avatar
Xing HuoSpectre du Cyclope
Spectre du Cyclope

Date d'inscription : 01/07/2015
Nombre de messages : 248
Age : 25
Autres comptes : Rogos / Andréa

Revenir en haut Aller en bas
21.10.18 21:08
Comparé à leur voyage depuis Johannesburg, le trajet jusqu'à New York faisait figure de saut de puce. Après s'être abondamment – et intérieurement – gobergé des malheurs de l'Ashanti et de son pauvre interprète, Xing Huo passa la plus grande partie du vol dans une ambiance studieuse, inspectant les notes et documents que lui avaient fait parvenir ses contacts dans la ville qui servait de QG à la fois à l'Ordre Noir et au fils de Nyx.

Mark et compagnie avaient fait du bon travail : l'argent et les connexions de Sa Seigneurie avaient ouvert bien des portes et délié bien des langues. Retrouver les personnes dont les noms et coordonnées étaient indiquées sur la liste devrait être un jeu d'enfant, les rencontrer serait à peine plus compliqué : un homme de main devrait les attendre à l'aéroport pour leur remettre toutes les accréditations dont ils pourraient bien avoir besoin pour rentrer là où séjournaient leurs cibles. Les Spectres n'avaient pas regardé à la dépense ; en fait, racheter la fausse monnaie en même temps que le silence de ses propriétaires serait sans doute la partie la moins coûteuse de l'opération. Même leurs déplacements en jet reviendraient au final plus cher que les quelques dizaines de milliers de dollars créés par le forgeron.

L'un dans l'autre, c'était une utilisation fructueuse du budget que la Mort allouait au Cyclope et à ses homologues pour leurs missions – ce que les Spectres surnommaient leur « argent de poche » – mais il ne fallait pas crier victoire trop tôt : les choses avaient tendance à partir en sucette lorsque les infernaux semblaient près de rencontrer le succès.

« Ah, on arrive enfin. » grommela le vieillard lorsque l'avion entama sa descente vers La Guardia. Il était peut-être un peu tard pour espérer rendre visite à chacun de leurs objectifs avant que la nuit tombe mais ils pourraient toujours terminer le lendemain. Peut-être pourrait-il également demander à leur troupeau d'assistants de surveiller ceux qu'ils n'arriveraient pas à rencontrer de suite... « C'est bon, vous avez retenu les infos, l'itinéraire et tout le reste ? Si on bosse bien et qu'on a du pot, on devrait avoir fini d'ici demain matin. »

Si aucun obstacle ne venait se mettre en travers de leur route bien sûr. L'appareil s'arrêta à son emplacement réservé ; en bas de la rampe attendait un Squelette déguisé, chargé d'une mallette contenant tout le nécessaire à cette partie de leur équipée. Le philippin salua son subordonné d'un hochement de tête, vérifia que tout était bien à sa place puis le congédia avec gratitude.

« Ok, on est parés. Du coup, vous voulez qu'on remette ça comme à Québec ou vous préférez qu'on prenne notre temps et qu'on fasse le choix de la sécurité ? »
avatar
http://rpgsaintseiya.forumactif.com/t27041-ntikuma
NtikumaChevalier Noir de l'Araignée
Chevalier Noir de l'Araignée

Date d'inscription : 28/06/2013
Nombre de messages : 463
Age : 21
Autres comptes : Oblivion

Revenir en haut Aller en bas
26.10.18 3:24
Ntikuma espérait un minimum de support de la part de ceux n'ayant pas assisté à la scène, et n'eut droit à rien de cela : Lou avait maintenant un intérêt amusé par toute l'aventure, secouant la tête avec découragement sans se départir de son sourire, et Xing Huo riait à gorge déployée sans parvenir à croire complètement que ça avait marché. Détendu par leur hilarité, et aussi par le fait qu'ils étaient en sécurité maintenant, Matsuda avait aussi fini par en rire, et encouragé par son collègue, avait réfléchi à voix haute à la meilleure façon de raffiner cette "stratégie", au plus grand dam de son petit chef...

-OK, la prochaine fois on dira que c'est un prince africain, et je porterai les sacs, et Ntikuma pourra se créer plein de bijoux et peut-être même des chaussures, pour une fois, et marcher bien droit avec la tête bien haut! Ou peut-être que vous préférez jouer une princesse, Ntikuma? ... Ntikuma?

...

-Bon, Ntikuma, ça suffit, vous avez boudé tout le long du voyage, on s'est tous excusé, prenez sur vous un peu.

-Et faut descendre, alors tu te bouges ou quand on arrive à la maison je débranche la télévision.

Les remontrances de Matsuda ne firent pas bouger l'Ashanti d'un poil, et il resta prostré dans son siège à observer le va-et-vient des gens de l'aéroport sans même retourner la tête ou donner l'impression qu'il avait bien entendu son employé. Ce fut la menace de Lou qui le fit enfin sursauter, et il finit par se lever pour traîner les pieds vers la sortie, pendant que les deux forgerons et leur associé se concertaient pour trouver la meilleure façon de lui remonter le moral ; après tout, les pouvoirs de l'Araignée avaient tendance à faiblir quand ce dernier était trop réticent à coopérer. Une autre chose à surveiller le jour où Reagan reviendrait cogner à leur porte, s'il devait faillir au mauvais moment... De quoi les inquiéter encore plus, mais le Japonais semblait bien moins énervé depuis leur petite escapade à Québec, ce qui n'était pas passé inaperçu, mais quand Lou lui avait demandé ce qui s'était passé, son jeune collègue lui avait simplement marmonné que tout allait bien. Rien pour endormir la méfiance du vieillard, qui commençait à se demander sérieusement ce qui s'était passé entre Matsuda et Ntikuma. Dès leur retour au Laboratoire, ils auraient une sérieuse discussion...

Une fois à l'extérieur, les forgerons prirent le temps de s'étirer avant de confirmer que oui, ils avaient retenu toutes les informations importantes pour la deuxième partie de leur mission. Celle-ci serait plus facile, puisqu'ils avaient beaucoup plus d'alliés sur ce terrain et ces derniers avaient presque tout préparé. Ne manquait plus que de rencontrer les naufragés et récupérer l'argent. Une tâche facile, si tout le monde restait de bonne foi...

-Restez très près de nous, les gens ici ils sont fous braque. Vous voulez pas vous perdre là-dedans.

-Juste pour ça, peut-être qu'on ferait mieux de rester ensemble. Et nos deux novices pourront apprendre un truc ou deux.

Quelques répliques désobligeantes et les mercenaires se remirent en route, n'hésitant pas à tenir la cape de leur petit chef pour s'assurer qu'il ne s'éloignerait pas. La ville, comme l'avait prédit Matsuda, la Grosse Pomme était bourdonnante d'activités et de folies suffisantes pour étourdire n'importe qui n'y étant pas préparé, et ce fut ce qui arriva ; Ntikuma, fasciné par la zizanie de la métropole, oubliait souvent de marcher et il fallait le pousser pour lui arracher quelques pas.
Il devait y avoir un événement important non loin, car les rues étaient bondées. Les éveillés lentement et sûrement une grande intersection quand des hurlements de sirènes se firent entendre non loin, causant une véritable panique chez les piétons qui se dépêchèrent de dégager le passage. Le brusque mouvement collectif eut l'effet d'un tsunami, bousculant les mercenaires dans tous les sens en ne leur laissant qu'une vague idée d'où ils se trouvaient. Quand ils finirent par atterir sur un trottoir qu'ils n'avaient même pas choisi, une séries d'ambulances et de camions de pompiers passant à toute vitesse avant que les passants ne reprennent leur marche comme si de rien n'était, ils paniquaient déjà pour une autre raison :
Ils avaient encore perdu Ntikuma.

...

L'Ashanti grimaça en se relevant, se frottant les genoux du bout des doigts pour y découvrir quelques gouttes de sang. La soudaine vague de panique avait effrayé l'ingénu plus que de raison et lorsqu'il n'avait pas été pas bousculé et frappé par les autres piétons, il avait couru avec eux sans trop savoir pourquoi. Le tout s'était terminé rapidement, avec une mauvaise chute, mais c'était plus que suffisant pour mettre le forgeron aux aguets : en effet, il était maintenant seul.
Sentant ses mains trembler, le petit être s'ordonna de ne pas paniquer. Impossible de repérer ses collègues dans la foule, mais ils ne pouvaient pas être si loins que ça! Avant de faire exploser son cosmos pour indiquer sa présence —peu prudent vu tous les passants, et Xing Huo ne serait peut-être pas le seul à le repérer— il se décida donc à déambuler un peu dans la rue pour tenter de les trouver. Aucun de ses associés n'était assez voyant pour être remarqué facilement, mais lui l'était, et donc il comptait plus sur leur vigilance que sur la sienne. Peut-être que s'il n'émettait que faiblement son cosmos...

-Attention, minus!

Perdu dans ses pensées, l'Araignée ne put s'arrêter à temps pour s'empêcher de foncer dans un homme à la veste blanche trop grande pour lui la toisant avec dédain. Sa peau pâle était déjà rouge de colère, aussi l'africain se dépêcha-t-il de s'excuser avec quelques signes avant de continuer sa route, mais ce ne fut pas suffisant, et vu comment son interlocuteur se dépêcha de lui barrer la route, il ne s'en sortirait pas si facilement.

-Hé, tu te prends pour qui à te barrer comme ça? On t'a pas appris le respect dans ton pays?

Tout l'être de Ntikuma lui hurlait de sortir de là, et il ne prit même pas la peine de répondre avant de tourner les talons et s'éloigner, mais son coeur ratta un battement quand il vit deux autres silhouettes approcher : deux adolescents, un garçon et une fille armés d'une barre de fer, qui jetaient des coups d'oeil interrogateurs à leur "chef" qui faisait craquer ses jointures. Le muet leva tout de suite les mains dans un signe de soumission, cherchant de l'aide du regard, mais les passants se contentaient de changer de trottoir en voyant le début d'altercation qui se passait. Tant pis pour la discrétion.

-Vous tombez à pic, les gars, on a un gros problème ici.

-C'est un Chevalier Noir...

-Rien à battre. Les gens comme lui doivent connaître leur place, et-HÉÉÉ!

Le manteau du petit être s'illumina de rouge et il tendit les bras devant lui, concentrant son cosmos. Le tourbillon de lumière qui entoura le petit groupe grimpa suffisamment haut pour dépasser quelques édifices, se reflétant sur les fenêtres et causant quelques interférences dans les circuits électriques, mais lorsqu'il s'estompa après seulement quelques secondes, les voyous qui s'étaient cru bons pour la morgue eut la joie de constater que cette "attaque" ne leur avait rien fait, et vu la peur de leur victime, il ne se passerait rien de plus. S'en prendre aussi ouvertement à un éveillé demandait déjà beaucoup de culot, mais si en plus ils devaient tomber sur une cible facile... Le chef de la troupe extirpa un pistolet de sa poche et braqua le forgeron, dont ce fut cette fois l'écharpe qui s'illumina alors qu'il semblait malgré tout prêt à tenter de se défendre. À cette distance, il n'aurait jamais le temps de mettre son armure... Mais s'il le voyou n'hésiterait pas une seconde à lui coller une balle, la proximité de ses accolytes l'empêchait de vraiment le faire.

-Prenez-lui son armure! Il en aura plus besoin!
avatar
Xing HuoSpectre du Cyclope
Spectre du Cyclope

Date d'inscription : 01/07/2015
Nombre de messages : 248
Age : 25
Autres comptes : Rogos / Andréa

Revenir en haut Aller en bas
01.11.18 11:02
Xing Huo ne pensait pas que son commanditaire serait aussi susceptible : il avait très mal pris leurs plaisanteries et ils avaient beau présenter leurs excuses, ça n'avait pas l'air de lui passer. Ces enfantillages avaient failli faire perdre patience au philippin mais Lou, qui connaissait les points faibles de son employeur – sans blague, c'était une menace ça ? – débloqua finalement la situation. Ils n'étaient pas pour autant arrivés au bout de leurs peines : même lorsqu'il se décidait à coopérer le conteur restait éminemment dispersé, son attention trop facilement capturée par les merveilles petites et grandes de la ville cosmopolite. Le guider à travers ses rues et ses torrents d'humanité était une épreuve, au point qu'au bout de cinq minutes à ne pas le quitter des yeux, à le tirer quand il s'arrêtait brusquement pour regarder tout et n'importe quoi et à le tenir par la main – ou plutôt la cape – comme un enfant en bas âge, le Cyclope commença à se dire qu'il aurait moins de difficulté à faire avancer une mule ou un gamin hyperactif. Peut-être n'était-il pas trop tard pour faire l'échange...

Et puis bien sûr, comme on pouvait s'y attendre, la catastrophe. Il se fichait éperdument de savoir à quel événement de la vie new-yorkaise il devait ces stridentes sirènes, seul le résultat importait : la foule adopta un comportement qui n'était pas sans rappeler celui d'un troupeau de moutons à l'approche d'un prédateur et le flot balaya leur petit groupe, brisa leur chaîne humaine. Il s'efforça de résister au courant, de le remonter en n'ayant pas peur de jouer des coudes mais il lui fallut plusieurs minutes pour s'extirper de la masse et rejoindre ses compagnons de route... sauf que le plus important d'entre eux manquait à l'appel. Emporté par la vague, Thanatos sait où – quoique, non, il doutait de pouvoir retrouver le petit homme masqué en sortant son portable pour appeler son Dieu, ce serait trop facile.

« Chiotte. » dit-il en constatant que Ntikuma n'était pas avec ses subordonnés et que ceux-ci n'avaient aucune idée d'où il pouvait bien se trouver. D'accord, il n'était pas grand, mais comment avaient-ils pu perdre un type en cape rouge pétante avec une énorme araignée métallique sur le dos en plein jour ?! « Le choix de la sécurité », c'est ça oui, il n'était même pas capable de garder son client dans son champ de vision ni de le protéger de simples humains qui n'essayaient même pas consciemment de lui faire du mal. « Je le savais. Je le savais ! C'est décidé, quand je le retrouve je lui colle un putain de bracelet électronique ! Ou une Fée, ça fera aussi bien l'affaire... »

Le vieillard continua de bougonner en inspectant les environs à la recherche d'un pan d'étoffe rouge ou d'un reflet de lumière sur une armure sombre. Il était sur le point de se décider à émettre une faible impulsion cosmique qui permettrait au Chevalier Noir de le localiser ou le ferait réagir en intensifiant sa propre aura lorsqu'il s'aperçut que ce dernier l'avait devancé. Et qu'il allait beaucoup trop loin : tous les éveillés dans un rayon de plusieurs kilomètres allaient se rendre compte de sa présence !

