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[Frontline] Des souris et des hommes 201195horloge218.01.19 2:20
Un doux son de piano me tire de mon sommeil et je prends une grande inspiration en m’étirant, sans ouvrir les yeux tout de suite. C’est le temps de parier sur ce que je verrai à mon réveil, un simple docteur, un supérieur, ou… autre chose. D’autres Manifestations, bien différentes de Beth, ont été mises au travail pour superviser ma guérison, en particulier le processus de désintoxication après une surconsommation des drogues de combat. C’est la dernière chose à faire, avant de me renvoyer avec les autres. De quoi changer le mal de place… Il en a fallu, de la thérapie, après m’être réveillée dans la même pièce qu’un blob géant nauséabond.
Mais pas cette fois. À mon chevet se trouve plutôt un énorme papillon, qui pourrait facilement passer pour une statue pour quelqu’un qui ne l’a jamais vu avant. Mais je n’ai pas cette ignorance. Dès qu’il me sent réveillée, l’insecte commence à agiter paresseusement les ailes et bouger lentement ses antennes, comme un vrai papillon le ferait. Je retire mon casque d’écoute et tend le bras en sa direction.

-Salut Dalet.

La Manifestation vient se poser sur mon poignet et je la sens se mettre au travail, changeant quelque chose dans mon corps sans pouvoir vraiment comprendre ce qu’elle fait. Quelqu’un me l’a déjà expliqué, une histoire de manipulation à l’échelle moléculaire pour influencer de plus grands événements, mais je ne sais pas si c’est vraiment ce que je ressens. Mais elle a définitivement changé quelque chose. Finis les insomnies et les sautes d’humeur, les douleurs et les crises, et je peux même approcher d’autres patients sans essayer de leur voler leurs sédatifs ou autres sérums dans l’espoir de me sentir mieux. Finis les cauchemars, aussi. Un véritable fléau depuis le désastre qu’a été Goma, et je n’ai pas été une exception. De ce côté, les choses ne se sont vraiment améliorées que lorsque j’ai reçu un lecteur de musique, gracieuseté de Théo, qui a apparemment réussi à prendre de mes nouvelles et à envoyer quelques cadeaux. Je ne suis même pas certaine depuis combien de temps je suis ici…

Dalet semble avoir terminé et vole vers la sortie, me laissant seule. Je suppose que le mieux à faire est maintenant d’attendre un entraînement de groupe, ou de partir à la recherche de nourriture, mais dès que je sors du lit, une autre équipe d’infirmiers entre en trombe avec une civière et je dois rapidement m’écarter pour ne pas être happée.

-Hé!

Mais les infirmiers m’accordent à peine un regard alors qu’ils entreprennent de transférer leur patient sur le deuxième lit de la chambre rajouté après que les patients aient commencé à affluer sur le site, et ce n’est que là que je reconnais la carrure de mon nouveau compagnon…

-Roth? ROTH?!

-Il risque pas de vous entendre. Il va continuer sa réhabilitation ici. Vous pouvez garder un œil sur lui? Apparemment il est du genre anxieux, s’il pouvait voir un visage familier au réveil ce serait l’idéal.

-Mais…

-Vous êtes Marchesi, non? La gamine de Goma? C’était cool, ce que vous avez fait, le coup de poing dans le fouet de métal, et la bataille contre Yakub…

-Oh. Euh… merci, je— HÉ!

Profitant de mon soudain embarras, les infirmiers prennent la fuite, me laissant seule avec Alastor. Connaissant FIRMAMENT, ils l’ont soit dosé à la minute près, soit il ne se réveillera que dans quatre heures au cas où… Mais il semble bien aller. Quand on oublie les bandages et le teint pâle, sa respiration est lente et régulière sans aucune aide, mais impossible de savoir s’il se relèvera vraiment de toutes ses mésaventures. Pas juste physiquement, il est tellement fragile…

Je m’approche doucement du colosse, retenant mes tremblements, et glisse ma main dans la sienne. Il n’y a personne d’autres, juste moi, et même si je ne sais pas trop comment faire, je me souviens trop bien de ce qui arrive quand on se retrouve seul après ce genre d’expérience. Je ne peux pas le laisser tomber.

