avatar
En ligne
WulfFléau de l'Ulfark | Modérateur
Fléau de l'Ulfark | Modérateur

Date d'inscription : 31/01/2014
Nombre de messages : 931
Age : 25

Revenir en haut Aller en bas
21.11.18 16:42
Wulf observait de loin une cérémonie religieuse qui se tenait au cœur des forêts d’Asgard. L’obscurité apportée par la nuit était tombée depuis longtemps et un blizzard était en train de se lever, un blizzard qui ne tarderait pas à s’intensifier, Wulf le savait, tout ceux qui vivaient sur ces terres le savaient car les hommes du nord pouvaient sentir cela arriver. Les Nordiens avaient depuis longtemps appris à lire leur environnement, parfois même plus facilement que leur propre écriture, et Wulf lisait pour sa part que la température allait encore baisser par rapport à la veille. De mémoire de Nordique, il ne se souvenait pas avoir jamais vus la température baisser à ce point-là, hormis en présence de créatures lié au froid.

Le monde qu’il connaissait changeait, le guerrier-fauve le sentait au plus profond de lui-même et pouvait le constater tous les jours. Les plaies créer par les dernières guerres avaient laissés des séquelles bien plus profondes qu’il ne l’avait cru initialement. Même sa part bestiale le sentait et semblait se réjouir du chaos qu’elle pouvait annoncer ainsi que des affrontements à venir. Wulf ne la contenait qu’à grand peines, il sentait les pulsions de violences tenter de s’emparer de lui et il résistait du mieux qu’il pouvait. La fureur guerrière des berserkers était devenu pour lui une habitude, mais il sentait que l’influence du Wod se faisait à nouveau plus fort.

Ce n’était pas la première fois qu’il voyait ce genre de cérémonies religieuses se tenir au cœur des bois. En fait, il s’agissait d’un héritage des cultes rendus aux dieux par leurs ancêtres il y a des millénaires de cela, avant que des temples ne soit construit et que les prêtres organisent une forme de liturgie religieuse officielle, mais aucun Polaris n’avait jamais empêché la tenue de ces célébrations parallèles qui complétaient plus qu’elles ne concurrençaient les hommages rendus aux dieux. Il était même fréquent que des godis y participent et les encadrent, il s’agissait de cérémonie emprunte de traditions animistes et de pratiques chamaniques qui se tenaient au milieu des bosquets sacrés et qui donnaient souvent lieu à un sacrifice, parfois d’une partie de la récolte, parfois d’un animale, parfois d’armes. Mais cette fois-ci, il s’agissait d’un sacrifice humain, ce genre de pratique n’ayant jamais été formellement interdite mais cela faisait plusieurs siècles que les Représentants d’Odin décourageaient activement ces pratiques, et hormis quelques cultes illicites, ils n’étaient plus pratiqués. Mais Nordheim vivait une période de grand malheur, la bravoure et le stoïcisme des hommes du nord cédait peu à peu la place au désespoir. Les hommes étaient en armes, comme il se devait quand on honorait les Ases, tous affichaient une mine grave. Normalement, Wulf aurait dû s’interposer, il se doutait que les autorités asgardiennes réprouverait ces pratiques, mais le sacrifié s’était porté volontaire et Wulf ne comptait pas aller à l’encontre de cela. Après tout, le sacrifié acceptait d’offrir sa vie pour renforcer le pouvoir des dieux et accélérer la fin du chaos dans le royaume, et aussi en se sacrifiant son village aurait une bouche de moins à nourrir.

De plus, le retour du Fourbe avait contribué à installer le doute dans le cœur des habitants de Nordheims, car son retour rappelait une époque où le frère affrontait le frère, ou le fils trahissait le père, une époque où les royaumes du nord se déchirèrent face à un adversaire intérieur. Les guerriers du Père du Tout ne craignait nulle adversaire plus que la trahison, ils ne craignaient pas de mourir l’arme à la main faces aux monstres des neufs royaumes en hurlant le nom de leurs dieux et étaient prêt à mettre tout leurs différents de côté face à une menace commune. Mais lorsque l’ennemis n’était autre que ses frères d’armes, tout le courage et la force des nordiques devenait inutile. Wulf pouvait le sentir, la peur habitait le cœur de Nordheims, la peur d’une véritable guerre civile, la peur de voir leur communauté se déchirer. Il avait même déjà le goût du sang en bouche.