« Et merde... bon, vous bougez pas de là et vous vous séparez pas, compris ? On garde le contact par téléphone si besoin. » intima-t-il aux forgerons. Il leur laissa une Fée histoire d'être sûr puis se précipita ventre à terre dans la direction d'où provenait l'énergie de Ntikuma, bousculant les passants sans vergogne. « À partir de maintenant, on se déplace plus qu'en bagnole blindée... »

Il déboula enfin dans une petite rue et se retrouva en présence d'un trio de petites frappes acculant son commanditaire, les armes à la main. L'espace d'un instant, Xing Huo vit rouge, mais le leader de la bande sauva sans le savoir sa propre vie et celle de ses acolytes par une réplique d'une rare stupidité qui ramena l'ancêtre à la raison.

« La vache, z'êtes sérieux ? J'ai jamais rien entendu d'aussi con, et pourtant j'en ai connu des débiles. »

Pires qu'Hélios, c'est dire. Le Spectre pénétra dans l'allée en faisant craquer une à une ses articulations tandis que ces spécimens à l'idiotie monumentale et à la mine patibulaire se retournaient vers lui en brandissant leurs armes – à l'exception de leur chef, qui continuait à pointer sa pétoire sur l'Ashanti.

« Qu'est-ce t'as dit, le vieux ?! »

« C'est pas tes oignons, dégage si tu veux pas qu'on te fasse bobo. »

Le vieillard laissa tomber son sac dans un dernier craquement de vertèbres et se tint devant les loubards, prêt à en découdre, souriant de toutes ses dents. « J'ai dit qu'il faut vraiment être un abruti de compétition pour chercher la bagarre avec un Chevalier Noir. Vous croyez qu'ils les gagnent comment ces armures, en cadeau à l'achat d'un paquet de lessive ? Les types comme lui ils prennent les types comme vous et ils les réduisent en bouillie avec leur p'tit doigt, z'avez du bol que celui-ci soit non-violent. »

Les deux hommes de main devinrent de suite plus nerveux ; l'effet psychologique de la démonstration des pouvoirs du forgeron n'était pas totalement dissipé et les mots du philippin jetaient un nouvel éclairage sur leur survie apparente. Leur meneur par contre semblait beaucoup moins réceptif à son bluff. Peut-être que son imbécillité était telle qu'elle le rendait imperméable au bon sens. Il ne restait plus qu'à enfoncer le clou.

« Là où vous avez moins de bol par contre c'est que moi je le suis pas. S'il a ne serait-ce qu'une égratignure, je vous ferai regretter d'être nés. »

« T'approche pas ou t'auras de la chance si tu finis à l'hôpital. Et toi... » gronda-t-il en se faisant plus insistant vis-à-vis du conteur, « file ton armure, excuse-toi, dis au croulant de laisser tomber et peut-être que je vous laisserai repartir sur vos deux jambes. »

Plusieurs secondes passèrent et la colère de l'homme à la chemise blanche finit par exploser. « POURQUOI TU DIS RIEN, BORDEL ?! »

L’Étoile Terrestre ricana méchamment : « Parce que c'est comme ça, le Prince il parle pas à toi. »

Son interlocuteur cilla sans comprendre, puis lâcha finalement la bride à ses larbins : « On t'aura prévenu. Allez-y, pétez-lui la gueule ! »

L'un des petits caïds voulut le frapper avec sa barre de fer ; Xing Huo arrêta l'arme d'une main et mit un grand coup de boule à son adversaire, qui recula avec le nez en sang. Le deuxième voulut prendre le relais, se retrouva tout aussi promptement désarmé et écopa d'un coup de genou à l'entrejambe pour sa peine, suivi d'un poing à l'estomac puis d'un crochet à la mâchoire qui lui fit perdre plusieurs dents. le leader commença à perdre son calme, agitant le pistolet braqué sur le forgeron : « BOUGE ENCORE ET JE LUI COLLE UNE... »

Il ne termina pas sa menace : ayant décidé que la discrétion était moins importante que la vie de son protégé, l'ancêtre avait invoqué une brève bouffée de cosmos – la moins intense possible pour minimiser les chances de se faire repérer – afin de se déplacer à une vitesse surhumaine jusqu'au preneur d'otage et détourner son pistolet. Il n'avait pas consacré le moindre brin d'énergie à l'amortissement du contrecoup de son mouvement sur la petite frappe en chef, dont la manche de veste se déchira et se teinta de rouge en plusieurs endroits dans un fracas aussi sonore que répugnant. Double fracture ouverte, minimum.

L'homme hurla de douleur ; la dernière brute encore debout, ayant le choix entre la fuite et le combat, n'améliora pas l'opinion du vieillard quant au QI de leur bande puisqu'il décida de dégainer un couteau et de charger. Mauvaise réponse.

« T'appelles ça un couteau ? » demanda-t-il en portant sa main libre à son côté pour se munir de sa fidèle machette... uniquement pour se rendre compte qu'il l'avait laissée en Enfer et qu'il n'avait qu'un couteau militaire. Saleté, il savait qu'il aurait dû la prendre. Tant pis : plutôt que de se lancer dans un duel à l'arme blanche, il raffermit sa prise sur le bras mutilé du leader et s'en servit pour balancer le blessé sur son subordonné. Il s'attendait presque à ce que le membre se décroche entièrement dans une gerbe d'hémoglobine mais il n'en fut rien ; les deux gangsters du dimanche s'écrasèrent contre un mur et, s'ils étaient encore conscients, firent cette fois le bon choix en ne se relevant plus.

Que faire maintenant ? Le Spectre aurait bien éliminé ces ahuris pour ne laisser aucun témoin mais un meurtre ou une disparition ne feraient qu'attirer encore plus l'attention... en plus de l'effet que ça aurait sur Ntikuma. Il s'était laissé emporter et même si cette démonstration de sauvagerie était très loin de ce qu'il pouvait faire subir de pire à ses adversaires, il avait failli à ses obligations en le laissant voir ça. Chier. Il appela finalement une ambulance et s'approcha du dernier voyou encore à peu près opérationnel : « Toi et tes potes, si vous dites un mot à qui que ce soit sur ce qu'il vient de se passer, je te jure que je vous retrouverai. Pigé ? »

Le loubard terrifié, endolori et ensanglanté hocha frénétiquement la tête et Xing Huo le laissa avec un soupir, conjurant subrepticement une Fée pour garder un œil sur eux en attendant d'en faire de même avec le forgeron, forgeron à qui il désigna d'ailleurs la sortie de la ruelle.

« Je vous avais dit qu'il fallait pas vous balader avec votre armure à l'air. C'est bon, ils vous ont pas fait de mal ? »
avatar
http://rpgsaintseiya.forumactif.com/t27041-ntikuma
NtikumaChevalier Noir de l'Araignée
Chevalier Noir de l'Araignée

Date d'inscription : 28/06/2013
Nombre de messages : 463
Age : 21
Autres comptes : Oblivion

Revenir en haut Aller en bas
13.11.18 3:57
En entendant la voix de Xing Huo désemparer les attaquants avec brio, Ntikuma pu enfin cesser de trembler, persuadé que les choses s'arrêteraient là et que le canon de l'arme à feu cesserait bientôt de pointer entre ses deux yeux. Mais quand les avertissements du Cyclope se changèrent en menaces, l'hostilité remonta en flèche et le chef des délinquants ordonna prestement au petit être de lui obéir. Il explosa de colère quand ce dernier accepta de gesticuler quelques signes pour calmer tout le monde sans en faire plus. Dire au Spectre de ne pas chercher la bagarre, il voulait bien le faire, s'excuser aussi, mais jamais il n'abandonnerait son armure! Pour tout ce que ça arrangeait... Quand le massacre commença, l'envie de fermer les yeux fut plus que tentante.

Car aussi court fut-il, il s'agissait bien d'un massacre : Un seul coup de Xing Huo suffisait à faire gicler le sang et à tuméfier le visage de leurs attaquants qui n’avaient aucune chance, et même s’il n’y mettait pas toute sa force, les dommages causés semblaient démesurés. Tant de violence, pour tant de haine…
Il ne devait pas les laisser l’atteindre. Se redressant avec toute la bravoure dont il pouvait faire preuve, l’Ashanti attira l’attention de l’homme à la veste blanche et lui fit quelques signes en secouant la tête. Il devait arrêter, tout ça devait arrêter maintenant, pour son propre bien et celui de ses confrères plus jeunes! Mais le délinquant se contenta de hurler encore et le petit être pu cette fois entendre le cliquetis de l’arme. Il y avait de quoi avoir peur, mais pas pour sa propre sûreté.

Et quand le Spectre intervint, le muet ne put s’empêcher de se couvrir les yeux cette fois.

Son cœur battait la chamade, les hurlements et le son des muscles se déchirant lui donnait envie de vomir. Ses jambes déjà fragiles finirent par ne plus supporter son poids et la silhouette rouge s’écroula, prostré comme s’il avait peur d’être la prochaine victime, ce qui permit au délinquant au sol de lui attraper la cheville, tachant son pied de sang. Mais le petit être mortifié ne fit rien pour le dégager, incertain s’il s’agissait d’une autre attaque ou d’une simple tentative de demander à l’aide…

-SALE PETIT NÈGRE! JE VAIS TE—

La main le relâcha et l’Ashanti recula jusqu’à ce que son dos heurte le mur, écartant ses doigts suffisamment pour voir Xing Huo lancer le chef des attaquants sur la dernière brute, laissant le mercenaire seul à une terrifiante introspection. Il avait beau se ressasser tout ce qui s’était passé, encore et encore, il n’arrivait pas à voir où tout avait dérapé.
Non. Ça, il le savait.

Un goût de sang emplit sa bouche ; dans sa panique, il s’était mordu la lèvre. Ntikuma se concentra sur sa respiration, se força à ignorer ses mauvais sentiments et lorsque le Cyclope revint vers lui, il était redevenu maître de ses émotions. Au moins son collègue avait appelé à l’aide, ils ne laisseraient pas ces gens mourir dans une ruelle et pire, vu ce qu’ils avaient osé faire dans ce qui auraient pu être leurs derniers moments. Pas que ça les excusaient, au contraire, mais y penser l’aidait à rester calme.

Le Spectre n’eut droit qu’à un simple hochement de tête pour savoir que son protégé allait bien. La silhouette rouge se remit lentement sur ses pieds et accepta de suivre son allié hors de la ruelle, regardant droit devant sans lui accorder plus d’attention. Ses doigts effleurèrent son masque, près de ses yeux, s’étonnant de se heurter à la surface de bois alors qu’il aurait voulu essuyer une larme. Il y avait eu beaucoup plus de peur que de mal…

Les deux autres forgerons les attendaient au bord d’un trottoir, lançant des coups d’œil inquiets à la foule toujours aussi dense. En les voyant arriver, ils se ruèrent vers eux, poussant les passants sur leur chemin.

-Par les dieux, tout le monde va bien?!

Matsuda fronça les sourcils en voyant que Ntikuma ne répondit pas. Ce dernier se contentait de regarder le sol, triturant les pans de sa cape en tentant de concentrer son cosmos pour créer un mouchoir, mais sans succès. Quelque chose n’allait pas, ça c’était facile à voir, mais l’Ashanti ne semblait pas être en état de choc, au moins.

-Mais… c’est du sang? Qu’est-ce qu’il s’est passé?

Le petit être secoua sèchement la tête sans rien « dire » de plus, se contentant de pointer en direction de l’hôtel le plus près, là où ils trouveraient quelques uns des naufragés.

-Hum… je suppose qu’on a le temps, oui…

Se pinçant les lèvres sans en dire plus, Lou poussa son collègue japonais devant lui et se dirigea vers l’hôtel, laissant les deux éveillés tranquilles sans pour autant partir trop loin. L’occasion pour Ntikuma de sortir son carnet et son stylo, et d’y griffonner quelques mots avant de le tendre à Xing Huo.

« Vous avez aimé ça? »

Il n’osait pas l’assumer —encore moins lui reprocher, même s’il n’était pas d’accord, mais il n’arrivait tout simplement pas à voir ce qui passait par la tête des gens quand venait le temps de se battre ainsi…
avatar
ReaganChevalier Noir de l'Oiseau de Paradis
Chevalier Noir de l'Oiseau de Paradis

Date d'inscription : 06/07/2014
Nombre de messages : 407
Age : 23
Autres comptes : Wolgorn

Revenir en haut Aller en bas
17.11.18 17:37
Reagan et Blueman finissaient à peine de s'empiffrer dans le restaurant de l'hôtel de luxe qu'ils ressentirent une émanation cosmique se manifester en ville. Bien qu'elle ne lui soit pas encore assez familière pour identifier son propriétaire, le catcheur reconnut cette énergie et se leva instamment de table. Moins intéressé par cet événement, le punk finit de dévorer son canard à l'orange et son œuf d'oie frit avant de suivre son maître en catastrophe. Ce dernier n'en était guère certain, mais si ce cosmos appartenait à l'une des filles ou à Ntikuma, il ne pouvait pas le laisser lui filer entre les doigts ! Le Chevalier Noir rejoignit sa chambre et ouvrit la fenêtre du salon afin de se jeter dans le vide jusqu'à atterrir sur le toit d'un immeuble plus bas. Il sauta ensuite du bâtiment pour rejoindre une ruelle déserte où personne ne verrait ses acrobaties de trop près. Toujours secondé par son complice, il marcha à grandes enjambées vers l'endroit où l'effusion cosmique avait eu lieu.

Une nouvelle aura se dévoila alors dans la même direction, ce cosmos étant cette fois-ci bien bien différent de celui que Reagan avait détecté. L'énergie que cette deuxième présence émettait ne lui évoquait rien, mais il pressa le pas au cas où il s'agirait d'un envahisseur. Sa recherche l'amena finalement jusqu'à une autre rue peu fréquentée, où se trouvaient trois olibrius passablement amochés, comme s'ils venaient tout juste de sortir d'une bagarre. Ils essayaient tant bien que mal de se relever et de se remettre à marcher, sauf qu'ils étaient encore trop endoloris pour cela. En tout cas, ils n'avaient pas l'air d'être des Éveillés, mais ils paraissaient en avoir violemment rencontré sur leur chemin.

"Que s'est-il donc passé ici, mes braves ?" les interrogea l'Oiseau de Paradis.

"R-Rien, juste un accident à la con, n'vous bilez pas pour ça..." bredouilla craintivement la gonzesse du groupe.

Comme ils avaient des blessures douloureuses à panser, les trois clampins ne firent que peu de cas de l'accoutrement excentrique de Reagan et continuèrent leurs affaires. Une fois debout, ils tentèrent de s'éclipser sans demander leur reste, mais le renégat n'était guère satisfait par cette réponse évasive et leur barra la route. Il réajusta ses lunettes de soleil et Blueman se positionna juste derrière lui, prêt à leur extorquer les informations par la force.

"Le problème c'est que je m'inquiète déjà beaucoup, voyez-vous..." insista le Chevalier Noir. "Je suis un homme très attaché à la bonne tenue de cette ville et je n'aimerais pas que des concitoyens contribuent à y perpétuer un climat délétère."