-C’est juste nous deux. Je vais faire de mon mieux…
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[Frontline] Des souris et des hommes 201195horloge225.01.19 3:33
Le pire n'est pas que d'avoir le livre de Théo à lire -qui n'est pas mauvais, même si les auteurs qui cherchent constamment à inventer de nouveaux mots sont loin d'être mes préférés- en attendant le réveil de mon collègue, ni même de devoir le lire le plus lentement possible pour bien jouer mon rôle devant les caméras qui m'épient, mais tout simplement l'attente interminable et de savoir que je pourrais faire autre chose, n'importe quoi, plutôt que de rester ici à ne rien faire. Je pourrais sortir, me dégourdir les jambes juste pour quelques minutes, mais ce serait laisser mon collègue seul et risquer qu'il se réveille quand je ne suis pas là. Ça pourrait être pire, et je ne serais pas loin, mais le souvenir de mes propres passages dans un lit d'hôpital me cloue sur place. La solitude et le silence constant, la distance et l'inconnu… Retenant un soupir, je m'éloigne du lit d'Alastor et commence à faire les cent pas dans la pièce, à la recherche d’autres choses à faire. Si seulement on pouvait avoir une fenêtre…

-Marchesi…?

Je me retourne dans un sursaut pour voir le colosse aux yeux entrouverts, dont la voix est tellement faible que ce n'est que par chance que je l'ai entendu. Tout de suite, je me précipite à son chevet, incapable de me forcer à sourire pour le rassurer.

-C'est moi. Comment tu te sens?

-Bien, je… je crois. Je veux dire, je sens, maintenant, mais c'est… bizarre.

Est-ce qu’il a été gardé sous sédation depuis Goma? Si c'est le cas, pas étonnant qu'il se sente ankylosé, mais sa paralysie a été si courte qu'il devrait s'en remettre facilement. Et pourtant, Roth reste immobile.

-Et toi? Et… les autres! Est-ce qu'ils sont…

-En vie. Tout le monde va bien.

Le géant referme les yeux et soupire de soulagement, et je déglutis pour chasser la boule de remord qui commence à se former au creux de ma gorge. Des jours passés à se morfondre de l'échec de la mission, et lui sa priorité au réveil c'est de s'assurer que tout le monde va bien… Même si je n'ai qu'une vague idée des états d'âmes de mes collègues, quand je demande des nouvelles aux supérieurs de la base, ce ne sont pas les lourdes pertes qui les tracassent le plus.

Avec une grimace, je lève une main couverte de minuscules cicatrices et replie les doigts lentement jusqu'à ne garder mon pouce levé. L'opération s'est bien passée, et la réhabilitation touche à sa fin, avec les bons exercices je retrouverai toute ma mobilité sous peu.

-Qu'est-ce qui t'es arrivé ?!

-Yakub. Fouet de métal. Paf.

-Oh. Bien sûr. Tu arrêtes des fouets cosmiques avec tes poings.

Je hausse les épaules avec indifférence, et le colosse pouffe de rire. Qu'il attende de voir ce que j'ai fais d'autre pendant le combat, il ne saura plus où de donner la tête. Mais soudainement son sourire se fige et ses épaules s'affaissent.

-Beth?

Dans un étrange réflexe, je me saisis de sa main, et sursaute en constatant à quel point sa peau est froide. Il ne sait pas, il n'a aucune idée de ce qui est arrivé, il a fini estropié pour protéger un robot et il n'en a rien vu. Les explications que nous avons reçues sont secrètes, je ne sais même pas si j'ai le droit de lui en parler, mais même en sachant qu'il mérite de savoir autant que nous, est-ce vraiment le bon moment pour lui dire? J'opte donc pour la réponse sécuritaire.

-Bien aussi.

Mais le ton manque de conviction, les quelques mots viennent un peu trop tard pour être rassurants.

-J'ai été inutile… Je devais la protéger, je devais me battre avec vous, c'est le seul truc que je sais faire et…

-Tu t'es battu. Tu nous as tous protégé.

-Protégé du petit personnel, oui! Y avait des monstres, des vrais de vrais monstres, ils m'ont fait ça et vous avez très bien continué sans moi…

-Pas le choix.

Je sais ce qu'il veut dire, mais on ne pouvait pas s'effondrer devant nos ennemis simplement parce qu'il nous manquait un combattant, peu importe qui ça aurait pu être. Mais je ne peux pas le laisser avec cette seule réponse comme consolation, je sais que ce n’est pas assez. Il suffit de trouver les bons mots, peut-être pas pour lui faire penser que tout s’est bien passé à Goma, mais au moins pour le motiver à faire mieux.

-Vu beaucoup de soldats. Beaucoup de monstres. Beaucoup qui fuient... pas tout le monde qui se bat. Mais tout le monde tombe, un jour.

Bon sang, de quoi je parle? Dans un sursaut d’impatience, je bondis sur mes pieds et tire sur le bras de mon collègue pour le forcer à se lever, sans succès.

-Maintenant, tu peux rester à terre, ou te relever.

-Je ne peux pas.

