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AndréaSpectre de la Liche | Modérateur
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31.12.18 14:15
Assise à la table de la réunion hebdomadaire avec les officiels chinois, la Liche essayait de faire semblant de comprendre ce dont parlaient les Squelettes, élus et hauts fonctionnaires autour d'elle. Elle ne savait pas si elle arrivait vraiment à donner le change : ça pouvait encore aller lorsqu'il n'était question que de grandes orientations politiques mais elle avait beau réviser les dossiers à l'avance, dès qu'on abordait des sujets trop techniques, elle était larguée. Et pour cause, elle n'était qu'une gamine de 19 ans n'ayant même pas terminé le lycée ; quant aux connaissances de Kochtcheï – périmées et n'ayant le plus souvent rien à voir avec les subtilités de l'exercice gouvernemental – elles n'étaient pas d'un grand secours.

« Mais qu'est-ce que je fous là, j'ai pas signé pour ça moi... » songea-t-elle tandis que le maire et l'un de ses propres « conseillers » – une farce, c'étaient les Squelettes qui menaient la danse, l’Étoile Terrestre n'était là que pour symboliser l'onction de Thanatos apportée à ces pourparlers – se lançaient dans un échange concernant la réforme des taxes locales qui lui passait complètement au-dessus de la tête. Elle porta sa boisson à ses lèvres – l'un de ses rares réconforts, l'alcool ici était excellent et le thé ferait passer les plus grands blends anglais pour de la pisse de cheval – pour se donner une contenance, feignant de laisser les subalternes s'occuper des détails indignes de son attention.

« Techniquement tu n'as rien signé du tout. » répondit le parasite, comme si ce n'était pas de sa faute.

« Je sais, merci de me le rappeler... mais est-ce vraiment utile que je perde mon temps ici ? À ce stade je ne sais pas si ma présence apporte un surcroît de crédibilité aux Squelettes ou si à l'inverse elle la sape. » grommela la polonaise en tentant sans succès de déchiffrer le masque impassible des officiels qui lui faisaient face. « Ils sont trop polis pour le faire remarquer... »

« Et trop attachés à la vie. »

« Aussi. Bref, quelles que soient leurs raisons, ils n'osent pas le dire mais ils n'en pensent pas moins que je n'ai rien à faire là et que je ne suis pas qualifiée pour parler politique avec eux. Je ne peux pas vraiment leur donner tort, je pense moi-même que je serais plus à ma place au combat. En plus à force de me voir tout le temps, ça démystifie un peu leur image des Étoiles Maléfiques et ça donne une impression de faiblesse. »


Kochtcheï réfléchit quelques instants puis fut bien obligé de se ranger à son opinion : effectivement, avoir une Spectre stationnée à Beijing de manière semi-permanente pouvait donner l'impression que les infernaux craignaient leurs vassaux chinois et ne croyaient pas la piétaille capable de les surveiller toute seule. Si encore la jeune fille avait eu quelque chose à apporter à leurs discussions ce ne serait pas un problème mais voilà, ce n'était pas le cas.

« Très bien, les taxes des entreprises les plus polluantes pourront être majorées de jusqu'à 10% au titre de la fiscalité écologique. » nota le représentant municipal du Parti, mettant fin à l'échange qui se déroulait en même temps que la complainte mentale de la Liche. « Je propose que nous fassions une pause, mais avant cela j'aurais un... problème à porter à l'attention de mademoiselle Andréa. »
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12.01.19 12:20
« Je vous écoute. » fit-elle sans donner signe qu'elle avait laissé son attention dériver tout du long de la réunion et ne remettait les pieds sur Terre que parce qu'on avait enfin pris la peine de lui adresser directement la parole. C'était inespéré : il était rare qu'on l'implique dans la conversation autrement que par courtoisie et respect du Dieu qu'elle représentait, alors s'entendre dire pour une fois qu'on avait besoin d'elle...

