour plus noble qu'il ne l'était, essayer de s'expliquer ?

« Je devrais pas mais... oui. » avoua finalement le vieillard. Sans le savoir, Ntikuma avait mis le doigt sur l'une des grandes contradictions de l'armée infernale, une de celles sur lesquelles ils préféraient ne pas s'attarder. « C'est pas tout à fait tout ce que sais faire mais c'est ce que je fais de mieux, ce que je fais depuis toujours. Et c'est difficile de rester indifférent face à ça. »

Ces divagations furent toutefois interrompues par l'irruption d'un bolide tonitruant qui les accosta brusquement sur le chemin de l'hôtel. Il n'aurait pas été jusqu'à dire qu'il avait été « sauvé » : Xing Huo voulut s'interposer face à cette nouvelle menace venue de nulle part mais l'apparence improbable de l'intrus court-circuita complètement ses réflexes. Son propre sens esthétique avait beau être quasi-inexistant, cette combinaison de roses et de mauves criards jurant avec la chevelure colorée de l'hurluberlu était d'une telle atrocité qu'il se figea sur place l'espace d'un instant.

« Que... qu'est-ce qu'il vient de se passer ?! »

L’Étoile Terrestre se retourna en catastrophe, constata en premier lieu que non, ce n'était ni un cauchemar ni une illusion d'optique, cette chose horrible était hélas bien réelle et en second lieu qu'elle allait casser son client si elle n'arrêtait pas de l'agiter dans tous les sens.

« Lâchez-le tout de suite, vous voyez pas qu'il est fragile ?! »

Le Cyclope aurait volontiers carré son poing dans la tronche de cette espèce de dégénéré – qu'il se rappelait maintenant avoir croisé en coup de vent chez Éris même s'il était beaucoup moins flamboyant à ce moment – mais il ne pouvait pas le faire sans blesser Ntikuma. L'abomination bigarrée ne semblait cependant pas agressive – pas au-delà du supplice qu'elle faisait subir à ses rétines et à ses tympans en tout cas – et finit par relâcher le pauvre forgeron avant de paraître enfin remarquer ses accompagnateurs.

« Je. Suis. Pas. Chinois ! » s'énerva le Spectre, qui ajouta mentalement « humour pourri » à la liste de tares déjà bien fournie du tas de muscles ambulant. Tas de muscles qu'il n'avait pas pu empêcher de malmener le conteur, le prenant au dépourvu pour la deuxième fois en moins de dix minutes ! Il n'aurait pas dû laisser ça arriver, l'Ashanti avait été forcé de faire usage de son cosmos et en voilà les conséquences... Déterminé à faire son travail de garde du corps – correctement cette fois, et sans se laisser distraire par la perspective de la nourriture –, il se plaça entre le culturiste, le gugusse qui devait lui servir de sous-fifre et la silhouette rouge au cas où il viendrait à l'idée des premiers de s'emparer derechef de la seconde.

« On a du boulot là donc oui ça nous dérange un peu. Et vous devriez pas vous excuser d'abord ? »
avatar
http://rpgsaintseiya.forumactif.com/t27041-ntikuma
NtikumaChevalier Noir de l'Araignée
Chevalier Noir de l'Araignée

Date d'inscription : 28/06/2013
Nombre de messages : 459
Age : 21
Autres comptes : Oblivion

Revenir en haut Aller en bas
01.12.18 18:58
Devant le temps de réflexion pris par le Cyclope, l'Ashanti s'était attendue à quelque chose de plus révélateur, mais son interlocuteur opta pour une défense plus sécuritaire, admettant l'erreur de son comportement tout en ponctuant de molles justifications qui semblaient vouloir laisser entendre qu'il n'avait pas de meilleures solutions. Peut-être s'attendrait-il à plus de questions, de la tristesse ou de la résignation, mais la façon dont Ntikuma restait immobile, relevant juste assez la tête pour pouvoir le toiser sans trop éloigner son regard du papier, montrait bien qu'il n'était pas du tout impressionné par l'argument. Ce qu'il savait faire de mieux, et puis quoi encore? Qu'est-ce que c'était censé excuser, un cycle de violence perpétué une fois de trop? Hors de question de lâcher l’affaire cette fois, s’il avait su tolérer cette « ignorance » avant il comptait bien le réfléchir un peu… Mais avant qu’il ne puisse lui écrire d’autres reproches, un grand cri de joie qui n’était pas sans rappeler les glapissements d’un chien le fit sursauter et la seconde d’après un grand flash de couleur lui fonça dessus.