Le géant couine quand je serre sa main avec plus de force, les lèvres pincées par le déplaisir. Merde, pourquoi il ne peut juste pas essayer? Mais devant sa peur, je fais de mon mieux pour me calmer, je prends de grandes inspirations pour me reprendre. Il peut au moins essayer... Et Alastor profite de cette distraction pour s’éloigner un peu, ne réalisant qu’à moitié qu’il peut bouger sans problème avec la bonne motivation. À ça, je ne peux que lui offrir un sourire attristé.

-Tu peux. Un pas à la fois.

D’un mouvement tranquille, je fais signe à la caméra dans la chambre, quelqu’un devrait pouvoir nous apporter une chaise roulante, je ne l’imagine pas assez brave pour marcher bien longtemps. Mais, je l’espère, juste assez pour se découvrir la force de se relever pour de vrai.

-Un pas à la fois, et tout vers l’avenir.
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[Frontline] Des souris et des hommes 201195horloge207.02.19 3:38
-Hé, Marchesi... c'est pas ton pote le Toréador ça?

-Uh-huh.

-Bordel, il est encore plus grand en vrai. Le pauvre, il a l'air épuisé... J'ai vu ce qui est arrivé, depuis combien de temps il est en réhabilitation?

-Cinq minutes.

Et encore, je me sens généreuse. Dès qu'il a mit les mains sur la rampe de métal, ces dernières se sont faites moites et tremblantes et il a passé près de perdre l'équilibre, mais son "formateur" ne lui a pas accordé cette pitié et l'a forcé à rester debout. Les premiers pas sont difficiles, Roth s'obstine à vouloir se hisser sur la rampe avec ses bras pour avancer, ce qui explique pourquoi il fatigue aussi rapidement, mais petit à petit, il ose mettre un peu plus de poids sur ses jambes et faire confiance à son propre corps. La barrière, si on doit appeler ça comme ça, est plus psychologique qu'elle n'est physique, la dernière chose dont il se souvient de Goma c'est de ne plus ressentir quoi que ce soit. Ça n'empêche pas certains patients de râler ou de se moquer, car d'autres agents ont eu des blessures bien pires dont ils ne pouvaient même pas espérer se relever, et à chaque fois ça me prend toute ma détermination pour ne pas leur faire payer chèrement leurs mots. Roth est tellement fragile, et il a été la première victime d'une chose dont la plupart des agents n'avaient même pas connaissance. Et que dire de ce qui est venu après... Mais malgré toute les médisances qui peuvent se dire dans son dos, Alastor reçoit l'aide, mais aussi la discipline dont il a besoin pour se rétablir et, espérons-le, ressortir plus fort de cette expérience.

Je sais que la seule façon d'aider Roth, c'est de décortiquer les pires moments de mon existence pour y trouver ce qui n'a pas marché, là où le peu d'aide que j'ai reçu a failli, et ce que je devrais faire pour que ça n'arrive pas... Ne pas le laisser seul, c'est le plus évident, mais sans le prendre par la main non plus, il reste un soldat, l'aider à faire la paix avec ses propres peurs, et lui parler, lui donner des réponses... Des réponses que je n'ai pas toujours. Qui viennent quelques secondes trop tard, d'un ton trop incertain, ou détaché. Et quand j'en ai, je n'ose pas lui dire. C'est la partie que je ne sais pas encore comment gérer. Si seulement Ben était là...

En prenant une grande inspiration, je reporte mon attention sur mon propre exercice, une sorte de gant avec un élastique pour chaque doigt qui n'est pas sans rappeler une machine de torture. Et quand je l'ai enfilé pour la première fois, ce n'était pas loin de la vérité... Mais aujourd'hui, mes muscles ont presque retrouvés toute leur souplesse, et je me fais une joie de le montrer quand le responsable me demande d'effectuer des enchaînements de signes complexes, qui consistent apparemment en l'alphabet du langage des signes. Intéressant.

-Combien de temps?

-S'il arrête pas de pleurnicher? Trop.

-Hé!

Mais plutôt que de le défendre, ou même de lui offrir de la pitié, je prends mon courage à deux mains et lance plutôt un regard de défi à Roth, dans l'espoir que ça le motivera à prouver par lui-même qu'il peut y arriver. Vu l'air béat qu'il me renvoie, je commence à paniquer et à tenter de trouver une façon de rattraper la situation —Il s'est mérité un surnom, lui, ce serait triste que tout ce que les gens retiennent de lui c'est qu'il est un peu froussard— quand une clameur s'élève dans un autre coin de la pièce, là où d'autres agents ce sont amassés autour d'une petite télévision constamment réglée sur une chaîne de nouvelles quelconques. Que certains d'entre nous s'indignent d'un événement dans le monde —ou pire, se moquent— n'est pas nouveau, mais c'est la première fois que ça cause un tel débat... Avec la permission de mon formateur, je m'approche pour écouter de quoi il s'agit, mais la vidéo diffuse maintenant une série de vidéos choquantes qui désintéressent bien vite les autres mercenaires, qui ne sont que peu impressionnés par cette tentative de rendre le message encore plus poignant. Et vu leur réaction, il n'y avait pas besoin d'essayer.