"Mais bordel, puisqu'on vous dit qu'il ne s'est rien passé !" aboya avec fébrilité le zigoto vêtu d'une veste blanche.

Ce dernier regretta très vite sa grossièreté quand le renégat attrapa son nez et le lui tordit jusqu'à le fracturer. L'homme en blanc poussa alors un terrible hurlement de souffrance et se mit à déblatérer des propos rendus incohérents par ses sanglots. Ses deux acolytes ne purent qu’observer la scène de leurs yeux effrayés, totalement incapables de riposter dans leur piteux état. Ils ne comprenaient pas d’où sortaient tous ces fous furieux qu’ils croisaient récemment et ne savaient guère de quelle façon procéder dans cette situation.

"N’oublions pas non plus la politesse." professa Reagan d'une voix mielleuse. "Ce n’est pas en négligeant ainsi nos bonnes manières que nous pourrons avoir une discussion constructive."

Le jeune freluquet de la bande s’interposa pour essayer de calmer le jeu et questionna les deux scélérats :

"A-Attendez une minute, z'êtes des Chevaliers Noirs ?"

L'Oiseau de Paradis leva ses ray-bans d'un air interloqué avant de deviner où ce gamin voulait en venir. En attendant, il ne s'attendait pas à ce que des raclures de cette espèce puissent avoir vent du contrôle de la Confrérie Noire sur New York. Quoique, de ce qu'il avait entendu dire de la part de quelques fonctionnaires municipaux, certains éléments n'avaient pas été particulièrement discrets quant à leur présence sur ce territoire.

"Oui, c'est le cas." répliqua le catcheur d'un ton devenu grinçant. "Qu'est-ce que vous avez fichu ?"

"Not' boss s'est fait bousculer par un autre Chevalier Noir, du coup on s'est fâchés et on s'est fait casser la gueule par un de ses copains..." avoua son interlocuteur, penaud. "Ils nous ont dit d'rien balancer à personne, mais puisque vous êtes un de leurs potes..."

"Humpf... Vous auriez mieux fait de circuler et de baisser sagement la tête, pauvre tas d'abrutis."

"D-Désolé monsieur, on savait pas..."

"Et pourtant vous auriez dû ! Où sont donc passés ces fameux collègues, que je m'occupe d'affaires plus intéressantes ?"

"I-Ils sont pa-passés par là m'sieur !"

Le jeune ahuri indiqua prestement aux mercenaires la direction qu'avait prise leurs confrères, voyant que le scélérat maquillé commençait à s'énerver. Celui-ci ordonna au punk de le suivre et partit donc à la rencontre des deux présumés membres de l'Ordre Noir. Du côté du trio de loubards, ils détalèrent la queue entre les jambes afin de se barricader chez eux, en sécurité face aux monstres qui se trouvaient dehors.

Toujours à grandes foulées, Reagan chercha activement ses congénères, sans se soucier d'avoir oublié de demander s'il s'agissait de femmes ou d'un minus encapuchonné. Soudain, il aperçut un nabot habillé dans un large manteau rouge accompagné d'un duo de vieillards et d'autres énergumènes. Une telle dégaine ne pouvait appartenir qu'à une seule personne : ce très cher Ntikuma ! Le visage auparavant grave du renégat s'illumina de joie tandis qu'il s'avançait en trombe vers le petit forgeron.

"MON BRAVE NTIKUMA !!" l'interpella-t-il gaiement et bruyamment. "Je te cherchais partout, si tu savais ! J'ai aussi plein d'histoires fabuleuses à te raconter, tu ne vas pas en croire tes oreilles !"

L'Oiseau de Paradis agrippa son collègue, le souleva du sol et le secoua dans tous les sens tant il était enthousiaste. Il reposa ensuite l'alchimiste par terre et avisa le vieil asiatique à la tronche burinée qui se tenait à ses côtés. Ce gars était inconnu au bataillon, mais il s'agissait sans doute d'un énième troufion de Death Queen Island à son allure.

"Tiens donc, tu recrutes encore chez les Chinois ?" s'écria le catcheur, qui faisait évidemment référence à Matsuda en qualité de précédent. "Et à part ça, comment ça roule depuis la dernière fois, mon brave Ntikuma ? J'espère que les choses se passent bien à New York !"

Blueman arriva avec un peu de retard juste derrière son chef et adressa un rictus narquois aux employés de l'Africain en guise de salutations. Même quand il était sobre, il n'était pas du genre à respecter de vulgaires ouvriers dont le seul rôle dans la vie était de trimer au service des Black Knights. Selon la pensée du punk, tous ceux qui n'étaient pas des guerriers dotés de la puissance nécessaire pour imposer leur volonté et leurs désirs n'étaient guère dignes d'être qualifiés d'humains. N'étant pas d'humeur aussi méprisante que son larbin, Reagan continua la conversation avec un visage rayonnant :

"Si ça ne vous dérange pas, je vous invite dans l'hôtel de luxe où je me suis installé pour l'instant ! Il y a un restaurant situé aux étages supérieurs, ce sera parfait pour discuter autour d'un bon repas !"

"Quoi, z'avez encore faim patron ?" s'étonna le voyou tatoué.

"J'avais décidé de manger léger aujourd'hui, mon cher Blueman." souligna l'intéressé. "Mais ces heureuses retrouvailles m'ont ouvert l'appétit !"

"Erf, j'crois qu'je vais jeûner de mon côté..."

"Eh bien tant pis pour toi."

Mine de rien, le punk en apprenait tous les jours sur les capacités physiques absolument grotesques de son supérieur. Il croyait qu'il ne pouvait pas aller plus loin dans la débauche de muscles, de virilisme exagéré et de gloutonnerie sans fond, mais il était encore régulièrement impressionné. Au moins, il était suffisamment arrangeant pour tolérer son comportement de pique-assiette sans scrupules, donc il n'avait pas à s'en plaindre.
avatar
Xing HuoSpectre du Cyclope
Spectre du Cyclope

Date d'inscription : 01/07/2015
Nombre de messages : 248
Age : 25
Autres comptes : Rogos / Andréa

Revenir en haut Aller en bas
19.11.18 22:47
Cette fois, le philippin ne quitta pas le petit être des yeux alors qu'ils refaisaient le trajet en sens inverse jusqu'à l'endroit où il avait laissé les deux forgerons. Il fut heureux de constater que, contrairement à leur patron, on pouvait laisser Matsuda et Lou seuls cinq minutes sans les retrouver ensuite dans la mouise jusqu'aux oreilles. Ces derniers accueillirent le retour de l'égaré avec un soulagement qui réveilla le sentiment de culpabilité du Spectre ; il resta un peu à l'écart des retrouvailles en se disant pour la centième fois qu'il lui faudrait faire mieux que ça.

« Plus de peur que de mal... pour nous en tout cas. » répliqua-il aux questions du nippon. « Vous en faites pas pour le sang, c'est pas le sien. Et avant que vous demandiez : non, personne n'est mort. »

Ce n'était pas passé loin pourtant, pour l'Ashanti comme pour ses agresseurs. Si le Cyclope n'avait pas eu les mains liées par la nécessité de ne pas faire trop de vagues... Enfin, il ne restait plus qu'à espérer que ces imbéciles retiennent la leçon ; il n'arrivait toujours pas à croire que qui que ce soit puisse faire preuve d'une telle idiotie. Peut-être aurait-il dû les achever à la réflexion, cela aurait rendu service à tout le monde... non, ça c'était l'adrénaline qui parlait, il devait de nouveau se rendre maître de ses émotions.

Il inspira puis expira un grand coup tandis que Ntikuma redirigeait l'attention des présents vers la poursuite de leur mission. Excellent, voilà qui lui changerait les idées... ou pas, car l'encapuchonné profita de ce que ses subordonnés aient le dos tourné pour interroger l'ancêtre sur ce qu'il avait ressenti alors qu'il corrigeait les loubards du dimanche. Ce n'étaient que quatre mots tout simples et il ne savait que répondre. Ou plutôt il connaissait la réponse – oui il avait aimé ça, il avait adoré même et il regrettait de ne pas avoir pu aller plus loin, de ne pas s'être défoulé tout son soûl – mais il n'était pas sûr de la réaction de l'homme masqué s'il se montrait honnête. Il n'avait pas honte de sa nature et de son histoire, ça non, mais la vérité ne risquait-elle pas de compromettre leur association ? Devrait-il tenter de se faire passer pour plus noble qu'il ne l'était, essayer de s'expliquer ?

« Je devrais pas mais... oui. » avoua finalement le vieillard. Sans le savoir, Ntikuma avait mis le doigt sur l'une des grandes contradictions de l'armée infernale, une de celles sur lesquelles ils préféraient ne pas s'attarder. « C'est pas tout à fait tout ce que sais faire mais c'est ce que je fais de mieux, ce que je fais depuis toujours. Et c'est difficile de rester indifférent face à ça. »

Ces divagations furent toutefois interrompues par l'irruption d'un bolide tonitruant qui les accosta brusquement sur le chemin de l'hôtel. Il n'aurait pas été jusqu'à dire qu'il avait été « sauvé » : Xing Huo voulut s'interposer face à cette nouvelle menace venue de nulle part mais l'apparence improbable de l'intrus court-circuita complètement ses réflexes. Son propre sens esthétique avait beau être quasi-inexistant, cette combinaison de roses et de mauves criards jurant avec la chevelure colorée de l'hurluberlu était d'une telle atrocité qu'il se figea sur place l'espace d'un instant.

« Que... qu'est-ce qu'il vient de se passer ?! »

L’Étoile Terrestre se retourna en catastrophe, constata en premier lieu que non, ce n'était ni un cauchemar ni une illusion d'optique, cette chose horrible était hélas bien réelle et en second lieu qu'elle allait casser son client si elle n'arrêtait pas de l'agiter dans tous les sens.

« Lâchez-le tout de suite, vous voyez pas qu'il est fragile ?! »

Le Cyclope aurait volontiers carré son poing dans la tronche de cette espèce de dégénéré – qu'il se rappelait maintenant avoir croisé en coup de vent chez Éris même s'il était beaucoup moins flamboyant à ce moment – mais il ne pouvait pas le faire sans blesser Ntikuma. L'abomination bigarrée ne semblait cependant pas agressive – pas au-delà du supplice qu'elle faisait subir à ses rétines et à ses tympans en tout cas – et finit par relâcher le pauvre forgeron avant de paraître enfin remarquer ses accompagnateurs.

« Je. Suis. Pas. Chinois ! » s'énerva le Spectre, qui ajouta mentalement « humour pourri » à la liste de tares déjà bien fournie du tas de muscles ambulant. Tas de muscles qu'il n'avait pas pu empêcher de malmener le conteur, le prenant au dépourvu pour la deuxième fois en moins de dix minutes ! Il n'aurait pas dû laisser ça arriver, l'Ashanti avait été forcé de faire usage de son cosmos et en voilà les conséquences... Déterminé à faire son travail de garde du corps – correctement cette fois, et sans se laisser distraire par la perspective de la nourriture –, il se plaça entre le culturiste, le gugusse qui devait lui servir de sous-fifre et la silhouette rouge au cas où il viendrait à l'idée des premiers de s'emparer derechef de la seconde.

« On a du boulot là donc oui ça nous dérange un peu. Et vous devriez pas vous excuser d'abord ? »
avatar
http://rpgsaintseiya.forumactif.com/t27041-ntikuma
NtikumaChevalier Noir de l'Araignée
Chevalier Noir de l'Araignée

Date d'inscription : 28/06/2013
Nombre de messages : 463
Age : 21
Autres comptes : Oblivion

Revenir en haut Aller en bas
01.12.18 18:58
Devant le temps de réflexion pris par le Cyclope, l'Ashanti s'était attendue à quelque chose de plus révélateur, mais son interlocuteur opta pour une défense plus sécuritaire, admettant l'erreur de son comportement tout en ponctuant de molles justifications qui semblaient vouloir laisser entendre qu'il n'avait pas de meilleures solutions. Peut-être s'attendrait-il à plus de questions, de la tristesse ou de la résignation, mais la façon dont Ntikuma restait immobile, relevant juste assez la tête pour pouvoir le toiser sans trop éloigner son regard du papier, montrait bien qu'il n'était pas du tout impressionné par l'argument. Ce qu'il savait faire de mieux, et puis quoi encore? Qu'est-ce que c'était censé excuser, un cycle de violence perpétué une fois de trop? Hors de question de lâcher l’affaire cette fois, s’il avait su tolérer cette « ignorance » avant il comptait bien le réfléchir un peu… Mais avant qu’il ne puisse lui écrire d’autres reproches, un grand cri de joie qui n’était pas sans rappeler les glapissements d’un chien le fit sursauter et la seconde d’après un grand flash de couleur lui fonça dessus.

-Non…

Le simple gémissement désespéré de Matsuda fut très vite enterré par d’autres effusions de bonheur, et Ntikuma sentit aussi son cœur se serrer sous la panique en voyant de qui il s’agissait : Reagan, évidemment. Après toutes ces folles émotions, le petit être ne su même pas offrir une réelle réaction à l’arrivée de son collègue, l’observant foncer avec stupeur jusqu’à ce qu’il soit soulevé de terre et secoué comme une vulgaire poupée de chiffon. Était-il vraiment si content que ça de les revoir? Xing Huo tenta bien de protester, mais rien à faire, ce n’est que lorsque l’Oiseau du Paradis le voulut bien que Ntikuma retrouva finalement le sol, tâtant ses côtes pour s’assurer qu’il n’avait rien de cassé. Parfait, exactement ce dont ils avaient besoin…

-De même!

Et pour couronner le tout, il ne perdait pas l’occasion de lancer quelques commentaires mal placés qui firent grimper la colère de ses collègues asiatiques, en particulier de Xing Huo qui se planta devant lui pour « défendre » son client… Et ce dernier s’empressa de poser sa main sur son épaule pour le calmer, tout en faisant signe aux autres forgerons de ne pas s’emporter. Pas qu’il avait envie que Reagan reste —il avait déjà été assez difficile de se débarrasser de lui la première fois, mais le chasser sans aucune cérémonie n’allait rien améliorer. Il était peut-être de bonne humeur maintenant, mais…

Lou se ressaisit le premier, ignorant les regards indignés de Matsuda qui ne servaient pas à grand-chose pour arranger la situation, et déchiffra comme il le pouvait les demi gestuelles de son chef bien qu’il ne soit pas aussi expérimenté que son collègue Japonais.

-Bon alors, on lui dit? Non? Ça veut dire quoi ça?! Nom de... fais juste hocher la tête si t'es pour dire oui!

Le petit être lui donna enfin une réponse claire, et le vieillard pu donc commencer à expliquer un peu ce qui se passait. Et apparemment, ils étaient mieux de jouer la carte de l'honnêteté.