Mais le problème le plus urgent était la famine, l’action du Jotunn Noir avait ravagé les récoltes, et les réserves de nourriture arrivait à termes un peu partout. Des tensions naissaient entre les royaumes, particulièrement à l’encontre de Vanaheim, le grenier à blé de Nordheims, que beaucoup accuse de garder la nourriture pour eux. Même si plusieurs familles nobles ainsi que le royaume d’Asgard lui-même, avaient ouverts leurs réserves de nourritures pour les distribuer à la populace, cela n’avait fait que reculer l’inévitable, et chaque village commençait à rationner sa nourriture. Il y aurait encore bien des privations avant qu’une nouvelle récolte puisse être faites et cela était un sujet de préoccupation jusque dans les plus hautes sphères de Nordheims, cela et la reconstruction des royaumes dévastés par l’attaques des EldrJotnnars. Preuve de l’inquiétude, il en a même été des nobles pour suggérer de demander une aide aux hommes du Sud.

Wulf préféra s’en aller au moment où le sacrifice débuta, qu’il s’interpose ou non, il savait qu’il risquait de céder à une crise de folie à la vue de la souffrance du sacrifice. Ce ne serait pas une mort agréable bien que nul ne tenterait de prolonger le supplice plus que nécessaire. Il avait de toute façon une autre destination à atteindre bien plus loin dans les terres. En marchant, Wulf pouvait entendre au loin les incantations prononcées durant la cérémonie et destiné à attirer la faveur des dieux. Mais la situation n’était pas aussi désespérée qu’il ne le semblait. Les guerriers d’Asgard, qu’ils servent les jarls ou le représentant, avaient efficacement secondé les guerriers d’Odin et les chasseurs de Ull dans la traque des pillards et des créatures qui harcelait les communautés isolées. Les raids qui avaient suivit la guerre du brasier noir avaient dès lors cessé, mais on continuait de murmurer que des êtres transportant en eux une part du Fimbulvetr, l’hiver éternelle qui recouvrira le monde juste avant le Ragnarök, se déplaçait au cœur de la nuit. L’Ulfark ne les avait jamais croisés, mais il avait parfois découvert des village dépourvus de toutes vies et qui semblaient avoir affronter les maléfices des pires hivers du nord.

Il pouvait sentir la morsure du blizzard alors que la tempête se levait. Il espérait que personne ne se laisserait surprendre par les éléments déchaînés, car si la physiologie des Nordiens était bien plus résistante aux rigueurs de ce climat que les autres êtres humains, eux-mêmes avaient des limites. Mais Wulf pouvait sentir bien plus dans ce vent que ce que ces semblables ne le penseraient. Il pouvait sentir le pouvoir des dieux du Nord à l’action, il pouvait sentir leur Hamr divin agir discrètement pour venir en aide à leurs adorateurs. La magie des Vanes, agissait déjà sur le sol, Wulf pouvait voir quelques plantes commencées à pousser au travers de la couche de glace, les dieux de la natures regénérait le sol de Nordheims, lui rendant peu à peu sa fertilité et créant de nouvelle pousse plus résistante au froid pour que les hommes et les animaux vivants dans ces contrées puissent survivre. Mais cela n’accélérerait pas la pousse d’une nouvelle récolte avant la fin de l’hiver Asgardien. Wulf pouvait sentir le pouvoir des Ases venir en aide aux hommes du nord qu’ils jugeaient dignes de leurs faveurs. Il n’était pas impossibles que la protection des dieux du nord tiendrait éloigné les êtres malfaisants attendant l’arrivée des ténèbres pour agir.