-Bande de débiles. Sauvegarder l'humanité en envoyant des civils chercher à leur place, c'est fort.

-Personne sera assez con pour partir à sa recherche, même pour une récompense.

-Tu te souviens de la niveau 2 de Cité-Soleil? Celle qui a attaqué nos deux soldats les plus forts en étant persuadée qu'elle allait gagner? Combien tu penses qu'il y en a des comme elle dans le monde? C'est soit tout ces idiots se font jeter dans la gueule du loup, et tu peux être sûr que ça ils en parleront pas à la télé, soit personne trouve le type et ils passent tous pour des cons.

-Ou le gars accepte le défi.

-S'il a une once d'intelligence il le fera pas... Ah, ils le repassent! Tiens Marchesi, mate ça, tu devrais aimer. Nos grands amis les Saints ont commencé une chasse à l'homme!

L'agent me pousse devant lui pour me laisser la place de choix devant la télévision, la seule façon dont je peux voir l'écran vu ma taille, et recule pour me laisser admirer le spectacle en paix. Et quel spectacle. Une attaque lancée comme ça, suivie de la dénonciation et la contre-attaque, tout ça pour la protection des innocents et de leur réputation, car qui serait assez maléfique pour s'en prendre aux plus grands défenseurs de notre monde? Ils peuvent bien se croire...
Mais je sais qu'ils n'en font rien. Le brouillard de colère pure a beau se lever autour de moi, obstruer ma vision et m'emprisonner dans sa chaleur, j'entends chaque mot, chaque mensonge de cet odieux message qui ne fait que retourner le couteau dans une plaie qui n'était déjà pas prête de se refermer.

Un des agents m’assène un coup de poing amical sur l’épaule. Je serre les poings avec assez de force pour que mes ongles s’enfoncent dans ma chair.

-Tu m’excuseras petite, mais j’ai plus envie de savoir ce qu’ils ont fait pour sauver le monde que comment ils sont pas capable de surveiller leurs petits enfants soldats…

Dans une explosion de cosmos, la télévision explose et s’écrase sur le sol dans un grand fracas. Le mercenaire recule en sentant le danger, mais pas assez rapidement pour éviter le coup de poing qui l’envoie valser à l’autre bout de la pièce. Alors que le ton commençait à monter autour de nous, les conversations se taisent bien assez vite et les autres agents s’éloignent bien vite alors que j’attrape la table la plus proche pour la fracasser contre le mur.

-ILS MENTENT! ILS S’EN FICHENT, ILS NE PROTÈGENT PERSONNE!

-Éloignez-vous, vite!

Rapidement, il n’y a que moi, en train de détruire ce qu’il reste de la télé sans me préoccuper des éclats de verre et de cuivre coincés sous ma peau. Je m’attends à recevoir un choc électrique, une bonne dose d’un quelconque poison pour me forcer à me calmer, mais à ma grande surprise rien ne vient. Ce n’est que cette petite reprise de contact avec la réalité qui m’empêche d’oublier mon devoir et de déchaîner toute ma puissance sous la forme d’une vague d’aiguilles, mais pas assez pour empêcher mon cosmos de se résorber complètement. Mon poing traverse la carcasse électronique et fait trembler toute la salle, jusqu’à en faire clignoter les lumières. Mais personne n’intervient. Je continue de frapper, de hurler, et ils se contentent tous de regarder. Après tout, qu’est-ce que ça change?

-Marchesi…?

J’entends à peine la petite voix étouffée de Roth, qui a perdu l’équilibre au moment de battre en retraite et qui observe de bien trop près à son goût toute la scène. Je sais qu’il est là, qu’il n’aime pas ce qu’il voit, qu’il tente d’avoir pitié mais qu’il ne comprend pas.
Mais je n’ai plus de pitié pour ça. J’ai passé ma vie entourée de gens qui ne comprenaient pas.

-EYAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAARH!