-Xing Huo est pas de chez nous, c'est un Spectre, il nous aide à retrouver de la fausse argent... euh... découverte par Ntikuma pendant qu'on était à Johannesburg. Ah, et Xing Huo, Reagan, Chevalier Noir de l'Oiseau du Paradis. Seigneur Reagan, Xing Huo.

Le forgeron muet écarquilla les yeux et s'agita pour dénoncer le mensonge, mais Lou n'en avait cure. Reagan était trop imprévisible —et il était gentil en ne s'en tenant à ce mot— pour risquer de lui avouer que c'était Ntikuma qui était à l'origine de ce problème, même s'ils avaient arrêté ses crimes pavés de bonnes intentions à temps. Mais ils étaient cependant d'accord sur une chose, écarter leur collègue aux choix vestimentaires douteurs n'allait que rendre leurs activités plus suspectes et ils risquaient de le croiser encore plus souvent. Et s'ils ne disaient rien sur leur mission, il pourrait les forcer à retourner sur l'île pour la réparation de son armure! Maintenant, il fallait juste espérer qu'il n'offre pas son "assistance" pour régler le problème...

Pas dans l'immédiat, en tout cas. Heureux de la rencontre, le flamboyant mercenaire les avait d'abord invités au restaurant de son hôtel, un geste qui surprit même son employé à la crête bleue. Mais le Philippin n'avait pas le cœur aux retrouvailles, logique puisqu'il ne devait pas connaître Reagan, et refusa l'invitation avant d'exiger des excuses, ce qui fit sursauter les forgerons. L'Araignée voulut intervenir, pour calmer les tensions, mais se ravisa, attendant plutôt derrière le Philippin en hochant la tête pour encourager Reagan à faire ce qui lui était demandé, à savoir s'excuser pour ses commentaires déplacés. Cela lui semblait légitime.
Mais ça ne réglait qu'une partie de la question. Devait-il partir avec lui? Pas tout de suite, bien évidemment, mais comment formuler la chose? Heureusement, Lou n’avait pas perdu ses moyens, alors que Matsuda ne suivait plus du tout la conversation, trop occupé à surveiller le trouffion bleu.

-On a juste le temps de faire un stop ou deux, et si on s’en occupe maintenant, ensuite on peut passer faire un tour à l’hôtel. Qu’est-ce que vous en dites?

Ntikuma s’empressa d’acquiescer, suivi du Japonais distrait. Il y avait de fortes chances que Reagan décide de les accompagner, et ils ne pouvaient rien y faire, mais au moins ils pouvaient encore suivre le plan déjà établi…
avatar
ReaganChevalier Noir de l'Oiseau de Paradis
Chevalier Noir de l'Oiseau de Paradis

Date d'inscription : 06/07/2014
Nombre de messages : 407
Age : 23
Autres comptes : Wolgorn

Revenir en haut Aller en bas
05.12.18 22:23
Le vieillard et le forgeron asiatiques gueulèrent à Reagan qu'ils n'étaient pas Chinois, mais il n'avait guère envie de prêter attention à ce genre de correction. De ce qu'il avait compris, Ntikuma et ses compagnons étaient occupés à chercher de la fausse monnaie, une activité qui l'intriguait fortement. Se pourrait-il que des escrocs sévissent dans les territoires occupés par l'Ordre Noir et osent indirectement mettre le désordre dans ses finances ? Mais si ce n'était pas le cas, pourquoi les alchimistes s'embêtaient-ils à courir après cet argent ? Ce n'était pas comme si les Black Knights avaient quelque chose à cirer des charlatans et truands de seconde zone qui se baladent dans le coin. Après tout, ils n'étaient pas là pour jouer aux justiciers, mais pour étendre leur influence et s'enrichir au maximum. Que du menu fretin tels que des faux monnayeurs puisse faire ses petites affaires était encore tolérable aux yeux de la Confrérie, du moment qu'ils ne perturbent pas l'économie globale.

L'autre information importante était que le vieux bridé était en réalité un Spectre, et non un simple employé de Ntikuma comme l'imaginait l'Oiseau de Paradis. L'encapuchonné avait décidément le don pour attirer ces zigotos, en espérant qu'il varie un peu les factions au niveau de ses partenaires. Il ne manquerait plus que les gens se mettent à croire que les mercenaires travaillent exclusivement avec les séides d'Hadès. Quoi qu'il en soit, que le dénommé Xing Huo ose demander au catcheur des excuses quant à sa confusion était gratiné, alors qu'il n'était qu'un simple invité en ces lieux ! De plus, Reagan n'aimait guère le ton désagréable qu'employait ce Spectre pour lui parler, aussi le lui fit-il savoir d'une question sarcastique :

"Des excuses pour quoi ?"

Toutefois, le forgeron en chef insista pour qu'il fasse amende honorable pour sa blague raciste sur les asiatiques. Pourquoi tous ces énergumènes étaient-ils aussi susceptibles à la fin ? C'était à croire que personne à part l'Oiseau de Paradis ne possédait une seule once d'humour. Au moins, l'alchimiste encapuchonné n'eut pas l'impolitesse de décliner sa généreuse invitation. Comme Ntikuma et son groupe avaient encore leurs affaires à régler, il était sans doute mieux que le catcheur les accompagne afin d'accélérer tout ce bazar.

"Dans ce cas, permettez que je vienne avec vous !" leur proposa-t-il donc. "Plus tôt on en aura fini avec cette histoire, plus tôt nous pourrons retourner à l'hôtel ! Je te rappelle d'ailleurs que j'ai besoin de toi, mon brave Ntikuma, pour me forger une nouvelle armure. Ça fait maintenant des lustres que je me promène nu comme un ver, avouez que ce n'est guère sérieux ! Certes, ce n'est pas comme si j'étais en danger sans mon équipement, mais il faut quand même que je soigne mon image."

Effectivement, si Reagan comptait affronter un jour Yasuha en mettant toutes les chances de son côté, il devait récupérer sa cuirasse au plus vite. Il ôta ensuite ses lunettes de soleil, les rangea dans la poche pectorale de son costard et posa amicalement sa main sur l'épaule du guerrier infernal. Un sourire aux lèvres et d'humeur généreuse, il consentit à s'excuser auprès de lui :

"Veuillez me pardonner pour cet écart, très cher Xing Huo, j'ai quelquefois tendance à être un peu trop taquin. Assurez-vous que je ne répéterai pas cette plaisanterie, du moins pas en votre présence. En gage de bonne foi, je m'en vais vous faire l'insigne honneur de vous conter une de mes récentes aventures. Celle-là saura tout particulièrement vous amuser, croyez-moi !"

"Ouais, c'est le genre d'histoire qui devrait plaire aux Spectres." souligna le punk avec un ricanement malsain.

"Ça nous occupera pendant que nous marcherons, bien que je ne sache pas où vous vous dirigez... Ce que je peux vous dire pour l'instant, c'est que cette aventure se déroule en Grèce, non loin de l'ancienne glorieuse cité d'Athènes. Je suis sûr que ça vous intrigue déjà !"

L'Oiseau de Paradis enfila de nouveau ses ray-bans et passa familièrement son bras musclé autour de l'épaule de Xing Huo. Etant donné qu'il s'agissait d'un Spectre, autant se montrer un minimum diplomate, là où le pauvre Matsuda comptait pour du beurre. Le criminel était ainsi prêt à débuter son récit et à suivre de manière décontractée la bande des forgerons jusqu'à leur destination. Quant à Blueman, il se contenta d'observer l'assemblée d'un œil amusé et de se fumer une cigarette. Il se serait grillé un gros joint de marijuana normalement, mais son patron lui avait fait comprendre que consommer ce type de substance en ville n'était pas l'idéal. Bizarrement, Reagan était plus conciliant la dernière fois avec l'alcool, mais c'était probablement parce qu'il y avait un événement à célébrer.
avatar
Xing HuoSpectre du Cyclope
Spectre du Cyclope

Date d'inscription : 01/07/2015
Nombre de messages : 248
Age : 25
Autres comptes : Rogos / Andréa

Revenir en haut Aller en bas
06.12.18 16:39
Ça faisait du bien de savoir qu'il n'était pas seul dans son indignation mais même s'il appréciait le soutien de Matsuda, il avait plutôt besoin de celui de Ntikuma. Or, ce dernier préférait jouer les conciliateurs – du peu que le Cyclope parvenait à comprendre de ses gesticulations. Il faudrait vraiment qu'il trouve un meilleur moyen de communication, même Lou qui avait pourtant l'habitude avait du mal. Résultat des courses, ils perdaient définitivement toute chance de dissimuler leurs activités aux autres Black Knights. Il s'en lavait les mains : si ses compagnons de route décidaient de se tirer une balle dans le pied en vidant leur sac, tant pis pour eux.

Puis vint le moment redouté des échanges d'amabilités. Xing Huo dut se faire violence pour réussir à se montrer à peu près poli – contrairement à l'empaffé multicolore qui ne voyait toujours pas le problème avec son comportement – lorsque le vieux forgeron fit les présentations.

« Enchanté. » mentit le Spectre. « Et si Ntikuma est sûr de vouloir procéder comme ça, je n'ai pas d'objections. »

Il s'aperçut qu'il avait parlé trop vite quand Reagan rouvrit la bouche pour leur proposer de les accompagner avec tant d'insistance qu'il ne leur laissait au final pas le choix. Le philippin s'était clairement montré trop optimiste : ils pouvaient également faire une croix sur leurs chances de ne pas se faire remarquer par la populace new-yorkaise. Adieu la discrétion. La cuisine de ce fameux restaurant avait intérêt à être à la hauteur, il faudrait bien cela pour faire passer la pilule... et lui faire oublier l'horrible vision conjurée dans son esprit lorsque le culturiste prononça les mots « nu comme un ver ».

« Merci beaucoup pour cette image, j'avais pas besoin de ça. » grimaça le vieillard en tentant sans succès d'évacuer l'ignoble pensée parasite. Il ne s'était même pas écoulé une minute depuis qu'il avait été mis en présence de l'Oiseau de Paradis et il n'avait déjà plus qu'une seule envie, celle que ça s'arrête tout de suite. Surprise surprise, la montagne de muscles et d'ego consentit cependant à s'excuser. Il y avait méprise, c'était pour Ntikuma que l'ancêtre réclamait des excuses, ça ne se faisait pas d'accoster quelqu'un comme ça et de le secouer comme une boule à neige, pas à moins d'être très familier avec la personne, ce qui ne devait pas être le cas ici. Mais il laissa tomber en voyant que l'intéressé faisait tout ce qu'il pouvait pour éviter le conflit... et accessoirement pour ne pas ajouter à sa migraine naissante.

Renforcé – ou peut-être pas, ça restait encore à voir – de ses deux nouveaux membres, leur petit groupe se mit en branle en suivant leur petit chaperon rouge attitré sur la trace des faux billets. Le Cyclope aurait aimé que cela se fasse en silence mais de toute évidence et une fois de plus c'était trop demander puisque l'américain et son punk de compagnie persistaient à vouloir briser la glace.

« Une histoire ? Quel genre d'histoire ? » interrogea le vieillard, curieux malgré lui, donnant ainsi raison à l'Oiseau de Paradis. Mieux valait se concentrer sur ça que sur l'embrassade de l'autre éveillé – pour qui se prenait-il celui-là, ils n'avaient pas gardé les cochons ensemble ! –, qu'il s'efforçait d'ignorer. « Et pour votre information on va à un autre hôtel pas loin d'ici pour récupérer la fausse monnaie des résidents avant que les autorités ne découvrent le pot aux roses. Puis dans un troisième hôtel ou possiblement un hôpital ou un centre d'accueil et ainsi de suite. Sans faire de vagues si possible. »

On ne savait jamais avec un phénomène pareil, autant être clair.

« Pour en revenir à votre histoire, nous aussi on est allés là-bas il n'y a pas si longtemps. Mais allez-y, vous d'abord, je suis tout ouïe. »
avatar
http://rpgsaintseiya.forumactif.com/t27041-ntikuma
NtikumaChevalier Noir de l'Araignée
Chevalier Noir de l'Araignée

Date d'inscription : 28/06/2013
Nombre de messages : 463
Age : 21
Autres comptes : Oblivion

Revenir en haut Aller en bas
09.12.18 23:14
L’attention s’éloigna enfin des forgerons, alors que Reagan partait devant avec Xing Huo comme s’ils étaient de bons amis, ce que le Cyclope n’appréciait de toute évidence pas. Mais Lou et Matsuda pouvait profiter d’un peu de silence, et aussi de temps de réflexion sans être trop écouté. Le Japonais s’approcha de Ntikuma, toujours dans un drôle d’état après sa petite escapade, et lui secoua doucement l’épaule. Il ressentit presque du regret en sentant le petit être sursauter, puis soupirer avec résignation. Il aurait pu avoir l’air d’un enfant terrifié, s’il n’était pas aussi las…

-Qu’est-ce qui s’est passé?

Le chef des forgerons agita la main devant lui, mais rien ne se produit. Il réessaya, plus paniqué cette fois, sans succès. Matsuda finit par lui saisir le poignet pour le calmer, il ne savait pas ce qu’une tentative d’utilisation de cosmos ratée pouvait faire, mais son patron était si fragile qu’il ne souhaitait pas le savoir, pas tout de suite du moins. De sa main libre, l’Araignée continua à gesticuler pour lui faire part de sa peur.

-Je sais, je sais! C’est… c’est la peur, c’est tout. Ça va passer. C’est votre petite promenade qui vous a fait peur comme ça?

Un hochement de tête, et l’asiatique relâcha enfin son chef pour que ce dernier puisse s’expliquer : il avait été attaqué dans une ruelle, et Xing Huo l’avait secouru, mais… la suite était floue, ponctuée de signes maladroits que Matsuda ne reconnaissait pas. Mais de ce qu’il comprenait, l’affrontement avait été plutôt violent. Voilà se qui expliquait l’état de choc de Ntikuma, jusqu’à un certain point.

-Mais encore? Vous avez un carnet, là, utilisez-le. Personne d’autre ne le verra.

Le Japonais tentait bien de se faire rassurant, mais il se doutait bien de ce que Ntikuma allait lui dire : la bataille avait été trop brutale à son goût et il n’avait pas apprécié. Ils étaient déjà suffisamment en désaccord sur ce sujet, que dire de plus? La silhouette rouge ne tolérait pas que l’on fasse du mal à qui que ce soit, même quand sa propre vie et celle de ses serviteurs étaient en danger, et bien qu’elle tente d’y trouver une alternative elle n’avait toujours pas la force de l’appliquer. Mais la garder dans un tel état n’était pas mieux, la seule chose qu’elle arrivait à faire était maintenant hors de portée et avec Reagan dans les parages, ils avaient besoin de ses pouvoirs de création, plus tôt que tard.
Quand Ntikuma lui tendit enfin le papier, Matsuda dû retenir un soupir de découragement.