Pour sa part, le guerrier-fauve avait une autre priorité, quelque chose qu’il postposait depuis fort longtemps, il devait trouver le moyen de dompter sa part bestiale. Norheims n’avait jamais été aussi faible, même lorsque les saints d’Athéna avaient décimé une génération complète de guerriers divins il y a plus de trente hivers de cela, les royaumes du Nord étaient eux-mêmes toujours capable de se défendre et d’autres guerriers éveillés ne tarderait pas à reprendre la relève. Mais dans la situation actuelle, le Nord ne comptait qu’une poignée de guerriers divins, et tous n’étaient même pas forcément loyal au Père de Tout et à son représentant, et les différents royaumes peinaient à se remettre des derniers conflits. Jusqu’à présent, Wulf avait toujours estimé que ses devoirs en tant que guerriers divins étaient prioritaire sur sa recherche à se maitriser, mais à présent qu’il n’avait presque plus aucun frère d’arme sur lequel se reposer, il avait compris que sa terre natale n’avait que faire d’un protecteur qui pouvait perdre le contrôle de ses actions à tout moment. Il devait donc trouver un moyen pour maitriser sa fureur, ou le cas échéant la détruire et ce même si elle faisait partie de lui. Et il semblait que la réponse se trouvait à Sovngard.
avatar
En ligne
WulfFléau de l'Ulfark | Modérateur
Fléau de l'Ulfark | Modérateur

Date d'inscription : 31/01/2014
Nombre de messages : 931
Age : 25

Revenir en haut Aller en bas
23.12.18 15:03
Si le porteur de la Järnskinn de l’Ulfark se dirigeait vers ce lieu sacré entre tous qu’était Sovngard, ce n’était pas par hasard. Nombres de ses compatriotes y auraient simplement vu une forme de pèlerinage comme il en arrivait parfois. D’autres y verraient peut-être un guerrier qui avait perdu toute forme d’espoir et qui venait se soumettre à la fureur des esprits habitants ce lieu ou de leur gardien en espérant y gagner sa place au Valhalla dans la confrontation. Mais pour Wulf, la véritable raison trouvait sa source dans un songe qu’il faisait ces derniers temps et qui revenait sans cesse.

Les hommes du nord considéraient les rêves comme un canal de communication privilégié entre la volonté des dieux et les hommes, ainsi ils n’écartaient pas d’emblée ce qu’ils avaient vu en songe comme de simples délires, surtout en période de trouble. Normalement, le berserker aurait dût se confier à une volvä ou à un Thuldr expérimenté pour tenter d’y déceler les significations cachées, les rêves pouvant se révéler cryptique, mais le guerrier-fauve était depuis trop longtemps habitué à la solitude pour passer par cette étape et il préférait chercher la réponse par lui-même. De plus, n’était-il pas un guerrier divin après tout ? En titre à défaut du mérite du moins. N’était-il pas, en tant que guerrier-divin et en tant que guerrier-fauve, l’outil des divinités du Nord, une sorte d’équivalent mortel des Einherjars qui servaient le Père de Tout ? Les dieux lui avaient envoyé un message, il ne lui appartenait pas de douter de celui-ci mais de veiller à ce que la volonté des Ases et des Vanes s’accomplisse.

Il avait vu la cité de Sovngard en rêve, il y avait vu une ombre qui était tapie en son sein. Il ne savait pas pourquoi, mais il avait l’intime conviction qu’il devait s’y rendre. Les réponses se révèleraient bien d’elles-mêmes sur place. Alors qu’il empruntait le chemin montagneux qui devait le mener aux portes de la cité des guerriers, le guerrier-fauve repensa à ce qu’il connaissait de cet endroit. Il s’agissait d’un lieu très important dans la spiritualité des hommes du nord, une sorte d’avant-goût au Valhalla. Cette ville était un chef-d’œuvre de l’architecture nordique, pouvant prétendre à rivaliser en majesté avec le Stavkirke du Ragnarök ou même le palais des Polaris et pourtant nulle être vivant n’y résidait. Ce lieu était sensé être sous la garde des guerriers divins de Zeta, qui avaient comptés parmi eux certains des guerriers les plus redoutables qu’Asgard n’ait jamais porté.