-Non…

Le simple gémissement désespéré de Matsuda fut très vite enterré par d’autres effusions de bonheur, et Ntikuma sentit aussi son cœur se serrer sous la panique en voyant de qui il s’agissait : Reagan, évidemment. Après toutes ces folles émotions, le petit être ne su même pas offrir une réelle réaction à l’arrivée de son collègue, l’observant foncer avec stupeur jusqu’à ce qu’il soit soulevé de terre et secoué comme une vulgaire poupée de chiffon. Était-il vraiment si content que ça de les revoir? Xing Huo tenta bien de protester, mais rien à faire, ce n’est que lorsque l’Oiseau du Paradis le voulut bien que Ntikuma retrouva finalement le sol, tâtant ses côtes pour s’assurer qu’il n’avait rien de cassé. Parfait, exactement ce dont ils avaient besoin…

-De même!

Et pour couronner le tout, il ne perdait pas l’occasion de lancer quelques commentaires mal placés qui firent grimper la colère de ses collègues asiatiques, en particulier de Xing Huo qui se planta devant lui pour « défendre » son client… Et ce dernier s’empressa de poser sa main sur son épaule pour le calmer, tout en faisant signe aux autres forgerons de ne pas s’emporter. Pas qu’il avait envie que Reagan reste —il avait déjà été assez difficile de se débarrasser de lui la première fois, mais le chasser sans aucune cérémonie n’allait rien améliorer. Il était peut-être de bonne humeur maintenant, mais…

Lou se ressaisit le premier, ignorant les regards indignés de Matsuda qui ne servaient pas à grand-chose pour arranger la situation, et déchiffra comme il le pouvait les demi gestuelles de son chef bien qu’il ne soit pas aussi expérimenté que son collègue Japonais.

-Bon alors, on lui dit? Non? Ça veut dire quoi ça?! Nom de... fais juste hocher la tête si t'es pour dire oui!

Le petit être lui donna enfin une réponse claire, et le vieillard pu donc commencer à expliquer un peu ce qui se passait. Et apparemment, ils étaient mieux de jouer la carte de l'honnêteté.

-Xing Huo est pas de chez nous, c'est un Spectre, il nous aide à retrouver de la fausse argent... euh... découverte par Ntikuma pendant qu'on était à Johannesburg. Ah, et Xing Huo, Reagan, Chevalier Noir de l'Oiseau du Paradis. Seigneur Reagan, Xing Huo.

Le forgeron muet écarquilla les yeux et s'agita pour dénoncer le mensonge, mais Lou n'en avait cure. Reagan était trop imprévisible —et il était gentil en ne s'en tenant à ce mot— pour risquer de lui avouer que c'était Ntikuma qui était à l'origine de ce problème, même s'ils avaient arrêté ses crimes pavés de bonnes intentions à temps. Mais ils étaient cependant d'accord sur une chose, écarter leur collègue aux choix vestimentaires douteurs n'allait que rendre leurs activités plus suspectes et ils risquaient de le croiser encore plus souvent. Et s'ils ne disaient rien sur leur mission, il pourrait les forcer à retourner sur l'île pour la réparation de son armure! Maintenant, il fallait juste espérer qu'il n'offre pas son "assistance" pour régler le problème...

Pas dans l'immédiat, en tout cas. Heureux de la rencontre, le flamboyant mercenaire les avait d'abord invités au restaurant de son hôtel, un geste qui surprit même son employé à la crête bleue. Mais le Philippin n'avait pas le cœur aux retrouvailles, logique puisqu'il ne devait pas connaître Reagan, et refusa l'invitation avant d'exiger des excuses, ce qui fit sursauter les forgerons. L'Araignée voulut intervenir, pour calmer les tensions, mais se ravisa, attendant plutôt derrière le Philippin en hochant la tête pour encourager Reagan à faire ce qui lui était demandé, à savoir s'excuser pour ses commentaires déplacés. Cela lui semblait légitime.
Mais ça ne réglait qu'une partie de la question. Devait-il partir avec lui? Pas tout de suite, bien évidemment, mais comment formuler la chose? Heureusement, Lou n’avait pas perdu ses moyens, alors que Matsuda ne suivait plus du tout la conversation, trop occupé à surveiller le trouffion bleu.

-On a juste le temps de faire un stop ou deux, et si on s’en occupe maintenant, ensuite on peut passer faire un tour à l’hôtel. Qu’est-ce que vous en dites?