« Il les a massacré. Il est allé trop loin, et il a aimé ça. Si je n’avais pas été là— »

La voix tonitruante de l’Oiseau du Paradis leur fit tourner la tête et ils décidèrent de s’approcher, ils étaient presque arrivés à leur première destination… un hôpital, à en croire l’Ashanti. Mais ils avaient plus importants à régler, Reagan s’apprêtait à raconter une histoire et selon Blueman, le Spectre en particulier allait l’apprécier. À ces mots, Ntikuma fusilla le Philippin du regard, puis son collègue américain, avant de lui adresser quelques signes.

-Il aimerait savoir ce que vous faisiez en Grèce.

-Patience, patience, il va le conter…

La pointe de sarcasme dans la voix de Lou rassura le Japonais, qui en profita pour communiquer au reste de la troupe l’endroit où ils devaient aller. Malgré lui, il était aussi curieux…
avatar
ReaganChevalier Noir de l'Oiseau de Paradis
Chevalier Noir de l'Oiseau de Paradis

Date d'inscription : 06/07/2014
Nombre de messages : 407
Age : 23
Autres comptes : Wolgorn

Revenir en haut Aller en bas
16.12.18 17:03
Comme prévu, Reagan était parvenu à susciter l'intérêt de Xing Huo en plus de celle de Ntikuma. Ce dernier paraissait tout particulièrement impatient d'écouter ses aventures à en juger ses gesticulations. Le temps que la fine équipe arrive à l'hôpital, l'Oiseau de Paradis allait aisément boucler son récit tout en se permettant de soigner la narration. Son audience toute ouïe et rassemblée, il débuta donc dramatiquement sa longue histoire d'une voix claire et solennelle :

"Tout commença lors d'une mission en Alaska, durant laquelle j'accompagnais la chef du groupe de mercenaires, Olivia, et une autre collègue, une dénommée Yasuha. Au cours de cette expédition, nous avons dû nous soumettre à une épreuve, celle-ci consistant à résoudre une énigme dans l'obscurité totale et de survivre contre de terribles monstres se tapissant dans les ténèbres. L'ennemi était redoutable et retors, mais n'écoutant que ma bravoure et ma grande conscience professionnelle, j'ai courageusement persévéré en dépit du danger qui se dressait devant nous. Malheureusement, mes deux consœurs étaient loin d'être aussi vaillantes : elles n'hésitèrent pas à m'abandonner face aux monstres qui nous empêchaient d'atteindre notre objectif, me laissant ainsi honteusement tomber sous les coups de l'adversaire."

Il choisit d'omettre la partie où la Japonaise l'avait sorti de la caverne, car il la considérait dénuée d'importance et parce qu'il refusait d'admettre qu'il puisse lui être reconnaissant. Cette garce avait misérablement abandonné la quête après tout, jetant par ce geste le discrédit sur tout l'Ordre Noir et par extension sur le catcheur. Celui-ci aurait préféré mourir plutôt que de subir une telle humiliation, mais puisqu'il était encore vivant malgré tout, il allait faire en sorte de continuer sa route afin de venger son honneur et retrouver toute sa gloire. Par précaution, Reagan avait aussi gommé toute référence à Éris dans le souci de préserver la confidentialité de son précédent contrat.

Blueman, de son côté, illustrait le récit de son patron en mimant avec gravité les événements notables à l'auditoire. Toujours dans un registre très théâtral, l'Oiseau de Paradis poursuivit son récit :

"Je fus donc trahi par mes camarades, impitoyablement terrassé et atrocement humilié... Néanmoins, ces souffrances n'étaient rien comparées à l'échec de notre mission et à la profonde disgrâce d'un contrat qui n'avait pas été honoré ! L'opprobre avait été jetée sur Death Queen Island, mais mon sens du devoir et de la justice m'interdisait de laisser la Confrérie Noire sombrer ainsi dans la honte ! C'est pourquoi je me suis juré de restaurer la réputation de la Chevalerie Noire et de punir en son nom ces deux méprisables femmes, Olivia et Yasuha !"

Il ponctua ses paroles en pointant d'une posture épique les cieux rayonnant de lumière, le punk versant des larmes viriles en parallèle. A propos du voyou tatoué, il fut désigné aux forgerons et au Spectre par le catcheur, qui posa sa main sur son épaule et narra la suite :

"Le valeureux Blueman ici présent me rejoignit alors dans ma quête de justice et nous nous lançâmes sans tarder dans un long périple. Hélas, malgré tous nos insignes efforts, nous ne parvînmes point à mettre la main sur ces deux infâmes traîtresses... Nous étions sans aucune piste dans nos recherches et nous tournions en rond. Cependant, je me suis rendu compte que je ne pouvais décemment châtier ces diablesses sans devenir moi-même plus fort, aussi ai-je décidé de m'entraîner afin de gagner la puissance et la discipline morale qui m'avaient jadis fait défaut. Ayant laissé la réparation de mon Armure Noire au brave Ntikuma, je fis le choix de retourner à l'endroit même où ma vie de guerrier avait commencé : au Sanctuaire..."

Un sourire excité aux lèvres, Reagan était certain d'avoir captivé les alchimistes et le Cyclope en leur faisant comprendre de la sorte où il voulait en venir. Le récit avait enfin atteint la Grèce, le pays au sein duquel se déroulait l'axe principal de l'aventure qu'il avait promise à son audience.

"Car oui, avant d'être un Chevalier Noir, j'étais un de ces nombreux apprentis du Sanctuaire d'Athéna, entraînés dès la plus tendre enfance afin de servir sa vision faussée de l'amour et de la justice." révéla le catcheur. "En dépit de toute l'abnégation, de tout l'enthousiasme et de toute la compétence dont je faisais preuve, je fus injustement écarté de la course à l'Armure de Bronze de l'Oiseau de Paradis ! Je surclassais pourtant de loin tous mes condisciples, mais les instructeurs à l'esprit étriqué du Sanctuaire me refusaient mon dû sous prétexte que je ne me conformais pas à leur morale corrompue et décadente ! Les séides d'Athéna me condamnèrent donc à l'exil à Death Queen Island, me reléguant par la même occasion au rang de renégat ! Au lieu de réclamer vengeance, j'ai écarté mon désir brûlant de justice afin de me consacrer humblement à ma nouvelle existence parmi les parias et les miséreux, leur prodiguant sans discrimination mon savoir et mon secours."

Blueman, ému par tant de générosité et de modestie, essuya ses larmes et se moucha bruyamment. Il n'y avait pas à pinailler, son maître était vraiment la crème de l'humanité dans tout ce qu'elle représentait de meilleur... et surtout de pire. Sa bonté était décidément proportionnelle à la taille de ses biceps en titane !

"Pour en revenir au Sanctuaire, j'avais entendu maintes rumeurs à propos d'une institution connue sous le nom de Palestre, un lieu sacré qui servirait à l'entraînement de la nouvelle génération de Saints." expliqua Reagan. "Soucieux de nous améliorer et de partager notre précieuse expérience, nous nous rendîmes, moi et Blueman, en direction de cette fameuse Palestre. Nulle malice de notre part toutefois, car nous venions apporter notre savoir-faire aux élèves du Sanctuaire en signe de réconciliation, les fidèles bornés d'Athéna étant incapables de faire le premier pas. Bien sûr, nous rencontrâmes la résistance imbécile des sentinelles de la Palestre, résistance que nous franchîmes par l'usage légitime de la violence."

Il imita alors avec ses mains un cou qui se faisait étrangler puis tordre pour imager son histoire. Ceci fait, il embraya prestement avec le reste d'un ton plus sérieux et sinistre :

"Mais renversons un peu la perspective sur cette partie du récit, cela donnera du piment à ce segment déjà bien épicé ! Reprenons donc... Une fois entrés par effraction dans les arènes locales, nous nous dirigeâmes vers les quatorze apprentis qui s'y exerçaient paisiblement et les interpellâmes. Comme nous étions parvenus à nous infiltrer et à dessouder les gardes sans trop nous faire remarquer, ceux-ci ne se doutèrent de rien. Vous les auriez vus, ils étaient si jeunes, innocents, fringants et pleins d'espoir, presque des enfants ! Néanmoins, moi et Blueman jugeâmes qu'il était bon pour eux d'apprendre la terrible réalité de ce monde et de leur future vie de Chevaliers Sacrés, aussi nous sommes nous autorisés à les... maltraiter quelque peu. Pensez-vous, deux affreux Black Knights en compagnie d'élèves encore inoffensifs et sans supervision : nous étions comme des renards dans un poulailler sans surveillance ! Autant dire que nous ne nous sommes point privés, avec toute la méchanceté qui nous caractérise, à leur faire regretter amèrement leur présence en ces lieux et leur choix de vocation."

A la prononciation de ces mots, un rictus sadique déforma les visages de Reagan et de son vil acolyte. D'une voix mielleuse et grave, il reprit avec une délectation non dissimulée sa chronique :

"D'humeur joueuse et clémente, j'ai laissé à une aspirante chevalier l'occasion de me rouer de coups sans que je puisse me défendre, mais vous devinerez aisément que ça n'a guère été concluant, même sans mon armure... Une poignée de gardes tenta évidemment de nous interrompre et d'arracher les disciples de nos griffes, en vain. Alors que tout paraissait perdu pour les pauvres enfants, un miracle se produisit : du ciel fusa tel un éclair un sauveur providentiel. Il était vêtu d'une protection dorée, était beau comme un ange, se tenait droit comme la Justice et était fier comme un lion. Ce héros rutilant n'était autre que le Gold Saint du Lion en personne, venu combattre la barbarie et l'oppression que nous répandions en ces lieux ! Comprenant le danger que nous incarnions, le Chevalier d'Or se vit obligé de m'affronter ainsi que d'accepter ma demande d'un combat en bonne et due forme. Seulement équipé de mon slip et au regard de mon passé de candidat au rang de Bronze, j'étais théoriquement inférieur à l'élite du Sanctuaire d'Athéna. J'avais beau être secondé par Blueman afin de compenser mon manque d'Armure Noire, celui-ci ne peut même pas se mesurer à un Bronze Saint à la loyale, alors un Chevalier d'Or... Et que s'est-il donc passé, d'après vous ?"

L'Oiseau de Paradis laissa cette interrogation en suspens pendant une dizaine de secondes, avant de dévoiler à son public l'issue de la confrontation :

"Ce pauvre idiot en plaqué or s'est fait défoncer à plate couture sous les yeux horrifiés des élèves, voilà ce qu'il s'est passé. Deux raclures de bas étage de notre engeance -comme ces adorateurs stupides d'Athéna aiment le prétendre- ont suffi pour ridiculiser l'un des guerriers les plus forts du Sanctuaire. Ce Gold Saint était tellement faible que je n'ai eu besoin que d'une fraction de ma puissance pour le battre... Et dire que ces gueux ont osé affirmer que j'étais indigne de leur plus vulgaire tas de ferraille, vous vous en rendez compte ?! C'est absolument hilarant, n'est-ce pas ?! Voici les défenseurs de la Terre et de l'humanité, quelle bonne blague !"

Face à son propre méfait, il éclata alors à gorge déployée d'un rire sardonique et odieux. Le catcheur s'était promis de souiller la réputation du Sanctuaire et cette prestation constituait un début convenable. Touchant à la fin de son épopée, il se décida à conclure en ces termes :

"Notre victoire acquise, nous quittâmes majestueusement l'endroit, ne laissant derrière nous que le désespoir, la honte, la dévastation, des corps brisés ainsi que nos identités. Tel était, mes chers amis, le récit grandiose de mon aventure en Grèce. Si les Chevaliers d'Athéna ne sont pas des pleutres, ils viendront un de ces jours à moi afin de laver l'honneur du Sanctuaire. Cependant, je n'ai encore aperçu aucun Saint à l'horizon après tout ce temps... Sans doute ont-ils finalement trop peur de mon auguste personne !"

Reagan ne bouda pas son plaisir et s'esclaffa de plus belle, le punk gloussant comme une hyène derrière lui. Il s'arrêta ensuite pour fixer Xing Huo et le questionner, un sourire gonflé d'orgueil se dessinant sur sa figure :

"Alors, très estimé Spectre d'Hadès, est-ce que ça vous a plu ?"
avatar
Xing HuoSpectre du Cyclope
Spectre du Cyclope

Date d'inscription : 01/07/2015
Nombre de messages : 248
Age : 25
Autres comptes : Rogos / Andréa

Revenir en haut Aller en bas
16.12.18 23:03
Ntikuma semblait avoir une discussion très animée avec Matsuda. C'était tout ce que le Cyclope – laissé seul en compagnie de Reagan ; aucune solidarité dans ce groupe – pouvait voir d'ici. Du moins jusqu'à ce que le forgeron se retourne, indigné – comme quoi le philippin apprenait à déchiffrer ce qui lui servait d'expressions –, pour demander des comptes à l'Oiseau de Paradis. Son acolyte le calma, laissant le musculeux zigoto se lancer dans son récit avec l'aide enthousiaste de Blueman.

Le prologue traînait quelque peu en longueur, le Chevalier Noir n'arrêtait pas de s'autocongratuler même quand il prétendait faire preuve de modestie, les gens les regardaient bizarrement quand il prenait la pose en pleine rue et les pitreries serviles de son laquais étaient de trop. À un moment, l'ancêtre profita qu'ils aient tous deux le dos tourné pour faire face aux alchimistes et décrire des cercles sur sa tempe avec son doigt, le signe universel pour demander s'il ne manquerait pas quelques cases à leurs interlocuteurs. Malgré cela, il fallait bien reconnaître que Reagan savait capter l'attention de son auditoire ; il avait un style à lui, grandiloquent à son image, que le Spectre ne put s'empêcher de comparer à celui de l'Ashanti, relevant les points communs et les différences. Y avait-il quelque chose à Death Queen Island qui attirait les conteurs – et les cas sociaux, s'il fallait se montrer moins charitable ?

« Abandonner une mission à la première difficulté, quelle honte ! » opina le vieillard lorsque l'américain leur narra la première partie de son histoire. Il n'abondait pas en son sens que par politesse : il savait que la réputation d'un mercenaire était son bien le plus précieux. Ils en avaient bien besoin : par principe, un mercenaire était quelqu'un qui combattait pour gagner sa vie et non au nom d'une quelconque allégeance, d'où l'adage bien connu selon lequel un mercenaire était souvent prêt à tuer pour son commanditaire mais rarement prêt à mourir pour lui. Les gens comme Reagan partaient donc avec un sérieux handicap et devaient tout faire pour gagner la confiance de leurs employeurs potentiels ; dans cette perspective, rompre un contrat était ce qu'ils pouvaient faire de pire. Cette Olivia et cette Yasuha – ce dernier nom lui rappelait quelque chose mais il n'arrivait pas à mettre le doigt dessus... bah, ça ne devait pas être très important si ça ne lui revenait pas tout de suite – méritaient assurément une correction, ça leur apprendrait à mettre leurs camarades dans la panade !