Ma main me démange, les os à peine remis de leurs récentes fractures semblent aussi être faits de verre, et je la serre contre moi alors que je me relève pour me diriger en trombe vers la sortie. Si personne n’agira, si je dois être la seule à voir qu’il faut faire quelque chose, soit! Mais ils ne s’en sortiront pas comme ça! Je ne les laisserai pas s’en sortir…

La porte s’ouvre. Personne ne tente de m’arrêter. Je choisis un corridor au hasard, continue ma course, et mon errance, mais plus aucune porte ne s’ouvre. J’ai beau continuer d’avancer, je finis par tourner en rond, et ce couloir qui me semblait d’abord interminable finit par se refermer sur moi comme un étau. Bientôt, je ne sais même plus où je suis, et je me laisse tomber à genoux en regardant droit devant moi, incapable de faire autre chose. Ils n’ont même pas besoin d’essayer de m’arrêter… je ne peux même pas sortir d’ici.
Et ce n’est que lorsque qu’ils savent que je ne résisterai plus qu’ils viennent me chercher.
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[Frontline] Des souris et des hommes 201195horloge209.03.19 3:57
Mes yeux glissent sans résistance sur les mots, sans qu'aucun ne retienne mon attention, et ce n'est que lorsque je viens pour tourner la page que je réalise que je n'ai rien retenu de ce que j'essaye de lire. Je referme le livre dans un claquement sec avant de le lancer sur la table, où il passe près de faire tomber le baladeur de Théo qui a subi le même traitement il y a à peine quelques minutes. Et avant ça, c'étaient les poids de la salle d'entraînements, et avant ça un bureau où étaient posés papier et crayon, et avant ça une télévision qui répétait ses mensonges en boucle...
Je n'aime pas ce calme après la tempête. Pourquoi me demander de mettre des mots sur "ce que j'ai ressenti", pourquoi penser que ça ira mieux après m'avoir enfermée avec des exercices lents et mécanique pour me "défouler"? Après ce que j'ai entendu, ma colère était une libération, un bref rappel de ce que je suis capable de faire et du véritable pouvoir que j'ai contre ceux qui ont le malheur de la déclencher. FIRMAMENT ne peut pas comprendre ça ; après tout, que peuvent-ils faire à part constater leur propre faiblesse?
Je ne suis pas ça. Mais m'en souvenir ne rend pas ma tâche plus facile... Et voir mon gigantesque collègue au seuil de la porte, terrifié à l'idée d'approcher non plus. N'est-ce pas le privilège des Dieux que de se retrouver face à cette peur chez les humains, guettant leurs moindres gestes en espérant en sortir vivant —ou au moins pas trop amoché? Un Spectre en service depuis longtemps devrait s'y retrouver... mais pas moi, car à peine quelques secondes après avoir aperçu Roth, la honte me submerge. Le pauvre, il n'a rien demandé...

-Je suis calme.

Il n'en croit pas un mot. Il semble même prêt à perdre connaissance quand je lève mes mains en signe de soumission, s'attendant peut-être à ce que je l'attaque, mais il ne s'avance toujours pas. Encore une fois, il me devient difficile de bien jouer mon rôle tant j'aimerais pouvoir lui expliquer un peu mieux ce qui vient de se passer.

-Voulais pas te faire peur. Perdu le contrôle, mais c'est fini. Je te ferai pas mal.

-Si tu le dis...

Mes épaules s'affaissent devant mon propre échec à le mettre en confiance. Qu'est-ce que je dois dire de plus? Je m'étais promise d'être là pour lui et voilà qu'on se retrouve à la case départ, sans notre bon docteur pour nous remettre sur la bonne voie. Comment me rattraper? Pourquoi je souhaite encore me rattraper, alors que je m'ennuie de la puissance destructrice qui accompagne ma rage comme on s'ennuie d'un vieil ami?
Peut-être parce que j'en ai un ami, juste devant moi. Et je ne suis plus sûre de ce qui importe le plus entre les deux.

-Si Ben nous voyait...

Je force un sourire embarrassé et le colosse pouffe à son tour, sans doute en se remémorant nos toutes premières interactions. C'est qu'on en a fait, du chemin, depuis ce temps-là... sauf quand on revient à la case départ. Et soudainement, l'envie me prend de lui dire la vérité. Pas sur moi, l'autre, que je n'ai pas encore osé lui dire, ce qui est vraiment arrivé à Goma.

-Ben ne va pas très bien. Après ce qui t'es arrivé, et à moi, il pense qu'il s'est planté, lui aussi. Et Beth...

-Beth?

Une grande inspiration, une dernière. Il suffit de le dire...

-Beth n'est pas humaine. C'est une sorte de projection.

-Comme une illusion?

-Comme les monstres. Créée avec la même technologie.

C'était l'explication de trop. Je fonce vers Roth en le voyant s'effondrer, son visage figé dans une expression de stupeur totale, et l’attrape par les épaules pour le forcer à se remettre sur ses pieds.

-Non. Debout! Mal choisi mes mots, c’est pas pareil, elle… moins de gens, pas de souffrances… des volontaires… Pour aider.

-Aider?! Merde, en quoi est-ce que ça aide?!

-Nous a sauvé la vie.