« Vous vous souvenez des tournois d'arts martiaux clandestins de la famille Shao ? »

Évidemment qu'elle s'en souvenait, même s'il ne s'agissait pour elle que de quelque chose d'anecdotique (en dépit des sommes impliquées lors de paris illégaux sur ces matchs qui l'étaient tout autant). Ces pathétiques spectacles de gladiateurs modernes pour gros tas de fric en mal de sensations prouvaient – s'il en était encore besoin – qu'en matière de divertissements les goûts de la soi-disant élite étaient tout aussi vulgaires que ceux de la plèbe, voire même davantage.

« Nous l'avions autorisé à continuer du moment que la participation reste strictement volontaire et que la violence baisse d'un cran, oui. Tous ces morts et ces mutilés, ça faisait désordre. Quel est le problème ? »

« Nos services nous ont averti qu'un nouvel arrivant avait commencé à lui faire de la concurrence... en organisant des combats d'éveillés. »

Par réflexe mal maîtrisé, les officiels avaient reculé leurs chaises de manière presque imperceptible ; le malaise était palpable même sous leur masque d'impassibilité. Excellent, ça voulait au moins dire qu'ils craignaient toujours ses pouvoirs même s'ils ne lui accordaient aucun crédit pour le reste. La façade se fissura et deux d'entre eux déglutirent nerveusement lorsque la Liche les gratifia d'un sourire radieux.

« Je vois. Nous allons devoir sévir. » annonça-t-elle d'une voix onctueuse. « J'aurais besoin de détails. Premièrement, qui d'autre est au courant ? »

Voyant que l'ire de la Spectre ne semblait pas prête à s'abattre sur leurs têtes, malgré les filaments de miasme filtrant entre ses doigts pour corroder la surface de la table, ils se mirent immédiatement à tout déballer.

« Seulement le chef de la police, les officiers ayant participé à l'investigation ainsi que quelques responsables militaires et bien sûr, les clients de l'opération. »

« Faites en sorte que l'information ne se propage pas plus loin si ce n'est pas déjà fait. Deuxièmement, savez-vous à quel niveau sont ces éveillés et surtout s'ils sont forcés de combattre ou s'ils servent de leur plein gré ? »

« Aucune idée, ce qui explique que la police et l'armée soient réticentes à l'idée de risquer la vie de leurs hommes. »

Effectivement, elle aurait fait pareil à leur place : en nombre suffisant, des hommes bien entraînés et équipés d'armes modernes pouvaient triompher d'éveillés de bas niveau ; en revanche, un simple chevalier de Bronze n'aurait aucun mal à massacrer des centaines de soldats avant d'être neutralisé. Il était donc vital pour les autorités de savoir à quoi elles avaient affaire, surtout lorsqu'elles essayaient d'être discrète et qu'elles n'étaient pas certaines du côté duquel ces éveillés se battraient. Heureusement, leurs suzerains infernaux ne les laisseraient pas tomber et disposaient d'une puissance de feu plus appropriée à ce genre d'affrontements.

« D'accord. Nous devons agir rapidement, je m'occuperai moi-même de démanteler l'opération. Je suppose que vous savez déjà ce que vos forces ont à faire de leur côté ? »

« Identifier et interpeller les clients et autres complices pour un petit débriefing façon services secrets ? »

« Exactement. »
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19.01.19 22:12
Quelques heures plus tard, la Liche était prête à mener son opération coup de poing. Les combats clandestins avaient lieu dans l'une des zones industrielles ceinturant la capitale chinoise, dans les entrailles d'un entrepôt souterrain ayant autrefois appartenu à un contrebandier d'envergure. À ce qu'on lui avait rapporté, les lieux avaient été réaménagés pour en faire un colisée des plus luxueux avec bar, restaurant, piscine, escort-girls... un faste qui devait servir à faire oublier au client l'indignité consistant à devoir s'y rendre autrement qu'en limousine ou voiture de sport. Les moyens de transport habituels des plus fortunés se remarqueraient trop au milieu des usines et des unités de stockage.