D'un autre côté, il ne pouvait pas entièrement les blâmer d'avoir voulu se débarrasser du tonitruant individu. Il ne pouvait pas non plus s'empêcher de se dire que c'était aussi de la faute des Chevaliers Noirs en général : voilà ce qu'on gagnait à rejeter la tutelle divine et avec elle toute forme de credo unificateur ! Cette collection de renégats sans foi ni loi ne pouvait s'en prendre qu'à elle-même s'il y avait des problèmes de discipline.

L’Étoile Terrestre se retint de s'étouffer de rire à chaque fois que le catcheur mentionnait des mots comme « devoir », « justice » et « abnégation » jusqu'à ce qu'ils arrivent enfin au vif du sujet. La narration de l'Oiseau de Paradis, aussi haute en couleur que sa tenue, atteignit des sommets alors qu'il leur décrivait les péripéties de son aventure à la Palestre. Là aussi Xing Huo était d'accord sur certains points, même s'il n'était pas tout à fait honnête sur le fond de sa pensée : « Ah ça l'ingratitude, l'hypocrisie et l'arrogance des Saints, m'en parlez pas, je connais. Si vous saviez... j'en aurais de belles à vous raconter si ça vous intéresse. »

Le Spectre fut soufflé lorsque le culturiste bariolé leur raconta la façon dont il avait pénétré dans l'une des forteresses les mieux gardées de la chevalerie d'Athéna, humilié ses gardiens et martyrisé ses pensionnaires avant de défaire l'un des douze guerriers d'élite du Sanctuaire sans son armure ! Si seulement il avait pu éviter de parler de son slip, ça aurait été parfait. Il faudrait qu'il pense à en informer le Faucheur, cela devrait L'intéresser de savoir que Ses ennemis en étaient réduits à servir de faire-valoir à un exhibitionniste en vadrouille et son punk de valet.

« La vache, j'aurais adoré voir la tête des autres Saints quand on leur a annoncé la nouvelle. Faut avoir de sacrées cojones pour faire c'que vous avez fait. » admit le Cyclope mi-admiratif, mi-atterré une fois sa mâchoire décrochée remise en place. Il s'abstint toutefois de terminer la phrase par « ou ne pas avoir de cerveau ». D'accord c'était impressionnant et il était bien obligé de respecter quiconque pouvait ridiculiser les Saints à ce point mais il préférerait ne pas être dans la même ville qu'un type qui s'était délibérément peint une énorme cible en néons clignotants sur la tronche, c'était un coup à finir en dommage collatéral lorsque la vendetta finirait immanquablement par frapper. En fait, le fabuleux suicidaire n'était probablement encore en vie que parce que Gareth était mort et qu'ils n'avaient pas encore trouvé son remplaçant au poste de Grand Croque-Mitaines du Sanctuaire.

Il ne pouvait pas exactement aller voir Ntikuma et lui susurrer à l'oreille qu'ils auraient plus de chance de rester en vie et de compléter leur mission en se baladant dans un champ avec un paratonnerre à la main pendant un orage en insultant Zeus à tue-tête qu'en restant avec ce malade. Ledit malade risquerait de s'en rendre compte et de se vexer. Il fallait espérer que le petit être rouge parvienne tout seul à la même conclusion – ce qui ne devrait pas être difficile pour peu qu'il ait ne serait-ce qu'une paire de neurones dans le crâne – et fasse le nécessaire pour prendre congé de leurs encombrants compagnons le plus vite possible.

« Et oui ça m'a plu, beaucoup même ! Ça me plaît toujours quand ça parle de faire mordre la poussière aux larbins d'Athéna. Mais vous êtes sûr que ça va aller ? Nous on peut se permettre ce genre de trucs mais vous vous avez qu'une vie. » fit le Cyclope en ignorant la flagornerie de son interlocuteur alors qu'ils arrivaient en vue du fameux hôpital. Excellent, plus vite ils auraient collecté la fausse monnaie, plus vite le forgeron masqué pourrait restaurer l'armure de Reagan et l'envoyer se faire voir ailleurs. Chez les Grecs de préférence, comme ça peut-être qu'il pourrait les débarrasser d'un ou deux Saints supplémentaires avant de crever.

« D'ailleurs, vous l'avez tué ce Lion ou pas ? »

C'était peut-être aussi l'une des raisons au silence apparent du Sanctuaire : ils ne pouvaient pas laisser impunie la mort d'un de leurs meilleurs combattants mais si le Chevalier Noir n'était pas allé jusque-là, il se pourrait que les Saints cherchent à préserver ce qu'il leur restait de réputation en évitant d'étaler leur linge sale en public.
avatar
http://rpgsaintseiya.forumactif.com/t27041-ntikuma
NtikumaChevalier Noir de l'Araignée
Chevalier Noir de l'Araignée

Date d'inscription : 28/06/2013
Nombre de messages : 463
Age : 21
Autres comptes : Oblivion

Revenir en haut Aller en bas
23.12.18 19:51
Ils étaient tous sous son emprise, impatients d’entendre ses aventures, Reagan le savait et savourait l’instant avec brio, au point où Ntikuma commençait à trépigner sur place dans l’attente de la grande révélation. Des étincelles de cosmos se mirent à apparaître autour de sa tête quand l’Oiseau du Paradis décrivit son périple en Alaska, le danger qui y rôdait et la trahison de ses coéquipières, alors que le petit être tentait de visualiser tout ce qui s’était passé, et arrivait même à en tirer un certain pouvoir. Certainement pas assez pour regagner tout son potentiel créateur, mais au moins il semblait capable de faire appel à son cosmos pour communiquer à nouveau, ce qui soulagea Matsuda sans le réjouir complètement.
Mais l’enthousiasme de l’Ashanti s’estompa bien vite quand il comprit que Reagan avait encore une quête, une de vengeance envers ces deux filles qu’il recherchait. Il en avait déjà parlé lorsqu’ils s’étaient croisés à Johannesburg, et les propos utilisés avaient été peu flatteurs… Plus l’histoire avançait, plus Ntikuma s’impatientait, répétant les mêmes signes encore et encore pour presser son collègue et lui demander, encore et encore, ce qu’il avait fait, mais la révélation prenait encore trop de temps à venir. L’excitation avait disparu, il n’aimait pas ce sentiment de suspense qui dansait au dessus de leur tête et qui trouvait quand même le moyen, les dieux savent comment, de l’inspirer.

L’encapé pouffa de rire en voyant la répartie de Xing Huo, heureux de voir qu’il n’était pas le seul à trouver que quelque chose clochait dans cette histoire, mais cette complicité ne dura pas longtemps ; en apprenant que Reagan avait déjà été un apprenti chez les Saints, écarté puis exilé pour ses différences d’opinions, Ntikuma y vit une occasion pour peut-être le faire parler un peu plus, lui faire revisiter ses souvenirs pour y trouver un peu de réflexion qu’il n’avait clairement pas pris le temps d’avoir, mais le Cyclope prit la parole avant pour l’encourager dans sa vision déformée des choses, ce qui lui valu un autre regard furieux de la part de l’Araignée. Se croyait-il vraiment capable de juger de l’hypocrisie d’autrui?!

Bon sang, ils s’en étaient pris à des apprentis. Des enfants! Et plutôt que de parvenir à les protéger, celui qui était intervenu avait été aussi vaincu!

L’encapé porta ses mains à sa gorge, puis la bouche gravée dans son masque de bois, puis enfin à ses tempes, dans une vaine tentative de calmer les soudains maux de tête et palpitations de panique qui s’étaient emparé de son corps. Quelques souvenirs défilèrent devant ses yeux et il tentait de voir où exactement il aurait pu en faire plus, s’il avait eu la chance de changer les choses en intervenant plus tôt, secouant la tête en repensant à Johannesburg. Un tel comportement n’apparaissait pas comme ça du jour au lendemain, mais au lieu de tenter de calmer son collègue il avait tout fait pour s’en débarrasser, pour le bien de sa mission…
Difficile de dire si Xing Huo jouait le jeu pour rester en bon termes avec l’Oiseau du Paradis ou s’il était vraiment d’accord avec sa façon de faire. Quoi qu’il en soit, Ntikuma n’avait plus l’intention de jouer.

Une poussière dorée illumina le sol alors que le petit être s’interposa entre les deux guerriers, se lançant dans une longue série de gestes qui se voulaient doux, mais trahissaient son impatience. Matsuda le rejoint d’un pas timide, puis ouvrit grand les yeux en voyant ce que son petit maître tentait de communiquer. Ce n’étaient pas ses mots, mais il craignait un peu de jouer le messager. Pourtant, pour une fois que l’Ashanti osait monter le ton…

-Oula… euh… Déjà, il aime pas beaucoup cette histoire. Il… oui, pas impressionné du tout, oui. On… vous voulez vraiment que je leur dise ça? Il dit que vous devriez avoir honte d’une telle cruauté, tous les trois, et il refuse d’encourager une attitude pareille…

Blueman était apparemment inclus dans les remontrances, à moins que le petit encapé ne tente subtilement de lui faire passer un message? Après tout, Matsuda insistait de plus en plus sur l’utilisation de la force brute, surtout quand des gens comme Reagan menaçaient de les mettre en danger. Mais ce n’était pas pareil…

-Surtout… surtout pas en créant quoi que ce soit pour vous tous. Incluant… une nouvelle armure.

Le Japonais recula, de peur d’être victime de la colère d’un des éveillés. Et il avait raison d’être en colère face à sa propre vulnérabilité : après tout, c’était Ntikuma qui refusait de forger, pas lui! Heureusement, Lou intervint en se raclant la gorge, dans une tentative de distraction, mais aussi pour ramener l’attention de tout le monde vers leur mission.

-Bon, super ambiance, mais on a encore un hôpital à visiter, alors si vous voulez pas avoir à remettre tout ça à demain, faudrait se dépêcher.
avatar
ReaganChevalier Noir de l'Oiseau de Paradis
Chevalier Noir de l'Oiseau de Paradis

Date d'inscription : 06/07/2014
Nombre de messages : 407
Age : 23
Autres comptes : Wolgorn

Revenir en haut Aller en bas
27.12.18 13:43
Le Spectre était évidemment sur la même longueur d'onde que Reagan et validait autant ses paroles que ses actions. Toutefois, le premier s'inquiétait aussi pour la sécurité du second face à la menace de représailles de l'armée d'Athéna. La question sur la survie ou non du dénommé Azir rappela à l'Oiseau de Paradis qu'il ne s'était pas embarrassé de l'achever personnellement avant de quitter la Palestre. Tant pis, il était de toute façon trop fatigué et atterré par la faiblesse des Saints pour s'en préoccuper sur le coup.

"Ne soyez pas ridicules, enfin !" répondit le catcheur en agitant la main comme pour évacuer le problème. "Après le discours pathétique d'Athéna à Tokyo, vous pensez que le Sanctuaire a ce qu'il faut dans le ventre pour me vaincre ? Si les Chevaliers Sacrés disparaissaient maintenant, ça ne ferait de toute manière aucune différence pour ce monde. Quant à ce lionceau de pacotille, je n'ai pas vérifié si je l'ai bien tué ou non, mais je peux vous dire que je l'ai brisé en mille morceaux. Après la déculottée monumentale que je lui ai flanquée devant les apprentis de la Palestre, ça m'étonnerait qu'il ose se présenter de nouveau en public avec sa Gold Cloth."

Il vit alors Ntikuma se positionner entre lui et Xing Huo, à s'exciter comme à son habitude en langage des signes afin d'essayer de se faire comprendre. Ce fut à l'alchimiste asiatique du groupe de traduire les gesticulations de son supérieur, ce dernier exprimant sa désapprobation face aux méfaits du duo de criminels. Le forgeron encapuchonné menaçait même Reagan de ne pas lui fabriquer une nouvelle cuirasse s'il continuait de se comporter de la sorte. Devant cette déclaration fort présomptueuse et téméraire, l'Oiseau de Paradis se mit à pouffer puis à éclater de rire. Voilà qu'une demi-portion trop peureuse pour montrer son visage se mettait à jouer au justicier, si ce n'était pas comique !

"Moi, cruel ?" gloussa le culturiste. "Au contraire, j'ai accompli un grand acte de charité en m'attaquant aux disciples de la Palestre et en humiliant un Gold Saint devant eux ! J'ai fait comprendre à ces pauvres gosses à quel point il était futile de se battre pour la cause d'Athéna et à quel point la vie de guerrier est impitoyable ! Grâce à moi, ces enfants doivent s'être détournés de ce futur mortifère et doivent avoir choisi une vie paisible. A défaut de cruel, tu peux me qualifier de sévère, ce serait déjà plus correct."

Il remarqua soudain qu'un hôpital était en vue, ce qui signifiait qu'ils allaient devoir abréger la conversation. Puisque Reagan ne pouvait apparemment rien tirer de Ntikuma pour le moment, il allait en rester là. Il baissa alors ses lunettes de soleil et plongea son regard menaçant dans les yeux dissimulés du petit alchimiste.

"Si tu ne veux pas me reforger une armure, mon brave Ntikuma, c'est comme tu veux." grinça le renégat. "Je n'aurai qu'à me dégoter une vieille copie à Death Queen Island, tant pis si elle ne convient pas à mes exigences esthétiques. Néanmoins, je te conseille de ne pas oublier quel est ton rôle au sein de l'Ordre Noir et de te rappeler que les armures sont plus que des protections : ce sont des armes de guerre."

Ceci dit, il réajusta ses ray-bans et fit signe à Blueman qu'il était l'heure de quitter les lieux. Pour le restaurant, mieux valait ne plus y penser vu à quel point les invités faisaient preuve de mauvaise volonté. L'Oiseau de Paradis passa ensuite devant Xing Huo, s'inclina poliment et lui lança :

"N'hésitez pas à demander mes services si vous avez besoin de muscles supplémentaires, ô émissaire d'Hadès. Contentez-vous de déposer une offre à mon nom à Death Queen Island, je viendrai en renfort aussi vite que possible."

Il tourna les talons et commença à partir vers son hôtel, mais s'interrompit pour glisser une dernière pique au forgeron en chef et à ses subalternes :

"N'oublie pas, mon brave Ntikuma, que si tu es venu à Death Queen Island, c'est parce que tu as forcément un squelette dans le placard... N'oublie pas non plus que tu as accepté le rôle de forgeron de l'île et que nous ne sommes pas du genre à apprécier les guignols qui s'amusent à ignorer leurs obligations. Ce serait dommage que tu te fasses pourchasser à travers le monde parce que tu t'es comporté comme un sale lâcheur, n'est-ce pas ?"