Le géant garde un silence coupable, et je sens la colère qu’il se force à réprimer, de peur que ça ne serve à rien. Parce que c’est bien là la valeur de nos états d’âme, selon les Agences : du rien, juste une nuisance qui ne nous permettent pas d’atteindre notre plein potentiel. Et ce qui fait la différence entre nous et les abominations que FIRMAMENT s’amuse à créer. Leur marionnette a beau être plus efficace, si la main qui la contrôle ne change pas…
Peut-être est-il temps de se faire entendre à ce sujet.

-Rien aidé. Juste une autre arme de destruction massive, tentent de nous faire croire qu’ils feront mieux. Mais les chefs en savent pas plus que nous, donc ils peuvent juste espérer que ce sera ça. Mais ils pourraient raser dix autres Goma et on le saurait jamais.

-… Et qu’est-ce qu’on est censés faire?

-Comme a dit Théo. On les laisse plus nous prendre pour des caves.

Les Agences ont besoin de nous, bien plus qu’ils ne veulent bien l’admettre. Il suffit de repenser à tout ce qui a été déployé à Goma pour me garder en vie, leur niveau 3 la plus puissance, pour le comprendre. Non seulement ils ne peuvent plus se permettre de se passer de nous, ils savent déjà que je n’irai nulle part sans mon équipe, ils savent aussi que nous laisser derrière n’est pas une option. Après Goma, nos batailles seront toujours plus grandes, plus mortelles, et le nombre d’éveillés capables de s’opposer à ce genre de force ne grandit pas assez vite. Dans cette situation, ils ont besoin de nous plus que jamais.
Ce serait fou de ne pas en profiter.

Roth se mord la lèvre, et après quelques secondes d’hésitation prend encore la parole.

-J’ai toujours essayé d’être plus fort. Pour faire mon boulot, comme tout le monde… mais je sais pas si c’est ce que je veux… surtout si c’est pour être comme ça. Je veux dire, même si je ne voulais pas, je sais rien faire d’autre, alors…

-Je comprends. Tu as le droit. Mais aussi le droit d’avoir tes conditions.

-À quoi tu penses?

Et cette fois, je lui souris en toute honnêteté. Le gars qu’on a connu, comme dit Taras, est encore bien vivant, et plus fort que jamais.

-Commençons par rentrer à la maison.
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[Frontline] Des souris et des hommes 201195horloge212.04.19 4:20
-Oh bon sang, qu'est-ce qui s'est passé?

-Un vrai entraînement.

-J'ai déjà dit que j'étais désolé...

-Surtout pas.

Les retrouvailles ne promettent pas d'être plus chaleureuses que ça, pas avec Emily et Luiza qui fusillent Alastor du regard et Jess qui s'approche de moi pour mieux examiner l'énorme ecchymose qui recouvre mon oeil gauche et qui va jusqu'à l'arrière de mon crâne. Une partie de mes cheveux a été rasée près de ma nuque pour révéler une vilaine entaille refermée par des sutures. Bon, peut-être que finir encastrée dans le plancher à plusieurs reprises était un peu excessif, mais pour une fois que Roth donne du sien pendant les entraînements, on ne va pas le décourager. Surtout que maintenant, avec une nouvelle démonstration de force à son dossier, même les plus sceptiques se doivent de le prendre au sérieux, et les paris sont lancés pour prédire qui sera le prochain niveau 3 de l'équipe.
C'est parfait.

-Théo?

-On l'attend d'une minute à l'autre. Non mais sérieux Marchesi, tant qu'à le laisser te tabasser comme ça, t'avais pas envie de lui rendre la pareille?

-Essayé. Boucliers.

Et c'est qu'il commence à devenir rapide, en plus. Et malin : il me connait depuis assez longtemps pour voir venir mes stratégies, et maintenant il commence à exploiter ça un peu plus aussi, alors que moi je dois déjà recommencer à apprendre ce que je sais sur son style de combat, si je ne veux pas me faire écraser la tête encore une fois...

-Oh, "essayé", si elle m'avait pas mordu l'oreille ce serait jamais arrivé!

-... Marchesi, t'as pas fait ça...

Je détourne la tête avec embarras pendant que le colosse montre aux filles les traces de morsure autour de son oreille pour confirmer que c'est bien arrivé. Oui, bon, peut-être que moi aussi je me suis emportée. Ça arrive. Et Roth, lui, ne se lasse pas de mes excuses, mais alors que je compte lui en offrir à nouveau, la porte derrière nous s'ouvre et une silhouette familière apparaît dans l'embrasure.

-Hey, y a du monde icitte!

-THÉO!