Ntikuma s’empressa d’acquiescer, suivi du Japonais distrait. Il y avait de fortes chances que Reagan décide de les accompagner, et ils ne pouvaient rien y faire, mais au moins ils pouvaient encore suivre le plan déjà établi…
avatar
En ligne
ReaganChevalier Noir de l'Oiseau de Paradis
Chevalier Noir de l'Oiseau de Paradis

Date d'inscription : 06/07/2014
Nombre de messages : 399
Age : 23
Autres comptes : Wolgorn

Revenir en haut Aller en bas
05.12.18 22:23
Le vieillard et le forgeron asiatiques gueulèrent à Reagan qu'ils n'étaient pas Chinois, mais il n'avait guère envie de prêter attention à ce genre de correction. De ce qu'il avait compris, Ntikuma et ses compagnons étaient occupés à chercher de la fausse monnaie, une activité qui l'intriguait fortement. Se pourrait-il que des escrocs sévissent dans les territoires occupés par l'Ordre Noir et osent indirectement mettre le désordre dans ses finances ? Mais si ce n'était pas le cas, pourquoi les alchimistes s'embêtaient-ils à courir après cet argent ? Ce n'était pas comme si les Black Knights avaient quelque chose à cirer des charlatans et truands de seconde zone qui se baladent dans le coin. Après tout, ils n'étaient pas là pour jouer aux justiciers, mais pour étendre leur influence et s'enrichir au maximum. Que du menu fretin tels que des faux monnayeurs puisse faire ses petites affaires était encore tolérable aux yeux de la Confrérie, du moment qu'ils ne perturbent pas l'économie globale.

L'autre information importante était que le vieux bridé était en réalité un Spectre, et non un simple employé de Ntikuma comme l'imaginait l'Oiseau de Paradis. L'encapuchonné avait décidément le don pour attirer ces zigotos, en espérant qu'il varie un peu les factions au niveau de ses partenaires. Il ne manquerait plus que les gens se mettent à croire que les mercenaires travaillent exclusivement avec les séides d'Hadès. Quoi qu'il en soit, que le dénommé Xing Huo ose demander au catcheur des excuses quant à sa confusion était gratiné, alors qu'il n'était qu'un simple invité en ces lieux ! De plus, Reagan n'aimait guère le ton désagréable qu'employait ce Spectre pour lui parler, aussi le lui fit-il savoir d'une question sarcastique :

"Des excuses pour quoi ?"

Toutefois, le forgeron en chef insista pour qu'il fasse amende honorable pour sa blague raciste sur les asiatiques. Pourquoi tous ces énergumènes étaient-ils aussi susceptibles à la fin ? C'était à croire que personne à part l'Oiseau de Paradis ne possédait une seule once d'humour. Au moins, l'alchimiste encapuchonné n'eut pas l'impolitesse de décliner sa généreuse invitation. Comme Ntikuma et son groupe avaient encore leurs affaires à régler, il était sans doute mieux que le catcheur les accompagne afin d'accélérer tout ce bazar.

"Dans ce cas, permettez que je vienne avec vous !" leur proposa-t-il donc. "Plus tôt on en aura fini avec cette histoire, plus tôt nous pourrons retourner à l'hôtel ! Je te rappelle d'ailleurs que j'ai besoin de toi, mon brave Ntikuma, pour me forger une nouvelle armure. Ça fait maintenant des lustres que je me promène nu comme un ver, avouez que ce n'est guère sérieux ! Certes, ce n'est pas comme si j'étais en danger sans mon équipement, mais il faut quand même que je soigne mon image."

Effectivement, si Reagan comptait affronter un jour Yasuha en mettant toutes les chances de son côté, il devait récupérer sa cuirasse au plus vite. Il ôta ensuite ses lunettes de soleil, les rangea dans la poche pectorale de son costard et posa amicalement sa main sur l'épaule du guerrier infernal. Un sourire aux lèvres et d'humeur généreuse, il consentit à s'excuser auprès de lui :

"Veuillez me pardonner pour cet écart, très cher Xing Huo, j'ai quelquefois tendance à être un peu trop taquin. Assurez-vous que je ne répéterai pas cette plaisanterie, du moins pas en votre présence. En gage de bonne foi, je m'en vais vous faire l'insigne honneur de vous conter une de mes récentes aventures. Celle-là saura tout particulièrement vous amuser, croyez-moi !"

"Ouais, c'est le genre d'histoire qui devrait plaire aux Spectres." souligna le punk avec un ricanement malsain.

"Ça nous occupera pendant que nous marcherons, bien que je ne sache pas où vous vous dirigez... Ce que je peux vous dire pour l'instant, c'est que cette aventure se déroule en Grèce, non loin de l'ancienne glorieuse cité d'Athènes. Je suis sûr que ça vous intrigue déjà !"