Un sourire faussement amical aux lèvres, ses mots n'en étaient pas moins dénués de lourdes menaces. Il regretterait presque d'en arriver là, mais les gens n'étaient décidément guère coopératifs ces derniers temps. Maintenant qu'il n'avait plus rien à raconter, Reagan abandonna le groupe de Ntikuma et du Cyclope, le punk toujours à sa suite. Comme il l'avait annoncé, il s'en allait se procurer une Armure Noire dans les réserves de la caserne puis continuer ses recherches. Celles du Temple de Nihil étaient des antiquités complètement inutilisables et bien trop ostentatoires même pour ses propres critères, alors il allait se contenter d'un exemplaire ordinaire. C'était dommage, le catcheur aimait pourtant le style qu'avait su insuffler l'encapuchonné sur son ancienne copie.
avatar
Xing HuoSpectre du Cyclope
Spectre du Cyclope

Date d'inscription : 01/07/2015
Nombre de messages : 248
Age : 25
Autres comptes : Rogos / Andréa

Revenir en haut Aller en bas
27.12.18 22:28
Le musculeux personnage était décidément très confiant en ses capacités. Il ferait bien de se méfier pourtant, sa bonne étoile ne le protégerait pas éternellement : le Sanctuaire avait beau être en déshérence, rien ne garantissait qu'il le resterait.

« Ah non mais on est d'accord, les Saints sont aux fraises ! L'ennui c'est que c'est résistant ces sales bêtes, ils ont tendance à se relever encore et encore jusqu'à l’écœurement, nous les Spectres sommes mieux placés que quiconque pour le savoir. » avertit le Cyclope. C'en était au point qu'on pouvait parfois se demander qui étaient réellement les morts-vivants dans cette histoire... « Enfin, vous faites comme vous voulez mais vous pourrez pas dire qu'on vous aura pas prévenu. »

Hélas, le récit des exactions de Reagan n'était pas au goût de Ntikuma, qui ne manqua pas de le faire savoir par le truchement du pauvre Matsuda. Le petit être n'aimait pas non plus la façon dont le philippin exprimait son appréciation pour ces sordides exploits mais il ne s'en offusqua pas. Il fallait s'attendre à ce que le forgeron réagisse comme ça, ce n'était pas surprenant – cela dit si ce dernier était choqué pour si peu, le Spectre ferait mieux de ne pas lui raconter la façon dont lui et ses camarades s'étaient invités au Sanctuaire la dernière fois –, et puis de toute façon ses remontrances ne l'impressionnaient pas puisqu'il ne dépendait pas de lui pour la maintenance de son Surplis. Enfin et surtout, il y avait plus urgent, comme par exemple surveiller l'américain pour s'assurer qu'il ne lui prenne pas l'envie d'attaquer son client pour le forcer à lui forger une nouvelle armure.

Xing Huo se plaça derechef entre les deux affreux et les forgerons, prêt à se battre si la situation dégénérait. Il n'eut toutefois pas à intervenir puisque l'Oiseau de Paradis préféra se gausser de la réaction de l'encapé et lui mettre le nez dans son impuissance. L'Ashanti s'était trompé s'il pensait avoir un moyen de pression pour obliger ses collègues Chevaliers Noirs à corriger leur comportement : s'ils voulaient une armure noire rien ne les empêchait de s'en accaparer une autre – certaines d'entre elles existaient même en plusieurs exemplaires, à ce qu'on lui avait dit. Dommage, il aurait peut-être plus de chance la prochaine fois.

« Je ne manquerai pas de transmettre votre CV à mes supérieurs. Bon vent à vous. » répondit le Cyclope lorsque le catcheur se drapa dans sa dignité et leur fit ses déplaisants adieux. Qu'ils choisissent de le considérer comme une menace ou comme un allié potentiel, les Enfers ne pouvaient se permettre d'ignorer l'existence d'un éveillé de son niveau. Reagan s'éloigna finalement, flanqué de son fidèle Blueman, et l’Étoile Terrestre émit un profond soupir avant de se retourner vers ses commanditaires pour essayer d'évacuer la tension : « Faut voir le bon côté des choses, on aura plus à le supporter, maintenant ! »

Pas très convaincant ça, mais il faisait de son mieux.

« C'était courageux de lui tenir tête comme ça. » admit le vieillard. « Mais vous vous êtes fait un ennemi. Et vous pouvez penser ce que vous voulez mais les Saints non plus ne sont pas des anges, malgré le nom. »

Par exemple, il se pourrait tout à fait que ces gosses que l'américain avait ainsi « éduqués » soient des orphelins embrigadés de force par les recruteurs du Sanctuaire puis endoctrinés jusqu'à en faire de bons petits soldats. Une méthode rappelant celles des cartels de la drogue, qui arrachaient des enfants de camés à leurs parents pour les intégrer à leurs rangs. Des gamins comme ça le philippin en avait croisé des dizaines, les avait même tués lorsqu'ils étaient devenus des adultes ayant complètement intégré ce qui tenait lieu de valeurs aux gangs, et c'était pour ça qu'il pouvait affirmer catégoriquement que les laisser grandir dans un tel environnement n'amènerait rien de bon. Mais il n'avait pas envie de relancer cette discussion.

« Allez, on y va ? » demanda-t-il en agitant une main en direction de l'hôpital et en extirpant la paperasse idoine de sa mallette. Il était temps d'oublier tout ça et de se concentrer sur quelque chose de plus productif. « On a cinq types à voir là-dedans, je crois que je peux sentir leur pognon d'ici. »
avatar
http://rpgsaintseiya.forumactif.com/t27041-ntikuma
NtikumaChevalier Noir de l'Araignée
Chevalier Noir de l'Araignée

Date d'inscription : 28/06/2013
Nombre de messages : 463
Age : 21
Autres comptes : Oblivion

Revenir en haut Aller en bas
03.01.19 1:44
L’éclat de rire tonitruant de Reagan fit sursauter Ntikuma, qui lança un coup d’œil paniqué à ses collègues en guise d’appel à l’aide, mais ces derniers ne purent que secouer la tête en se mordant la lève, aussi désemparé que lui sans vouloir se résigner à admettre qu’ils avaient perdu la face devant un premier ennemi. Pas qu’il n’avait pas compris, oh non, il avait très bien compris, mais l’Oiseau du Paradis n’allait pas que se contenter de leur rappeler qu’il n’avait pas besoin des forgerons pour se trouver une armure, il en profita aussi pour traîner les idéaux de leur petit chef dans la boue, lui rappelant que son acte avait sans doute incité les jeunes apprentis à se trouver une nouvelle carrière en leur montrant à quel point leurs adversaires pouvaient être brutaux. Sans doute… mais l’Araignée ne se contenta que d’un autre regard horrifié, sans pourtant trouver les mots pour répliquer. Matsuda eut presque honte de détourner le regard, incapable d’être d’accord avec son chef sur ce point, mais Lou ne perdit pas une miette de l’échange, espérant que Ntikuma sache remettre Reagan à sa place. Au final, il n’en fit rien, se contentant d’encaisser toutes les insultes sans rien dire…
Pourquoi c’était maintenant qu’il choisissait de ne rien dire?

Après une dernière menace, cette fois à la réputation du forgeron rouge, et lui avoir rappelé que personne ne rejoignait les Black Knights sans avoir une bonne raison, l’Oiseau du Paradis s’en alla, accompagné de son horrible laquais. Et bon débarras, aussi! Les forgerons se décidèrent enfin de rejoindre les deux éveillés, déterminés à attirer leur attention sur leur mission à nouveau. Plus facile à dire qu’à faire, vu ce que l’Ashanti venait de se prendre… Le Japonais posa une main sur son épaule, faisant de son mieux pour ignorer comment celle-ci s’était soudainement voûtée, comme si son corps n’arrivait plus à supporter son poids.

-Hé… Vous en faite pas pour ça. C’est pas lui qui va vous donner une leçon de réputation!

-Bien vrai, ça… je veux dire, il est compétent, pour le bon prix, mais sur l’île c’est une autre histoire.

La silhouette rouge haussa les épaules, puis répondit sèchement à ce qui devait être une tentative de réconfort de la part de Xing Huo.

-Il dit qu’il n’est pas stupide. Mais qu’on ne peut pas justifier ces actes.

Ntikuma sentait bien que Matsuda n’était pas convaincu par sa façon de voir les choses, et c’était bien pour ça que ses secrets étaient ce qu’ils étaient maintenant. Pas parce qu’ils désapprouveraient, mais parce qu’ils ne le feraient pas. Après tout, qu’est-ce qu’un simple meurtre face à tous les massacres qu’un éveillé pouvaient accomplir pour le plaisir? Rien, et c’était ça le pire…

Mais ce n’était pas important. Il fallait s’occuper de l’hôpital et aller chercher l’argent au plus vite. Le petit être pointa l’étage où il ressentait le plus l’énergie de ses créations, puis s’engouffra avec ses collègues dans la bâtisse. Ils se dépêchèrent de trouver l’ascenseur, ou l’escalier, n’importe quoi pour ne pas rester trop longtemps devant la réceptionniste, et finirent par trouver la première chambre, occupée par un couple et leur enfant.

-Mais qu’est-ce que…

La réaction du père à la vue des trois hommes ne fut que de courte durée, quand son gamin aperçut la silhouette rouge à l’arrière du groupe qui envoyait la main pour les saluer.

-Hé c’est… euh… Kuma! C’est Kuma! Salut Kuma!

« Kuma » lui rendit son salut rapidement, avant de lui faire signe de baisser le ton. C’est que des gens malades se trouvaient ici… Matsuda se racla la gorge pour ramener l’attention sur lui.

-Vraiment désolé de vous déranger Madame, Monsieur… petit. Il semblerait qu’il y ait eu un problème avec l’argent que Ntikuma vous a donné, on est venu réparer ça.
avatar
Xing HuoSpectre du Cyclope
Spectre du Cyclope

Date d'inscription : 01/07/2015
Nombre de messages : 248
Age : 25
Autres comptes : Rogos / Andréa

Revenir en haut Aller en bas
05.01.19 17:14
Tout ça c'était de la faute de ces loubards au rabais. Au début tout allait comme sur des roulettes, les relations entre le Spectre et les forgerons étaient tout ce qu'il y a de plus cordiales et il était en droit de s'attendre à ce que la mission soit complétée sans accrocs. Ses commanditaires seraient repartis à Death Queen Island avec une bonne impression vis-à-vis des forces infernales, ce qui aurait pu leur être utile à l'avenir – peu d'éveillés pouvaient se vanter de posséder un pouvoir aussi convoité que celui de l'Ashanti. Mais ces petites frappes avaient tout gâché lorsqu'elles avaient décidé de s'en prendre à Ntikuma : le Cyclope avait été obligé de dévoiler une facette peu reluisante de sa personnalité devant son protégé et l'altercation avait attiré Reagan, dont la présence et les actions avaient achevé de mettre tout le monde de mauvaise humeur. Les bons rapports établis jusque-là avaient été mis à mal et le philippin voyait difficilement comment regagner la confiance du petit être rouge : il n'oublierait pas si facilement ce regrettable épisode.

Xing Huo savait que s'il fallait être honnête, il avait également sa part de responsabilité dans toute cette affaire. Rien de tout cela ne serait arrivé s'il avait mieux surveillé le forgeron, s'il avait pu neutraliser les voyous à la petite semaine de manière moins violente ou simplement fait semblant de ne pas autant apprécier l'histoire de la dérouillée infligée aux Saints par l'Oiseau de Paradis... Seulement voilà, on ne se refaisait pas : il était l’Étoile Terrestre de la Brutalité, pas celle des Câlins et des Sucres d'Orge, merde ! D'autres Spectres auraient sans doute mieux géré cette situation mais ils étaient ailleurs ; changer le passé était impossible, il ne lui restait plus qu'à se débrouiller du mieux possible jusqu'à la fin de la mission en espérant réussir à recoller au moins une partie des morceaux d'ici-là.

Il pénétra silencieusement dans l'hôpital à la suite des forgerons, sans tenter de poursuivre la conversation : il avait le sentiment qu'il ne ferait que s'enfoncer s'il présentait des excuses, alors autant faire son boulot comme un vrai pro en guise d'acte de contrition. Lorsqu'ils entrèrent dans la première chambre et que l'enfant de la famille s'extasia devant l'homme masqué, l'ancêtre se joignit au japonais pour expliquer le problème au père.

« Nous sommes venus vous demander de nous restituer cet argent, si vous ne l'avez pas déjà dépensé. Monsieur Ntikuma a voulu bien faire mais ces billets sont impropres à la circulation. Bien entendu, si vous consentez à nous donner vos coordonnées bancaires nous vous rembourserons immédiatement le double de cette somme, avec toutes nos excuses pour le dérangement. »

Ce petit speech avait été dit et répété au point qu'il sortait maintenant de façon quasi-automatique. Cela dit, le temps jouait contre eux et leur arrivée mouvementée à New York n'avait fait que les retarder ; il avait reçu un message l'informant que plusieurs de leurs « cibles » quitteraient bientôt la ville, ce qui rendrait la récolte de la fausse monnaie beaucoup plus longue et plus compliquée. Il altéra donc son discours cette fois-ci.

« Nous faisons la tournée de toutes les personnes dans votre situation. Si vous avez un moyen de contacter les autres, nous vous serions très reconnaissants de nous aider à arranger une rencontre histoire de procéder plus rapidement à l'échange. »

Parce que c'était bien beau de faire du porte-à-porte mais ça prenait aussi trois plombes et à ce rythme ils n'étaient pas près de rencontrer tout le monde avant que certains ne commencent à mettre les voiles. Il s'y résignerait si la réponse était négative mais s'il pouvait s'en passer... En plus pour tout dire, il commençait à en avoir un peu marre de jouer les démarcheurs ambulants et il supposait qu'il devait en être de même pour Lou et Matsuda, qui n'étaient là que pour réparer la bourde de leur supérieur – actuellement assailli par un gamin surexcité qui réclamait un spectacle même après que Ntikuma lui ait fait signe de baisser d'un ton.

« Ouais, ça par contre on va éviter. » grommela le vieillard en s'adressant à l'autre vétéran. « La visite de Reagan était déjà de trop, j'ai pas envie de voir rappliquer un deuxième zigoto qui se demande ce qu'un éveillé fait à utiliser ses pouvoirs en plein New York. »
avatar
http://rpgsaintseiya.forumactif.com/t27041-ntikuma
NtikumaChevalier Noir de l'Araignée
Chevalier Noir de l'Araignée

Date d'inscription : 28/06/2013
Nombre de messages : 463
Age : 21
Autres comptes : Oblivion

Revenir en haut Aller en bas
13.01.19 23:19
-Non, Ntikuma, il a dit non, ça suffit maintenant!

Le subtil coup de menton de son patron masqué suffit pour convaincre Lou que ce dernier venait de lui tirer la langue, mais sa petite rébellion fut vite suivie par une supplication et un seul signe pour lui demander s’il pouvait juste se servir d’un peu de cosmos, mais le vieillard ne lâcha pas prise.

-Non, même pas un petit peu! Tu laisse le mioche tranquille et tu nous laisse travailler.