Arrivant devant les portes massives des lieux, toujours ouvertes car la vraie puissance de l’endroit ne résidait nullement dans ses fortifications mais dans ses « habitants ». Les silhouettes spectrales des guerriers des temps jadis hantaient les lieux, nulle ne savait s’il s’agissait d’Einherjars issu directement des Hall d’Odin et qui avaient ainsi la permission de revoir le monde des hommes depuis l’enceinte de cette forteresse ? Des guerriers qui avaient préféré refuser l’honneurs de rejoindre la table du Père de Tout pour pouvoir à tout jamais veiller sur leur terre natale ? Personne ne prétendait savoir la raison d’existence de ce lieu, mais il constituait un obstacle de plus sur la route des envahisseurs qui tenteraient de s’en prendre à Nordheims. En effet, à moins de connaitre les routes et les chemins des terres du nord, seul une route pouvait mener les envahisseurs de manière rapide au cœur d’Asgard, et celle-ci passait par Sovngard.

Quand il entra dans la ville, les sens de l’Ulfark furent directement oppressés par l’atmosphère présente. Il percevait la présence des fantômes qui l’observaient depuis les recoins de la cité, il ne les voyait pas mais se savait observé. Si le qualificatif de lâche ne lui avait jamais été attribué de sa vie, la situation actuelle lui faisait remettre en question que le terme courageux lui correspondait. Il sentait la peur s’insinuer en lui, une peur dont aucune transe guerrière ne pourrait le sauver. Wulf en venait à se demander si son courage au combat n’était pas alimenté uniquement par ses fureurs de guerrier-fauve. Bien que sachant que les fantômes résidant en ces murs ne s’en prenait usuellement pas aux vivants (sauf à ceux qu’ils identifiaient comme indigne de fouler ce sol sacré), Wulf sentit un petit pic de panique naitre en lui, une porte ouverte en plus pour que le Wod s’empare de sa conscience et il n’avait vraiment pas besoin de cela. Fermant les yeux et expirant un bon coup pour se calmer, Wulf tenta de faire le vide dans son esprit avant de reprendre sa marche, bien qu’il ressemblait fort à un fauve aux abois plus qu’un un fier guerrier.

Alors qu’il poursuivait sa progression, le blizzard s’épaissit autour de lui. Les sens du guerrier pouvaient réellement voir les spectres des héros de jadis à présent, plus seulement les percevoir. À chacun de ses pas, les silhouettes fantomatiques étaient plus nombreuses à se réunir autour de lui, l’observant, le jugeant. Le guerrier-fauve pouvait sentir la force de ces êtres, il pouvait entendre les cliquetis de leurs cottes de mailles ainsi que leurs poignes se resserrer autour des manches de leurs armes. Puis, d’un seul coup, Wulf s’arrêta. Non de peur bien que celle-ci avait grandit en lui, la peur d’être jugé indigne par les guerriers qui l’entourait, la peur de mourir de manière déshonorante pour lui et pour ses ancêtres, mais ce n’était pas la peur qui l’avait fait s’arrêter mais une odeur, une odeur bien vivante. Se retournant, il eut à peine le temps de voir une ombre s’évanouir. Sans réfléchir le moins du monde, Wulf se lança à sa poursuite. Courant entre les ruelles, suivant l’odeur ténue de la vie qu’il avait perçut (et sans ses sens pour suivre cette piste, il aurait probablement été incapable d’égaliser la vitesse de sa cible). Finalement, il la rattrapa sur le chemin de ronde, le possesseur de cette ombre l’attendant au sommet de l’une des tours. Il s’agissait d’un individu approchant de la cinquantaine, le visage encadrés d’une barbe broussailleuse, mais malgré son âge il ne semblait nullement diminuer physiquement. S’il se doutait déjà de l’identité de celui qui lui faisait face, Wulf en fut sûr en sentant la puissance du Harm de ce dernier. Il s’agissait du guerrier légendaire, l’unique survivant de la génération de la guerre contre les chevaliers d’Athéna : Bud d’Alcor.
avatar
En ligne
WulfFléau de l'Ulfark | Modérateur
Fléau de l'Ulfark | Modérateur