La polonaise avait déjà envoyé ses Fées en reconnaissance, lui donnant une assez bonne idée du niveau de sécurité du complexe : rien de ce que ses éclaireuses lui avaient rapporté n'était suffisant pour l'inquiéter. Quant aux auras en provenance de l'endroit, elles n'étaient même pas dignes de celles d'un chevalier de Bronze. Pas question de forcer l'entrée cependant : elle ne voulait pas risquer de donner l'alerte trop tôt au cas où l'une de ses cibles parviendrait à s'enfuir. Et puis les chances qu'un de ces éveillés dissimule une puissance plus importante que prévu étaient faibles, pas inexistantes ; même si elle avait du mal à concevoir qu'un utilisateur de cosmos assez fort pour s'opposer à elle puisse s'abaisser à prendre part à ce genre d'activités, mieux valait être prudente. Les Enfers avaient trop souvent péché d'arrogance par le passé et ces excès de confiance leur avaient coûté très cher – trop cher.

Trois fourgons banalisés s'arrêtèrent à quelques mètres d'elle. Deux d'entre eux renfermaient un commando d'élite de la police locale, chargé d'assurer ses arrières et d'encercler le périmètre ; quant au dernier, il lui amenait son ticket d'entrée. Les Squelettes qu'il contenait sortirent en compagnie d'un quinquagénaire – un richissime homme d'affaires occidental d'après ce qu'on lui avait dit – dont les habits devaient valoir à eux seuls l'équivalent de plusieurs années du salaire de ses parents. Ils le poussèrent sans ménagement en direction de la jeune fille pomponnée et revêtue de sa propre robe de soirée, et elle ne cacha pas son mécontentement en voyant la mine hagarde et apeurée de celui qui devait lui servir de sésame.

« Je vous conseille de vous calmer très vite, votre vie en dépend. » l'avertit-elle. « S'ils se doutent de quoi que ce soit, je me servirai de vous comme bouclier humain quand les balles commenceront à voler, compris ? »

« Com... compris, mademoiselle. » bredouilla l'homme en sortant un mouchoir de sa poche pour s'éponger le front. C'était mal parti, ils n'auraient pas pu lui trouver mieux ?

« Anya. Je suis censée être votre nièce pourrie-gâtée, rappelez-vous. »

« Ou-oui, tout à fait made... très chère nièce. »

« N'en faites pas trop non plus, le prénom suffira. » coupa-t-elle sèchement avant qu'il ne se remette à s'emmêler les pinceaux.

Le plan était très simple... en théorie : puisque la rumeur de l'existence du « club » ne se transmettait que par le bouche à oreille et que l'entrée se faisait exclusivement par cooptation – ce qui expliquait qu'ils n'aient pas découvert son existence plus tôt –, ils se serviraient d'un des clients capturés lors d'un coup de filet préliminaire à la descente en règle pour leur ouvrir la porte. Ils avaient réussi à en dénicher un qui avait une nièce à l'âge et surtout au physique relativement proches de ceux de la Spectre – même s'il avait fallu copieusement tricher pour renforcer la ressemblance –, sauf qu'elle doutait sérieusement de ses talents d'acteur. Hélas, ils devaient agir vite : leurs cibles finiraient bien par se rendre compte que quelque chose n'allait pas, les infernaux n'avaient pas le temps de parfaire tous les détails.

« C'est bon, ça y est ? »

« Oui, nous pouvons y aller. »

Il avait fallu cinq bonnes minutes pour que son « oncle adoré » arrive enfin à avoir l'air à peu près à l'aise. Pas entièrement, mais ils pouvaient toujours faire passer ça pour le stress d'une longue journée de travail. Ils furent obligés de le pousser derechef pour qu'il se remémore ses manières et offre son bras à une Liche de plus en plus impatiente... et davantage encore pour qu'il arrête de sursauter à chaque fois qu'elle le touchait ou lui adressait la parole. De là, le duo fit route vers les gorilles montant la garde devant la porte de l'entrepôt. Son compagnon – Vitaly Stepanov, elle ferait mieux de s'en souvenir – montra patte blanche puis les vigiles les laissèrent passer après une courte série de questions. Elle était dans la place.
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[FB] La critique est aisée mais l'art est difficile