L’Ashanti accepta d’attendre dans un coin, non sans avoir hoché la tête à l’intention des parents pour leur confirmer que ses collègues étaient bien dignes de confiance et cela sembla leur suffire. Après tout, que pouvaient-ils craindre d’une si gentille personne qui leur avait sauvé la vie et qui leur avait donné de l’argent, aussi fausse soit-elle, avec autant de facilité? Pas de se faire voler, certainement pas, car la transaction se fit à merveille et sans aucune demande qui aurait pu les inquiéter. Une seule vraie interrogation de leur part, cependant…

-Monsieur Ntikuma?

Même le gamin lança un regard curieux au petit être qui, loin de le laisser tranquille, avait plutôt commencé à lui apprendre quelques signes pour lui faire passer le temps —même si mimer son nom était peut-être un exercice trop difficile. L’Ashanti ne répondit que par un haussement d’épaules, une piètre réponse, mais les forgerons savaient très bien ce que ça voulait dire ; qu’ils pensent ce qu’ils veulent. Ce n’était pas le genre de chose qu’il révélait, pas nécessaire pour le connaître…

-Pas de contact, désolé…

-Bon ben, on va y aller alors. Merci de votre aide. Allez Ntikuma, fais tes adieux, on y va.

-Merci à vous…

Après un rapide câlin d’au revoir à l’enfant, la figure masquée suivit le groupe et quitta la chambre, se concentrant pour repérer le reste de l’argent. Il y en avait deux autres dans cet hôpital, dans des étages plus hauts. Et maintenant que le ciel était un peu plus sombre, cela donnait une idée à Matsuda.

-Hé… si vous partiez devant? Ntikuma et moi on vous rejoint bientôt.

-Ah? D’accord. Perdez pas trop de temps!

-Ouais ouais…

Les deux forgerons attendirent que les vieillards soient hors de leur vue, puis le Japonais invita son patron à le suivre jusqu’à la cage d’escalier, qu’ils grimpèrent jusqu’à arriver à la dernière porte, verrouillée, mais un bon coup d’épaule de la part de l’asiatique et elle céda. L’Ashanti s’avança d’abord, peu effrayé de se retrouver sur le toit d’une bâtisse plutôt haute, suivi de près par Matsuda. Tout en bas, les lumières de la ville se multipliaient, remplaçant les étoiles dans le ciel vide de la métropole, et Ntikuma était déjà sous le charme. De la lumière et des jolies couleurs : une valeur sûre.

-Voilà… vous méritez bien ça. Quand on sera rentré, vous ferez tous les spectacles de cosmos que vous voulez.

Un bras maigrelet s’extirpa du long manteau de l’africain, un poing noir bien serré presque invisible dans la noirceur, et alors que le petit être se retourna pour lui faire face, mimant calmement une question qui fit grimacer Matsuda.

-Bordel, je pense pas que vous en seriez capable, mais… vous pensez pas que ça serait plus simple? Suffit juste de le faire une fois, et ensuite c’est fait, plus de Reagan, plus de menace, plus de danger. Est-ce que ça n’en vaudrait pas la peine?

Un mouvement du doigt, traçant un cercle infini. Encore, et encore, et encore…

-Hé, j’ai pas dit qu’on le ferait tout le temps! Juste… quand il le faudra. On a le droit de se défendre, et de montrer aux autres que nous… vous aussi, vous êtes pas là pour déconner. Mais oui mais si vous faites rien c’est vous qui allez écoper, qu’est-ce que vous voulez que je vous dise!?

Les épaules du Japonais s’affaissèrent quand son patron secoua la tête, sans exaspération ou sérénité condescendante, mais avec une grande tristesse teintée de lassitude et… était-ce une pointe de peur? Qu’est-ce qu’il avait pu voir —et faire— pour être aussi traumatisé par la violence, même contre ses ennemis? Soudainement, il y avait de quoi se demander si le petit être était si inoffensif que ça…
Mais Ntikuma ne dit rien de plus, se contentant de hausser les épaules avant de reprendre sa contemplation de la ville.

-Bon, bah… moi j’ai froid, alors je vais vous attendre à l’intérieur.



-C’était le dernier?

-Ouais.

-Enfin! Je pense que pour la première fois de ma vie, je m’ennuie de l’île!

Dans un élan de zèle et de frustration, le petit groupe avait rapidement fait le tour de l’hôpital pour amasser l’argent, mais plutôt que de s’en arrêter là pour reprendre leur mission le lendemain, ils avaient continué leur recherche, traversant la ville pour trouver l’hôtel où se trouvait l’autre famille, puis l’autre où résidait le dernier naufragé. Ils avaient couru, hélé des taxis, demandé des directions, s’étaient assuré que Ntikuma ne se perdrait pas une deuxième fois, et plus que tous, ils s’étaient armé de patience pour aborder les derniers naufragés et leur reprendre la fausse argent. Ils pouvaient bien être le plus crédible possible, mais déranger les gens à une heure impossible ne pouvaient que leur nuire, avec raison.

Mais au final, ils avaient tout amassé, comme Lou tentait de s’en assurer en comptant les billets récupérés. Matsuda, qui avait pris le temps d’aller chercher des cafés à tout le monde, finissait celui que Ntikuma avait refusé, ce dernier s’étant endormi sur un banc non loin. Le vieillard demanda à son collègue d’aller le réveiller, pendant qu’il en profitait pour adresser quelques mots au Spectre.

-Pas sûr que ce soit les adieux que vous aviez imaginé, mais bon… je crois qu’on vous retiendra pas plus longtemps. Inquiétez-vous pas pour le p’tit, il est pas rancunier…

À ce moment, l’Araignée se dirigea lentement vers eux, ses doigts glissés maladroitement sous son masque pour se frotter les yeux et chasser la fatigue, et se planta devant Xing Huo. Lou avait bien raison, il ne savait pas en vouloir à quelqu’un bien longtemps, mais ça ne voulait pas dire qu’il oubliait. Seulement qu’il le gardait à l’œil…
Dans un soupir, l’Ashanti tendit la main, et dans le creux de sa paume se trouvait ce qui ressemble à une pièce d’or, à la surface gravée d’une araignée. Lou y jeta un coup d’œil curieux, puis ricana.

-Ah, vous voyez? Vous venez sur l’île, montrez ça et vous pourrez rejoindre notre Laboratoire sans emmerde, et on verra ce qu’on peut faire pour vous.

-Vous voyez, Ntikuma? Il faut l’expliquer, ça, quand vous donnez ces trucs aux gens.

Le petit être détourna la tête avec embarras, mais prit quand même le temps de s’incliner devant le Cyclope pour le remercier, mais aussi pour le saluer. Pour la première fois depuis longtemps, une bonne pause et un peu de silence seraient les bienvenus.

-Sérieusement, merci. On y serait pas arrivés sans vous.
avatar
Xing HuoSpectre du Cyclope
Spectre du Cyclope

Date d'inscription : 01/07/2015
Nombre de messages : 248
Age : 25
Autres comptes : Rogos / Andréa

Revenir en haut Aller en bas
15.01.19 22:18
Le raccourci tant espéré ne se concrétisa pas mais au moins leur quête s'acheva-t-elle sans autre incident notable. L'Ashanti, qui devait sérieusement marcher à la pile nucléaire pour avoir encore autant d'énergie après deux vols internationaux pour traverser la moitié de la planète et leur crapahutage dans les rues de Québec et New York, avait décidé de leur faire faire des heures supplémentaires histoire d'en finir le plus vite possible. Ils s'étaient donc de nouveau séparés pour couvrir davantage de terrain, en faisant cette fois bien attention à ne pas lâcher leur petit chef d'une semelle. Xing Huo, Lou et Matsuda pouvaient se débrouiller seuls chacun de leur côté mais Ntikuma devait obligatoirement être accompagné, ne serait-ce que parce qu'il avait besoin d'un interprète et qu'il fallait quelqu'un pour s'assurer qu'il n'utilise pas son cosmos n'importe comment – sans parler des considérations de sécurité.

Après avoir collecté la somme puis compté et recompté les billets afin d'être sûrs qu'il n'en manquait aucun, le groupe exténué avait fait halte dans un parc où ne se trouvaient qu'une poignée d'autres noctambules. Ntikuma tomba dans les bras de Morphée sitôt qu'il s'arrêta de marcher ; le philippin n'était pas loin d'en faire de même mais résistait vaillamment aux assauts de la fatigue. Il ne pouvait décemment pas s'endormir avant ses protégés !

« Ok. Ça aurait pu mieux se passer mais ça aurait aussi pu être pire, et au moins on a tout récupéré. » répondit-il lorsque le japonais confirma qu'ils en avaient bel et bien terminé avec leur mission. Il accueillit les paroles du forgeron vétéran d'un au-revoir paresseux de la main. « Mouarf, c'est pas grave. C'est ma faute si ça a dérapé, j'aurais dû être plus vigilant. Quand il se réveillera, dites-lui que je suis désolé d'avoir dû en arriver là. »

Mais Lou n'aurait pas besoin de jouer les messagers : alors que le Spectre se relevait en faisant craquer ses vieux os et s'apprêtait à prendre congé, l'encapé émergea de sa léthargie et s'occupa lui-même de faire ses adieux à son garde du corps d'un jour. L'ancêtre baissa la tête en recevant la pièce qui lui servirait de laisser-passer s'il lui prenait l'envie de se rendre à Death Queen Island. Pas rancunier, effectivement...

« Merci à vous. Et je suis sûr que vous vous seriez très bien débrouillés même avec quelqu'un d'autre. À la revoyure ! »

Sur ces mots, il laissa les forgerons derrière lui et entreprit de trouver un endroit où passer le peu qu'il restait de la nuit. Trop épuisé pour faire le chemin jusqu'à l'une des propriétés de Nebula, il s'arrêta au premier hôtel sur sa route, se traîna jusqu'à sa chambre tel un zombie et s'écroula comme une masse sur son lit, sans prendre la peine de se glisser sous les couvertures ni même d'enlever ses vêtements.

Il était presque midi lorsqu'il se réveilla enfin, mais qu'est-ce qu'il pouvait se sentir mieux ! Une douche et un repas copieux achevèrent de le revigorer, puis il quitta les lieux. Il trouverait d'abord de quoi s'habiller de manière plus présentable puis retournerait à ses devoirs aux Enfers. Il ralentit cependant en s'apercevant que l'atmosphère de la ville avait changé : il y avait trop peu de gens dans les rues, beaucoup trop de policiers équipés de ce qui n'était certainement pas leur matériel habituel ainsi que d'autres types armés qui ne faisaient pas du tout partie de la police. La garde nationale ? Et pourquoi tout le monde avait-il l'air si nerveux ?

La réponse, il la reçut en tombant sur un attroupement plongé dans une discussion fébrile devant un magasin de télévisions. Il faillit s'étrangler en entendant le message répété ad nauseam aux informations et en reconnaissant Reagan sur les photos qui l'accompagnaient.

« Oh les cons. Dites-moi que je rêve, ils ont pas vraiment fait ça ? »

Mais non, il avait beau se frotter les yeux avec un air ahuri, c'était la réalité et pas une illusion. Quelqu'un avait eu la brillante idée de diffuser un récit des exploits du Chevalier Noir sur tous les plus grands médias mondiaux – rendant du même coup le rapport envoyé cette nuit à Thanatos un peu redondant –, et un vent de panique soufflait sur la Grosse Pomme maintenant que la rumeur de la présence récente de deux personnes correspondant exactement au signalement donné par les autorités dans cette même ville se répandait comme une traînée de poudre. L'information avait été officiellement confirmée et les forces de l'ordre joignaient leur voix à celle des guerriers d'Athéna pour demander à la population de garder son calme et de rester chez elle. Sans grand succès sur le premier point, évidemment.

La première pensée du Cyclope fut que le Sanctuaire avait intérêt à avoir affecté un sacré budget à cette fameuse récompense, parce qu'ils allaient être submergés d'appels. La deuxième, faisant écho aux commentaires d'un officiel particulièrement remonté sur le plateau de l'émission, fut que c'était complètement irresponsable. Il n'y avait pas trente-six façons pour un criminel en fuite de réagir quand son identité était révélée à la face du monde. La plupart choisissaient de faire profil bas en attendant que ça se tasse, mais il suffisait au vieillard de quelques minutes passées en compagnie de l'Oiseau de Paradis à l'écouter narrer ses exactions pour lui faire croire que cette montagne de muscles et d'ego ne choisirait pas cette solution.

L'orgueil de Reagan était démesuré, il adorait être au centre de l'attention générale et il avait un penchant marqué pour la violence gratuite. Il était assez fou pour s'attaquer à la puissance du Sanctuaire seul et sans armure, assez cruel pour s'en prendre à des enfants sans défense et assez vindicatif pour poursuivre celles qui l'avaient lésé autour du monde jusqu'à ce que justice soit faite – pour peu qu'on puisse appeler ça de la justice. Xing Huo ne le voyait pas se cacher après une telle provocation ; en cela l'annonce des Saints ferait sans doute son office, c'était le genre de plan suffisamment stupide pour que ça marche. Seulement voilà, rien ne disait qu'il se bornerait à accepter le duel une fois sorti de son trou : qu'est-ce qui garantissait aux soi-disant protecteurs de l'humanité qu'il n'en profiterait pas pour prendre des otages ou commettre un massacre juste pour leur apprendre ?

L'homme sur le plateau de télévision n'avait pas rencontré le catcheur mais ce n'était pas vraiment nécessaire, cette conclusion et le reproche qui allait avec étaient également valables pour de nombreux autres éveillés peu recommandables. Les badauds à l’œil rivé sur le téléviseur ponctuaient sa tirade de murmures à la fois approbateurs, anxieux et scandalisés. Une paire de policiers en combinaisons anti-émeutes arrivèrent pour disperser le groupe mais ils n'en menaient pas large : tout le monde avait déjà vu les images de Tokyo et elles avaient prouvé que leurs armes à feu et gilets pare-balles leur seraient à peu près aussi utiles qu'un string ficelle face à tout combattant cosmique digne de ce nom. Les pauvres, ils n'étaient pas près de dormir sur leurs deux oreilles, il faudrait des jours pour que les tensions retombent même s'il s'avérait que le duo d'affreux s'était déjà fait la malle.

« Bon ben j'ferais mieux d'rentrer au bercail moi... » se dit-il en voyant un fourgon débouler au coin de la rue et déverser une nouvelle escouade de poulets. Il savait que ce Reagan allait s'attirer des ennuis, il le savait ! Il ne restait plus qu'à voir l'étendue des dommages collatéraux... en se tenant à distance, de préférence.

Toute considération vestimentaire oubliée, le Cyclope s'engagea dans une ruelle hors de portée des regards, revêtit son Surplis et retourna dans l'Au-delà, prêt à faire face à la tempête d'emmerdes que cette situation ne manquerait pas de déchaîner.
Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

La Prince elle a acheté quoi? [Part Three]