Date d'inscription : 31/01/2014
Nombre de messages : 931
Age : 25

Revenir en haut Aller en bas
13.01.19 17:47
Pendant un long moment, les deux guerriers se jaugèrent du regard, tout deux tentant d’estimer la puissance de celui qui lui faisait face. Autour d’eux, l’ambiance irréel dans laquelle baignait Sovngard reprenait ses droits. Une certaine tension s’imposait dans l’air car les deux guerriers étaient puissants et une confrontation entre les deux ferait sans aucun doute des dégâts, la question était : est-ce qu’ils en arriveraient là ? Tout deux étaient des prédateurs, cela pouvait se percevoir dans leur attitude et dans leur aura, bien que n’étant pas dans le même style, ils étaient tous deux des êtres dont il ne valait mieux ne pas être la proie. Finalement, il ne fut pas nécessaire qu’un affrontement détermine lequel des deux était l’alpha, le guerrier-fauve finit par faire de lui-même acte de soumission en retirant son heaume et en mettant un genou à terre devant son ainé. Le geste avait une forte signification car dans la culture Asgardienne, il n’était pas d’usage de s’agenouiller face à une personne d’un rang plus élevé… seulement face à ceux envers qui ils éprouvaient le plus profond respect pour leurs accomplissements. Son interlocuteur resta encore silencieux un instant avant de prendre la parole, aucune émotion ne transparaissant sur son visage ou dans ses paroles.

- Cela faisait longtemps qu’aucun guerrier divin est venu me trouver, mais ma réponse sera pour toi la même que pour tout les autres. Je n’ai pas l’attention de prendre un apprenti. Tu peux retourner d’où tu viens.
- Je ne viens pas ici à la recherche d’un mentor, mais à la recherche de conseils auprès d’un vétérans. Notre confrérie n’a jamais été si affaibli depuis la guerre contre Athéna, celle dont tu es toi-même un vétéran. Notre peuple, nos terres, le Père de Tout et son représentant ont besoin de tous les guerriers disponibles et ceux-ci ne peuvent plus se permettre la moindre faiblesse.

Wulf dévisageait son interlocuteur, lui montrant qu’il ne le craignait pas. La folie qui l’habitait était complètement visible dans son regard, cette lueur intense qui habitait tout les guerriers-fauves et qui dévoilait leur inextinguible soif de sang et combat. Son interlocuteur pouvait comprendre sa vraie nature car Wulf ne faisait rien pour la cacher, portant sa peau d’ours, les tatouages apparents et son aspect plus bestiales qu’humain… le porteur de la Järnskinn de l’Ulfark n’avait probablement pas besoin de révéler sa nature pour qu’un œil avisé la devine.

- Et donc ? Qu’attends-tu de moi, Ulfhedin ?
- Je me suis éveillé à ma nature de Berserker en même temps que je suis devenu guerrier divin. J’ai toujours tenté de contenir ma rage pour ne la relâcher qu’au combat, mais une fois que je cède à la fureur sacrée, je suis autant une menace pour les nôtres que pour nos ennemis. Avant, je savais qu’il y avait toujours un frère d’arme capable de me contenir, mais je suis à présent l’un des derniers survivants des derniers conflits qui ont secoué nos terres. Les royaumes du nord ont trop souffert pour se permettre d’avoir un protecteur aussi instable que moi. Je viens donc chercher conseil auprès d’un guerrier de légende pour trouver un moyen qui pourrait me permettre d’accomplir mon devoir et de protéger notre peuple.

Une fois encore, l’ancien porteur de la Järnskinn de Zeta Prime resta silencieux. Le s’était tût, plus un seul son ne semblait émaner de cet endroit. Dans la brume qui les entourait, les deux guerriers d’Odin pouvaient sans problèmes percevoir les mouvements des esprits qui habitaient les lieux. Les nuages assombrissaient le ciel alors que la journée tirait à sa fin, bientôt viendrait l’heure où les habitants des lieux commenceraient à s’affronter les uns les autres. Tout était calme… jusqu’au moment où Bud bondit en hurlant vers Wulf, griffes aux claires. Sa vitesse était telle que l’Ulfark eut à peine le temps d’esquiver. Se relevant, Wulf grogna avant de se jeter à la rencontre, sans même remettre son casque. Pendant quelques secondes, l’affrontement entre les deux prédateurs eut bien lieu, bien qu’il s’agissait de deux prédateurs très différents l’un de l’autre, l’un était sauvagerie et puissance, l’autre était vivacité et geste soigneusement calculé, mais tous deux étaient incroyablement dangereux. Les coups s’échangèrent pendant quelques secondes, jusqu’à ce que les griffes de Bud se retrouvent sous la pomme d’adam de Wulf.