Me désintéressant tout de suite des reproches de mes collègues, je me retourne et fonce vers le Québécois, qui n'a que le temps de reculer d'un pas avant que je ne lui saute dans les bras. Surpris par cette soudaine affection, il finit tout de même par refermer ses bras autour de moi, et sa main s'arrête sur ma blessure à la tête.

-Moé'ssi chuis content de t'voir, mais... kossé t'as encore fait pendant que j'étais pas là, Leticia?

-Pendant un "vrai entraînement" à l'autre site, Mike Tyson ici présente a mordu l'oreille de Roth, qui a paniqué et qui s'est solidement défendu.

-J'ai pas paniqué.

-C'est vrai, il a pas paniqué.

-Mais criss, on vous a envoyé là-bas pour guérir!

-On est arrivés là-bas estropié et empoisonnée, respectivement. Je crois qu'on s'en sort plutôt bien.

La pointe d'arrogance dans la voix de Roth, bien loin de la peur qu'il aurait montré il y a à peine quelques semaines, suffit à fermer le clapet de Théo, pour de bon quand il voit mon rictus approbateur. Difficile de dire que c'est faux, encore plus quand le colosse s'amuse à défier ouvertement ses collègues, un aplomb qu'on aurait jamais pu deviner après l'assaut violent dont il a été victime. Vu comment le Québécois semble vouloir tenter sa chance, je viens pour intervenir, mais Alastor continue sur sa lancée, en jetant des coups d’œil autour de lui.

-Où est Taras? Il faut qu’on vous parle.



-Vous vous souvenez de Cité-Soleil? La guérison de Taras qui a suivi?

-Trop bien.

-Et à Goma, les monstres qui nous ont attaqués? La seule arme qui nous a été donné capable de leur résister?

-Où tu veux en venir, Roth?

-Est-ce qu’il n’y a que moi qui ne se souviens pas de cette partie de mon contrat?

Installés confortablement dans un coin de la cantine, tous les autres mercenaires relèvent la tête pour observer Roth avec interrogation, avec une telle intensité que ce dernier baisse la tête, intimidé. C'était une idée stupide…

Et pourtant.

-Moi non. Et ils me l'ont lu.

Il y a quelque chose de différent dans chaque membre de l'équipe, une sorte d'éclat qu'ils n'avaient pas avant. Théo s'est rasé, il est plus bronzé qu'avant, et il a accroché une sorte de bracelet en plastique coloré à sa ceinture. Jess s'est teint les cheveux dans un impressionnant mélange de roux, noir et blanc qui rappelle une flame dansante. Taras a repris des couleurs aussi, et ses cheveux ont commencé à repousser. Emily a remis ses piercings, retirée à son arrivée à la base, et arbore maintenant un énorme tatouage à motifs géométrique sur son crâne. Même Luiza a trouvé le courage de déchirer les manches de son uniforme et de détacher quelques boutons, ce qui la rajeunit. Et quand je touche mes cicatrices du bout des doigts, soudainement je souhaite ne plus les avoir.

Mais à côté de tout ça, il y a Ben. On dirait qu'il n'a pas dormi depuis des mois, de nouvelles rides se sont formées sur son visage et il se déplace comme s'il était un vieillard. Et encore, j'en connais qui pourraient lui mettre une raclée. Mais il a réellement abandonné, en pensant qu'il nous avait perdu.
Est-ce qu'il a pris la peine de regarder autour de lui? Après ce qu'on a traversé, on a choisi de renaître.

-Docteur… si y a bien une personne qui lit toutes les conditions avant de signer un truc ici, c'est vous. Est-ce que vous vous souvenez…

-Non, Alastor. Ils ne nous ont pas informé parce que nous ne sommes pas assez importants pour ce niveau d'information.

-De la piétaille, tout ça…

-Plus maintenant. Deux niveau 3, bientôt plus. J'approche du 4. Après Goma, ils nous ont parlé. Maintenant, on est assez importants.

-OK. Donc?

-Marchesi et moi, on veut renégocier nos contrats.

Théo et Ben sursaute, et Taras ricane. Dans un soupir, Emily lance une boule de papier imbibée d'eau au plafond et affiche une moue de dépit quand elle ne colle pas, ce qui ne l'empêche pas de la rattraper et de réessayer.

-Vous êtes encore sous le choc. Je comprends. Mais même s'ils vous laissaient faire, ils pourraient très faire les choses à moitié et ne vous donner que des réponses qu'ils savent très bien que vous ne comprenez pas.

Mes yeux s'ouvrent grand. Ce serait fou, mais…

-Alors on a quelqu'un pour nous expliquer clairement, à chaque fois. Comme le docteur Cantor.