L'Oiseau de Paradis enfila de nouveau ses ray-bans et passa familièrement son bras musclé autour de l'épaule de Xing Huo. Etant donné qu'il s'agissait d'un Spectre, autant se montrer un minimum diplomate, là où le pauvre Matsuda comptait pour du beurre. Le criminel était ainsi prêt à débuter son récit et à suivre de manière décontractée la bande des forgerons jusqu'à leur destination. Quant à Blueman, il se contenta d'observer l'assemblée d'un œil amusé et de se fumer une cigarette. Il se serait grillé un gros joint de marijuana normalement, mais son patron lui avait fait comprendre que consommer ce type de substance en ville n'était pas l'idéal. Bizarrement, Reagan était plus conciliant la dernière fois avec l'alcool, mais c'était probablement parce qu'il y avait un événement à célébrer.
avatar
Xing HuoSpectre du Cyclope
Spectre du Cyclope

Date d'inscription : 01/07/2015
Nombre de messages : 244
Age : 25
Autres comptes : Rogos / Andréa

Revenir en haut Aller en bas
06.12.18 16:39
Ça faisait du bien de savoir qu'il n'était pas seul dans son indignation mais même s'il appréciait le soutien de Matsuda, il avait plutôt besoin de celui de Ntikuma. Or, ce dernier préférait jouer les conciliateurs – du peu que le Cyclope parvenait à comprendre de ses gesticulations. Il faudrait vraiment qu'il trouve un meilleur moyen de communication, même Lou qui avait pourtant l'habitude avait du mal. Résultat des courses, ils perdaient définitivement toute chance de dissimuler leurs activités aux autres Black Knights. Il s'en lavait les mains : si ses compagnons de route décidaient de se tirer une balle dans le pied en vidant leur sac, tant pis pour eux.

Puis vint le moment redouté des échanges d'amabilités. Xing Huo dut se faire violence pour réussir à se montrer à peu près poli – contrairement à l'empaffé multicolore qui ne voyait toujours pas le problème avec son comportement – lorsque le vieux forgeron fit les présentations.

« Enchanté. » mentit le Spectre. « Et si Ntikuma est sûr de vouloir procéder comme ça, je n'ai pas d'objections. »

Il s'aperçut qu'il avait parlé trop vite quand Reagan rouvrit la bouche pour leur proposer de les accompagner avec tant d'insistance qu'il ne leur laissait au final pas le choix. Le philippin s'était clairement montré trop optimiste : ils pouvaient également faire une croix sur leurs chances de ne pas se faire remarquer par la populace new-yorkaise. Adieu la discrétion. La cuisine de ce fameux restaurant avait intérêt à être à la hauteur, il faudrait bien cela pour faire passer la pilule... et lui faire oublier l'horrible vision conjurée dans son esprit lorsque le culturiste prononça les mots « nu comme un ver ».

« Merci beaucoup pour cette image, j'avais pas besoin de ça. » grimaça le vieillard en tentant sans succès d'évacuer l'ignoble pensée parasite. Il ne s'était même pas écoulé une minute depuis qu'il avait été mis en présence de l'Oiseau de Paradis et il n'avait déjà plus qu'une seule envie, celle que ça s'arrête tout de suite. Surprise surprise, la montagne de muscles et d'ego consentit cependant à s'excuser. Il y avait méprise, c'était pour Ntikuma que l'ancêtre réclamait des excuses, ça ne se faisait pas d'accoster quelqu'un comme ça et de le secouer comme une boule à neige, pas à moins d'être très familier avec la personne, ce qui ne devait pas être le cas ici. Mais il laissa tomber en voyant que l'intéressé faisait tout ce qu'il pouvait pour éviter le conflit... et accessoirement pour ne pas ajouter à sa migraine naissante.

Renforcé – ou peut-être pas, ça restait encore à voir – de ses deux nouveaux membres, leur petit groupe se mit en branle en suivant leur petit chaperon rouge attitré sur la trace des faux billets. Le Cyclope aurait aimé que cela se fasse en silence mais de toute évidence et une fois de plus c'était trop demander puisque l'américain et son punk de compagnie persistaient à vouloir briser la glace.