- C’est assez !!!!

À ces mots, Wulf arrêta son geste. Il n’avait pas encore cédé complètement à sa part bestiale et contrôlait ses gestes, mais la lueur dans son regard avait fortement crût en intensité, mais on pouvait voir que l’envie de voir couler le sang de l’ancien guerrier divin était toujours là. Lentement, Wulf commença à abandonner sa posture de combat de même que Bud.

- À chaque instant de cet affrontement, tu as lutté pour garder le contrôle de tes actes et ne pas céder à ta nature violente. Soit… je voulais voir si en cas d’affrontement tu saurais te contrôler ou si tu agirais selon ton instinct. Et si tu n'avais été qu'un simple fauve dans le corps d'un homme je t'aurai peut-être éliminer. Je ne sais pas si je pourrais t’aider pour ton problème, mais on peut toujours essayer. Cela se fera cependant à une condition. Pour la durée de ton séjour ici, tu devras abandonner ta Järnskinn.
avatar
En ligne
WulfFléau de l'Ulfark | Modérateur
Fléau de l'Ulfark | Modérateur

Date d'inscription : 31/01/2014
Nombre de messages : 931
Age : 25

Revenir en haut Aller en bas
14.01.19 9:10
Bien qu’il n’appréciât pas réellement l’idée d’abandonner sa protection, cela faisait tellement longtemps qu’il la considérait comme la principale chose démontrant qu’il n’était pas qu’un destructeur mais également un protecteur. D’une certaine manière, elle le protégeait autant de ses ennemis que de lui-même. Qu’il s’agisse de la Rune de Hrungnir ou de la Järnskinn de l’Ulfark, toute deux lui avait donné son statut de guerrier divin qui le définissait autant que sa nature de guerrier-fauve, son sens du devoir et ses instincts de prédateur, son honneur et la folie… voici les frontières sur lesquels il devait vivre en équilibre. Il accepta néanmoins de se soumettre à la demande de son ainé.

Celle-ci tenait d’ailleurs en partie pour des raisons pratiques, la part bestiale de Wulf le rendait instable et, si Bud possédait la puissance pour neutraliser Wulf si ce dernier disjonctait, celui-ci préférait éviter d’avoir à affronter un guerrier fauve qui disporserait en plus d’une Järnskinn pour le protéger. Le secret pour vaincre un guerrier-fauve était de le cogner suffisamment fort avant que sa fureur ne grandisse trop, et l’absence de protection pour Wulf rendait la chose possible. Concernant la manière pour permettre à Wulf de se calmer, la méthode que la légende vivante proposait était la suivante, confronter Wulf en permanence au chaos du combat. Sovngard était un lieu magique et solide, quant à ses habitants, ils étaient déjà morts.

Confronter Wulf continuellement à la fureur du combat forcerait peut-être Wulf à se contrôler, à apprivoiser sa bête intérieure ou à mieux réagir au chaos ambiant, Bud n’en savait rien en fait. À défaut, cela leur permettrait peut-être de mieux comprendre comment fonctionnait un guerrier-fauve, même si le phénomène qu’ils incarnaient était de l’ordre du surnaturelle. Wulf dût plusieurs fois affronter Bud au combat, des combats durant lequel l’ancien guerrier divin ne ménageait son opposant, faisant tout pour le pousser dans ses derniers retranchements. Wulf était loin d’être un mauvais combattant, mais son style de combat négligeait fortement la défense, il avait un style combat brutale, sans fioritures, mais dénué de subtilité. Bud pour sa part possédait un style rapide et précis, tirant partit de son agilité et de sa vitesse pour frapper dans les points faibles de son adversaire avec toute la force qui le caractérisait. Les deux styles étaient très agressifs, mais Bud était plus expérimenté et porté sur l’esquive. Wulf devait tenir le plus longtemps possible face à son adversaire sans faire appel au Wod, la fureur sacrée. Plus Bud le poussait dans ses derniers retranchements, plus cela était difficile, et cela était ajouter au fait que si Wulf appelait à lui sa Järnskinn ne serait-ce qu’une seul fois, Bud arrêterait tout.