Qu'on le veuille ou non, Rogos et moi allons devoir travailler ensemble, autant comme mercenaires que comme Spectres… se démener à garder nos recherches séparées ne sert à rien, mais si on peut compter l'un sur l'autre pour se porter encore plus loin, ça ne peut que rapporter.

Alastor se râcle la gorge.

-Voilà. C'est le premier truc qu'on veut ajouter : chaque sous-entendu, chaque méthode expérimentale dont on connaît pas l'existence, ils doivent nous le dire. Plus de secret. Dès qu'ils nous disent “classifié", on retire ce point. Nos vies valent plus qu'une vérité de dernière minute.

-Pourquoi vous nous dites ça?

-On aimerait que vous le fassiez avec nous.

Malgré notre puissance, je doute que nos supérieurs prennent Alastor et moi assez au sérieux, nous ne sommes pas reconnus pour nos réflexions poussées. Mais Luiza, Emily, Ben, Théo? Tout de suite, nos demandes ont plus de poids… Et puis, tout le monde mérite de comprendre dans quoi on est embarqué vraiment.

-Qu'on s'entende bien, on essayera pas de partir! On a nulle part où aller…

-C'est louable, et je suis très sérieuse. Mais qu'est-ce que vous avez de plus à offrir pour justifier ces demandes?

Le ton de Luiza s'est adouci suite à ce nouveau cri du cœur de Roth. Pourtant, elle n'a jamais été bien intéressée par ce qui se passe dans notre dos, elle fait ce qu'elle veut de toute façon. Qu'est-ce qui explique cette soudaine coopération?

-Leticia pense qu'elle est capable de m'entraîner pour atteindre le niveau 3. On peut essayer avec vous aussi. Et c'est clair qu'ils ont besoin de ça.

-C'est ben ambitieux, vot’ affaire… J'aime ça. Chuis fier de vous.

Un inexplicable sentiment de fierté me submerge et je dois me retenir de sourire. Bon sang, je n'ai pas dix ans! Mais c'est encore plus difficile quand Théo coupe court au débat en rendant sa décision.

-Chuis pour. Les choses ont changé, on a l'droit des connaître.

C'est le déclic qu'il fallait, le premier pas pour entraîner tous les autres. Bien qu'il ne l'assume pas complètement, sans l'ignorer, Théo est notre chef, il sait ce qu'il fait et pense au reste du groupe avant de prendre ses décisions. Pour bien appuyer son propos, le Québécois s'éloigne de moi en plaçant ses mains dans son dos dans une posture plus professionnelle, alors qu'il aurait normalement eu le réflexe de m'ébouriffer les cheveux ou quelque chose du genre. Mais il ne prend pas cette décision par favoritisme, et il supporte autant Roth que moi. À ça, Luiza sourit.

-Bienvenue dans la cours des grands. Comptez sur moi.

-Moi aussi.

Dans un grognement, Emily lève la main avec un pouce levé et finit par réussir à coller son papier au plafond. Taras hausse les épaules.

-Bon ben je serais con d'être le seul à rester derrière.

Ne manque plus que Benjamin. Le docteur tente de dire quelque chose, mais se ravise, se contente de hocher la tête sans nous regarder. C’était tout le monde, même si c’est peu satisfaisant de finir sur cette note. Combien de temps avant que Papanek ne s’en remette? Et qu’est-ce qu’on est supposé faire pour l’aider? C'est lui le professionnel, moi je ne sais pas… Et c'est encore Roth qui sauve la situation.

-Merci. Vous le regretterez pas. Docteur, vous avez deux minutes?

-Bien sûr…

Dans une démarche nerveuse, les deux hommes partent, et les autres suivent bientôt, me laissant seule avec Théo. Ensemble, ils ne pourront rien nous refuser… et une vive douleur m'embrase le cœur. Celle que je me force à devenir pour eux n'existe pas. Juste une façade pour gagner leur confiance, entrer dans le secret des Agences, et ensuite…

-C'est terrible, c'qu'y arrive à Papanek. Tsé l'énigme du barbier? C'est pas mal ça. J'espère juste que Roth…

Le Québécois s'arrête soudainement quand je le serre dans mes bras avec force, sans trop savoir comment réagir si ce n'est que me faire confiance et attendre que ça passe.
J'aimerais pouvoir lui rendre la pareil et mériter cette confiance. Lui dire ce qui ne va pas, ce que j'ai gardé pour moi, ce qui me ronge depuis que je lui ai sauvé la vie pour la première fois. Lui avouer une vérité à laquelle je ne crois plus depuis longtemps : que tout ça n'est pas vrai.

Mais c'est vrai, je l'ai rendu vrai parce que je n'ai pas eu la force de faire autrement. Et tout ce qu’il me reste à faire, c'est attendre que ce que je me suis bâti ici soit réduit au néant.
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