« Une histoire ? Quel genre d'histoire ? » interrogea le vieillard, curieux malgré lui, donnant ainsi raison à l'Oiseau de Paradis. Mieux valait se concentrer sur ça que sur l'embrassade de l'autre éveillé – pour qui se prenait-il celui-là, ils n'avaient pas gardé les cochons ensemble ! –, qu'il s'efforçait d'ignorer. « Et pour votre information on va à un autre hôtel pas loin d'ici pour récupérer la fausse monnaie des résidents avant que les autorités ne découvrent le pot aux roses. Puis dans un troisième hôtel ou possiblement un hôpital ou un centre d'accueil et ainsi de suite. Sans faire de vagues si possible. »

On ne savait jamais avec un phénomène pareil, autant être clair.

« Pour en revenir à votre histoire, nous aussi on est allés là-bas il n'y a pas si longtemps. Mais allez-y, vous d'abord, je suis tout ouïe. »
avatar
http://rpgsaintseiya.forumactif.com/t27041-ntikuma
NtikumaChevalier Noir de l'Araignée
Chevalier Noir de l'Araignée

Date d'inscription : 28/06/2013
Nombre de messages : 459
Age : 21
Autres comptes : Oblivion

Revenir en haut Aller en bas
09.12.18 23:14
L’attention s’éloigna enfin des forgerons, alors que Reagan partait devant avec Xing Huo comme s’ils étaient de bons amis, ce que le Cyclope n’appréciait de toute évidence pas. Mais Lou et Matsuda pouvait profiter d’un peu de silence, et aussi de temps de réflexion sans être trop écouté. Le Japonais s’approcha de Ntikuma, toujours dans un drôle d’état après sa petite escapade, et lui secoua doucement l’épaule. Il ressentit presque du regret en sentant le petit être sursauter, puis soupirer avec résignation. Il aurait pu avoir l’air d’un enfant terrifié, s’il n’était pas aussi las…

-Qu’est-ce qui s’est passé?

Le chef des forgerons agita la main devant lui, mais rien ne se produit. Il réessaya, plus paniqué cette fois, sans succès. Matsuda finit par lui saisir le poignet pour le calmer, il ne savait pas ce qu’une tentative d’utilisation de cosmos ratée pouvait faire, mais son patron était si fragile qu’il ne souhaitait pas le savoir, pas tout de suite du moins. De sa main libre, l’Araignée continua à gesticuler pour lui faire part de sa peur.

-Je sais, je sais! C’est… c’est la peur, c’est tout. Ça va passer. C’est votre petite promenade qui vous a fait peur comme ça?

Un hochement de tête, et l’asiatique relâcha enfin son chef pour que ce dernier puisse s’expliquer : il avait été attaqué dans une ruelle, et Xing Huo l’avait secouru, mais… la suite était floue, ponctuée de signes maladroits que Matsuda ne reconnaissait pas. Mais de ce qu’il comprenait, l’affrontement avait été plutôt violent. Voilà se qui expliquait l’état de choc de Ntikuma, jusqu’à un certain point.

-Mais encore? Vous avez un carnet, là, utilisez-le. Personne d’autre ne le verra.

Le Japonais tentait bien de se faire rassurant, mais il se doutait bien de ce que Ntikuma allait lui dire : la bataille avait été trop brutale à son goût et il n’avait pas apprécié. Ils étaient déjà suffisamment en désaccord sur ce sujet, que dire de plus? La silhouette rouge ne tolérait pas que l’on fasse du mal à qui que ce soit, même quand sa propre vie et celle de ses serviteurs étaient en danger, et bien qu’elle tente d’y trouver une alternative elle n’avait toujours pas la force de l’appliquer. Mais la garder dans un tel état n’était pas mieux, la seule chose qu’elle arrivait à faire était maintenant hors de portée et avec Reagan dans les parages, ils avaient besoin de ses pouvoirs de création, plus tôt que tard.
Quand Ntikuma lui tendit enfin le papier, Matsuda dû retenir un soupir de découragement.

« Il les a massacré. Il est allé trop loin, et il a aimé ça. Si je n’avais pas été là— »

La voix tonitruante de l’Oiseau du Paradis leur fit tourner la tête et ils décidèrent de s’approcher, ils étaient presque arrivés à leur première destination… un hôpital, à en croire l’Ashanti. Mais ils avaient plus importants à régler, Reagan s’apprêtait à raconter une histoire et selon Blueman, le Spectre en particulier allait l’apprécier. À ces mots, Ntikuma fusilla le Philippin du regard, puis son collègue américain, avant de lui adresser quelques signes.

-Il aimerait savoir ce que vous faisiez en Grèce.

-Patience, patience, il va le conter…

La pointe de sarcasme dans la voix de Lou rassura le Japonais, qui en profita pour communiquer au reste de la troupe l’endroit où ils devaient aller. Malgré lui, il était aussi curieux…
Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

La Prince elle a acheté quoi? [Part Three]