Pendant les jours qui suivirent, Wulf prit raclée sur raclée. Son opposant prouvait ainsi qu’il était bien à la hauteur de sa légende. Immanquablement, Wulf finissait par céder à la rage, par se laisser inonder par sa soif de combat. Son horizon se noyait alors dans le sang et les flammes et la bête en lui se réveillait. À chaque fois, il se réveillait endoloris, au sol ou encastré dans un mur de la ville… bien que certaines fois, il pouvait se rendre compte que sa neutralisation ne se passait pas toujours sans mal.
avatar
En ligne
WulfFléau de l'Ulfark | Modérateur
Fléau de l'Ulfark | Modérateur

Date d'inscription : 31/01/2014
Nombre de messages : 931
Age : 25

Revenir en haut Aller en bas
14.01.19 12:22
Les combats contre Bud n’étaient pas les seules épreuves auquel Wulf était confronté. En effet, pour la durée de cet « expérience », Wulf et Bud séjourneraient en Sovngard jours et nuit. Aux combats avec Bud, se succédaient les nuits au milieu des affrontements entres les guerriers qui séjournaient en ces lieux. Toute la nuit, le chaos des combats étaient omniprésents, parfois même Wulf devait se battre face à ces adversaires… Bud quant à lui était prudemment éviter par les spectres de Sovngard. Pas à un moment, la paix ne régnait pour permettre à l’esprit de Wulf de se reposer.

Jours et nuit, Wulf se battait, tentant de résister le plus longtemps possible à sa fureur. Les rares fois où il pouvait se reposer était à l’aube, lorsque les combats de la nuit s’arrêtaient, et au crépuscule, quand ils n’avaient pas encore commencé. Dans ces moments, il tentait tant bien que mal de reconstituer son énergie. En vérité, la nuit n’était pas toujours annonciatrice de combat pour Wulf, mais il était baigné dans l’ambiance des batailles éternelles. Parfois, il devait affronter les guerriers de jadis, participant à leur « kriegspiel », leur jeu de guerre. Parfois, il devait seulement lutter contre sa partie bestiale qui désirait plus que tout autres participer aux affrontements. Quand il ne bondissait pas dans la mêlée en rugissant, il arrivait qu’un guerrier armé jusqu’aux dents faisait irruption pour tenter d’abattre l’Ulfark. Souvent, lorsqu’il cédait à la rage, cela finissait de la même manière que lors de ses duels contre Bud, ce dernier tirant parti de sa capacité à dissimuler son Hamr pour pouvoir neutraliser le fauve avant que sa fureur ne prenne trop d’ampleur.

Au bout de plusieurs jours, les choses n’évoluèrent guères. Wulf se montrait peut-être capable de résister un peu plus longtemps à ses pulsions de guerrier-fauves, mais il cédait toujours. Le jours, il se battait contre Bud, la nuit il baignait dans le conflit. Plus le temps s’écoulait, plus il avait du mal à récupérer. Wulf avait toujours été endurant, mais la constante pression à laquelle il était soumis commençait à avoir des conséquences. Son corps montrait les marques du grand nombre de défaites qu’il avait encaissé face à Bud, et son esprit agissait de manière de plus en plus automatique, il n’était même plus sûr d’avoir conscience de l’écoulement du temps.

Si au début, Bud resta assez distant de Wulf, il finit par se montrer plus « ouvert » au guerrier-fauve. Alors que le temps passait, il profitait des temps de pauses pour parfois donner quelques conseils à Wulf sur sa manière de se battre, notamment sur le fait que dans sa manière de se battre, on sentait le mélange des techniques de combats qu’il avait appris et surtout l’agressivité du fauve, qu’il soit soumis à sa fureur ou non, Wulf tentait toujours d’en priorité attaquer et comptait surtout sur sa capacité à encaisser pour se défendre. Vers la fin, il allait parfois moins fort dans les combats pour laisser le temps à Wulf d’un peu récupérer.
Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

La cité des guerriers